Archive pour juin, 2008

Shabbat : un exercice de très haute spiritualité

7 juin, 2008

du site:

http://www.massorti.com/spip.php?article19

Shabbat : un exercice de très haute spiritualité.

jeudi 29 juin 2006

Yeshaya Dalsace – Le monde est un livre, la Tora en est le commentaire, le Shabbat une page offerte à tourner de semaine en semaine.

Pour le Baal Shem Tov, respecter correctement Shabbat c’est être convaincu que le Shabbat présent est le plus grand de tous les Shabbat, c’est savoir s’en convaincre à nouveau de Shabbat en Shabbat…Il n’est de plaisir shabbatique (oneg shabbat) que dans le partage. Celui qui connaît le bonheur du Shabbat doit tout faire pour l’offrir à un autre Juif et donc garder sa maison ouverte à tous, particulièrement en ce jour.

Le Rabbi de Miedzieboj disait préférer renoncer au monde futur plutôt que ne pas respecter le Shabbat, car le Shabbat est plus élevé que le monde futur. Pour lui le Shabbat en ce monde-ci est, en effet, la source même du monde futur.Prier correctement pour l’entrée du Shabbat est une des choses les plus difficiles qui soient, c’est faire table rase du passé, créer un monde tout neuf, un monde sans tâches, sans rancune, sans regrets. C’est parce que Dieu a fait une telle démarche lors de la création que l’homme existe ; c’est quand l’homme y parviendra que régnera le Shalom.

Le Shabbat vient nous apprendre à bâtir le temps, à le faire notre, à nous éviter d’en être les esclaves passifs et de le perdre en le laissant nous dominer.Six jours nous travaillons, nous courons après mille projets inachevables, nous savons très bien que notre petite vie ne saurait suffire à mener à bien tout cela. Le Shabbat nous oblige à considérer le travail comme provisoirement terminé, à ne plus être notre propre esclave, à nous arracher à la condition absurde de Sisyphe. C’est pourquoi on interprète le nom divin « El Shaddaï » comme « le Dieu qui a su dire daï – ça suffit ! ». Comme Lui chaque Shabbat nous disons « daï » et interrompons la course absurde du temps.

Shabbat n’existe pas sans nous. Si nous ne le marquons pas par le respect des nombreuses obligations qui lui sont dues, alors comment le reconnaître ? C’est donc la plus grande, la plus extraordinaire mais aussi la plus fragile des créations humaines. C’est le Nefesh (la respiration, l’inspiration, l’âme) de Dieu que nous introduisons au monde. C’est donc bien le plus merveilleux cadeau que Dieu ait fait à l’homme. C’est donc aussi un exercice spirituel de haute volée qu’il n’est pas aisé de réussir pleinement. Le Shabbat existe depuis la création mais ne devient effectif que lorsque l’homme accepte de le respecter, c’est à dire en accepte les règles au mont Sinaï. C’est alors seulement que le terme de Shabbat (en tant que nom commun) apparaît dans la Bible.

Yeshaya Dalsace (responsable de ce site et le rabbin de Maayane Or à Nice)

par Sandro Magister: Le Credo de Paul VI. Qui l’a écrit et pourquoi

7 juin, 2008

du site: 

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/204969?fr=y

Le Credo de Paul VI. Qui l’a écrit et pourquoi

L’Eglise aussi a eu son 1968, avec par exemple le Catéchisme hollandais. Paul VI y a répondu par son « Credo du peuple de Dieu ». On sait aujourd’hui que c’est son ami le philosophe Jacques Maritain qui l’a écrit

par Sandro Magister

ROMA, le 6 juin 2008 – Fin juin, Benoît XVI va inaugurer une année jubilaire consacrée à l’apôtre Paul, à l’occasion des 2 000 ans de sa naissance. La célébration débutera le samedi 28, la veille de la fête du saint, pour s’achever un an plus tard.

Il y a quarante ans, entre 1967 et 1968, Paul VI avait agi de manière similaire en consacrant une année de célébrations aux apôtres Pierre et Paul, à l’occasion des 1 900 ans de leur martyre. Le pape avait clôturé ce qu’il nommait “l’Année de la Foi“ par une profession de foi solennelle, le “Credo du peuple de Dieu“, prononcée le 30 juin 1968 sur la place Saint-Pierre.

Le texte de ce Credo s’inspirait de celui du Concile de Nicée, récité lors de chaque messe. Mais avec des compléments et des développements importants.

Comment et pourquoi Paul VI a-t-il eu l’idée de couronner l’Année de la Foi par la proclamation du Credo du peuple de Dieu? Et comment ce texte a-t-il été rédigé?

La réponse à ces deux questions se trouve dans un volume qui sortira bientôt en France, le sixième tome de la « Correspondance » entre le théologien et cardinal suisse Charles Journet et le philosophe français Jacques Maritain, à savoir 303 lettres échangées entre 1965 et 1973.

C’est en effet Maritain lui-même qui a écrit l’ébauche du Credo du peuple de Dieu que Paul VI devait prononcer. Les deux textes seront publiés en regard dans le volume à paraître, afin de mettre en valeur leur ressemblance.

Entretemps, le cardinal Georges Cottier – disciple de Journet et théologien émérite de la maison pontificale – a déjà révélé les dessous de ce Credo dans le mensuel international “30 Jours“, qui y a consacré la une de son dernier numéro.

* * *

En 1967, Maritain a 85 ans. Il vit à Toulouse, chez les Petits Frères de Charles de Foucauld. Il vient de publier “Le paysan de la Garonne“, une critique impitoyable de l’Eglise postconciliaire “à genoux devant le monde“.

