Archive pour mars, 2008

« Et Dieu dit : ‘ Que la lumière soit ‘ » (Gn 1,3)

30 mars, 2008

du site:

http://levangileauquotidien.org/

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 258 (trad. SC 116, p. 347s)

« Et Dieu dit : ‘ Que la lumière soit ‘ » (Gn 1,3)

« Voici le jour que fit le Seigneur » (Ps 117,24). Rappelez-vous l’état du monde à l’origine : « Les ténèbres étaient sur l’abîme et l’Esprit de Dieu planait sur les eaux. Et Dieu dit : Que la lumière soit ! et la lumière fut. Et Dieu sépara la lumière des ténèbres et il appela la lumière Jour et il appela les ténèbres Nuit » (Gn 1,2s)… « Voici le Jour que fit le Seigneur ». C’est le jour dont parle l’apôtre Paul : « Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur » (Ep 5,8)…

Thomas n’était-il pas un homme, un des disciples, un homme de la foule pour ainsi dire ? Ses frères lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ». Et lui : « Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas ». Les évangélistes t’apportent la nouvelle, et toi tu ne crois pas ? Le monde a cru et un disciple n’a pas cru ?… Il n’était pas encore devenu ce jour qu’a fait le Seigneur ; les ténèbres étaient encore sur l’abîme, dans les profondeurs du coeur humain, qui était ténèbres. Que vienne donc celui qui est le point du jour, qu’il vienne et qu’il dise avec patience, avec douceur, sans colère, lui qui guérit : « Viens. Viens, touche ceci et crois. Tu as déclaré : ‘ Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt, je ne croirai pas ‘. Viens, touche, mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle. Je connaissais tes blessures, j’ai gardé pour toi ma cicatrice ».

En approchant sa main, le disciple peut pleinement compléter sa foi. Quelle est, en effet, la plénitude de la foi ? De ne pas croire que le Christ est seulement homme, de ne pas croire non plus que le Christ est seulement Dieu, mais de croire qu’il est homme et Dieu… Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de son corps et ses cicatrices s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Il a touché l’homme, il a reconnu Dieu. Il a touché la chair, il s’est tourné vers la Parole, car « la Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous » (Jn 1,14). La Parole a souffert que sa chair soit suspendue au bois… ; la Parole a souffert que sa chair soit mise au tombeau. La Parole a ressuscité sa chair, l’a montrée aux yeux de ses disciples, s’est prêtée à être touchée de leurs mains. Ils touchent, ils crient : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Voici le Jour que fit le Seigneur.

L’apparition à Marie de Magdala et les autres Marie

29 mars, 2008

L'apparition à Marie de Magdala et les autres Marie dans images sacrée

http://santiebeati.it/immagini/?mode=album&album=23600&start=0

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu: ( Jean 20,19-31)

29 mars, 2008

du site: 

http://st-sebastien-nancy.cef.fr/spip.php?page=imprimer&id_article=51

 

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu: ( Jean 20,19-31) 

Traditionnellement, la longue période du Temps pascal qui dure jusqu’à la Pentecôte est considérée dans l’Eglise comme une sorte de grande semaine de sept fois sept jours. La couleur blanche s’impose, comme couleur de la joie ; on met des fleurs partout ; on multiplie les Alléluia ; la communauté chrétienne est en fête. (Notons-le au passage, nous restons beaucoup plus longtemps en période pascale qu’en Carême, par exemple, et nous pouvons reconnaître là, contrairement à la caricature qu’on fait parfois du christianisme, le signe que notre foi nous invite davantage à la réjouissance qu’à l’austérité.) Alors, installons-nous posément dans cette liturgie de 50 jours, prenons le temps de la savourer, accueillons-la pour ce qu’elle est : un moyen pédagogique que l’Eglise fournit à ses enfants afin qu’ils orientent leur vie vers l’astre véritable, le Soleil du Ressuscité. 

En même temps, si une pédagogie d’une telle ampleur est déployée pour nous, c’est bien parce que notre accueil de Pâques ne va vraiment pas de soi. Reconnaissons-le : spontanément, nous ne nous orientons pas vers le Soleil du Ressuscité. Ou plutôt, si, nous nous tournons-vers lui, avec beaucoup de joie, à la faveur de telle cérémonie, de tel chant, de tel rite, nous expérimentons quel bonheur il y a de se tourner vers Jésus ressuscité Mais cette orientation ne dure pas. Notre tournesol spirituel a la tête bien faible… Nous nous le sommes peut-être déjà dit dans le secret du cœur, et, en tout cas, je l’ai beaucoup entendu au confessionnal, cette semaine : la joie de Pâques se dissipe vite. Une expérience si réjouissante de légèreté spirituelle, de libération, de joie retrouvée, d’allégresse intérieure a pu très vite redonner la place aux pesanteurs, aux médiocrités, aux incertitudes habituelles… 

Face à ce constat réaliste et bien humiliant par certains côtés, (tant mieux pour celles et ceux qui sont épargnés par cette épreuve !), je nous invite à être attentifs à la page d’Evangile de cette liturgie. On peut dire, je crois, qu’elle est adaptée à la situation… 

Nous y retrouvons cette figure bien connue de l’Apôtre Thomas. Le Christ lui enseigne une béatitude qui le concerne, lui, Thomas, bien sûr, mais qui nous rejoint profondément, nous qui vivons deux mille ans après l’événement de Pâques : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Nous n’avons rien vu de ce que Thomas voulait voir : la trace sur un vivant des marques de la Mort, comme autant de signes que la Mort a été vaincue. 

