Archive pour juin, 2008

Angélus du dimanche 8 juin

9 juin, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18165?l=french

Angélus du dimanche 8 juin

Texte intégral

ROME, Dimanche 8 juin 2008 (ZENIT.org

) – Nous publions ci-dessous le texte de la méditation que le pape Benoît XVI a prononcée avant la prière de l’Angélus ce dimanche, en présence de plusieurs milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre.

AVANT L’ANGELUS

Chers frères et sœurs,

Au centre de la liturgie de la Parole de ce dimanche se trouve une expression du prophète Osée que Jésus reprend dans l’Evangile : « C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes » (Os 6, 6). Il s’agit d’une parole-clé, l’une de celles qui nous introduisent au cœur de l’Ecriture sainte. Le contexte dans lequel Jésus la fait sienne est celui de la vocation de Matthieu, « publicain » de profession, c’est-à-dire collecteur d’impôts pour le compte de l’autorité impériale romaine : il était pour cette raison considéré un pécheur public par les juifs. L’ayant appelé précisément alors qu’il était assis au bureau des impôts – une célèbre peinture du Caravage illustre bien cette scène -, Jésus se rendit chez lui avec les disciples et se mit à table avec d’autres publicains. Voici ce qu’il répondit aux pharisiens scandalisés : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades… Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 12-13). Toujours attentif au lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament, l’évangéliste Matthieu met alors dans la bouche de Jésus la prophétie d’Osée : « Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices ».Cette expression du proph

ète est tellement importante que le Seigneur la cite à nouveau dans un autre contexte, à propos de l’observance du sabbat (cf. Mt 12, 1-8). Dans ce cas également Il prend la responsabilité de l’interprétation du précepte, se révélant comme le « Seigneur » des institutions légales. S’adressant aux pharisiens il ajoute : « Si vous aviez compris ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné des gens qui sont sans faute » (Mt 12, 7). Donc, dans cet oracle d’Osée, Jésus, Verbe fait homme, s’est d’une certaine manière « retrouvé » pleinement ; il l’a fait vraiment de tout son cœur et l’a réalisé par son comportement, au risque même de heurter la susceptibilité des chefs de son peuple. Cette parole de Dieu nous est parvenue, à travers les Evangiles, comme une des synthèses de tout le message chrétien : la vraie religion consiste dans l’amour de Dieu et du prochain. Voilà ce qui donne de la valeur au culte et à la pratique des préceptes.

En nous tournant maintenant vers la Vierge Marie demandons, par son intercession, de toujours vivre dans la joie de l’expérience chrétienne. Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, suscite en nous des sentiments d’abandon filial envers Dieu, qui est miséricorde infinie ; qu’elle nous aide à faire nôtre la prière que saint Augustin formule dans un célèbre passage de ses « Confessions » : « Aie pitié de moi, Seigneur ! Voilà, je ne cache pas mes blessures : tu es le médecin, moi le malade ; tu es miséricordieux, moi misérable… Je place toute mon espérance dans ta grande miséricorde » (X, 28.39 ; 29.40).

APRES L’ANGELUS

Après la prière de l’Angélus le pape a salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu’il a dit en français :

Chers pèlerins francophones, je vous salue cordialement. L’Évangile du jour nous montre le visage d’amour et de miséricorde de Jésus, qui mange avec les publicains et les pécheurs. Puissiez-vous découvrir ce visage du Seigneur pour vous, notamment dans les Sacrements du Pardon et de l’Eucharistie, et devenir autour de vous des témoins de l’amour de Dieu pour toute l’humanité. Avec ma Bénédiction apostolique.

