Archive pour novembre, 2008

Blaise Pascal: Nous connaissons la vérité par le coeur

16 novembre, 2008

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Nous connaissons la vérité par le coeur

Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le coeur ; c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaye de les combattre. [...]

Nous savons que nous ne rêvons point ; quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison, cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l’incertitude de toutes nos connaissances [...].

Car la connaissance des premiers principes, comme l’existence de l’espace, du temps, des mouvements, des nombres, est aussi ferme qu’aucune connaissance donnée par nos raisonnements. Et c’est sur ces connaissances du coeur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie, et qu’elle y fonde tout son discours. ([...] Les principes se sentent, les propositions se concluent ; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies.) Et il est aussi inutile et ridicule que la raison demande au coeur des preuves de ses premiers principes, pour vouloir y consentir, que le coeur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu’elle démontre, pour vouloir les recevoir.

Cette impuissance ne doit donc servir qu’à humilier la raison, qui voudrait juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude, comme s’il n’y avait que la raison capable de nous instruire.

Blaise Pascal, Pensées, pensée n° 282

Un « Docteur de l’Eglise de sept ans ? » Nennolina, enfant malade

16 novembre, 2008

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Un « Docteur de l’Eglise de sept ans ? » Nennolina, enfant malade

Congrès au Vatican sur la pastorale des enfants malades

ROME, Vendredi 14 novembre 2008 (ZENIT.org) – L’Eglise pourrait-elle déclarer « Docteur de l’Eglise » une enfant de sept ans ? L’hypothèse avancée par certains a été mentionnées par le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale du monde de la santé, Mgr José Luis Redrado, jeudi 13 novembre, à l’occasion du 23e congrès international organisé par son dicastère sur la pastorale des enfants malades.

Ses réflexions à ce sujet sont rapportées par l’agence de la conférence épiscopale italienne, le Service d’information religieuse (SIR).

Mgr Redrado a rappelé le cas de cette petite italienne morte à 7 ans, Antonietta Meo, surnommé eaffecueusement « Nennolina », née à Rome en 1930 et morte en 1937, et dont le procès de béatification est en cours (cf. Zenit des 17 décembre 2007 et 11 janvier 2008).

« Elle nous a laissé, a souligné Mgr Redrado, un journal et 150 lettres à Jésus, à la Vierge et à la Trinité ».

Il a fait observé que les experts qui se sont penchés sur ces documents y voient un « très beau système théologique », ce qui fait que certains ont parlé d’un « nouveau docteur de l’Eglise », après sainte Thérèse de Lisieux, « docteur » à 24 ans.

Mais rappelons que le doctorat suit la sainteté et pas l’inverse et suppose une influence notable de l’enseignement de la sainte ou du saint en question sur les chrétiens. D’autres candidats sont sur les rangs, comme saint Louis Marie Grignion de Montfort ou saint Ignace de Loyola…

A propos de la prochaine béatification de la – très – jeune Antonietta Meo, le cardinal Saraiva Martins, portugais, préfet émérite de la Congrégation pour les causes des saints, et qui a vu la béatification des deux premiers petits enfants non-martyrs dans les pastoureaux de Fatima, Francisco et Jacinta, le 13 mai 2000, rappelait en janvier dernier : « La sainteté est pour tous ! Le cas de Nennolina est certainement une nouvelle confirmation de cette vérité fortement mise en relief par Vatican II. La sainteté, je le dis souvent, n’est pas à l’usage d’un petit nombre, mais un devoir contraignant pour tous les baptisés ».

