Archive pour le 28 août, 2008

Église du Saint’Augustin a Rome, statue e relique…

28 août, 2008

dans deux jours je mettrai les autres images que j’ai fait à l’Église de Sant’Agostino sur le Blog: « Immagini di speranza »; bonne nuit à touts

Église du Saint'Augustin a Rome, statue e relique... dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

Par la prière, veiller dans l’attente de Dieu

28 août, 2008

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&ordo=&localTime=08/28/2008#

Saint Macaire (? – 405), moine en Égypte
Homélies spirituelles, n° 33 (trad. Quéré-Jaulmes, coll. Icthus, vol. 11, p. 155 rev)

Par la prière, veiller dans l’attente de Dieu

Il ne faut pour prier ni gestes, ni cris, ni silence, ni agenouillements. Notre prière, à la fois sage et fervente, doit être attente de Dieu, jusqu’à ce que Dieu vienne et visite notre âme par toutes ses voies d’accès, tous ses sentiers, tous ses sens. Trêve de nos silences, de nos gémissements et de nos sanglots : ne cherchons dans la prière que l’étreinte de Dieu.

Dans le travail, n’employons-nous pas tout notre corps à l’effort ? Tous nos membres n’y collaborent-ils pas ? Que notre âme elle aussi se consacre tout entière à sa prière et à l’amour du Seigneur ; qu’elle ne se laisse pas distraire ni tirailler par ses pensées ; qu’elle se fasse pleine attente du Christ. Alors le Christ l’illuminera, il lui enseignera la prière véritable, il lui donnera la supplique pure et spirituelle qui est selon Dieu, l’adoration « en esprit et en vérité » (Jn 4,24).

Celui qui exerce un commerce ne cherche pas simplement à réaliser un gain. Il s’efforce aussi par tous les moyens de le grossir et de l’accroître. Il entreprend de nouveaux voyages et renonce à ceux qui lui semblent sans profit ; il ne part qu’avec l’espérance d’une affaire. Comme lui, sachons conduire notre âme sur les voies les plus diverses et les plus opportunes, et nous acquerrons, ô gain suprême et véritable, ce Dieu qui nous apprend à prier dans la vérité.

Le Seigneur se pose dans une âme fervente, il en fait son trône de gloire, il s’y assied et y demeure.

28 AOÙT – SAINT AUGUSTIN, LES CONFESSIONS: L’HOMME NE SE CONNAIT PAS ENTIÈREMENT LUI-MÊME.

28 août, 2008

28 AOÙT – SAINT AUGUSTIN, du site: 

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/confessions/livre10.htm

SAINT AUGUSTIN 

LES CONFESSIONS 

 

LIVRE DIXIÈME 

 

CHAPITRE V. 

L’HOMME NE SE CONNAIT PAS ENTIÈREMENT LUI-MÊME. 

7. C’est vous, Seigneur, qui êtes mon juge, parce que, u bien que nul homme ne sache « rien de l’homme que l’esprit de l’homme « qui est en lui (I Cor. II, 11), » cependant il est quelque chose de l’homme que ne sait pas même l’esprit de l’homme qui est en lui. Mais vous savez tout de lui, Seigneur, qui l’avez fait. Et moi, qui m’abaisse sous votre regard, qui ne vois en moi que terre et que cendre, je sais pourtant de vous une chose que j’ignore de moi. Et certes, ne vous voyant pas encore face à face, mais eu énigme et au miroir ( Ibid. XIII, 12), dans cet exil, errant loin de vous, plus présent à moi-même qu’à vous, je sais néanmoins que vous êtes inviolable, et j’ignore à quelles tentations je suis ou ne suis pas capable de résister. 

Et j’ai l’espérance que, fidèle comme vous l’êtes, ne permettant pas que nous soyons tentés au delà de nos forces, vous nous donnez la puissance de sortir vainqueurs de la tentation, afin que vous puissiez persévérer ( I Cor. X, 13). Je confesserai donc, de moi, ce que je sais, et aussi ce que j’ignore. Car ce que je connais de moi, je le connais à votre lumière, et ce que j’ignore de moi, je l’ignore jusqu’à ce que votre face change mes ténèbres en midi ( Isaïe, LVIII, 10). 

