Archive pour le 13 février, 2009
Sts Cyril & Méthode
13 février, 2009http://missel.free.fr/Sanctoral/02/14.php
14 février
Sts Cyril & Méthode
Biographie
Puisqu’ils étaient frères et que les circonstances les avaient amenés à entreprendre la même tâche – l’évangélisation des pays slaves – les biographies de saint Cyrille et de saint Méthode ne peuvent être dissociés.
Les Francs s’étant rendus maîtres des territoires Croates et Slavons, après que Charlemagne eut soumis les Avars (vers 790), atteignirent ceux des Bulgares. C’est à l’évêque de Salzbourg que Charlemagne confia la juridiction sur les pays slaves auxquels il imposa le latin.
Le prince Rastislav qui régnait sur la Moravie, accrut sa puissance de telle façon que ses voisins Francs et Bulgares, Louis le Germanique et le prince Boris, s’allièrent contre lui et les Bulgares reçurent des missionnaires francs. Menacé par l’empire d’Occident, Rastislav s’allia avec l’empereur byzantin, Michel III, et lui demanda des missionnaires sachant la langue slave car le peuple de Moravie ne connaissait pas le grec : Notre pays est baptisé et nous n’avons pas de maître pour nous prêcher, nous instruire et nous expliquer les livres saints. Nous ne comprenons ni la langue grecque, ni la langue latine : les uns nous instruisent d’une façon et les autres d’une autre ; aussi ne comprenons-nous pas le sens des livres sacrés et leur énergie. Envoyez-nous dons des maîtres qui soient capables de nous expliquer la lettre des livres sacrés et leur esprit. Nous autres Slaves, nous sommes un peuple simple et nous n’avons personne pour nous enseigner la vérité. Désigne-nous donc, généreux monarque, un homme capable de nous parler.
Michel III fit appel à deux frères, Cyrille et Méthode, qui avaient fait leurs études à Constantinople, et les envoya en Moravie (861). Cyrille, né à Salonique en 827, polyglotte et grammairien, connaissait bien le dialecte slave.
Peu après, les Slaves de Moravie, alliés aux Byzantins, entrent en guerre contre les Bulgares, alliés aux Francs. Les Bulgares sont vite battus par les Byzantins et doivent renoncer à l’alliance franque, mais Louis le Germanique impose sa suzeraineté à la Moravie.
Cyrille et Méthode, en territoire slave, à la demande d’un prince slave, prêchant et écrivant en slavon, sont cependant isolés au milieu de l’Empire franc qui n’admettait que la liturgie latine.Le pape Nicolas I°, homme droit, simple et énergique, soucieux de l’évangélisation profonde des peuples slaves, encourage les Bulgares au point que le prince Boris renvoie les missionnaires grecs et francs pour les remplacer par des missionnaires romains. Cyrille et Méthode sont invités à se rendre à Rome où ils apportent les reliques du saint pape et martyr Clément qu’ils ont découvertes en Crimée.
On rapporte que, passant à Venise, Cyrille est pris à partie par des gens qui prétendent que Dieu ne peut être loué qu’en hébreu, en grec ou en latin ; il leur rétorque que depuis longtemps les Arméniens, les Éthiopiens, les Égyptiens, les Persans, les Syriens et bien d’autres encore emploient leur langue nationale tant pour la liturgie que pour la traduction des livres saints.
Lorsqu’ils arrivent à Rome, Nicolas I° est mort, mais son successeur, Adrien II, approuve entièrement leur action et les fait, dit-on, sacrer évêques. Le pape approuve l’usage de la liturgie slavonne dans l’Église de Moravie et fait déposer l’évangéliaire slavon sur l’autel de Sainte Marie Majeure.
Quelque temps plus tard, Cyrille fait sa profession monastique mais meurt cinquante jours plus tard, le 14 février 869, sans avoir pu rejoindre sa mission. Son tombeau est à Rome, dans l’Église Saint Clément.
Méthode part pour la Pannonie où il est évêque, puis archevêque de Sirmium. Or, à peine est-il arrivé dans son diocèse qu’il est arrêté par des troupes bavaroises ; accusé d’hérésie et d’imposture il comparaît devant un tribunal présidé par l’archevêque de Salzbourg où il est condamné à la captivité dans un monastère bavarois. Lorsque, deux et demi plus tard, le nouveau pape, Jean VIII, apprend l’incarcération de Méthode, il envoie un évêque et exige en termes violents que Méthode soit libéré (873). Provisoirement, jusqu’à être plus amplement informé, suspend l’emploi du slavon dans la liturgie, mais, deux ans plus tard, il écrit (880) : Ce n’est pas contraire à la foi, ni à la doctrine, de chanter la messe en langue slavonne ou de lire le saint Évangile, les leçons divines du Nouveau et de l’Ancien Testament ou encore de chanter les diverses parties de la liturgie en langue slavonne.