Il insistait spécialement sur la sainteté des laïcs comme « extrêmement importante » : « C’était une vérité que Jean-Paul II a toujours cherché à mettre en lumière. Cela me fait me souvenir aussi de Giorgio La Pira qui disait : ‘La sainteté au XXe siècle – on peut dire au XXIe siècle – a une caractéristique : la laïcité’. Il disait bien que dans cinquante ans peut-être, nous verrions [canoniser] des personnes que nous rencontrons dans la rue : professeurs d’université, politiciens, économistes etc… Donc, le cas de Nennolina est une autre confirmation de la sainteté des laïcs ».

buona notte

16 novembre, 2008

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Yellow Chamomile

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Saint Jérôme: « Un homme…appela ses serviteurs et leur confia ses biens »

16 novembre, 2008

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Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église

« Un homme…appela ses serviteurs et leur confia ses biens »

Ce propriétaire est sans aucun doute le Christ. Après sa résurrection, sur le point de remonter victorieusement vers le Père, il a appelé les apôtres et leur a confié la doctrine de l’Évangile, donnant à l’un plus, à l’autre moins, jamais trop ni trop peu, mais selon les forces de ceux qui la recevaient. De la même façon l’apôtre Paul dit qu’il a nourri de lait ceux qui ne pouvaient pas prendre une nourriture solide (1Co 3,2)…

Cinq, deux, un talents : comprenons par là soit les grâces différentes accordées à chacun, soit pour le premier les cinq sens, pour le second l’intelligence de la foi et les oeuvres, pour le troisième la raison qui nous distingue des autres créatures. « Celui qui avait reçu cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. » C’est-à-dire, à partir des sens physiques et matériels qu’il avait reçus, il a ajouté la connaissance des choses célestes ; son intelligence s’est élevée des créatures au Créateur, du corporel à l’incorporel, du visible à l’invisible, du passager à l’éternel. « Celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. » Celui-là également, dans la mesure de ses forces, a doublé, à l’école de l’Évangile, ce qu’il avait appris à l’école de la Loi. Ou bien on pourrait dire qu’il a compris que l’intelligence de la foi et les oeuvres de la vie présente mènent au bonheur à venir.

« Mais celui qui avait reçu un seul talent s’en alla faire un trou dans la terre et y enfouit l’argent de son maître. » Pris par les oeuvres d’ici-bas, par les plaisirs de ce monde, le mauvais serviteur a négligé les commandements de Dieu. Notons cependant que, selon un autre évangéliste, il l’enroule dans un linge : on peut entendre par là qu’il a enlevé la vigueur à l’enseignement du maître par une vie de mollesse et de plaisirs…

C’est avec le même éloge que le maître accueille les deux premiers serviteurs, celui qui de cinq talents en avait fait dix et celui qui de deux en avait fait quatre. « Entre dans la joie de ton Maître, dit-il, et reçois ce que 1′oeil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au coeur de l’homme » (1Co 2,9). Quelle récompense plus grande peut-on accorder à un serviteur fidèle ?

Maria of the Seven Sorrows

15 novembre, 2008

Maria of the Seven Sorrows dans images sacrée Bening_attributed_Seven_sorrows_Maria

attributed to Simon Bening, Maria of the Seven Sorrows, London, Sam Fogg Ambrosius Benson

http://www.casa-in-italia.com/artpx/flem/flem.htm

Aimez vos ennemis

15 novembre, 2008

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http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010312_aelredo_fr.html

Aimez vos ennemis

« Rien ne nous encourage tant à l’amour des ennemis, en lequel consiste la perfection de l’amour fraternel, que de considérer avec gratitude l’admirable patience du plus beau des enfants des hommes. Il a tendu son beau visage aux impies pour qu’ils le couvrent de crachats. Il les a laissés mettre un bandeau sur ces yeux qui d’un signe gouvernent l’univers. Il a exposé son dos au fouet. Il a soumis aux pointes des épines sa tête, devant laquelle doivent trembler princes et puissants. Il s’est livré luimême aux affronts et aux injures. Et enfin il a supporté patiemment la croix, les clous, la lance, le fiel, le vinaigre, demeurant au milieu de tout cela plein de douceur et de sérénité. Il fut mené comme une brebis à l’abattoir, il s’est tu comme un agneau devant celui qui le tondait, et il n’ouvrit pas la bouche.

