Archive pour mars, 2008

« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? »

13 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Eglise
Catéchèses baptismales, n° 5 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 232)

« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? »

Il y aurait beaucoup à dire sur la foi. Il nous suffira de jeter un coup d’oeil sur l’un des modèles que l’Ancien Testament nous donne, sur Abraham, puisque nous sommes ses fils par la foi. Celui-ci n’a pas été justifié seulement par les oeuvres, mais aussi par la foi. Il avait fait bien des bonnes actions, mais il n’a été appelé ami de Dieu qu’après avoir fait preuve de sa foi ; toutes ses oeuvres ont tiré leur perfection de sa foi. C’est par la foi qu’il a quitté ses parents ; c’est par la foi qu’il a laissé patrie, pays, maison. De la manière dont il a été justifié, toi aussi, deviens juste ! Par la suite, son corps est devenu incapable d’être père, car il était devenu fort âgé. Sara à qui il s’était uni, était vieille elle aussi ; ils n’avaient donc aucun espoir de postérité. Or Dieu annonce à ce vieillard qu’il deviendrait père, et la foi d’Abraham n’a pas fléchi. Considérant que son corps était déjà bien près de la mort, il ne table pourtant pas sur son impuissance physique, mais sur la puissance de celui qui avait promis, car il jugeait digne de foi celui qui lui avait fait cette promesse. C’est ainsi que de deux corps déjà marqués, en quelque sorte, par la mort, un enfant est né merveilleusement…

C’est l’exemple de la foi d’Abraham qui nous rend tous enfants d’Abraham. De quelle manière ? Les hommes considèrent comme incroyable une résurrection des morts, tout comme il est incroyable que des vieillards déjà marqués par la mort, engendrent une postérité. Mais lorsqu’on nous annonce la bonne nouvelle du Christ, crucifié sur le bois, mort et ressuscité, nous le croyons. C’est donc par la ressemblance de sa foi que nous entrons dans la filiation d’Abraham. Et alors, avec la foi, nous recevons comme lui le sceau spirituel, circoncis dans le baptême par le Saint Esprit.

bonne nuit

12 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. berberis_x_stenophylla_981

Berberis x stenophylla

Berberidaceae

http://www.floralimages.co.uk/yellow.htm

Agir comme Abraham

12 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d’Antioche puis de Constantinople, docteur de l’Église
36ème Homélie sur la Genèse ; PG 53, 339 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 172)

Agir comme Abraham

Regardant la promesse de Dieu et laissant de côté toute vue humaine, sachant que Dieu est capable d’oeuvres dépassant la nature, Abraham a fait confiance aux paroles qui lui avaient été adressées, n’a laissé aucun doute en son esprit et n’a pas hésité sur le sens à donner aux paroles de Dieu. Car c’est le propre de la foi de faire confiance à la puissance de celui qui nous a fait une promesse… Dieu avait promis à Abraham qu’une postérité innombrable naîtrait de lui. Cette promesse dépassait les possibilités de la nature et les vues purement humaines ; c’est pour cela que la foi qu’il avait envers Dieu « lui a été comptée comme justice » (Gn 15,6;Ga 3,6).

Eh bien, si nous sommes vigilants, des promesses encore plus merveilleuses nous ont été faites et nous serons comblés beaucoup plus que ne le peut rêver une pensée humaine. Et pour cela, nous avons uniquement à faire confiance à la puissance de celui qui nous a fait ces promesses, afin de mériter la justification qui vient de la foi et d’obtenir les biens promis. Car tous ces biens que nous espérons dépassent toute conception humaine et toute pensée, tant est magnifique ce qui nous a été promis !