Méthode se rend près de l’empereur Basile I° pour rendre compte de sa juridiction spirituelle sur la Bulgarie et la Serbie qui dépendent alors de Byzance où il reçoit un accueil triomphal. De retour en Moravie, Méthode désigne son successeur, Gorazd, puis, le 6 avril 885, meurt, probablement à Velehrad.
De nos jours, l’alphabet dit cyrillique, en hommage au génie des deux frères, est utilisé par plus de 250 millions de personnes réparties entre le groupe oriental (russe et ukrainien) et le groupe méridional (bulgare et serbe) ; le groupe occidental (tchèque et polonais) emploie les caractères latins avec cependant quelques lettres modifiées par des signes destinés à préciser la prononciation.
Audience générale du 11 février 2009 : Jean Climaque
13 février, 2009du site:
http://www.zenit.org/article-20139?l=french
Audience générale du 11 février 2009 : Jean Climaque
Texte intégral
ROME, Mercredi 11 février 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée ce mercredi par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, dans la salle Paul VI du Vatican.
* * *
Chers frères et sœurs,
Après vingt catéchèses consacrées à l’Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd’hui la présentation des grands écrivains de l’Eglise d’Orient et d’Occident de l’époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l’échelle (klímax). Il s’agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l’ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l’empire romain d’Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l’improviste, le cadre géographique de l’empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s’effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l’Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socioculturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.
Jean vécut parmi les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix, et raconta ses expériences spirituelles. On conserve des informations à son propos dans une brève Vita (PG 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito : à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l’abbé Martirio, un « ancien » ; c’est-à-dire un « sage ». Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l’empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d’ermite, loin d’être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7). Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l’amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d’ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.
Il devint célèbre, comme je l’ai dit, pour l’œuvre intitulée l’Echelle (klímax), qualifiée en Occident comme Echelle du paradis (PG 88,632-1164). Composée sur la requête insistante du proche higoumène du monastère de Raito au Sinaï, l’Echelle est un traité complet de vie spirituelle, où Jean décrit le chemin du moine depuis le renoncement au monde jusqu’à la perfection de l’amour. C’est un chemin qui – selon ce livre – se développe à travers trente marches, chacune d’elle étant liée à celle qui suit. Le chemin peut être synthétisé en trois phases successives : la première s’exprime dans la rupture avec le monde dans le but de retourner à l’état de l’enfance évangélique. L’essentiel n’est donc pas la rupture, mais le lien avec ce que Jésus a dit, c’est-à-dire revenir à la véritable enfance dans un sens spirituel, devenir comme les enfants. Jean commente : « Une bonne fondation est celle qui est formée par trois bases et par trois colonnes : innocence, jeûne et chasteté. Que tous les nouveau-nés en Christ (cf. 1 Co 3, 1) commencent par ces choses, en prenant exemple sur ceux qui sont nouveau-nés physiquement » (1, 20 ; 636). Le détachement volontaire des personnes et des lieux chers permet à l’âme d’entrer en communion plus profonde avec Dieu. Ce renoncement débouche sur l’obéissance, qui est une voie vers l’humilité à travers les humiliations – qui ne manqueront jamais – de la part des frères. Jean commente : « Bienheureux celui qui a mortifié sa propre volonté jusqu’à la fin et qui a confié le soin de sa propre personne à son maître dans le Seigneur : en effet, il sera placé à la droite du Crucifié ! » (4, 37 ; 704).
La deuxième phase du chemin est constituée par le combat spirituel contre les passions. Chaque marche de l’échelle est liée à une passion principale, qui est définie et diagnostiquée, avec l’indication de la thérapie et avec la proposition de la vertu correspondante. L’ensemble de ces marches constitue sans aucun doute le plus important traité de stratégie spirituelle que nous possédons. La lutte contre les passions revêt cependant un caractère positif – elle ne reste pas une chose négative – grâce à l’image du « feu » de l’Esprit Saint : « Que tous ceux qui entreprennent cette belle lutte (cf. 1 Tm 6, 12), dure et ardue [...], sachent qu’ils sont venus se jeter dans un feu, si vraiment ils désirent que le feu immatériel habite en eux » (1, 18 ; 636). Le feu de l’Esprit Saint qui est feu de l’amour et de la vérité. Seule la force de l’Esprit Saint assure la victoire. Mais selon Jean Climaque, il est important de prendre conscience que les passions ne sont pas mauvaises en soi ; elles le deviennent en raison du mauvais usage qu’en fait la liberté de l’homme. Si elles sont purifiées, les passions ouvrent à l’homme la voie vers Dieu avec des énergies unifiées par l’ascèse et par la grâce et, « si celles-ci ont reçu du Créateur un ordre et un début…, la limite de la vertu est sans fin » (26/2, 37 ; 1068).
