Archive pour mars, 2008

Benoît, Audience Générale 2005 – psaume 139

2 mars, 2008

je mets ce lecture du Pape Benoît de le psaume 139 parce que j’ai proposé la lecture de ce psaume comme reponce a un commentaire, du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2005/documents/hf_ben-xvi_aud_20051228_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 28 décembre 2005

O Dieu, tu me scrutes et me connais
Lecture
: Ps 138, 13-16.23-24

1. En cette Audience générale du mercredi de l’Octave de Noël, fête liturgique des Saints Innocents, nous reprenons notre méditation sur le Psaume 138, dont la lecture est proposée comme prière par la Liturgie des Vêpres

en deux étapes distinctes. Après avoir contemplé dans la première partie (cf. vv. 1-12) le Dieu omniscient et omniprésent, Seigneur de l’être et de l’histoire, cet hymne sapientiel d’intense beauté et passion se tourne à présent vers la réalité la plus élevée et admirable de tout l’univers, l’homme, défini comme le « prodige » de Dieu (cf. v. 14). Il s’agit en réalité d’un thème profondément en harmonie avec l’atmosphère de Noël que nous vivons en ces journées, au cours desquelles nous célébrons le grand mystère du Fils de Dieu qui s’est fait homme, ou plutôt qui s’est fait enfant, pour notre salut. Apr

ès avoir considéré le regard et la présence du Créateur qui embrassent tout l’horizon cosmique, dans la deuxième partie du Psaume que nous méditons aujourd’hui, les yeux pleins d’amour de Dieu se tournent vers l’être humain, considéré dans son début plein et complet. Il est encore « informe » dans l’utérus maternel: le terme hébreu utilisé a été entendu par certains experts bibliques comme un renvoi à l’ »embryon », décrit dans ce terme comme une petite réalité ovale, lovée, mais sur laquelle se pose déjà le regard bienveillant et plein d’amour des yeux de Dieu (cf. v. 16).

2. Le Psalmiste, pour définir l’action divine à l’intérieur du sein maternel, a recours aux images bibliques classiques, alors que la cavité génératrice de la mère est comparée aux « profondeurs de la terre », c’est-à-dire à la vitalité constante de la grande mè

re terre (cf. v. 15). Il y a tout d’abord le Symbole du potier et du sculpteur qui « forme », mod

èle sa création artistique, son chef-d’oeuvre, précisément comme on le disait dans le livre de la Genèse à propos de la création de l’homme: « Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol » (Gn 2, 7). Il y a ensuite le symbole du « tissu », qui évoque la délicatesse de la peau, de la chair, des nerfs « tissés » sur le squelette osseux. Job réévoquait lui aussi avec force ces images, ainsi que d’autres, pour exalter ce chef-d’oeuvre qu’est la personne humaine, bien que frappée et blessée par la souffrance: « Tes mains m’ont façonné, créé;… Souviens-toi : tu m’as fait comme on pétrit l’argile… Ne m’as-tu pas coulé comme du lait et fait cailler comme du laitage, vêtu de peau et de chair, tissé en os et en nerfs? » (Jb 10, 8-11).

3. Dans notre Psaume, l’idée que Dieu voit déjà tout l’avenir de cet embryon encore « informe » est extrêmemnt puissante: dans le livre de la vie du Seigneur sont déjà inscrits les jours que cette créature vivra et remplira d’oeuvres au cours de son existence terrestre. C’est ainsi que réapparaît la grandeur transcendante de la connaissance divine, qui n’embrasse pas seulement le passé et le présent de l’humanité, mais également la perspective encore cachée de l’avenir. Mais apparaît ici également la grandeur de cette petite créature humaine non née, formée par les mains de Dieu et entourée de son amour: un éloge biblique de l’être humain dè

s le premier moment de son existence. Nous voudrions

à présent nous remettre à la réflexion que saint Grégoire le Grand, dans ses Homélies sur Ezéchiel, a élaborée sur la phrase du Psaume que nous avons commenté plus haut: « Mon embryon, tes yeux le voyaient: sur ton livre, ils sont tous inscrits les jours qui ont été fixés » (v. 16). Sur ces mots, le Pontife et Père de l’Eglise a construit une méditation originale et délicate, concernant ceux qui dans la communauté chrétienne sont les plus faibles dans leur démarche spirituelle.

