Archive pour janvier, 2009

Saint Ambroise : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades »

17 janvier, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=01/17/2009#

Saint Ambroise (v.340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
Commentaire sur Luc, 5, 23.27 (trad. SC 45, p. 191s rev.; cf En Calcat)

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades »
      L’apôtre Paul a dit : « Dépouillez-vous du vieil homme avec ses agissements et revêtez l’homme nouveau » (Col 3,9-10)… Telle a été l’oeuvre que le Christ a accompli en appelant Lévi ; il l’a refaçonné et a fait de lui un homme nouveau. Aussi est-ce au titre de créature nouvelle que l’ancien publicain offre un festin au Christ, parce que le Christ se plaît en lui et que lui-même mérite d’avoir sa part de bonheur avec le Christ… Il le suivait maintenant, heureux, allègre, débordant de joie.

      « Je ne fais plus figure de publicain, disait-il ; je ne porte plus le vieux Lévi ; j’ai dépouillé Lévi en revêtant le Christ. Je fuis ma vie première ; je ne veux suivre que toi, Seigneur Jésus, qui guéris mes blessures. Qui me séparera de l’amour de Dieu qui est en toi ? la tribulation ? l’angoisse ? la faim ? (Rm 8,35) Je suis attaché à toi par la foi, comme par des clous, je suis retenu par les bonnes entraves de l’amour. Tous tes commandements seront comme un cautère que je tiendrai appliqué sur ma blessure ; le remède mord, mais il enlève l’infection de l’ulcère. Retranche donc, Seigneur Jésus, par ton glaive puissant la pourriture de mes péchés ; viens vite inciser les passions cachées, secrètes, variées. Purifie toute infection par le bain nouveau.

      « Écoutez-moi, hommes collés à la terre, vous qui avez la pensée enivrée par vos péchés. Moi aussi, Lévi, j’étais blessé par des passions semblables. Mais j’ai trouvé un médecin qui habite le ciel et qui répand ses remèdes sur la terre. Lui seul peut guérir mes blessures car il n’en a pas ; lui seul peut ôter au coeur sa douleur et à l’âme sa langueur, car il connaît tout ce qui est caché.

par Sandro Magister : Juifs et Eglise catholique. Ce pape ne plaît pas aux rabbins italiens

16 janvier, 2009

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/213449?fr=y

Juifs et Eglise catholique. Ce pape ne plaît pas aux rabbins italiens

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Ils n’aiment ni la nouvelle prière du Vendredi Saint, ni la voie de dialogue que Benoît XVI a ouverte dans son livre « Jésus de Nazareth ». Et ils ne s’associent pas à la journée pour le judaïsme lancée par les évêques. Mais, parmi eux, tous ne pensent pas ainsi

par Sandro Magister 


ROMA, le 16 janvier 2009 – Du point de vue géopolitique, la guerre de Gaza a aggravé les divergences entre l’Eglise catholique et Israël, comme www.chiesa l’a montré dans son article du 4 janvier.

On souhaite que le voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, envisagé pour mai, atténue les incompréhensions réciproques. Mais, pour le moment, les négociations visant à donner une application pratique aux accords de 1993 entre le Saint-Siège et Israël n’avancent pas, surtout en raison de l’intransigeance israélienne. Et on n’entrevoit aucune intention de supprimer, au musée de la Shoah à Jérusalem, la légende de la photo de Pie XII qui en fait un complice de l’extermination des juifs par les nazis.

Mais les rapports entre les deux parties sont mouvementés également dans le domaine plus strictement religieux. La conférence des évêques d’Italie a décidé que le 17 janvier serait la « Journée pour l’approfondissement et le développement du dialogue entre catholiques et juifs ». Depuis 1990 cette journée a lieu tous les ans, depuis 2001 la communauté juive d’Italie en est promotrice avec les évêques, et depuis 2005 les deux parties ont convenu d’un programme décennal de réflexion sur les Dix Commandements. Mais, cette fois, l’Eglise catholique se retrouve seule. L’assemblée des rabbins d’Italie, présidée par Giuseppe Laras, a décidé de « suspendre » la participation des juifs à l’événement.

