Archive pour juin, 2008

Le Christ, accomplissement de la Loi et des prophètes

11 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=06/11/2008#

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Commentaire sur l’évangile de Marc, 9, 1-7

Le Christ, accomplissement de la Loi et des prophètes

Quand je lis l’Evangile et que j’y rencontre des témoignages tirés de la Loi ou des prophètes, je ne considère que le Christ. Si j’ai vu Moïse, si j’ai vu les prophètes, c’était seulement pour comprendre ce qu’ils disent du Christ. Quand un jour je serai entré dans la splendeur du Christ et que brillera à mes yeux sa lumière aussi éblouissante que le soleil, je ne pourrai plus voir la lumière d’une lampe. Si on allume une lampe en plein jour, éclairera-t-elle ? Quand le soleil se lève, la lumière de la lampe s’évanouit. De même, quand on jouit de la présence du Christ, la Loi et les prophètes disparaissent. Je n’enlève rien à la gloire de la Loi et des prophètes ; au contraire, je les loue d’être les annonciateurs du Christ. Car quand je lis la Loi et les prophètes, mon but n’est pas de m’en tenir à la Loi et aux prophètes, mais, par la Loi et les prophètes, d’arriver jusqu’au Christ.

L’Osservatore Romano : Edition hebdomadaire en langue française 10 juin 2008

11 juin, 2008

du site: 

http://www.vatican.va/news_services/or/or_fra/index.html 

L’OSSERVATORE ROMANO 

Edition hebdomadaire en langue française 10 juin 2008 

 

Défendre la dignité de la personnepour ne pas capituler devant la faim
Lors du Sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire,
Benoît XVI lance un appel à mondialiser la solidarité

 

L’amour de Dieu et du prochain
est au coeur de la vraie religion
Angelus du 8 juin 2008, place Saint-Pierre

 

Relançons la philosophie
pour mieux comprendre la modernité
Audience de Benoît XVI aux participants
au VI Symposium européen des professeurs universitaires

 

Mondialiser la solidarité
Audience de Benoît XVI au congrès international
promu par la Fondation « Centesimus annus pro Pontifice »

 

La doctrine et l’enseignement
de saint Grégoire le Grand
Allocution du Saint-Père au cours
de l’Audience générale du 4 juin 2008

Proclamation du grand commandement

11 juin, 2008

du site:

http://www.bible-service.net/site/754.html

Proclamation du grand commandement
 
Et maintenant, Israël, qu’est-ce que YHWH ton Dieu attend de toi ? Il attend seulement que tu craignes YHWH ton Dieu en suivant tous ses chemins, en aimant et en servant YHWH ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, en gardant les commandements de YHWH et les lois que je te donne aujourd’hui, pour ton bonheur. (10, 12-13) 

Israël est interpellé. Le peuple des douze tribus, à l’union politique encore bien lâche en ces temps qui suivaient la prise du pays, trouvait son unité dans la foi. Alliance était proclamée par YHWH avec le peuple des douze tribus. Mais Israël ne pouvait être interpellé qu’à l’occasion des fêtes de pèlerinage, lorsque des représentants de toutes les tribus se rencontraient auprès d’un sanctuaire pour des célébrations cultuelles. Dans le culte de l’alliance, Israël devient réalité. Là, dans cet aujourd’hui cultuel qui annule le temps, lui sont annoncées les anciennes exigences de l’alliance avec YHWH. Pour de telles fêtes, Israël se rassemble et demande bénédiction. Il cherche ce qui est bon, ce qui est  » bonheur « . Il sait ce qui est bonheur pour lui. Le lecteur pourra le lui rappeler par une question. Écouter, observer les exigences de YHWH. Obéissance est exigée. Celle-ci est simple. Elle n’est pas attention portée sur toutes les prescriptions, du moins pas en premier lieu : il ne s’agit que d’une seule chose ; laquelle donc ?


Craindre YHWH

Le texte donne un premier énoncé :  » Craindre YHWH ton Dieu « . Les deux parties de cette formulation sont importantes. Crainte de YHWH qualifie, dans l’ancien Orient, ce que nous désignons habituellement par  » foi  » ou  » religion « . Elle est orientation de l’être sur le mystère divin. Crainte ne s’oppose pas à amour, la suite de la phrase le montre. Crainte inclut amour, désigne la situation devant Dieu. Pour nommer cet état embrassant toute l’existence, on a choisi ce mot : l’oriental savait bien mieux que nous, combien grand et étranger à nous est le mystère divin. Il savait que Dieu, lorsque l’homme en fait l’expérience, apparaît toujours comme l’Autre ; devant lui l’homme prend peur. La crainte de Dieu ne doit cependant pas en Israël se diriger sur le divin de façon vague, ni sur les nombreux dieux auxquels on croyait alors, mais sur l’unique Dieu. Son nom est YHWH, il est  » Dieu d’Israël « . Voilà qui renvoie à une pensée dominée par l’alliance. L’alliance avec Dieu se laisse dire en la courte formule : qu’Israël devienne peuple de YHWH et YHWH sera Dieu d’Israël. Dans la foi, Israël doit s’orienter vers le Dieu qui fait alliance, YHWH. C’est tout ce que Dieu exige de lui.

En une seconde série d’énoncés est développé ce que signifie la crainte de YHWH. Il s’agit de suivre ses voies. La route est un symbole primitif de l’existence humaine. L’homme parcourt un chemin. Il s’agit de prendre le bon. Pour Israël, c’est le chemin de YHWH. Mieux, toutes les voies sont siennes. Nombreuses sont les possibilités du salut, car l’appel de Dieu n’est pas uniforme. Pour chaque situation, il y a un chemin particulier. Qu’Israël suive donc la voie de YHWH. Il aimera Dieu alors. Cet amour n’est pas sentiment, mais fidélité et don. Dans le milieu politique où s’origine la pensée de l’alliance, le mot amour pouvait être utilisé pour qualifier les relations de vassalité du roitelet à l’égard du roi. Le contrat demandait d’aimer son suzerain ; en ses lettres, le vassal assurait ce dernier de son amour. YHWH de même demande à son peuple vassal, Israël, de l’aimer.