Et il dit que même les plus faibles dans la foi et dans la vie chrétienne font partie de l’architecture de l’Eglise, ils s’y « trouvent toutefois comptés… en vertu de son bon vouloir. C’est vrai, ils sont imparfaits et petits, cependant pour autant qu’ils réussissent à comprendre, ils aiment Dieu et leur prochain et ne négligent pas d’accomplir le bien qu’ils peuvent. Même s’ils n’arrivent pas encore aux dons spirituels, au point d’ouvrir l’âme à l’action parfaite et à la contemplation ardente, ils ne refusent toutefois pas l’amour de Dieu et du prochain, dans la mesure où ils sont capables de le comprendre. C’est pourquoi, il arrive qu’eux aussi contribuent, tout en étant situés à une place moins importante, à l’édification de l’Eglise, car, bien qu’inférieurs du point de vue de la doctrine, de la prophétie, de la grâce des miracles et du complet détachement du monde, ils reposent toutefois sur le fondement de la crainte et de l’amour, dans lequel ils trouvent leur solidité » (2, 3, 12-13, OEuvres de Grégoire le Grand

, III/2, Rome 1993, pp. 79.81). Le message de saint Grégoire devient un grand réconfort pour nous tous qui avançons souvent avec difficulté sur le chemin de la vie spirituelle et ecclésiale. Le Seigneur nous connaît et nous entoure tous de son amour.

Pape Benoît: Angelus 2.3.08

2 mars, 2008

02-03-200, du site:

http://www.zenit.org/article-17419?l=french

 

C’est notre orgueil qui empêche Jésus de nous guérir, déclare Benoît XVI

Angélus : Le pape commente la guérison de l’aveugle de naissance

ROME, Dimanche 2 mars 2008 (ZENIT.org

) – C’est notre orgueil qui empêche Jésus de nous guérir, a affirmé Benoît XVI ce dimanche, avant la prière de l’Angélus.

« Confessons nos cécités, nos myopies, et surtout, ce que la Bible appelle le grand péché‘ : l’orgueil », a exhorté le pape depuis la fenêtre de son bureau, aux fidèles rassemblés place Saint-Pierre sous un magnifique soleil de printemps.

Le pape a commenté l’Evangile de ce dimanche : la guérison de l’aveugle de naissance.

« Conformément à la mentalité commune de l’époque, les disciples partent du principe que sa cécité est la conséquence d’un péché commis par lui ou par ses parents, explique Benoît XVI. Jésus écarte en revanche ce préjugé et affirme : Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui’ ».

« Quel réconfort nous offrent ces paroles ! s’est exclamé le pape. Elles nous font entendre la voix vivante de Dieu, qui est Amour prévoyant et sage ! Face à l’homme limité et marqué par la souffrance, Jésus ne pense pas à d’éventuelles fautes, mais à la volonté de Dieu qui a créé l’homme pour la vie ».

« Mais cette guérison suscite une discussion animée parce que Jésus la réalise un samedi, violant, selon les pharisiens, le précepte festif. Ainsi, à la fin du récit, Jésus et l’aveugle se retrouvent tous deux expulsés’ par les pharisiens ; l’un parce qu’il a transgressé la loi et l’autre parce que, malgré sa guérison, il reste marqué comme pécheur depuis sa naissance », a expliqué le pape.

« Jésus, a-t-il ajouté, révèle à l’aveugle guéri qu’il est venu dans le monde pour réaliser un jugement, pour séparer les aveugles que l’on peut guérir de ceux qui ne se laissent pas guérir, car ils sont persuadés être sains ».

« L’homme possède effectivement la forte tentation de se construire un système de sécurité idéologique : la religion elle-même peut devenir un élément de ce système, comme l’athéisme ou le laïcisme, mais de cette manière on reste aveuglé par son égoïsme », a-t-il poursuivi.

« Chers frères, a exhorté le pape, laissons-nous guérir par Jésus, qui peut et veut nous donner la lumière de Dieu ! »

Pape Benoît: Audience générale du 27 février : saint Augustin (V)

2 mars, 2008

27-02-2008, du site:
 

http://www.zenit.org/article-17388?l=french

Audience générale du 27 février : saint Augustin (V)

ROME, Mercredi 27 février 2008 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse donnée par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, ce mercredi, dans la salle Paul VI du Vatican.