Laras a annoncé le retrait de l’adhésion juive le 18 novembre, lors d’un colloque sur le dialogue interreligieux qui a eu lieu à Rome à la chambre des députés. Il l’a expliqué par la décision de Benoît XVI d’introduire dans l’ancien rite romain du Vendredi Saint l’invocation pour que Dieu « éclaire » le cœur des juifs, « afin qu’ils reconnaissent en Jésus-Christ le sauveur de tous les hommes ». Invocation jugée inacceptable par Laras en ce qu’elle vise à la conversion des juifs à la foi chrétienne.

Le 13 janvier, le grand rabbin de Venise, Elia Enrico Richetti, a renforcé la protestation. Dans « Popoli », la revue missionnaire des jésuites italiens, il a écrit que, avec Benoît XVI, « on va vers l’annulation des cinquante dernières années de l’histoire de l’Eglise ».

La conférence des évêques d’Italie a réagi en maintenant la journée de réflexion judéo-chrétienne – placée significativement à la veille de la semaine annuelle de l’unité des chrétiens – et en publiant à cette l’occasion un document qui résume les étapes du dialogue entre juifs et chrétiens pendant le dernier demi-siècle, à partir de la suppression, décidée par le pape Jean XXIII en 1959, de l’adjectif latin « perfidi » (dont le sens propre est « incrédules ») appliqué aux juifs dans la prière du Vendredi Saint en vigueur à l’époque.

Le document souligne l’importance d’un texte du Vatican publié en 2001 par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger sous le titre « Le peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne ». Des représentants qualifiés du catholicisme et du judaïsme voient en effet dans ce texte le point le plus haut et le plus constructif qu’ait atteint jusqu’à présent le dialogue entre les deux croyances, avec le livre « Jésus de Nazareth » publié en 2007 par le même Ratzinger, devenu pape entre temps, dans les pages consacrées à la divinité de Jésus: question théologique capitale pour les juifs d’alors et ceux d’aujourd’hui, qu’ils croient ou non au Christ.

Du côté catholique, tout le monde n’accepte pas la voie tracée par Ratzinger pour le dialogue avec le judaïsme. On lui oppose la « théologie du remplacement », dans ses versions « de gauche », pro-palestiniennes, ou dans celles « de droite », traditionnalistes. Selon cette théologie, l’alliance avec Israël a été abrogée par Dieu et seule l’Eglise est le nouveau peuple élu. Chez certains, cette vision va jusqu’à un rejet de fond de l’Ancien Testament.

Mais il y a aussi de sensibles divergences de vues du côté juif. En novembre dernier, quand Benoît XVI a suscité l’émotion en affirmant qu’ »un dialogue interreligieux au sens strict du mot n’est pas possible, mais que le dialogue interculturel est d’autant plus urgent », le grand rabbin de Rome Riccardo Di Segni (photo), a surpris en se disant d’accord avec le pape. Et il a ajouté que la décision de l’assemblée des rabbins italiens de suspendre l’adhésion à la journée de réflexion judéo-chrétienne du 17 janvier allait, elle aussi, dans cette direction: « supprimer l’équivoque selon laquelle juifs et chrétiens doivent aussi dialoguer sur le plan théologique ». Par rapport à son prédécesseur Elio Toaff – célèbre pour avoir embrassé Jean-Paul II à la synagogue – Di Segni a inauguré une façon de diriger le rabbinat italien moins laïque et plus identitaire, plus respectueuse des rites et préceptes, et donc plus conflictuelle vis-à-vis de la papauté du point de vue religieux.

Mais, justement, tous les juifs ne pensent pas ainsi. Certains interprètent autrement les réserves de Benoît XVI sur le dialogue interreligieux. Ils estiment en effet que quand le pape exclut « un dialogue interreligieux au sens strict du mot », il ne se réfère pas au judaïsme mais seulement aux religions extérieures à l’ensemble judéo-chrétien, c’est-à-dire l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, etc. En effet, demandent-ils, « que sont le document de 2001 et le livre ‘Jésus de Nazareth’ sinon une confrontation sur le terrain proprement théologique avec la seule religion avec laquelle le christianisme puisse le faire? ».

