Archive pour octobre, 2008

COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE,

18 octobre, 2008

COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE, PAR:

BIBLE SERVICE:

http://www.bible-service.net/site/435.html

29° dimanche du Temps ordinaire (19 octobre 2008)

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette phrase célèbre de Jésus reconnaît l’autonomie du pouvoir temporel par rapport au pouvoir religieux, mais elle affirme en même temps la seigneurie universelle de Dieu. Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre, dit Dieu dans le livre d’Isaïe. Rendez au Seigneur la gloire et la puissance, conclut le psaume.
 
Isaïe 45,1.4-6

À l’époque du prophète, les habitants de Jérusalem étaient traumatisés par la faillite de la royauté, la chute de la ville et la déportation d’une partie de la population à Babylone. Ils pensaient que Dieu avait oublié ses engagements antérieurs et les avait abandonnés. Pire que cela, certains doutaient de Dieu et disaient même qu’il a été vaincu par un dieu plus fort que lui. Le prophète se situe à contre-courant et voit des signes positifs dans les bouleversements qui secouent la région. Il salue l’arrivée au pouvoir du roi Cyrus, qui vient de s’emparer de Babylone et de toute la région. Il y voit un signe d’espérance. Effectivement, par un édit qui porte son nom, Cyrus permettra aux exilés de rentrer chez eux. Chose étonnante, le prophète décerne à ce roi païen le titre de messie. Il considère que Cyrus est  » consacré  » par le Seigneur. Pour le prophète, ce roi païen n’aurait pas de pouvoir si Dieu ne le lui avait donné. Dieu est le maître du monde, il dirige l’histoire des hommes. Il permet à Cyrus de régner sur la région et d’inaugurer une nouvelle politique, beaucoup plus libérale pour la population déportée. La domination de Cyrus sur la région sert les intérêts de Dieu, mais aussi ceux de son peuple Israël.
COMMENTAIRE À LA LITURGIE DU DIMANCHE XXIX DU TEMPS ORDINAIRE,  dans biblique Image305
Psaume 95

Ce psaume est un psaume du règne. Il célèbre en effet la Seigneurie universelle de Dieu. Les croyants sont invités à libérer leur enthousiasme et à proclamer hautement les merveilles de Dieu. Qu’ils s’adressent directement à lui pour chanter sa grandeur. Qu’ils s’adressent également au monde entier pour proclamer sa royauté universelle.1 Thessaloniciens 1,1-5

Le trio apostolique dans la jubilation de l’anamnèse :  » À tout instant nous rendons grâce… Sans cesse nous nous souvenons…  » Motif de cette ferveur : cette foi qui est en active – pas en souci de confortable quiétude, cette charité qui se donne dans la peine, qui ne recule pas à se dépense, cette espérance qui tient bon en dépit des turbulences, désagréments et incertitude du présent. Bref, des chrétiens qui prennent au sérieux l’Incarnation du Dieu-avec-nous, et du même coup, ce qu’in Ruusbroec appelait  » la vie commune « . La piété, la dévotion, c’est bien – c’est même très bien – mais l’Évangile ne saurait demeurer simple parole, discours : qu’il ait prise sur notre chair, qu’il envahisse, voire chamboule le vivant que je suis avec  » puissance « , traversé alors de ce  » souffle saint  » qui aère et revigore : là est  » la certitude absolue « parce qu’éprouvée, expérimentée, mieux qu’en n’importe quel discours ! Image318 dans commentaire à la Sacrée Écriture pour le jour courant
Image305
Matthieu 22,15-21

À l’époque de Jésus, le peuple juif était divisé sur la question de l’impôt. Un seul groupe, qu’on appellera par la suite les zélotes, refuse toute compromission avec la puissance occupante. Ce groupe déclenchera une insurrection armée contre Rome, qui sera noyée dans le sang et se terminera par la chute de Jérusalem. Les hérodiens, eux, collaborent avec la puissance occupante et payent l’impôt. Les pharisiens se compromettent moins avec Rome, mais ils considéraient que tout pouvoir, y compris celui des rois et des empereurs païens, vient de Dieu. Ils acceptent donc de payer l’impôt. Les hérodiens et les pharisiens, pour une fois unis alors qu’ils se détestent d’habitude, savent ce qu’il faut faire avec l’impôt. Cherchant à piéger Jésus, ils font semblant de lui demander un conseil. Si Jésus répond oui à leur question, ses adversaires l’accuseront de compromission et de collaboration et Jésus perdra son aura de prophète de Dieu. S’il répond non, il sera dénoncé comme séditieux. Jésus voit le piège et ne s’y laisse pas enfermer. Bien au contraire, il le retourne contre ses adversaires. Les invitant à montrer ce qu’ils ont en poche, il les invite à contempler l’effigie de l’empereur qu’ils portent sur eux. Les pharisiens qui prônent la stricte observance des lois de Moïse portent donc sur eux une image de l’empereur  » Tibère César, fils du divin Auguste « . Ils contreviennent donc à la Loi du Sinaï qui dit :  » Tu ne feras pas d’idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre  » (Ex 20,4). Puisqu’ils portent sur eux une image de l’empereur divinisé, qu’ils rendent donc à l’empereur ce qui lui appartient. Mais qu’ils rendent également à Dieu ce qui lui appartient, c’est-à-dire tout. Jésus n’établit pas une séparation étanche entre le domaine temporel et le domaine spirituel. Dieu n’est pas cantonné dans le spirituel. Son pouvoir n’entre pas en concurrence avec celui de César, lui seul mérite une allégeance absolue. Cela n’implique pas un mépris des autorités terrestres. Jésus n’a prêché ni la soumission ni la révolte. Sa mission est d’un autre ordre.

