Archive pour mars, 2008

Par sa croix le Christ rassemble les hommes divisés et dispersés

8 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l’Eglise, « Lumen Gentium », 9

Par sa croix le Christ rassemble les hommes divisés et dispersés

Le Christ a scellé en son sang un pacte nouveau, c’est-à-dire, la nouvelle alliance (1Co 11,25), en appelant d’entre les Juifs et les païens une multitude qui s’unirait non pas selon la chair mais en esprit, afin de constituer le nouveau Peuple de Dieu…: « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis…; eux, qui jadis n’étaient pas un peuple, maintenant sont le peuple de Dieu » (1P 2,9-10)…

Ce peuple messianique, s’il ne comprend pas effectivement tous les hommes et n’apparaît parfois que comme un petit troupeau, n’en subsiste pas moins au sein de toute l’humanité comme un germe très fort d’unité, d’espérance et de salut. Etabli par le Christ en communion de vie, de charité et de vérité, il lui sert d’instrument pour la rédemption de tous et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre (Mt 5,13s)… Dieu a convoqué la communauté de ceux qui regardent avec foi Jésus, auteur du salut, principe d’unité et de paix, et il en a fait l’Eglise, afin qu’elle soit pour tous et pour chacun le sacrement visible de cette unité salvifique.

Cette Eglise qui doit s’étendre à toute la terre et entrer dans l’histoire humaine, domine en même temps les époques et les frontières des peuples. Au milieu des embûches et des tribulations qu’elle rencontre, elle est soutenue, dans sa marche, par le secours de la grâce divine que lui a promise le Seigneur, afin que, dans la condition de l’humaine faiblesse, elle ne laisse pas d’être parfaitement fidèle, mais demeure la digne épouse de son Seigneur et se renouvelle sans cesse elle-même, sous l’action de l’Esprit Saint ; jusqu’à ce que, par la croix, elle parvienne à la lumière qui ne connaît pas de déclin.

bonne nuit

7 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

Primula

http://www.freefoto.com/browse/15-05-0?ffid=15-05-0

On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue

7 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Origène (v.185-253), prêtre et théologien
Commentaire de Saint Jean, 19,12 ; PG 14, 548 (trad. cf. Jean expliqué, DDB 1985, p. 85)

« On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue « 

Chercher Jésus est souvent un bien, car c’est la même chose que de chercher le Verbe, la vérité et la sagesse. Mais vous allez dire que les mots « chercher Jésus » sont parfois prononcés à propos de ceux qui lui veulent du mal. Par exemple : « Ils cherchaient à le saisir, mais personne ne porta la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue ». « Je sais que vous êtes la descendance d’Abraham ; mais vous cherchez à me tuer parce que ma parole ne pénètre pas en vous » (Jn 8,37). « Maintenant vous cherchez à me tuer, moi un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de mon Père » (Jn 8,40).

Ces paroles…ne s’opposent pas à cette autre parole : « Quiconque cherche trouve » (Mt 7,8). Il existe toujours des différences entre ceux qui cherchent Jésus : tous ne le cherchent pas sincèrement pour leur salut et pour obtenir son aide. Il est des hommes qui le cherchent pour d’innombrables raisons fort éloignées du bien. C’est pourquoi seuls ceux qui l’ont cherché en toute droiture ont trouvé la paix, ceux dont on peut vraiment dire qu’ils cherchent le Verbe qui est auprès de Dieu (Jn 1,1), afin qu’il les amène à son Père…

Il menace de s’en aller s’il n’est pas accueilli : « Je m’en vais et vous me chercherez » (Jn 8,21)… Il sait de qui il s’éloigne et auprès de qui il reste sans être encore trouvé, afin que si on le cherche on le trouve au temps favorable.

via Crucis al Colosseo 2007 – neuvième station: Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

6 mars, 2008

via Crucis al Colosseo 2007 - neuvième station: Jésus rencontre les femmes de Jérusalem dans images sacrée stazione7

S.P. 42: Libro d’Ore « Borromeo » miniato da Cristoforo de Predis, Sec.XV
Biblioteca Ambrosiana

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/2007/via_crucis/it/station_07.html

Appelés à la paix

6 mars, 2008

du site:

http://spiritualite2000.com/Archives/billets/janvier5_01.htm

Appelés à la paix

par Denis Gagnon, o.p.

