Mercredi des cendres
24 février, 2009
Mt 6,1ss – Pière du Nôtre Pere, prier en secret, l’image semble rappeller l’obole de la veuve du Mc 12 et Lc 21

Mt 6,1ss – Pière du Nôtre Pere, prier en secret, l’image semble rappeller l’obole de la veuve du Mc 12 et Lc 21
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Mercredi des Cendres
Le signe de l’imposition des cendres marque la liturgie de ce jour. La signification de ce geste rejoint celle de la métanie (ce grand signe de croix plongeant jusqu’à toucher le sol) : nous ne sommes que poussière mais, par sa mort et sa résurrection, le Christ nous ouvre les portes de son Royaume. Lui qui a remporté la victoire, nous assiste dans notre combat «contre l’esprit du mal» (oraison du jour), pour que nous puissions vivre une «vie nouvelle». Le signe de la mort (les cendres proviennent des rameaux de l’année précédente) devient celui de la vie. C’est pourquoi, en bénissant les cendres, le célébrant dit : «Seigneur notre Dieu, toi qui ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion, dans ta bonté, exauce notre prière ; bénis les cendres dont nous serons marqués, nous qui venons de la terre et devons retourner à la terre. En nous appliquant à observer le Carême, puissions-nous obtenir le pardon de nos péchés et vivre de la vie nouvelle à l’image de ton Fils ressuscité».
La liturgie de ce jour est comme un long signal — «Et c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel» (2 Co 5,20). Par la voix du prophète Joël, Dieu presse les hommes : «Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil !» (Jl 2,12), car «c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut», dit l’apôtre (2 Co 6,2). Le temps du Carême s’ouvre dans une sorte d’urgence : «Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre» (Jl 2,16). Urgence et gravité, car c’est l’heure du Seigneur : «Nous vous en supplions, au nom du Christ : Laissez-vous réconcilier avec Dieu !» (2 Co 5,20).
C’est l’heure de se tourner vers le Créateur dans l’oubli de tout le créé : «Regarde, Seigneur, j’oublie de manger mon pain, la cendre est ma nourriture, et mes larmes ma boisson» (antienne du psaume responsorial). Les lectures de la messe s’en font largement l’écho. C’est l’heure du grand repentir qui fait se «déchirer le cœur» (Joël 2,13). L’heure de s’engager de tout son être dans la conversion «car le Royaume des cieux est proche» (Mt 4,17 : verset d’acclamation de l’évangile) — l’évangile trace pour cela trois chemins : la prière, l’aumône et le jeûne, «dans le secret». Chemins de pénitence, mais plus encore de renaissance et de salut, comme le dit le psaume : «Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne. Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange» (Psaume 50,14.17).
En entrant dans le Carême, c’est donc tout autant au repentir et à la pénitence que nous sommes conviés, qu’à la joie et la confiance, comme le signifie l’antienne d’ouverture de la messe :
«Seigneur, tu aimes tout ce qui existe et tu n’as de répulsion pour aucune de tes œuvres ; tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, tu les invites à la pénitence et tu leur pardonnes car tu es le Seigneur notre Dieu» (Sg 11,24-27).
du site:
http://www.bible-service.net/site/179.html
Mercredi des cendres (25 février 2009)
» Crée en moi un cœur pur « . Ce temps de Carême est un temps de renouvellement, de conversion, de retour au Seigneur. Par la voix du prophète Joël, Dieu nous invite : Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux.
C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut, écrit Paul. Que ce temps de Carême ne se réduise pas à des rites ou à des gestes extérieurs mais qu’il consiste à une véritable conversion de notre coeur dont Dieu seul pourra mesurer l’importance. Ton Père voit ce que tu fais en secret, il te le revaudra, dit Jésus. Dans l’évangile de ce jour
Joël 2,12-18
Revenez à moi, dit le Seigneur par la bouche du prophète Joël. Si le peuple accomplit cette démarche, Dieu pourra revenir vers lui. C’est un langage un peu surprenant. Le prophète décrit en effet une double conversion, celle du peuple vers Dieu et celle de Dieu vers le peuple. Le mot conversion n’est pas à prendre ici dans un sens moral ou religieux mais dans son sens littéral : faire demi-tour. Le peuple doit se détourner du chemin du mal et tourner ses pas vers Dieu. Dieu, lui, tournera alors sa face de son peuple. Il renoncera à lui infliger la juste punition pour ses fautes et il portera de nouveau sur lui un oeil favorable. Dieu révèlera à son peuple sa vraie nature. Il est tendre et miséricordieux.