En entendant cette admirable parole, pleine de douceur, d’amour et d’imperturbable sérénité: Père pardonne-leur, que pourrait-on ajouter à la douceur et à la charité de cette prière?

Et pourtant le Seigneur ajouta quelque chose. Il ne se contenta pas de prier, il voulut aussi excuser; Père, dit-il, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils sont sans doute de grands pécheurs, mais ils en ont à peine conscience; c’est pourquoi, Père, pardonne-leur. Ils crucifient, mais ils ne savent pas qui ils crucifient, car s’ils l’avaient su, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. C’est pourquoi, Père, pardonne-leur. Ils pensent qu’il s’agit d’un transgresseur de la Loi, d’un usurpateur de la divinité, d’un séducteur du peuple. Je leur ai dissiminé mon visage. Ils n’ont pas reconnu ma majesté. C’est pourquoi, Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font.

Pour apprendre à aimer, que l’homme ne se laisse donc pas entraîner par les impulsions de la chair. Et afin de n’être pas pris par cette convoitise, qu’il porte toute son affection à la douce patience de la chair du Seigneur. Pour trouver un repos plus parfait et plus heureux dans les délices de la charité fraternelle, qu’il étreigne aussi ses ennemis dans les bras du véritable amour.

Mais afin que ce feu divin ne diminue pas à cause des injures, qu’il fixe toujours les yeux de l’esprit sur la sereine patience de son bien-aimé Seigneur et Sauveur.« 

Du « Miroir de la charité » de saint Aelred de Rievaulx, abbé (Lib. 3, 5; PL 195, 582)

Préparé par l’Institut de Spiritualité:
Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin

bonne nuit

15 novembre, 2008

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Black Swan

http://animalphotos.info/a/topics/animals/birds/swans-black/

« Jésus disait…qu’il faut toujours prier »

15 novembre, 2008

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Saint Basile (vers 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 5 (trad. Eds. Ouvrières rev.)

« Jésus disait…qu’il faut toujours prier »

Il ne faut pas restreindre ta prière à la seule demande en paroles. Dieu, en effet, n’a pas besoin qu’on lui tienne de discours ; il sait, même si nous ne demandons rien, ce qui nous est utile. Qu’est-ce à dire ? La prière ne consiste pas en formules ; elle englobe toute la vie. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l’apôtre Paul, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co 10,31). Es-tu à table ? Prie : en prenant ton pain, remercie celui qui te l’accorde ; en buvant ton vin, souviens-toi de celui qui t’a fait ce don pour te réjouir le coeur et soulager tes misères. Le repas terminé, n’oublie pas pour autant le souvenir de ton bienfaiteur. Quand tu mets ta tunique, remercie celui qui te la donne ; quand tu mets ton manteau, témoigne de l’affection à Dieu qui nous fournit des vêtements appropriés pour l’hiver et l’été, et pour protéger notre vie.

Le jour terminé, remercie celui qui t’a donné le soleil pour les travaux de la journée et le feu pour éclairer la nuit et pour pourvoir à nos besoins. La nuit te fournit des motifs d’actions de grâces ; en regardant le ciel et en contemplant la beauté des étoiles, prie le Maître de l’univers qui a fait toutes choses avec tant de sagesse. Lorsque tu vois toute la nature endormie, adore encore celui qui nous soulage par le sommeil de toutes nos fatigues et nous rend par un peu de repos la vigueur de nos forces.

Ainsi tu prieras sans relâche, si ta prière ne se contente pas de formules et si au contraire tu te tiens uni à Dieu tout au long de ton existence, de manière à faire de ta vie une prière incessante.

Childhood of Christ

13 novembre, 2008

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Childhood of Christ

http://www.casa-in-italia.com/artpx/dut/dutch_17.htm

Audience générale du 12 novembre : l’attente du retour du Christ

13 novembre, 2008

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http://www.zenit.org/article-19356?l=french

Audience générale du 12 novembre : l’attente du retour du Christ

Texte intégral

ROME, Mercredi 12 novembre 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée ce mercredi par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, place Saint-Pierre.