18 octobre – Saint Luc – Biographie

18 octobre, 2008

du site: 

http://missel.free.fr/Sanctoral/10/18.php

18 octobre – Saint Luc

Biographie

Né païen d’Antioche, Luc, médecin, se convertit et saint Paul qui, au cours de sa seconde mission (vers 49) l’avait pris quelques temps avec lui, le retrouva plus tard à Philippes et le garda auprès de lui. Quand saint Paul eut été décapité, Luc quitta Rome et, dès lors, il faut s’en remettre aux traditions dont on ne trouve pas de traces avant le IV° siècle.Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l’évangile prêché par celui-ci (Saint Irénée de Lyon : Adversus haereses, écrit au II° siècle).

Ce Luc était médecin. Après l’Ascension du Christ, Paul l’ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son assentiment ce qu’il jugeait bon. Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et per conséquent selon ce dont il avait pu s’informer il commença à le dire à partir de la nativité de Jean (Le canon de Muratori – livre écrit à fin du II° siècle).

Quant à Luc, antiochien d’origine et médecin de profession, il fut très longtemps associé à Paul et il vécut plus qu’en passant avec les apôtres ; c’est d’eux qu’il a appris la thérapeutique des âmes, comme il en a laissé des preuves dans deux livres inspirés par Dieu, l’Evangile qu’il témoigne avoir composé d’après les traditions de ceux qui avaient été dès le commencement les spectateurs et les ministres de la parole et dont il affirme qu’il les a suivis dès le début ; et les Actes des apôtres qu’il a rédigés non pas après les avoir entendus, mais après les avoir vus de ses yeux (Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, écrit du IV° siècle).

Luc est en fait un Syrien d’Antioche, médecin de profession. Par la suite il a suivi Paul jusqu’à son martyre. Servant le Seigneur sans reproche, il n’eut ni femme, ni enfants, et mourut à quatre-vingt-quatre ans en Boétie, plein du Saint-Esprit (Prologue de Luc, texte écrit au IV° siècle).Les plus anciennes représentations de saint Luc le montrent écrivant son évangile. Le boeuf que l’on voit près de lui fait référence au sacrifice dans le Temple qui figure au début de son évangile (I 9). On le représente aussi, selon une tradition, en train de peindre la sainte Vierge.

Demain, en France la béatification des époux Martin, parents de sainte Thérèse de Lisieux

18 octobre, 2008

du site:

http://www.radiovaticana.org/it1/Articolo.asp?c=238478

DU SITE DU « RADIO VATICANA » ITALIEN,

18/10/2008 13.10.09

(traduction par Google)

Demain, en France la béatification des époux Martin, parents de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions et docteur de l’Eglise

C’est tout prêt à Lisieux, en France, pour la cérémonie de béatification de Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Patronne des Missions et Docteur de l’Eglise. L’approbation du miracle attribué à leur intercession – la guérison en 2002 d’un enfant de Monza touchés par une grave malformation du poumon – a eu lieu en Juillet, qui coïncide avec la des 150.mo mariage du couple. La cérémonie sera présidée demain à la Basilique de Lisieux, l’évêque du diocèse, Pierre Pican, tandis que la formule de béatification sera prononcé par le préfet émérite de la Congrégation pour les Causes des Saints, le Cardinal José Saraiva Martins. Le cardinal a célébré la messe ce soir, à la veille de la cathédrale d’Alençon, dans la région française de Normandie, où sont nés, ont vécu, marié et père de la nouvelle bienheureuse. Les Martin sont les premiers époux béatifiés à être dans l’histoire de l’Eglise, après Santa a une fille. Roberto Piermarini demandé Cardinal Saraiva Martins, si leur fille Thérèse ne serait jamais devenu le « Saint des Lisiuex » s’il ne l’avait pas eu ces parents:

R. – Vous ne pouvez pas dire avec certitude si oui ou non. Toutefois, une chose est certaine: les parents ont une grande influence, crucial, décisif, sur l’avenir de leurs enfants. Elle commence avec l’éducation, de donner aux enfants depuis leurs petits enfants. Il clair que si Santa Teresa est devenue on peut certainement dire que cela est dû à la formation religieuse, elle a reçu de ses parents. Alors, à votre question je réponds: probablement, oui il n’a pas eu les parents qui ont été réellement saints, ne serait pas devenue Santa elle-même. Dieu peut faire tous, même si – humainement parlant – est certainement décisif les comportement des parents, même en matière de foi et de religion contre les enfants.

D. – Parce que, pour la béatification des époux Martin a été choisi la Journée mondiale des Missions?

R. – Pourquoi, bien entendu, Thérèse de l’Enfant-Jésus est le saint patron des missions. Mais cette esprit missionnaire Teresina l’a appris de ses parents. Les parents étaient grands, de haut-parleurs et ardents défenseurs de la foi. Ils sont les véritables missionnaires. Ils ont enseigné à leurs enfants ce principe fondamental de notre foi, à savoir que l’Église est missionnaire et un chrétien, pour être vraiment telle, doit avoir un esprit apostolique. Que, en vertu du Baptême. La vocation du chrétien, la vocation baptismale, est essentiellement une vocation missionnaire, apostolique et évangélisatrice. Celle-ci, les parents de Teresina ont très bien compris et ont vécu en profondeur. Ils ont beaucoup aidé les missions, même physiquement, et je voulais avoir de nombreux enfants de leur offrir à Dieu, à offrir l’Eglise et les missions. Certes, les modèles sont également sous l’aspect de l’Église apostolique.

D. – A titre d’exemple de l’amour conjugal, le couple Martin ce message à laisser les couples et les familles d’aujourd’hui?