L’amour devient service. Ces termes datent, eux aussi de l’ère politique de la vassalité. S’agissant de Dieu, s’y associe immédiatement l’idée d’un service divin, cultuel. En lui s’exprime l’amour d’Israël pour son Dieu. Le service qu’Israël doit à YHWH n’est pas seulement extérieur, il est rendu  » de tout (son) cœur, de tout (son) être « . Cette expression aussi, connue par les contrats politiques et la correspondance diplomatique, est reportée ici dans le domaine religieux. Voilà qu’est explicité ce que signifie pour Israël, craindre son Dieu.

Cette seule et unique exigence de YHWH, on ne peut la remplir que si l’on est disposé à  » garder les commandements de YHWH et les lois « . L’unique commandement engendre beaucoup de préceptes. Et par ailleurs, les nombreux préceptes ne servent que l’unique commandement : garder Israël dans la crainte de YHWH.


Oui, à YHWH ton Dieu appartiennent les cieux et les cieux des cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve. Or c’est à tes pères seulement que YHWH s’est attaché pour les aimer; et après eux, c’est leur descendance, c’est-à-dire vous, qu’il a choisis entre tous les peuples comme on le constate aujourd’hui. (10,14-15) 

Après la loi, la motivation. Dieu est toujours premier. S’il demande quelque chose à l’homme, c’est qu’auparavant déjà, il l’avait gratifié. D’abord, il le sauve ; ensuite, il demande et, au fond, il ne demande rien du tout, si ce n’est de rester sous la mouvance de ce salut. La grâce porte chaque commandement. L’exigence de Dieu peut toujours être motivée, car elle renvoie à son agir prévenant. Ainsi en est-il dans notre texte du grand commandement. Ces motivations suivent, nous l’avons déjà noté, le déroulement de l’histoire du salut. En 10, 14, elles commencent par l’amour de Dieu à l’égard des patriarches. Dieu demande l’amour d’Israël, parce qu’il avait déjà aimé ses ancêtres.

Alors que l’amour demandé à Israël visait davantage l’obéissance que le sentiment – l’exigence de Dieu était donc formulée en termes plus voilés – ici où l’on parle de l’amour de Dieu pour les ancêtres d’Israël, une autre expression est ajoutée. Elle désigne le sentiment, l’intimité, l’attachement :  » YHWH s’est attaché à tes pères « . On voudrait presque parler d’un Dieu amoureux. Et ceci advint longtemps avant qu’Israël ne fût appelé à rendre cet amour.

Norbert Lohfink,
Cahier Évangile n° 140 (juin 2007) pages 14-16.

Discours de Benoît XVI aux professeurs universitaires (7 juin)

11 juin, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18171?l=french

 

 

Discours de Benoît XVI aux professeurs universitaires (7 juin)

 

 ROME, Lundi 9 juin 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé en recevant, samedi 7 juin, les participants au VIe Symposium européen des professeurs universitaires, qui a eu lieu à l’Université pontificale du Latran. 

Monsieur le cardinal, 

Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce 

Chers professeurs, 

C’est pour moi un motif de grande joie de vous rencontrer à l’occasion du VIe Symposium européen des professeurs universitaires sur le thème : « Elargir les horizons de la rationalité. Perspectives pour la philosophie », promu par des professeurs des universités de Rome et organisé par le bureau pour la pastorale universitaire du vicariat de Rome en collaboration avec les institutions régionales, provinciales et de la mairie de Rome. Je remercie Monsieur le cardinal Camillo Ruini et M. le Professeur Cesare Mirabelli, qui se sont faits les interprètes de vos sentiments, et j’adresse à toutes les personnes présentes ma cordiale bienvenue. 

Dans la continuité de la rencontre européenne des professeurs universitaires de l’année dernière, votre symposium aborde un sujet d’une grande importance académique et culturelle. Je souhaite exprimer ma reconnaissance au comité organisateur pour ce choix qui nous permet, entre autre, de célébrer le dixième anniversaire de la publication de la Lettre encyclique Fides et ratio de mon bien-aimé prédécesseur, le Pape Jean-Paul II. A cette occasion déjà, cinquante professeurs de philosophie des universités de Rome, publiques et pontificales, manifestèrent leur reconnaissance au Pape par une déclaration dans laquelle était répétée l’urgence de la relance des études de philosophie dans les universités et dans les écoles. Partageant cette préoccupation et encourageant la collaboration fructueuse entre les professeurs de différentes universités, romaines et européennes, je souhaite adresser aux professeurs de philosophie une invitation particulière à poursuivre avec confiance la recherche philosophique en investissant leurs énergies intellectuelles et en impliquant les nouvelles générations dans cette tâche. 

Les événements qui se sont succédé au cours des dix années qui ont suivi la publication de l’Encyclique ont fortement mis en évidence le scénario historique et culturel dans lequel la recherche philosophique est appelée à avancer. En effet, la crise de la modernité n’est pas synonyme de déclin de la philosophie ; la philosophie doit même s’engager dans un nouvel itinéraire de recherche pour comprendre la vraie nature de cette crise (cf. Discours aux participants à la rencontre européenne des professeurs d’université du 23 juin 2007) et identifier des perspectives nouvelles vers lesquelles s’orienter. La modernité, si elle est bien comprise, révèle une « question anthropologique » qui se présente de manière beaucoup plus complexe et articulée que dans les réflexions philosophiques des siècles derniers, surtout en Europe. Sans réduire les tentatives déjà faites, il reste encore beaucoup de recherche à faire et beaucoup de choses à comprendre. La modernité n’est pas un simple phénomène culturel, daté historiquement ; elle implique en réalité une nouvelle perspective d’avenir, une compréhension plus exacte de la nature humaine. Il n’est pas difficile de tirer des écrits de penseurs contemporains remarquables une réflexion honnête sur les difficultés qui s’opposent à la résolution de cette crise prolongée. Le crédit que certains auteurs accordent à certaines religions et, en particulier, au christianisme, est un signe évident du désir sincère de faire sortir la réflexion philosophique de son autosuffisance. 