Et en polonais :

Je salue cordialement tous les Polonais. J’adresse aujourd’hui une prière spéciale pour les mineurs qui ont perdu la vie mercredi dernier dans la catastrophe de la mine Borynia. Je demande pour eux la grâce du repos éternel, le réconfort spirituel pour leur famille et une prompte guérison pour les blessés. Que Dieu miséricordieux nous préserve de la mort brutale. Qu’il vous protège, vous guide et vous bénisse

Indulgences spéciales pour l’Année Saint-Paul

9 juin, 2008

du site: 

http://www.zenit.org/article-18145?l=french

Indulgences spéciales pour l’Année Saint-Paul

Texte du décret

ROME, Jeudi 5 juin 2008 (ZENIT.org)

 Nous publions ci-dessous le texte du décret signé par le Grand pénitencier de la pénitencerie apostolique concernant les indulgences spéciales qui seront accordées à l’occasion des deux mille ans de la naissance de l’apôtre Paul.

PENITENCERIE APOSTOLIQUE

URBIS ET ORBIS

A l’occasion des deux mille ans de la naissance du saint apôtre Paul, des indulgences spéciales sont accordées.

A l’approche de la solennité liturgique des Princes des apôtres, le Souverain Pontife, mû par une sollicitude pastorale, tient à pourvoir en temps utile aux trésors spirituels à accorder aux fidèles pour leur sanctification, de manière à ce qu’ils puissent renouveler et renforcer, avec une ferveur encore plus grande en cette pieuse et heureuse occasion, des intentions de salut surnaturel déjà à partir des premières vêpres de la solennité commémorée, principalement en l’honneur de l’Apôtre des Nations, dont s’approchent à présent les deux mille ans de la naissance terrestre.

En effet, le don des Indulgences, que le Pontife Romain offre à l’Eglise universelle, ouvre la voie pour parvenir au plus haut degré à la purification intérieure qui, alors qu’elle rend hommage au bienheureux apôtre Paul, exalte la vie surnaturelle dans le cœur des fidèles et les incite avec douceur à porter des fruits de bonnes œuvres.

C’est pourquoi cette Pénitencerie apostolique, à laquelle le Saint-Père a confié la tâche de préparer et rédiger le Décret sur la distribution et l’obtention des Indulgences qui seront valables pendant toute la durée de l’Année paulinienne, avec le présent Décret, émis conformément à la volonté de l’Auguste Pontife, accorde avec bienveillance les grâces qui sont citées ci-dessous:

I. A tous les fidèles chrétiens et à chacun d’eux véritablement repentis, purifiés comme il se doit par le Sacrement de la Confession et nourris par la Sainte Communion, qui visiteront pieusement sous forme de pèlerinage la Basilique papale Saint-Paul sur la via Ostiense et prieront selon les intentions du Souverain Pontife, est accordée et donnée l’Indulgence plénière de la peine temporelle pour leurs péchés, une fois obtenu la rémission sacramentelle de ceux-ci et le pardon de leurs manquements.

L’Indulgence plénière pourra être utilisée par les fidèles chrétiens soit pour eux-mêmes, soit pour les défunts, autant de fois que seront accomplies les œuvres prescrites; étant toutefois établie la norme selon laquelle on ne peut obtenir l’Indulgence plénière qu’une fois par jour.

Ensuite, afin que les prières qui sont élevées au cours de ces saintes visites conduisent et invitent plus intensément les âmes des fidèles à la vénération de saint Paul, il est établi et disposé ce qui suit: les fidèles, outre à élever leurs supplications devant l’autel du Très Saint Sacrement, chacun selon sa piété, devront se rendre à l’autel de la Confession et réciter avec dévotion le «Notre Père» et le «Credo», en ajoutant de pieuses invocations en l’honneur de la Bienheureuses Vierge Marie et de saint Paul. Et cette dévotion doit toujours être étroitement unie à la mémoire du Prince des Apôtres, saint Pierre.

II. Les fidèles chrétiens des diverses Eglises locales, ayant accompli les conditions habituelles (Confession sacramentelle, Communion eucharistique et prière selon les intentions du Souverain Pontife), avec le désir de rejeter tout péché, pourront obtenir l’Indulgence plénière s’ils participent pieusement à une sainte fonction ou à un pieux exercice publiquement accomplis en l’honneur de l’apôtre des Nations: les jours de l’ouverture et de la clôture solennelle de l’Année paulinienne, dans tous les lieux sacrés; en d’autres jours déterminés par l’Evêque du lieu; dans les lieux saints consacrés à saint Paul et, pour l’utilité des fidèles, en d’autres lieux désignés par l’Evêque lui-même.