* * *

Chers frères et sœurs,

Le thème de la résurrection, sur lequel nous nous sommes arrêtés la semaine dernière, ouvre une nouvelle perspective, celle de l’attente du retour du Seigneur, et nous conduit donc à réfléchir sur le rapport entre le temps présent, temps de l’Eglise et du Royaume du Christ, et l’avenir (éschaton) qui nous attend, lorsque le Christ remettra le Royaume au Père (cf. 1 Co 15, 24). Chaque discours chrétien sur les choses ultimes, appelé eschatologie, part toujours de l’événement de la résurrection : dans cet événement les choses ultimes sont déjà commencées et, dans un certain sens, déjà présentes.

Dans la deuxième Lettre aux Thessaloniciens Paul change la perspective ; il parle des événements négatifs qui devront précéder l’événement final et conclusif. Il ne faut pas se laisser tromper – dit-il – comme si le jour du Seigneur était vraiment imminent, selon un calcul chronologique : « Frères, nous voulons vous demander une chose, au sujet de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si on nous attribue une révélation, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. Ne laissez personne vous égarer d’aucune manière » (2, 1-3). La suite de ce texte annonce qu’avant l’arrivée du Seigneur il y aura l’apostasie et que devra se révéler « l’homme de l’impiété », le « fils de perdition » (2, 3), qui n’est pas mieux défini et que la tradition appellera par la suite l’antéchrist. Mais l’intention de cette lettre de saint Paul est avant tout pratique ; il écrit : « Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu’un ne veut pas travailler qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l’oisiveté, affairés sans rien faire. A ceux-la nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné » (3, 10-12). En d’autres termes, l’attente de la parousie de Jésus ne dispense pas de l’engagement dans ce monde, mais au contraire crée une responsabilité devant le Juge divin à propos de nos actions dans ce monde. C’est justement ainsi que grandit notre responsabilité de travailler dans et pour ce monde. Nous verrons la même chose dimanche prochain dans l’évangile des talents, où le Seigneur nous dit qu’il nous a confié des talents à tous et que le Juge en demandera des comptes en disant : Avez-vous porté du fruit ? L’attente du retour implique donc une responsabilité pour ce monde.