Si cette béatitude nous est adressée, si nous avons à l’accueillir comme parole d’Evangile, comme Bonne Nouvelle, c’est bien parce qu’elle ressemble aux autres Béatitudes. Comme les autres Béatitudes, elle vient heurter notre vision habituelle des choses. Elle nous confronte au paradoxe de toute vie à la suite du Christ – là où les affligés se réjouissent, où les pauvres sont heureux, les doux sont les vrais forts - 

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. », Cela ne veut pas dire que nous n’avons rien à voir, mais que nous ne voyons pas ce que nous aimerions voir. Ni comme nous aimerions voir. Concernant la victoire du Ressuscité, nous voudrions voir du spectaculaire, de l’éclatant, et surtout du définitif. Disons-le : nous voudrions des sensations fortes. Au contraire, le plus souvent, il nous est donné, au mieux, du discret, de l’incertain, du fugace. 

Pour revenir sur notre éventuelle déception sur la fragilité de la joie liée aux fêtes de Pâques, la béatitude adressée à Thomas veut nous inviter, à ne pas nous accrocher à la joie de Pâques , mais à laisser s’installer doucement, discrètement en nous l’expérience de Pâques. une expérience dont la joie sensible n’est qu’une manifestation passagère. 

L’expérience de Pâques, 2000 ans après, nous ne la faisons pas en touchant le corps vivant d’un homme mort trois jours auparavant. Nous la faisons en rencontrant des hommes et des femmes qui auraient toutes les raisons de monde pour être porteurs de tristesse, d’angoisse, de violence, de haine, pour avoir en eux et sur eux tous les stigmates du malheur et qui, pourtant, paradoxalement – le paradoxe des Béatitudes ! – rayonnent de paix, de vraie joie, de liberté, d’amour. 

Pour nous qui ne voyons pas apparaître Jésus Christ sorti du tombeau, ils peuvent être figures véritables du Ressuscité. Mais, voilà, est-ce que nous savons les voir, les regarder ainsi ? Est-ce que nous les laissons nous dire, de leur voix souvent blessée, brisée, des mots qui sont comme l’écho des mots de consolation que le Christ est venu dire à ses disciples enfermés dans leur maison verrouillée ? 

Oui, je le crois profondément, si la joie de Pâques nous est si vite retirée, c’est pour que nous acceptions de laisser grandir en nous, pauvrement, humblement, le désir de l’expérience de Pâques. Nous risquerions de nous enfermer sur la joie de Pâques, elle pourrait satisfaire notre rêve d’une intimité douillette avec le Christ, une intimité égoïste et finalement stérile, Le désir de l’expérience de Pâques, lui, nous force à sortir de nous-mêmes, il nous pousse à ouvrir les portes, à partir rechercher les témoins du Ressuscité, toutes celles et tous ceux qui manifestent que le malheur, le mensonge, la haine ne sont pas les plus forts. 

Demandons à notre Seigneur, à notre Dieu (comme dit Thomas) de faire l’expérience de Pâques, non pas en voyant de l’extraordinaire, mais en découvrant comment la vie la plus ordinaire, la plus obscure peut être à tout instant illuminée au Soleil du Ressuscité. 

Philippe Robert, sj

Les pleurs de Marie de Magdala

29 mars, 2008

du site: 

http://www.bible-service.net/site/415.html

 

Les pleurs de Marie de Magdala

 Jn 20
 

 

Marie de Magdala pleure et ne reconnaît pas l’homme qu’elle cherche en celui qui lui parle. Étonnant et mystérieux chapitre 20 de l’évangile de Jean ! Relisons-le, lentement, pour redécouvrir l’amour qui brûle en cette femme, et pour redécouvrir, avec elle, notre identité d’envoyé(e) par le Christ.

À la différence des évangiles synoptiques, celui de Jean aime à mettre en scène, face à Jésus le révélateur, non seulement des aveugles ou des paralytiques anonymes, mais des hommes et des femmes désignés par leur prénom : Nicodème, Lazare, Simon-Pierre, Marthe ou Marie… Il y a, dans la façon d’écrire de Jean, un art de raconter des histoires de personnages au destin à la fois complexe et inachevé. La rencontre avec Jésus produit à chaque fois, un effet décisif que le lecteur perçoit, et qu’il est conduit à prolonger en remplissant les « blancs » laissés par le narrateur. Cela se vérifie dans l’histoire de Marie de Magdala, venue au tombeau à la recherche du corps de Jésus. 

