Archive pour le 9 octobre, 2008

Notre-Dame du Rosaire

9 octobre, 2008

Notre-Dame du Rosaire dans images sacrée

http://santiebeati.it/

PAULUS P. P. VI. : L’encyclique Christi Mater Rosarii (sur la recitation du rosaire)

9 octobre, 2008

du site: 

http://missel.free.fr/Sanctoral/10/07.php#encyclique

PAULUS P. P. VI.

Rome, près Saint-Pierre, le 15 septembre 1966, quatrième année de Notre pontificat.

L’encyclique Christi Mater Rosarii

A nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques, évêques et autres ordinaires locaux en paix et communion avec le Siège apostolique. Paul VI, Pape.

Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.

Durant le mois d’octobre, le peuple fidèle a coutume d’offrir la récitation du rosaire comme autant de couronnes à la Mère de Dieu. A l’exemple de Nos Prédécesseurs, Nous approuvons vivement cette pratique. Cette année, Nous convions tous les enfants de l’Eglise à un hommage plus particulier de piété envers Notre-Dame. Et cela en raison des menaces de calamités graves et étendues qui pèsent sur la famille humaine : en Asie orientale se poursuit un conflit sanglant et se déchaîne une guerre acharnée. De ce fait, Nous Nous trouvons pressé d’intensifier tout l’effort possible en faveur de la paix.

Ce qui ajoute à nos préoccupations, c’est ce que Nous apprenons d’autres régions du monde : la course aux armements nucléaires, l’ambition incontrôlée d’expansion nationale, l’exaltation démesurée de la race, les tendances subversives, le séparation imposée entre citoyens d’un même pays, les manśuvres criminelles, le meurtre de personnes innocentes.Tout cela peut donner lieu aux pires catastrophes.

La Providence nous impose, semble-t-il, à Nous comme à Nos plus récents Prédécesseurs, la mission particulière de consacrer Nos efforts patients et constants à la sauvegarde et à l’affermissement de la paix. Ce devoir découle évidemment du mandat qui Nous est confié de conduire l’Eglise entière. Celle-ci, « signe dressé devant les nations » (cf. Isaïe XI 12), ne sert pas d’intérêts politiques, mais elle doit apporter au genre humain la vérité et la grâce de Jésus-Christ, son divin fondateur.

En réalité, depuis les débuts de Notre ministère apostolique, Nous n’avons rien négligé pour la cause de la paix, ni prière adressée à Dieu, ni instances, ni exhortations, et même, vous vous en souvenez, l’an dernier, Nous Nous sommes rendu par la voie des airs en Amérique du Nord afin de parler au siège de l’Organisation des Nations Unies devant l’assemblée si distinguée des représentants de presque tous les peuples, du bien si désiré de la paix, et de recommander qu’on ne laisse pas des peuples en état d’infériorité par rapport à d’autres, que les uns ne s’attaquent point aux autres mais que tous conjuguent leur zèle et leur action pour établir la paix.

Et encore dans la suite, mû par Notre sollicitude apostolique, Nous n’avons pas cessé d’encourager les hommes à qui incombe cette lourde responsabilité à écarter de l’humanité l’épouvantable fléau qui pourrait survenir.

Maintenant encore, Nous élevons Notre voix « avec un grand cri et des larmes » (Hébreux V 7 ) pour supplier instamment les dirigeants des nations de tout tenter pour empêcher la propagation de l’incendie et pour éteindre complètement celui-ci. Nous n’en doutons point : les hommes de toute race, de toute couleur, de toute religion, de toute classe sociale, s’ils aiment le droit et l’honnêteté, partagent Notre sentiment.

Que tous ceux dont cela dépend ménagent les conditions nécessaires à la cessation des hostilités avant que ne leur échappe, par le poids même des évènements, la possibilité de déposer les armes.

Que ceux-là au pouvoir desquels est remis le salut de la famille humaine sachent que leur conscience est chargée d’une très grave obligation. Qu’ils interrogent cette conscience et sondent leur propre cśur ; que chacun veuille bien regarder et sa propre nation, et le monde, et Dieu, et l’histoire ; qu’ils songent que leur nom restera en bénédiction s’ils répondent avec sagesse à cette pressante invitation.

Au nom du Seigneur, Nous crions : « Arrêtez ! » Il faut se rencontrer ; il faut en venir à conférer et à négocier en toute sincérité. C’est maintenant qu’il faut régler les conflits, serait-ce avec quelque inconvénient et quelque désavantage ; car il faudra bien qu’ils soient réglés non sans peut-être d’énormes dommages et des désastres dont, pour le moment, nul ne peut imaginer l’horreur. La paix à établir doit être cependant basée sur le justice et la liberté, elle doit donc respecter les droits des hommes et des communautés – autrement, elle serait précaire et instable.