CHAPITRE VI. 

CE QU’IL SAIT AVEC CERTITUDE, C’EST QU’IL AIME DIEU. 

8. Ce que je sais, de toute la certitude de la conscience, Seigneur, c’est que je vous aime. Vous avez percé mon coeur de votre parole, et à l’instant je vous aimai. Le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent ne me disent-ils pas aussi de toutes parts qu’il faut que je vous aime? Et ils ne cessent de le dire aux hommes, « afin qu’ils demeurent sans excuse ( Rom. I, 20). » Mais le langage de votre miséricorde est plus intérieur en celui dont vous daignez avoir pitié, et à qui il vous plaît de faire grâce (Ibid, IX ; 15); autrement le ciel et la terre racontent vos louanges à des sourds. 

Qu’aimé-je donc en vous aimant? Ce n’est point la beauté selon l’étendue, ni la gloire selon le temps, ni l’éclat de cette lumière amie à nos yeux, ni les douces mélodies du chant, ni la suave odorance des fleurs et des parfums, ni la manne, ni le miel, ni les délices de la volupté. 

Ce n’est pas là ce que j’aime en aimant mon Dieu, et pourtant j’aime une lumière, une mélodie, une odeur, un aliment, une volupté, en aimant mon Dieu; cette lumière, cette mélodie, cette odeur, cet aliment, cette volupté, suivant l’homme intérieur; lumière, harmonie, senteur, saveur, amour de l’âme, qui défient les limites de l’étendue, et les mesures du temps, et le souffle des vents, et la dent de la faim, et le dégoût de la jouissance, Voilà ce que j’aime en aimant mon Dieu. 

9. Et qu’est-ce enfin? J’ai interrogé la terre, et elle m’a dit: « Ce n’est pas moi. » Et tout ce qu’elle porte m’a fait même aveu. J’ai interrogé la mer et les abîmes, et les êtres animés qui glissent sous les eaux, et ils ont répondu: « Nous ne sommes pas ton Dieu; cherche au-dessus de nous. » J’ai interrogé les vents, et l’air avec ses habitants m’a dit de toutes parts: « Anaximènes se trompe; je ne suis pas Dieu. » J’interroge le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, et ils me répondent: « Nous ne sommes pas non plus le Dieu que tu cherches. » Et je dis enfin à tous les objets qui se pressent aux portes de mes sens: « Parlez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l’êtes pas; dites-moi de lui quelque chose. » Et ils me crient d’une voix éclatante: « C’est lui qui nous a faits ( Ps. XCIX, 3). » 

La voix seule de mon désir interrogeait les créatures, et leur seule beauté était leur réponse. Et je me retournai vers moi-même, et je me suis dit : Et toi, qu’es-tu? Et j’ai répondu: 

« Homme. » Et deux êtres sont sous mon obéissance; l’un extérieur, le corps; l’autre en moi et caché, l’âme. Auquel devais-je plutôt demander mon Dieu, vainement cherché, à travers le voile de mon corps, depuis la terre jusqu’au ciel, aussi loin que je puisse lancer en émissaires les rayons de mes yeux? (454) 

Il valait mieux consulter l’être intérieur, car tous les envoyés des corps s’adressaient au tribunal de ce juge secret des réponses du ciel et de la terre et des créatures qui s’écriaient Nous ne sommes pas Dieu, mais son ouvrage. L’homme intérieur se sert de l’autre comme instrument de sa connaissance externe; moi, cet homme intérieur, moi esprit, j’ai cette connaissance par le sens corporel. J’ai demandé mon Dieu à l’univers, et il m’a répondu : Je ne suis pas Dieu, je suis son oeuvre. 