R. – Laissez un message extrêmement important et le plus sensible des nouvelles aux parents d’aujourd’hui, parce qu’ils sont des modèles de fidélité, les modèles de sincère et profond amour de l’autre. Il ya des affirmations de Luis et Zélie qui sont vraiment émouvant. Il est une profession de l’amour conjugal extraordinaire. Les parents d’aujourd’hui feraient bien d’écouter ce message et de le mettre en pratique. Certes, la béatification de ces deux parents d’une pastorale point de vue doit être envisagée dans le post-conciliaire, parce que, comme vous le savez, Jean-Paul II a insisté sur le caractère sacré du mariage de très nombreuses fois, et chaque fois dans une très, très fort. Par exemple, dans Tertio millennio adveniente, Jean-Paul II le dit très bien – en particulier d’une pastorale point de vue – vous devriez utiliser pour la reconnaissance l’héroïcité du vertus d’hommes et de femmes qui ont vécu leur vocation chrétienne dans le mariage . « Convaincus que nous sommes – dit le Pape – que, même dans cet état ne manquent pas de fruits de sainteté, nous ressentons le besoin de trouver la manière la plus appropriée pour vérifier ces fruits de sainteté et de prendre des mesures pour l’Église tout entière, un modèle et d’encouragement des autres époux chrétiens ». Une béatification est la suivante: proposer un fidèle chrétien comme un modèle. Par conséquent, est en pleine harmonie avec les enseignements de Jean-Paul II.

D. – M. et Mme Martin ont subi la mort de quatre de leurs huit enfants. L’enseignement qui laisse les couples qui perdent leurs enfants?

R. – Ils laisser un enseignement essentiellement une foi vécue, existentielle et pratique, pas une foi abstraite. Bien sûr, ceux qui croient vraiment – qui a une foi vécue, concrète, existentielle – sera guidé par Dieu dans des périodes comme triste parfois joyeuse, dans toutes les circonstances de la vie, même en cette tragique circonstance, du point de vue purement humain qui est la mort des enfants. Il clair que pour les parents qui aiment leurs enfants, la mort de celui-ci est toujours une tragédie, humainement parlant. D’un point de vue de la foi chrétienne, cependant, devient un événement à observer dans un sens positif. Il a dit Santa Teresa d’Avila, en référence à la mort: « en train de mourir parce que ne mourra pas. » Donc, pour nous croyants chrétiens, comme pour les conjoints, la mort n’est pas la fin, donc c’est un début. La mort est la porte à la vie. Ils avaient une très clairement que la vie humaine sur terre est un pèlerinage et les pèlerins à pied vers un objectif. Le but n’est pas la mort n’est pas la tombe. Absolument. Ce n’est pas la destruction complète de l’organisme. La mort est entrée dans la vie. Nous les chrétiens doivent se tourner vers la Résurrection. En outre, au Calvaire et le Golgotha, nous devons trouver des moyens de la résurrection du Christ. La Passion et la mort du Christ n’aurait pas de sens sans de Pâques. Le vendredi n’aurait pas de sens sans le dimanche de Pâques. Donc, pour nous chrétiens, la mort est destinée à la résurrection, à Pâques. Nous savons que nous mourir et mourir à nouveau à vivre la vraie vie, la vie qui ne finit jamais, la bienheureuse vie à laquelle nous avons tendance en tant que croyants, en tant que chrétiens. Ce sont les pensées, les principes qui ont toujours conduit les parents de Teresina. Par conséquent, est mort lorsque leurs petits enfants, ils se sont penchés sur la mort – et ceci est très clair dans les documents – comme un principe de vie de leurs enfants. Ils ont toujours eu un esprit de démission, mais dans un sens positif du terme.

D. – De nombreux parents souffrent souvent lorsque leurs filles décident d’entrer au couvent. Le couple a vécu Martin que le choix de leur entrée en Teresa Carmel à 15 ans?

R. – Dans de très positif. Encore une fois, il s’agit d’un modèle, parce que les parents de Teresina – Luis et Zélie – dire qu’ils voulaient avoir de nombreux enfants de leur offrir à Dieu. Cela est très belle. Et, de fait, eux-mêmes, avant de se marier, a pensé à la vie religieuse consacrée. Il avait pensé à un monastère et un ordre religieux, pas frère, Monaco. Et elle avait pensé à être religieuse. Ensuite, ils ont découvert la vocation du mariage, vous êtes marié, tout en restant dans leur base de cette idée: que la vie religieuse, la vie consacrée est de mettre fin à la vie plus belle pour les petits enfants. Et, de fait, comme je l’ai dit, ils étaient très heureux avec la vocation religieuse de Teresina, parce qu’ils étaient convaincus eux aussi, avant le mariage, avoir à entrer dans la vie religieuse. C ‘un très beau et il ya leurs modèles, car de nombreuses familles qui ont un enfant ou deux ont toujours le problème de la vocation religieuse de ces enfants. Mon père, par exemple, lorsque je suis entré dans la vie religieuse, ne serait pas en aucune façon. Ma mère qui a convaincu mon père de me laisser aller au séminaire. Ainsi, même dans ce domaine – très, très important – ces nouveaux bienheureux faire un exemple extraordinaire pour les parents d’aujourd’hui.

bonne nuit

18 octobre, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. Big_bird_h

http://www.morguefile.com/archive/index.php?display=&terms=sea%20birds&&start=24

Pape Benoît XVI : « Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps »

17 octobre, 2008

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&ordo=&localTime=10/18/2008#

Pape Benoît XVI
Encyclique « Spes Salvi », 27 (trad © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps »

Celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf Ep 2,12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu — le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (Jn 13,1;19,30).

