A Jérusalem, « Le Cénacle fait peau neuve »

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A Jérusalem, « Le Cénacle fait peau neuve »

Par Catherine Dupeyron dans « Un Echo d’Israël »

ROME, Jeudi 9 avril 2009 (ZENIT.org) – « Le Cénacle fait peau neuve », explique Catherine Dupeyron dans cet article publié ce jeudi 9 avril 2009, par « Un Echo d’Israël ». Le Cénacle, où la liturgie de ce jour rappelle que le Christ a institué le sacerdoce et l’eucharistie, à la veille de sa Passion.

« Le Cénacle fait peau neuve »

Peintre, électricien, carreleur, tous étaient en grande effervescence au Cénacle sur le Mont Sion à Jérusalem en ce début de Semaine Sainte. Sous la houlette de Avi Massiah, architecte spécialisé dans la préservation du patrimoine, les artisans mettaient la dernière touche aux travaux de restauration de l’un des lieux les plus symboliques du Christianisme pour la visite du Pape prévue le 12 mai prochain. C’est là que la tradition situe la Cène, le dernier repas de Jésus – un seder de Pessah (Pâque juive) – avant sa crucifixion. La pièce, presque carrée – 15 m x 12m – est assez petite. Ici, seuls les Ordinaires de Terre Sainte pourront accompagner le Saint-Père.

Les travaux ont commencé il y a deux mois dès que cette étape du voyage de Benoît XVI a été confirmée. La première phase, la restauration et l’aménagement intérieur, est terminée. Une cérémonie religieuse doit y avoir lieu le Jeudi Saint. La seconde, la rénovation du toit en zinc dont l’étanchéité est défaillante, commencera après la visite du Saint-Père. « Le site, un bâtiment gothique du 12ème siècle, doit être présentable pour la visite du pape », précise John Seligman, archéologue de l’Autorité des antiquités d’Israël, entre deux coups de perceuse donnés dans la pièce mitoyenne destinée à l’accueil du public. Les murs couverts de graffitis ont été repeints. « Les anciens graffitis sont très appréciés mais les contemporains nous les avons fait disparaître », souligne amusé Seligman en pointant du doigt une entaille gravée dans la pierre il y a quelques siècles par un pèlerin de passage.

Le peintre signale aux touristes de faire attention à ne pas se frotter à la peinture fraîche des huisseries. Avi Massiah feuillette son cahier des charges. Tout y est consigné, la réfection du carrelage, la hauteur du bureau et des bancs installés dans l’antichambre précédant le Cénacle calculée en fonction du volume de la pièce, … Un soin tout particulier a été mis à l’installation électrique. « L’éclairage a été conçu pour montrer la beauté de l’architecture, la courbe de la voûte », souligne Massiah « ému de travailler dans un tel lieu ».

Coût total de cette première phase du chantier qui a mobilisé une vingtaine de personnes : 600 000 shekels (110 000 €) payé par les ministères de l’Intérieur, du Tourisme et un organisme gouvernemental dédié à la coopération touristique.

Le bâtiment actuel, construit par les Croisés sur les vestiges d’une église byzantine du 4ème siècle qui recouvrait un terrain bien plus vaste, est un concentré des trois religions monothéistes à lui tout seul. C’est là que la tradition juive situe le tombeau de David situé au rez-de-chaussée ; le Cénacle est à l’étage ; et sur le toit, jaillit le minaret d’une mosquée – les Mamelouks expulsent les Franciscains au 15ème siècle et construisent aussitôt une mosquée. Le lieu sera interdit aux juifs et aux chrétiens jusqu’en 1948.

A la fin des combats de 1948 entre Juifs et Arabes, cette zone située à l’extérieur de la muraille sud de la vielle ville, fait partie de Jérusalem-ouest. « Les juifs venaient sur le toit. C’est un des rares endroits d’où ils pouvaient apercevoir le Mont du Temple qui était sous souveraineté jordanienne et inaccessible aux juifs jusqu’en 1967 », précise Seligman.

Le pape quant à lui, s’il monte sur le toit, aura une vue imprenable sur la Dormition, église catholique allemande construite au début du 20ème siècle inspirée de la cathédrale de Worms.

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