10. Mais l’univers n’offre-t-il pas même apparence à quiconque jouit de l’intégrité de ses sens? Pourquoi donc ne tient-il pas à tous même langage? Animaux grands et petits le voient, sans pouvoir l’interroger, en l’absence d’une raison maîtresse qui préside aux rapports des sens. Les hommes ont ce pouvoir afin que les grandeurs invisibles de Dieu soient aperçues par l’intelligence de ses ouvrages ( Rom. I, 20). Mais ils cèdent à l’amour des créatures; et, devenus leurs esclaves, ils ne peuvent plus être leurs juges. 

Et elles ne répondent qu’à ceux qui les interrogent comme juges; et ce n’est point que leur langage, ou plutôt leur nature, varie, si l’un ne fait que voir, si l’autre, en voyant, interroge; mais dans leur apparente constance, muettes pour celui-ci, elles parlent à celui-là, ou plutôt elles parlent à tous, mais elles ne sont entendues que des hommes qui confrontent ces dispositions sensibles avec le témoignage intérieur de la vérité. Car la Vérité me dit : Ton Dieu n’est ni le ciel, ni la terre, ni tout autre corps. Et leur nature même dit aux yeux: Toute grandeur corporelle est moindre en sa partie qu’en son tout. Et tu es supérieure à tout cela; c’est à toi que je parle, ô mon âme, puisque tu donnes à ton corps cette vie végétative, que nul corps ne donne à un autre. Mais ton Dieu est la vie même de la vie. 

 

27 AOÙT SAINTE MONIQUE – SAINT AUGUSTIN: LES CONFESSIONS, ENTRETIEN DE SAINTE MONIQUE AVEC SON FILS SUR LE BONHEUR DE LA VIE ÉTERNELLE

28 août, 2008

 27 AOÙT SAINTE MONIQUE (m), du site: 

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/confessions/livre9.htm#_Toc509573586

 

SAINT AUGUSTIN 

LES CONFESSIONS 

 

LIVRE IX 

CHAPITRE X. 

ENTRETIEN DE SAINTE MONIQUE AVEC SON FILS SUR LE BONHEUR DE LA VIE ÉTERNELLE.

 23. A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée. 

Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le coeur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs. 

24. Et nos discours arrivant à cette conclusion, que la plus vive joie des sens dans le plus vif éclat des splendeurs corporelles, loin de soutenir le parallèle avec la félicité d’une telle vie, ne méritait pas même un nom, portés par un nouvel élan d’amour vers Celui qui est, nous nous promenâmes par les échelons des corps jusqu’aux espaces célestes d’où les étoiles, la lune et le soleil nous envoient leur lumière; et montant encore plus haut dans nos, pensées, dans nos paroles, dans l’admiration de vos oeuvres, nous traversâmes nos âmes pour atteindre, bien au-delà, cette région d’inépuisable abondance, où vous rassasiez éternellement (447) Israël de la nourriture de vérité, et où la vie est la sagesse créatrice de ce qui est, de ce qui a été, de ce qui sera; sagesse incréée, qui est ce qu’elle a été, ce qu’elle sera toujours; ou plutôt en qui ne se trouvent ni avoir été, ni devoir être, mais l’être seul, parce qu’elle est éternelle; car avoir été et devoir être exclut l’éternité. 

Et en parlant ainsi, dans nos amoureux élans vers cette vie, nous y touchâmes un instant d’un bond de coeur, et nous soupirâmes en y laissant captives les prémices de l’esprit, et nous redescendîmes dans le bruit dé la voix, dans la parole qui commence et finit. Et qu’y a-t-il là de semblable à votre Verbe, Notre-Seigneur, dont l’immuable permanence en soi renouvelle toutes choses (Sag. VII, 27)? 