La dernière phase du chemin est la perfection chrétienne, qui se développe dans les dernières sept marches de l’Echelle. Il s’agit des stades les plus élevés de la vie spirituelle, dont peuvent faire l’expérience les « hésychastes », les solitaires, ceux qui sont arrivés au calme et à la paix intérieure ; mais ce sont des stades accessibles également aux cénobites les plus fervents. Des trois premiers – simplicité, humilité et discernement – Jean, dans le sillage des Pères du désert, considère le dernier le plus important, c’est-à-dire la capacité de discerner. Chaque comportement doit être soumis au discernement ; en effet, tout dépend des motivations profondes, qu’il faut évaluer. On entre ici dans le vif de la personne et il s’agit de réveiller chez l’ermite, chez le chrétien, la sensibilité spirituelle et le « sens du cœur », dons de Dieu : « Comme guide et règle en toute chose, après Dieu, nous devons suivre notre conscience » (26/1,5 ;1013). C’est de cette manière que l’on atteint la tranquillité de l’âme, l’esichía, grâce à laquelle l’âme peut se pencher sur l’abîme des mystères divins.
L’état de calme, de paix intérieure, prépare l’ « hésychaste » à la prière, qui chez Jean, est double : la « prière corporelle » et la « prière du cœur ». La première est propre à celui qui doit s’aider de gestes du corps : tendre les mains, émettre des gémissements, se frapper la poitrine, etc. (15, 26 ; 900) ; la deuxième est spontanée, car elle est l’effet du réveil de la sensibilité spirituelle, don de Dieu à ceux qui se consacrent à la prière corporelle. Chez Jean, elle prend le nom de « prière de Jésus » (Iesoû euché), et est constituée par l’invocation du seul nom de Jésus, une invocation continue comme la respiration : « Que la mémoire de Jésus ne fasse qu’une seule chose avec ta respiration, et alors, tu connaîtras l’utilité de l’esichía », de la paix intérieure (27/2, 26 ; 1112). A la fin, la prière devient très simple, simplement le nom « Jésus » qui ne fait qu’un avec notre respiration.
Le dernier degré de l’échelle (30), teinté de « la sobre ivresse de l’Esprit », est consacré à la suprême « trinité des vertus » : la foi, l’espérance et surtout la charité. De la charité, Jean parle également comme éros (amour humain), figure de l’union matrimoniale de l’âme avec Dieu. Et il choisit encore l’image du feu pour exprimer l’ardeur, la lumière, la purification de l’amour pour Dieu. La force de l’amour humain peut être redirigée vers Dieu, de même que sur l’olivier sauvage peut être greffé l’olivier franc (cf. Rm 11, 24) (15, 66 ; 893). Jean est convaincu qu’une intense expérience de cet éros fait progresser l’âme beaucoup plus que le dur combat contre les passions, car sa puissance est grande. Ainsi prévaut le positivisme sur notre chemin. Mais la charité est considérée également en relation étroite avec l’espérance : « La force de la charité est l’espérance : grâce à elle, nous attendons la récompense de la charité… L’espérance est la porte de la charité… L’absence d’espérance anéantit la charité : c’est à elle que sont liés nos efforts, c’est par elle que sont soutenus nos labeurs, et c’est grâce à elle que nous sommes entourés par la miséricorde de Dieu » (30, 16 ; 1157). La conclusion de l’Echelle contient la synthèse de l’œuvre avec des paroles que l’auteur fait prononcer à Dieu lui-même : « Que cette échelle t’enseigne la disposition spirituelle des vertus. Je me tiens au sommet de cette échelle, comme le dit mon grand initié (saint Paul) : Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité (1 Co 13, 13)! » (30, 18 ; 1160).
