Archive pour mai, 2008

Sandro Magister: Un problème américain: faut-il ou non donner la communion aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement?

6 mai, 2008

 du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/200122?fr=y

Un problème américain: faut-il ou non donner la communion aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement?

La polémique fait rage aux Etats-Unis après que Nancy Pelosi, John Kerry, Ted Kennedy et Rudy Giuliani ont communié au cours des messes pontificales. Le cardinal Egan condamne fermement l’ancien maire de New York. Les thèses de Joseph Ratzinger sur cette question

par Sandro Magister

ROMA, le 2 mai 2008

Comme après chacun de ses voyages, Benoît XVI, de retour à Rome, a consacré sa première audience publique à sa visite aux Etats-Unis.

Le pape est revenu sur toutes les étapes de son voyage, en témoignant à nouveau de sa grande sympathie à l’égard du pays quil a visité:

… un grand pays qui, dès le début, a été édifié sur la base dune heureuse association de principes religieux, éthiques et politiques et qui constitue encore maintenant un exemple solide de saine laïcité, où la dimension religieuse, dans la diversité de ses expressions, est non seulement tolérée mais aussi valorisée en tant qu’‘âme de la nation et garantie fondamentale des droits et des devoirs de lhomme.

Cependant, le voyage de Benoît XVI na pas donné lieu qu’à cette réflexion. Une semaine après le retour du pape à Rome, un contrecoup bruyant et inattendu a éclaté aux Etats-Unis.

Le motif: des hommes et femmes politiques catholiques pro choice, cest-à-dire favorables à lavortement libre, ont communié pendant les messes pontificales.

A Washington, lors de la messe au Nationals Park, Nancy Pelosi, présidente de la chambre, et les sénateurs John Kerry, Edward Kennedy et Christopher Dodd ont reçu la communion. A New York, lancien maire de la ville Rudolph Giuliani a fait de même au cours de la messe à la cathédrale Saint-Patrick. Leur geste a été rapporté par les médias car certains dentre eux lavaient annoncé.

Pendant quelques jours, ces communions dhommes politiques pro choice nont pas provoqué de réactions particulières. Le silence a été rompu par le commentaire de Robert Novak, un chroniqueur conservateur combatif, paru le 28 avril dans le Washington Post.

Novak souligne que les cinq personnes en question ont reçu la communion non pas du pape mais du nonce apostolique aux Etats-Unis, larchevêque Pietro Sambi. Il rappelle quen 2004 Joseph Ratzinger, alors cardinal, a écrit que les hommes politiques catholiques pro choice ne doivent pas recevoir la communion. Sappuyant sur des sources vaticanes anonymes, Novak ajoute que Ratzinger, devenu pape, na pas changé davis. Et de conclure que le geste des cinq reflète la désobéissance à Benoît XVI des archevêques de New York et Washington, leurs protecteurs.

Quelques heures après la parution de larticle de Novak dans le Washington Post, lun des deux archevêques mis en cause, le cardinal de New York, Edward Egan, a diffusé le communiqué suivant:

LEglise catholique enseigne clairement que lavortement est une grave offense à la volonté de Dieu. Quand j’étais archevêque de New York, jai répété cet enseignement dans mes sermons, mes articles, mes discours et mes interviews, sans aucune hésitation ni compromis. Pour cette raison, lorsque je suis devenu archevêque de New York et que Rudolph Giuliani était maire de New York, nous avons convenu quil ne recevrait pas leucharistie à cause de ses positions pro avortement bien connues. Je regrette profondément que Rudolph Giuliani ait reçu leucharistie pendant la visite du pape à New York. Je vais essayer de le rencontrer pour linviter à continuer de respecter notre accord.

Peu après, le porte-parole de Giuliani, Sunny Mindel, répondait ainsi au communiqué dEgan:

Le maire Rudy Giuliani désire bien sûr rencontrer le cardinal Egan. Comme il la déjà dit, la foi du maire Giuliani est un sujet profondément personnel qui doit rester confidentiel.

Cet échange entre le cardinal et lancien maire de New York a remis en évidence une question qui agite depuis des années lEglise catholique américaine. La dernière crise remonte à l’été 2004, à loccasion des dernières élections présidentielles.

Cette année-là, le candidat démocrate à la Maison Blanche était le catholique pro choice John Kerry. Larchevêque de Saint-Louis, Raymond Burke, a refusé de lui donner la communion, mais dautres évêques ont agi autrement.

Début juin 2004, le cardinal Ratzinger a envoyé de Rome une note comportant des indications précises sur la question au cardinal Theodore E. McCarrick, archevêque de Washington et chef de la commission pour la domestic policy de la conférence des évêques des Etats-Unis.