25. Nous disions donc: qu’une âme soit; en qui les révoltes de la chair, le spectacle de la terre, des eaux, de l’air et des cieux, fassent silence, qui se fasse silence à elle-même qu’oublieuse de soi, elle franchisse le seuil intérieur; songes, visions fantastiques, toute langue, tout signe, tout ce qui passe, venant à se taire; car tout cela dit à qui sait entendre: 

Je ne suis pas mon ouvrage; celui qui m’a fait est Celui qui demeure dans l’éternité ( Ps. XCIX, 3,5) ; que cette dernière voix s’évanouisse dans le silence, après avoir élevé notre âme vers l’Auteur de toutes choses, et qu’il parle lui seul, non par ses créatures, mais par lui-même, et que son Verbe nous parle, non plus par la langue charnelle, ni par la voix de l’ange, ni par le bruit de la nuée, ni par l’énigme de la parabole; mais qu’il nous parle lui seul que nous aimons en tout, qu’en l’absence de tout il nous parle; que notre pensée, dont l’aile rapide atteint en ce moment même l’éternelle sagesse immuable au-dessus de tout, se soutienne dans cet essor, et que, toute vue d’un ordre inférieur cessante, elle seule ravisse, captive, absorbe le contemplateur dans ses secrètes joies; qu’enfin la vie éternelle soit semblable à cette fugitive extase, qui nous fait soupirer encore; n’est-ce pas la promesse de cette parole : « Entre dans la joie de ton Seigneur (Matth. XXV, 21) ? » Et quand cela? Sera-ce alors que « nous ressusciterons tous, sans néanmoins être tous changés (I Cor. XV, 51)?» 

26. Telles étaient les pensées, sinon les paroles, de notre entretien. Et vous savez, Seigneur, que ce jour même où nous parlions ainsi, où le monde avec tous ses charmes nous paraissait si bas, elle me dit: « Mon fils, en ce qui me regarde, rien ne m’attache plus à cette vie. Qu’y ferais-je? pourquoi y suis-je encore? J’ai consommé dans le siècle toute mon espérance. Il était une seule chose pour laquelle je désirais séjourner quelque peu dans cette vie, c’était 

« de te voir chrétien catholique avant de mourir. Mon Dieu me l’a donné avec surabondance, puisque je te vois mépriser toute félicité terrestre pour le servir. Que fais-je encore ici? » 

 

Audience générale du mercredi 27 août : saint Paul (biographie)

28 août, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18661?l=french

 Audience générale du mercredi 27 août : saint Paul (biographie) 

Texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI

 

 ROME, Mercredi 27 août 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée ce mercredi par le pape Benoît XVI en présence des pèlerins rassemblés dans la salle Paul VI du Vatican. 

Chers frères et sśurs, 

Dans la dernière catéchèse avant les vacances – il y a deux mois, au début de juillet – j’avais commencé une nouvelle série de thèmes à l’occasion de l’année paulinienne, en considérant le monde dans lequel vécut saint Paul. Je voudrais aujourd’hui reprendre et continuer la réflexion sur l’apôtre des nations, en proposant une brève biographie. Etant donné que nous consacrerons mercredi prochain à l’événement extraordinaire qui eut lieu sur la route de Damas, la conversion de Paul, tournant fondamental de son existence à la suite de la rencontre avec le Christ, nous nous arrêtons aujourd’hui brièvement sur l’ensemble de sa vie. Les informations sur la vie de Paul se trouvent respectivement dans la Lettre à Philémon, dans laquelle il se déclare « vieux » (Fm 9: presbytes) et dans les Actes des Apôtres, qui au moment de la lapidation d’Etienne le qualifient de « jeune » (7, 58: neanías). Les deux désignations sont évidemment génériques, mais, selon la manière antique de calculer l’âge de l’homme, l’homme autour de trente ans était qualifié de « jeune », alors que celui qui arrivait à soixante ans était appelé « vieux ». En termes absolus, la date de la naissance de Paul dépend en grande partie de la datation de la Lettre à Philémon. Traditionnellement sa rédaction est datée de son emprisonnement à Rome, au milieu des années soixante. Paul serait né en l’an 8, donc il aurait eu plus ou moins soixante ans, alors qu’au moment de la lapidation d’Etienne il en avait trente. Telle devrait être la chronologie exacte. Et la célébration de l’année paulinienne en cours suit cette chronologie. L’année 2008 a été choisie en pensant à la naissance autour de l’an 8. 