Le pur désir 

Pourquoi Marie de Magdala vient-elle seule au tombeau, tandis que la nuit s’achève, en ce premier jour d’une semaine qui a changé la face du monde ? L’habileté de l’évangéliste se manifeste par plusieurs traits. D’abord, il centre son récit sur un seul personnage : Marie de Magdala. Il connaît la tradition que rapportent les autres évangélistes selon laquelle elles étaient plusieurs à avoir fait ce déplacement, après la fin du sabbat. Il a d’ailleurs conservé une cicatrice de cette tradition dans la parole de Marie aux deux apôtres : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. » (v. 2). Fidèle à un procédé d’écriture avec lequel le cinéma nous a familiarisés, il a fait un gros plan sur Marie de Magdala dont l’expérience humaine et spirituelle prend valeur exemplaire.

De plus, Marie n’a pas de tâche concrète à remplir, elle vient sans objectif déclaré. Dans les synoptiques au contraire les femmes ont une mission à remplir : embaumer le corps de Jésus, onction des morts pour entrer pleinement dans la paix de Dieu. Dans l’évangile de Jean, cela a été fait par Joseph d’Arimathie et Nicodème dès la descente de la croix (Jn 19,40). La venue de Marie, seule, dans une gratuité totale, ouvre un espace à la lecture. Jean construit ainsi une figure admirable, portée par le désir et l’amour absolu. Elle est ici l’amante qui veut conduire son deuil jusqu’au bout, dans une quête obstinée de la dépouille de son bien-aimé. 

L’intuition de la femme 

Habituellement les visites aux morts se déroulent dans le calme et le silence. Le temps s’arrête. L’expérience de Marie est tout autre. En voyant « que la pierre a été enlevée », au lieu d’aller au bout de sa plongée dans le monde des morts comme prévu, elle s’éloigne du tombeau et court avertir deux disciples : le corps du Seigneur a disparu, le tombeau est vide. Son mouvement devient contagieux, entraînant dans sa course Pierre et le disciple que Jésus aimait (v. 3-4). Tous les trois courent, pauvre trio humain ignorant qu’ils sont face à la Trinité divine, plus forte que la mort : le Dieu Père ressuscitant son fils par la puissance de l’Esprit. Chacun des trois retourne vers le tombeau, pour y être affronté à l’irruption de la Vie dans le monde de la mort. Marie, la première à découvrir le tombeau ouvert, sera aussi la première à rencontrer son Seigneur vivant.

Pressent-elle que l’impossible pourrait advenir ? Sa lenteur à lire les signes (y compris la présence des deux anges et celle de Jésus lui-même) laisserait entendre le contraire (v. 11-15) mais sa quête insistante fait entrevoir en elle une intuition cachée : « Il me semble que, sous le couvert de son inquiétude, quant à l’absence du corps, filtre, en elle, mais très profonde, une source. Obscure. Celle même qui tient captive pour l’instant, sa mémoire : l’idée, la vague idée, comme un oiseau aveugle, de la résurrection qui vient heurter sa préoccupation du corps disparu » (Georges Haldas).

Sa rencontre avec Jésus est étrange. Dans sa hâte de pouvoir toucher pour la dernière fois le corps du bien aimé, Marie est comme aveuglée. Elle ne voit pas les signes du mystère qui se donnent pourtant à voir : les anges qui sont habituellement les messagers de Dieu, et même Jésus qu’elle ne reconnaît pas et qu’elle prend pour un jardinier. C’est peut-être l’aveuglement de l’amour. Il faut que retentisse la voix de Jésus : « Myriam » pour qu’elle accueille enfin pleinement le mystère : « Rabbouni ! » Sa quête du cadavre peut alors prendre fin, il lui faut désormais apprendre à vivre une autre relation avec Jésus : « Ne me retiens pas » ou, plus littéralement, « Cesse de me toucher » (v. 17). 

Marie, l’une d’entre nous 

Par sa façon d’écrire, Jean accorde une place importante au lecteur et à la lectrice. Chacun peut, à partir des ouvertures du texte, se reconnaître dans l’expérience de cette femme et la prolonger. Pour ma part, j’aime voir en Marie de Magdala, la croyante idéale, éblouie par le maître dont elle a tant reçu et qu’elle a accompagné dans une fidélité sans faille. Lecteur parfois naïf des évangiles, mais en même temps restant toujours exégète marqué par la critique, je me refuse à fusionner en une seule figure toutes les Marie, en y rajoutant même la pécheresse anonyme de Luc. Il me suffit de me reconnaître dans Marie de Magdala, telle que Jean la raconte. Elle est alors pour moi, quelqu’un qui m’apprend à dépasser l’univers transitoire de la vision pour entrer résolument dans l’attitude de l’écoute. Je suis invité à m’inspirer de Marie, entrant à sa suite dans le temps de l’Église qui commence. Comme elle, qui, au matin de Pâque, a dû abandonner la relation physique avec Jésus, je suis invité à rencontrer le Seigneur dans l’obéissance à sa parole. Moi aussi il m’appelle par mon nom et m’envoie annoncer qu’il est devenu « le Prince de la Vie ». 