En effet, ces promesses ne concernent pas seulement le présent, l’épanouissement de notre vie et la jouissance des biens visibles, mais elles concernent encore le temps où nous aurons quitté cette terre, lorsque nos corps auront été sujets à la corruption, quand nos restes auront été réduits en poussière. Alors Dieu nous promet qu’il les ressuscitera et les établira dans une gloire magnifique ; « car il faut, nous assure le bienheureux Paul, que notre être corruptible revête l’incorruptibilité, que notre être mortel revête l’immortalité » (1Co 15,53). De plus, après la résurrection de nos corps, nous avons reçu la promesse de jouir du Royaume et de bénéficier durant des siècles sans fin, en compagnie des saints, de ces biens ineffables que « l’oeil de l’homme n’a pas vu, que son oreille n’a pas entendu et que son coeur est incapable de sonder » (1Co 2,9). Vois-tu la surabondance des promesses ? Vois-tu la grandeur de ces dons ?

bonne nuit

11 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

http://www.freefoto.com/preview/15-05-8?ffid=15-05-8&k=Daisey

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis »

11 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Saint John Fisher (vers 1469-1535), évêque, martyr
Sermon pour le Vendredi Saint

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis »

L’émerveillement est la source à laquelle les philosophes puisent leur grand savoir. Ils rencontrent et contemplent les prodiges de la nature, comme par exemple les tremblements de terre, le tonnerre…, les éclipses du soleil et de la lune, et touchés par ces merveilles, ils en recherchent les causes. C’est ainsi que par des recherches patientes et de longues investigations, ils parviennent à un savoir et à une subtilité remarquables, que les hommes appellent « la philosophie naturelle ».

Mais il existe une autre forme de philosophie plus élevée, qui est au-dessus de la nature, et à laquelle on parvient également par l’émerveillement : c’est la philosophie des chrétiens. Et, sans aucun doute, de tout ce qui caractérise la doctrine chrétienne, il est particulièrement extraordinaire et merveilleux que le Fils de Dieu, par amour pour l’homme, ait consenti à être crucifié et à mourir sur la croix… N’est-il pas étonnant que celui pour qui nous devons avoir le plus de crainte respectueuse ait ressenti une peur telle qu’il eut une sueur d’eau et de sang ?… N’est-il pas étonnant que celui qui donne la vie à toute créature ait enduré une mort si ignoble, cruelle et douloureuse ?

Ainsi ceux qui s’efforcent de méditer et d’admirer ce « livre » si extraordinaire qu’est la croix, avec un coeur doux et une foi sincère, parviendront à un savoir plus fécond que bien d’autres qui étudient et méditent quotidiennement des livres ordinaires. Pour un vrai chrétien, ce livre-ci est un objet d’étude suffisant pour tous les jours de sa vie.

l’evangile d’aujourd’hui: Jn8 1-11 Christ et la femme adultere

10 mars, 2008

l'evangile d'aujourd'hui: Jn8 1-11 Christ et la femme adultere dans images sacrée 14%20COMESTOR%20THE%20WOMAN%20ADULTERY%20DETAIL

http://www.artbible.net/3JC/-Joh-08,01_Woman_Adultery_Femme_Adultere/index.html

« Eveille-toi, ô toi qui dors »

10 mars, 2008

 du site:

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010414_omelia-sabato-santo_fr.html

« Eveille-toi, ô toi qui dors »

« Que se passe-t-il? Aujourd’hui, grand silence sur la terre; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.

C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort

. Oui, c’est vers Adam captif, en même temps que vers Eve, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.

Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres: « Mon Seigneur avec nous tous! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ». Il le prend par la main et le relève en disant: Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

 » C’est moi ton Dieu, qui, pour toi, suis devenu ton fils; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans les chaînes: Sortez. A ceux qui sont dans les ténèbres: Soyez illuminés. A ceux qui sont endormis Relevez-vous.

« Je te l’ordonne: Eveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, oeuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image. Eveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

« C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclave ; c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre et au-dessous de la terre; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.

« Vois les crachats sur mon visage ; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

« Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

« Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

« Lève-toi, partons d’ici. L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les chérubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu.

 » Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité. « 

Homélie ancienne pour le Grand et Saint Samedi

Augustin d’Hippone : La mort de Monique, sa maman

10 mars, 2008

du site:

http://www.patristique.org/article.php3?id_article=204

Augustin dHippone : La mort de Monique, sa maman

Seigneur, tu sais que ce jour-là, alors que j’étais avec ma mère, comme nous parlions ainsi et que ce monde pour nous au fil des paroles perdait tout intérêt avec tous ses plaisirs, ma mère dit alors :
- Mon fils, en ce qui me concerne, plus rien n
a de charme pour moi dans cette vie. Que pourrais-je faire encore ici-bas ? Pourquoi y serais-je ? Je ne sais pas ; je nai plus rien à espérer en ce siècle. Une seule chose me faisait désirer de rester assez longtemps dans cette vie : te voir chrétien catholique avant ma mort. Je suis plus que comblée dans ce que mon Dieu ma accordé : tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre et je te vois son serviteur. Qu
est-ce que je fais ici ?Que lui ai-je r

épondu ? Je ne men souviens pas bien, dautant que sur ces entrefaites, dans les cinq jours à peine ou ce ne fut guère plus, la fièvre la mit au lit. Et pendant sa maladie, un jour, elle subit une défaillance et son esprit perdit un instant conscience de ce qui lentourait. Nous accourûmes, mais elle eut vite repris ses sens ; elle nous vit, mon frère et moi, debout près delle, et nous dit avec lair de quelquun qui cherche quelque chose :
- O
ù é
tais-je ?
Puis arr
ê
tant ses regards sur nous que la tristesse consternait :
- Vous enterrerez ici votre m
è
re, dit-elle.

Moi, je me taisais et maîtrisais mes larmes ; mais mon frère lui dit quelque chose pour souhaiter, comme un sort plus heureux, quelle ne finît pas ses jours sur une terre étrangère, mais dans la patrie. Dès quelle entendit cela, son visage devint anxieux, et ses yeux lui lançaient des reproches parce quil avait de tels sentiments. Et puis, le regard fixé sur moi :
- Vois ce qu
il dit ! me fit-elle ;
et presque aussit
ô
t, elle ajouta pour tous les deux :
- Enterrez ce corps n
importe où ! Ne vous troublez pour lui daucun souci ! Tout ce que je vous demande, cest de vous souvenir de moi à lautel du Seigneur, où
que vous soyez.
Elle expliqua sa pens
ée en sexprimant comme elle pouvait, puis se tut ; la maladie qui s
aggravait la faisait souffrir.Mais moi, qui songeais

à tes dons, ô Dieu invisible, à ce que tu sèmes dans le coeur de tes fidèles et doù proviennent les moissons admirables, je me réjouissais et te rendais grâce, me rappelant ce que je savais, linquiétude si grande qui lavait toujours agitée au sujet de la sépulture, quelle avait prévue et préparée pour elle près du corps de son mari. Oui, parce quils avaient vécu en parfaite concorde, elle voulait encore, tant l’âme humaine a de peine à comprendre les choses divines, ajouter à ce bonheur et faire dire à son sujet par la postérité : il lui fut accordé, après un long voyage outre-mer, quune terre conjointe couvrît la terre des deux conjoints.

Mais à quel moment cette vanité, par la plénitude de ta bonté, avait-elle cessé doccuper son coeur ? Je lignorais et j’étais dans la joie, tout surpris que ma mère me fut apparue ainsi. Déjà cependant, lors de notre entretien à la fenêtre, elle avait dit : « Que fais-je encore ici ? » et rien navait laissé voir quelle désirait mourir dans sa patrie. De plus, je lappris plus tard, à peine étions-nous à Ostie que quelques-uns de mes amis, avec qui en toute confiance maternelle elle sentretenait un jour sur le mépris de cette vie et le bienfait de la mort, en mon absence, furent stupéfaits dune telle vertu dans une femme – cest toi qui la lui avais donnée -, et lui demandèrent si elle ne redoutait pas de laisser son corps si loin de son pays.
- Rien n
est loin pour Dieu, répondit-elle, et il ny a pas à craindre quil ne sache point où me retrouver à
la fin du monde pour me ressusciter.Ainsi donc, au neuvi

ème jour de sa maladie, à la cinquante-sixième année de son âge, à trente-troisième de mon âge, cette âme religieuse et pieuse se détacha du corps. Je lui fermais les yeux et dans mon coeur samassaient les flots dune immense tristesse…

Sources :

Saint Augustin, Les confessions, BA 14, X,26- XII,29.