Il naquit en tous les cas à Tarse, en Cilicie (cf. Ac 22, 3). La ville était le chef-lieu administratif de la région et, en 51 av. J.C., son pro-consul n’avait été autre que Marc Tullius Cicéron, alors que dix ans plus tard, en 41, Tarse avait été le lieu de la première rencontre entre Marc Antoine et Cléopâtre. Juif de la diaspora, il parlait grec tout en ayant un nom d’origine latine, qui dérive par ailleurs par assonance du nom originel hébreu Saul/Saulos, et il avait reçu la citoyenneté romaine (cf. Ac 22, 25-28). Paul semble donc se situer à la frontière de trois cultures différentes – romaine, grecque et juive – et peut-être est-ce aussi pour cela qu’il était disponible à des ouvertures universelles fécondes, à une médiation entre les cultures, à une véritable universalité. Il apprit également un travail manuel, peut-être transmis par son père, qui consistait dans le métier de « fabricateur de tentes » (cf. Ac 18, 3: skenopoiòs), qu’il faut comprendre probablement comme tisseur de laine brute de chèvre ou de fibres de lin pour en faire des nattes ou des tentes (cf. Ac 20, 33-35). Vers 12 ou 13 ans, l’âge auquel un jeune garçon juif devient bar mitzvà (« fils du précepte »), Paul quitta Tarse et s’installa à Jérusalem pour recevoir l’enseignement du rabbin Gamaliel l’Ancien, neveu du grand rabbin Hillèl, selon les règles les plus rigides du pharisianisme et acquérant une grande dévotion pour la Toràh mosaïque (cf. Ga 1, 14; Ph 3, 5-6; Ac 22, 3; 23, 6; 26, 5). 

Sur la base de cette profonde orthodoxie, qu’il avait apprise à l’école de Hillèl à Jérusalem, il entrevit dans le nouveau mouvement qui se réclamait de Jésus de Nazareth un risque, une menace pour l’identité juive, pour la vraie orthodoxie des pères. Cela explique le fait qu’il ait « fièrement persécuté l’Eglise de Dieu », comme il l’admet à trois reprises dans ses lettres ( 1 Co 15, 9; Ga 1, 13; Ph 3, 6). Même s’il n’est pas facile de s’imaginer concrètement en quoi consista cette persécution, son attitude fut cependant d’intolérance. C’est ici que se situe l’événement de Damas, sur lequel nous reviendrons dans la prochaine catéchèse. Il est certain qu’à partir de ce moment sa vie changea et qu’il devint un apôtre inlassable de l’Evangile. De fait, Paul passa à l’histoire davantage pour ce qu’il fit en tant que chrétien, ou mieux en tant qu’apôtre, qu’en tant que pharisien. On divise traditionnellement son activité apostolique sur la base de ses trois voyages missionnaires, auxquels s’ajoute le quatrième lorsqu’il se rendit à Rome en tant que prisonnier. Ils sont tous racontés par Luc dans les Actes. A propos des trois voyages missionnaires, il faut cependant distinguer le premier des deux autres. 