Le 12 janvier, le cardinal Journet écrit à Maritain qu’il rencontrera bientôt le pape à Rome. Les deux hommes ignorent que Paul VI a l’intention de lancer l’Année de la Foi. Mais Maritain confie à Journet que depuis quelques jours, “une idée [lui] est venue à l’esprit“. Il la décrit en ces mots:

“Que le Souverain Pontife rédige une profession de foi complète et détaillée, dans laquelle tout ce que contient réellement le Symbole de Nicée soit expliqué. Ce sera, pour l’histoire de l’Eglise, la profession de foi de Paul VI“.

Sans que Maritain le lui ait demandé, Journet photocopie la lettre du philosophe et la remet au pape lorsqu’il rencontre le 18 janvier. A cette occasion, Paul VI demande au théologien son jugement sur l’état de santé de l’Eglise: “Tragique“, lui répond Journet. Lui-même comme le pape sont anéantis par la publication en Hollande, l’année précédente, avec la bénédiction des évêques, d’un nouveau Catéchisme ayant vraiment « pour objectif de substituer, au sein de l’Eglise, une orthodoxie à une autre, une orthodoxie moderne à l’orthodoxie traditionnelle » (ainsi s’exprime la commission cardinalice instituée par Paul VI pour examiner ce Catéchisme, dont Journet fait partie).

Le 22 février 1967, Paul VI décrète l’Année de la Foi. Deux jours plus tard, Maritain note dans son journal:

“C’est peut-être la préparation pour une profession de foi qu’il proclamera lui-même“.

Cette même année le premier synode des évêques se réunit à Rome du 29 septembre au 29 octobre. Le rapport final de la commission doctrinale soumet au pape la proposition d’une déclaration sur les points essentiels de la foi.

Le 14 décembre, Paul VI reçoit à nouveau le cardinal Journet, qui lui rapporte l’idée de Maritain. Paul VI lui rappelle que d’autres avaient déjà suggéré, à la fin du Concile Vatican II, de promulguer un nouveau symbole de la foi. Lui-même avait demandé au célèbre théologien dominicain Yves Congar de préparer un texte mais, le jugeant insatisfaisant, l’avait laissé de côté.

Puis, à l’improviste, Paul VI dit à Journet: “Préparez-moi vous-même un plan de ce que vous jugez bon de faire“.

De retour en Suisse, Journet raconte la demande du pape à Maritain. Ce dernier, étant à Paris au début de la nouvelle année, écrit un projet de profession de foi. Il le termine le 11 janvier 1968 et l’envoie le 20 à Journet, qui le transmet à Paul VI le lendemain.

D’après la correspondance entre le théologien et le philosophe, Maritain ne voyait dans le texte qu’il avait élaboré qu’un projet destiné à aider Journet. C’est ce dernier qui, de sa propre initiative, a transmis le texte au pape sans aucun ajout. Selon Journet, le texte contenait déjà les réponses à toutes les interrogations soulevées par le Catéchisme hollandais et par d’autres théologiens renommés sur des dogmes tels que le péché originel, la messe comme sacrifice, la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, la création à partir du néant, le primat de Pierre, la virginité de Marie, l’immaculée conception, l’assomption.

Le 6 avril, une lettre du théologien dominicain Benoît Duroux, consultant de la congrégation pour la doctrine de la foi, arrive de Rome. Elle fait l’éloge du texte de Maritain et y ajoute quelques commentaires, que Journet interprète comme venant de Paul VI lui-même. A son tour, le pape envoie au cardinal un mot de remerciement.

Puis, plus rien. Le 30 juin 1968, place Saint-Pierre, Paul VI prononce solennellement le Credo du peuple de Dieu. Maritain ne l’apprend que le 2 juillet, en lisant le journal. Il déduit des citations que le Credo prononcé par le pape coïncide largement avec le projet qu’il avait écrit.

C’est effectivement le cas. L’une des rares différences concerne les juifs et les musulmans.

Dans un passage, Maritain avait rappelé explicitement que les juifs et les musulmans proclament, comme les chrétiens, que Dieu est unique. Dans son Credo, en revanche, Paul VI rend grâces à la bonté divine pour les “très nombreux croyants“ qui partagent avec les chrétiens la foi dans le Dieu unique, mais sans citer explicitement le judaïsme et l’islam.

Dans les années 50, Maritain avait failli être condamné par le Saint Office à cause de sa pensée philosophique, soupçonnée de “naturalisme intégral“. Il échappa à la condamnation notamment grâce à l’intervention de Giovanni Battista Montini, le futur Paul VI, alors substitut de la secrétairerie d’état, lié depuis longtemps avec le penseur français.

__________

Le texte intégral du Credo du peuple de Dieu, prononcé solennellement par Paul VI le 30 juin 1968, dans une traduction non officielle en français:

« Nous croyons en un seul Dieu… »

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne: en sorte que ces deux noms, Être et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, « habitant une lumière inaccessible », est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine. Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité.

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, « coaeternae sibi et coaequales », surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours « doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité ».

Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, « homoousios to Patri », et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme: égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne.

Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Évangile: pauvreté en esprit, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les mort: chacun selon ses mérites – ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

Nous croyons en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».

Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, « non par imitation, mais par propagation », et qu’il est ainsi « propre à chacun ».

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, « là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé ».

Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent « de l’eau et de l’Esprit Saint » à la vie divine dans le Christ Jésus.

Nous croyons à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Église terrestre; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Église comblée des biens célestes; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Église par les sacrements qui émanent de sa plénitude. C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce: c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint.

Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteur dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus. Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage.

Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur.

Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle.

Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique.

L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut signifier jamais que l’Église se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

Nous croyons à la vie éternelle. Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.

Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit: Demandez et vous recevrez. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen.