III. Enfin, les fidèles empêchés par des maladies ou d’autres graves causes légitimes, toujours avec l’âme détachée de tout péché et avec l’intention de remplir les conditions habituelles à peine cela sera possible, pourront eux aussi obtenir l’Indulgence plénière, s’ils s’unissent spirituellement à une célébration jubilaire en l’honneur de saint Paul, en offrant à Dieu leurs prières et leurs souffrances pour l’unité des chrétiens.

Ensuite, afin que les fidèles puissent plus facilement recevoir ces faveurs célestes, que les prêtres, approuvés pour l’écoute des confessions par les autorités ecclésiastiques compétentes, soient prêts à les accueillir avec disponibilité et générosité

.Le Décret présent est valable uniquement pendant l’Année paulinienne. Nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, du siège de la Pénitencerie apostolique, le 10 mai, année de l’incarnation du Seigneur 2008, veille de la Pentecôte.

James Francis Card. STAFFORD

Grand Pénitencier

S.Exc. Mgr Gianfranco GIROTTI,

o.f.m. conv.

bonne nuit avec Saint Paul

9 juin, 2008

bonne nuit avec Saint Paul dans image bon nuit, jour, dimanche etc. 20%20DENNIS%2001%20PAUL%20FAIT%20VOILE%20VERS%20ROME
http://www.artbible.net/2NT/Act2127_Paularrested_toRome/index.htm

« Heureux les pauvres de coeur »

9 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=06/09/2008#

Isaac de l’Étoile (?-vers 1171), moine cistercien
Sermon 1, pour la Toussaint (trad. cf SC 130, p.93s)

« Heureux les pauvres de coeur »

Tous les hommes sans exception désirent le bonheur, la béatitude. Mais ils ont sur elle des idées différentes : pour l’un, elle est dans la volupté des sens et la douceur de la vie ; pour un autre, dans la vertu ; pour un autre, dans la connaissance de la vérité. C’est pourquoi celui qui enseigne tous les hommes…commence par redresser ceux qui s’égarent, dirige ceux qui sont sur la route, et accueille ceux qui frappent à la porte… Celui donc qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6) redresse, dirige, accueille, et il commence par cette parole : « Heureux les pauvres en esprit ».

La fausse sagesse de ce monde, qui est vraiment folie (1Co 3,19), se prononce sans comprendre ce qu’elle affirme ; elle déclare bienheureuse « la race étrangère, dont la main droite est remplie d’injustice, dont la bouche profère le mensonge » parce que « leurs greniers sont pleins et débordants, leurs brebis fécondes et leurs vaches grasses » (Ps 143,7-13). Mais toutes leurs richesses sont incertaines, leur paix n’est pas la paix (Jr 6,14), leur joie est stupide. Au contraire, la Sagesse de Dieu, le Fils par nature, la main droite du Père, la bouche qui dit la vérité, proclame bienheureux les pauvres, destinés à être rois, rois du Royaume éternel. Il semble dire : « Vous cherchez la béatitude, mais elle n’est pas où vous cherchez ; vous courez, mais hors du chemin. Voici le chemin qui conduit au bonheur : la pauvreté volontaire à cause de moi, tel est le chemin. Le Royaume des cieux en moi, voilà la béatitude. Vous courez beaucoup mais mal ; plus vous allez vite, plus vous vous éloignez du terme…»

Ne craignons pas, frères. Nous sommes pauvres ; écoutons le Pauvre recommander aux pauvres la pauvreté. Nous pouvons croire en son expérience. Pauvre il est né, pauvre il a vécu, pauvre il est mort. Il n’a pas voulu s’enrichir ; oui, il a accepté de mourir. Croyons donc la Vérité qui nous indique le chemin vers la vie. Il est ardu, mais il est court ; la béatitude, elle, est éternelle. Le chemin est étroit, mais il mène à la vie (Mt 7,14).