Avant de prononcer sa catéchèse, le pape a salué les pèlerins rassemblés dans la basilique Saint-Pierre. Voici ce qu’il a dit en français :

Je salue cordialement les pèlerins de langue française présents dans cette basilique. Que votre pèlerinage au tombeau de l’Apôtre Pierre soit pour vous l’occasion de mieux découvrir que Dieu est amour et que sa rencontre constitue la seule réponse aux inquiétudes du cœur humain. Par l’intercession de la Vierge Marie, que Dieu vous bénisse ainsi que vos familles et toutes les personnes qui vous sont proches !

Catéchèse de Benoît XVI

Chers frères et sœurs,

Avec la rencontre d’aujourd’hui je voudrais conclure la présentation de la figure de saint Augustin. Après nous être arrêtés sur sa vie, ses œuvres et sur plusieurs aspects de sa pensée, je voudrais revenir aujourd’hui sur son itinéraire intérieur, qui en a fait l’un des plus grands convertis de l’histoire chrétienne. J’ai consacré une réflexion à cette expérience particulière au cours du pèlerinage que j’ai accompli à Pavie l’année dernière pour vénérer la dépouille mortelle de ce Père de l’Eglise. De cette façon, j’ai voulu lui exprimer l’hommage de toute l’Eglise catholique, mais également rendre visible ma dévotion personnelle et ma reconnaissance à l’égard d’une figure à laquelle je me sens profondément lié, en raison du rôle qu’elle a joué dans ma vie de théologien, de prêtre et de pasteur.Aujourd’hui encore, il est possible de reparcourir la vie de saint Augustin en particulier gr

âce aux Confessions, écrites en louange à Dieu, et qui sont à l’origine de l’une des formes littéraires les plus spécifiques de l’Occident, l’autobiographie, c’est-à-dire l’expression personnelle de la conscience de soi. Eh bien, quiconque approche ce livre extraordinaire et fascinant, beaucoup lu aujourd’hui encore, s’aperçoit facilement que la conversion d’Augustin n’a pas eu lieu à l’improviste et n’a pas été pleinement réalisée dès le début, mais que l’on peut plutôt la définir comme un véritable chemin, qui reste un modèle pour chacun de nous. Cet itinéraire atteint bien sûr son sommet avec la conversion et ensuite le baptême, mais il ne se conclut pas lors de cette veillée pascale de l’année 387, lorsqu’à Milan le rhéteur africain fut baptisé par l’évêque Ambroise. Le chemin de conversion d’Augustin continua en effet humblement jusqu’à la fin de sa vie, si bien que l’on peut vraiment dire que ses différentes étapes – on peut facilement en distinguer trois – sont une unique grande conversion.

Saint Augustin a été un chercheur passionné de la vérité : il l’a été dès le début et ensuite pendant toute sa vie. La première étape de son chemin de conversion s’est précisément réalisée dans l’approche progressive du christianisme. En réalité, il avait reçu une éducation chrétienne de sa mère Monique, à laquelle il resta toujours très lié, et bien qu’il ait eu une vie dissipée pendant ses années de jeunesse, il ressentit toujours une profonde attraction pour le Christ, ayant bu l’amour pour le nom du Seigneur avec le lait maternel, comme il le souligne lui-même (cf. Confessions, III, 4, 8). Mais la philosophie, en particulier d’inspiration platonicienne, avait également contribué à le rapprocher ultérieurement du Christ en lui manifestant l’existence du Logos, la raison créatrice. Les livres des philosophes lui indiquaient qu’il y a d’abord la raison, de laquelle est ensuite issu le monde tout entier, mais ils ne lui disaient pas comment rejoindre ce Logos, qui semblait si loin. Seule la lecture des lettres de saint Paul, dans la foi de l’Eglise catholique, lui révéla pleinement la vérité. Augustin synthétisa cette expérience dans l’une des pages les plus célèbres de ses Confessions : il raconte que, dans le tourment de ses réflexions, s’étant retiré dans un jardin, il entendit à l’improviste une voix d’enfant qui répétait une cantilène, jamais entendue auparavant : tolle, lege, tolle, lege, « prends, lis, prends, lis » (VII, 12, 29). Il se rappela alors de la conversion d’Antoine, père du monachisme, et avec attention il revint au codex de Paul qu’il tenait quelques instants auparavant entre les mains, il l’ouvrit, et son regard tomba sur la lettre aux Romains où l’Apôtre exhorte à abandonner les œuvres de la chair et à se revêtir du Christ (13, 13-14). Il avait compris que cette parole, à ce moment, lui était personnellement adressée, qu’elle provenait de Dieu à travers l’Apôtre et lui indiquait ce qu’il fallait faire à ce moment. Il sentit ainsi se dissiper les ténèbres du doute et il se retrouva finalement libre de se donner entièrement au Christ : « Tu avais converti mon être à toi », commente-t-il (Confessions, VIII, 12, 30). Ce fut la première conversion décisive.Le rh