Depuis le début de mon pontificat, j’ai écouté avec attention les demandes qui m’arrivent d’hommes et de femmes de notre époque et, à la lumière de ces attentes, j’ai voulu offrir une proposition de recherche qui, me semble-t-il, peut susciter de l’intérêt pour la relance de la philosophie et de son rôle irremplaçable au sein du monde académique et culturel. Vous en avez fait un objet de réflexion de votre symposium : c’est la proposition d’« élargir les horizons de la rationalité ». Cela me permet de m’arrêter sur cette proposition avec vous, comme entre des amis qui désirent poursuivre un itinéraire de recherche commun. Je voudrais partir d’une conviction profonde, que j’ai souvent exprimée : « La foi chrétienne a fait un choix clair : contre les dieux de la religion pour le Dieu des philosophes, ce qui revient à dire contre le mythe de la seule tradition pour la vérité de l’être » (J. Ratzinger, Introduction au christianisme, ch.3). Cette affirmation, qui reflète le parcours du christianisme depuis ses premières lueurs, se révèle pleinement actuelle dans le contexte historique et culturel que nous vivons. Ce n’est, en effet, qu’à partir de cette prémisse, qui est en même temps historique et théologique, qu’il est possible de répondre aux nouvelles attentes de la réflexion philosophique. Le risque que la religion, y compris la religion chrétienne, soit instrumentalisée comme phénomène subreptice est très présent, même aujourd’hui. 

Mais le christianisme, comme je l’ai rappelé dans l’Encyclique Spe salvi n’est pas seulement un message informatif, mais un message performatif (cf. n. 2). Cela signifie que depuis toujours la foi chrétienne ne peut pas être renfermée dans le monde abstrait des théories, mais doit s’inscrire dans une expérience historique concrète qui atteint l’homme dans la vérité la plus profonde de son existence. Cette expérience conditionnée par les nouvelles situations culturelles et idéologiques, est le lieu que la recherche théologique doit analyser et à propos duquel il est urgent de nouer un dialogue fécond avec la philosophie. Si, d’un côté, la compréhension du christianisme comme transformation réelle de l’existence de l’homme, pousse la réflexion philosophique à faire une nouvelle approche de la religion, de l’autre, elle l’encourage à ne jamais perdre la confiance de pouvoir connaître la réalité. La proposition d’« élargir les horizons de la rationalité » ne doit donc pas simplement être envisagée comme une nouvelle orientation de la pensée théologique et philosophique, mais comme la requête d’une nouvelle ouverture à l’égard de la réalité à laquelle la personne humaine est appelée dans son uni-totalité, en dépassant les anciens préjugés et les simplifications, pour s’ouvrir ainsi également la route vers une véritable compréhension de la modernité. Le désir d’une plénitude d’humanité ne peut pas être déçu : il attend des réponses adaptées. La foi chrétienne est appelée à prendre en charge cette urgence historique, en impliquant tous les hommes de bonne volonté dans une entreprise semblable. Le nouveau dialogue entre foi et raison, requis aujourd’hui, ne peut pas avoir lieu dans les termes et de la manière dont il a eu lieu par le passé. S’il ne veut pas se réduire à un exercice intellectuel stérile, il doit partir de la situation concrète de l’homme, et il doit développer à partir de cette situation une réflexion qui en recueille la vérité ontologique et métaphysique. 

Chers amis, vous avez devant vous un chemin très exigeant. Il est tout d’abord nécessaire de promouvoir des centres universitaires de haut niveau, où la philosophie puisse dialoguer avec les autres disciplines, en particulier avec la théologie en favorisant de nouvelles synthèses culturelles adaptées pour orienter le chemin de la société. La dimension européenne de votre réunion à Rome, – vous provenez en effet de 26 pays – peut favoriser une confrontation et un échange assurément fructueux. Je suis certain que les institutions académiques catholiques seront disponibles pour la réalisation de véritables laboratoires culturels. Je souhaite également vous inviter à encourager les jeunes à s’engager dans les études philosophiques, en favorisant des initiatives d’orientation opportunes. Je suis assuré que les nouvelles générations, avec leur enthousiasme, sauront répondre avec générosité aux attentes de l’Eglise et de la société

Dans quelques jours, j’aurai la joie d’inaugurer l’Année Saint-Paul, durant laquelle nous célébrerons l’Apôtre des Nations : je souhaite que cette singulière initiative constitue pour vous tous une occasion propice pour redécouvrir, sur les traces du grand Apôtre, la fécondité historique de l’Evangile et ses extraordinaires potentialités également pour la culture contemporaine. Avec ce souhait, je vous donne à tous ma Bénédiction. 

bonne nuit

10 juin, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. _MG_3597

Detail photo of japanese flowering cherry

http://www.publicdomainpictures.net/browse-category.php?s=17&page=25

Le sel de la terre

10 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=06/10/2008#

Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d’Antioche puis de Constantinople, docteur de l’Église
Sermons sur saint Matthieu, n° 15

Le sel de la terre

« Vous êtes le sel de la terre » dit le Sauveur ; il leur montre par là combien sont nécessaires tous les préceptes qu’il vient d’énoncer. « Ma parole, leur dit-il, ne sera pas seulement pour votre propre vie, mais elle vous est confiée pour le monde entier. Je ne vous envoie pas à deux villes, à dix ou à vingt, ni à un seul peuple, comme autrefois les prophètes. Je vous envoie à la terre, à la mer, à toute la création (Mc 16,15), partout où abonde le mal.