à Paul, Apôtre de l’amour

9 juin, 2008

à Paul, Apôtre de l’amour

(traduction, come toujours, imparfait)

transparaît le monde

personne connue

entre et il sort

dans le chemin du temps;

qui es toi visiteur?

est-ce que tu restes

écoute nos voix faillible

d’où tout est accompli?

je te connais,

tu que as voyagé,

par terre et par mer,

tribulations et naufrages;

méditerranéen en fuite

te parles de douleur,

des temps connus,

et il te mène au dessein,

naufrage et puis à Rome,

les gens t’attendent,

ils t’attendent ces christes,

est préparé martyre;

Apôtre de l’Amour.

Gabriella

8. 6 2008

Saint Mattieu evangestiste pour L’année A

8 juin, 2008

Saint Mattieu evangestiste pour L'année A dans images sacrée

http://santiebeati.it/

LETTRE DE SAINT IGNACE D’ANTIOCHE AUX ROMAINS

8 juin, 2008

je présente aujourd’hui deux post sur Saint Ignace soit parce que la première lecture d’aujourd’hui dans L’Office des Lectures il est de Saint Ignace, soit parce que je suis en train de tâcher d’étudier la présence de la pensée de Saint Paul dans les écrits du père apostolique;

Liturgie des Heures – Office des Lectures – 8 giugno 2008

LETTRE DE SAINT IGNACE D’ANTIOCHE AUX ROMAINS

« Pour moi, vivre, c’est le Christ »

Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l’Église, qui a obtenu miséricorde par la magnificence du Père très-haut et de Jésus Christ, son Fils unique ; à l’Église bien-aimée, éclairée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l’amour envers Jésus Christ, notre Dieu; à l’Église qui préside dans la région de Rome ; l’Église digne de Dieu, digne d’être honorée, digne d’être appelée bienheureuse, digne de réussir selon ses voeux, digne par sa pureté dans la foi ; l’Église qui préside à la charité, qui possède la loi du Christ, qui porte le nom du Père. Je la salue au nom de Jésus Christ, le Fils du Père. Et aux frères unis par la chair et l’esprit à tous ses commandements, comblés irrévocablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute erreur étrangère, je souhaite en Jésus Christ notre Dieu une joie surabondante et pure.

Par mes prières, j’ai obtenu du Seigneur la faveur de voir vos visages dignes de Dieu, ce que j’avais demandé avec insistance. Enchaîné dans le Christ Jésus, j’espère vous saluer, si du moins c’est la volonté de Dieu, que je mérite d’aller jusqu’au bout. L’affaire est bien engagée pourvu que j’obtienne la grâce d’atteindre mon destin sans rencontrer d’obstacle. Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car il vous est facile de faire ce que vous voulez; quant à moi. il m’est difficile d’atteindre Dieu, si vous ne me laissez pas faire.

Je ne veux pas que vous cherchiez à plaire aux hommes, mais à Dieu, comme vous le faites déjà. Pour moi, jamais je n’aurai une telle occasion d’atteindre Dieu et vous, si vous gardez le silence, vous ne pourrez contribuer à une oeuvre meilleure. Si vous gardez le silence à mon égard, je serai à Dieu ; mais si vous aimez ma vie corporelle, je devrai recommencer à courir mon épreuve. Vous ne pouvez rien me procurer de plus beau que d’être offert à Dieu en sacrifice, tandis que l’autel est encore prêt; ainsi, vous chanterez avec l’unisson de la charité, en l’honneur du Père, dans le Christ Jésus, parce que Dieu a bien voulu accueillir en lui l’évêque de Syrie que je suis, après l’avoir amené du levant au couchant. Il est bon pour moi d’aller vers mon déclin, en quittant ce monde pour rejoindre Dieu, afin de me lever en lui.