Alain MARCHADOUR. Article extrait des Dossiers de la Bible n° 92 (2002) : Marie Madeleine, femme et apôtre, p. 10-11 

 

 

 

 



 


Le pur désir 

 

 


 


Le pur désir 

 


 


Pourquoi Marie de Magdala vient-elle seule au tombeau, tandis que la nuit s’achève, en ce premier jour d’une semaine qui a changé la face du monde ? L’habileté de l’évangéliste se manifeste par plusieurs traits. D’abord, il centre son récit sur un seul personnage : Marie de Magdala. Il connaît la tradition que rapportent les autres évangélistes selon laquelle elles étaient plusieurs à avoir fait ce déplacement, après la fin du sabbat. Il a d’ailleurs conservé une cicatrice de cette tradition dans la parole de Marie aux deux apôtres : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. » (v. 2). Fidèle à un procédé d’écriture avec lequel le cinéma nous a familiarisés, il a fait un gros plan sur Marie de Magdala dont l’expérience humaine et spirituelle prend valeur exemplaire.

De plus, Marie n’a pas de tâche concrète à remplir, elle vient sans objectif déclaré. Dans les synoptiques au contraire les femmes ont une mission à remplir : embaumer le corps de Jésus, onction des morts pour entrer pleinement dans la paix de Dieu. Dans l’évangile de Jean, cela a été fait par Joseph d’Arimathie et Nicodème dès la descente de la croix (Jn 19,40). La venue de Marie, seule, dans une gratuité totale, ouvre un espace à la lecture. Jean construit ainsi une figure admirable, portée par le désir et l’amour absolu. Elle est ici l’amante qui veut conduire son deuil jusqu’au bout, dans une quête obstinée de la dépouille de son bien-aimé. 

 


 


L’intuition de la femme 

 


 


Habituellement les visites aux morts se déroulent dans le calme et le silence. Le temps s’arrête. L’expérience de Marie est tout autre. En voyant « que la pierre a été enlevée », au lieu d’aller au bout de sa plongée dans le monde des morts comme prévu, elle s’éloigne du tombeau et court avertir deux disciples : le corps du Seigneur a disparu, le tombeau est vide. Son mouvement devient contagieux, entraînant dans sa course Pierre et le disciple que Jésus aimait (v. 3-4). Tous les trois courent, pauvre trio humain ignorant qu’ils sont face à la Trinité divine, plus forte que la mort : le Dieu Père ressuscitant son fils par la puissance de l’Esprit. Chacun des trois retourne vers le tombeau, pour y être affronté à l’irruption de la Vie dans le monde de la mort. Marie, la première à découvrir le tombeau ouvert, sera aussi la première à rencontrer son Seigneur vivant.

Pressent-elle que l’impossible pourrait advenir ? Sa lenteur à lire les signes (y compris la présence des deux anges et celle de Jésus lui-même) laisserait entendre le contraire (v. 11-15) mais sa quête insistante fait entrevoir en elle une intuition cachée : « Il me semble que, sous le couvert de son inquiétude, quant à l’absence du corps, filtre, en elle, mais très profonde, une source. Obscure. Celle même qui tient captive pour l’instant, sa mémoire : l’idée, la vague idée, comme un oiseau aveugle, de la résurrection qui vient heurter sa préoccupation du corps disparu » (Georges Haldas).

Sa rencontre avec Jésus est étrange. Dans sa hâte de pouvoir toucher pour la dernière fois le corps du bien aimé, Marie est comme aveuglée. Elle ne voit pas les signes du mystère qui se donnent pourtant à voir : les anges qui sont habituellement les messagers de Dieu, et même Jésus qu’elle ne reconnaît pas et qu’elle prend pour un jardinier. C’est peut-être l’aveuglement de l’amour. Il faut que retentisse la voix de Jésus : « Myriam » pour qu’elle accueille enfin pleinement le mystère : « Rabbouni ! » Sa quête du cadavre peut alors prendre fin, il lui faut désormais apprendre à vivre une autre relation avec Jésus : « Ne me retiens pas » ou, plus littéralement, « Cesse de me toucher » (v. 17). 

 


 


Marie, l’une d’entre nous 

 


 


Par sa façon d’écrire, Jean accorde une place importante au lecteur et à la lectrice. Chacun peut, à partir des ouvertures du texte, se reconnaître dans l’expérience de cette femme et la prolonger. Pour ma part, j’aime voir en Marie de Magdala, la croyante idéale, éblouie par le maître dont elle a tant reçu et qu’elle a accompagné dans une fidélité sans faille. Lecteur parfois naïf des évangiles, mais en même temps restant toujours exégète marqué par la critique, je me refuse à fusionner en une seule figure toutes les Marie, en y rajoutant même la pécheresse anonyme de Luc. Il me suffit de me reconnaître dans Marie de Magdala, telle que Jean la raconte. Elle est alors pour moi, quelqu’un qui m’apprend à dépasser l’univers transitoire de la vision pour entrer résolument dans l’attitude de l’écoute. Je suis invité à m’inspirer de Marie, entrant à sa suite dans le temps de l’Église qui commence. Comme elle, qui, au matin de Pâque, a dû abandonner la relation physique avec Jésus, je suis invité à rencontrer le Seigneur dans l’obéissance à sa parole. Moi aussi il m’appelle par mon nom et m’envoie annoncer qu’il est devenu « le Prince de la Vie ».