En effet, en leur disant : « Vous êtes le sel de la terre », il leur a indiqué que toute la nature humaine est affadie, corrompue par le péché ; c’est par leur ministère que la grâce de l’Esprit Saint régénèrera et conservera le monde. C’est pourquoi il leur enseigne les vertus des Béatitudes, celles qui sont les plus nécessaires, les plus efficaces chez ceux qui ont la charge de la multitude. Celui qui est doux, modeste, miséricordieux, juste ne renferme pas en lui-même les bonnes actions qu’il accomplit ; il a soin que ces belles sources coulent aussi pour le bien des autres. Celui qui a le coeur pur, qui est artisan de paix, qui souffre persécution pour la vérité, voilà la personne qui consacre sa vie au bien de tous.

Saint Paul, homme de prière

10 juin, 2008

 (quelque chose de Saint Paul), du site:

http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=650

Saint Paul, homme de prière

P. Paul Bony

Paris, Éd. de l’Atelier, coll. « Vivre, Croire, Célébrer, Recherches », 2003.

Esprit et Vie n°94 – novembre 2003 –

Le sous-titre, Originalité d’une prière d’Apôtre, dit bien l’angle d’approche spécifique de la prière paulinienne. Après tout, on pouvait s’y attendre, tellement la vocation apostolique de Paul est déterminante de son existence chrétienne. « Une conviction sous-tend les pages qui suivent : en lisant Paul, nous découvrons une prière apostolique spécifique, non point un supplément d’âme s’ajoutant à l’apostolat, mais une action qui fait partie intégrante du service de l’Évangile et, en cela, digne d’intérêt pour quiconque a aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, mission de servir la parole de Dieu » (p. 14).

L’auteur procède par l’analyse de textes-clés, à partir desquels il élabore quelques propositions de synthèse sur la prière apostolique. Plutôt que de suivre les quatre chapitres de l’ouvrage – où alternent, dans un plan qui pourrait être plus cohérent : analyse de textes pauliniens, rappel de l’enracinement biblique et juif de la prière paulinienne, synthèses provisoires et nouvelle analyse de texte -, cherchons à rendre compte des points de vue majeurs qui traversent tout le livre.

1. Une remarque préliminaire : Paul ne livre pas sa prière elle-même, mais ce qu’elle lui a permis de reconnaître de l’œuvre de Dieu à travers son ministère (d’où l’action de grâces) et ce qu’elle lui désigne maintenant comme progrès à attendre et favoriser dans l’existence des communautés qu’il a évangélisées (d’où la supplication). Paul ne nous livre pas sa prière en direct, cela reste le secret de son intimité avec Dieu, mais des comptes-rendus de sa prière : ce qu’il est profitable d’en communiquer à ses destinataires. Il ne dit pas : « Je te rends grâces, Dieu, pour l’Évangile qu’ils ont reçu » (je-tu-ils), mais : « Je rends grâces à Dieu pour l’Évangile que vous avez reçu » (je-lui-vous). C’est pourquoi le « compte-rendu » de prière tourne facilement à l’enseignement et anticipe en début de lettre, de manière allusive, ce qui en constituera les grandes préoccupations.

2. En effet les deux pôles de la prière apostolique, action de grâces et supplication, sont enracinés dans les événements et les situations du ministère apostolique et des communautés. On peut le vérifier dans l’analyse de Ph 1 et de Rm 1 : dans un cas, la participation active des Philippiens à la grâce apostolique de Paul dès les débuts de l’Évangile ; dans l’autre, l’accueil de l’Évangile chez les Romains, parmi les nations, mais en communion avec la foi judéo-chrétienne des origines. La prière de l’Apôtre n’est pas une addition externe au ministère ; elle est « un acte de justice » qui fait droit à la reconnaissance de « la justice de Dieu », laquelle est à l’origine de l’Évangile et de sa fécondité spirituelle, bien plus qui en est la substance même, ce qui fait que la prière d’action de grâces est encore l’annonce de la grâce. La prière de l’Apôtre est aussi discernement et accueil de ce que Dieu veut continuer de faire dans les communautés comme dans le ministère apostolique. Elle maintient ministère et communauté sous l’horizon du Jour du Christ. Elle désenclave les réalisations présentes de leurs limites et entretient l’espérance. Ainsi l’action de grâces pour le passé et la supplication dans le présent espèrent déboucher sur la louange de Dieu lors de l’avenir eschatologique, lourd « de ce fruit de justice » que nous aurons porté par le Christ Jésus ».

3. Dans la prière de l’Apôtre s’opère un acte de discernement qui relève de la dimension prophétique du ministère apostolique. Ce point de vue est fortement et judicieusement mis en valeur par Claude Tassin : « Disons que l’expérience de Paul fait de la prière un lieu de discernement prophétique de l’agir chrétien » (p. 14). En effet, Paul est conscient de la dimension prophétique de son apostolat : il est apôtre à la manière des prophètes. En annonçant l’Évangile, il discerne l’œuvre de Dieu dans l’histoire. En conséquence, il appelle à la conversion. Et comme les prophètes, il intercède pour le peuple dont il est chargé, afin qu’il parvienne à la plénitude du salut. Ce discernement prophétique, recherché dans la prière, est en premier lieu l’apanage de l’Apôtre, mais il est aussi partagé par l’ensemble des croyants, qui sont en mesure de s’exhorter et de s’entraîner mutuellement dans la fidélité à l’Évangile. De cette prière de la communauté, Paul souhaite bénéficier lui aussi pour le discernement et l’accomplissement de sa mission. L’intercession n’est pas à sens unique, elle est mutuelle, même si elle n’est pas symétrique.