éteur africain arriva à cette étape fondamentale de son long chemin grâce à sa passion pour l’homme et pour la vérité, passion qui le mena à chercher Dieu, grand et inaccessible. La foi dans le Christ lui fit comprendre que le Dieu, apparemment si lointain, en réalité ne l’était pas. En effet, il s’était fait proche de nous, devenant l’un de nous. C’est dans ce sens que la foi dans le Christ a porté à son accomplissement la longue recherche d’Augustin sur le chemin de la vérité. Seul un Dieu qui s’est fait « tangible », l’un de nous, était finalement un Dieu que l’on pouvait prier, pour lequel et avec lequel on pouvait vivre. Il s’agit d’une voie à parcourir avec courage et en même temps avec humilité, en étant ouvert à une purification permanente dont chacun de nous a toujours besoin. Mais, comme nous l’avons dit, le chemin d’Augustin ne s’est pas conclu avec cette Veillée pascale de 387. De retour en Afrique, et ayant fondé un petit monastère, il s’y retira avec quelques amis pour se consacrer à la vie contemplative et à l’étude. C’était le rêve de sa vie. A présent, il était appelé à vivre totalement pour la vérité, avec la vérité, dans l’amitié du Christ qui est la vérité. Un beau rêve qui dura trois ans, jusqu’à ce qu’il soit, malgré lui, consacré prêtre à Hippone et destiné à servir les fidèles, en continuant certes à vivre avec le Christ et pour le Christ, mais au service de tous. Cela lui était très difficile, mais il comprit dès le début que ce n’est qu’en vivant pour les autres, et pas seulement pour sa contemplation privée, qu’il pouvait réellement vivre avec le Christ et pour le Christ. Ainsi, renonçant à une vie uniquement de méditation, Augustin apprit, souvent avec difficulté, à mettre à disposition le fruit de son intelligence au bénéfice des autres. Il apprit à communiquer sa foi aux personnes simples et à vivre ainsi pour elles, dans ce qui devint sa ville, accomplissant sans se lasser une activité généreuse et difficile, qu’il décrit ainsi dans l’un de ses très beaux sermons : « Sans cesse prêcher, discuter, reprendre, édifier, être à la disposition de tous – c’est une lourde charge, un grand poids, une immense fatigue » (Serm. 339, 4). Mais il prit ce poids sur lui, comprenant que précisément ainsi il pouvait être plus proche du Christ. Comprendre que l’on arrive aux autres avec la simplicité et l’humilité, telle fut sa véritable deuxième conversion.

Mais il y a une dernière étape du chemin d’Augustin, une troisième conversion : celle qui le mena chaque jour de sa vie à demander pardon à Dieu. Il avait tout d’abord pensé qu’une fois baptisé, dans la vie de communion avec le Christ, dans les Sacrements, dans la célébration de l’Eucharistie, il serait arrivé à la vie proposée par le Discours sur la montagne : à la perfection donnée dans le baptême et reconfirmée dans l’Eucharistie. Dans la dernière partie de sa vie, il comprit que ce qu’il avait dit dans ses premières prédications sur le Discours de la montagne – c’est-à-dire que nous à présent, en tant que chrétiens, nous vivons constamment cet idéal – était erroné. Seul le Christ lui-même réalise vraiment et complètement le Discours de la montagne. Nous avons toujours besoin d’être lavés par le Christ, nous avons besoin qu’il nous lave les pieds et qu’il nous renouvelle. Nous avons besoin d’une conversion permanente. Jusqu’à la fin nous avons besoin de cette humilité qui reconnaît que nous sommes des pécheurs en chemin, jusqu’à ce que le Seigneur nous donne la main définitivement et nous introduise dans la vie éternelle. Augustin est mort dans cette dernière attitude d’humilité, vécue jour après jour.Cette attitude de profonde humilit