La fin d’une année et le début d’une autre sont toujours accompagnés de bilans et de prospectives. C’est l’occasion de passer en revue trois-cents-soixante-cinq jours sous différents angles: politiques, économiques, culturelles, artistiques, religieux, etc. L’occasion de faire le tour du monde en quelques pages de journal ou en quelques minutes de télévision.

Les bilans se succèdent d’année en année avec leurs particularités. Mais, globalement, ils se ressemblent. La guerre et les conflits font partie du menu. Ils sont même le plat principal. Les points chauds peuvent changer de région, mais ils sont toujours là. Les humains en font une consommation qui dépasse parfois l’entendement. Pourquoi n’arrivons-nous pas à vivre ensemble d’une façon harmonieuse? Pourquoi tant de nos relations se vivent-elles dans la friction? Pourquoi les frontières entre les peuples se durcissent-elles aussi facilement?

Nous avons pourtant un grand idéal. Nous cherchons le bonheur et nous savons bien que nous n’y parviendrons pas sans un minimum d’entente entre nous. Nous savons que nous avons besoin des autres pour vivre, pour nous rendre heureux mutuellement. Nous avons besoin d’un minimum de biens pour vivre. Et, sans les autres, il serait difficile d’obtenir ce minimum. La répartition des biens de la terre, leurs transformations supposent la concertation de beaucoup de personnes, chacune apportant sa contribution dans ces transformations et dans le partage des richesses. De plus en plus, nous avons besoin de coopération entre les pays, entre les peuples. Les distances sur la planète rapetissent de plus en plus. Nous circulons plus facilement d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre. Nous avons donc besoin de meilleures concertations entre nous pour vivre convenablement sur cette terre.

Il est long et difficile l’apprentissage de la vie en commun. C’est déjà un défi entre un homme et une femme qui se choisissent et décident de partager leur vie. À plus forte raison quand les citoyens et les citoyennes d’une même ville veulent bâtir ensemble un projet de société. À plus forte raison quand des villes doivent s’unir. À plus forte raison encore quand les pays sont appelés à des concertations.

Pendant que nous faisons le bilan de nos conflits, la liturgie chrétienne nous conduit jusqu’à l’Enfant de Bethléem où se retrouvent aussi des personnages venus d’Orient. La tradition nous les présente sous les traits de trois grandes races: un blanc, un noir et un jaune. Pour nous dire que tous les peuples sont invités à se retrouver à la crèche. Ils y entendront des anges chanter la paix sur la terre. Ils pourront reconnaître dans le nouveau-né le sens de leur existence et le point d’ancrage de leur vivre ensemble.

Les grandes puissances sont convoquées. Les guerriers sont appelés au rassemblement. Tous ces géants sont invités à se laisser désarmer par un nouveau-né fragile, faible. C’est le paradoxe du mystère de Noël, la surprenante stratégie de Dieu. Dans la naissance de Jésus, Dieu nous propose d’écrire l’histoire autrement, en établissant nos rapports humains à un autre niveau qu’à celui de la force et de la domination. Grand défi qu’en deux mille ans d’Évangile nous n’avons pas encore réussi complètement à relever. Mais, ça viendra, Dieu le veut!

Radio Ville-Marie 91.3 FM

« Rythme du matin »

5 janvier 2001

Audience générale du 5 mars : saint Léon le Grand

6 mars, 2008

05-03-2008, du site:

http://www.zenit.org/article-17442?l=french

Audience générale du 5 mars : saint Léon le Grand

ROME, Mercredi 5 mars 2008 (ZENIT.org

) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse donnée par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, ce mercredi, dans la salle Paul VI du Vatican.