4. Ce que Jeremias disait de Jésus : « Jésus et ses disciples sont issus d’un peuple qui savait prier », est aussi vrai de Paul. Claude Tassin n’a pas de peine à relier les démarches de la prière apostolique non seulement à la responsabilité prophétique, mais plus largement aux grands axes de la prière biblique et juive, spécialement des Psaumes : louange, action de grâces, cris de détresse. C’est bien cela que Paul reprend, bien que ce ne soit pas dans le même ordre : on va de l’action de grâces à la louange en passant par la supplication pour traverser la crise qui va du salut pascal au salut final. Cette trajectoire est bien visible dans le compte-rendu de la prière en Ph 1, 3-11. Au passage, Claude Tassin remarque comment Jésus, dans la parabole du pharisien et du publicain, à la différence de l’inflation des « bénédictions » et de l’action de grâces dans les confréries pharisiennes, donne l’avantage à la prière de demande, parce qu’elle maintient l’orant dans l’humilité de l’accueil et dans l’ouverture au don futur de Dieu. Paul, en tout cas, ne s’arrête jamais à l’action de grâces, si « juste » lui paraît-elle et nécessaire, mais il y joint toujours la prière de demande qui interdit la satisfaction des gens arrivés.

5. Claude Tassin aborde en finale le texte bref mais significatif de Rm 8, 26-30 sur l’intercession de l’Esprit. Celle-ci concerne tous les croyants et pas seulement l’Apôtre. Mais ne livrerait-elle pas la clé de toute prière chrétienne à commencer par la prière apostolique ? En effet, l’intercession de l’Esprit ne vise rien d’autre que le discernement et l’accomplissement ultime de l’Évangile annoncé et reçu. N’est-ce pas justement cela même qui est l’objet de la prière apostolique, en ce qu’elle a de plus spécifique, à l’image de l’intercession prophétique ? Constatant la figure exceptionnelle de l’Esprit dans ce texte de Rm 8, comme « super-intercesseur », Claude Tassin en cherche justement l’explication et l’origine dans le rôle que joue l’Esprit, selon la tradition juive, chez les prophètes, pour discerner l’œuvre de Dieu et pour en rendre grâces – ce que Luc a repris dans son Évangile et dans les Actes (voir Zacharie, Syméon, la communauté primitive de Jérusalem). L’Esprit est à la fois celui qui permet de relire les événements présents à la lumière des Écritures, et celui qui est reçu de Dieu comme fruit de la prière, pour rendre les bénéficiaires à nouveau capables de l’annonce. Paul, quant à lui, intériorise fortement ce rôle de l’Esprit. Il n’est pas le destinataire de la prière, il en est l’inspirateur. Il est celui qui ajuste, qui « met au point » le désir des croyants, pour les conformer au dessein de Dieu : les configurer au Christ, les conduire ainsi à la gloire eschatologique. L’intercession de l’Esprit est la visée même de l’Esprit au cœur des enfants de Dieu. Elle est la seule intercession qui puisse correspondre à la vérité et à la profondeur de l’Évangile.

Ce parcours paulinien met bien en valeur l’unité intérieure du ministère de l’Évangile et la prière de ceux qui le portent. Rien d’artificiel dans leur rapport, mais justesse et justice. Cela est important à redire aujourd’hui, à l’encontre de toute dichotomie entre vie spirituelle et vie apostolique. On pourrait seulement demander si cette dimension prophétique de la prière apostolique rend compte de toute la richesse spirituelle de la prière paulinienne. Mais l’auteur nous avait prévenus de son angle d’approche. On ne peut lui reprocher de ne pas avoir tout dit. Heureusement ! D’autant plus que ce qu’il dit est déjà d’une grande richesse. Sans minimiser la dimension contemplative inhérente à la relecture de l’œuvre de Dieu dans l’annonce de l’Évangile et dans la fondation des communautés, on peut se demander, quand on lit l’ouvrage d’Alan Segal, Paul le converti (qui fera l’objet d’une importante présentation dans un prochain numéro d’Esprit et Vie), s’il ne faudrait pas faire droit aussi à la dimension « apocalyptique » et « mystique » de la prière de l’Apôtre Paul. Même s’il ne veut pas faire état de son rapt au troisième ciel pour fonder l’authenticité de son apostolat et s’il se hâte de « crucifier » cette élévation par l’évocation de ses handicaps et de ses faiblesses, Paul laisse entrevoir qu’il a connu une vie de prière peu commune, dans laquelle vie en Christ et vie dans l’Esprit ont fait de lui l’émule des plus grands mystiques : le voile de Moïse est tombé. « Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est l’Esprit » (2 Co 3, 18).

Pape Jean Paul II – sur le Mont des Béatitudes

9 juin, 2008

hier à l’évangile il y avait les béatitudes, je mets l’homélie de Pape Jean Paul II à Korazim, du site: 

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/travels/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000324_korazim-israel_fr.html

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

MESSE POUR LES JEUNES SUR LE MONT DES BÉATITUDES À KORAZIM

Vendredi, 24 mars 2000

« Aussi bien, frères, considérez votre appel » (1 Co 1, 26).

1. Aujourd’hui, ces paroles de saint Paul nous sont adressées, à nous tous qui sommes réunis ici sur le Mont des Béatitudes. Nous sommes assis sur cette colline comme les premiers disciples et nous écoutons Jésus. Nous écoutons en silence sa voix aimable et pressante. Aimable comme cette terre même et pressante comme l’invitation à choisir entre la vie et la mort.