Saint Ignace d’Antioche

8 juin, 2008

du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/10/17.php

17 octobre

Saint Ignace d’Antioche

Historique

Vers l’an 34, des chrétiens de Jérusalem, fuyant la persécution, entraient à Antioche, capitale de la province romaine de Syrie et troisième ville de l’Empire, après Rome et Alexandrie, par une belle route, pavée de pierres et sur quatre kilomètres bordée de colonnes, construite par le roi Hérode. « Quelques-uns d’entre eux, citoyens de Chypre et de Cyrène, arrivés à Antioche, commencèrent à parler aussi aux Grecs, prêchant la Bonne Nouvelle du Seigneur Jésus. Et la main du Seigneur était avec eux, et ainsi une grande multitude crut et se convertit au Seigneur. La nouvelle parvint aux oreilles de l’Eglise de Jérusalem, laquelle envoya Barnabé à Antioche.[1]

» On était en l’an 37 : « Quand il arriva et vit la grâce du Seigneur, il se réjouit.[2] » Barnabé, un homme fort et cordial, après avoir exhorté les chrétiens « à persévérer d’un cœur résolu dans le Seigneur », était allé à Tarse pour rejoindre Paul qui l’emmena à Antioche où « ils restèrent ensemble une année entière et enseignèrent de grandes foules. A Antioche, disent encore les Actes des Apôtres, pour la première fois les disciples furent appelés chrétiens. » La nouvelle communauté devint presque plus grande et plus importante que celle de Jérusalem qu’elle aidera dix ans plus tard, après quoi, Pierre lui-même en prit la tête qu’il laissa à Hévodius, à qui, vers 70 succéda Ignace.

Lorsqu’il fut élu évêque, Ignace n’avait probablement pas plus de trente ans, et, outre Antioche, il était également responsable de l’Eglise de Syrie et de Cilicie. Sans doute natif d’Antioche, Ignace est peut-être le fils de deux des premiers convertis, à moins que, né dans une famille païenne il se soit converti très jeune au contact des chrétiens de la métropole. En tous cas, il habitait dans cette ville régulièrement fréquentée par Pierre, Paul et d’autres Apôtres et qu’assurément il les connut.

Après avoir gouverné pendant au moins trois décennies, l’Eglise d’Antioche, il fut arrêté dans des circonstances étranges, puisque après la mort de Domitien[3], l’Eglise bénéficiait d’une courte période de paix. C’est à cette époque que, de Bithynie, sur la Mer noire, Pline le Jeune[4], gouverneur entre 111 et 113, écrivit à Trajan une lettre qui est le plus ancien document officiel connu sur les rapports entre les chrétiens et l’Empire romain ; Pline demandait comment il fallait se comporter avec les chrétiens, et il rapportait avoir interrogé deux femmes chrétiennes et les avoir soumises à la torture : « Je n’ai rien trouvé d’autre, écrit-il, qu’une superstition méchante et effrénée. » Trajan répondit qu’il ne fallait pas pourchasser les chrétiens (conquirendi non sunt), mais qu’en cas de dénonciation privée, non anonyme, ils devaient être condamnés. Ignace fut précisément l’objet d’une dénonciation qui émanait de citoyens poussés par la haine. Il fut donc arrêté et, ayant avoué être chrétien, il fut enchaîné et envoyé à Rome, sous la garde d’une féroce escorte militaire, pour y subir l’exécution capitale.

Le voyage, par mer et par terre, fut pour lui et ses compagnons une Via Crucis : « Je lutte contre des animaux féroces, je suis enchaîné à dix léopards, un groupe de soldats qui deviennent de plus en plus méchants même s’ils reçoivent des bénéfices. En somme, je suis instruit au mieux sous leurs injustices.[5] » Mais, malgré eux, cela devint chemin faisant un extraordinaire voyage apostolique, qui confirma dans la foi toutes les communautés chrétiennes du bassin méditerranéen. Le bateau sur lequel Ignace était enchaîné fit une longue escale à Smyrne où les chrétiens, guidés par saint Polycarpe[6], accueillirent des fidèles de toutes les communautés environnantes (Ephèse, Magnésie, Tralle) qui voulaient rencontrer Ignace, lui dire leur affection, l’écouter. Ignace leur écrivit et leur remit trois lettres de remerciement pour leurs communautés. Il écrira aussi aux frères de Rome, où l’attendait le martyre. Après Smyrne, le bateau fait escale à Troade d’où il écrivit aux communautés de Philadelphie et de Smyrne, et aussi à Polycarpe.