La note était confidentielle mais elle a été diffusée dans son intégralité par www.chiesa.

La voici reproduite à nouveau ci-dessous. Sa thèse est sans équivoque: pas de communion eucharistique pour les hommes politiques catholiques qui font systématiquement campagne pour lavortement

Mais les évêques des Etats-Unis, réunis en assemblée générale, avaient voté à la majorité que c’était à chaque évêque de décider sil fallait donner ou non la communion aux hommes politiques catholiques pro avortement. Le cardinal Ratzinger ne s’était pas opposé à cette façon dappliquer la norme, écrivant même quil considérait ce choix comme very much in harmony avec ses indications.

George Bush ayant été réélu à la Maison Blanche, la question est tombée aux oubliettes. Elle na même pas ressurgi dans la campagne actuelle pour les prochaines élections présidentielles, aucun des candidats n’étant catholique.

Maintenant que laffaire fait à nouveau du bruit, on a le sentiment que les évêques des Etats-Unis ont adopté une ligne plus stricte. Le cardinal Egan a marqué un point, en ne se contentant pas de rappeler des principes généraux mais en critiquant directement un homme politique connu, allant même jusqu’à laccuser davoir violé un accord confidentiel qui les liait.

Ces questions ne se posent même pas en Europe et en Italie. Le fait que des hommes politiques catholiques pro choice communient ne suscite pas de réactions particulières. Leur choix est donné à la conscience personnelle.

Le fait quaux Etats-Unis, en revanche, la question soit aussi sensible est un autre signe de la diversité du paysage politico-religieux de part et dautre de lAtlantique: une diversité soulignée plusieurs fois par Benoît XVI au cours de son voyage et après, lors de laudience du mercredi 30 avril.

Aux Etats-Unis, la religion est une affaire publique, beaucoup plus et bien autrement quen Europe. Avec les conséquences que cela implique.

__________

Etre digne de recevoir la sainte communion. Principes généraux

par Joseph Ratzinger, juin 2004

1. Se présenter pour recevoir la sainte communion devrait être une décision réfléchie, fondée sur un jugement raisonné permettant de savoir si lon est digne de communier selon les critères objectifs de lEglise. Il faut se poser des questions comme Suis-je en pleine communion avec lEglise catholique? Suis-je coupable dun péché grave? Ai-je encouru des peines (comme une excommunication ou une interdiction) qui minterdisent de recevoir la sainte communion? Me suis-je préparé en jeûnant depuis une heure au moins?. Le fait de se présenter sans réflexion à recevoir la sainte communion, simplement parce que lon est présent à la messe, est un abus qui doit être corrigé (cf. linstruction Redemptoris Sacramentum, n° 81, 83).

2. LEglise enseigne que lavortement ou leuthanasie sont des péchés graves. Lencyclique Evangelium Vitae, se référant à des décisions de justice ou à des lois civiles autorisant ou encourageant lavortement ou leuthanasie, établit quil existe une obligation importante et précise de sy opposer par lobjection de conscience. [] Dans le cas dune loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet lavortement ou leuthanasie, il nest jamais licite de sy conformer, ni de participer à une campagne dopinion en faveur dune telle loi, ni de voter pour elle (n. 73). Les chrétiens sont appelés, en vertu dun grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien quadmises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu. En effet, du point de vue moral, il nest jamais licite de coopérer formellement au mal. [] Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté dautrui ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert (n. 74).

3. Les questions morales nont pas toutes le même poids moral que lavortement ou leuthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur lapplication de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas considéré pour cette raison comme indigne de se présenter pour recevoir la sainte communion. LEglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et à faire preuve de modération et de miséricorde dans lapplication dune peine aux criminels. Toutefois, il peut être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou davoir recours à la peine capitale. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur lavortement et leuthanasie.

4. Indépendamment du jugement que chacun porte sur sa propre dignité à se présenter pour recevoir la sainte eucharistie, le ministre de la sainte communion peut se trouver dans une situation où il doit refuser de distribuer la sainte communion à quelquun, comme dans les cas dexcommunication déclarée, dinterdit déclaré ou de persistance obstinée dans un péché grave manifeste (cf. can. 915).

5. Concernant les péchés graves davortement ou deuthanasie, lorsque la coopération formelle dune personne devient manifeste (comprendre: lorsquun homme politique catholique fait systématiquement campagne pour lavortement et leuthanasie et vote des lois permissives sur ces sujets), son pasteur devrait le rencontrer, lui expliquer lenseignement de lEglise, linformer quil ne doit pas se présenter à la sainte communion tant quil naura pas mis fin à sa situation objective de péché, sans quoi leucharistie lui sera refusée.