Cette dernière question a été posée – dans une note dans le quotidien « il Foglio » du 11 janvier – par Giorgio Israel, professeur de mathématiques à l’Université de Rome « La Sapienza » et partisan actif du dialogue judéo-chrétien en harmonie avec le pape actuel. Avec Guido Guastalla, assesseur à la culture de la communauté juive de Livourne, Israel a aussi contesté publiquement, dans le « Corriere della Sera » du 26 novembre, la décision de Laras et de l’assemblée des rabbins de ne pas s’associer à la journée de réflexion judéo-chrétienne du 17 janvier. A leur avis, le motif donné pour expliquer ce refus, c’est-à-dire la prière pour les juifs formulée par Benoît XVI pour l’ancien rite du Vendredi Saint, n’est plus soutenable après les clarifications apportées à ce sujet par les autorités vaticanes, clarifications acceptées également par le président de l’International Jewish Committee, le rabbin David Rosen.

Le rabbin Laras, le rabbin Amos Luzzatto, et le président de l’Union des jeunes juifs d’Italie, Daniele Nahum ont répondu à Israel et Guastalla dans le « Corriere della Sera » du 4 décembre. Ils ont redonné à l’Eglise catholique et en particulier au pape la responsabilité de la rupture, défini les positions de Benoît XVI comme « une régression par rapport aux progrès nés des dernières décennies de dialogue et de collaboration » et accusé ceux qui les critiquent de vouloir utiliser le dialogue judéo-chrétien pour lutter contre l’islam.

Laras, Luzzatto et Nahum concluent ainsi leur réponse: « Il faut se rappeler que les rapports entre le judaïsme et l’islam ont généralement été plus profitables et plus sereins que ceux entre le judaïsme et le christianisme ».

Le poids de l’histoire est inébranlable. Mais, relus aujourd’hui, en pleine guerre de Gaza, cet hommage à l’islam et ce coup de poignard à l’Eglise ont quelque chose d’irréel.

Saint François d’Assise

16 janvier, 2009

Saint François d'Assise dans images sacrée St20Francis20and20dove

http://ruweary2.blogspot.com/2008/02/st-francis-of-assisi.html

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix…

16 janvier, 2009

SAINT FRANÇOIS D’ASSISE (attribué à)

PRIÈRE SIMPLE

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là ou il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là ou il y a la tristesse, que je mette la joie.

Que je ne cherche pas tant
À être consolé, qu’à consoler;
À être compris, qu’à comprendre;
À être aimé, qu’à aimer.

Car,
C’est en donnant, qu’on recoit;
C’est en s’oubliant, qu’on trouve;
C’est en pardonnant, qu’on est pardonné;
C’est en mourant, qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

(Saint François d’Assise)

Jean-Paul II : Marie, Mère de l’espérance,

16 janvier, 2009

du site:

http://www.inxl6.org/article1617.php

Jean-Paul II
01/05/2004

Marie, Mère de l’espérance,

marche avec nous !
Apprends-nous à proclamer le Dieu vivant ;
Aide-nous à témoigner de Jésus,
l’unique Sauveur ;
rends-nous serviables envers notre prochain,
accueillants envers ceux
qui sont dans le besoin, artisans de justice,
bâtisseurs passionnés d’un monde plus juste ;
intercède pour nous
qui œuvrons dans l’histoire,
avec la certitude
que le dessein du Père s’accomplira.

Aurore d’un monde nouveau,
montre-toi la Mère de l’espérance
et veille sur nous !
Veille sur l’Église en Europe:
qu’elle soit transparente à l’Évangile ;
qu’elle soit un authentique lieu
de communion ;
qu’elle vive sa mission
d’annoncer, de célébrer et de servir
l’Évangile de l’espérance
pour la paix et la joie de tous.