é devant l’unique Seigneur Jésus le conduisit à l’expérience de l’humilité également intellectuelle. En effet, au cours des dernières années de sa vie, Augustin, qui est l’une des plus grandes figures de l’histoire de la pensée, voulut soumettre à un examen critique clairvoyant toutes ses œuvres, très nombreuses. C’est ainsi qu’eurent origine les Retractationes (« révisions »), qui insèrent de cette façon sa pensée théologique, vraiment grande, dans la foi humble et sainte de celle qu’il appelle simplement par le nom de Catholica, c’est-à-dire l’Eglise. « J’ai compris – écrit-il précisément dans ce livre très original (I, 19, 1-3) – qu’une seule personne est véritablement parfaite et que les paroles du discours de la montagne ne se sont totalement réalisées que dans une seule personne : en Jésus Christ lui-même. En revanche, toute l’Eglise – nous tous, y compris les apôtres – doit prier chaque jour : pardonne nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».

Converti au Christ, qui est vérité et amour, Augustin l’a suivi pendant toute sa vie et il est devenu un modèle pour chaque être humain, pour nous tous, à la recherche de Dieu. C’est pourquoi j’ai voulu conclure mon pèlerinage à Pavie en remettant idéalement à l’Eglise et au monde, devant la tombe de ce grand amoureux de Dieu, ma première Encyclique, intitulée Deus caritas est. Celle-ci doit en effet beaucoup à la pensée de saint Augustin, en particulier dans sa première partie. Aujourd’hui aussi, comme à son époque, l’humanité a besoin de connaître et surtout de vivre cette réalité fondamentale : Dieu est amour et la rencontre avec lui est la seule réponse aux inquiétudes du cœur humain ; un cœur qui est habité par l’espérance – peut-être encore obscure et inconsciente chez beaucoup de nos contemporains – mais qui, pour nous chrétiens, nous ouvre déjà à l’avenir, à tel point que saint Paul a écrit que : « Nous avons été sauvés, mais c’est en espérance » (Rm 8, 24). J’ai voulu consacrer ma deuxième Encyclique, Spe salvi, à l’espérance ; elle doit elle aussi beaucoup à Augustin et à sa rencontre avec Dieu.

Dans un très beau texte, saint Augustin définit la prière comme l’expression du désir et il affirme que Dieu répond en élargissant notre cœur vers Lui. Quant à nous, nous devons purifier nos désirs et nos espérances pour accueillir la douceur de Dieu (cf. In Ioannis, 4, 6). En effet, celle-ci est la seule qui nous sauve, en nous ouvrant également aux autres. Prions donc pour que dans notre vie il nous soit donné chaque jour de suivre l’exemple de ce grand converti, en rencontrant comme lui à chaque moment de notre vie le Seigneur Jésus, le seul qui nous sauve, qui nous purifie et nous donne la vraie joie, la vraie vie.

Puis le pape a lu le résumé de sa catéchèse, en français :

Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, nous concluons la présentation de saint Augustin, nous arrêtant sur son expérience intérieure. Les étapes de son existence sont comme un unique chemin de conversion. La première s’est accomplie dans son rapprochement progressif du christianisme. Sa passion pour l’homme et pour la vérité le conduit à chercher Dieu, grand et inaccessible. Mais Dieu n’est pas loin, il s’est fait proche des hommes, devenant l’un de nous. La foi au Christ a conduit à son accomplissement la longue recherche d’Augustin sur le chemin de la vérité. À Hippone, il met à la disposition de tous le fruit de son intelligence et de son étude, en particulier par la prédication et la discussion. Enfin, il fut conduit chaque jour de sa vie à demander pardon à Dieu. Cette attitude d’humilité fut aussi intellectuelle : à la fin de sa vie, elle le poussa à soumettre ses œuvres à un examen critique lucide. Converti au Christ, qui est vérité et amour, Augustin l’a suivi par toute sa vie et il est un modèle pour toute personne en recherche de Dieu. Aujourd’hui, comme à son époque, l’humanité a besoin de connaître et surtout de vivre cette réalité fondamentale : Dieu est amour et sa rencontre constitue la seule réponse aux inquiétudes du cœur humain.Je suis heureux d’accueillir ce matin les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les prêtres et les séminaristes de Chambéry, accompagnés de l’archevêque, Mgr Laurent Ulrich, ainsi que les novices de la Congrégation Saint-Jean et les jeunes. Suivant l’exemple de saint Augustin, soyez toujours des chercheurs de la vérité, en allant avec confiance à la rencontre du Seigneur Jésus, l’unique sauveur. Que Dieu vous bénisse !

bonne nuit

2 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. the-queen-of-sweden-roses-1

The Queen of Sweden Roses

http://www.freephotos.se/view_photo.asp?photo=305&cat=3&order=down

« Il se lava ; quand il revint, il voyait »

2 mars, 2008

du site:

http://levangileauquotidien.org/

Grégoire de Narek (vers 944-vers 1010), moine et poète arménien
Livre de prières, n° 40 (trad. SC 78, p. 237 rev.)