Celui qui est touché par l’amour commence à comprendre ce qui serait précisément « la vie ». Il commence à comprendre ce que veut dire la parole d’espérance dans le rite du baptême : « De la foi j’attends la vie éternelle », la vie véritable qui, totalement et sans menaces, est simplement la vie dans toute sa plénitude. Jésus, qui a dit qu’il est « venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude, en abondance » (Jn 10,10), nous a aussi expliqué ce que signifie « la vie » : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3). La vie dans le sens véritable, on ne l’a pas en soi, de soi tout seul et pas même seulement par soi : elle est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec Celui qui est la source de la vie. Si nous sommes en relation avec celui qui ne meurt pas, qui est lui-même la Vie et l’Amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous vivons.

Saint Ignace d’Antioche

17 octobre, 2008

Saint Ignace d'Antioche  dans images sacrée http://santiebeati.it/

17 octobre – Saint Ignace d’Antioche – Éveque et martyr

17 octobre, 2008

du site: 

http://missel.free.fr/Sanctoral/10/17.php

17 octobre

Saint Ignace d’Antioche – Éveque et martyr

Historique

Vers lan 34, des chrétiens de Jérusalem, fuyant la persécution, entraient à Antioche, capitale de la province romaine de Syrie et troisième ville de l’Empire, après Rome et Alexandrie, par une belle route, pavée de pierres et sur quatre kilomètres bordée de colonnes, construite par le roi Hérode. « Quelques-uns d’entre eux, citoyens de Chypre et de Cyrène, arrivés à Antioche, commencèrent à parler aussi aux Grecs, prêchant la Bonne Nouvelle du Seigneur Jésus. Et la main du Seigneur était avec eux, et ainsi une grande multitude crut et se convertit au Seigneur. La nouvelle parvint aux oreilles de l’Eglise de Jérusalem, laquelle envoya Barnabé à Antioche.[1] » On était en l’an 37 : « Quand il arriva et vit la grâce du Seigneur, il se réjouit.[2] » Barnabé, un homme fort et cordial, après avoir exhorté les chrétiens « à persévérer d’un cœur résolu dans le Seigneur », était allé à Tarse pour rejoindre Paul qui l’emmena à Antioche où « ils restèrent ensemble une année entière et enseignèrent de grandes foules. A Antioche, disent encore les Actes des Apôtres, pour la première fois les disciples furent appelés chrétiens. » La nouvelle communauté devint presque plus grande et plus importante que celle de Jérusalem quelle aidera dix ans plus tard, après quoi, Pierre lui-même en prit la tête quil laissa à Hévodius, à qui, vers 70 succéda Ignace.

Lorsqu’il fut élu évêque, Ignace n’avait probablement pas plus de trente ans, et, outre Antioche, il était également responsable de l’Eglise de Syrie et de Cilicie. Sans doute natif d’Antioche, Ignace est peut-être le fils de deux des premiers convertis, à moins que, né dans une famille païenne il se soit converti très jeune au contact des chrétiens de la métropole. En tous cas, il habitait dans cette ville régulièrement fréquentée par Pierre, Paul et d’autres Apôtres et qu’assurément il les connut.

Après avoir gouverné pendant au moins trois décennies, lEglise dAntioche, il fut arrêté dans des circonstances étranges, puisque après la mort de Domitien[3], l’Eglise bénéficiait dune courte période de paix. Cest à cette époque que, de Bithynie, sur la Mer noire, Pline le Jeune[4], gouverneur entre 111 et 113, écrivit à Trajan une lettre qui est le plus ancien document officiel connu sur les rapports entre les chrétiens et l’Empire romain ; Pline demandait comment il fallait se comporter avec les chrétiens, et il rapportait avoir interrogé deux femmes chrétiennes et les avoir soumises à la torture : « Je n’ai rien trouvé d’autre, écrit-il, qu’une superstition méchante et effrénée. » Trajan répondit qu’il ne fallait pas pourchasser les chrétiens (conquirendi non sunt), mais qu’en cas de dénonciation privée, non anonyme, ils devaient être condamnés. Ignace fut précisément lobjet d’une dénonciation qui émanait de citoyens poussés par la haine. Il fut donc arrêté et, ayant avoué être chrétien, il fut enchaîné et envoyé à Rome, sous la garde d’une féroce escorte militaire, pour y subir l’exécution capitale.

Le voyage, par mer et par terre, fut pour lui et ses compagnons une Via Crucis : « Je lutte contre des animaux féroces, je suis enchaîné à dix léopards, un groupe de soldats qui deviennent de plus en plus méchants même s’ils reçoivent des bénéfices. En somme, je suis instruit au mieux sous leurs injustices.[5] » Mais, malgré eux, cela devint chemin faisant un extraordinaire voyage apostolique, qui confirma dans la foi toutes les communautés chrétiennes du bassin méditerranéen. Le bateau sur lequel Ignace était enchaîné fit une longue escale à Smyrne où les chrétiens, guidés par saint Polycarpe[6], accueillirent des fidèles de toutes les communautés environnantes (Ephèse, Magnésie, Tralle) qui voulaient rencontrer Ignace, lui dire leur affection, l’écouter. Ignace leur écrivit et leur remit trois lettres de remerciement pour leurs communautés. Il écrira aussi aux frères de Rome, où l’attendait le martyre. Après Smyrne, le bateau fait escale à Troade doù il écrivit aux communautés de Philadelphie et de Smyrne, et aussi à Polycarpe.