Tout en exprimant de la sorte Notre anxiété et Notre émoi, Nous devons, comme le dicte Notre responsabilité pastorale, implorer le secours d’en haut. A celui qui est « le Prince de la Paix » (Isaïe IX 16), il faut demander la paix, « ce bien si grand que parmi les biens de la terre et du temps on n’entend mentionner rien de plus apprécié, on ne saurait souhaiter rien de plus désirable, trouver rien de meilleur.[1] »Et puisque aux époques d’incertitude et de trouble, l’Eglise a l’habitude de recourir à l’intercession attentive de Marie, sa mère, c’est vers celle-ci que Nous Nous tournons, vers elle que Nous orientons Notre pensée et celle de tous les chrétiens. Car, selon le mot de saint Irénée « elle est devenue le salut du genre humain tout entier.[2] »

Rien ne Nous paraît répondre plus parfaitement aux circonstances que de faire monter la supplication de toute la famille chrétienne vers la Mère de Dieu invoquée comme « Reine de la Paix », afin que parmi tant et de si graves misères et menaces, elle dispense largement les dons de sa bonté maternelle.

Il faut, disons-Nous, adresser un prière intense et persévérante à celle que, au cours du second Concile ścuménique du Vatican, aux applaudissemnts des Pères conciliaires et du monde catholique Nous avons proclamée Mère de l’Eglise. Par cette reconnaissance du fait que Marie a spirituellement enfanté l’Eglise Nous confirmions un point de la doctrine traditionnelle. Marie est « vraiment mère des membres du Christ », dit saint Augustin[3] ; à quoi fait écho, sans parler des autres, saint Anselme : « Quelle dignité plus haute pourra-t-on jamais reconnaître que celle d’être la mère de ceux-là dont le Christ daigne être le père et le frère ?[4] » Notre prédécesseur Léon XIII a même appelé Notre-Dame « en toute vérité Mère de l’Eglise[5] », c’est donc en toute assurance que Nous mettons Notre espoir en elle, parmi l’émoi et la crainte qu’inspirent les troubles actuels.

Puisque quand les maux deviennent plus graves le pitié de Dieu doit grandir, Notre souhait le plus vif, vénérables frères, est que suivant votre initiative, vos invitations et votre impulsion, on invoque plus instamment durant le mois d’octobre Marie notre Mère, comme Nous l’avons déjà fait entendre par la pratique pieuse du Rosaire. C’est là une forme de prière très adaptée au sens du peuple de Dieu, très agréable à la Mère du Seigneur et si efficace pour obtenir les dons du ciel.

Cette prière, le second Concile ścuménique du Vatican l’a recommandée à tous les enfants de l’Eglise de façon bien certaine, encore que non explicite, en disant : « Qu’on fasse grand cas de ces pratiques et exercices de dévotion envers Marie que le Magistère a recommandés au cours des siècles.

[6] »Cette pratique si féconde ne sert pas seulement à endiguer le mal et à conjurer les désastres, comme le montre clairement l’histoire de l’Eglise. Elle favorise aussi grandement la vitalité chrétienne : « Avant tout, elle nourrit la foi catholique en faisant méditer fort à propos les mystères du salut, et elle élève notre pensée au niveau des vérités de la Révélation.

[7] »

Ainsi donc, durant le prochain mois d’octobre, dédié à Notre-Dame du Rosaire, qu’on redouble de prières et de supplications ! Que par l’intercession de Marie brille enfin pour le monde entier l’aurore de la véritable paix, – la paix dans tous les domaines y compris celui de la pratique religieuse ; actuellement, hélas ! la liberté de professer la religion n’est point assurée partout.

Plus spécialement Nous souhaitons que, le 4 octobre, anniversaire de Notre visite à l’Organisation des Nations Unies, soit célébré, cette année, dans l’univers catholique comme « jour consacré à prier pour la paix. »

Il vous appartiendra, vénérables frères, selon la piété qui vous distingue et votre conscience de la gravité de la situation, de prescrire les actes religieux par lesquels, ce jour-là, les prêtres, les religieux, le peuple fidèle mais plus particulièrement l’enfant, signalé par son innocence, ainsi que les malades et tous ceux qui souffrent, tous enfin d’un élan unanime implorent le Mère de Dieu et de l’Eglise.

Pour Nous, dans la basilique Saint-Pierre, près du tombeau du Prince des apôtres, Nous adresserons une prières toute spéciale à la Vierge protectrice du monde chrétien et garante de la paix. Ainsi la voix unique de l’Eglise, montant de toutes les parties de la terre, ira comme frapper à la porte du ciel. En effet, selon le mot de saint Augustin « dans la diversité des langues humaines qu’entendent nos oreilles, unique est le langage de la foi qui anime nos cśurs.[8] »

O Bienheureuse Vierge, dans votre bonté maternelle, regardez tous vos enfants ! Voyez l’inquiétude des pasteurs qui redoutent les horreurs d’une tempête pour le troupeau confié à leur responsabilité ; montrez-vous attentive à l’angoisse de tant d’hommes, pères et mères de famille, que préoccupe le sort de leurs enfants comme le leur et qui portent les pires tracas. Apaisez les dispositions des belligérantset inspirez-leur « des pensées de paix » ; faites que Dieu, vengeur de la justice lésée, agisse selon sa miséricorde, restitue aux peuples la tranquillité si désirée et leur assure une ère très longue de véritable prospérité.

Dans le ferme espoir que la Sainte Mère de Dieu accueillera Notre humble demande, Nous vous accordons de tout cśur, à vous-mêmes, Vénérables Frères, ainsi qu’à tout votre clergé et aux peuples confiés à vos soins, la Bénédiction apostolique.

