aujourd’hui en Italie (peu connu) memoire facultative du Beato Angelico
18 février, 2009
Beato Angelico – Luk-01,26_Annunciation_L Annonce a Marie

Beato Angelico – Luk-01,26_Annunciation_L Annonce a Marie
du site:
Fra Angelico da Fiesole (Bienheureux)
S’il fallait un exemple pour faire comprendre comment la grâce sait s’appuyer sur la nature, ici le don de peindre, c’est bien l’oeuvre d’un Fra Angelico qui pourrait le faire comprendre. Guido di Pietro, né vers 1400 en Toscane, doit sa première formation artistique à un atelier d’enluminure. Vers l’âge de vingt ans, il entre au couvent observant de San Domenico de Fiesole, sur cette hauteur embaumée qui surplombe Florence.
Lorsque les dominicains prennent possession du couvent de Saint-Marc, les Médicis, en puissants mécènes, proposent de financer une nouvelle église. C’est Fra Angelico qui est chargé de décorer les bâtiments conventuels sous la direction de son maître, le futur archevêque de Florence, saint Antonin. Il est appelé à Rome par les papes Eugène IV et Nicolas V. Il travaille beaucoup, retourne à Fiesole puis de nouveau à Rome où il meurt en 1455, sans avoir eu le temps d’achever les fresques du cloître de Sainte-Marie de la Minerve où il repose, non loin du tombeau de sainte Catherine de Sienne.
Les historiens de l’art n’ont pas cessé d’interroger son oeuvre picturale, plus énigmatique que sa lumineuse limpidité ne le ferait supposer de prime abord. Si on s’attache moins maintenant à montrer dans le détail sa conformité à la théologie thomiste – comme si la Somme pouvait être illustrée -, on admire la manière dont cette peinture se penche sur le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption, et comment la lumière délicate qu’elle irradie, manifeste le renouvellement du monde dans le Christ. C’est bien cela qui est conforme à la théologie de saint Thomas d’Aquin.
L’alliage que fait Fra Angelico du jeu des couleurs, des décors et des attitudes, de l’ordre et d’une certaine dissemblance – comme l’a montré récemment l’historien de l’art Georges Didi-Huberman -, du réalisme de la terre et des beautés du ciel, du concret et de l’abstrait, lui permet de suggérer la transfiguration de la nature. Cette lecture théologique de l’oeuvre peut s’accompagner d’une lecture dominicaine en quelque sorte. En effet à San Marco, à Fiesole, terre dominicaine, Fra Angelico répond aux besoins des communautés observantes auxquelles il appartient. Car, et en cela il est bien encore médiéval, Fra Angelico ne conçoit pas de dissociation entre le beau et le fonctionnel.
Il s’agit pour le peintre dominicain de rappeler à ses frères qui vont vivre, étudier, prier, dormir, manger, déambuler, le sens de ce qu’ils font, et comment leur prière, leur pénitence et toute leur existence doivent être polarisées par les mystères du salut, qu’en outre, par profession, ils devront prêcher. Ce que Fra Angelico nous propose, ce sont des homélies picturales, et c’est bien l’idéal, sous des formes et des intuitions évidemment différentes, de tout artiste dominicain. (Source : Quilici, Alain; Bedouelle, Guy. Les frères prêcheurs autrement dits Dominicains. Le Sarment/Fayard, 1997)
du site:
http://arts.fluctuat.net/Fra-Angelico.html
Fra Angelico
Vrai nom : Guido di Pietro
Surnom : Fra Angelico
Nationalité : Italienne
Naissance : 1387 à Vicchio di Mugello
Mort le : 18 février 1455
Métier : Peintre
“La véritable richesse consiste à se satisfaire de peu. ”
Ajouter une citation de Fra Angelico – Consulter les 2 citations de Fra Angelico
Prêtre avant d’être peintre, Fra Angelico (de son vrai nom Guido di Pietro) est né en Toscane et entre très jeune dans l’ordre des « Dominicains observants », dont la règle, édictée par saint Dominique, est la pauvreté absolue et l’ascétisme. Il ne sera appelé « Beato Angelico » (Bienheureux Angelico) qu’après sa mort, par Giorgio Vasari, le biographe des peintres de la Renaissance, auteur des Vite.