Paul PP. VI

bonne nuit

6 juin, 2008

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Boats at Sunset, Kangerluk Fjord, Greenland, 2006
Photograph by David McLain

The day’s last light illuminates the boats and tents of narwhal hunters on Greenland’s Kangerluk Fjord. Narwhals come to Greenland’s fjords in July and August to calve and feed. Landing these elusive tusked whales presents extreme dangers for Greenlanders, whose low-riding kayaks can easily capsize in the process.

(Text adapted from and photo shot on assignment for, but not published in, « Last Days of the Ice Hunters, » January 2006, National Geographic magazine)

http://photography.nationalgeographic.com/photography/photo-of-the-day

Fils de David et Seigneur des seigneurs

6 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=06/06/2008#

Saint Léon le Grand (? – vers 461), pape et docteur de l’Église
1er sermon pour la Nativité du Seigneur (trad. bréviaire)

Fils de David et Seigneur des seigneurs

Une vierge est choisie de la maison royale de David pour porter en elle un enfant saint, fils à la fois divin et humain… Le Verbe, la Parole de Dieu, qui est Dieu lui-même, le Fils de Dieu qui « au commencement était auprès de Dieu, par qui tout a été fait et sans qui rien ne s’est fait » (Jn 1,1-3), s’est fait homme pour délivrer l’homme de la mort éternelle. Il s’est abaissé jusqu’à prendre l’humilité de notre condition sans que sa majesté en soit diminuée. Demeurant ce qu’il était et assumant ce qu’il n’était pas, il a uni une vraie nature de serviteur à la nature selon laquelle il est égal au Père. Il a joint si étroitement ces deux natures que sa gloire ne peut pas anéantir la nature inférieure, ni l’union avec celle-ci avilir la nature supérieure.

Ce qui est propre à chaque nature demeure intégralement, et se rejoint en une seule personne : l’humilité est accueillie par la majesté, la faiblesse par la force, la mortalité par l’éternité. Pour payer la dette de notre condition, la nature au-dessus de toute atteinte est unie à la nature capable de souffrir ; vrai Dieu et vrai homme s’associent dans l’unité d’un seul Seigneur Jésus. Ainsi, comme il le fallait pour nous guérir, le seul et « unique médiateur entre Dieu et les hommes » (1Tm 2,5) pouvait mourir par l’action des hommes et ressusciter par l’action de Dieu…

Telle est, mes bien-aimés, la naissance qui convenait au Christ, « puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1Co 1,24). Par elle, il s’accordait à notre humanité tout en gardant la prééminence de sa divinité. S’il n’était pas vrai Dieu, il ne nous apportait pas le remède. S’il n’était pas vrai homme, il ne nous montrait pas l’exemple.

Depuis les tout débuts de la création, dit Dieu, Je parle aux hommes

6 juin, 2008

du site: 

http://lumieredanslavie.hautetfort.com/prieres/

Depuis les tout débuts de la création, dit Dieu,
Je parle aux hommes.
Je les invite amoureusement à m’ouvrir leur cœur,
À se laisser aimer par Moi.
Je leur ai parlé par la beauté de la création :
Par le Soleil qui les éclaire, les réchauffe et leur donne la vie.
Ils ont là une image vivante de qui Je suis : Lumière, Amour et Vie.
Je leur parle par la Lune qui veille sur leur repos
Et leur rappelle que Je suis aussi Mère.
Je leur parle par la Terre et tout ce qu’elle renferme
Ils ont là une maison, image de Ma maison.

Pour appuyer mon invitation à ouvrir leur cœur et se laisser aimer par Moi,
Je leur parle par des hommes et des femmes qui répondent à mon invitation :
Je suscite la foi des patriarches
Je soutiens le courage des prophètes
J’inspire l’émotion du psalmiste
Je chante la sérénité des sages.
Ma Parole prend des formes les plus inusitées…

C’est pourquoi, dit Dieu, pour aller encore plus loin
Dans mon invitation à ouvrir leur cœur
Et se laisser aimer par Moi,
Je veux leur dire une autre Parole
Une Parole aux dimensions de mon amour pour eux :
Immense, profonde, insondable.
Une Parole unique, si forte, si douce, si palpable et si mystérieure
Qu’ils n’en reviennent pas, qu’ils en soient toujours surpris, étonnés.

Cette Parole, dit Dieu, je veux qu’elle ait des pieds.
Pourquoi pas ?
Une Parole avec des pieds, pour marcher et rejoindre l’homme où il est.
Une Parole qui ait des mains pour servir,
Une Parole qui ait une bouche pour sourire,
Et des oreilles pour les écouter.
Je veux, dit Dieu, que cette Parole ait un cœur pour comprendre l’homme.
Voici ma Parole et mon souffle de vie !
En elle, je mets tout mon amour.
-o-o-o-
Et voilà que Dieu met en œuvre sa pensée :
Il prit une Parole et lui donna un corps, avec
Des pieds et des mains,
Une bouche et des oreilles,
Et un coeur.

C’est la Parole la plus belle qu’il ait jamais prononcée.
Et les hommes la découvrent, presque au hasard, enveloppée de langes
Dans les bras d’une femme du nom de Marie.

Et le nom de cette Parole est JÉSUS !