Catéchèse de Benoît XVI

Chers frères et sœurs,

Poursuivant notre route parmi les Pères de l’Eglise, véritables astres qui brillent de loin, nous abordons lors de notre rencontre d’aujourd’hui la figure d’un pape qui fut proclamé docteur de l’Eglise en 1754 par Benoît XIV: il s’agit de saint Léon le Grand. Comme l’indique l’épithète que la tradition lui attribua très tôt, il fut vraiment l’un des plus grands papes qui aient honoré le Siège romain, contribuant largement à en renforcer l’autorité et le prestige. Premier évêque de Rome à porter le nom de Léon, adopté ensuite par douze autres souverains pontifes, il est également le premier pape dont nous soit parvenue la prédication, qu’il adressait au peuple qui se rassemblait autour de lui pendant les célébrations. Il est naturel de penser également à lui dans le contexte des actuelles audiences générales du mercredi, des rendez-vous qui pendant les dernières décennies sont devenus pour l’évêque de Rome une forme habituelle de rencontre avec les fidèles et avec de nombreux visiteurs de toutes les parties du monde.L

éon était originaire de la région italienne de la Tuscia. Il devint diacre de l’Eglise de Rome autour de l’an 430 et, avec le temps, il acquit au sein de celle-ci une position importante. Ce rôle de premier plan poussa Galla Placidia, qui à cette époque dirigeait l’Empire d’Occident, à l’envoyer en Gaule en 440 pour résoudre une situation difficile. Mais au cours de l’été de cette année, le pape Sixte III – dont le nom est lié aux magnifiques mosaïques de Sainte-Marie-Majeure – mourut, et ce fut précisément Léon qui lui succéda, recevant la nouvelle alors qu’il accomplissait sa mission de paix en Gaule. De retour à Rome, le nouveau pape fut consacré le 29 septembre 440. C’est ainsi que commença son pontificat, qui dura plus de vingt-et-un an, et qui a été sans aucun doute l’un des plus importants de l’histoire de l’Eglise. A sa mort, le 10 novembre 461, le pape fut enterré auprès de la tombe de saint Pierre. Ses reliques sont conservées aujourd’hui encore dans l’un des autels de la Basilique vaticane.

Le pape Léon vécut à une époque très difficile : de nouvelles invasions barbares, le progressif affaiblissement en Occident de l’autorité impériale et une longue crise sociale avaient imposé à l’évêque de Rome – comme cela devait se produire de manière encore plus forte un siècle et demi plus tard sous le pontificat de Grégoire le Grand – d’assumer un rôle important également dans les événements civils et politiques. Cela ne manqua pas, bien évidemment, d’accroître l’importance et le prestige du Siège romain. Un épisode de la vie de Léon est en particulier resté célèbre. Il remonte à 452, lorsque le pape rencontra à Mantoue, avec une délégation romaine, Attila, chef des Huns, et le dissuada de poursuivre la guerre d’invasion par laquelle il avait déjà dévasté les régions du nord-est de l’Italie. Et ainsi sauva-t-il le reste de la péninsule. Cet événement important devint vite mémorable, et il demeure comme le signe emblématique de l’action de paix accomplie par le pontife. Trois ans plus tard, l’issue d’une autre initiative papale, signe d’un courage qui nous stupéfie encore, ne fut malheureusement pas aussi positive : en effet, au printemps 455 Léon ne réussit pas à empêcher que les Vandales de Genséric, arrivés aux portes de Rome, envahissent la ville sans défense, qui fut mise à sac pendant deux semaines. Toutefois, le geste du pape – qui, sans défense et uniquement entouré de son clergé, alla à la rencontre de l’envahisseur pour le conjurer de s’arrêter – empêcha au moins que Rome ne soit incendiée et obtint que le terrible sac épargnât les Basiliques Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Jean, dans lesquelles une partie de la population terrorisée se réfugia.Nous connaissons bien l’action du pape L

éon, grâce à ses très beaux sermons – nous en conservons près de cent dans un latin splendide et clair – et grâce à ses lettres, environ cent cinquante. Dans ces textes, le pape apparaît dans toute sa grandeur, tourné vers le service de la vérité dans la charité, à travers un exercice assidu de la parole, dans lequel il se révèle à la fois théologien et pasteur. Léon le Grand, constamment attentif à ses fidèles et au peuple de Rome, mais également à la communion entre les différentes Eglises et à leurs nécessités, fut le défenseur et le promoteur inlassable du primat romain, se présentant comme l’authentique héritier de l’apôtre Pierre : les nombreux évêques, en grande partie orientaux, réunis au Concile de Chalcédoine se montrèrent bien conscients de cela.

