Saint Thomas Apôtre – 3 juillet

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3 juillet

Saint Thomas,
Ap
ôtre

Méditation

L’apôtre Thomas a-t-il touché le Christ ? N’importe qui peut se référer au vingtième chapitre de l’évangile selon saint Jean (24-29), et contrôler soi-même le réalisme du récit.

L’originalité de bon aloi de l’exégète ne doit pas consister à rendre obscur ce qui est infiniment clair : Porte ton doigt ici : voici mes mains : avance ta main, mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. Jésus ne veut absolument pas passer pour un fantôme.D’ailleurs, c’est le m

ême réalisme qui apparaît dans le récit de saint Luc, rapportant la première apparition de Jésus ressuscité aux Apôtres : Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. Mais il leur dit : Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme voyez que j’en ai. Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds, et comme dans leur joie ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d’étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé, il le mangea devant eux. (Luc XXIV 36-39).

L’affirmation de la réalité corporelle du Ressuscité, nous la trouvons encore dans le discours de Pierre, chez le Centurion Corneille (Actes des Apôtres X 41) : Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et lui a donné de se manifester, non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa Résurrection d’entre les morts. Ce même témoignage, nous le retrouvons encore dans l’Épître de saint Ignace d’Antioche, aux habitants de Smyrne. Saint Ignace d’Antioche avait connu saint Jean l’Évangéliste, et c’est en vertu des contacts qu’il eut avec les plus anciens témoins, qu’il affirme lui aussi la réalité du Corps du Christ, non seulement dans sa Passion, mais aussi dans sa Résurrection : C’est réellement que le Seigneur Jésus-Christ a souffert, comme c’est réellement qu’il s’est ressuscité lui-même, et sa Passion n’a pas été une simple apparence… Pour moi, je sais et je crois que, même après sa Résurrection, Jésus-Christ avait un Corps. Quand il s’approcha de Pierre et de ses compagnons, que leur dit-il ? Touchez-moi, palpez-moi, et voyez que je ne suis pas un esprit sans corps. Aussitôt ils le touchèrent. Au contact de sa chair et de son esprit, ils crurent : de là leur mépris de la mort et de leur victoire sur elle. Après sa Résurrection, Jésus mangea et but avec ses disciples comme un être corporel, bien que spirituellement uni au Père.

Sans doute, même avant la Résurrection effective du Christ, il y avait en Israël une certaine croyance à la résurrection finale des morts. Cette croyance, combattue par les Sadducéens, était loin d’avoir une force d’impact sur la foi et la conduite de l’ensemble du peuple d’Israël et, bien entendu, sur le monde païen. Quand saint Paul évoqua devant l’aréopage d’Athènes la Résurrection de l’Envoyé de Dieu, les sarcasmes et les plaisanteries fusèrent : Nous t’écouterons une autre fois !

Et c’est bien parce que les apôtres furent pleinement convaincus de la Résurrection du Christ, qu’ils eurent l’audace d’aller porter partout la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Ainsi l’affirme Clément de Rome, troisième successeur de Pierre, dans sa célèbre épître aux Corinthiens (XLII). Aussi bien, la réalité pleinement corporelle du Christ est liée expressément dans les quatre Evangiles à la découverte du tombeau vide, au matin de Pâques. Quand Jésus apparaît aux Apôtres, il est pour eux le Jésus qui a été enseveli le soir du Vendredi Saint. La question de l’enlèvement de son Corps par ses ennemis est pour eux complètement dépassée, parce qu’il leur apparaît effectivement avec son Corps. Si les apôtres n’avaient pas eu la pleine certitude de la réalité corporelle de la Résurrection, qu’on explique donc comment la résurrection de la chair serait apparue aussitôt comme un dogme authentique de la foi chrétienne : Je crois à la résurrection de la chair, qui reste encore un défi à l’ensemble de notre monde contemporain.

Par nous, fils de l’Église, le Christ ne s’est pas incarné seulement pour trente-trois ans, mais pour toujours. Au matin de Pâques, il n’a pas pris je ne sais quel corps astral, il a repris son corps né de la Vierge-Marie. C’est ce corps même qu’il a glorifié. C’est ce corps même que nous avons mystérieusement, mais substantiellement et réellement présent dans le Mystère Eucharistique, de sorte que nous devons le saluer et l’adorer avec Thomas d’Aquin, le prince des théologiens : AVE VERUM, CORPUS NATUM DE MARIA VIRGINE. SALUT, CORPS VERITABLE, NE DE LA VIERGE MARIE

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