Reine de la paix,
protège l’humanité du troisième millénaire !
Veille sur tous les chrétiens :
qu’ils avancent dans la confiance
sur le chemin de l’unité,
comme un ferment pour la concorde
sur le continent.
Veille sur les jeunes,
espérance de l’avenir,
qu’ils répondent généreusement
à l’appel de Jésus ;
veille sur les responsables des nations :
qu’ils s’emploient à édifier
une maison commune,
dans laquelle soient respectés la dignité
et les droits de chacun.

Marie, donne-nous Jésus !
Fais que nous le suivions
et que nous l’aimions !
C’est lui l’espérance de l’Église,
de l’Europe et de l’humanité.
C’est lui qui vit avec nous, au milieu de nous,
dans son Église.
Avec toi, nous disons
« Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20) :
Que l’espérance de la gloire
déposée par Lui en nos cœurs
porte des fruits de justice et de paix !

Catéchisme de l’Église catholique: « Mon fils, tes péchés sont pardonnés »

16 janvier, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=01/16/2009#

Catéchisme de l’Église catholique
§ 976-982

« Mon fils, tes péchés sont pardonnés »
      « Je crois au pardon des péchés » : le Symbole des apôtres lie la foi au pardon des péchés à la foi en l’Esprit Saint, mais aussi à la foi en l’Église et en la communion des saints. C’est en donnant l’Esprit Saint à ses apôtres que le Christ ressuscité leur a conféré son propre pouvoir divin de pardonner les péchés : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20,22-23).

      « Un seul baptême pour le pardon des péchés » : notre Seigneur a lié le pardon des péchés à la foi et au baptême : « Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé » (Mc 16,15-16). Le baptême est le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu’il nous unit au Christ « mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification », afin que « nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 4,25;6,4). « Au moment où nous faisons notre première profession de foi, en recevant le saint baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et si entier, qu’il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine à subir pour les expier… Mais néanmoins la grâce du baptême ne délivre personne de toutes les infirmités de la nature. Au contraire, nous avons encore à combattre les mouvements de la concupiscence qui ne cessent de nous porter au mal. »

      En ce combat avec l’inclination au mal, qui serait assez vaillant et vigilant pour éviter toute blessure du péché ?… « Il fallait donc que l’Eglise soit capable de pardonner leurs fautes à tous les pénitents, quand même ils auraient péché jusqu’au dernier moment de leur vie. » C’est par le sacrement de pénitence que le baptisé peut être réconcilié avec Dieu et avec l’Église…

      Il n’y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Église ne puisse remettre. « Il n’est personne, si méchant et si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère. » Le Christ, qui est mort pour tous les hommes, veut que dans son Église les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché.

Psaume 130 [131]

15 janvier, 2009

Psaume 130 [131] dans image sacré et texte 20081102_v

Psaume 130 [131]

R/ Garde mon âme dans la paix,
près de toi, Seigneur.

Seigneur, je n’ai pas le coeur fier
ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis pas de grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais.

http://www.evangile-et-peinture.org/article.php?sid=391

Pape Benoît: Audience générale du 14 janvier : Les lettres aux Colossiens et aux Ephésiens

15 janvier, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-19851?l=french

Audience générale du 14 janvier : Les lettres aux Colossiens et aux Ephésiens

Texte intégral

ROME, Mercredi 14 janvier 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée ce mercredi par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, dans la salle Paul VI du Vatican.