6. Au cas où ces mesures préventives nauraient pas eu deffet ou nauraient pas été possibles et si la personne en question, faisant preuve dobstination, se présente malgré tout pour recevoir la sainte eucharistie, le ministre de la sainte communion doit refuser de la lui donner (cf. la déclaration du conseil pontifical pour linterprétation des textes législatifs, Sainte communion et catholiques divorcés et remariés civilement, 2000, n° 3-4). Cette décision nest à proprement parler ni une sanction ni une peine. Le ministre de la sainte communion ne formule pas non plus un jugement sur la faute subjective de la personne; il réagit plutôt à lindignité publique de cette personne à recevoir la sainte communion, en raison dune situation objective de péché.

[N.B. Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal et donc indigne de se présenter à la sainte communion sil votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur lavortement et/ou leuthanasie. Quand un catholique ne partage pas la position dun candidat en faveur de lavortement et/ou de leuthanasie mais vote pour lui pour dautres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons convenables.]

Pape Benoît (14 février 2007) : Les femmes au service de l’Evangile

6 mai, 2008

du site: 

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070214_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 14 février 2007

Les femmes au service de l’Evangile

Chers frères et sœurs,

Nous sommes parvenus aujourd’hui au terme de notre parcours parmi les témoins des débuts du christianisme que mentionnent les écrits néo-testamentaires. Et au cours de la dernière étape de ce premier parcours, nous consacrerons notre attention aux nombreuses figures de femmes qui ont accompli un rôle efficace et précieux dans la diffusion de l’Evangile. Leur témoignage ne peut être oublié, conformément à ce que Jésus lui-même dit de la femme qui lui versa de huile sur la tête, peu avant la Passion: « En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé cet Evangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire » (Mt 26, 13; Mc 14, 9). Le Seigneur veut que ces témoins de l’Evangile, ces figures qui ont apporté une contribution afin de faire croître la foi en Lui, soient connues et que leur mémoire soit vivante dans l’Eglise. Sur le plan historique, nous pouvons distinguer le rôle des femmes dans le christianisme des origines, au cours de la vie terrestre de Jésus et au cours des événements de la première génération chrétienne.

Bien sûr, comme nous le savons, Jésus choisit parmi ses disciples douze hommes comme Pères de la nouvelle Israël; il les choisit pour « être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 14-15). Ce fait est évident mais, outre les Douze, piliers de l’Eglise, pères du nouveau Peuple de Dieu, de nombreuses femmes sont également choisies au nombre des disciples. Je n’évoquerai que très brièvement celles qui se trouvent sur le chemin de Jésus lui-même, en commençant par la prophétesse Anne (cf. Lc 2, 36-38) jusqu’à la Samaritaine (cf. Jn 4, 1-39), à la femme syrophénicienne (cf. Mc 7, 24-30), à l’hémorroïsse (cf. Mt 9, 20-22) et à la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Je ne me réfère pas non plus aux protagonistes de certaines paraboles efficaces, par exemple la femme qui fait le pain (Mt 13, 33), la femme qui perd une drachme (Lc 15, 8-10), la veuve qui importune le juge (Lc 18, 1-8). Les femmes qui ont joué un rôle actif dans le cadre de la mission de Jésus sont plus importantes pour notre réflexion. En premier lieu, ma pensée se tourne naturellement vers la Vierge Marie, qui à travers sa foi et son oeuvre maternelle, collabora de façon unique à notre Rédemption, au point qu’Elisabeth put la proclamer « bénie entre les femmes » (Lc 1, 42), en ajoutant « bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). Devenue disciple du Fils, Marie manifesta à Cana une entière confiance en Lui (cf. Jn 2, 5) et le suivit jusque sous la Croix, où elle reçut de Lui une mission maternelle pour tous ses disciples de tout temps, représentés par Jean (cf. Jn 19, 25-27). Viennent ensuite diff

érentes femmes qui, à titre divers, gravitent autour de la figure de Jésus en ayant des fonctions de responsabilité. Un exemple éloquent est représenté par les femmes qui suivaient Jésus pour l’assister de leurs biens, et dont Luc nous transmet certains noms: Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et « plusieurs autres » (cf. Lc 8, 2-3). Puis, les Evangiles nous informent que les femmes, à la différence des Douze, n’abandonnèrent pas Jésus à l’heure de la Passion (cf. Mt 27, 56.61; Mc 15, 40). Parmi elles ressort en particulier Marie-Madeleine, qui non seulement assista à la Passion, mais fut également la première à témoigner et à annoncer le Ressuscité (cf. 20, 1. 11-18). C’est précisément à Marie de Magdala que saint Thomas d’Aquin réserve le qualificatif particulier d’ »apôtre des apôtres » (apostolorum apostola), lui consacrant ce beau commentaire: « De même qu’une femme avait annoncé au premier homme des paroles de mort, ainsi, une femme annonça en premier aux apôtres des paroles de vie » (Super Ioannem, ed. Cai, 2519).