Se déroulant en 451, avec la participation de trois cent cinquante évêques, ce Concile fut la plus importante assemblée célébrée jusqu’alors dans l’histoire de l’Eglise. Chalcédoine représente le point d’arrivée sûr de la christologie des trois Conciles œcuméniques précédents : celui de Nicée de 325, celui de Constantinople de 381 et celui d’Ephèse de 431. Au VIe siècle, ces quatre Conciles, qui résument la foi de l’Eglise antique, furent en effet déjà comparés aux quatre évangiles : c’est ce qu’affirme Grégoire le Grand dans une lettre célèbre (I, 24), dans laquelle il déclare « accueillir et vénérer, comme les quatre livres du saint Evangile, les quatre Conciles », car c’est sur eux – explique encore Grégoire – « comme sur une pierre carrée que s’élève la structure de la sainte foi ». Le Concile de Chalcédoine – repoussant l’hérésie d’Eutichios, qui niait la véritable nature humaine du Fils de Dieu – affirma l’union dans son unique Personne, sans confusion ni séparation, des deux natures humaine et divine.Cette foi en J

ésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, était affirmée par le pape dans un important texte doctrinal adressé à l’évêque de Constantinople, qui s’intitule Tome à Flavien, qui, lu à Chalcédoine, fut accueilli par les évêques présents avec une acclamation éloquente, dont la description est conservée dans les actes du Concile : « Pierre a parlé par la bouche de Léon », s’exclamèrent d’une seule voix les Pères conciliaires. C’est en particulier de cette intervention, ainsi que d’autres effectuées au cours de la controverse christologique de ces années-là, qu’il ressort de manière évidente que le pape ressentait avec une urgence particulière la responsabilité du Successeur de Pierre, dont le rôle est unique dans l’Eglise, car « à un seul apôtre est confié ce qui est communiqué à tous les apôtres », comme affirme Léon dans l’un de ses sermons pour la fête des saints Pierre et Paul (83, 2). Et le pape sut exercer ces responsabilités, en Occident comme en Orient, en intervenant en diverses circonstances avec prudence, fermeté et lucidité à travers ses écrits et au moyen de ses légats. Il montrait de cette manière que l’exercice du primat romain était alors nécessaire, comme il l’est aujourd’hui, pour servir efficacement la communion, caractéristique de l’unique Eglise du Christ.

Conscient du moment historique dans lequel il vivait et du passage qui se produisait – à une période de crise profonde – entre la Rome païenne et la Rome chrétienne, Léon le Grand sut être proche du peuple et des fidèles à travers l’action pastorale et la prédication. Il anima la charité dans une Rome éprouvée par les famines, l’afflux des réfugiés, les injustices et la pauvreté. Il fit obstacle aux superstitions païennes et à l’action des groupes manichéens. Il relia la liturgie à la vie quotidienne des chrétiens : en unissant par exemple la pratique du jeûne à la charité et à l’aumône, en particulier à l’occasion des Quattro tempora, qui marquent pendant le cours de l’année le changement des saisons. Léon le Grand enseigna en particulier à ses fidèles – et aujourd’hui encore ses paroles restent valables pour nous – que la liturgie chrétienne n’est pas le souvenir d’événements passés, mais l’actualisation de réalités invisibles qui agissent dans la vie de chacun. C’est ce qu’il souligne dans un sermon (64, 1-2) à propos de la Pâque, à célébrer à chaque époque de l’année « pas tant comme quelque chose de passé, mais plutôt comme un événement du présent ». Tout cela s’inscrit dans un projet précis, insiste le saint pontife : en effet, de même que le Créateur a animé par le souffle de la vie rationnelle l’homme façonné avec la boue de la terre, après le péché originel, il a envoyé son Fils dans le monde pour restituer à l’homme la dignité perdue et détruire la domination du diable, à travers la vie nouvelle de la grâce.

