« Voici ma mère et mes frères » (je mets ce pour la journée de la memoire)

 du site:

http://www.modia.org/tora/vayiqra/tuaimeras.html

« Voici ma mère et mes frères »
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Vayiqra (Lévitique) 19, 18
dans la 30e Paracha : Qéddochim
« Soyez saints »
Commentaire par le Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages
   Site Modia
http://www.modia.org
——————————————————————————–

Avertissement indispensable.
Cette mitsva est l’une des plus connues. Hélas, depuis des siècles, l’antisémitisme chrétien a réussi à faire croire au monde que cela n’est pas écrit dans la Torah mais dans le texte nouveau de l’autre religion, en ajoutant que les Juifs n’avaient que la crainte, la lettre et pas l’esprit, qu’ils avaient tués le prophète d’amour et D.ieu lui-même, etc. Infamies dont on n’arrive pas à comprendre comment ces millions d’individus religieux sont parvenus ainsi à mentir sur la parole de D.ieu elle-même et à tuer Son peuple. C’est pourtant la vérité historique, si contraire à ce qu’elle prétend être, une religion d’amour. Elle fut une religion de massacres du peuple de D.ieu. Il en reste une civilisation occidentale qui s’allie toujours aux ennemis du peuple juif, encore maintenant, car elle-même a gardé cet antisémitisme viscéral même si elle en a perdu la théologie.
Voir le résultat sur la page de la Shoa, ici.

Comment peut-on ainsi accuser de tant de vilenies le peuple juif qui a justement apporté cette mistva d’amour et le Cantique des Cantiques? Au point justement que sont nombreux les fondateurs d’autres religions qui ont piqué dans tous les sens des bribes de leur créativité dans la Torah.
Revenons donc à la Torah qui a le copyright éternel de cette expression: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». De même qu’il a le copyright éternel de la terre d’Israël et de Jérusalem sans aucune revendication possible. L’histoire est là, comme les textes saints, et comme le respect envers D.ieu qui passe par le respect envers le peuple qu’Il a choisi, par Son amour que nul homme religieux ne devrait se permettre de contester.
 

Quel est le sens de cette expression?
Tous les auteurs et Sages ont parlé sur ce verset.
1. Il veut d’abord dire qu’un sentiment de base, amour, doit aller vers tous et non pas seulement vers une ou deux personnes. Ce n’est pas si simple d’aimer ainsi tous ses proches (expression stricte de l’hébreu). Donc, il y a déjà là des conclusions à tirer et des remises en questions considérables, avant d’aller plus loin.

2. Il ne s’agit pas d’un principe idéologique comme lors de l’adhésion à un parti, une mafia, une association, un club, une confrérie professionnelle, ce n’est pas une simple solidarité d’intérêts. C’est aimer. Qu’est-ce que cela veut dire?

3. C’est ne pas faire de tort, c’est être attentif, c’est alors aider qui est dans le besoin sous toutes formes et ne pas s’abriter derrière des raisonnements pour s’en dispenser (on est différents, il y a des malheureux et des gens heureux, c’est le sort, des riches et des pauvres). C’est donc s’organiser pour voir les besoins de l’autre et ne pas vivre en quartier protégé qui ferait qu’on n’a pas l’occasion de voir le besoin. Il faut aller vers, c’est pour cela que la préposition hébraïque est « vers », « lé », comme l’anglais « to ». Tandis que lorsqu’on parle de l’amour envers D.ieu, il est dit: Tu aimeras D.ieu (avec éte, complément d’objet direct, c’est tout), de même envers le guer, le converti. Car ces amours doivent être inconditionnels et totaux. Le guer représente nous-même, celui qui est différent des autres et qui a choisi d’aller dans le peuple de D.ieu comme Avraham, ce qu’ont fait tous les ancêtres de tous les Juifs. Ils sont tous cela, des guérim, et c’est pour cela qu’ils sont différents des autres cultures, et à la fois admirés, enviés et détestés, le guer est dans la même position. Donc, ne pas l’aimer, c’est ne pas s’aimer.

4. Mais il y a plus, disent nos Sages, aimer nos proches, c’est les aimer comme nous nous-aimons nous-mêmes, c’est donc leur vouloir explicitement le bien que nous désirons pour nous mêmes et les aider à l’acquérir, et cela au même degré que nous l’avons pour nous-mêmes; c’est donc donner ce qui manque quand nous le pouvons, parce que l’autre en manque et que nous voudrions l’avoir si cela nous manquait; c’est nous réjouir de ce qu’il a au même degré que nous nous réjouirions quand nous l’avons; donc, même si nous ne l’avons pas et qu’il l’a, nous réjouir vraiment pour lui, qu’il s’agisse d’une famille si nous ne l’avons pas ou plus, d’un époux ou d’une épouse ou d’enfants, qu’il s’agisse de la santé, de qualités, de biens, de sagesse, de dons, etc. Nous avons chacun un travail important à réaliser sur tous ces points.

5. C’est comprendre encore que cela ne se fait pas dans le vague et l’irréalité envers toute l’humanité car alors il n’y a plus qu’une idéologie, et l’on voit souvent les idéologues politiques et religieux devenir les plus cruels au nom de leur idéologie d’amour universel. Le judaïsme n’a pas ce travers et ne cherche pas à convertir les autres par la force, par la loi et par la prison et par la mort. Qu’ils aient leurs dieux disent nos textes. Nous devons aimer ainsi qu’il a été dit, d’abord dans le cercle possible: autour de nous, nos proches. Cela est simple: maison, famille plus large, amis, lieu proche. Pour cela, ce qui nous est possible de donner doit d’abord aller dans ce cercle. Si nous ne le faisons pas là, nous ne le ferons pas plus loin. C’est le critère de vérité. Tout ce que je dis là est le résumé de multiples transmissions de la tradition, dans toutes les communautés.
Cela veut dire aussi, justement, que notre amour doit d’abord prendre en charge notre communauté, et notre famille juive.

6. Ensuite, il y a une autre dimension et tout cela, et pour aller au delà. Le motif essentiel de cet amour repose sur quoi? Sur le fait que nous avons été créé par amour, gratuitement, et gratuitement créés à l’image et à la ressemblance du Créateur, TOUS.
C’est donc, par une participation ensemble et UNIQUE à cette dimension divine d’amour que ce doit être notre seule règle entre tous les humains. Tous.
Inutile d’aller chercher des accords ou de faire des conférences pour décider si oui ou non tous les hommes sont égaux en droits. La nature de la Création l’affirme dès le début de la Torah en en donnant le motif de création (ce que ne font pas les déclarations universelles fondées uniquement sur la pensée et les dimensions politiques).
Donc, en plus, nous apprenons de là quelle doit être la nature et la forme de ce que l’on appelle « cet amour »: c’est « aimer » la présence divine en les autres. Réellement. Porter atteinte à l’autre, quelle que soit sa forme, sa couleur, son éducation, sa musique, sa langue, son sexe, etc, c’est insulter directement le Créateur. Il faudrait qu’il y ait toujours quelqu’un pour rappeler cela, d’abord dans les Chambres des députés de tous pays.
Le Créateur est aimé en Lui-même lorsque nous manifestons de l’attention à quelqu’un ou faisons quelque chose pour autrui.
Et cela, même si personne n’en est témoin et ne le saura jamais, car cela n’a aucune importance, l’action est réalisatrice de l’amour. Il en est ainsi quand on aime quelqu’un (enfant ou conjoint ou ami). C’est pareil.
C’est pour cela que ce verset ne dit pas simplement: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il dit, allez vérifier: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachém ».

Laisser un commentaire