Combien de générations avant nous se sont profondément émues en entendant le Discours sur la montagne! Combien de jeunes, au cours des siècles, se sont réunis autour de Jésus pour apprendre les paroles de vie éternelle, précisément comme vous êtes réunis aujourd’hui ici! Combien de jeunes coeurs ont été inspirés par la force de sa personnalité et par la vérité éclatante de son message! C’est merveilleux que vous soyez ici!

Merci, Mgr Boutros Mouallem, de votre accueil cordial. Je vous prie de transmettre mes salutations dans la prière à toute la communauté grecque-melkite que vous présidez. J’étends mes voeux fraternels aux nombreux cardinaux, au Patriarche Sabbah et aux évêques et prêtres ici présents. Je salue les membres des communautés latine, maronite, syrienne, arménienne, chaldéenne, ainsi que tous nos frères et soeurs des autres Eglises chrétiennes et communautés ecclésiales. J’adresse une parole spéciale de remerciement à nos amis musulmans qui sont ici et aux membres de la foi juive.

Ce grand rassemblement est comme une répétition générale pour la Journée mondiale de la Jeunesse qui se tiendra à Rome au mois d’août! Le jeune qui a pris la parole a promis que vous aurez une autre montagne, le Mont Sinaï.

2. Il y a précisément un mois, j’ai eu la grâce de me rendre là, où Dieu parla à Moïse et lui donna la Loi écrite « du doigt de Dieu » (Ex 31, 18) sur des tables de pierre. Ces deux monts, le Mont Sinaï et le Mont des Béatitudes, nous offrent la carte de notre vie chrétienne et une synthèse de nos responsabilités envers Dieu et le prochain. La Loi et les Béatitudes tracent ensemble le chemin à la suite du Christ et le sentier royal vers la maturité et la liberté spirituelle.

Les Dix Commandements du Sinaï peuvent sembler négatifs: « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi [...] Tu ne tueras pas. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne voleras pas. Tu ne porteras pas de témoignage mensonger… » (Ex 20, 3, 13-16). Au contraire, ceux-ci sont extrêmement positifs.

En allant au-delà du mal qu’ils nomment, ils indiquent le chemin vers la loi d’amour qui est le premier et le plus grand des Commandements: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit [...] Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39). Jésus lui-même affirme ne pas être venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir (cf. Mt 5, 17). Son message est nouveau, mais il ne détruit pas ce qui existe déjà. Au contraire, il en développe au maximum les potentialités. Jésus enseigne que la voie de l’amour conduit la loi à son plein accomplissement (cf. Ga 5, 14). Et il a enseigné cette vérité très importante sur cette colline, ici, en Galilée.

3. « Heureux êtes-vous », dit-il, « Heureux sont ceux qui ont une âme de pauvre, les doux et les miséricordieux, les affligés, les affamés et assoiffés de la justice, les coeurs purs, les artisans de paix, les persécutés! Heureux êtes-vous! ». Les paroles de Jésus peuvent sembler étranges. Il est étrange que Jésus exalte ceux que le monde considère en général comme des faibles. Il leur dit: « Heureux êtes-vous qui semblez perdants, car vous êtes les véritables vainqueurs, vous êtes les véritables vainqueurs: le Royaume des Cieux est à vous! ». Prononcées par lui, qui est « doux et humble de coeur » (Mt 11, 29), ces paroles lancent un défi qui exige une metanoia profonde et constante de l’esprit, une profonde transformation du coeur.

Vous jeunes, vous comprendrez le motif pour lequel ce changement de coeur est nécessaire! Vous êtes en effet conscients qu’il existe une autre voix en vous et autour de vous, une voix contradictoire. C’est une voix qui dit: « Heureux les fiers et les violents, ceux qui prospèrent à n’importe quel prix, qui n’ont pas de scrupules, qui sont sans pitié, malhonnêtes, qui font la guerre au lieu de la paix et persécutent ceux qui représentent un obstacle sur leur chemin ». « Cette voix semble avoir un sens dans un monde dans lequel les violents triomphent souvent et où il semble que les personnes malhonnêtes l’emportent ». « Oui », dit la voix du mal, « ce sont eux qui gagnent. Heureux sont-ils! ».

4. Jésus offre un message très différent. Non loin d’ici, il appela ses premiers disciples, comme il vous appelle maintenant. Son appel a toujours imposé un choix entre les deux voix en compétition pour conquérir votre coeur, même à présent, ici, sur la colline, le choix entre le bien et le mal, entre la vie et la mort. Quelle voix les jeunes du XXI siècle choisiront-ils de suivre? Placer votre confiance en Jésus signifie choisir de croire en ce qu’il dit, indépendamment de combien cela peut sembler étrange, et choisir de ne pas céder aux espoirs illusoires, aussi attrayants semblent-ils.

Après tout, Jésus ne proclame pas seulement les Béatitudes. Il vit les Béatitudes. Il est les Béatitudes. En le voyant, vous verrez ce que signifie avoir une âme de pauvres, être doux et miséricordieux, affligés, être affamés et assoiffés de justice, être purs de coeur, être des artisans de paix, des persécutés. C’est pour ce motif que Jésus a le droit d’affirmer « Venez, suivez-moi! ». Il ne dit pas simplement « Faites ce que je vous dis ». Il dit: « Venez, suivez-moi ».

Vous écoutez sa voix sur cette colline et vous croyez ce qu’il dit. Toutefois, comme les premiers disciples sur la mer de Galilée, vous devez abandonner vos barques et vos filets et cela n’est jamais facile, en particulier lorsque vous devez affronter un avenir incertain et que vous êtes tentés de perdre confiance dans votre patrimoine chrétien. Etre de bons chrétiens peut sembler une entreprise au-dessus de vos forces dans le monde d’aujourd’hui. Toutefois, Jésus ne reste pas immobile et ne vous laisse pas seuls pour affronter ce défi. Il est toujours avec vous pour transformer votre faiblesse en force. Croyez-Le lors-qu’il vous dit: « Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12, 9)!