Pierre Barbès sur la base d’un texte d’un auteur inconnu

Saint Boniface

5 juin, 2008

Saint Boniface dans images sacrée

http://santiebeati.it/

5 juin – Saint Boniface – Evêque et martyr

5 juin, 2008

du site: 

http://missel.free.fr/Sanctoral/06/05.php

5 juin – Saint Boniface – Evêque et martyr

Biographie

Winfrid, qui prendra plus tard le nom de Boniface, naquit vers 680, dans le royaume anglo-saxon de Wessex, récemment conquis au christianisme, où sa famille brillait par sa foi et par son rang. À l’âge de quatre ou cinq ans, il suppliait son père de lui laisser embrasser la vie monastique ; à sept ans quand il entra comme oblat à l’abbaye d’Exeter[1] où il commença ses études qu’il poursuit à l’abbaye de Nursling (diocèse de Winchester). Le souvenir de ses anciens maîtres, restera comme un parfum qui embaumera toute sa vie, singulièrement Aldheln qui, à Nursling, lui apprit les disciplines littéraires. Devenu professeur, il composa une grammaire latine. Outre la science profane, il fut initié aux sciences sacrées, surtout à l’Écriture sainte dont il ne fit pas l’objet d’une vaine érudition mais de la prédication qu’il exerça sans aucun détriment pour sa vie monastique car il était assidu aux offices comme au travail manuel. Cependant, Winfrid ne songeait qu’à porter aux païens déshérités la lumière de la foi.

En 716, avec trois compagnons, il quitta Nursling pour la Frise, située en face de l’estuaire de la Tamise, qui était la terre la plus réfractaire à l’Évangile. À peine effleurée par saint Amand et saint Éloi, la Frise était devenue le partage de saint Willibrord qui, après la mort de Pépin d’Héristal (714), se sentant peu en sécurité s’était retiré à l’abbaye d’Echternach. Winfrid ne put davantage s’y établir et regagna bientôt Nursling d’où il faillit ne plus revenir, car il fut élu pour succéder au vieil abbé Winbrecht, mort peu après son retour. Ses instances et celles de l’évêque de Winchester ayant fait élire un autre candidat, Winfrid, de nouveau libre, partit pour Rome à l’automne 718.

Au printemps de 719, Grégoire II[2] lui remit une lettre d’investiture pour prêcher la foi aux idolâtres de Germanie. Il lui recommandait de suivre dans l’administration des sacrements les règles de la liturgie romaine et, dans les cas difficiles, d’en référer au Saint-Siège. Le pape changea aussi le nom de Winfrid en celui de Boniface.

La situation de la Germanie étant confuse, le pape n’avait désigné au zèle de Boniface aucune province bien déterminée. Après avoir visité la Bavière et la Thuringe, Boniface jeta son dévolu sur la Frise que les Francs venaient de reconquérir et où saint Willibrord était retourné. Celui-ci, déjà âgé, voulut bientôt faire de Boniface son coadjuteur et successeur, mais il résolut, après trois ans de labeurs et d’expériences fécondes, d’aller porter la foi à des contrées plus déshéritées, à l’intérieur de l’Allemagne. En route il s’adjoint Grégoire, un adolescent, neveu de l’abbesse de Pfalzel, près de Trèves.

Il s’établi en Hesse qui relevait des Francs et qui, malgré les missionnaires irlandais, demeurait foncièrement païen. Fort des conseils et des prières de ses amis d’Angleterre, Boniface en entreprit l’évangélisation méthodique et pour cela établit à Amoenburg sa première fondation monastique. Il voulut sans tarder porter à la connaissance du pape ses premiers résultats et ses difficultés. Grégoire II l’invita à le venir voir à Rome.

Le pape, après lui avoir fait écrire une profession de foi, lui conféra la consacration épiscopale (30 novembre 722) sans lui attribuer un diocèse particulier mais en le rattachant directement au Saint-Siège, et lui remit, avec un recueil des conciles, des lettres de recommandation, notamment pour Charles Martel qui lui fit bon accueil et lui délivra un sauf-conduit. La protection du prince, la mission de Rome et le caractère épiscopal conféraient à Boniface un nouveau prestige aux yeux des Germains qui lui permit de faire un coup d’éclat en abattant le chêne sacré de Thor, sur la montagne de Gudenberg (Geismar, près de Fritzlar) que les populations de la Hesse vénéraient à l’égal d’un dieu. À peine entamé, l’arbre s’abattit, comme renversé par un vent impétueux ; les païens y virent une sorte de jugement de Dieu et, devant l’impuissance des idoles à se défendre, passèrent en grand nombre à la foi chrétienne. Le bois du chêne servit pour édifier une chapelle en l’honneur de saint Pierre.

Au bout d’un an, Boniface, jugeant que l’évangélisation de la Hesse était suffisamment avancée, passa en Thuringe (724) où il resta jusqu’en 731. En Thuringe, effleurée par la prédication chrétienne, la vie religieuse, aux mains d’un clergé ignorant ou relâché, était extrêmement languissante. Boniface fonda le monastère de Saint-Michel d’Ohrdruff, près de Gotha, qu’il peupla de missionnaires anglo-saxons qui se distinguaient par leur attachement au Saint-Siège et aux coutumes romaines.

Boniface recherche tout d’abord l’appui des rois et des grands, sans jamais s’inféoder à eux. Puis, pour appuyer son apostolat et en maintenir les résultats, il fait appel aux monastères tels ceux qu’il établit en Hesse (Amoenburg et Fritzlar) ou en Thuringe (Ohrdruff, pour les hommes, Kitzigen, pour les femmes, Ochsenfurt et Bischoffsheim, sur la Tauber) qui étaient des foyers de civilisation, enseignant l’agriculture et les arts en même temps que la foi.

Ayant reçu du successeur de Grégoire II (mort le 11 février 731), Grégoire III, le titre d’archevêque et le pallium (732), Boniface passa en Bavière, vaste territoire évangélisé depuis plusieurs générations, notamment par saint Rupert et saint Corbinien, mais qui n’avait pas encore reçu d’organisation hiérarchique. Saint Boniface y resta de 732 à 741, exception faite d’un séjour qu’il fit à Rome (738-739) d’où il revint consolé, encouragé, éclairé et chargé de reliques pour les jeunes églises qu’il avait fondées. Ce pèlerinage lui valut de recruter son compatriote Wunnibald, pèlerin devenu moine dans la Ville éternelle, et son frère Willibad qui avait, après un pèlerinage à Jérusalem vint les rejoindre en Germanie.