Ces lettres constituent l’un des plus anciens témoignages sur la vie des premiers chrétiens. « Vous êtes tous des compagnons de route (…) qui avez Jésus-Christ parmi vous. (…) Avec vous je suis dans l’allégresse. Priez sans cesse pour les autres hommes. Car il y a pour eux l’espoir du repentir. (…) Soyez leurs frères (…) demeurez en Jésus-Christ dans la chair et dans l’esprit. Où est le sage ? Où est le débatteur ? Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie, selon l’économie divine, est né de la race de David et du Saint-Esprit (…) Tous les astres étaient troublés, se demandant d’où venait pareille nouveauté, si différente d’eux. Alors toute magie fut détruite, tout lien de malice aboli, l’ignorance fut dissipée, l’ancien pouvoir ruiné, quand Dieu apparut sous forme humaine pour une nouveauté de vie éternelle : ce qui avait été décrété par Dieu commençait à se réaliser. Ainsi tout était troublé, parce que la destruction de la mort se préparait.[7] »

Evêque de la première métropole païenne touchée par le christianisme, Ignace exhorte sans se lasser les chrétiens à fuir les hérésies qui, déjà à cette époque, menaçait les communautés : « Il faut les éviter, comme des bêtes sauvages. Ce sont des chiens enragés qui mordent furtivement. Vous devez vous en garder, car leurs morsures sont difficiles à guérir. Il n’y a qu’un seul médecin, charnel et spirituel, engendré et non créé, venu dans la chair, vie véritable dans la mort, né de Marie et né de Dieu, d’abord susceptible de souffrir et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur.[8] » « Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la lignée de David, né de Marie, qui est vraiment né, qui a mangé et qui a bu, qui a vraiment été persécuté sous Ponce Pilate, qui a vraiment été crucifié, et qui est mort, devant le ciel, la terre et les enfers, et puis qui est vraiment ressuscité d’entre les morts. (…) Car si, comme le soutiennent certains athées, à savoir des infidèles, il n’a souffert qu’en apparence – alors eux-mêmes n’existent qu’en apparence, et moi, pourquoi suis-je ici enchaîné ? Pourquoi donc désirer combattre contre les bêtes sauvages ? C’est donc pour rien que je me livre à la mort. (…) Fuyez donc ces mauvaises plantes parasites : elles donnent un fruit qui tue.[9] »

La plus bouleversante de ses lettres est assurément celle quil écrivit de Smyrne à la communauté de Rome ; il y souligne que l’Eglise de Rome préside à la pureté de la foi et de la charité ; Comme c’était aussi une Eglise capable de trouver des appuis jusque dans la maison de César (à vous il est facile de faire ce que vous voulez), Ignace limplorait de ne rien faire pour lui, parce qu’il désirait offrir sa vie : « Je suis pour vous un rachat ; il ne lui demandait quune seule : Priez pour que je sois un vrai chrétien, car le christianisme n’est pas une affaire d’éloquence humaine, mais une œuvre de puissance, quand il est haï par le monde. »

Ignace est enthousiaste de pouvoir mener cette ultime bataille pour Jésus-Christ. Mais, avec beaucoup d’humanité, il avoue aussi sa faiblesse devant ce qui l’attend : « Priez pour moi, pour que je surmonte l’épreuve car je suis encore en danger. » Arrivé à Rome dans les chaînes, Ignace ne manqua pas l’épreuve : conduit dans le cirque, il fut déchiré par les bêtes féroces.

[1] Actes des Apôtres XI 20-22.

[2] Actes des Apôtres XI 23.

[3] Domitien, second fils de Vespasien, succéda à son frère Titus et fut empereur de 81 à 96. Après lassassinat de Domitien qui appartenait à la dynastie des Flaviens, règne Nerva (de 96 à 98) qui commence le règne de la dynastie des Antonins (Trajan, de 98 à 117 ; Hadrien, de 117 à 138 ; Antonin le Pieux de 138 à 161 ; Marc Aurèle, de 161 à 180 ; Commode de 180 à 192).

[4] Fils adoptif de Pline l’Ancien (23-79), Pline le Jeune (61-114), avocat célèbre et grand orateur, fut consul en 100, puis légat de lEmpereur en Bithynie (111-112).

[5] Epître dIgnace dAntioche aux Romains.

[6] En la personne de l’évêque Polycarpe, c’était le dernier témoin de l’âge apostolique qui, le 23 février 155, montait sur le bûcher au milieu du théâtre de Smyrne, en présence de tout le peuple. Polycarpe a ait été le disciple de Jean. Il avait vu de ses yeux et entendu de ses oreilles celui dont les mains avaient touché le Verbe de vie, et il avait recueilli du disciple que Jésus aimait le commandement de l’amour fraternel. Aussi retrouvons-nous quelque chose de la sérénité et de la tendresse propres aux écrits de Jean dans le récit que les chrétiens de Smyrne ont laissé de la mort de leur évêque. Comme le proconsul pressait Polycarpe de renier le Christ, celui-ci répondit : « Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers et jamais il ne m’a fait aucun mal. Pourquoi donc blasphémerais-je mon Roi et mon Sauveur ? » Lié au poteau du bûcher, il priait ainsi : « Dieu de toute la création, je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs et de participer au calice de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle de l’âme et du corps dans l’incorruptibilité de l’Esprit Saint » (voir au 23 février).

[7] Epître dIgnace dAntioche aux Ephésiens.

[8] Epître dIgnace dAntioche aux Ephésiens.

[9] Epître dIgnace dAntioche aux chrétiens de Tralle.

par Sandro Magister : L’art de lire les Ecritures. Un cours pour les analphabètes d’aujourd’hui

17 octobre, 2008

du site: 

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/208629?fr=y

L’art de lire les Ecritures. Un cours pour les analphabètes d’aujourd’hui

La liturgie doit de nouveau façonner la lecture et la compréhension de la Bible. Comme au temps du monachisme médiéval, créateur de la civilisation moderne. Timothy Verdon explique pourquoi, alors que le synode des évêques est arrivé à mi-parcours

par Sandro Magister

ROMA, le 16 octobre 2008 A peu près à mi-parcours de ses travaux, le synode des évêques consacré à « La parole de Dieu dans la vie et dans la mission de lEglise » a aussi demandé une consultation à la sociologie.