Dans le domaine de l’Eglise des débuts également, la présence des femmes n’est absolument pas secondaire. Nous n’insistons pas sur les quatre filles non nommées du « diacre » Philippe, résidant à Cesarée Marittime, et toutes dotées, comme nous le dit saint Luc, du « don de prophétie », c’est-à-dire de la faculté d’intervenir publiquement sous l’action de l’Esprit Saint (cf. Ac 21, 9). La brièveté de l’information ne nous permet pas de déductions plus précises. Nous devons plutôt à saint Paul une plus ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Il part du principe fondamental selon lequel pour les baptisés, non seulement « il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre », mais également « il n’y a ni homme ni femme ». La raison est que « tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), c’est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, bien que chacun soit doté de fonctions spécifiques (cf. 1 Co 12, 27-30). L’apôtre admet comme quelque chose de normal que dans la communauté chrétienne, la femme puisse « prophétiser » (1 Co 11, 5), c’est-à-dire se prononcer ouvertement sous l’influence de l’Esprit, du moment que cela soit pour l’édification de la communauté et fait avec dignité. C’est pourquoi la célèbre exhortation suivante, à ce que « les femmes gardent le silence dans les assemblées » (1 Co 14, 34) doit être plutôt relativisée. Nous laissons aux exégètes le problème, très débattu, qui en découle, de la relation apparemment contradictoire, entre la première affirmation – les femmes peuvent prophétiser dans l’assemblée – et la seconde – les femmes ne peuvent pas parler. Ce n’est pas ici qu’il doit être débattu. Mercredi dernier nous avons déjà rencontré la figure de Prisca ou Priscille, femme d’Aquilas, qui dans deux cas, de manière surprenante, est mentionnée avant son mari (cf. Ac 18, 18; Rm 16, 3): l’une et l’autre sont cependant explicitement qualifiés par Paul comme ses sun-ergoús « collaborateurs » (Rm 16, 3). Certains autres faits ne peuvent pas

être négligés. Il faut prendre acte, par exemple, que la brève Lettre à Philémon est en réalité également adressée par Paul à une femme appelée « Apphia » (cf. Ph 2). Des traductions latines et syriaques du texte grec ajoutent à ce nom « Apphia », l’appellation de « soror carissima » (ibid.), et l’on doit dire que dans la communauté de Colosse, celle-ci devait occuper une place importante; quoi qu’il en soit, c’est l’unique femme mentionnée par Paul parmi les destinataires d’une de ses lettres. Ailleurs, l’Apôtre mentionne une certaine « Phébée », qualifiée comme diákonos de l’Eglise de Cencrées, petite ville portuaire située à l’est de Corinthe (cf. Rm 16, 1-2). Bien que le titre, à cette époque, n’ait pas encore de valeur ministérielle spécifique de type hiérarchique, il exprime un véritable exercice de responsabilité de la part de cette femme en faveur de cette communauté chrétienne. Paul recommande de la recevoir cordialement et de l’assister « en toute affaire où elle ait besoin », puis il ajoute: « car elle a pris soin de beaucoup de gens, et de moi aussi ». Dans le même contexte épistolaire, l’Apôtre rappelle avec des accents délicats d’autres noms de femmes: une certaine Marie, puis Tryphène, Tryphose et la « très chère » Persis, en plus de Julie, dont il écrit ouvertement qu’elles se sont « donné beaucoup de peine dans le Seigneur » ou « qui se donnent de la peine dans le Seigneur » (Rm 16, 6.12a.12b.15), soulignant ainsi leur profond engagement ecclésial. Dans l’Eglise de Philippes se distinguèrent ensuite deux femmes appelées « Evodie et Syntykhé » (Ph 4, 2): le rappel que Paul fait de leur concorde réciproque laisse entendre que les deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté.