Alain MARCHADOUR. Article extrait des Dossiers de la Bible n° 92 (2002) : Marie Madeleine, femme et apôtre, p. 10-11 

 

bonne nuit

29 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. Chateau_de_Chaumont

Chateau_de_Chaumont

http://www.simonerossi.it/wallpaper_gratis/12/index.htm

« Ceux qui avaient été ses compagnons étaient dans le deuil et les larmes… Il leur dit : ‘ Allez dans le monde entier, proclamer la Bonne Nouvelle ’ »

29 mars, 2008

du site:

http://levangileauquotidien.org/

Saint Léon le Grand (?-vers 461), pape et docteur de l’Église
Sermon 58 (71), le 20e sur la Passion (trad. cf coll. Icthus v.10, p. 284 et SC 74, p. 252)
« Ceux qui avaient été ses compagnons étaient dans le deuil et les larmes… Il leur dit : ‘ Allez dans le monde entier, proclamer la Bonne Nouvelle ’ »

Ne soyons pas pris par le spectacle des choses de ce monde ; que les biens de la terre ne détournent pas nos regards du ciel. Tenons pour dépassé ce qui n’est déjà presque plus rien ; que notre esprit, attaché à ce qui doit demeurer, fixe son désir aux promesses d’éternité. Bien que nous ne sommes encore « sauvés qu’en espérance » (Rm 8,24), bien que nous portions encore une chair sujette à la corruption et à la mort, on peut bien affirmer pourtant que nous vivons hors de la chair, si nous échappons à l’emprise de ses passions. Non, nous ne méritons plus le nom de cette chair dont nous avons fait taire les appels…

Que le peuple de Dieu donc prenne conscience qu’il est « une créature nouvelle dans le Christ » (2Co 5,17). Qu’il comprenne bien qui l’a choisi, et qui il a lui-même choisi. Que l’être nouveau ne retourne pas à l’inconstance de son état ancien. Que « celui qui a mis la main à la charrue » (Lc 9,62) ne cesse de travailler, qu’il veille au grain qu’il a semé, qu’il ne se retourne pas vers ce qu’il a abandonné. Que personne ne retombe dans la déchéance d’où il s’est relevé. Et si, parce que la chair est faible, quelqu’un gît encore dans une de ses maladies, qu’il prenne la ferme résolution de guérir et de s’en relever. Telle est la voie du salut ; telle est la manière d’imiter la résurrection commencée dans le Christ… Que nos pas quittent les sables mouvants pour marcher sur la terre ferme, car il est écrit : « Le Seigneur mène les pas de l’homme et sa marche lui plaît. Quand le juste vient à tomber, il ne reste pas à terre, car le Seigneur lui tient la main » (Ps 36,23s).

Frères bien-aimés, gardez bien ces réflexions à l’esprit, non seulement pour célébrer les fêtes de Pâques, mais pour sanctifier toute votre vie.

« Ceux qui avaient été ses compagnons étaient dans le deuil et les larmes… Il leur dit : ‘ Allez dans le monde entier, proclamer la Bonne Nouvelle ’ »

29 mars, 2008

du site:

http://www.spiritualite-chretienne.com/marie/priere_2.html#Hymne

 

O Vierge Marie, si vous êtes irritée, c’est contre le péché et l’auteur du péché.
Vous aurez une vie supérieure à la nature, mais vous ne vivrez pas pour vous, car ce n’est pas pour vous que vous êtes née. Cette vie, vous la consacrerez tout entière à Dieu, car c’est Lui qui vous a introduite dans le monde, pour servir au salut du genre humain, pour accomplir le plan de Dieu , c’est-à-dire l’Incarnation de votre Fils et notre déification.
Votre cœur se nourrira des paroles de Dieu : elles vous féconderont comme l’olivier fertile dans la maison de Dieu, comme l’arbre planté au bord des eaux vives de l’Esprit, comme l’arbre de vie qui a donné son fruit au moment prédit : le Dieu incarné, la vie de toutes choses….
Votre cœur très pur, exempt de toute souillure, contemplera toujours le Dieu de toute pureté et brûlera de désir pour lui.
Votre sein sera la demeure de Celui qu’aucun lieu ne peut contenir. Votre lait, dans le petit enfant Jésus, nourrira Dieu. Vous êtes la porte de Dieu, éclatante d’une perpétuelle virginité. Vos mains porteront Dieu ; vos genoux seront pour lui un trône plus sublime que celui des Chérubins….
Vous êtes le temple du Saint-Esprit, la cité de Dieu vivant, que réjouissent les fleuves abondants de la grâce divine. Vous êtes toute belle, toute proche de Dieu, plus haute que les Chérubins et les Séraphins, très proche de Dieu lui-même.
Salut, Marie, douce enfant d’Anne ! De nouveau l’amour m’amène jusqu’à vous. Comment pourrai-je décrire votre démarche pleine de sérieux, votre vêtement ; le charme de votre visage, cette sagesse que donne l’âge unie à la jeunesse du corps ?
Votre vêtement était plein de modestie, sans luxe comme sans mollesse. Votre démarche était grave, sans précipitation comme sans nonchalance. Votre conduite était austère, quoique tempérée par la joie, mais n’attirant jamais l’attention des hommes. Ce qui le prouve, c’est votre crainte devant la visite inattendue de l’ange. Vous étiez soumise et docile à tes parents. Votre âme restait humble au milieu des contemplations les plus sublimes. Votre parole était agréable, car elle traduisait la douceur de votre âme.
Quelle demeure aurait été plus digne de Dieu ? Il est juste que toutes les générations vous proclament bienheureuse, remarquable honneur du genre humain. Vous êtes la gloire du sacerdoce, l’espoir des chrétiens, la plante féconde de la virginité. C’est par vous que l’honneur de la virginité s’est partout répandu. Que soient bénis ceux qui vous reconnaissent pour la Mère de Dieu, maudits ceux qui ne le veulent pas. 