Discours de Benoît XVI sur le sacrement de la réconciliation

10 mars, 2008

07-03-2008, du site:
http://www.zenit.org/article-17462?l=french

Discours de Benoît XVI sur le sacrement de la réconciliation

Aux participants du cours organisé par la Pénitencerie apostolique

ROME, Vendredi 7 mars 2008 (ZENIT.org) – « Ce n’est pas le péché qui est au cœur de la célébration sacramentelle, mais la miséricorde de Dieu, qui est infiniment plus grande que toute notre faute », rappelle Benoît XVI aux participants d’un cours sur la confession organisée par la Pénitencerie apostolique.En même temps, le pape rappelait que « si, tout en étant animés par le désir de suivre Jésus, on ne se confesse pas régulièrement, on risque peu à peu de ralentir le rythme spirituel jusqu’à l’affaiblir toujours davantage et peut-être même de l’éteindre ».

Monsieur le Cardinal,

Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,Chers p

énitenciers des basiliques romaines,

Je suis heureux de vous accueillir, alors que s’achève le cours sur le for interne que la pénitencerie apostolique promeut depuis plusieurs années au cours du carême. Avec un programme soigneusement préparé, cette rencontre annuelle rend un précieux service à l’Eglise et contribue à maintenir vivant le sens de la sainteté du sacrement de la réconciliation. J’adresse par conséquent mes remerciements cordiaux à ceux qui l’organisent et en particulier le Grand Pénitencier, le cardinal James Francis Stafford, que je salue en le remerciant aussi pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées. Avec lui, je salue et je remercie le régent et le personnel de la Pénitencerie, ainsi que les religieux distingués de différents ordres qui confèrent le sacrement de la Pénitence dans les basiliques papales de la Ville. Je salue en outre les participants du cours.Le car

ême est un temps propice s’il en est pour méditer sur la réalité du péché à la lumière de l’infinie miséricorde de Dieu, que le sacrement de la Pénitence manifeste dans sa forme la plus haute. Je saisis donc volontiers l’occasion pour proposer à votre attention certaines réflexions sur l’administration de ce sacrement à notre époque, qui perd hélas de plus en plus le sens du péché. Il faut aujourd’hui faire faire à qui se confesse l’expérience de cette tendresse divine envers les pécheurs repentis que tant d’épisodes évangéliques montrent avec des accents d’émotion intense. Prenons, par exemple, la fameuse page de l’évangile de Luc qui présente la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Simon, pharisien et riche « notable » de la ville, donne chez lui un banquet en l’honneur de Jésus. De façon inattendue, au fond de la salle, entre une personne qui n’était pas invitée, ni prévue : une prostituée bien connue. Le malaise des personnes présentes est compréhensible, mais la femme ne semble cependant pas s’en préoccuper. Elle avance, et, de façon plutôt furtive, elle s’arrête aux pieds de Jésus. Elles sont parvenues à son oreille ses paroles de pardon et d’espérance pour tous, même pour les prostituées ; elle est bouleversée, et demeure silencieuse. Elle baigne de ses larmes les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux, les embrasse et les oint d’un parfum suave. En agissant ainsi, la pécheresse veut exprimer l’affection et la reconnaissance qu’elle nourrit envers le Seigneur, par des gestes qui lui sont familiers, même s’ils sont socialement censurés.

