LE PÈRE DU DÉSERT

 

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LE PÈRE DU DÉSERT

On appelle « Pères du désert » les moines qui, à partir du IVe siècle, peuplèrent les déserts d’Égypte, de Palestine et de Syrie. Les premiers moines furent des anachorètes vivant en marge des villages. En Égypte, les moines habitaient dans d’anciens tombeaux égyptiens (saint Antoine). Puis, ils s’éloignèrent des lieux habités pour peupler le désert, plus propice à leur méditation. La croyance populaire directement héritée de la tradition pharaonique voulait que le désert, stérile et inhabité, soit le royaume de Seth, dieu du Mal, et par conséquent du démon. C’est pourquoi les moines choisirent le désert afin d’affronter le démon.

Certains Pères du désert vécurent dans des grottes (« laures » de Palestine), mais le plus souvent ils se regroupaient dans le désert, à l’ouest du delta du Nil (Wadi Natroun ou désert de Scété), chacun habitant dans une cellule. La cellule a donné son nom à l’un des grands centres monastiques du désert, les « Kellia ». Ce mode de vie dans le désert se situe à mi-chemin entre l’érémitisme et le cénobitisme, les cellules étaient situées « à portée de voix » les unes des autres (Apophtegmes des Pères du désert). Durant la semaine, les moines avaient peu de contact entre eux. Du samedi soir au dimanche matin, ils se retrouvaient tous à l’ecclesia (assemblée) pour prendre un repas en commun et célébrer l’eucharistie. Devant le nombre de cellules, qui pouvait atteindre plusieurs centaines sur un même site (on compta jusqu’à 5 000 moines dans le désert de Nitrie), le désert fut comparé, par saint Antoine, à une cité.

Le terme de « père » est entendu au sens de « vieillard » ou de « sage ». Son expérience est constituée à la fois par une lutte interne qu’il mène contre ses penchants (« démon de midi » qui est découragement et paresse) et une lutte contre le démon et ses tentations. Cette expérience personnelle lui permet de guider d’autres moines plus jeunes; il devient alors un « père spirituel ». La vie des moines dans le désert ne se bornait pas à la méditation mais s’accompagnait d’une activité manuelle nécessaire à la pratique de l’ascèse et qui leur permettait en outre d’acheter de la farine, base de leur alimentation.

On connaît l’enseignement des « Pères du désert » grâce à des sentences qu’ils ont énoncés lors d’entretiens avec leurs disciples et que ceux-ci ont consignées, au Ve siècle, dans des recueils appelés Apophtegmes des Pères du désert. Les paroles des Pères du désert, abondamment diffusées, ont largement contribué, avec les règles de vie communautaire de saint Pacôme, à la naissance du monachisme en Orient et en Occident. Après un séjour dans l’Est méditerranéen, Jean Cassien rapporta ces recueils et devint le promoteur du monachisme occidental.

un sentence, Abba Macaire:

Abba Macaire, qui habitait le Désert des Cellules, reçu un jour un professeur du Caire qui venait recevoir de lui une parole de vie. Macaire lui servit une tisane. Il remplit entièrement la tasse de son visiteur et continua de verser le brevage. Le professeur voyant sa tasse déborder, ne pût se contenir plus longtemps et s’exclamma : « La tasse déborde, ne vois-tu pas qu’il est impossible d’en mettre un goutte de plus? » « Comme cette tasse », lui répondit Macaire, « tu es rempli de tes propres opinions et de tes spéculations, comment pourrais-je te faire entendre une parole de vie sans que tu ne vides tout d’abord ta tasse? »

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