En effet, Paul n’eut pas la responsabilité directe du premier (cf. Ac 13, 14), qui fut en revanche confié au Chypriote Barnabé. Ils partirent ensemble d’Antioche sur l’Oronte, envoyés par cette Eglise (cf. Ac 13, 1-3), et, après avoir pris la mer du port de Séleucie sur la côte syrienne, ils traversèrent l’île de Chypre de Salamine à Paphos ; de là ils parvinrent sur les côtes méridionales de l’Anatolie, l’actuelle Turquie, et arrivèrent dans les villes d’Attalìa, Pergè en Pamphylie, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres et Derbé, d’où ils revinrent à leur point de départ. C’est ainsi que naquit l’Eglises des peuples, l’Eglise des païens. Et entre temps, en particulier à Jérusalem, une âpre discussion s’était engagée pour savoir jusqu’à quel point ces chrétiens provenant du paganisme étaient obligés d’entrer également dans la vie et dans la loi d’Israël (diverses observances et prescriptions qui séparaient Israël du reste du monde) pour faire réellement partie des promesses des prophètes et pour entrer effectivement dans l’héritage d’Israël. Pour résoudre ce problème fondamental pour la naissance de l’Eglise future, ce que l’on appelle le Concile des apôtres, se réunit à Jérusalem, pour trancher sur ce problème dont dépendait la naissance effective d’une Eglise universelle. Et il fut décidé de ne pas imposer aux païens convertis l’observance de la loi mosaïque (cf. Ac 15, 6, 30): c’est-à-dire qu’ils n’étaient pas obligés de se conformer aux prescriptions du judaïsme ; la seule nécessité était d’appartenir au Christ, de vivre avec le Christ et selon ses paroles. Ainsi, appartenant au Christ, ils appartenaient aussi à Abraham, à Dieu et faisaient partie de toutes les promesses. Après cet événement décisif, Paul se sépara de Barnabé ; il choisit Silas et commença son deuxième voyage missionnaire (cf. Ac 15, 36-18, 22). Ayant dépassé la Syrie et la Cilicie, il revit la ville de Lystres, où il accueillit Timothée (figure très importante de l’Eglise naissante, fils d’une juive et d’un païen), et il le fit circoncire ; il traversa l’Anatolie centrale et rejoint la ville de Troas sur la côte nord de la mer Egée. C’est là qu’eut à nouveau lieu un événement important : il vit en rêve un Macédonien de l’autre côté de la mer, c’est-à-dire en Europe, qui disait « Viens et aide-nous ! ». C’était la future Europe qui demandait l’aide et la lumière de l’Evangile. De là il prit la mer pour la Macédoine, entrant ainsi en Europe. Ayant débarqué à Néapolis, il arriva à Philippes, où il fonda une belle communauté, puis il passa ensuite à Thessalonique, et, ayant quitté ce lieu à la suite de difficultés créées par les juifs, il passa par Bérée, et parvint à Athènes. 

Dans cette capitale de l’antique culture grecque il prêcha d’abord dans l’Agorà, puis dans l’Aréopage, aux païens et aux grecs. Et le discours de l’aréopage rapporté dans les Actes des apôtres est le modèle de la manière de traduire l’Evangile dans la culture grecque, de la manière de faire comprendre aux Grecs que ce Dieu des chrétiens, des juifs, n’était pas un Dieu étranger à leur culture mais le Dieu inconnu qu’ils attendaient, la vraie réponse aux questions les plus profondes de leur culture. Puis d’Athènes il arriva à Corinthe, où il s’arrêta une année et demi. Et nous avons ici un événement chronologiquement très sûr, le plus sûr de toute sa biographie, parce que durant ce premier séjour à Corinthe il dut se présenter devant le gouverneur de la province sénatoriale d’Achaïe, le pro-consul Gallion, accusé de culte illégitime. A propos de Gallion et sur son époque à Corinthe il existe une inscription antique retrouvée à Delphes, où il est dit qu’il était pro-consul à Corinthe de l’an 51 à l’an 53. Nous avons donc une date absolument certaine. Le séjour de Paul à Corinthe se déroula dans ces années-là. Par conséquent nous pouvons supposer qu’il est arrivé plus ou moins en 50 et qu’il est resté jusqu’en 52. Puis de Corinthe en passant par Cencrées, port oriental de la ville, il se dirigea vers la Palestine rejoignant Césarée maritime, de là il remonta à Jérusalem pour revenir ensuite à Antioche sur l’Oronte. 