Rome, près Saint-Pierre, le 15 septembre 1966, quatrième année de Notre pontificat.

PAULUS P. P. VI.

[1] Saint Augustin : la Cité de Dieu, livre XIX, chapitre 11.

[2] Saint Irénée : Contre les hérésies, III 22

[3] Saint Augustin : de la Sainte Virginité.

[4] Saint Anselme : Prières, XLVII.

[5] Léon XIII : Lettre encyclique Adjutricem Populi Christiani, 5 septembre 1895

[6] Constitution dogmatique sur l’Eglise, n° 67

[7] Lettre encyclique de Pie XI Ingravescentibus Malis, 29 septembre 1937.

[8] Saint Augustin : Homélies sur les psaumes, LIV 11.

« L’autorité des Saintes Écritures du peuple juif », par le card. Vanhoye

9 octobre, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-19001?l=french

« L’autorité des Saintes Écritures du peuple juif », par le card. Vanhoye

Rapport sur un document de la commission biblique (1)

ROME, Mardi 7 octobre 2008 (ZENIT.org) – « Le Nouveau Testament reconnaît l’autorité des Saintes Écritures du peuple juif », rappelle le cardinal Vanhoye en présentant au synode avec une grande pédagogie la genèse et le contenu d’un important document de 2001, de la commission biblique, préfacé par le cardinal Joseph Ratzinger, sur le peuple juif et la Bible.

Le cardinal Albert Vanhoye, recteur émérite de l’Institut biblique pontifical de Rome, a présenté au synode des évêques un rapport sur le document de la commission biblique pontificale – dont il a été le secrétaire – sur « Le peuple juif et ses Saintes Écritures dans la Bible chrétienne ».

Le cardinal Vanhoye a rappelé l’origine de ce document : « En 1996, après son renouvellement partiel, la commission biblique pontificale a été invitée par son président, le cardinal Joseph Ratzinger, à choisir un nouveau sujet de recherche, qui soit important pour la vie et la mission de l’Église dans le monde actuel ».

Pour une orientation positive

« Plusieurs sujets ont été proposés, continue le cardinal Vanhoye. Un vote a été effectué. Le sujet qui a obtenu le plus grand nombre de voix a été « l’antijudaïsme et la Bible ». Le terme « antijudaïsme » a été préféré à « antisémitisme », parce qu’il est plus précis ; il y a, en effet, d’autres peuples sémites que le peuple juif ». Ce fut d’ailleurs l’un des thèmes examinés par la commission historique et théologique du Grand jubilé de l’an 2000.

Mais le cardinal Vanhoye explique que explique que « la commission biblique s’est ensuite montrée fidèle au choix de ce terme, mais elle ne l’a pas maintenu dans le titre de son travail », préférant une « perspective plus ouverte et plus positive » c’est pourquoi elle a choisi cette autre formulation: « Le peuple juif et ses Écritures dans la Bible chrétienne ».

Or une nouvelle précision allait être apportée pour arriver au titre définitif, comme le rapporte l’exégète : « Un collègue a fait alors remarquer que l’expression « ses Écritures » a un sens trop large, car, en plus de la Bible hébraïque, elle s’applique aussi à la Mishna, à la Tosephta, au Talmud. On a donc précisé en mettant « saintes Écritures », expression employée par l’apôtre Paul au début de sa Lettre aux Romains et qui a l’avantage d’exprimer un respect religieux pour les écrits désignés de cette façon ».

« Le peuple juif et ses Saintes Écritures dans la Bible chrétienne »: ce titre, explique le cardinal Vanhoye indique « deux thèmes distincts et complémentaires », correspondant à deux questions.

Le bibliste les résume ainsi en précisant que le document les traite dans l’ordre inverse: « La première est de quelles façons « le peuple juif » est-il présenté dans la Bible chrétienne, c’est-à-dire dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau? La seconde question est: quelle place les « saintes Écritures » du peuple juif occupent-elles dans la Bible chrétienne ? »

Le document « traite d’abord, ajoute-t-il, de la place occupée par l’Ancien Testament dans la Bible chrétienne et ensuite des façons dont le peuple juif est présenté dans les deux parties de cette Bible, Ancien et Nouveau Testament ».

Avec cette précision à propos de la notion d’ « antijudaïsme »: « Disons tout de suite que cette façon plus ouverte et plus positive de poser les questions a eu pour conséquence que le mot « antijudaïsme » ne se trouve plus dans aucun des titres du document, ni dans les titres des chapitres, ni dans ceux des paragraphes. Par contre, il se trouve en plus d’un endroit dans le texte, car le problème n’a aucunement été éludé; il a été clairement affronté, mais sans occuper toute la perspective, qui est restée avant tout positive, ce qui fait – remarquons-le – que le document constitue un antidote plus efficace contre l’antijudaïsme ».

Le cardinal Vanhoye a expliqué ensuite le travail de la commission, « en trois étapes » : études monographiques rédigées par des membres et discutées en assemblée ; l’établissement d’un plan pour le document et la rédaction des diverses parties confiée à des collègues et soumise ensuite à une discussion ; unification des différentes contributions dans une rédaction d’ensemble, elle aussi discutée, révisée, soumise au vote. « La rédaction finale est donc vraiment le fruit d’un travail collégial », souligne le cardinal Vanhoye.