De retour en Bavière, Boniface établit les évêchés de Salzbourg, Freysing, Ratisbonne et Passau, puis regagna la Hesse où il établit l’évêché de Buraburg (remplacé sous Charlemagne par Paderborn), et la Thuringe où il établit les évêchés d’Erfurt (remplacé sous Charlemagne par Halberstadt) et de Würzburg. Pour joindre ces terres neuves aux anciennes cités de Bavière, aux confins de la Franconie et de la Bavière, saint Boniface créa le siège épiscopal d’Eichstadt pour Willibad dont le frère Wunnibad et la sœur Walburge fondèrent un monastère double à Heidenheim, alors que leur compatriote Sola bâtissait Solnhofen.

Ainsi, en une vingtaine d’années, Boniface avait édifié sur les territoires soumis aux Francs une vaste et solide chrétienté. Chacun de ses diocèses possédait un ou plusieurs monastères, mais, depuis longtemps déjà, voulait en établir un au centre de l’Allemagne, qui lui fût à la fois un lieu de repos et un quartier général. Il chargea un jeune moine, Sturmi, de lui découvrir, dans les forêts de Hesse et de Thuringe, un emplacement assez large, assez riche et abrité tout à la fois, pour recevoir une nombreuse population de moines et de missionnaires. Le roi Carloman fit la cession de ce terrain, et les défrichements commencèrent sans tarder. Le 12 janvier 744, Sturmi en prit possession avec sept autres moines. Chaque année Boniface viendra s’y reposer et se recueillir auprès d’eux dans la solitude, prenant plaisir à initier ses frères plus jeunes aux traditions monastiques. La fondation qui comptera quatre cents moines à sa mort, allait être la base solide pour l’évangélisation de l’Allemagne. « Les quatre peuples auxquels, par la grâce de Dieu, j’ai porté la parole évangélique, sont à portée, écrivait-il au pape ; je puis encore leur être utile tant que je vivrai. »

Après la mort de Charles Martel (741), ses deux fils, Pépin et Carloman, s’étaient partagés son royaume, et Boniface relevait du dernier qui avait obtenu l’Austrasie. Tant Boniface que Carloman (qui devait finir ses jours au Mont-Cassin sous l’habit monastique) gémissaient de voir des soldats et des séculiers détenir les bénéfices et les honneurs dans l’Église que Charles Martel avait cédés en récompense à ses fidèles. Carloman résolut de mettre fin à ces abus et de placer à la tête des églises des hommes qui en fussent dignes. La chose était d’autant plus nécessaire que d’autres abus venaient se greffer sur celui-là et l’aggraver. Le relâchement de la discipline permettait à beaucoup d’aventuriers de tromper un peuple naïf et crédule. Parmi eux, beaucoup de moines celtes, pour qui les pèlerinages et les missions lointaines avaient toujours eu le plus grand attrait. Malheureusement leurs usages nationaux, auxquels ils tenaient farouchement, notamment leur façon de calculer la date de Pâques, et surtout leur indépendance à l’égard de la hiérarchie ecclésiastique, en faisaient des éléments de perturbation. De plus, dans leurs rangs se glissaient inévitablement des hommes d’une vertu moins que certaine.

Avec l’assentiment du pape Zacharie, Boniface convoqua des conciles pour rappeler et préciser les prescriptions de la discipline ecclésiastique. Bientôt d’ailleurs, piqué d’émulation, Pépin voulut aussi qu’on en convoquât un pour ses états à Soissons (743), et en 744 on put réunir un concile général des évêques francs. On ne saurait énumérer ici toutes les mesures prises. Notons que son grand souci fut de resserrer les liens des prêtres avec leurs évêques et de ceux-ci avec leurs métropolitains. Les prélats indignes furent destitués et remplacés par de saints évêques, parmi lesquels il faut nommer saint Chrodegang, évêque de Metz, qui travailla si efficacement à la réforme du clergé et à l’institution des chanoines réguliers. Les biens ecclésiastiques accaparés par les nobles furent aussi rendus en partie. Enfin, en 747, l’œuvre était virtuellement achevée et un concile général la sanctionna. Tous les évêques présents signèrent une profession de foi qui fut portée à Rome sur la confession de Saint-Pierre, avant d’être remise au pape, pour marquer l’union de l’église franque et sa soumission au vicaire de Jésus-Christ.

Comme Boniface n’avait point encore de siège fixe, il choisit Cologne d’où il pourrait commander à la fois la Germanie, la Gaule et même la Frise, dont il rêvait de reprendre la conquête. Carloman et Pépin donnèrent leur assentiment, le pape le félicita ; or il demeurait dans le clergé franc, et sans doute à Cologne, bien des éléments irréductibles. Toujours est il qu’il ne prit pas possession de Cologne et accepta plus tard le siège de Mayence (747). Carloman ayant abdiqué pour se retirer au Cassin (747), Pépin reçut la couronne du pape Zacharie et Boniface le consacra à Soissons (751).

Septuagénaire, Boniface se retourne vers la Frise, son premier champ d’apostolat. À cet effet il fait choix d’un coadjuteur pour Mayence, son disciple et compatriote Lull, et retourna en Frise. Il avait préparé le plus minutieusement possible son expédition. Néanmoins l’âge, et peut-être un secret avertissement du ciel, le prévenaient de sa fin prochaine. Il fit donc ses adieux à ses amis les plus chers et leur demanda de rapporter, après sa mort, son corps à Fulda où il voulait reposer. Au printemps de 753, il s’embarqua sur le Rhin et aborda à Utrecht où il passa l’hiver.