En somme, l’histoire du christianisme aurait eu un développement bien différent s’il n’y avait pas eu le généreux apport de nombreuses femmes. C’est pourquoi, comme l’écrivit mon cher prédécesseur Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, « L’Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d’elles… L’Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du « génie » féminin apparues au cours de l’histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l’Esprit Saint a doté les femmes dans l’histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine » (n. 31). Comme on le voit, l’éloge concerne les femmes au cours de l’histoire de l’Eglise et il est exprimé au nom de la communauté ecclésiale tout entière. Nous nous unissons nous aussi à cette appréciation en rendant grâce au Seigneur, car Il conduit son Eglise, génération après génération, en s’appuyant indistinctement sur des hommes et des femmes, qui savent faire fructifier leur foi et leur baptême pour le bien du Corps ecclésial tout entier, pour la plus grande gloire de Dieu.

bonne nuit

6 mai, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. akebia_quinata_fruit

Akebia quinata

http://www.ubcbotanicalgarden.org/potd/2005/09/

« Ainsi…il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés »

6 mai, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=05/06/2008#

Saint Irénée de Lyon (vers 130-vers 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, IV, 14 (trad. SC 100, p. 537 rev.)

« Ainsi…il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés »

Au commencement ce n’était pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu a modelé Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits. Car non seulement avant Adam, mais avant même la création, le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui, et il était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : « Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde ». Ce n’était pas davantage parce qu’il avait besoin de notre service qu’il nous a commandé de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur c’est avoir part au salut, comme suivre la lumière c’est avoir part à la lumière.

Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle ; loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; notre service n’apporte rien à Dieu, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu donne la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle…

Si Dieu sollicite le service des hommes, c’est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, si Dieu n’a besoin de rien, l’homme a besoin de la communion de Dieu. La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16). Il indiquait par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire » (Jn 17,24

Sainte Thérèse 31 mai 1897: L’abandon est le fruit délicieux de l’amour

6 mai, 2008

du site: 

http://www.prayer-meditation.eu/spip.php?article130

Sainte Thérèse 31 mai 1897

Labandon est le fruit délicieux de lamour

Il est sur cette terre Un Arbre merveilleux Sa racine, ô mystère ! Se trouve dans les Cieux…

Jamais sous son ombrage Rien ne saurait blesser Là sans craindre l’orage On peut se reposer.

De cet Arbre ineffable L’Amour voilà le nom, Et son fruit délectable S’appelle l’Abandon.Ce fruit dès cette vie Me donne le bonheur Mon âme est réjouie Par sa divine odeur.

Ce fruit quand je le touche Me paraît un trésor Le portant à ma bouche Il m’est plus doux encor.Il me donne en ce monde Un océan de paix En cette paix profonde Je repose à jamais.

Seul l’Abandon me livre En tes bras, ô Jésus C’est lui qui me fait vivre De la vie des Elus.A toi je m’abandonne O mon Divin Epoux Et je n’ambitionne Que ton regard si doux.

Moi je veux te sourire M’endormant sur ton cœur Je veux encore te redire Que je t’aime, Seigneur !Comme la pâquerette Au calice vermeil Moi petite fleurette Je m’entrouve au soleil.

Mon doux Soleil de vie O mon Aimable Roi C’est ta Divine Hostie Petite comme moi…

De sa Céleste Flamme Le lumineux rayon Fait naître dans mon âme Le parfait Abandon.

Toutes les créatures Peuvent me délaisser Je saurai sans murmures Près de toi m’en passerEt si tu me délaisses O mon Divin Trésor Privée de tes caresses Je veux sourire encor.

En Paix je veux attendre Doux Jésus ton retour Et sans jamais suspendre Mes cantiques d’amour.Non, rien ne m’inquiète Rien ne peut me troubler Plus haut que l’alouette Mon âme sait voler.

Au-dessus des nuages Le Ciel est toujours bleu On touche les rivages Où règne le Bon Dieu.

J’attends en paix la gloire Du céleste séjour Car je trouve au Ciboire Le doux fruit de l’Amour !

L’Ascention du Seigneur

5 mai, 2008

L'Ascention du Seigneur dans images sacrée

http://santiebeati.it/

SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR L’ASCENSION ( pour moi l’Ascensione a été hier, dimanche)

5 mai, 2008

SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR L’ASCENSION

Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui.

Écoutons ce que nous dit l’Apôtre: Vous êtes ressuscités ,avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut: c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.

Il a déjà été élevé au-dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel: Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi: J’avais faim, et vous avez donné à manger.

Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.

Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne: Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. ~

Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous: il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.

C’est bien pourquoi saint Paul affirme: Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas: le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit: De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps.

Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.