Devant l’embarras général, c’est Jésus lui-même qui affronte la situation : « Simon, j’ai quelque chose à te dire ». « Parle, Maître », lui répond le maître de maison. Nous connaissons tous la réponse de Jésus par une parabole que nous pourrions résumer par ces paroles que le Seigneur dit en substance à Simon : « Tu vois ? Cette femme sait qu’elle est pécheresse et, mue par l’amour, elle demande compréhension et pardon. Toi, au contraire, tu penses être juste, et tu es peut-être convaincu de ne rien avoir de grave à te faire pardonner ».Le message qui transpara

ît dans ce passage évangélique est éloquent : à qui aime beaucoup, Dieu pardonne tout. Qui place sa confiance en lui-même et dans ses propres mérites est comme aveuglé par son moi et son cœur s’endurcit dans le péché. Qui au contraire se reconnaît faible et pécheur met sa confiance en Dieu et obtient de lui grâce et pardon. Tel est justement le message qu’il faut transmettre : ce qui compte le plus c’est de faire comprendre que dans le sacrement de la réconciliation, quel que soit le péché commis, si on le reconnaît humblement, et si l’on vient trouver avec confiance le prêtre confesseur, on fait toujours l’expérience de la joie pacificatrice du pardon de Dieu. Dans cette perspective, votre cours assume une importance notable, parce qu’il vise à préparer des confesseurs bien formés du point de vue doctrinal et capables de faire faire aux pénitents l’expérience de l’amour miséricordieux du Père céleste. N’est-il pas vrai que l’on assiste aujourd’hui à une certaine désaffection de ce sacrement ? Lorsque l’on insiste seulement sur l’accusation des péchés, qui doit pourtant être là, et il faut aider les fidèles à en comprendre l’importance, on risque de reléguer au second plan ce qui est central, c’est-à-dire la rencontre personnelle avec Dieu, Père de bonté, et de miséricorde. Ce n’est pas le péché qui est au cœur de la célébration sacramentelle, mais la miséricorde de Dieu, qui est infiniment plus grande que toute notre faute.

L’engagement des pasteurs, et spécialement des confesseurs, doit être aussi celui de mettre en évidence le lien étroit existant entre le sacrement de la Réconciliation et une existence orientée avec décision vers la conversion. Il convient qu’entre la pratique du sacrement de la Confession et une vie visant à suivre sincèrement le Christ s’instaure une sorte de « cercle vertueux » que l’on ne peut arrêter, dans lequel la grâce du sacrement soutienne et alimente l’engagement à être de fidèles disciples du Seigneur. Le temps du carême, dans lequel nous nous trouvons, nous rappelle que notre vie chrétienne doit tendre toujours à la conversion et lorsque l’on a souvent recours au sacrement de la Réconciliation, l’aspiration à la perfection évangélique reste vivante chez le croyant. Si cette aspiration incessante disparaît, la célébration du sacrement risque hélas de devenir quelque chose de formel qui n’a pas d’incidence sur le tissu de la vie quotidienne. D’autre part, si, tout en étant animés par le désir de suivre Jésus, on ne se confesse pas régulièrement, on risque peu à peu de ralentir le rythme spirituel jusqu’à l’affaiblir toujours davantage et peut-être même l’éteindre.

Chers frères, il n’est pas difficile de comprendre la valeur qu’a dans l’Eglise votre ministère de dispensateurs de la miséricorde divine pour le salut des âmes. Suivez et imitez l’exemple de tant de saints confesseurs qui, par leur intuition spirituelle, aidaient les pénitents à se rendre compte que la célébration régulière du sacrement de la Pénitence, et la vie chrétienne visant à la sainteté sont des composantes inséparables d’un même itinéraire spirituel pour tout baptisé. Et n’oubliez pas d’être vous-mêmes des exemples d’une vie chrétienne authentique. Que la Vierge Marie, Mère de miséricorde et d’espérance, vous aide, vous qui êtes ici présents, et tous les confesseurs à exercer avec zèle et avec joie ce grand service dont dépend si intensément la vie de l’Eglise. Je vous assure de mon souvenir dans la prière et je vous bénis avec affection.

bonne nuit

10 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. scrophularia_auriculata_fd5

Scrophularia auriculata

http://www.floralimages.co.uk/brown.htm

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