Il souligne aussi la « rigueur scientifique » du travail et son « esprit de respect et d’amour pour le peuple juif ».

Et de préciser : « On ne s’est pas contenté d’un examen superficiel des textes, mais on les a étudiés et approfondis. Le document n’est donc pas toujours de lecture facile. Et ce sont les textes eux-mêmes qui inspirent respect et amour pour le peuple juif ».

L’Ancien et le Nouveau

A propos du rapport entre les deux Testaments, le document affirme ainsi, rapporte le cardinal Vanhoye : « « Dans l’Ancien Testament, » en effet, « le projet de Dieu est un projet d’union d’amour avec son peuple, amour paternel, amour conjugal, et quelles que soient les infidélités d’Israël, Dieu n’y renonce jamais, mais en affirme la perpétuité (Is 54,8 ; Jr 31,3). Dans le Nouveau Testament, l’amour de Dieu surmonte les pires obstacles. Même s’ils ne croient pas en son Fils, qu’il leur a envoyé pour être leur Messie sauveur, les Israélites restent « aimés » [saint Paul l'affirme dans sa Lettre aux Romains 11,28]. Qui veut être uni à Dieu, doit donc également les aimer » (n 86, fin) ».

Les travaux ont été guidés, souligne l’expert, par « l’orientation indiquée par le Pape Paul VI dans son homélie du 28 octobre 1965, jour de la promulgation du document conciliaire Nostra Aetate, qui traite des rapports avec les religions non chrétiennes, en particulier la religion juive ».

« Parlant des Juifs, précise le cardinal Vanhoye, Paul VI a souhaité « qu’on ait pour eux respect et amour » et il a même ajouté « et qu’on ait espoir en eux ». Extrêmement positive, cette orientation ne laisse aucune place à l’antijudaïsme. Elle devrait être plus fidèlement maintenue ».

L’Ancien Testament, partie fondamentale de la Bible

Pour ce qui est du plan du document, le cardinal Vanhoye en rappelle les 3 grands chapitres en expliquant le choix des titres, et en particulier ce rapport « fondamental » entre l’Ancien et le Nouveau Testament : « Le premier [chapitre] s’intitule « Les Saintes Écritures du peuple juif, partie fondamentale de la Bible chrétienne ». On avait d’abord mis « partie intégrante », ce qui aurait signifié que sans les Saintes Écritures du peuple juif, la Bible chrétienne ne serait pas complète. Cela est tout à fait exact, mais reste insuffisant. L’Ancien Testament n’est pas simplement un morceau entre autres de la Bible chrétienne. Il en est la base, la partie fondamentale ».

Et d’expliquer encore : « Si le Nouveau Testament s’était établi sur une autre base, il serait sans vraie valeur. Sans sa conformité aux Saintes Écritures du peuple juif, il n’aurait pas pu se présenter comme l’accomplissement du dessein de Dieu ».

Le cardinal Vanhoye cite à l’appui les réflexions de l’apôtre Paul : lorsqu’il veut « exprimer l’essentiel de la foi chrétienne, il souligne deux fois cette conformité, en disant : « Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures et il a été enseveli ; il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures, et il est apparu » (1 Co 15,3-5) ».

« La foi chrétienne, affirme le cardinal Vanhoye, n’est donc pas basée seulement sur des événements, mais sur la conformité de ces événements à la révélation contenue dans les Saintes Écritures du peuple juif (n 7). Cela constitue évidemment un lien très fort entre les chrétiens et le peuple juif ».

« Le 1er chapitre présente une longue démonstration de l’affirmation contenue dans son titre », explique le bibliste.

« Il montre d’abord que « le Nouveau Testament reconnaît l’autorité des Saintes Écritures du peuple juif » (…). Le Document rappelle en détail les multiples façons dont sont présentées dans le Nouveau Testament ces citations explicites. Le lecteur peut en être fatigué, mais c’est cette attention aux détails précis qui donne toute sa valeur à la démonstration ».

Le Nouveau Testament utilise la Bible juive pour argumenter, souligne par ailleurs le document : « À une argumentation basée sur les Écritures du peuple juif, le Nouveau Testament reconnaît une valeur décisive. Dans le IVème évangile, Jésus déclare à ce propos que  » l’Écriture ne peut être abolie » (Jn 10,35). Sa valeur vient de ce qu’elle est « parole de Dieu » (ibid.). « Dans ses argumentations doctrinales, l’apôtre Paul, en particulier, s’appuie constamment sur les Écritures de son peuple et il met une nette distinction entre les argumentations scripturaires et les raisonnements humains. Aux argumentations scripturaires, il attribue une valeur incontestable. Pour lui, les Écritures juives ont une valeur toujours actuelle pour guider la vie spirituelle des chrétiens ».

