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commentaire à la liturgie de la dimanche – XXVIII du Temps ordinaire (12 octobre 2008)

Les textes de ce jour parlent de repas de fête. Le prophète Isaïe évoque un repas de noce où Dieu accueille l’humanité. Cette image est reprise dans le psaume : Tu prépares la table pour moi, dit le croyant à Dieu. Dans l’évangile, Jésus raconte la parabole d’un roi qui célèbre les noces de son fils. Il invite tout le monde à la fête, mais tout le monde ne s’en montre pas digne.

Méditons la belle phrase de Paul : Dieu subvient magnifiquement à tous vos besoins.


Isaïe 25,6-9

Le texte est de style apocalyptique. Le poète décrit une intervention divine qui se produira  » ce jour-là « . Le jour du Seigneur, maintes fois évoqué par les prophètes, consiste en un grand rassemblement de tous les peuples sur  » la montagne de Dieu « . La promesse faire à Abraham se réalise :  » En toi seront bénies toutes les nations de la terre « . Dieu offre des viandes savoureuses. C’est beau un repas de fête au cours duquel les convives peuvent se repaître de mets succulents et d’amitié partagée. Au cours du repas est célébrée la défaite de la mort. Introduite dans le monde par nos premiers parents, elle a recouvert de son voile de deuil toutes les nations. Sa défaite inaugure un nouveau paradis où Dieu convoque l’humanité.  dans biblique Image273
 
Psaume 22

Le psaume décrit la joie d’un croyant en mettant en scène une brebis qui a un berger extraordinaire et un homme invité à un repas de fête. Le berger conduit son troupeau vers un endroit idyllique dans un pays chaud : un pré d’herbe fraîche. La brebis, qui n’aurait pas trouvé d’elle-même cet endroit, s’y repose. Quand la halte est finie, le berger conduit vers un autre endroit tout aussi idyllique : les eaux tranquilles. Il y a des endroits dangereux où la mort rôde, mais Dieu est un guide et un sauveur. Il est toujours là. Fidèle à son alliance, il n’abandonne pas son peuple ni aucun de ses sujets. Pourquoi fait-il tout cela ? Parce qu’il est Dieu, tout simplement. Il le fait  » pour l’honneur de son nom « . Le psaume présente ensuite le Seigneur comme un hôte qui accueille somptueusement ses invités : exubérance des mets, des boissons, des parfums. Le croyant dit sa joie de marcher tous les jours sous le regard du Seigneur. Image273 dans commentaire à la Sacrée Écriture pour le jour courant
 
Philipppiens 4,12-14.19-20

Paul vient de dire aux Philippiens combien sa joie est grande dans le Seigneur à cause du bon accueil qu’ils lui ont réservé et de l’aide qu’ils lui ont apportée, le dispensant de devoir travailler pour se nourrir. Contrairement à son habitude, il a accepté cette aide, comme un signe de leur profonde adhésion à l’Évangile. Mais il ne souhaite pas que ce soutien matériel devienne une obligation pour eux : il sait vivre de peu et être en même temps dans l’abondance. Sûr que Dieu n’abandonnera pas ceux qui se confient à lui, il associe la communauté de Philippes à la doxologie qui conclut cette dernière partie, exhortative, de sa lettre.Image273
 
Matthieu 22,1-14

Par rapport à Luc, Matthieu transforme l’invitation à un banquet en invitation au mariage du fils du roi. Le thème de l’union nuptiale entre Dieu et son peuple est un thème de l’Ancien Testament et, par ailleurs, Matthieu a déjà présenté Jésus comme l’Époux de ces noces attendues (9, 15). Nous disposons donc des clés de compréhension de la parabole.

Comme dans la parabole des vignerons, par deux fois, des serviteurs sont envoyés vers les invités ; de même, la double ambassade se solde par un meurtre, cette fois, celui des serviteurs. Car les temps ont changé : à présent, c’est le temps des noces et du banquet du Royaume prophétisé par Isaïe. Les serviteurs ne sont plus les prophètes anciens mais les missionnaires envoyés par Jésus au monde juif. À la différence de Luc qui détaille les fausses excuses, Matthieu constate simplement que les invités n’ont pas voulu venir ou n’ont pas tenu compte de l’invitation.

Les représailles du roi évoquent la destruction de Jérusalem en 70 que Matthieu interprète comme la sanction divine du refus d’accueillir l’Évangile. S’y ajoute le verdict que les invités n’en étaient pas  » dignes  » : ils n’ont pas su reconnaître la générosité de l’offre.

Ceux que les serviteurs ramènent ensuite sont  » les mauvais comme les bons « , c’est-à-dire le tout venant, sans critère d’appartenance au peuple élu. Mais l’un d’eux n’a pas le vêtement (la disposition d’esprit et de c

śur) qui convient et il est, lui aussi, durement châtié. L’avertissement s’adresse ici aux chrétiens qui ne doivent pas trop vite se croire à l’abri du jugement ! Image273
 
Une Parole pour aujourd’hui

 » Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu’il faut et manquer de tout « .
Aujourd’hui, peut-être plus que jamais dans nos sociétés de consommation, on peut être rassasié de biens matériels et avoir faim de sens pour sa vie, avoir tout ce qui est nécessaire pour vivre confortablement et manquer néanmoins de l’essentiel.

Mais on peut aussi, comme Paul, être rassasié de l’essentiel, l’amour du Christ, et avoir faim de nourriture matérielle, avoir tout ce qu’il faut en étant comblé de la grâce de Dieu et manquer de tout sur le plan matériel.

Ou bien encore, éprouver d’autant plus intensément l’infinie distance qui nous sépare de Dieu que nous nous reconnaissons comblés par son amour.

On trouvera l’introduction à la première lecture (Isaïe 25,6-9), et au Psaume 22(23),1-2b,2c-3,4,5,6, dans la revue Célébrer n° 361 (juillet-août 2008). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en śuvre.

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