La même chose et le même lien entre parousie – retour du Juge/Sauveur et notre engagement dans notre vie apparaît dans un autre contexte et sous de nouveaux aspects dans la Lettre aux Philippiens. Paul est en prison et attend la sentence qui peut le condamner à mort. Dans cette situation il pense à sa future présence auprès du Seigneur, mais aussi il pense à la communauté de Philippe qui a besoin de son père, de Paul, et écrit : « En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c’est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. J’en suis fermement convaincu ; je sais donc que je resterai, et que je continuerai à être avec vous tous pour votre progrès et votre joie dans la foi. Ainsi, quand je serai de retour parmi vous, vous aurez en moi un nouveau motif d’orgueil dans le Christ Jésus » (1, 21-26). Paul n’a pas peur de la mort, au contraire : elle implique en effet d’être complètement avec le Christ. Mais Paul participe également des sentiments du Christ, qui n’a pas vécu pour lui-même, mais pour nous. Vivre pour les autres devient le programme de sa vie et démontre ainsi sa disponibilité parfaite à la volonté de Dieu, à ce que Dieu décidera. Il est surtout disponible, même à l’avenir, à vivre sur cette terre pour les autres, à vivre pour le Christ, à vivre pour sa présence vivante et ainsi pour le renouveau du monde. Nous voyons que cette présence auprès du Christ crée une grande liberté intérieure : liberté devant la menace de la mort, mais liberté aussi face à tous les engagements et toutes les souffrances de la vie. Il est simplement disponible pour Dieu et réellement libre. Et interrogeons-nous à présent, après avoir examiné les différents aspects de l’attente de la parousie du Christ : quelles sont les attitudes fondamentales du chrétien face aux choses ultimes : la mort, la fin du monde ? La première attitude est la certitude que Jésus est ressuscité, qu’il est avec le Père et est ainsi justement avec nous, pour toujours. Et personne n’est plus fort que le Christ, parce qu’il est avec le Père, parce qu’il est avec nous. Nous nous sentons plus sûrs, libérés de la peur. Cela était un effet essentiel de la prédication chrétienne. La peur des esprits, des divinités était répandue dans tout le monde antique et aujourd’hui également les missionnaires trouvent la peur des esprits, des pouvoirs néfastes qui nous menacent, mêlés à de nombreux éléments positifs des religions naturelles. Le Christ vit, a vaincu la mort et a vaincu tous ces pouvoirs. Nous vivons dans cette certitude, dans cette liberté, dans cette joie. C’est le premier aspect de notre vie concernant l’avenir. En deuxième lieu la certitude que le Christ est avec moi. Et comme dans le Christ le monde à venir est déjà commencé, cela nous donne aussi la certitude de l’espérance. L’avenir n’est pas un trou noir dans lequel personne ne s’oriente. Il n’en est pas ainsi. Sans le Christ, l’avenir est sombre même pour le monde d’aujourd’hui, il y a une grande crainte de l’avenir. Le chrétien sait que la lumière du Christ est plus forte, aussi vit-il dans une espérance qui n’est pas vague, dans une espérance qui donne de l’assurance et du courage pour affronter l’avenir. Enfin, la troisième attitude. Le Juge qui revient – il est juge et sauveur en même temps – nous a laissé l’engagement de vivre dans ce monde selon son mode de vie. Il nous a remis ses talents. Aussi notre troisième attitude est-elle : une responsabilité pour le monde, pour nos frères face au Christ, et en même temps également une certitude de sa miséricorde. Les deux choses sont importantes. Nous ne vivons pas comme si le bien et le mal étaient égaux, parce que Dieu seul peut être miséricordieux. Il serait trompeur de dire cela. En réalité, nous vivons dans une grande responsabilité. Nous avons nos talents, nous sommes chargés de travailler pour que ce monde s’ouvre au Christ, soit renouvelé. Mais même en travaillant et en sachant dans notre responsabilité que Dieu est un vrai juge, nous sommes également certains que ce juge est bon, nous connaissons son visage, le visage du Christ ressuscité, du Christ crucifié pour nous. Aussi pouvons-nous être sûrs de sa bonté et aller de l’avant avec un grand courage. Un autre élément de l’enseignement paulinien concernant l’eschatologie est celui de l’universalité de l’appel à la foi, qui réunit les Juifs et les Gentils, c’est-à-dire les païens, comme signe et anticipation de la réalité future, ce qui nous permet de dire que nous siégeons déjà dans les cieux avec Jésus Christ, mais pour montrer dans les siècles futurs la richesse de la grâce (cf. Ep 2, 6sq) : l’après devient un avant pour mettre en évidence l’état de début de réalisation dans lequel nous vivons. Cela rend tolérables les souffrances du moment présent, qui ne sont cependant pas comparables à la gloire future (cf. Rm 8, 18). Nous marchons dans la foi et non dans une vision, et même s’il était préférable de partir en exil du corps et d’habiter auprès du Seigneur, ce qui compte en définitive, que l’on demeure dans le corps ou que l’on en sorte, est qu’on Lui soit agréable (cf. 2 Co 5, 7-9).