Ces lettres constituent l’un des plus anciens témoignages sur la vie des premiers chrétiens. « Vous êtes tous des compagnons de route (…) qui avez Jésus-Christ parmi vous. (…) Avec vous je suis dans l’allégresse. Priez sans cesse pour les autres hommes. Car il y a pour eux l’espoir du repentir. (…) Soyez leurs frères (…) demeurez en Jésus-Christ dans la chair et dans l’esprit. Où est le sage ? Où est le débatteur ? Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie, selon l’économie divine, est né de la race de David et du Saint-Esprit (…) Tous les astres étaient troublés, se demandant d’où venait pareille nouveauté, si différente d’eux. Alors toute magie fut détruite, tout lien de malice aboli, l’ignorance fut dissipée, l’ancien pouvoir ruiné, quand Dieu apparut sous forme humaine pour une nouveauté de vie éternelle : ce qui avait été décrété par Dieu commençait à se réaliser. Ainsi tout était troublé, parce que la destruction de la mort se préparait.[7] »

Evêque de la première métropole païenne touchée par le christianisme, Ignace exhorte sans se lasser les chrétiens à fuir les hérésies qui, déjà à cette époque, menaçait les communautés : « Il faut les éviter, comme des bêtes sauvages. Ce sont des chiens enragés qui mordent furtivement. Vous devez vous en garder, car leurs morsures sont difficiles à guérir. Il n’y a qu’un seul médecin, charnel et spirituel, engendré et non créé, venu dans la chair, vie véritable dans la mort, né de Marie et né de Dieu, d’abord susceptible de souffrir et maintenant impassible, Jésus-Christ notre Seigneur.[8] » « Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la lignée de David, né de Marie, qui est vraiment né, qui a mangé et qui a bu, qui a vraiment été persécuté sous Ponce Pilate, qui a vraiment été crucifié, et qui est mort, devant le ciel, la terre et les enfers, et puis qui est vraiment ressuscité d’entre les morts. (…) Car si, comme le soutiennent certains athées, à savoir des infidèles, il n’a souffert qu’en apparence – alors eux-mêmes n’existent qu’en apparence, et moi, pourquoi suis-je ici enchaîné ? Pourquoi donc désirer combattre contre les bêtes sauvages ? C’est donc pour rien que je me livre à la mort. (…) Fuyez donc ces mauvaises plantes parasites : elles donnent un fruit qui tue.[9] »

La plus bouleversante de ses lettres est assurément celle qu’il écrivit de Smyrne à la communauté de Rome ; il y souligne que l’Eglise de Rome préside à la pureté de la foi et de la charité ; Comme c’était aussi une Eglise capable de trouver des appuis jusque dans la maison de César (à vous il est facile de faire ce que vous voulez), Ignace l’implorait de ne rien faire pour lui, parce qu’il désirait offrir sa vie : « Je suis pour vous un rachat ; il ne lui demandait qu’une seule : Priez pour que je sois un vrai chrétien, car le christianisme n’est pas une affaire d’éloquence humaine, mais une œuvre de puissance, quand il est haï par le monde. »

Ignace est enthousiaste de pouvoir mener cette ultime bataille pour Jésus-Christ. Mais, avec beaucoup d’humanité, il avoue aussi sa faiblesse devant ce qui l’attend : « Priez pour moi, pour que je surmonte l’épreuve car je suis encore en danger. » Arrivé à Rome dans les chaînes, Ignace ne manqua pas l’épreuve : conduit dans le cirque, il fut déchiré par les bêtes féroces.

[1] Actes des Apôtres XI 20-22.

[2] Actes des Apôtres XI 23.

[3] Domitien, second fils de Vespasien, succéda à son frère Titus et fut empereur de 81 à 96. Après l’assassinat de Domitien qui appartenait à la dynastie des Flaviens, règne Nerva (de 96 à 98) qui commence le règne de la dynastie des Antonins (Trajan, de 98 à 117 ; Hadrien, de 117 à 138 ; Antonin le Pieux de 138 à 161 ; Marc Aurèle, de 161 à 180 ; Commode de 180 à 192).

