Saint Augustin : « Le publicain…n’osait même pas lever les yeux vers le ciel »
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Commentaire du jour
Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 115
« Le publicain…n’osait même pas lever les yeux vers le ciel »
Le pharisien disait : « Je ne suis pas comme certains hommes ». Qui sont-ils ces autres hommes, sinon tous, lui excepté ? « Moi, je suis juste, les autres sont pécheurs ; je ne suis pas comme les autres hommes, injustes, voleurs, adultères. » Et voilà que la présence d’un publicain à côté de lui lui donne l’occasion de s’enorgueillir plus encore. « Moi, je suis un homme à part ; lui, il est comme les autres. Je ne suis pas de son espèce ; grâce à mes oeuvres de justice je ne suis pas un pécheur. Je jeûne deux fois la semaine, je donne le dixième de tout ce que je possède. » Que demande-t-il à Dieu ? Cherchez dans ses paroles, vous ne trouverez rien. Il montait soi-disant pour prier ; or, il ne demande rien à Dieu, il se loue. Et même c’est trop peu pour lui de ne rien demander à Dieu mais de se louer : en outre, il insulte celui qui prie à côté de lui : c’est un comble !
Le publicain « se tenait à distance », et pourtant il s’approche de Dieu ; les reproches de son coeur l’en éloignaient, mais son amour le rapproche de Dieu. Ce publicain se tient à distance, mais le Seigneur s’approche de lui pour l’écouter. « Le Seigneur est élevé, mais il se penche vers les humbles », alors que « ceux qui s’élèvent », comme ce pharisien, « il les connaît de loin » (Ps 137,6). Tout ce qui est élevé, le Seigneur le regarde de loin, mais il ne l’ignore pas.
Voyez, par contre, l’humilité de ce publicain. Non seulement il se tient à distance, il ne lève même pas les yeux vers le ciel. Il n’ose pas lever les yeux pour chercher un regard. Il n’ose pas regarder en haut, sa conscience l’abaisse, mais l’espérance le soulève. Écoutez encore : « Il se frappait la poitrine ». De lui-même, il réclame un châtiment ; c’est pourquoi Dieu pardonne à cet homme qui avoue sa faute. « Seigneur, sois propice au pécheur que je suis » : voilà quelqu’un qui prie ! Pourquoi t’étonner que Dieu ignore ses fautes lorsque lui-même les reconnaît ? Il se fait son propre juge et Dieu plaide sa cause ; il s’accuse et Dieu le défend. « En vérité je vous le dis » — c’est la Vérité qui parle, c’est Dieu, c’est le juge — « c’est ce publicain qui est rentré chez lui justifié, et non pas l’autre. » Dis-nous, Seigneur, pourquoi ? « –Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. »
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