A ce point, une dernière question s’impose : l’Echelle, œuvre écrite par un moine ermite qui a vécu il y a mille quatre cents ans, peut-elle encore nous dire quelque chose aujourd’hui ? L’itinéraire existentiel d’un homme qui a toujours vécu sur le mont Sinaï à une époque si lointaine peut-il être d’une quelconque actualité pour nous ? Dans un premier temps, il semblerait que la réponse doive être « non », car Jean Climaque est trop loin de nous. Mais, si nous observons d’un peu plus près, nous voyons que cette vie monastique n’est qu’un grand symbole de la vie baptismale, de la vie de chrétien. Elle montre, en quelque sorte, en lettres capitales ce que nous écrivons jour près jour en lettres minuscules. Il s’agit d’un symbole prophétique qui révèle ce qu’est la vie du baptisé, en communion avec le Christ, avec sa mort et sa résurrection. Pour moi, il est particulièrement important que le sommet de l’« échelle », que les derniers degrés soient dans le même temps les vertus fondamentales, initiales, et les plus simples : la foi, l’espérance et la charité. Il ne s’agit pas de vertus uniquement accessibles à des champions de la morale, mais des dons de Dieu à tous les baptisés : en elles croît également notre vie. Le début est également la fin, le point de départ est également le point d’arrivée : tout le chemin va vers une réalisation toujours plus radicale de foi, d’espérance et de charité. Dans ces vertus, est présente toute la montée. La foi est fondamentale, car cette vertu implique que je renonce à mon arrogance, à ma pensée ; à la prétention de juger seul, sans m’appuyer sur les autres. Ce chemin vers l’humilité, vers l’enfance spirituelle, est nécessaire : il faut surmonter l’attitude d’arrogance qui fait dire : j’en sais plus, à mon époque du XXIème siècle, que ce que pouvaient savoir les hommes de l’époque passée. Il faut en revanche s’en remettre uniquement à l’Ecriture Sainte, à la Parole du Seigneur, contempler avec humilité l’horizon de la foi, pour entrer ainsi dans l’étendue immense du monde universel, du monde de Dieu. De cette façon notre âme croît, la sensibilité du cœur vers Dieu croît. Jean Climaque dit à juste titre que seule l’espérance nous rend capables de vivre la charité. L’espérance dans laquelle nous transcendons les choses de tous les jours, nous n’attendons pas le succès de nos jours terrestres, mais nous attendons à la fin la révélation de Dieu lui-même. Ce n’est que dans cet élargissement de notre âme, dans cette auto-transcendance que notre vie devient grande et que nous pouvons supporter les peines et les déceptions de chaque jour, que nous pouvons être bons avec les autres sans attendre de récompense. Ce n’est que si Dieu existe, cette grande espérance à laquelle je tends que je peux, chaque jour, accomplir les petits pas de ma vie et apprendre ainsi la charité. Dans la charité se cache le mystère de la prière, de la connaissance personnelle de Jésus : une prière simple, qui tend uniquement à toucher le cœur du Maître divin. Et ainsi, on ouvre son cœur, on apprend de Lui la même bonté, le même amour. Utilisons donc cette « montée » de la foi, de l’espérance et de la charité ; nous parviendrons ainsi à la vraie vie.
Puis le pape a proposé une synthèse de sa catéchèse, en français :
Chers frères et sœurs,
Après un cycle de catéchèse sur saint Paul, je reviens à la présentation des grands auteurs spirituels du Moyen-âge en évoquant, ce matin, pour vous, la figure de saint Jean Climaque. Né autour 575, il devient, à 16 ans, moine sur le mont Sinaï où il partagera son existence entre vie érémitique et vie cénobitique jusqu’à sa mort en 650.
A la demande de l’higoumène d’un monastère voisin, il composa l’Echelle sainte, l’ouvrage qui fit sa renommée. Il y décrit, pour les moines, les différents degrés de l’ascension spirituelle qui, partant du renoncement au monde, atteint la charité qui en constitue la cime.
Cette montée est marquée par trois grandes étapes. D’abord, la prise de distance vis-à-vis des personnes et des lieux aimés, le jeûne et la chasteté préparent le moine à l’obéissance, qui est l’école d’humilité. La deuxième phase est constituée par le combat spirituel contre les passions que l’ascèse et la grâce permettent de purifier pour les mobiliser en faveur de l’acquisition des vertus. Le dernier degré de cette progression est l’occasion pour saint Jean de décrire les modalités par lesquelles l’âme peut entrer dans l’esichía, c’est-à-dire la paix de l’âme, prélude à la contemplation des mystères divins. La charité, dont l’espérance est la force d’action, est le sommet de cette échelle où l’âme peut enfin s’unir à Dieu.
Ecrite il y a plusieurs siècles pour la vie monastique, l’Echelle peut encore aujourd’hui orienter tous les baptisés pour les conduire à une participation plus profonde à la mort et à la résurrection du Christ.