* * *

Chers frères et sœurs,

Parmi les lettres de Paul, il y en a deux, la Lettre aux Colossiens et la Lettre aux Ephésiens, qui, dans une certaine mesure, peuvent être considérées comme jumelles. En effet, l’une et l’autre ont des manières de s’exprimer que l’on ne trouve pas ailleurs, et il a été calculé que plus d’un tiers des mots de la Lettre aux Colossiens se trouve également dans La Lettre aux Ephésiens. Par exemple, alors que dans la Lettre aux Colossiens on lit littéralement l’invitation, « par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, de chanter à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance » (cf. Col 3, 16), dans la Lettre aux Ephésiens on recommande également de « dire entre vous des psaumes, des hymnes et de libres louanges, de chanter le Seigneur et le célébrer de tout votre cœur » (cf. Ep 5, 19). Nous pourrions méditer sur ces mots : le cœur doit chanter, ainsi que la voix, avec des psaumes et des hymnes pour entrer dans la tradition de la prière de toute l’Eglise de l’Ancien et du Nouveau Testament ; nous apprenons ainsi à être ensemble avec nous et entre nous, et avec Dieu. En outre, dans les deux Lettres on trouve ce qu’on appelle un « code domestique », absent dans les autres Lettres pauliniennes, c’est-à-dire une série de recommandations adressées aux maris et aux femmes, aux parents et aux enfants, aux patrons et aux esclaves (cf. respectivement Col 3, 18-4, 1 et Ep 5, 22-6, 9).

Il est plus important encore de constater que ce n’est que dans ces deux Lettres qu’est attesté le titre de « chef », kefalé, attribué à Jésus Christ. Et ce titre est employé à un double niveau. Dans un premier sens, le Christ est vu comme le chef de l’Eglise (cf. Col 2, 18-19 et Ep 4, 15-16). Cela signifie deux choses : tout d’abord qu’il est le gouvernant, le dirigeant, le responsable qui guide la communauté chrétienne comme son leader et son Seigneur (cf. Col 1, 18 : « Il est aussi la tête du corps, c’est-à-dire l’Eglise ») ; l’autre signification est qu’il est comme la tête qui innerve et vivifie tous les membres du corps auquel elle est préposée (en effet, selon Col 2, 19 il faut « être en union avec la tête, par laquelle tout le corps poursuit sa croissance grâce aux connexions internes ») : il n’est donc pas seulement quelqu’un qui commande, mais quelqu’un qui est organiquement uni à nous, dont provient également la force d’agir de manière juste.

Dans les deux cas, l’Eglise est considérée comme soumise au Christ, que ce soit pour suivre sa direction supérieure – les commandements -, que pour accueillir toutes les influences vitales qui émanent de Lui. Ses commandements ne sont pas seulement des paroles, des ordres, mais sont les forces vitales qui viennent de Lui et nous aident.

Cette idée est particulièrement développée dans la Lettre aux Ephésiens, où même les ministères de l’Eglise, au lieu d’être reconduits à l’Esprit Saint (comme dans 1 Co 12) sont conférés par le Christ ressuscité : « les dons qu’il a faits aux hommes, ce sont d’abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l’Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent » (4, 11). Et c’est de Lui que « dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes… Ainsi le corps se construit dans l’amour » (4, 16). En effet, le Christ est entièrement tendu à « présenter cette Eglise, resplendissante, sans tache ni ride, ni aucun défaut,… sainte et irréprochable » (cf. Ep 5, 27). Avec cela, il nous dit que la force avec laquelle il construit l’Eglise, avec laquelle il guide l’Eglise, avec laquelle il donne aussi la juste direction à l’Eglise, est précisément son amour.

La première signification est donc le Christ Chef de l’Eglise : que ce soit par rapport à la direction ou, surtout, par rapport à l’inspiration, à la vitalisation organique en vertu de son amour. Ensuite, dans un deuxième sens, le Christ est considéré non seulement comme chef de l’Eglise, mais comme chef des puissances célestes et de l’univers tout entier. Ainsi, dans la Lettre aux Colossiens nous lisons que le Christ « a dépouillé les puissances de l’univers ; il les a publiquement données en spectacle et les a traînées dans le cortège triomphal de la croix » (2, 15). De même, dans la Lettre aux Ephésiens nous trouvons écrit que, avec sa résurrection, Dieu plaça le Christ « au dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir » (1, 21). Avec ces mots, les deux Lettres nous remettent un message hautement positif et fécond. Celui-ci : le Christ n’a pas à craindre un concurrent éventuel, car il est supérieur à toute forme de pouvoir qui penserait humilier l’homme. Seul Lui « nous a aimés et s’est livré pour nous » (Ep 5, 2). C’est pourquoi, si nous sommes unis au Christ, nous ne devons craindre aucun ennemi et aucune adversité ; mais cela signifie donc que nous devons nous tenir bien solidement à Lui, sans lâcher prise !