Le Nouveau Testament s’affirme conforme aux Écritures du peuple juif

« Le Nouveau Testament manifeste, souligne le cardinal, une double conviction : « d’une part, ce qui est écrit dans la Bible juive doit nécessairement s’accomplir, car cela révèle le dessein de Dieu, qui ne peut manquer de se réaliser, et d’autre part, la vie, la mort et la résurrection du Christ correspondent pleinement à ce qui était dit dans ces Écritures ». »

C’est le thème de « l’accomplissement des Écritures », un thème « très important pour les rapports entre les chrétiens et les Juifs » et « très complexe », fait observer le bibliste (cf. Les paragraphes 8, et 19-21 du document).

« L’accomplissement des Écritures comprend nécessairement trois aspects: un aspect fondamental de continuité avec la révélation de l’Ancien Testament, mais en même temps un aspect de différence sur certains points et un aspect de dépassement. Une simple répétition de ce qui existait dans l’Ancien Testament ne suffit pas pour qu’on puisse parler d’accomplissement. Un progrès décisif est indispensable », explique l’auteur qui cite « le thème de l’habitation de Dieu au milieu de son peuple ».

« Dans son paragraphe 8, explique le cardinal Vanhoye, le Document précise donc que la conformité du Nouveau Testament aux Écritures du peuple juif n’est pas totale, mais est « accompagnée de quelques aspects de non-conformité ». C’est le cas, par exemple, dans les Lettres de S. Paul. « Dans la Lettre aux Galates et dans celle aux Romains, l’apôtre argumente à partir de la Loi » – c’est-à-dire de l’Ancien Testament – « pour démontrer que la foi au Christ a mis fin au régime de la Loi. Il montre que la Loi comme révélation a annoncé sa propre fin comme institution nécessaire au salut » ».

« On peut remarquer, précise immédiatement le cardinal Vanhoye, qu’en réalité, il n’y a pas « non-conformité » aux Écritures du peuple juif prises dans leur ensemble, mais non-conformité à leur aspect institutionnel et conformité à leur aspect prophétique, lequel est présent dans la Torah elle-même. L’Ancien Testament, en effet, est rempli de tensions entre ces deux aspects ».

Dans le paragraphe 21, continue l’auteur, le Document « revient sur la notion d’accomplissement et déclare que c’est « une notion extrêmement complexe, qui peut facilement être faussée, si on insiste unilatéralement soit sur la continuité, soit sur la discontinuité ». »

C’est pourquoi le cardinal Vanhoye insiste sur le fait que « la pastorale doit donc être attentive à ne pas fausser la notion d’accomplissement des Écritures ».

Le Document affirme que « la foi chrétienne reconnaît l’accomplissement, dans le Christ, des Écritures et des attentes d’Israël, mais elle ne comprend pas cet accomplissement comme la simple réalisation de ce qui était écrit », ce serait « réducteur ».

« Dans le mystère du Christ crucifié et ressuscité, explique ce document, l’accomplissement s’effectue d’une manière imprévisible. Il comporte un dépassement ».

Le texte, cité par le cardinal Vanhoye, conclut sur cette mise en garde : « Il y a donc lieu de renoncer à l’insistance excessive, caractéristique d’une certaine apologétique, sur la valeur de preuve attribuée à l’accomplissement des prophéties. Cette insistance a contribué à rendre plus sévère le jugement des chrétiens sur les Juifs et sur leur lecture de l’Ancien Testament : plus on trouve évidente la référence au Christ dans les textes de l’Ancien Testament et plus on trouve inexcusable et obstinée l’incrédulité [de la grande majorité] des Juifs ».

Le cardinal vanhoye attire aussi l’attention sur cette remarque du document à propos des Juifs « qui ne croient pas au Christ »: « On ne doit donc pas dire que le Juif ne voit pas ce qui était annoncé dans les textes, mais que le chrétien, à la lumière du Christ et dans l’Esprit, découvre dans les textes un surplus de sens qui y était caché ».

Dans le paragraphe 64, le Document exprime « la même idée en d’autres termes », souligne le cardinal Vanhoye : « Les lecteurs chrétiens sont convaincus que leur herméneutique de l’Ancien Testament, fort différente, assurément, de celle du judaïsme, correspond cependant à une potentialité de sens effectivement présente dans les textes ».

Il prend cette image du « révélateur » : « À la manière d’un « révélateur » au cours du développement d’une pellicule photographique, la personne de Jésus et les événements qui la concernent ont fait apparaître dans les Écritures une plénitude de sens qui, auparavant, ne pouvait pas être perçue ».

Lecture juive de la Bible, une lecture possible

D’où cette affirmation : « Les chrétiens peuvent et doivent admettre que la lecture juive de la Bible, est une lecture possible », une lecture « qui se trouve en continuité avec les Saintes Écritures juives de l‘époque du second Temple, une lecture analogue à la lecture chrétienne, qui s’est développée parallèlement ».

Avec cette précision du cardinal : « Possible pour les Juifs qui ne croient pas au Christ, cette lecture n’est pas possible pour les chrétiens, car elle implique l’acceptation de tous les présupposés du judaïsme, en particulier ceux « qui excluent la foi en Jésus comme Messie et Fils de Dieu ». « Chacune des deux lectures est solidaire de la vision de foi respective dont elle est un produit et une expression. Elles sont, par conséquent, irréductibles l’une à l’autre ». »

Un position qui « vaut pour la lecture juive dans son ensemble », mais « pas pour la lecture de tous les détails des textes bibliques » qui, « souvent », « n’implique nullement le refus de la foi au Christ. Elle correspond simplement à une lecture faite avant la venue du Christ ».