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Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, notamment la délégation des consuls honoraires, accompagnée par Son Eminence le cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon, la Communauté de l’Arche « l’Olivier » de Rennes qui fête cette année ses vingt ans d’existence, ainsi que tous les jeunes, en particulier ceux des collèges La Rochefoucauld et Fénelon Sainte-Marie de Paris. Bon pèlerinage à tous !
« Merci d’avoir compris notre douleur et notre angoisse », dit le rabbin Schneier
13 février, 2009du site:
http://www.zenit.org/article-20163?l=french
« Merci d’avoir compris notre douleur et notre angoisse », dit le rabbin Schneier
Une rencontre qui a une portée « historique »
ROME, Vendredi 13 février 2009 (ZENIT.org) – « Merci d’avoir compris notre douleur et notre angoisse » a déclaré le rabbin Arthur Schneier lors de l’audience accordée par Benoît XVI ce jeudi 12 février au Vatican à une délégation de la « Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures ».
Cette rencontre, a insisté le rabbin, sert à la « compréhension mutuelle » surtout en des jours « douloureux et difficiles » après les déclarations négationnistes d’un évêque de la fraternité Saint-Pie X.
« Merci d’avoir compris notre douleur et notre angoisse et pour votre ferme déclaration de « solidarité indiscutable » avec le peuple juif, et pour la condamnation de toute négation de l’Holocauste », a déclaré le rabbin Schneier.
Il a souligné combien « l’engagement personnel » de Benoît XVI et de Jean-Paul II sont un encouragement à « renforcer encore plus les liens entre catholiques et juifs, dans toutes les parties du monde ».
Le président des organisations juives américaines, Alan Solow, a également mis l’accent sur l’importance de cette rencontre au Vatican pour condamner à nouveau tout antisémitisme, et à propos du voyage du pape en Israël, il a ajouté : « La visite programmée du pape en Israël est bienvenue et appréciée ».
Le peuple et les responsables d’Israël, et nous-même, « avons hâte » de voir cet événement, car « la terre sainte a une signification immense pour nos deux fois ».
Après cette audience, le rabbin Arthur Schneier et Alan Solow ont tenu une conférence de presse au siège de Radio Vatican, et ils ont affirmé la portée « historique » de cette audience.
« De la douloureuse « affaire williamson » a dit le rabbin Schneier, peuvent émerger des relations plus fortes entre juifs et catholiques ». Il a remercié le pape d’avoir redit l’importance du concile Vatican II et de Nostra Aetate.
En tant que survivant de la Shoah, le rabbin de New York a dit « regarder vers l’avenir avec confiance » et être convaincu que « le dialogue entre juifs et catholiques » va se poursuivre.
Alan Solow a pour sa part souligné l’importance du prochain voyage di pape en Israël, un événement « attendu ». Il a également salué l’engagement du pape contre l’idéologie négationniste et contre toute forme d’antisémitisme.
Anita S. Bourdin
Concile Vatican II : Certains restent sourds aux appels de Dieu
13 février, 2009du site:
http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=readings&localdate=20090213
Commentaire du jour
Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 21
Certains restent sourds aux appels de Dieu
L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans la vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse a l’homme de dialoguer avec lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur. Mais beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l’homme à Dieu : à tel point que l’athéisme compte parmi les faits les plus graves de ce temps…
Certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens. Beaucoup, outrepassant indûment les limites des sciences positives, ou bien prétendent que la seule raison scientifique explique tout, ou bien, à l’inverse, ne reconnaissent comme définitive absolument aucune vérité… D’autres se représentent Dieu sous un jour tel que, en le repoussant, ils refusent un Dieu qui n’est en aucune façon celui de l’Évangile. D’autres n’abordent même pas le problème de Dieu : ils paraissent étrangers à toute inquiétude religieuse et ne voient pas pourquoi ils se soucieraient encore de religion. L’athéisme, en outre, naît souvent d’une protestation révoltée contre le mal dans le monde… Et parmi les formes de l’athéisme contemporain, on ne doit pas passer sous silence celle qui attend la libération de l’homme surtout de sa libération économique et sociale…
L’Église…, bien consciente de la gravité des problèmes que l’athéisme soulève et poussée par son amour pour tous les hommes, estime qu’elle doit soumettre ces motifs à un examen sérieux et approfondi. Elle tient que la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en aucune façon à la dignité de l’homme, puisque cette dignité trouve en Dieu lui-même ce qui la fonde et ce qui l’achève. Car l’homme a été établi en société, intelligent et libre, par Dieu son Créateur. Mais surtout, comme fils, il est appelé à l’intimité même de Dieu et au partage de son propre bonheur.