Pour le monde païen, qui croyait en un monde rempli d’esprits, en grande partie dangereux et contre lesquels il fallait se défendre, l’annonce que le Christ était le seul vainqueur et que celui qui était avec le Christ n’avait rien à craindre de personne, apparaissait comme une véritable libération. Il en va de même pour le paganisme d’aujourd’hui, car les disciples actuels de telles idéologies voient aussi le monde rempli de pouvoirs dangereux. Il faut leur annoncer que le Christ est le vainqueur, si bien que celui qui est avec le Christ, qui reste uni à Lui, n’a rien à craindre, ni personne. Il me semble que cela est important également pour nous, qui devons apprendre à faire face à toutes les peurs, car Il est au-dessus de tout pouvoir, il est le véritable Seigneur du monde.

L’univers tout entier Lui est même soumis et va vers Lui comme vers le véritable chef. Les paroles de la Lettre aux Ephésiens, qui parle du projet de Dieu de « saisir l’univers entier, en réunissant tout sous un seul chef, le Christ » (1, 10) sont célèbres. De même, dans la Lettre aux Colossiens, on lit que « c’est en lui que tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles » (1, 16) et qu’« il a voulu tout réconcilier par lui et en lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (1, 20). Il n’y a donc pas, d’un côté, le grand monde matériel et, de l’autre, cette petite réalité de l’histoire de notre terre, le monde des personnes : tout est un dans le Christ. Il est le chef de l’univers ; l’univers est lui aussi créé par Lui, il est créé pour nous dans la mesure où nous sommes unis à Lui. C’est une vision rationnelle et personnaliste de l’univers. Et je dirais qu’il n’était pas possible de concevoir une vision plus universaliste que celle-ci, et celle-ci ne convient qu’au Christ ressuscité. Le Christ est le Pantokrator, à qui toutes les choses sont soumises : la pensée va justement vers le Christ Pantocrator, qui domine la voûte de l’abside des églises byzantines, parfois représenté assis au-dessus du monde entier, ou même sur un arc-en-ciel pour indiquer son assimilation à Dieu lui-même, à la droite duquel il est assis (cf. Ep 1, 20 ; Col 3, 1), et donc également son inégalable fonction de conducteur des destins humains.

Une vision de ce genre n’est concevable que de la part de l’Eglise, non pas dans le sens qu’elle désire indûment s’approprier ce qui ne lui revient pas, mais dans un autre double sens : aussi bien dans la mesure où l’Eglise reconnaît que d’une certaine façon, le Christ est plus grand qu’elle, étant donné que sa puissance s’étend également au-delà de ses frontières, que dans la mesure où l’Eglise seule est qualifiée comme Corps du Christ, et non l’univers. Tout cela signifie que nous devons considérer de façon positive les réalités terrestres car le Christ les récapitule en lui, et dans le même temps, nous devons vivre en plénitude notre identité ecclésiale spécifique, qui est la plus semblable à l’identité du Christ lui-même.