Deux prières de l’apôtre Paul

5 mai, 2008

du site: 

http://www.bibliquest.org/PF/PF-nt10et12-Deux_prieres_de_Paul_ME1948.htm

Deux prières de l’apôtre Paul

Éph. 3:14-21 ; Col. 1:9-20

Paul Fuzier

 

ME 1948 p. 3. Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières :

1

La prière pour les Éphésiens

1.1

Premier amour

1.2

Que lhomme intérieur soit fortifié

2

La prière pour les Colossiens

2.1

Que Christ ait la première place

2.2

Amour dans la vérité tenir ferme le chef

2.3

Connaissance de Sa volonté marcher dune manière digne du Seigneur Lui plaire à tous égards

3

Conclusion

Dans le premier numéro du Messager Évangélique de l’année 1947, nous rappelions les paroles de l’apôtre : « il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11:28). Nous le faisions dans le sentiment de besoins multiples, demandant à Dieu qu’Il nous accorde d’être animés du même esprit. Continuons à intercéder avec persévérance pour toutes les assemblées. Plus que jamais nous avons besoin de le faire !

Dieu a voulu nous conserver dans sa Parole quelques-unes des prières formulées par l’apôtre en faveur des assemblées auxquelles il pensait avec tant d’amour. Il nous semble particulièrement opportun, au début de cette nouvelle année, d’arrêter notre attention sur deux d’entre elles.

1                        La prière pour les Éphésiens

1.1   Premier amour

L’apôtre Paul, divinement inspiré, a adressé une épître aux chrétiens d’Éphèse, et plus tard l’apôtre Jean communiqua à cette assemblée ce que lui disait pour elle la « grande voix » qu’il entendit à Patmos, dans la journée dominicale. Qu’est-ce qui caractérisait alors cette assemblée ? L’abandon du premier amour. « J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour ». Longtemps auparavant, Dieu savait, quel travail l’ennemi allait opérer dans les cœurs. Il avait donc conduit l’apôtre Paul à adresser à ces croyants l’exhortation qui convenait et l’avait amené à exprimer cette requête : « … afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance, par son Esprit, quant à l’homme intérieur ; de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour ; afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, — et de connaître l’amour du Christ, qui surpasse toute connaissance ; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éph. 3:16 à 19). En lisant Apoc. 2:4, nous comprenons quel discernement avait l’apôtre de l’état des Éphésiens, et nous voyons comment Dieu dirigeait son fidèle serviteur pour qu’il présentât l’exhortation nécessaire et demandât, dans sa prière, exactement ce qui convenait afin que ces croyants fussent gardés des pièges que l’adversaire allait placer devant eux. Du côté de Dieu, jamais rien ne peut manquer !

Nous gémissons sur tant de misère et de manquements, sur tant de choses qui témoignent de l’abandon du premier amour. Cet abandon est la conséquence du fait que nous ne savons pas assez boire à la source, que nous sommes trop peu « enracinés et fondés dans l’amour ». Il y eut, dans l’histoire d’Israël, un moment qui correspondait à la fraîcheur du premier amour. Huit siècles après, l’Éternel déclare à son peuple, par la bouche du prophète : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles… », et dit de lui : « Mon peuple a fait deux maux : ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau » (Jér. 2:2, 13). C’est la même histoire, qu’il s’agisse du peuple terrestre ou de l’Église responsable.

C’est aussi l’illustration de tant de déclins individuels !

1.2   Que l’homme intérieur soit fortifié

Si nous voulons retrouver plus de vie, plus de fraîcheur, plus de fidélité dans notre témoignage, n’oublions pas que le secret est renfermé dans la prière que l’apôtre adressait à Dieu pour les Éphésiens. Notre « homme intérieur » a besoin d’être fortifié et, pour cela, il faut le nourrir de Christ — de Christ agneau rôti, manne et vieux blé du pays. Aucune autre nourriture ne peut nous fortifier « quant à l’homme intérieur » ! Pourquoi sommes-nous si faibles ? Sans aucun doute, parce que nous sommes mal nourris. C’est une vérité incontestée dans le domaine physique, c’est une vérité aussi dans le domaine spirituel. Avons-nous dès l’enfance spirituelle « désiré ardemment le pur lait intellectuel » ? (1 Pierre 2:2). Si, au lieu de nous occuper de Christ et de la Parole, de nous attacher au « sain enseignement », nous allons courir, çà et là, pour chercher des « coloquintes sauvages » (2 Rois 4:38-41), nous nous affaiblirons individuellement et nous deviendrons une cause de faiblesse pour l’assemblée. Le Saint Esprit, dont l’activité a toujours pour but de nous rafraîchir et de nous « fortifier en puissance », veut nous amener à la « source des eaux vives » et nous nourrir de Christ seul (Jean 7:37-39 ; 16:13-15). Ne contristons pas le Saint Esprit, « afin que Christ habite par la foi dans nos cœurs » et soit l’unique objet de nos affections. Nourris de Lui et de son amour, « enracinés et fondés dans l’amour », nous retrouverons le premier amour abandonné, car c’est de son amour même que notre amour vivra !