Le troisième voyage missionnaire (cf. Ac 18, 23-21, 16) commença comme toujours par Antioche, qui était devenue le point de départ de l’Eglise des païens, de la mission aux païens, et c’était aussi le lieu où naquit le terme «chrétiens». Là pour la première fois, nous dit saint Luc, les disciples de Jésus furent appelés «chrétiens». De là Paul alla directement à Ephèse, capitale de la province d’Asie, où il séjourna pendant deux ans, exerçant un ministère qui eut de fécondes répercussions sur la région. D’Ephèse, Paul écrivit les lettres aux Thessaloniciens et aux Corinthiens. La population de la ville fut cependant soulevée contre lui par les orfèvres locaux, qui voyaient diminuer leurs entrées, en raison de l’affaiblissement du culte d’Artémis (le temple qui lui était dédié à Ephèse, l’Artemysion, était l’une des sept merveilles du monde antique) ; il dut donc fuir vers le nord. Ayant retraversé la Macédoine, il descendit de nouveau en Grèce, probablement à Corinthe, où il resta trois mois et écrivit la célèbre Lettre aux Romains. 

De là il revint sur ses pas : il repassa par la Macédoine, rejoint Troas en bateau et, ensuite, touchant à peine les îles de Mitylène, Chio, et Samos, il parvint à Milet où il tint un discours important aux Anciens de l’Eglise d’Ephèse, traçant un portrait du vrai pasteur de l’Eglise : cf. Ac 20. Il repartit de là en voguant vers Tyr, d’où il rejoint Césarée Maritime pour remonter encore une fois vers Jérusalem. Il y fut arrêté à cause d’un malentendu : plusieurs juifs avaient pris pour des païens d’autres juifs d’origine grecque, introduits par Paul dans l’aire du temple réservée uniquement aux Israélites. La condamnation à mort prévue lui fut épargnée grâce à l’intervention du tribun romain de garde dans l’aire du temple (cf. Ac 21, 27-36) ; cet événement eut lieu alors qu’Antoine Félix était gouverneur impérial en Judée. Après une période d’emprisonnement (dont la durée est discutée), et Paul ayant fait appel à César (qui était alors Néron) en tant que citoyen romain, le gouverneur suivant Porcius Festus l’envoya à Rome sous surveillance militaire. 

En route vers Rome il passa par les îles méditerranéennes de Crète et Malte, et ensuite par les villes de Syracuse, Reggio Calabria et Pozzuoli. Les chrétiens de Rome allèrent à sa rencontre sur la Via Appia jusqu’au Forum d’Appius (à environ 70km au sud de la capitale) et d’autres jusqu’aux Tre Taverne (environ 40km). A Rome, il rencontra les délégués de la communauté juive, à qui il confia que c’était à cause de « l’espérance d’Israël » qu’il portait ces chaînes (cf. Ac 28, 20). Mais le récit de Luc se termine par la mention de deux années passées à Rome sous une légère surveillance militaire, sans mentionner aucune sentence de César (Néron), pas plus que la mort de l’accusé. Des traditions successives parlent de sa libération, qui aurait permis un voyage missionnaire en Espagne, ainsi qu’un passage en Orient et spécifiquement à Crète, à Ephèse et à Nicopolis en Epire. Toujours sur une base hypothétique, on parle d’une nouvelle arrestation et d’un deuxième emprisonnement à Rome (d’où il aurait écrit les trois Lettres appelées pastorales, c’est-à-dire les deux Lettres à Timothée et celle à Tite) avec un deuxième procès, qui lui aurait été défavorable. Toutefois, une série de motifs pousse de nombreux spécialistes de saint Paul à terminer la biographie de l’Apôtre par le récit des Actes de Luc. 