Fra Angelico apprend la peinture à Florence, à l’époque où le style « gothique international », mêlant influences du Nord et du Sud de l’Europe, domine. L’art occidental connaît alors un tournant, notamment grâce au peintre Giotto, avec l’adoption des règles de la perspective et d’un certain réalisme des représentations. De nombreux éléments de la peinture médiévale sont cependant encore vivaces dans l’œuvre de Fra Angelico : didactisme, révélation par la lumière qui inonde les êtres et les choses, couleurs exacerbées, thèmes mystiques.
En 1436, Fra Angelico s’installe dans le nouveau couvent de San Marco à Florence. Placé ainsi dans le centre artistique le plus important d’Europe, Fra Angelico porte à la perfection son art grâce au mécénat des puissants Médicis, qui lui demandent de décorer le monastère. Cet ensemble, ainsi que le Retable de San Marco, aujourd’hui dispersé, est l’œuvre majeure de l’artiste.
Ayant acquis une renommée internationale, Fra Angelico est appelé à Rome par le pape Eugène IV, pour peindre la chapelle du Saint-Sacrement de la basilique Saint-Pierre. Salué par les plus grands, mais refusant les honneurs en raison de son vœu de pauvreté, Fra Angelico meurt à Rome en 1455, à l’âge de 68 ans. Le peintre a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1984 et proclamé saint patron des artistes.
Quelques œuvres majeures :
Décor de l’autel de la chapelle Gherardini, Florence, église San Stefano (1418)
Pala di Fiesole (1428-1430, Fiesole, église San Domenico)
L’Annonciation (1430, Madrid, musée du Prado)
La Déposition de la Croix (1432-1434, Florence, musée San Marco)
Le Jugement Dernier (1432-1435, Florence, musée San Marco)
Retable de San Marco (1439, dispersé dans divers musées)
Décor du couvent San Marco, Florence (1439-1445)
du site:
http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=readings&localdate=20090218
Commentaire du jour
Homélie attribuée à Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque
(trad. in Kephas, Fayard, t. 2, p. 172 rev.)
« Jésus imposa les mains sur les yeux de l’homme aveugle »
Le miroir passe ; le miroir efface. En effet, celui qui « éclaire tout homme en venant en ce monde » (Jn 1,9) est le vrai miroir du Père. Le Christ passe en tant que miroir du Père (He 1,3) et écarte la cécité des yeux de ceux qui ne voient pas. Le Christ qui vient du ciel passe, afin que toute chair le voie, selon la parole prophétique du saint vieillard Syméon, qui a reçu dans ses bras le Verbe nouveau-né et l’a contemplé avec allégresse, en disant : « Maintenant, Seigneur, tu peux laisser aller ton serviteur en paix, puisque mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2,29-30).
Seul, l’aveugle ne pouvait pas voir le Christ, miroir du Père. Quelle était alors la fidélité de ce qu’avaient annoncé les prophètes : « Les yeux des aveugles s’ouvriront, les oreilles des sourds entendront, le boiteux bondira comme le cerf et la langue des muets se déliera » ? (Is 35,5-6) Le Christ a dessillé les yeux de l’aveugle, qui a vu dans le Christ le miroir du Père. Merveilleux remède contre la nature !…
Le premier homme avait été créé lumineux, il s’est trouvé aveugle quand il a quitté le serpent : cet aveugle s’est remis à renaître quand il s’est mis à croire. Car son corps était infirme, mais sa nature aussi était corrompue. Il avait doublement besoin de lumière… L’artisan, son Créateur, est passé et a reflété dans le miroir cette image de l’homme déchu, voyant la misère de l’aveugle. Miracle de la force de Dieu, qui guérit ce qu’elle voit et illumine ce qu’elle visite.