Le Document souligne que les chrétiens peuvent « apprendre beaucoup de l’exégèse juive pratiquée depuis plus de deux mille ans » et « ont appris beaucoup » d’elle. Or, « réciproquement, les exégètes chrétiens « peuvent espérer que les Juifs pourront tirer profit, eux aussi, des recherches exégétiques chrétiennes » (n. 22) ».

(à suivre)

Audience générale du 8 octobre : Paul et la vie terrestre de Jésus

9 octobre, 2008

du site:

http://www.zenit.org/article-19006?l=french

Audience générale du 8 octobre : Paul et la vie terrestre de Jésus Texte intégral

ROME, Mercredi 8 octobre 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée ce mercredi par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, place Saint-Pierre.

* * *

Chers frères et sśurs,Au cours des dernières catéchèses sur saint Paul, j’ai parlé de sa rencontre avec le Christ ressuscité, qui a changé profondément sa vie, puis de sa relation avec les douze Apôtres, appelés par Jésus – en particulier avec Jacques, Céphas et Jean – et de sa relation avec l’Eglise de Jérusalem. Il reste à présent la question de ce que saint Paul a su du Jésus terrestre, de sa vie, de ses enseignements, de sa passion. Avant d’entrer dans cette question, il peut être utile d’avoir à l’esprit que saint Paul lui-même distingue deux façons de connaître Jésus et plus généralement deux façons de connaître une personne. Il écrit dans la Deuxième Lettre aux Corinthiens : « Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons » (5, 16). Connaître « selon la chair », de manière charnelle, cela veut dire connaître de manière seulement extérieure, avec des critères extérieurs : on peut avoir vu une personne plusieurs fois, en connaître ainsi l’aspect et les divers détails de son comportement : comment il parle, comment il bouge, etc. Toutefois, même en connaissant quelqu’un de cette manière on ne le connaît pas réellement, on ne connaît pas le noyau de sa personne. C’est seulement avec le cśur que l’on connaît vraiment une personne. De fait, les pharisiens et les saducéens ont connu Jésus de manière extérieure, ils ont appris son enseignement, beaucoup de détails sur lui, mais ils ne l’ont pas connu dans sa vérité. Il y a une distinction analogue dans une parole de Jésus. Après la Transfiguration, il demande aux apôtres : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » (Mt 16, 13) et « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15). Les gens le connaissent, mais de manière superficielle ; ils savent plusieurs choses de lui, mais ils ne l’ont pas réellement connu. En revanche, les Douze, grâce à l’amitié qui fait participer le cśur, ont au moins compris dans la substance et ont commencé à savoir qui est Jésus. Cette manière différente de connaître existe aussi aujourd’hui : il y a des personnes savantes qui connaissent Jésus dans ses nombreux détails et des personnes simples qui n’ont pas connaissance de ces détails, mais qui l’ont connu dans sa vérité : « le cśur parle au cśur ». Et Paul veut dire essentiellement qu’il faut connaître Jésus ainsi, avec le cśur et connaître de cette manière essentiellement la personne dans sa vérité ; puis, dans un deuxième temps, d’en connaître les détails.

Cela dit, une question demeure toutefois : qu’a connu saint Paul de la vie concrète, des paroles, de la passion, des miracles de Jésus ? Il semble confirmé qu’il ne l’a pas rencontré pendant sa vie terrestre. A travers les apôtres et l’Eglise naissante il a assurément connu aussi les détails sur la vie terrestre de Jésus. Dans ses Lettres, nous trouvons trois formes de référence au Jésus pré-pascal.

En premier lieu, des références explicites et directes. Paul parle de l’ascendance davidique de Jésus (cf. Rm 1, 3), il connaît l’existence de ses « frères » ou consanguins (1 Co 9, 5; Ga 1, 19), il connaît le déroulement de la Dernière Cène (cf. 1 Co 11, 23), il connaît d’autres paroles de Jésus, par exemple, sur l’indissolubilité du mariage (cf. 1 Co 7, 10 avec Mc 10, 11-12), sur la nécessité que celui qui annonce l’Evangile soit nourri par la communauté dans la mesure où l’ouvrier est digne de son salaire (cf. 1 Co 9, 14 et Lc 10, 7) ; Paul connaît les paroles prononcées par Jésus lors de la Dernière Cène (cf. 1 Co 11, 24-25 et Lc 22, 19-20) et il connaît aussi la croix de Jésus. Telles sont les références directes à des paroles et des faits de la vie de Jésus.