Aux beaux jours il reprit ses courses apostoliques ; mais le fanatisme des païens s’était réveillé et une armée d’infidèles le massacra avec sa petite troupe, le 5 juin 754, tandis qu’il attendait à Dokkum, tout au nord du pays, des néophytes qu’il devait confirmer. Le saint conjura ses compagnons de renoncer à la lutte, mais sa douceur ne désarma pas les assaillants. Tandis qu’il se protégeait la tête d’un livre, un coup d’épée trancha le manuscrit et lui fendit le crâne. Avec lui périrent cinquante-deux compagnons. Les chrétiens de Frise ne tardèrent pas à recueillir les ossements des martyrs. Ceux de saint Boniface furent portés d’abord à Mayence, puis, selon sa volonté, à Fulda, où ils sont l’objet de la vénération de toute l’Allemagne catholique.

[1] L’abbaye bénédictine Saint-Pierre d’Exeter, très probablement fondée en 678. A l’époque où y étudia saint Boniface, l’abbé était Wulfard. Ethelred, roi des Saxons occidentaux, restaura ce monastère vers 858.

[2] Saint Grégoire II qui règna du 19 mai 715 au 11 février 731, fut le plus éminent pontife du VIII° siècle. Né en 669 à Rome dans une famille riche, il fut élevé au Latran. Intellectuellement doué, diplomate et résolu, il fut sous-diacre sous Sergius II qui lui confia la garde de la bourse ; il fut ensuite bibliothécaire, puis, diacre, il remplit plusieurs missions diplomatiques à Constantinople. A la mort du pape Constantin (708-715), il fut le premier romain à être élu après sept papes d’origine grecque ou syrienne. La pape Grégoire fit preuve de capacités diplomatiques dans la situation confuse où l’Italie sombrait à mesure que le pouvoir byzantin déclinait. En 716 il persuada le roi lombard Liutprand (7l2-744) de restituer les propriétés pontificales qu’il conservait encore dans le massif du Viso ; il obtint plus tard le retour à l’Empire des forteresses des Cumes et de Sutri. Entre 717 et 726, tout loyal sujet de l’Empire qu’il fût, il prit la tête de la résistance aux exigences fiscales de l’empereur Leon III l’Isaurien (7l7-741). Aussi les autorités voulèrent-elles le faire déposer ou assassiner, mais sa popularité les arrêta. Il s’efforça de contenir les visées expansionnistes des Lombards, mais en 729 Rome fut menacée par Liutprand, qui avait conclu avec l’exarque Eutychius une alliance aussi inattendue qu’éphémère. Grégoire fit une irruption spectaculaire dans le camp lombard ; le catholique Liutprand en fut si impressionné qu’il leva le siège et déposa ses insignes royaux sur le tombeau de saint Pierre en signe de soumission. Eutychius s’installa à Rome ; le Pape fit un accord avec lui et l’aida à écraser la rébellion de Tibère Petase.

Pape Grégoire le Grand, Audience générale du mercredi 4 juin

5 juin, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18137?l=french

Audience générale du mercredi 4 juin

Texte intégral

ROME, Mercredi 4 juin 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse que le pape Benoît XVI a donnée au cours de l’audience générale, ce mercredi, place Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs,Je reviendrai aujourd’hui,

à l’occasion de notre rencontre du mercredi, sur la figure extraordinaire du Pape Grégoire le Grand, pour tirer quelques lumières supplémentaires de la richesse de son enseignement. Malgré les multiples engagements liés à sa fonction d’évêque de Rome, il nous a laissé de nombreuses œuvres, dans lesquelles l’Eglise a puisé à pleines mains au cours des siècles suivants. Outre ses nombreuses lettres – le Registre que j’ai mentionné dans la dernière catéchèse contient plus de 800 lettres – il nous a surtout laissé des écrits de caractère exégétique, parmi lesquels se distinguent le « Commentaire moral à Job » – célèbre sous son titre latin de Moralia in Iob -, les « Homélies sur Ezéchiel » et les « Homélies sur les Evangiles ». Il y a aussi une importante œuvre de caractère hagiographique, les « Dialogues », écrite par Grégoire pour l’édification de la reine lombarde Théodelinde. L’œuvre principale et la plus célèbre est sans aucun doute la « Règle pastorale », que la Pape rédigea au début de son pontificat dans le but précis de présenter un programme.

En passant rapidement ces œuvres en revue, nous devons tout d’abord noter que, dans ses écrits, Grégoire ne se montre jamais préoccupé de tracer une doctrine qui soit « la sienne », qui soit originale. Il entend plutôt se faire l’écho de l’enseignement traditionnel de l’Eglise, il veut simplement être la bouche du Christ et de son Eglise, sur le chemin qu’il faut parcourir pour arriver à Dieu. Ses commentaires exégétiques sont exemplaires à ce propos. Il fut un lecteur passionné de la Bible qu’il aborda avec des intentions qui n’étaient pas simplement spéculatives : il pensait que le chrétien ne devait pas tellement tirer des connaissances théoriques de l’Ecriture Sainte, mais plutôt la nourriture quotidienne pour son âme, sa vie d’homme dans ce monde. Dans ses « Homélies sur Ezéchiel », par exemple, il insiste fortement sur cette fonction du texte sacré : aborder l’Ecriture uniquement pour satisfaire son propre désir de connaissance signifie céder à la tentation de l’orgueil et s’exposer ainsi au risque de glisser dans l’hérésie. L’humilité intellectuelle est la première règle pour celui qui cherche à pénétrer les réalités surnaturelles en partant du livre sacré. L’humilité n’exclut pas du tout, bien sûr, l’étude sérieuse ; mais si l’on veut que celle-ci soit bénéfique sur le plan spirituel, en permettant d’entrer réellement dans la profondeur du texte, l’humilité demeure indispensable. Ce n’est qu’avec cette attitude intérieure que l’on écoute réellement et que l’on perçoit enfin la voix de Dieu. D’autre part, lorsqu’il s’agit de la Parole de Dieu, comprendre n’est rien, si la compréhension ne conduit pas à l’action. Dans ces « Homélies sur Ezéchiel » on trouve également cette belle expression selon laquelle « le prédicateur doit tremper sa plume dans le sang de son cœur ; il pourra ainsi arriver également jusqu’à l’oreille de son prochain ». En lisant ses homélies on voit que Grégoire a réellement écrit avec le sang de son cœur et c’est pourquoi il nous parle encore aujourd’hui.Gr