Jean Damascène (v.650-v.749)

erste hl. Kommunion

28 mars, 2008

erste hl. Kommunion dans images sacrée
http://santiebeati.it/dettaglio/90912

Pape Benoît sur l’Eucharistie – Marienfeld 2005

28 mars, 2008

du site: 

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2005/documents/hf_ben-xvi_hom_20050821_20th-world-youth-day_fr.html

VOYAGE APOSTOLIQUE À COLOGNE
À L’OCCASION DE LA XX JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 

CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE 

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI 

Cologne – Marienfeld
Dimanche 21 août 2005
 

Paroles du Saint-Père au début de la Messe: 

Cher Cardinal Meisner,
Chers jeunes!
 

Je voudrais te remercier cordialement, cher confrère dans l’épiscopat, pour tes paroles émouvantes qui nous introduisent de façon si opportune dans cette célébration liturgique. J’aurais voulu parcourir en « papamobile » tout le territoire de long en large pour être le plus proche possible de chacun individuellement. En raison de la difficulté des passages cela n’a pas été possible, mais je salue chacun de tout coeur. Le Seigneur voit et aime chaque personne en particulier. Tous ensemble, nous formons l’Eglise vivante et nous rendons grâce au Seigneur pour cette heure où Il nous donne le mystère de sa présence et la possibilité d’être en communion avec Lui. 

Nous savons tous que nous sommes imparfaits, que nous ne pouvons pas être pour Lui une maison appropriée. C’est pourquoi nous commençons la Messe en nous recueillant et en priant le Seigneur d’effacer en nous tout ce qui nous sépare de Lui et qui nous sépare les uns des autres. Qu’il nous fasse ainsi le don de célébrer dignement les Saints Mystères. 

***  

Chers jeunes! 

Devant la sainte Hostie, dans laquelle Jésus s’est fait pour nous pain qui soutient et nourrit notre vie de l’intérieur (cf. Jn 6, 35), nous avons commencé hier soir le cheminement intérieur de l’adoration. Dans l’Eucharistie, l’adoration doit devenir union. Dans la Célébration eucharistique, nous nous trouvons en cette « heure » de Jésus dont parle l’Evangile de Jean. Grâce à l’Eucharistie son « heure » devient notre heure, sa présence au milieu de nous. Avec ses disciples, Il a célébré la cène pascale d’Israël, le mémorial de l’action libératrice de Dieu qui avait conduit Israël de l’esclavage à la liberté. Jésus suit les rites d’Israël. Il récite sur le pain la prière de louange et de bénédiction. Mais ensuite, se produit quelque chose de nouveau. Il ne remercie pas Dieu seulement pour ses grandes oeuvres du passé; il le remercie pour sa propre exaltation, qui se réalisera par la Croix et la Résurrection, et il s’adresse aussi aux disciples avec des mots qui contiennent la totalité de la Loi et des Prophètes:  « Ceci est mon Corps donné pour vous en sacrifice. Ce calice est la Nouvelle Alliance en mon Sang ». Il distribue alors le pain et le calice, et en même temps il leur confie la mission de redire et de refaire toujours de nouveau en sa mémoire ce qu’il est en train de dire et de faire en ce moment. 

Qu’est ce qui est en train de se passer? Comment Jésus peut-il donner son Corps et son Sang? Faisant du pain son Corps et du vin son Sang, il anticipe sa mort, il l’accepte au plus profond de lui-même et il la transforme en un acte d’amour. Ce qui de l’extérieur est une violence brutale – la crucifixion -, devient de l’intérieur l’acte d’un amour qui se donne totalement. Telle est la transformation substantielle qui s’est réalisée au Cénacle et qui visait à faire naître un processus de transformations, dont le terme ultime est la transformation du monde jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous (cf. 1 Co 15, 28). Depuis toujours, tous les hommes, d’une manière ou d’une autre, attendent dans leur coeur un changement, une transformation du monde. Maintenant se réalise l’acte central de transformation qui est seul en mesure de renouveler vraiment le monde:  la violence se transforme en amour et donc la mort en vie. Puisque cet acte change la mort en amour, la mort comme telle est déjà dépassée au plus profond d’elle-même, la résurrection est déjà présente en elle. La mort est, pour ainsi dire, intimement blessée, de telle sorte qu’elle ne peut avoir le dernier mot. Pour reprendre une image qui nous est familière, il s’agit d’une fission nucléaire portée au plus intime de l’être – la victoire de l’amour sur la haine, la victoire de l’amour sur la mort. Seule l’explosion intime du bien qui vainc le mal peut alors engendrer la chaîne des transformations qui, peu à peu, changeront le monde. Tous les autres changements demeurent superficiels et ne sauvent pas. C’est pourquoi nous parlons de rédemption:  ce qui du plus profond était nécessaire se réalise, et nous pouvons entrer dans ce dynamisme. Jésus peut distribuer son Corps, parce qu’il se donne réellement lui-même. 