En deuxième lieu, nous pouvons entrevoir dans certaines phrases des Lettres pauliniennes plusieurs allusions à la tradition attestée dans les Evangiles synoptiques. Par exemple, les paroles que nous lisons dans la première Lettre aux Thessaloniciens, selon lesquelles « le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit » (5, 2), ne s’expliqueraient pas comme un renvoi aux prophéties de l’Ancien Testament, car la comparaison avec le voleur nocturne ne se trouve que dans l’Evangile de Matthieu et de Luc, donc elle est tirée précisément de la tradition synoptique. Ainsi, quand nous lisons que : « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Jésus a choisi… » (1 Co 1, 27-28), on entend l’écho fidèle de l’enseignement de Jésus sur les simples et sur les pauvres (cf. Mt 5, 3; 11, 25; 19, 30). Il y a ensuite les paroles prononcées par Jésus dans la joie messianique « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25). Paul sait – c’est son expérience missionnaire – combien ces paroles sont vraies, c’est-à-dire que ce sont précisément les simples qui ont le cśur ouvert à la connaissance de Jésus. La mention de l’obéissance de Jésus « jusqu’à la mort », que l’on trouve dans Ph 2, 8, ne peut également que rappeler la totale disponibilité du Jésus terrestre à l’accomplissement de la volonté de son Père (cf. Mc 3, 35 ; Jn 4, 34). Paul connaît donc la passion de Jésus, sa croix, la manière dont il a vécu les derniers moments de sa vie. La croix de Jésus et la tradition sur cet événement de la croix sont au centre du Kerygme paulinien. Un autre pilier de la vie de Jésus connu par saint Paul est le Discours de la Montagne, dont il cite certains éléments presque à la lettre, quand il écrit aux Romains : « Aimez-vous les uns les autres… Bénissez ceux qui vous persécutent… Vivez en paix avec tous… Vainc le mal par le bien… ». Donc, dans ses lettres, on trouve un reflet fidèle du Discours de la Montagne (cf. Mt 5- 7).

Enfin, on peut trouver une troisième manière dont sont présentes les paroles de Jésus dans les Lettres de Paul : lorsqu’il opère une forme de transposition de la tradition pré-pascale à la situation d’après la Pâque. Le thème du Royaume de Dieu est un cas typique. Il se trouve sans aucun doute au centre de la prédication du Jésus historique (cf. Mt 3, 2 ; Mc 1, 15 ; Lc 4, 43). Chez Paul on trouve une transposition de cette thématique, parce qu’après la résurrection il est évident que Jésus en personne, le ressuscité, est le Royaume de Dieu. Le Royaume arrive donc là où Jésus arrive. Et ainsi, nécessairement, le thème du Royaume de Dieu, où était anticipé le mystère de Jésus, se transforme en christologie. Toutefois, les mêmes dispositions demandées par Jésus pour entrer dans le Royaume de Dieu sont tout à fait valables pour Paul en ce qui concerne la justification au moyen de la foi : autant l’entrée dans le Royaume que la justification exigent une attitude de grande humilité et disponibilité, libre de présomptions, pour accueillir la grâce de Dieu. Par exemple, la parabole du pharisien et du publicain (cf. Lc 18, 9-14) donne un enseignement que l’on retrouve tel quel chez Paul, lorsqu’il insiste sur le fait de devoir exclure toute vanterie à l’égard de Dieu. Les phrases de Jésus sur les publicains et les prostituées, plus disponibles que les pharisiens à accueillir l’Evangile (cf. Mt 21, 31 ; Lc 7, 36-50), et son choix de partager la table avec eux (cf. Mt 9, 10-13 ; Lc 15, 1-2) se retrouvent elles aussi entièrement dans la doctrine de Paul sur l’amour miséricordieux de Dieu envers les pécheurs (cf. Rm 5, 8-10 ; et aussi Ep 2, 3-5). Ainsi le thème du Royaume de Dieu est reproposé sous une forme nouvelle, mais toujours dans une pleine fidélité à la tradition du Jésus historique.

Un autre exemple de transformation fidèle du noyau doctrinal tel que l’entendait Jésus se trouve dans les « titres » qui lui sont attribués. Avant Pâques, il se qualifie lui-même de Fils de l’homme ; après la Pâque, il devient évident que le Fils de l’homme est aussi le Fils de Dieu. Par conséquent, le titre préféré par Paul pour qualifier Jésus est Kyrios, « Seigneur » (cf. Ph 2, 9-11), qui indique la divinité de Jésus. Avec ce titre le Seigneur Jésus apparaît dans toute la lumière de la résurrection. Sur le Mont des Oliviers, au moment de l’extrême angoisse de Jésus (cf. Mc 14, 36), les disciples avant de s’endormir avaient entendu comment il parlait avec le Père et l’appelait « Abbà-Père ». C’est un terme très familier, équivalent à notre « papa », utilisé uniquement par les enfants en communion avec leur père. Jusqu’à ce moment-là il était impensable qu’un juif utilise une parole semblable pour s’adresser à Dieu ; mais Jésus, étant vrai Fils, en ce moment d’intimité, parle ainsi et dit : « Abbà, Père ». Dans les Lettres de saint Paul aux Romains et aux Galates, de manière surprenante ce terme « Abbà », qui exprime le caractère exclusif de la filiation de Jésus, apparaît dans la bouche des baptisés (cf. Rm 8, 15; Ga 4, 6), parce qu’ils ont reçu l’« esprit du Fils » et à présent ils portent en eux-mêmes cet Esprit et ils peuvent parler comme Jésus et avec Jésus en vrais fils de leur Père, ils peuvent dire « Abbà » parce qu’ils sont devenus fils dans le Fils.