« Il se lava ; quand il revint, il voyait »

Dieu tout-puissant, Bienfaiteur, Créateur de l’univers,
écoute mes gémissements, moi qui suis en danger.
Délivre-moi de la crainte et de l’angoisse ;
libère-moi par ta force puissante, toi qui peux tout…
Seigneur Christ, coupe les mailles de mon filet par l’épée de ta croix victorieuse, l’arme de vie.
De tous côtés ce filet m’enveloppe, moi captif, pour me faire périr ;
conduis vers le repos mes pas chancelants et biaisants.
Guéris la fièvre de mon coeur qui étouffe.
Je suis coupable envers toi, ôte de moi le trouble, fruit de l’invention diabolique,
fais disparaître l’obscurité de mon âme angoissée…

Renouvelle en mon âme l’image de lumière de la gloire de ton nom, grand et puissant.
Intensifie l’éclat de ta grâce sur la beauté de mon visage
et sur l’effigie des yeux de mon esprit, moi qui suis né de terre (Gn 2,7).
Corrige en moi, rétablis plus fidèlement, l’image qui reflète la tienne (Gn 1,26).
Par une pureté lumineuse, fais disparaître mes ténèbres, pécheur que je suis.
Inonde mon âme de ta lumière divine, vivante, éternelle, céleste,
pour qu’en moi grandisse la ressemblance au Dieu Trinité.
Toi seul, ô Christ, es béni avec le Père
pour la louange de ton Esprit Saint
dans les siècles des siècles. Amen.

bonne nuit

1 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. 7art-00418_three-rose-flowers

Big three-rose-flowers

http://7art-screensavers.com/free-clipart/flowers-13.shtml

« Prends pitié de moi pécheur »

1 mars, 2008

du site:

http://levangileauquotidien.org/

Saint Jean Climaque (vers 575-vers 650), moine au Mont Sinaï
L’Echelle sainte, ch. 28 (trad. Petite Philocalie, Seuil 1979, p. 91 rev)

« Prends pitié de moi pécheur »

Que votre prière soit toute simple ; une seule parole a suffi au publicain et à l’enfant prodigue pour obtenir le pardon de Dieu (Lc 15,21)… Point de recherche dans les paroles de votre prière ; que de fois les bégaiements simples et monotones des enfants fléchissent leur père ! Ne vous lancez donc pas dans de longs discours afin de ne pas dissiper votre esprit par la recherche des paroles. Une seule parole du publicain a ému la miséricorde de Dieu ; un seul mot plein de foi a sauvé le bon larron (Lc 23,42). La prolixité dans la prière souvent emplit l’esprit d’images et le dissipe tandis que souvent une seule parole a pour effet de le recueillir. Vous sentez-vous consolé, saisi par une parole de la prière ? Arrêtez-vous-y, car c’est que notre ange alors prie avec nous. Pas trop d’assurance, même si vous avez obtenu la pureté, mais plutôt une grande humilité, et vous sentirez alors une plus grande confiance. Même si vous avez gravi l’échelle de la perfection, priez pour demander le pardon de vos péchés ; écoutez ce cri de saint Paul : « Je suis un pécheur, moi le premier » (1Tm 1,15)… Si vous êtes revêtu de douceur et libre de toute colère, il ne vous en coûtera plus beaucoup pour libérer votre esprit de la captivité.

Tant que nous n’aurons pas obtenu la prière véritable, nous ressemblerons à ceux qui apprennent aux enfants à faire leurs premiers pas. Travaillez à élever votre pensée ou mieux à la contenir dans les paroles de votre prière ; si la faiblesse de l’enfance la fait tomber, relevez-la. Car l’esprit est instable de nature mais Celui qui peut tout affermir peut fixer aussi l’esprit… Le premier degré de la prière consiste donc à chasser par une parole simple les suggestions de l’esprit au moment même où elles se présentent. Le second, c’est de garder notre pensée uniquement à ce que nous disons et que nous pensons. Le troisième, c’est la saisie de l’âme dans le Seigneur.

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