[4] Fils adoptif de Pline l’Ancien (23-79), Pline le Jeune (61-114), avocat célèbre et grand orateur, fut consul en 100, puis légat de l’Empereur en Bithynie (111-112).

[5] Epître d’Ignace d’Antioche aux Romains.

[6] En la personne de l’évêque Polycarpe, c’était le dernier témoin de l’âge apostolique qui, le 23 février 155, montait sur le bûcher au milieu du théâtre de Smyrne, en présence de tout le peuple. Polycarpe a ait été le disciple de Jean. Il avait vu de ses yeux et entendu de ses oreilles celui dont les mains avaient touché le Verbe de vie, et il avait recueilli du disciple que Jésus aimait le commandement de l’amour fraternel. Aussi retrouvons-nous quelque chose de la sérénité et de la tendresse propres aux écrits de Jean dans le récit que les chrétiens de Smyrne ont laissé de la mort de leur évêque. Comme le proconsul pressait Polycarpe de renier le Christ, celui-ci répondit : « Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers et jamais il ne m’a fait aucun mal. Pourquoi donc blasphémerais-je mon Roi et mon Sauveur ? » Lié au poteau du bûcher, il priait ainsi : « Dieu de toute la création, je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs et de participer au calice de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle de l’âme et du corps dans l’incorruptibilité de l’Esprit Saint » (voir au 23 février).

[7] Epître d’Ignace d’Antioche aux Ephésiens.

[8] Epître d’Ignace d’Antioche aux Ephésiens.

[9] Epître d’Ignace d’Antioche aux chrétiens de Tralle.

bonne nuit

7 juin, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. Agapanthus%20campanulatus

Agapanthus campanulatus

http://www.mygarden.me.uk/august2004.htm

« Elle a tout donné »

7 juin, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=06/07/2008#

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Manuscrit autobiographique B,1 (OC, Cerf DDB 1996, p. 219)

« Elle a tout donné »

« Je veux te faire lire dans le livre de vie, où est contenue la science d’Amour ». La science d’Amour, oh oui ! cette parole résonne doucement à l’oreille de mon âme, je ne désire que cette science-là ; pour elle, ayant donné toutes mes richesses, j’estime, comme l’épouse [du Cantique des] cantiques, n’avoir rien donné (Ct 8,7). Je comprends si bien qu’il n’y a que l’amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j’ambitionne.

Jésus se plaît à me montrer l’unique chemin qui conduit à cette fournaise divine ; ce chemin c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son Père. « Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi » a dit l’Esprit Saint par la bouche de Salomon (Pr 9,4) et ce même Esprit d’amour a dit encore que « La miséricorde est accordée aux petits » (Sg 6,6). En son nom, le prophète Isaïe nous révèle qu’au dernier jour « Le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu’il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein » (Is 40,11)…

Ah ! si toutes les âmes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les âmes, l’âme de votre petite Thérèse, pas une seule ne désespérerait d’arriver au sommet de la montagne de l’amour, puisque Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissance. Il a dit dans le psaume 49 : « Je n’ai nul besoin des boucs de vos troupeaux, parce que toutes les bêtes des forêts m’appartiennent et les milliers d’animaux qui paissent sur les collines… Immolez à Dieu des sacrifices de louanges et d’actions de grâces ». Voilà donc tout ce que Jésus réclame de nous, il n’a point besoin de nos oeuvres, mais seulement de notre amour. Car ce même Dieu qui déclare n’avoir point besoin de nous dire s’il a faim (Ps 49) n’a pas craint de mendier un peu d’eau à Samaritaine (Jn 4,7). Il avait soif… Il avait soif d’amour. Ah ! je le sens plus que jamais, Jésus est altéré, il ne rencontre que des ingrats et des indifférents parmi les disciples du monde. Et parmi ses disciples à lui, il trouve, hélas ! peu de coeurs qui se livrent à lui sans réserve, qui comprennent toute la tendresse de son amour infini.

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