Et enfin, je voudrais évoquer la dimension salvifique de la mort de Jésus, que nous trouvons dans la phrase évangélique selon laquelle « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45 ; Mt 20, 28). Le reflet fidèle de cette parole de Jésus apparaît dans la doctrine paulinienne sur la mort de Jésus comme rachat (cf. 1 Co 6, 20), comme rédemption (cf. Rm 3, 24), comme libération (cf. Ga 5, 1) et comme réconciliation (cf. Rm 5, 10; 2 Co 5, 18-20). C’est là le centre de la théologie paulinienne, qui se fonde sur cette parole de Jésus.

En conclusion, saint Paul ne pense pas à Jésus en tant qu’historien, comme à une personne du passé. Il connaît assurément la grande tradition sur la vie, les paroles, la mort et la résurrection de Jésus, mais il ne traite pas de tout cela comme d’une chose du passé ; il le propose comme réalité du Jésus vivant. Pour Paul, les paroles et les actions de Jésus n’appartiennent pas au temps historique, au passé. Jésus vit maintenant et parle maintenant avec nous et vit pour nous. Telle est la vraie manière de connaître Jésus et d’accueillir la tradition le concernant. Nous devons nous aussi apprendre à connaître Jésus non selon la chair, comme une personne du passé, mais comme notre Seigneur et Frère, qui est aujourd’hui avec nous et nous montre comment vivre et comment mourir.

Puis le pape a proposé une synthèse de sa catéchèse, en français :

Chers frères et sśurs,

Après avoir parlé de la rencontre de Paul avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, regardons quelle fut sa connaissance de l’existence terrestre de Jésus. Il l’a connu surtout à travers la première communauté chrétienne. Nous pouvons distinguer chez Paul trois formes de références au Jésus terrestre. Il y a en premier lieu des références explicites à certains événements, comme la dernière Cène, le rôle de Pierre, ou encore des citations de paroles de Jésus. En deuxième lieu, dans certains passages des Lettres de Paul, nous pouvons entrevoir des allusions à la tradition attestée dans les Évangiles synoptiques. Enfin il y a aussi d’importantes consonances entre la pensée de Paul et la prédication de Jésus, comme sur le thème du Règne de Dieu. À propos de l’identité de Jésus, nous pouvons remarquer que Paul ne parle pas de lui comme Fils de l’homme et il ne le qualifie pas de Maître ou de Prophète comme dans les Évangiles. Pour lui Jésus est beaucoup plus que tout cela. Il est « Seigneur ». En définitive, saint Paul ne pense pas à Jésus comme à une personne du passé. Pour lui, Jésus Christ est avant tout la vie de notre vie, ici et maintenant. Puissions nous en faire aussi notre propre trésor !

Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française, particulièrement les servants de messe du Jura pastoral, dans le diocèse de Bâle. Que par son enseignement saint Paul vous aide à mettre la personne du Christ au cśur de votre vie et à reconnaître en elle le salut de Dieu offert à tous ! Avec ma bénédiction apostolique !

bonne nuit

9 octobre, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

http://www.morguefile.com/archive/?display=119715&

Raban Maur : « Il lui donnera tout ce qu’il lui faut »

9 octobre, 2008

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=10/09/2008#

Raban Maur (vers 784-856), abbé bénédictin et évêque
Trois livres à Bonose, livre 3,4 ; PL 112, 1306 (trad. Orval)

« Il lui donnera tout ce qu’il lui faut »

Tu ne dois pas manquer de confiance en Dieu ni désespérer de sa miséricorde… Chante au Seigneur ces paroles du prophète : « Comme les yeux des serviteurs vers les mains de leurs maîtres, comme les yeux d’une servante vers les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux vers le Seigneur notre Dieu jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié. Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous, car nous sommes saturés de mépris » (Ps 122,2-3)… Si nous sommes saturés de mépris à cause du grand nombre de nos péchés, nos yeux doivent cependant rester tournés vers le Seigneur notre Dieu jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié, et nous ne devons pas cesser de le supplier jusqu’à ce qu’il nous donne le pardon de nos fautes. En effet, il appartient à l’âme constante et tenace de ne jamais se détourner de la persévérance dans la prière par désespoir d’être exaucée, mais de persister inlassablement dans cette prière jusqu’à ce que Dieu lui fasse miséricorde.

Pour que tu n’en viennes pas à penser que tu offenses le Seigneur en persistant par tes prières alors que tu ne mérites pas d’être écouté, rappelle-toi la parabole de l’Évangile. Tu y découvriras que ceux qui prient Dieu avec une persévérance importune ne lui sont pas désagréables, car il est dit : « Si ce n’est pas par amitié qu’il donne à son ami, il se lèvera cependant à cause de son importunité, et il lui donnera ce dont il a besoin ». Comprends donc que c’est le diable qui nous suggère de désespérer d’être exaucés, afin que nous soit retirée cette espérance en la bonté de Dieu, qui est l’ancre de notre salut, le fondement de notre vie, le guide sur le chemin qui mène au ciel. L’apôtre Paul le dit : « Nous sommes sauvés par l’espérance » (Rm 8,24).