égoire développe également ce discours dans le « Commentaire moral à Job ». En suivant la tradition patristique, il examine le texte sacré dans les trois dimensions de son sens : la dimension littérale, la dimension allégorique et la dimension morale, qui sont des dimensions du sens unique de l’Ecriture Sainte. Grégoire attribue toutefois une nette priorité au sens moral. Dans cette perspective, il propose sa pensée à travers plusieurs binômes significatifs – savoir-faire, parler-vivre, connaître-agir – dans lesquels il évoque deux aspects de la vie humaine qui devraient être complémentaires, mais qui finissent souvent par être antithétiques. L’idéal moral, commente-t-il, consiste toujours à réaliser une intégration harmonieuse entre la parole et l’action, la pensée et l’engagement, la prière et le dévouement aux devoirs de son propre état : telle est la route pour réaliser cette synthèse grâce à laquelle le divin descend dans l’homme et l’homme s’élève jusqu’à l’identification avec Dieu. Le grand Pape trace ainsi pour le croyant authentique un projet complet de vie ; c’est pourquoi le « Commentaire moral à Job » constituera au cours du Moyen-âge une sorte de Summa de la morale chrétienne.

Les « Homélies sur les Evangiles » sont également d’une grande importance et d’une grande beauté. La première d’entre elles fut tenue dans la basilique Saint-Pierre au cours du temps de l’Avent de 590 et donc quelques mois après son élection au pontificat ; la dernière fut prononcée dans la basilique Saint-Laurent, lors du deuxième dimanche de Pentecôte de 593. Le Pape prêchait au peuple dans les églises où l’on célébrait les « stations » – des cérémonies de prière particulières pendant les temps forts de l’année liturgique – ou les fêtes des martyrs titulaires. Le principe inspirateur, qui lie les diverses interventions, peut être synthétisé par le terme praedicator : non seulement le ministre de Dieu, mais également chaque chrétien, a la tâche de devenir le « prédicateur » de ce dont il a fait l’expérience en lui-même, à l’exemple du Christ qui s’est fait homme pour apporter à tous l’annonce du salut. L’horizon de cet engagement est l’horizon eschatologique : l’attente de l’accomplissement en Christ de toutes les choses est une pensée constante du grand Pontife et finit par devenir un motif inspirateur de chacune de ses pensées et de ses activités. C’est de là que naissent ses rappels incessants à la vigilance et à l’engagement dans les bonnes œuvres.Le texte peut-

être le plus organique de Grégoire le Grand est la Règle pastorale, écrite au cours des premières années de pontificat. Dans celle-ci, Grégoire se propose de tracer la figure de l’évêque idéal, maître et guide de son troupeau. Dans ce but, il illustre la gravité de la charge de pasteur de l’Eglise et les devoirs qu’elle comporte : c’est pourquoi, ceux qui n’ont pas été appelés à cette tâche ne doivent pas la rechercher avec superficialité, et ceux qui en revanche l’ont assumée sans la réflexion nécessaire doivent sentir naître dans leur âme une juste inquiétude. Reprenant un thème privilégié, il affirme que l’évêque est tout d’abord le « prédicateur » par excellence ; comme tel il doit être, en premier lieu, un exemple pour les autres, de manière à ce que son comportement puisse constituer un point de référence pour tous. Une action pastorale efficace demande ensuite qu’il connaisse ses destinataires et qu’il adapte ses interventions à la situation de chacun : Grégoire s’arrête pour illustrer les différentes catégories de fidèles avec des annotations judicieuses et précises, qui peuvent justifier l’évaluation de ceux qui ont également vu dans cette œuvre un traité de psychologie. On comprend à partir de cela qu’il connaissait réellement son troupeau et parlait de tout avec les personnes de son temps et de sa ville.

Ce grand Pape insiste cependant sur le devoir que le pasteur a de reconnaître chaque jour sa propre misère, de manière à ce que l’orgueil ne rende pas vain, devant les yeux du Juge suprême, le bien accompli. C’est pourquoi le chapitre final de la Règle est consacré à l’humilité : « lorsqu’on se complaît d’avoir atteint de nombreuses vertus, il est bon de réfléchir sur ses propres manquements et de s’humilier : au lieu de considérer le bien accompli, il faut considérer celui qu’on a négligé d’accomplir ». Toutes ces précieuses indications démontrent le très haut concept que saint Grégoire a du soin des âmes, qu’il définit ars artium, l’art des arts. La Règle connut un grand succès, au point que, chose plutôt rare, elle fut rapidement traduite en grec et en anglo-saxon.Son autre