2                        La prière pour les Colossiens

2.1   Que Christ ait la première place

En écrivant à l’assemblée de Colosses, l’apôtre pensait aussi à celle de Laodicée et il combattait par la prière pour les Laodicéens comme pour les Colossiens. « Car je veux que vous sachiez quel combat j’ai pour vous et pour ceux qui sont à Laodicée, et tous ceux qui n’ont point vu mon visage en la chair, afin que leurs cœurs soient consolés, étant unis ensemble dans l’amour.. » (Col. 2:1 et 2). En terminant sa lettre, il demande « qu’elle soit lue aussi dans l’assemblée des Laodicéens » (4:16). Sans doute les besoins étaient-ils les mêmes à Colosses et à Laodicée. De même qu’à Éphèse, une seconde épître a été adressée à Laodicée (Apoc. 3:14-22). Nous avons vu ce qui caractérisait Éphèse lorsque la deuxième épître lui a été envoyée, nous savons aussi ce qui en était de Laodicée. Beaucoup de prétentions : « je suis riche, et je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien », tandis que l’état réel était tout différent : « tu es le malheureux et le misérable, et pauvre, et aveugle, et nu… ». À Laodicée, Christ n’a pas la première place (Col. 1:18), Il n’a même pas la dernière, Il est à la porte ! « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe… ».

Comme pour Éphèse. Dieu savait aussi, à l’avance, ce qu’il en serait de Laodicée et, par le ministère de l’apôtre, Il adressait à cette assemblée l’exhortation exactement appropriée à ses besoins. C’est la personne de Christ que présente l’apôtre dans son épître aux Colossiens qui devait aussi être lue aux Laodicéens. Il fait briller ses gloires : image du Dieu invisible, premier-né de toute la création, premier-né d’entre les morts, chef du Corps, de l’Assemblée. Et l’exhortation essentielle est celle-ci : tenez ferme le chef ! Serait-Il à la porte, si Laodicée avait tenu ferme le chef ?

2.2   Amour dans la vérité — tenir ferme le chef

Comme autrefois à Colosses, bien des fausses doctrines sont enseignées dans la chrétienté aujourd’hui. Notre manque de discernement spirituel nous met en danger de les recevoir. Certes, c’est une chose excellente et désirable que d’avoir « le cœur large » envers tous les enfants de Dieu. Mais si l’amour ne s’allie pas à la vérité c’est un faux amour, qui nous conduit vite à des associations regrettables, à l’acceptation (volontaire ou tacite) de doctrines opposées à l’enseignement des Écritures. On ne veut pas passer pour un « esprit étroit », on se glorifie même d’une certaine largeur de vue et l’on entr’ouvre la porte — que l’ennemi aura vite fait d’ouvrir complètement — qui conduira à la ruine d’un témoignage fidèle. En présence de tels dangers, écoutons ce que dit l’apôtre aux Colossiens et aux Laodicéens : « Comme donc vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en Lui, enracinés et édifiés en Lui, et affermis dans la foi, selon que vous avez été enseignés, abondant en elle avec des actions de grâces. Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie, par la philosophie et par de vaines déceptions, selon l’enseignement des hommes, selon les éléments du monde, et non selon Christ » (2:6 à 8). Tenons ferme le Chef ! C’est seulement ainsi que nous pourrons être « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu : étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et constance, avec joie, rendant grâces au Père.. » (Col. 1:9-12).