Cette première transformation fondamentale de la violence en amour, de la mort en vie, entraîne à sa suite les autres transformations. Le pain et le vin deviennent son Corps et son Sang. Cependant, la transformation ne doit pas s’arrêter là, c’est plutôt à ce point qu’elle doit commencer pleinement. Le Corps et le Sang du Christ nous sont donnés  afin  que, nous-mêmes, nous soyons transformés à notre tour. Nous-mêmes, nous devons devenir Corps du Christ, consanguins avec Lui. Tous mangent l’unique pain, mais cela signifie qu’entre nous nous devenions une seule chose. L’adoration, avons-nous dit, devient ainsi union. Dieu n’est plus seulement en face de nous, comme le Totalement Autre. Il est au-dedans de nous, et nous sommes en Lui. Sa dynamique nous pénètre et, à partir de nous, elle veut se propager aux autres et s’étendre au monde entier, pour que son amour devienne réellement la mesure dominante du monde. Je trouve une très belle allusion à ce nouveau pas que la dernière Cène nous pousse à faire dans les différents sens que le mot « adoration » a en grec et en latin. Le mot grec est proskynesis. Il signifie le geste de la soumission, la reconnaissance de Dieu comme notre vraie mesure, dont nous acceptons de suivre la règle. Il signifie que liberté ne veut pas dire jouir de la vie, se croire absolument autonomes, mais s’orienter selon la mesure de la vérité et du bien, pour devenir de cette façon, nous aussi, vrais et bons. Cette attitude est nécessaire, même si, dans un premier temps, notre soif de liberté résiste à une telle perspective. Il ne sera possible de la faire totalement nôtre que dans le second pas que la dernière Cène nous entrouvre. Le mot latin pour adoration est ad-oratio – contact bouche à bouche, baiser, accolade et donc en définitive amour. La soumission devient union, parce que celui auquel nous nous soumettons est Amour. Ainsi la soumission prend un sens, parce qu’elle ne nous impose pas des choses étrangères, mais nous libère à partir du plus profond de notre être. 

Revenons encore à la dernière Cène. La nouveauté qui s’y est produite, résidait dans la nouvelle profondeur que prenait l’ancienne prière de bénédiction d’Israël, qui devient alors la parole de la transformation et nous donne à nous de participer à l’heure du Christ. Jésus ne nous a pas donné la mission de répéter la Cène pascale, qui, du reste, en tant qu’anniversaire, ne peut pas se répéter à volonté. Il nous a donné la mission d’entrer dans son « heure ». Nous y entrons grâce à la parole qui vient du pouvoir sacré de la consécration – une transformation qui se réalise par la prière de louange, qui nous met en continuité avec Israël et avec toute l’histoire du salut, et qui en même temps nous donne la nouveauté vers laquelle cette prière tendait par sa nature la plus profonde. Cette prière – appelée par l’Eglise « prière eucharistique » – constitue l’Eucharistie. Elle est parole de pouvoir, qui transforme les dons de la terre de façon tout à fait nouvelle en don de soi de Dieu et qui nous engage dans ce processus de transformation. C’est pourquoi nous appelons cet événement Eucharistie, traduction du mot hébraïque beracha – remerciement, louange, bénédiction, et ainsi transformation à partir du Seigneur:  présence de son « heure ». L’heure de Jésus est l’heure où l’amour est vainqueur. En d’autres termes:  c’est Dieu qui a vaincu, parce qu’Il est l’Amour. L’heure de Jésus veut devenir notre heure et elle le deviendra, si nous-mêmes, par la célébration de l’Eucharistie, nous nous laissons entraîner dans ce processus de transformations que le Seigneur a en vue. L’Eucharistie doit devenir le centre de notre vie. Ce n’est ni positivisme ni soif de pouvoir, si l’Eglise nous dit que l’Eucharistie fait partie du dimanche. Au matin de Pâques, les femmes en premier, puis les disciples, eurent la grâce de voir le Seigneur. Depuis lors, ils surent que désormais le premier jour de la semaine, le dimanche, serait son jour à Lui, le jour du Christ. Le jour du commencement de la création devenait le jour du renouvellement de la création. Création et rédemption vont ensemble. C’est pour cela que le dimanche est aussi important. Il est beau qu’aujourd’hui, dans de nombreuses cultures, le dimanche soit un jour libre ou, qu’avec le samedi, il constitue même ce qu’on appelle le « week-end » libre. Ce temps libre, toutefois, demeure vide si Dieu n’y est pas présent. Chers amis! Quelquefois, dans un premier temps, il peut s’avérer plutôt mal commode de devoir prévoir aussi la Messe dans le programme du dimanche. Mais si vous en prenez l’engagement, vous constaterez aussi que c’est précisément ce qui donne le juste centre au temps libre. Ne vous laissez pas dissuader de participer à l’Eucharistie dominicale et aidez aussi les autres à la découvrir. Parce que la joie dont nous avons besoin se dégage d’elle, nous devons assurément apprendre à en comprendre toujours plus la profondeur, nous devons apprendre à l’aimer. Engageons-nous en ce sens – cela en vaut la peine! Découvrons la profonde richesse de la liturgie de l’Eglise et sa vraie grandeur:  nous ne faisons pas la fête pour nous, mais c’est au contraire le Dieu vivant lui-même qui prépare une fête pour nous. En aimant l’Eucharistie, vous redécouvrirez aussi le sacrement de la Réconciliation, dans lequel la bonté miséricordieuse de Dieu permet toujours un nouveau commencement à notre vie. 

