Rupert de Deutz : « L’Époux est avec eux »

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=01/19/2009#

Rupert de Deutz (v.1075-1130), moine bénédictin
La Trinité et ses oeuvres, livre 42, Sur Isaïe, 2, 26 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Mediaspaul, t. 6, p. 156)

« L’Époux est avec eux »
      « J’exulte de joie dans le Seigneur et mon âme jubile en mon Dieu » (Is 61,10)… L’avènement, la présence du Seigneur, dont parle le prophète dans ce verset, est ce baiser que désire l’épouse du Cantique des cantiques lorsqu’elle dit : « Qu’il me baise du baiser de sa bouche » (Ct 1,1). Et cette épouse fidèle c’est l’Église : elle est née dans les patriarches, elle s’est fiancée en Moïse et dans les prophètes ; du désir ardent de son coeur, elle soupirait pour que vienne le Bien-Aimé… Pleine de joie maintenant qu’elle a reçu ce baiser, elle s’écrie dans son bonheur : « J’exulte de joie dans le Seigneur ! »

      Participant à cette joie, Jean Baptiste, l’illustre « ami de l’Époux », le confident des secrets de l’Époux et de l’épouse, le témoin de leur amour mutuel, déclarait : « L’époux est celui à qui l’épouse appartient ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux et il en est tout joyeux. C’est ma joie, et j’en suis comblé » (Jn 3,29). Sans aucun doute, celui qui a été le précurseur de l’Époux en sa naissance, le précurseur aussi de sa Passion lorsqu’il est descendu aux enfers, a annoncé la Bonne Nouvelle à l’Église qui se trouvait là, dans l’attente…

      Ce verset convient donc tout à fait à l’Église jubilante, quand, au séjour des morts, elle se hâte déjà à la rencontre de l’Époux : « J’exulte de joie dans le Seigneur, et mon esprit jubile en mon Dieu. Quelle est donc la cause de ma joie ? Quel est le motif de mon exultation ? C’est qu’il ‘ m’a revêtue des vêtements du salut et drapée dans le manteau de la joie ‘ (v. 11). En Adam, j’avais été dénudée, j’avais dû assembler des feuilles de figuier pour cacher ma nudité ; misérablement couverte de tuniques de peau, j’avais été chassée du paradis (Gn 3,7.21). Mais aujourd’hui, mon Seigneur et mon Dieu a remplacé les feuilles par le vêtement du salut. À cause de sa Passion dans notre chair, il m’a vêtue d’une première robe, celle du baptême et de la rémission des péchés ; et au lieu de la tunique de peau de la mortalité, il m’a enveloppée d’une deuxième robe, celle de la résurrection et de l’immortalité. »

Laisser un commentaire