2.3   Connaissance de Sa volonté — marcher d’une manière digne du Seigneur — Lui plaire à tous égards

Être rempli de la connaissance de sa volonté, c’est être débarrassé de toute volonté propre et ne connaître rien d’autre que la volonté de Dieu. Écouter, garder et pratiquer, « ce sera là votre sagesse et votre intelligence » (Deut. 4:1 et 6 ; cf. Col. 1:9). Ce n’est pas une connaissance théorique de la volonté de Dieu, elle a en vue un but pratique : « pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards ». Marcher par l’Esprit, marcher dans l’amour, marcher comme des enfants de lumière, marcher soigneusement, marcher dans la vérité (Gal. 5:16 à 26 ; Éph. 5:2, 8, 15 ; 2 Jean 4), c’est cela « marcher d’une manière digne du Seigneur », reflétant les caractères du divin Modèle. Dans une telle marche, nous pouvons « Lui plaire à tous égards » et jouir de Sa communion, ce qui est indispensable pour « porter du fruit en toute bonne œuvre » (cf. Jean 15:1 à 6). Dieu est alors connu d’une manière réelle et pratique, dans ses caractères, dans tout ce qu’Il est Lui-même (c’est davantage que « la connaissance de sa volonté ») et l’âme peut croître et se développer, puisant dans cette connaissance de Dieu ce qui lui donnera son plein accroissement. La force morale qu’elle a trouvée lui procurera, au milieu des épreuves du désert, « patience et constance, avec joie ». Le racheté est ainsi conduit jusqu’au plus haut degré, il devient un adorateur : « rendant grâces au Père… ». Dieu est connu comme Père (il faut le connaître comme tel pour pouvoir adorer, cf. Jean 4:23) — c’est plus intime que « la connaissance de Dieu ». Il faut d’abord obéir pour « connaître Dieu » ; ensuite, l’on peut jouir de son amour, le Saint Esprit non contristé nous faisant goûter la douceur de notre relation avec Lui comme Père : connaissance de sa volonté — connaissance de Dieu — rendant grâces au Père… Le croyant peut rendre grâces en pensant à tout ce que Dieu a fait pour lui, à tout ce qu’Il lui a donné en lui donnant le « Fils de son amour » !

3                        Conclusion

Notre Dieu est toujours le Même, invariable dans son amour et dans les tendres soins de son amour. Ne sait-Il pas à quels dangers nous serons exposés tout au long de cette année nouvelle, si nous avons à la passer ici-bas ? Beaucoup mieux que nous-mêmes, Il connaît nos besoins et Il veut y répondre parfaitement, nous avertissant, nous exhortant et nous fournissant à l’avance toutes les ressources nécessaires, comme Il le faisait autrefois pour Éphèse et Laodicée. Prenons donc courage, au milieu de tout ce qui est susceptible de nous décourager et puisons abondamment aux ressources divines qui demeurent jusqu’à la fin. « Enracinés et fondés dans l’amour », attachons-nous à Christ, « tenons ferme le chef », nourrissons-nous et nourrissons les âmes de sa Personne et de son amour, afin que nous soyons tous « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu : étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et constance, avec joie, rendant grâces au Père… ».

Oh ! si mes yeux pouvaient sans cesse

Suivre cet astre glorieux ;

Si je pouvais de ta tendresse

Voir tous les reflets radieux ;

Mon âme alors, pleine de zèle,

Saurait t’aimer plus ardemment,

Et, connaissant mieux son Modèle,

Prendrait tout son accroissement.

bonne nuit (bonne journée!!!)

5 mai, 2008

bonne nuit (bonne journée!!!) dans image bon nuit, jour, dimanche etc. baby-alligators-nest-johns-492927-ga

Hatchling Alligators, Big Cypress Swamp, Florida, 1994
Photograph by Chris Johns

Hatchling alligators break free of their shells in Big Cypress Swamp in the Florida Everglades. Babies who have trouble emerging get a surprisingly delicate assist from the tooth-lined jaws of their mother.

(Photo shot on assignment for, but not published in, « Everglades: Dying for Help, » April 1994, National Geographic magazine)

http://photography.nationalgeographic.com/photography/photo-of-the-day/baby-alligators-nest-johns.html

« Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix »

5 mai, 2008

du site: 

http://www.levangileauquotidien.org/www/main.php?language=FR&localTime=05/05/2008#

Saint Silouane (1866-1938), moine orthodoxe
Ecrits spirituels (trad. Bellefontaine 1971, p.51)

« Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix »

N’est-ce pas le Seigneur lui-même qui a dit : « Le Royaume de Dieu est en vous » (Lc 17,21) ? C’est maintenant que commence la vie éternelle… Je vous en prie, mes frères, faites-en la preuve ! Si quelqu’un vous offense, vous calomnie, vous enlève ce qui vous appartient, et même s’il est un persécuteur de la sainte Eglise, priez Dieu et dites : « Seigneur, nous sommes tous tes créatures, aie pitié de tes serviteurs et amène leur coeur à la pénitence ». Alors tu sentiras la grâce dans ton âme. Certes, au début, tu dois faire effort pour aimer tes ennemis ; mais le Seigneur, voyant ta bonne volonté t’aidera en toutes choses et l’expérience elle-même t’indiquera le chemin. Par contre, celui qui médite de mauvaises choses contre ses ennemis ne peut pas posséder l’amour et donc connaître Dieu.

N’être jamais violent avec son frère ; ne le juger jamais ; convaincre dans la douceur et l’amour. L’orgueil et la dureté enlèvent la paix. Aime donc celui qui ne t’aime pas et prie pour lui ; ainsi la paix ne sera point troublée.

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