œuvre, les « Dialogues », est également significative. Dans celle-ci, s’adressant à son ami et diacre Pierre, qui était convaincu que les mœurs étaient désormais tellement corrompues que la naissance de saints n’était plus possible comme par les époques passées, Grégoire démontre le contraire : la sainteté est toujours possible, même dans les temps difficiles. Il le prouve en racontant la vie de personnes contemporaines ou disparues depuis peu, que l’on pouvait tout à fait qualifier de saintes, même si elles n’avaient pas été canonisées. Le récit est accompagné par des réflexions théologiques et mystiques qui font du livre un texte hagiographique particulier, capable de fasciner des générations entières de lecteurs. La matière est tirée des traditions vivantes du peuple et a pour but d’édifier et de former, en attirant l’attention de celui qui lit sur une série de questions telles que le sens du miracle, l’interprétation de l’Ecriture, l’immortalité de l’âme, l’existence de l’enfer, la représentation de l’au-delà, des thèmes qui avaient besoin d’éclaircissements opportuns. Le livre II est entièrement consacré à la figure de Benoît de Nursie et est l’unique témoignage antique sur la vie du saint moine, dont la beauté spirituelle paraît dans ce texte avec une grande évidence.

Dans le dessein théologique que Grégoire développe dans ses œuvres, passé, présent et avenir sont relativisés. Ce qui compte le plus pour lui est le cours tout entier de l’histoire salvifique, qui continue à se dérouler dans les obscures méandres du temps. Dans cette perspective, il est significatif qu’il insère l’annonce de la conversion des Angles au beau milieu du « Commentaire moral à Job » : à ses yeux, l’événement constituait une avancée du royaume de Dieu dont parle l’Ecriture ; il pouvait donc à juste titre être mentionné dans le commentaire d’un livre sacré. Selon lui, les guides des communautés chrétiennes doivent sans cesse s’engager à relire les événements à la lumière de la parole de Dieu : c’est dans ce sens que le grand Pape ressent le devoir d’orienter les pasteurs et les fidèles sur l’itinéraire spirituel d’une lectio divina éclairée et concrète, inscrite dans le contexte de sa propre vie.

Avant de conclure, il est juste de dire un mot sur les relations que le Pape Grégoire entretint avec les patriarches d’Antioche, d’Alexandrie et de Constantinople elle-même. Il se soucia toujours d’en reconnaître et d’en respecter les droits, en se gardant de toute interférence qui en limitât l’autonomie légitime. Si toutefois saint Grégoire, dans le contexte de sa situation historique, s’opposa au titre d’« œcuménique » que voulait le Patriarche de Constantinople, il ne le fit pas pour limiter ou nier cette autorité légitime, mais parce qu’il était préoccupé par l’unité fraternelle de l’Eglise universelle. Il le fit surtout en raison de sa profonde conviction que l’humilité devrait être la vertu fondamentale de tout évêque, et plus encore d’un Patriarche. Grégoire était resté un simple moine dans son cœur, et c’est pourquoi il était absolument contraire aux grands titres. Il voulait être – telle est son expression – servus servorum Dei. Ce terme forgé par lui n’était pas dans sa bouche une formule pieuse, mais la manifestation véritable de son mode de vivre et d’agir. Il était intimement frappé par l’humilité de Dieu, qui en Christ s’est fait notre serviteur, qui a lavé et lave nos pieds sales. Par conséquent, il était convaincu que notamment un évêque devrait imiter cette humilité de Dieu et suivre ainsi le Christ. Son désir fut véritablement de vivre en moine, dans un entretien permanent avec la Parole de Dieu, mais par amour de Dieu il sut se faire le serviteur de tous à une époque pleine de troubles et de souffrances, se faire « serviteur des serviteurs ». C’est précisément parce qu’il le fut qu’il est grand et qu’il nous montre également la mesure de la vraie grandeur.

bonne nuit

5 juin, 2008

bonne nuit dans Pape Benoit cydonia_oblonga_329
Cydonia oblonga

http://www.floralimages.co.uk/trees01.htm

Amour des hommes, amour de Dieu

5 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&ordo=&localTime=06/05/2008#

Youssef Bousnaya (vers 869-979), moine syrien
Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum (trad. Chabot in Deseille, Evangile au désert, Cerf 1999, p. 326)

Amour des hommes, amour de Dieu

Mon fils, applique-toi de toute ton âme à acquérir l’amour des hommes, dans lequel et par lequel tu t’élèveras à l’amour de Dieu qui est la fin de toutes les fins. Vains sont tous tes labeurs qui ne sont pas accomplis dans la charité. Toutes les bonnes oeuvres et tous les labeurs conduisent l’homme jusqu’à la porte du palais royal ; mais c’est l’amour qui nous y fait demeurer et nous fait reposer sur le sein du Christ (Jn 13,25).

Mon fils, que ton amour ne soit pas partagé, divisé, intéressé, mais répandu partout en vue de Dieu, désintéressé. Le Christ te donnera la connaissance pour comprendre le mystère de cette parole. Aime tous les hommes comme toi-même ; bien mieux, aime ton frère plus que toi-même ; ne recherche pas seulement ce qui te convient, toi, mais ce qui est utile à ton frère. Méprise-toi toi-même pour l’amour de ton prochain, afin que le Christ soit miséricordieux et fasse de toi un cohéritier de son amour. Prends bien garde de mépriser cela. Car Dieu nous a aimés le premier, et il a livré son Fils à la mort pour nous. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a livré pour lui son Fils unique », dit l’apôtre Jean, témoin de la vérité (Jn 3,16). Celui qui marche dans ce sentier de l’amour, grâce à son labeur, arrivera promptement à la demeure qui est le but de ses efforts. Ne pense donc pas, mon fils, que l’homme puisse acquérir l’amour de Dieu, qui nous est donné par sa grâce, avant d’aimer ses frères en humanité.

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