Cette consultation a eu lieu non pas dans la salle du synode, mais à proximité, dans la salle de presse du Saint-Siège. Cest là que, mardi 14 octobre, le professeur Luca Diotallevi, de l’Université Roma III, a présenté les résultats dune grande enquête menée par GFK-Eurisko dans douze pays du monde: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Italie, Pologne, Russie, Hong-Kong, Philippines, Argentine.

Le premier résultat est que les adultes de ces pays disent, à une large majorité, quils ont fait lexpérience de Dieu, un Dieu qui « veille sur leur vie et les protège ».

De plus, une majorité aussi large déclare quelle prie. La foi en Dieu nest donc pas en régression. Au contraire, dans des pays comme la Russie et Hong-Kong, elle semble connaître une vigoureuse reprise.

Face à cette large et constante demande de sens religieux, la réponse des Eglises et des communautés chrétiennes apparaît faible. En effet, ayant pris la Bible comme instrument de mesure pour cette réponse, lenquête montre quun petit nombre des personnes interrogées en ont lu au moins un passage au cours des douze derniers mois.

En Europe surtout, le contact avec la Bible a lieu presque uniquement à l’église, au moment de l’homélie. Dans deux pays seulement, la Bible est lue par une large majorité de la population: les Etats-Unis et les Philippines.

Bien que peu lue et peu connue, la Bible bénéficie dune image très positive. A une large majorité, les personnes interviewées trouvent son contenu « réel », « intéressant », « vrai ». Mais, en même temps, « difficile », ce qui met de nouveau en cause les responsabilités des Eglises.

Voici comment le professeur Diotallevi a résumé, en termes sociologiques, la leçon tirée de l’enquête:

« Le niveau de consommation de rites religieux a une énorme marge de croissance, mais l’offre religieuse est bien loin davoir satisfait toute la demande potentielle déjà présente ».

* * *

Bien entendu, on peut aussi interpréter l’actuel analphabétisme biblique autrement que ne le fait la sociologie.

Cest ce qua fait, par exemple, Timothy Verdon dans un article magistral paru dans « L’Osservatore Romano » de dimanche 12 octobre.

Historien de lart, Verdon dirige à Florence le service diocésain de la catéchèse par lart et participe au synode des évêques en tant quexpert. Dans cet article, il explique, aux points de vue artistique, liturgique et théologique, la perte de sens que les Saintes Ecritures ont subie aux époques moderne et contemporaine.

La reconstitution réalisée par Verdon est passionnante mais, pour bien la comprendre, il faut aussi se référer à son arrière-plan.

Qui est le grand discours lu par Benoît XVI à Paris, au Collège des Bernardins, le 12 septembre dernier:

> « Chercher Dieu et se laisser trouver par Lui »

Voici donc l’article de Verdon paru dans « L’Osservatore Romano » du 12 octobre 2008:

A la recherche du symbole perdu. Lanalphabétisme biblique actuel

par Timothy Verdon

Alors que le synode des évêques médite sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de lEglise, il peut être utile de réfléchir à ce que lon pourrait appeler « lanalphabétisme biblique actuel », cest-à-dire à la perte presque totale des instincts et techniques qui ont formé au fil des siècles lapproche chrétienne des écritures saintes.

Pour mesurer la gravité de cette situation, il suffit dobserver les livres enluminés que les monastères ont produits au Moyen Age pour la liturgie. Lhomme moderne qui découvre de tels trésors dans le cadre dune exposition ou dun texte dhistoire de lart ne conçoit peut-être même pas la distance qui nous sépare aujourdhui du monde qui les a produits: entre notre expérience du livre et celle quen avait le Moyen Age, il existe en effet des différences si fondamentales que nous risquons de ne pas les percevoir. A l’ère dInternet, le concept de « livre » commence déjà à nous échapper et, à la lumière d’études bibliques et liturgiques modernes, lidée traditionnelle de « livre sacré » na plus le même poids que jadis. Concrètement, il est presque impossible aujourdhui de concevoir lautorité sacrale que pouvait avoir un texte biblique ou liturgique au Moyen Age.

Il en est de même pour les miniatures qui ornent les textes. Notre époque, saturée dimages aux couleurs brillantes dans les revues, dans les journaux, à la télévision – photos instantanées, prises en direct, images produites par ordinateur – narrive pas à saisir la surprise, la délicieuse fraîcheur de miniatures aux couleurs limpides, étincelantes dor, quentourent les colonnes serrées du texte dun manuscrit. Nous ne savons pas non plus retrouver le rapport intellectuel et affectif qui subsiste entre limage fixe et un texte ancien que lon connaissait, que lon aimait, auquel on croyait.

Pourtant, pendant plus de mille ans dhistoire de lEurope, les livres ont toujours été perçus précisément dans le contexte dune foi intensément vécue, profondément méditée, nourrie par des textes si anciens quils semblaient « éternels »: des textes qui plaçaient le lecteur à la frontière entre sa propre situation et des réalités universelles, le contexte liminal que nous pouvons simplement définir par le mot « prière ». Les livres liturgiques servaient en effet à la prière en communauté et les Bibles à la « lectio divina » qui, à son tour, était nourrie et en quelque sorte façonnée par la liturgie et la dévotion.

Par liturgie, nous entendons ici lensemble des rites ecclésiaux avec, au centre, la liturgie eucharistique ou messe. Les textes de la messe, qui changent en fonction des fêtes ou des périodes de lannée, imposent en effet une sorte de « lectio divina » communautaire, une souplesse dans linterprétation de l’événement ou du personnage célébré, que lon doit qualifier de contemplative. Tout est constamment ramené au centre mystique de la foi chrétienne – le sacrifice de soi que Jésus a accompli en mourant sur la croix – et à la vie nouvelle de sa résurrection. Même pendant la nuit de Noël, les textes de la messe obligent à lier la joie dune naissance au fait dramatique de la mort sur la croix; le petit corps dans la mangeoire, le corps de lhomme adulte crucifié, le « Corpus Christi » réellement présent dans le pain eucharistique et le « Corps Mystique » que forme la communauté réunie par la prière ne font plus quun. Voilà pourquoi, sur la fresque de la basilique dAssise représentant saint François qui dépose lEnfant dans la mangeoire de la crèche de Greccio, cette mangeoire est placée sous une grande croix et à côté de lautel.