Nous sommes ici au cœur de la théologie de l’Alliance. Dieu aime d’amour son peuple et il invite son peuple à répondre à son amour. Le texte est plein d’espérance, Dieu en effet » a pitié « . Dans le texte hébraïque, il est » saisi aux entrailles « . Cette expression évoque les entrailles maternelles. Dieu éprouve les sentiments d’un père et d’une mère pour son enfant.
Psaume 50
Ce psaume de conversion est attribué au roi David suite à son adultère et à son crime. Après avoir pris Bethsabée, la femme d’un de ses officiers, et après avoir fait tuer celui-ci, le roi se rend compte de l’étendue de sa faute. Il ne cherche aucune excuse, mais s’adresse à Dieu en toute vérité.
Le poème déborde le cas particulier du roi pour atteindre une dimension universelle. Il trace en effet un chemin de salut. Avant de se regarder soi-même, l’homme pécheur se tourne vers Dieu. Il le contemple et salue l’une de ses plus grandes qualités, la miséricorde. Le pécheur peut s’adresser à Dieu, sûr d’être entendu. Il ne se voile pas la face sur son propre comportement, ne se cherche pas d’excuses et ne s’attarde pas sur l’étalage de ses fautes. » Je connais mon péché « , dit-il sobrement. Mais il sait que, plus fort que le péché, il y a l’amour et la » miséricorde » de Dieu. Par ces deux mots, le psaume renvoit à l’autodéfinition de Dieu au Sinaï : » Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. » (Ex 34,6) Le psaume invoque également le Dieu de la création, celui qui a donné à l’homme son souffle. Il invite Dieu à restaurer son œuvre pour que le pécheur puisse prendre un nouveau départ.
2 Corinthiens 5,20 – 6,2
Belles expressions sur le ministère du pardon, sur le désir du Seigneur de nous voir accueillir sa miséricorde, sur ce que le Christ a voulu prendre sur lui de notre mal pour nous ouvrir à la justice, à la vraie vie d’enfants de Dieu… Amour déjà là, offert. Grâce reçue. « Moment favorable », « jour du salut »…
On comprend l’invitation pressante. Jésus avait dit à Zachée « descends vite »… et ce fut « l’aujourd’hui du salut » dans sa maison.
Matthieu 6,1…18
En langage biblique, la montagne évoque le Sinaï et les commandements de Dieu adressés Moïse. La Loi du Sinaï est au coeur de la foi juive. Jésus ne tient pas à l’abolir mais à l’accomplir. Dans l’extrait d’aujourd’hui, il commente les trois principales œuvres de la piété juive : l’aumône, la prière et le jeûne. Il invite ses disciples à les pratiquer » comme des justes. » Très important dans l’évangile de Matthieu, ce mot désigne la droiture, la rectitude. Il faut marcher droit sous le regard du Seigneur et se comporter envers lui comme un fils se comporte envers son père..
Les trois pratiques juives sont abordées de la même manière. Jésus commence chaque fois par un savoureux portrait. Il a l’oeil vif et un certain sens de l’humour. Il sait débusquer les vanités humaines, surtout celle qui se cachent sous le couvert de la religion. Voici le vaniteux qui fait sonner pour lui les trompettes de la renommée. Voici le bigot qui respecte scrupuleusement l’heure légale de la prière au point de s’arrêter en plein milieu d’un carrefour, fier de s’exhiber dans son attitude de piété. Voici celui qui a le jeûne mauvais et qui exhibe à tous sa face de carême. A chaque fois, le commentaire de Jésus fait mouche : » ceux-là ont touché leur récompense. » Il n’accuse pas ces bons pratiquants de tricher mais de se donner en spectacle. Leurs prières et leurs bonnes œuvres ne sont que le miroir dans lequel ils peuvent se contempler eux-mêmes. Leurs exercices de piété ne sont pas pour la seule gloire de Dieu, mais pour leur gloriole personnelle.
Au » spectacle » qu’ils donnent, Jésus oppose le » secret. » Le croyant est invité à vivre sous le regard du Père et à tout faire pour sa plus grande gloire. Il n’est pas besoin de solliciter anxieusement le Seigneur, le Père saura prendre en charge ses enfants.