Il existe ensuite un concept particulier qui est propre à ces deux Lettres, et qui est le concept de « mystère ». Parfois on parle du « mystère de la volonté » de Dieu (Ep 1, 9), et d’autres fois, du « mystère du Christ » (Ep 3, 4 ; Col 4, 3) ou encore du « mystère de Dieu, qui est le Christ, dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 3, 2-3). Celui-ci signifie le dessein insondable de Dieu sur le destin de l’humanité, des peuples et du monde. A travers ce langage, les deux Epîtres nous disent que c’est dans le Christ que se trouve l’accomplissement de ce mystère. Si nous sommes avec le Christ, même si nous ne pouvons pas intellectuellement tout comprendre, nous savons que nous sommes dans le noyau du « mystère » et sur le chemin de la vérité. C’est Lui, dans sa totalité, et non pas dans un aspect de sa personne ou à un moment de son existence, qui porte en lui la plénitude du dessein divin insondable de salut. En lui prend forme ce qui est appelé « la sagesse infinie en ressources déployées par Dieu » (Ep 3, 10), car en Lui « habite corporellement toute la plénitude de la Divinité » (Col 2, 9). C’est pourquoi, désormais, il n’est pas possible de penser et d’adorer la volonté de Dieu, sa disposition souveraine, sans nous confronter personnellement avec le Christ en personne, dans lequel ce « mystère » s’incarne et peut être perçu de façon tangible. On parvient ainsi à contempler l’« insondable richesse du Christ » (Ep 3, 8) qui va au-delà de toute compréhension humaine. Ce n’est pas que Dieu a laissé des traces de son passage, car le Christ lui-même est la trace de Dieu, son empreinte suprême ; mais on se rend compte de ce qu’est « la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur » de ce « mystère » qui « surpasse toute connaissance » (Ep 3, 18-19). Les simples catégories intellectuelles apparaissent ici insuffisantes, et, en reconnaissant que de nombreuses choses vont au-delà de nos capacités rationnelles, il faut s’en remettre à la contemplation humble et joyeuse non seulement de l’esprit, mais également du cœur. Les Pères de l’Eglise, d’ailleurs, nous disent que l’amour comprend plus que la seule raison.

Il faut dire un dernier mot sur le concept, déjà évoqué plus haut, relatif à l’Eglise comme épouse du Christ. Dans la deuxième Lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul avait comparé la communauté chrétienne à une fiancée, écrivant ceci : « J’éprouve à votre égard en effet une jalousie divine ; car je vous ai fiancés à un Epoux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ » (2 Co 11, 2). La Lettre aux Ephésiens développe cette image, en précisant que l’Eglise n’est pas seulement une épouse promise, mais la réelle épouse du Christ. Celui-ci l’a, pour ainsi dire, conquise, et il l’a fait au prix de sa vie : comme le dit le texte, « il s’est livré pour elle » (Ep 5, 25). Quelle preuve d’amour peut être plus grande que celle-ci ? Mais, en plus, il se préoccupe de sa beauté : non seulement de celle déjà acquise par le baptême, mais également de celle qui doit grandir chaque jour grâce à une vie irréprochable, « sans tache ni ride » dans son comportement moral (Ep 5, 26-27). De là à l’expérience commune du mariage chrétien il n’y a qu’un pas ; et d’ailleurs, il n’est pas très clair quel est pour l’auteur de la Lettre le point de référence initial : s’il s’agit du rapport Christ-Eglise, à la lumière duquel penser l’union de l’homme et de la femme, ou encore s’il s’agit de l’expérience de l’union conjugale, à la lumière de laquelle penser le rapport entre le Christ et l’Eglise. Mais les deux aspects s’illuminent réciproquement : nous apprenons ce qu’est le mariage à la lumière de la communion du Christ et de l’Eglise, nous apprenons que le Christ s’unit à nous en pensant au mystère du mariage. Dans tous les cas, notre Lettre se pose presque à mi-chemin entre le prophète Osée, qui indiquait le rapport entre Dieu et son peuple en termes de noces ayant déjà eu lieu (cf. Os 2,4.16.21) et le Voyant de l’Apocalypse, qui prédira la rencontre eschatologique entre l’Eglise et l’Agneau comme des épousailles joyeuses et indéfectibles (cf. Ap 19,7-9 ; 21,9).

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais il me semble que, d’après ce qui a été exposé, il est déjà possible de comprendre que ces deux Lettres forment une grande catéchèse, dont nous pouvons apprendre non seulement comment être de bons chrétiens, mais également comment devenir réellement des hommes. Si nous commençons à comprendre que l’univers est l’empreinte du Christ, nous apprenons à connaître notre rapport étroit avec l’univers, avec tous les problèmes de la sauvegarde de l’univers. Nous apprenons à le voir avec la raison, mais avec une raison mue par l’amour, et avec l’humilité et le respect qui permettent d’agir de façon juste. Et si nous pensons que l’Eglise est le Corps du Christ, que le Christ s’est livré pour elle, nous apprenons la façon de vivre avec le Christ l’amour réciproque, l’amour qui nous unit à Dieu et qui nous fait voir dans l’autre l’image du Christ, le Christ lui-même. Prions le Seigneur pour qu’il nous aide à bien méditer l’Ecriture Sainte, sa Parole, et à apprendre ainsi réellement à bien vivre.