Cette façon de voir – et de comprendre – les rapports de causalité entre des événements historiques, métahistoriques et surnaturels, est différente de la nôtre: c’était une façon de voir – et de comprendre – qui influençait la manière de lire et donc aussi dimaginer et de représenter les contenus des textes.

Prenons lexemple de lillustration reproduite ci-dessus: une superbe lettrine peinte du bréviaire du XIVe siècle qui se trouve à la bibliothèque municipale Queriniana de Brescia. Cest le « B » du premier mot du psaume 1 en latin de la Vulgate: « Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum », heureux l’homme qui ne va pas au conseil des impies. Les pères de lEglise lisaient le début de ce psaume en pensant au Christ. Ainsi, le miniaturiste du « B » utilise les vides dans cette initiale pour évoquer toute la vie du Christ, avec des scènes de lannonciation, de la nativité, de la crucifixion et de la sépulture. En plaçant les mots « Beatus vir » dans linitiale et au bord en dessous de ces scènes, lartiste anonyme associe la « béatitude » du rapport de lhomme avec Dieu – le sujet du psaume – avec Jésus-Christ.

Lancien mode de lecture avait en outre une dimension de parabole que nous risquons de perdre, à lheure des études bibliques « scientifiques ». Lantienne du « Benedictus » pour les louanges de la solennité de lEpiphanie, par exemple, relie de manière tout à fait suggestive les trois événements bibliques qui, dans leur suite chronologique, constituent ensemble la première manifestation du Christ au monde: larrivée des mages apportant leurs présents au nouveau-né Jésus (Matthieu 2, 1-12); le baptême de Jésus à trente ans dans le Jourdain (Matthieu 3, 13-17; Marc 1, 9-11; Luc 3, 21-22); leau changée en vin aux noces de Cana (Jean 2, 1-12). Mais lauteur anonyme de lantienne inverse la chronologie et place les noces avant le baptême, en disant: « Aujourdhui, lEpoux céleste sunit à son Eglise que le Christ lave de son péché dans le Jourdain ». Ayant ainsi évoqué le mariage de Dieu et avec son peuple conformément à la promesse des prophètes, mais aussi lobligation pour « l’époux » de purifier son « épouse », en la lavant (cf. Ephésiens, 5, 25-27), lauteur introduit alors les Mages, quil fait arriver avec leurs présents comme des invités à la fête nuptiale dont les convives se réjouiront de leau transformée en vin premier miracle du Christ, à Cana: « Hodie caelesti Sponso juncta est Ecclesia, quoniam in Iordane lavit eius crimina: currunt cum munere Magi ad regales nuptias, et ex acqua facto vino laetantur conviviae, alleluia! ». Ce qui signifie: « Aujourdhui, lEglise sest unie à lEpoux céleste, qui la lavée de ses péchés dans le Jourdain. Les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales dont les convives se réjouissent de la transformation de leau en vin. Alléluia! ».

Le premier et le dernier mot de lantienne « hodie » et « alléluia » font comprendre ce mode de lecture. Ici, les textes du Nouveau Testament ont été interprétés à la lumière de la liturgie. Une liturgie où le sens du temps change, si bien que des événements passés et qui se suivent même entre eux sont vécus de manière extatique dans lunique « aujourdhui » de Dieu. Cela a pour effet de transformer des superpositions historiques impossibles en mystères simultanés et entremêlés. Chaque événement éclaire tous les autres, dans lunique projet du Père révélé par la vie-mort-résurrection du Christ: voilà la « forma mentis » sous-jacente à dinnombrables images chrétiennes, depuis les catacombes jusquau XXIe siècle.

L’initiale enluminée et l’antienne de l’Epiphanie sont toutes deux le fruit de l’imagination monastique et cette origine est dune importance fondamentale. Le monachisme est en soi une œuvre d’art: il rend visible et tangible une intensité particulière de la vie chrétienne, parce que le moine veut être, comme le Christ, icône ou image de la beauté de Dieu. Le monastère est le lieu où, avec laide de confrères qui ont la même vision intérieure, l’œuvre peut être tranquillement menée à bien, dans une sorte de laboratoire de l’âme.

La plus répandue des formulations occidentales de la vie monastique, la « Regula monachorum » de saint Benoît de Nursie, se réfère explicitement à cette analogie quand elle compare le monastère à un atelier dartisan et présente la vie des moines toute entière comme un processus de création (Regula 4, 75-78). Cette affirmation fait aussi écho à une tradition plus ancienne selon laquelle la vie de tout croyant est embellie « par l’or des bonnes actions et les mosaïques de la foi persévérante ». Les moines diffèrent des autres chrétiens, au moins dans la pensée de saint Benoît, par la profondeur de leur engagement: ils investissent toutes leurs énergies humaines dans leur projet spirituel et leurs « outils » sont les préceptes moraux de la vie chrétienne, « instrumenta artis spiritalis » (Regula 4, 75).

Même si ces phrases sont clairement métaphoriques, rien d’étonnant à ce que la métaphore se soit transformée en une réalité et que les monastères soient devenus des centres de développement des arts, ce que prévoyait dailleurs saint Benoît (cf. le chapitre 57 de la règle, sur « Les artisans au monastère »). Un climat de créativité dans un domaine dactivité suscite une même créativité dans dautres secteurs. De plus la vie monastique favorise la production d’art sacré parce que, excluant les distractions profanes, elle permet à l’artiste de simmerger dans les Ecritures et les actions sacramentelles qui donnent couleur et forme à sa foi, en lui garantissant de plus un « public » dévot et préparé.