Nous reviendrons sur son martyre plus avant dans le cycle de nos catéchèses. Il est pour le moment suffisant dans cette brève revue des voyages de Paul de prendre acte de la façon dont il s’est consacré à l’annonce de l’Evangile sans épargner son énergie, en affrontant une série d’épreuves difficiles, dont il nous a laissé la liste dans la deuxième Lettre aux Corinthiens (cf. 11, 21-28). Du reste, c’est lui qui écrit : « Je le fais à cause de l’Evangile » (1 Co 9, 23), exerçant avec une générosité absolue ce qu’il appelle le « souci de toutes les Eglises » (2 Co 11, 28). Nous voyons un engagement qui ne s’explique que par une âme réellement fascinée par la lumière de l’Evangile, amoureuse du Christ, une âme soutenue par une conviction profonde : il est nécessaire d’apporter au monde la lumière du Christ, d’annoncer l’Evangile à tous. Tel est, me semble-t-il, ce qui reste de cette brève revue des voyages de saint Paul : sa passion pour l’Evangile, avoir ainsi l’intuition de la grandeur, de la beauté et même de la nécessité profonde de l’Evangile pour nous tous. Prions afin que le Seigneur qui a fait voir à Paul sa lumière, qui lui a fait entendre sa Parole, qui a touché intimement son cśur, nous fasse également voir sa lumière, pour que notre cśur aussi soit touché par sa Parole et que nous puissions ainsi donner nous aussi au monde d’aujourd’hui, qui en a soif, la lumière de l’Evangile et la vérité du Christ. 

Puis le pape a proposé une synthèse de sa catéchèse, en français : 

Chers Frères et Sśurs, 

Je voudrais reprendre ma catéchèse sur saint Paul pour évoquer l’ensemble de sa vie sur laquelle les Actes des Apôtres et les Lettres qu’il a écrites nous renseignent. L’Apôtre est né à Tarse, en Cilicie. Juif de la diaspora et citoyen romain, il parlait le grec. Il avait appris à travailler la laine et le lin. Il quitta Tarse vers l’âge de 12 ans pour recevoir à Jérusalem l’enseignement du rabbin Gamaliel selon les normes d’un strict pharisaïsme. Son zèle pour la Loi le porta à persécuter les premiers chrétiens. C’est sur le chemin de Damas qui sa vie va changer. J’en parlerai la semaine prochaine. Sa conversion le transforma en témoin de Jésus et en disciple infatigable de l’Évangile auprès des Nations. Il effectua trois voyages. Barnabé fut son compagnon durant le premier ; Silas et Timothée, durant le second. Il parcourut avec eux les grandes cités d’Asie Mineure et de Grèce. Arrêté durant le troisième voyage à cause d’un malentendu, il en appelle à l’empereur qui était alors Néron. Le Procurateur romain Porcius Festus l’envoya donc à Rome où il passa deux ans en résidence surveillée avant d’être libéré. La Tradition dit qu’il fut emprisonné une seconde fois et martyrisé. 

Puisse l’exemple de saint Paul nous enseigner à témoigner infatigablement du Christ et à affronter avec courage les épreuves de la vie pour les placer sous le regard de Dieu. Ayons comme lui le souci des nations dans nos prières et dans notre engagement missionnaire. 

Je salue cordialement les pèlerins francophones présents, en particulier les pèlerins venus d’Égypte, les pèlerins belges de Louvain et de Lavaux-Sainte-Anne ainsi que le groupe du sanctuaire « Notre-Dame des Anges » de Pignans en France. Avec ma Bénédiction apostolique. 

APPEL DU PAPE POUR L’INDE 

J’ai appris avec une profonde tristesse les nouvelles concernant la violence contre les communautés chrétiennes dans l’Etat indien de l’Orissa, qui a explosé suite au déplorable assassinat du leader hindou Swami Lakshmananda Saraswati. Jusqu’à présent plusieurs personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. On a assisté en outre à la destruction de centres de culte, propriété de l’Eglise, et d’habitations privées. 

Je condamne avec fermeté toute attaque contre la vie humaine, dont la sacralité exige le respect de tous, et j’exprime ma proximité spirituelle et ma solidarité aux frères et sśurs dans la foi si durement mis à l’épreuve. J’implore le Seigneur de les accompagner et de les soutenir en cette période de souffrance et de leur donner la force de continuer dans le service d’amour en faveur de tous. 

J’invite les responsables religieux et les autorités civiles à travailler ensemble pour rétablir parmi les membres des diverses communautés la coexistence pacifique et l’harmonie qui ont toujours été la marque distinctive de la société indienne.