Puis le pape a proposé une synthèse de sa catéchèse, en français :

Chers frères et sœurs,

Parmi les Epîtres de saint Paul, il en est deux qui se ressemblent beaucoup tant au niveau du vocabulaire que de l’exposé : ce sont les Lettres aux Colossiens et aux Ephésiens. Dans l’une et l’autre, est donné au Christ Jésus le titre de « Tête ». Il est avant tout le Chef, celui qui dirige et guide la communauté chrétienne, et il est aussi la Tête en ce qu’Il communique sa vie à tous les membres de son Corps. Mais le Christ est aussi considéré comme le Chef des puissances célestes et du cosmos tout entier. Le Christ, qui « nous a aimés et s’est livré pour nous » (cf. Ep. 5, 2) est au-dessus de tout pouvoir qui voudrait humilier l’homme. Unis au Christ, nous ne devons donc rien craindre.

Les deux Lettres nous parlent encore du « mystère » du dessein de Dieu. Le Christ réconcilie tout en Lui : les choses du ciel et celles de la terre, « faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 20). En lui, nous pouvons contempler et adorer le mystère de la volonté de Dieu dans une humble et joyeuse soumission du cœur.

Pour finir, je voudrais évoquer l’image de l’Eglise, épouse du Christ. Il l’a conquise au prix de sa vie et il continue à se préoccuper de sa beauté, pas seulement celle qu’Il lui confère par le baptême, mais aussi celle qui doit grandir chaque jour en nous. Puissions-nous redécouvrir toute la joie de ces épousailles auxquelles le Christ nous convie !

Je suis heureux de saluer le pèlerinage Sainte-Thérèse de Lisieux, qui, avec les Evêques de Bayeux-Lisieux et de Séez, accompagne le reliquaire des Bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui ont si profondément vécu ce mystère d’amour du Christ. J’offre également mes vœux aux religieuses contemplatives de la Sainte-Famille de Bordeaux ainsi qu’aux jeunes de l’Institution Jeanne d’Arc de Colombes.

bonne nuit

15 janvier, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

1896 France

http://www.navinlegno.com/i_velieri.htm

Récit de trois compagnons de S. François d’Assise : Saint François guéri de ses peurs par un lépreux

15 janvier, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=01/15/2009#

Récit de trois compagnons de S. François d’Assise (vers 1244)
§ 11 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 813s)

Saint François guéri de ses peurs par un lépreux
      Un jour, alors que [le jeune] François montait à cheval près d’Assise, un lépreux vint à sa rencontre. D’habitude il avait une grande horreur des lépreux, c’est pourquoi il se fit violence, descendit de cheval et lui donna une pièce d’argent en lui baisant la main. Ayant reçu du lépreux un baiser de paix, il remonta à cheval et poursuivit son chemin. A partir de ce moment, il commença à se dépasser de plus en plus, jusqu’à parvenir à une parfaite victoire sur soi-même par la grâce de Dieu.

      Quelques jours plus tard, s’étant muni de beaucoup de monnaie, il se dirigea vers l’hospice des lépreux et, les ayant tous réunis, il donna une aumône à chacun, en lui baisant la main. A son retour, il est exact que ce qui auparavant lui paraissait amer — c’est-à-dire, voir ou toucher les lépreux — s’était transformé en douceur. Voir des lépreux, comme il lui arriva de le dire, lui était à ce point pénible que non seulement il refusait de les voir mais même de s’approcher de leur habitation ; s’il lui arrivait parfois de les voir ou de passer près de leur léproserie…, il détournait le visage et se bouchait le nez. Mais la grâce de Dieu le rendit à ce point familier des lépreux que, comme il l’atteste dans son testament, il séjournait parmi eux et les servait humblement. La visite aux lépreux l’avait transformé.

1...56789...13