Dans lhistoire du christianisme, les fruits culturels du monachisme ne se limitent pas aux moines. En effet le silence et la vie retirée des monastères nont pas éloigné la masse des fidèles, ils l’ont attirée. Lhistoire monastique confirme lattrait que les moines ont toujours suscité dans de larges groupes sociaux. Bien avant quAlcuin nenseignât ou quAnselme n’écrivît, les habitants dAlexandrie d’Egypte allaient écouter saint Antoine lErmite dans le désert et les Romains envoyaient leurs fils chez saint Benoît. Même quand l’âge d’or de la culture monastique a commencé à décliner, à partir des XIIIe et XIVe siècles, l’idéal dune solitude pleine de prière est resté comme un exemple pour les ordres religieux actifs de la fin du Moyen Age et pour les laïcs à qui ils prêchaient.

On peut dire sans exagération que les conquêtes formelles des moines – leur art et leur architecture, leurs pratiques en matière de liturgie et de dévotion, leurs structures dorganisation et leurs méthodes éducatives, agricoles et commerciales – ont imprégné la conscience culturelle de l’Europe. Plus encore, la vie monastique elle-même, considérée comme choix social créatif et libre, sest profondément gravée dans l’imaginaire des chrétiens, au point que certaines des aspirations les plus fondamentales de notre civilisation ne sont compréhensibles qu’à la lumière de l« entreprise » monastique.

Dans tout cela, il est important de noter le double rôle de l’imagination. La vie monastique demande un effort d’imagination à ceux qui la choisissent en devenant moines; elle en demande aussi un à ceux qui ne deviennent pas moines, cest-à-dire à la société chrétienne en général. Celui ou celle qui renonce aux biens légitimes de la vie et se retire pour chercher Dieu dans le silence et la prière a besoin dune forte capacité d« imagination » sociale et morale pour continuer à croire à « ces choses que l’œil na point vues, que loreille na point entendues, mais que Dieu a préparées pour ceux qui laiment » (1 Corinthiens 2, 9): ce passage est dailleurs cité dans la règle de saint Benoît (4, 77). Cest surtout dans les rapports parfois problématiques avec les confrères que limagination, en plus de la foi, permet au moine de sentir que « chaque fois que vous avez fait cela à lun de ces plus petits de mes frères, cest à moi que vous lavez fait » (Matthieu, 25, 40; cf. Regula 36, 3).

Par un effort identique d’imagination, ceux qui nentrent pas au monastère ont choisi, à travers les siècles, de voir dans les moines des « sages » et des « prophètes » plutôt que de dangereux dissidents en marge de la société. Les chrétiens – de ceux qui, par milliers, sont allés écouter la parole dAntoine labbé dans le désert égyptien à ceux qui, par centaines de milliers, lisent aujourdhui Thomas Merton ou Enzo Bianchi – ont toujours cru que la solitude des moines nimplique pas le mépris pour autrui et que leur silence peut faire jaillir une sagesse au service de lhomme.

Cette confiance, émouvante dans sa simplicité, fait entrevoir la plus importante fonction du monachisme dans limaginaire des chrétiens, celle de « symbole » qui sanctifie ce qui sen approche. Ceux qui viennent en visite dans un monastère ont, comme les moines eux-mêmes, limpression que, dans le recueillement contemplatif du cloître, les lieux et les objets prennent quelque chose des intentions et du dévouement des habitants de ces lieux. Les objets, même humbles, sont soudain perçus comme des signes qui révèlent la solidarité entre l’homme et le sacré, les barreaux dune échelle qui va de la terre au ciel. Cest dans cet esprit que saint Benoît dit que même les outils ordinaires du monastère doivent être traités comme si c’étaient des vases sacrés pour la liturgie (Regula 31, 10).

Cest une façon de voir sacramentelle, dans laquelle la surface des choses devient transparente pour révéler une perspective infinie et donne de lefficacité aux images. Une représentation de la Dernière Cène dans le réfectoire dun couvent, comme celle que Léonard de Vinci a peinte à Santa Maria delle Grazie, à Milan, nest pas seulement décorative, cest aussi un objet fonctionnel qui communique et nourrit la foi dont elle est née. Les choix opérationnels dans la genèse formelle de l’œuvre, qui relèvent normalement du domaine de lhistoire de l’art, sont ici associés à dautres choix qui ne sont pas esthétiques, mais existentiels.

Sainte Marguerite Marie Alacoque

17 octobre, 2008

Sainte Marguerite Marie Alacoque dans images sacrée stemarg
http://dieu-sauve.chez-alice.fr/apparitions/paray/paray.htm

Pape Benoît XVI : « Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps »

17 octobre, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=10/17/2008#

Pape Benoît XVI
Encyclique « Spes Salvi », 27 (trad © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps »

Celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf Ep 2,12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu — le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (Jn 13,1;19,30).

Celui qui est touché par l’amour commence à comprendre ce qui serait précisément « la vie ». Il commence à comprendre ce que veut dire la parole d’espérance dans le rite du baptême : « De la foi j’attends la vie éternelle », la vie véritable qui, totalement et sans menaces, est simplement la vie dans toute sa plénitude. Jésus, qui a dit qu’il est « venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude, en abondance » (Jn 10,10), nous a aussi expliqué ce que signifie « la vie » : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3). La vie dans le sens véritable, on ne l’a pas en soi, de soi tout seul et pas même seulement par soi : elle est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec Celui qui est la source de la vie. Si nous sommes en relation avec celui qui ne meurt pas, qui est lui-même la Vie et l’Amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous vivons.

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