Bienheureux Jan van Ruusbroec: « Aujourd’hui il faut que je vienne demeurer chez toi »

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Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
Le Miroir de la béatitude éternelle, (trad. Louf, Bellefontaine 1997, v. 3, p. 220)

« Aujourd’hui il faut que je vienne demeurer chez toi »

Certaines personnes ressemblent à Zachée. Elles désirent voir Jésus afin de savoir qui il est, mais pour cela toute raison et toute lumière naturelle sont de trop petite taille. Ces personnes courent donc au-devant de toute la foule et de toute dispersion des créatures. Par la foi et l’amour, elles grimpent au sommet de leur pensée, là où l’esprit se tient désaffecté de toute image et sans entrave aucune dans sa liberté. C’est là que Jésus est vu, reconnu et aimé dans sa divinité. Car il est toujours présent à tous les esprits libres et élevés qui, en l’aimant, ont été élevés au-delà d’eux-mêmes. C’est là qu’il déborde en plénitude de dons et de grâces.

Il dit cependant à chacune d’elles : « Descends vite, car une liberté élevée de l’esprit ne peut se maintenir que grâce à un esprit d’humble obéissance. Car il te faut me reconnaître et m’aimer comme Dieu et comme homme, à la fois exalté au-delà de tout et abaissé en dessous de tout. C’est de la sorte que tu me savoureras, lorsque moi je t’élève au-delà de tout et au-delà de toi-même, en moi, et lorsque toi tu t’abaisses en dessous de tout et en dessous de toi-même, avec moi et à cause de moi. Il me faut alors venir dans ta maison, y rester et y demeurer avec toi et en toi, et toi avec moi et en moi ».

Lorsque quelqu’un connaît cela, le savoure et le ressent, il descend vite, ne s’estimant pour rien et disant avec un coeur humble, déçu de sa vie et de toutes ses oeuvres : « Seigneur, je ne suis pas digne, au contraire je suis indigne de recevoir (Mt 8,8), dans la demeure de péché que sont mon corps et mon âme, ton corps glorieux dans le Saint Sacrement. Mais toi, Seigneur, montre-moi ta grâce et prends pitié de ma pauvre vie et de toutes mes défaillances ».

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