Qui a découvert le Christ se doit de conduire les autres vers Lui. On ne peut garder pour soi une grande joie. Il faut la transmettre. Dans de vastes parties du monde, il existe aujourd’hui un étrange oubli de Dieu. Il semble que rien ne change même s’il n’est pas là. Mais, en même temps, il existe aussi un sentiment de frustration, d’insatisfaction de tout et de tous. On ne peut alors que s’exclamer:  Il n’est pas possible que ce soit cela la vie! Non vraiment. Et alors conjointement à l’oubli de Dieu, il existe comme un « boom » du religieux. Je ne veux pas discréditer tout ce qu’il y a dans cette tendance. Il peut y avoir aussi la joie sincère de la découverte. Mais dans ce contexte, la religion devient presque un produit de consommation. On choisit ce qui plaît, et certains savent aussi en tirer un profit. Mais la religion recherchée comme une  sorte de « bricolage », en fin de compte ne nous aide pas. Elle est commode, mais dans les moments de crise, elle nous abandonne à nous-mêmes. Aidez les hommes à découvrir la véritable étoile qui nous indique la route:  Jésus Christ! Nous aussi, nous cherchons à le connaître toujours mieux pour pouvoir conduire les autres vers lui de manière convaincante. C’est pourquoi il est si important d’aimer la Sainte Ecriture et, par conséquent, de connaître la foi de l’Eglise qui nous ouvre le sens de l’Ecriture. C’est l’Esprit Saint qui guide l’Eglise dans sa foi en croissance, et c’est Lui qui l’a faite et qui la fait pénétrer toujours plus dans les profondeurs de la vérité (cf. Jn 16, 13). Le Pape Jean-Paul II nous a donné une oeuvre merveilleuse, dans laquelle la foi des siècles est expliquée de façon synthétique:  le Catéchisme de l’Eglise catholique. Moi-même, récemment, j’ai pu présenter l’Abrégé de ce Catéchisme, qui a également été élaboré à la demande du Pape défunt. Ce sont deux livres fondamentaux que je voudrais vous recommander à tous. 

Evidemment, les livres à eux seuls ne suffisent pas. Formez des communautés fondées sur la foi! Au cours des dernières décennies sont nés des mouvements et des communautés dans lesquelles la force de l’Evangile se fait sentir avec vigueur. Cherchez la communion dans la foi en étant ensemble des compagnons de route qui continuent à suivre le chemin du grand pèlerinage que les Mages d’Orient nous ont indiqué les premiers! La spontanéité des nouvelles communautés est importante, mais il est aussi important de conserver la communion avec le Pape et avec les Evêques. Ce sont eux qui garantissent qu’on ne recherche pas des sentiers privés, mais au contraire qu’on vit dans la grande famille de Dieu que le Seigneur a fondée avec les douze Apôtres. 

Encore une fois je dois revenir à l’Eucharistie. « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » dit saint Paul (1 Co 10, 17). En cela il entend dire:  Puisque nous recevons le même Seigneur et que Lui nous accueille et nous attire en lui, nous sommes une seule chose aussi entre nous. Cela doit se manifester dans la vie. Cela doit se voir dans la capacité à pardonner. Cela doit se manifester dans la sensibilité aux besoins de l’autre. Cela doit se manifester dans la disponibilité à partager. Cela doit se manifester dans l’engagement envers le prochain, celui qui est proche comme celui qui est extérieurement loin, mais qui nous regarde toujours de près. Il existe aujourd’hui des formes de bénévolat, des modèles de service mutuel, dont notre société a précisément un besoin urgent. Nous ne devons pas, par exemple, abandonner les personnes âgées à leur solitude, nous ne devons pas passer à côté de ceux qui souffrent. Si nous pensons et si nous vivons dans la communion avec le Christ, alors nos yeux s’ouvriront. Alors nous ne nous contenterons plus de vivoter, préoccupés seulement de nous-mêmes, mais nous verrons où et comment nous sommes nécessaires. En vivant et en agissant ainsi, nous nous apercevrons bien vite qu’il est beaucoup plus beau d’être utiles et d’être à la disposition des autres que de se préoccuper seulement des facilités qui nous sont offertes. Je sais que vous, en tant que jeunes, vous aspirez aux grandes choses, que vous voulez vous engager pour un monde meilleur. Montrez-le aux hommes, montrez-le au monde, qui attend justement ce témoignage des disciples de Jésus Christ et qui, surtout par votre amour, pourra découvrir l’étoile que, comme croyants, nous suivons. 

Allons de l’avant avec le Christ et vivons notre vie en vrais adorateurs de Dieu! Amen!  

bonne nuit

28 mars, 2008

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