Enfin, un dernier point qui peut nous paraître un peu difficile. Saint Paul en conclusion de sa seconde Lettre aux Corinthiens, répète et fait dire aux Corinthiens une prière née dans les premières communautés chrétiennes de la région palestinienne : Maranà, thà ! qui signifie littéralement « Notre Seigneur, viens ! » (16, 22). C’était la prière de la première chrétienté et même le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse, se termine par cette prière : « Seigneur, viens ! ». Pouvons-nous nous aussi prier ainsi ? Il me semble que pour nous aujourd’hui, dans notre vie, dans notre monde, il est difficile de prier sincèrement pour que ce monde périsse, pour que vienne la nouvelle Jérusalem, pour que vienne le jugement dernier et le juge, le Christ. Je pense sincèrement que si nous n’osons pas prier ainsi pour de nombreux motifs, nous pouvons cependant également dire d’une manière juste et correcte, avec la première chrétienté : « Viens, Seigneur Jésus ! ». Bien sûr nous ne voulons pas que la fin du monde arrive. Mais d’autre part, nous voulons également que se termine ce monde injuste. Nous voulons également que le monde soit fondamentalement changé, que commence la civilisation de l’amour, qu’arrive un monde de justice, de paix, sans violence, sans faim. Nous voulons tout cela : et comment cela pourrait-il arriver sans la présence du Christ ? Sans la présence du Christ, un monde réellement juste et renouvelé n’arrivera jamais. Et même si d’une autre manière, totalement et en profondeur, nous pouvons et nous devons dire nous aussi, avec une grande urgence dans les circonstances de notre époque : viens, Seigneur ! Viens à ta manière, selon les manières que tu connais. Viens où il y a de l’injustice et de la violence. Viens dans les camps de réfugiés, au Darfour, au Nord-Kivu, dans de si nombreuses parties du monde. Viens où règne la drogue. Viens également parmi ces riches qui t’ont oublié, qui vivent seulement pour eux-mêmes. Viens là où tu n’es pas connu. Viens à ta manière et renouvelle le monde d’aujourd’hui. Viens également dans nos cœurs, viens et renouvelle notre vie, viens dans notre cœur pour que nous-mêmes puissions devenir lumière de Dieu, ta présence. Prions en ce sens avec saint Paul : Maranà, thà ! « Viens, Seigneur Jésus ! ». Et prions pour que le Christ soit réellement présent aujourd’hui dans notre monde et le renouvelle.

Puis le pape a proposé une synthèse de sa catéchèse, en français :

Chers frères et sœurs,

Je vous invite à méditer, ce matin, sur la relation entre le temps présent, qui a trouvé son accomplissement dans l’incarnation et dans l’événement pascal, et l’avenir qui nous attend dans la rencontre finale lorsque le Christ remettra le Royaume à son Père. Nous pouvons dégager quelques points de l’enseignement de saint Paul sur le thème de l’attente de la parousie, du retour du Seigneur. D’abord, l’Apôtre affirme que le Christ existe avant toute créature et qu’il est le premier-né de ceux qui ressuscitent d’entre les morts. Et nous, nous attendons une demeure éternelle, aspirant à être revêtus d’un corps céleste. Dans le temps présent, nous sommes dans l’attente de comparaître devant le Seigneur pour recevoir la récompense. Notre vraie patrie demeure toujours celle des cieux. Dans son enseignement concernant l’eschatologie, Paul souligne aussi l’universalité de l’appel à la foi, qui réunit Juifs et Gentils, comme signe et anticipation de la réalité future.

En résumé, nous pouvons dire que saint Paul a la préoccupation d’annoncer que notre salut est lié à l’événement pascal et à l’avenir eschatologique. Il a réuni ces deux aspects dans une heureuse expression de sa Lettre aux Romains : « Dans l’espérance nous avons été sauvés » (8, 24). En effet, notre espérance se fonde non pas sur une utopie, mais sur une « nouveauté de vie », qui est réelle et qui est en croissance. Avec saint Paul, disons nous aussi Maranà thà ! Notre Seigneur, viens !

Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française. A tous je souhaite de prendre une conscience renouvelée que la foi chrétienne est aussi pour nous aujourd’hui une espérance qui transforme et soutient notre vie. Avec ma Bénédiction apostolique.

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