5. Les disciples passèrent du temps avec le Seigneur. lls apprirent à le connaître et à l’aimer profondément. Ils découvrirent la signification de ce que l’Apôtre Pierre dit un jour à Jésus: « Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Ils découvrirent que les paroles de la vie éternelle sont les paroles du Sinaï et les paroles des Béatitudes. Tel est le message qu’ils diffusèrent partout.

Au moment de son Ascension, Jésus confia à ses disciples une mission et ces paroles de réconfort: « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples [...] Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 18-20). Depuis deux mille ans, les fidèles du Christ accomplissent cette mission. A présent, à l’aube du troisième millénaire, c’est à votre tour. C’est à vous d’aller dans le monde et d’annoncer le message des Dix Commandements et des Béatitudes. Lorsque Dieu parle, il parle de choses qui ont la plus grande importance pour chaque personne, pour les personnes du XXI siècle, tout autant que pour celles du I siècle. Les Dix Commandements et les Béatitudes parlent de vérité et de bonté, de grâce et de liberté, de ce qui est nécessaire pour entrer dans le Royaume du Christ. Maintenant, c’est à vous d’être de courageux apôtres de ce Royaume!

Jeunes de Terre Sainte, jeunes du monde, répondez au Seigneur, répondez au Seigneur avec un coeur ouvert et plein de bonne volonté! Plein de bonne volonté et ouvert comme le coeur de la fille aînée de Galilée, Marie, la Mère de Dieu. Que répondit-elle? Elle dit: « Je suis la servante du Seigneur; qu’il m’advienne selon ta parole! » (Lc 1, 38).

O Seigneur Jésus-Christ, en ce lieu que tu as connu et que tu as tant aimé, écoute ces jeunes coeurs généreux! Continue à enseigner à ces jeunes la vérité des Commandements et des Béatitudes! Fais d’eux de joyeux témoins de ta vérité et des apôtres convaincus de ton Royaume! Sois toujours avec eux, en particulier lorsque te suivre, ainsi que ton Evangile, devient difficile et dur! Tu seras leur force, tu seras leur victoire!

O Seigneur Jésus, tu as fait de ces jeunes tes amis: garde-les toujours auprès de toi!
Amen.

Saint Ephrem le Syrien

9 juin, 2008

Saint Ephrem le Syrien dans images sacrée

http://santiebeati.it/

aujourd’hui mémoire du Saint Ephrem le Syrien

9 juin, 2008

malheureusement seule mémoire, mais les écrits y ont été transmis entre le plus beaux de l’IV siècle, je vous propose de nouveau le catéchèse du Pape sur Saint Ephrem, du site: 

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071128_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 28 novembre 2007

Saint Ephrem le Syrien

Chers frères et sœurs,

Selon l’opinion commune d’aujourd’hui, le christianisme serait une religion européenne, qui aurait ensuite exporté la culture de ce continent dans d’autres pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion chrétienne se trouve dans l’ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le monde sémitique. Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de l’Ancien Testament. Son expansion au cours des premiers siècles a eu lieu aussi bien vers l’Occident – vers le monde gréco-latin, où il a ensuite inspiré la culture européenne – que vers l’Orient, jusqu’à la Perse, à l’Inde, contribuant ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une identité propre. Pour montrer cette multiplicité culturelle de l’unique foi chrétienne des débuts, j’ai parlé dans la catéchèse de mercredi dernier d’un représentant de cet autre christianisme, Aphraate le Sage persan, presque inconnu chez nous. Dans cette même optique, je voudrais aujourd’hui parler de saint Ephrem le Syrien, né à Nisibe vers 306 dans une famille chrétienne. Il fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et réussit à concilier d’une manière unique la vocation du théologien et celle du poète. Il se forma et grandit à côté de Jacques, Evêque de Nisibe (303-338), et il fonda avec lui l’école de théologie de sa ville. Ordonné diacre, il vécut intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu’en 363, année où la ville de Nisibe tomba entre les mains des Persans. Ephrem immigra alors à Edesse, où il poursuivit son activité de prédicateur. Il mourut dans cette ville en l’an 373, victime de la contagion de la peste qu’il avait contractée en soignant les malades. On ne sait pas avec certitude s’il était moine, mais il est cependant certain qu’il est resté diacre pendant toute sa vie et qu’il a embrassé l’état de virginité et de pauvreté. C’est ainsi qu’apparaît dans la spécificité de son expression culturelle, l’identité chrétienne commune et fondamentale: la foi, l’espérance – cette espérance qui permet de vivre pauvre et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur – et, enfin, la charité, jusqu’au don de soi-même dans le soin des malades de la peste.

Saint Ephrem nous a laissé un grand héritage théologique: sa production considérable peut se regrouper en quatre catégories: les œuvres écrites en prose ordinaire (ses œuvres polémiques, ou bien les commentaires bibliques); les œuvres en prose poétique; les homélies en vers; et enfin les hymnes, qui sont certainement l’œuvre la plus vaste d’Ephrem. Il s’agit d’un auteur riche et intéressant sous de nombreux aspects, mais en particulier sous le profil théologique. Si nous voulons aborder sa doctrine, nous devons insister dès le début sur ceci: le fait qu’il fait de la théologie sous une forme poétique. La poésie lui permet d’approfondir la réflexion théologique à travers des paradoxes et des images. Dans le même temps sa théologie devient liturgie, devient musique: en effet, c’était un grand compositeur, un musicien. Théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu vont de pair; et c’est précisément dans ce caractère liturgique qu’apparaît avec limpidité la théologie d’Ephrem, la vérité divine. Dans sa recherche de Dieu, dans sa façon de faire de la théologie, il suit le chemin du paradoxe et du symbole. Il privilégie largement les images contrastantes, car elles lui servent à souligner le mystère de Dieu.

Je ne peux pour le moment présenter que peu de chose de lui, également parce que la poésie est difficilement traduisible, mais pour donner au moins une idée de sa théologie poétique, je voudrais citer en partie deux hymnes. Tout d’abord, également en vue du prochain Avent, je vous propose plusieurs images splendides tirées des hymnes Sur la nativité du Christ. Devant la Vierge, Ephrem manifeste son émerveillement avec un ton inspiré:

« Le Seigneur vint en elle pour se faire serviteur.
Le Verbe vint en elle
pour se taire dans son sein.
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l’Agneau n
é
, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rô
les:
Celui qui cré
a toutes choses
est entré
en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Trè
s-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vê
tements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui é
tanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé
il naquit d’elle,
lui qui revêt (de beauté
) toutes choses »
(Hymne « De Nativitate »
11, 6-8)

Pour exprimer le mystère du Christ, Ephrem utilise une grande diversité de thèmes, d’expressions, d’images. Dans l’une de ses hymnes, il relie de manière efficace Adam (au paradis) au Christ (dans l’Eucharistie):

« Ce fut en fermant
avec l’
épée du ché
rubin,
que fut fermé

le chemin de l’arbre de la vie.
Mais pour les peuples,
le Seigneur de cet arbre
s’est donné
comme nourriture
lui-mê
me dans l’oblation (eucharistique).
Les arbres de l’Eden
furent donné
s comme nourriture
au premier Adam.
Pour nous, le jardinier
du Jardin en personne
s’est fait nourriture
pour nos â
mes.
En effet, nous é
tions tous sortis
du Paradis avec Adam,
qui le laissa derriè
re lui.
A présent que l’épée a été ôté
e
-bas (sur la croix) par la lance
nous pouvons y retourner »
(Hymne
49, 9-11).

Pour parler de l’Eucharistie, Ephrem se sert de deux images: la braise ou le charbon ardent, et la perle. Le thème de la braise est tiré du prophète Isaïe (cf. 6, 6). C’est l’image du séraphin, qui prend la braise avec les pinces, et effleure simplement les lèvres du prophète pour les purifier; le chrétien, en revanche, touche et consume la Braise, qui est le Christ lui-même:

« Dans ton pain se cache l’Esprit
qui ne peut
être consommé
;
dans ton vin se trouve le feu
qui ne peut ê
tre bu.
L’Esprit dans ton pain, le feu dans ton vin:
voilà une merveille accueillie par nos lè
vres.
Le sé
raphin ne pouvait pas approcher ses doigts de la braise,
qui ne fut approchée que de la bouche d’Isaï
e;
les doigts ne l’ont pas prise, les lèvres ne l’ont pas avalé
e;
mais à
nous, le Seigneur a permis de faire les deux choses.
Le feu descendit avec colère pour détruire les pé
cheurs,
mais le feu de la grâ
ce descend sur le pain et y reste.
Au lieu du feu qui dé
truisit l’homme,
nous avons mangé
le feu dans le pain
et nous avons été vivifié
s »
(Hymne « De Fide »
10, 8-10).

Voilà encore un dernier exemple des hymnes de saint Ephrem, où il parle de la perle comme symbole de la richesse et de la beauté de la foi:
« Je posai (la perle), mes frè
res, sur la paume de ma main,
pour pouvoir l’examiner.
Je me mis à l’observer d’un côté
puis de l’autre:
elle n’avait qu’un seul aspect de tous les côté
s.
(Ainsi) est la recherche du Fils, impénétrable, car elle n’est que lumiè
re.
Dans sa clarté, je vis la Limpidité
,
qui ne devient pas opaque;
et dans sa pureté
,
le grand symbole du corps de notre Seigneur,
qui est pur.
Dans son indivisibilité, je vis la vérité
,
qui est indivisible »
(Hymne « Sur la Perle »
1, 2-3).

La figure d’Ephrem est encore pleinement actuelle pour la vie des différentes Eglises chrétiennes. Nous le découvrons tout d’abord comme théologien, qui, à partir de l’Ecriture Sainte, réfléchit poétiquement sur le mystère de la rédemption de l’homme opérée par le Christ, le Verbe de Dieu incarné. Sa réflexion est une réflexion théologique exprimée par des images et des symboles tirés de la nature, de la vie quotidienne et de la Bible. Ephrem confère un caractère didactique et catéchistique à la poésie et aux hymnes pour la liturgie; il s’agit d’hymnes théologiques et, dans le même temps, adaptées à la récitation ou au chant liturgique. Ephrem se sert de ces hymnes pour diffuser, à l’occasion des fêtes liturgiques, la doctrine de l’Eglise. Au fil du temps, elles se sont révélées un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour la communauté chrétienne.

La réflexion d’Ephrem sur le thème de Dieu créateur est importante: rien n’est isolé dans la création, et le monde est, à côté de l’Ecriture Sainte, une Bible de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l’homme renverse l’ordre de l’univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect: la demeure de Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour Ephrem, de même qu’il n’y a pas de Rédemption sans Jésus, il n’y a pas d’incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de notre rédemption se trouvent déjà dans les textes d’Ephrem; de manière poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe le cadre théologique et, d’une certaine manière, le langage même des grandes définitions christologiques des Conciles du V siècle.

Ephrem, honoré par la tradition chrétienne sous le titre de « lyre de l’Esprit Saint », resta diacre de son Eglise pendant toute sa vie. Ce fut un choix décisif et emblématique: il fut diacre, c’est-à-dire serviteur, que ce soit dans le ministère liturgique, ou, plus radicalement, dans l’amour pour le Christ, qu’il chanta de manière inégalable, ou encore, dans la charité envers ses frères, qu’il introduisit avec une rare habileté dans la connaissance de la Révélation divine.

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