Tel est le mystère christologique auquel saint Léon le Grand, avec sa lettre au Concile d’Ephèse, a apporté une contribution efficace et essentielle, confirmant pour tous les temps – par l’intermédiaire de ce Concile – ce que dit saint Pierre à Césarée de Philippe. Avec Pierre et comme Pierre, il confesse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Il est donc Dieu et Homme à la fois, « il n’est pas étranger au genre humain, mais étranger au péché » (cf. Serm. 64). Dans la force de cette foi christologique, il fut un grand porteur de paix et d’amour. Il nous montre ainsi le chemin : dans la foi nous apprenons la charité. Nous apprenons donc avec saint Léon le Grand à croire dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et à réaliser cette foi chaque jour dans l’action pour la paix et dans l’amour pour le prochain.

Puis le pape a lu le résumé de sa catéchèse, en français :

Chers Frères et Sœurs,

Saint Léon le Grand fut proclamé Docteur de l’Église en 1754 par le Pape Benoît XIV. Il est le premier Pape dont nous avons conservé la prédication et que beaucoup de gens venaient écouter. Originaire de Toscane, il devient diacre vers l’an 430 et prit peu à peu un rôle de premier plan ; il fut envoyé en Gaule pour régler une situation difficile, pendant laquelle il apprit la mort du Pape Sixte III. Il fut appelé à lui succéder en 440. Son pontificat fut particulièrement délicat en raison des temps troublés : invasions barbares, affaiblissement de l’autorité impériale, longue crise sociale. L’épisode le plus célèbre de son ministère fut la rencontre avec Attila en 452 à Mantoue, signe emblématique de son action en faveur de la paix, même si Rome fut saccagée deux ans plus tard, sans cependant être brûlée.L’action de saint L

éon nous est connue par ses magnifiques sermons, où il met son éloquence au service de la vérité dans la charité. Ce Pape avait le souci de l’unité entre toutes les Églises et une grande attention à leurs besoins. Il proclama fermement sa foi en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, dans une lettre adressée à l’Évêque de Constantinople, qui fut lue au Concile de Chalcédoine et acclamée par les participants : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ». Que le mystère de l’Incarnation du Seigneur « ne reste pas étranger au genre humain mais nous délivre du péché », affirmait-il.

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones, particulièrement des séminaristes de Versailles avec leur Évêque, Monseigneur Éric Aumonier, et le groupe de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Puissiez-vous professer la même foi que saint Léon dans le mystère de l’Incarnation et y trouver la joie profonde. Avec ma Bénédiction apostolique.

Ange Gardien

5 mars, 2008

Ange Gardien dans anges et archanges

http://santiebeati.it/i

L’Ange de Saint Pierre

5 mars, 2008

du site:

http://www.spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/ref-15.html#16


Pierre Angély

« Les Anges dans le Nouveau Testament » – Extraits de la revue L’Ange Gardien, 1901.

L’Ange de Saint Pierre

L’Ange du Seigneur, qui avait déjà ouvert la porte de la prison où les juifs avaient enfermé les apôtres après l’Ascension du Sauveur, délivra encore des mains d’Hérode Pierre que Jésus avait établi prince des apôtres et chef de son Eglise.
Pour plaire aux Juifs et pour arr
êter les progrès surprenants de la nouvelle religion que prêchaient les disciples du Christ, le roi Hérode devint le premier persécuteur des chrétiens. Il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean, et jeter Pierre en prison, le confiant à la garde de quatre bandes de quatre soldats chacune, et voulant, après la Pâque, donner sa mort en spectacle, comme divertissement public, à tout le peuple juif. C’étaient pendant les jours des Azymes, c’est-à-dire des pains sans levain
.
Mais pendant que l’ap
ôtre Pierre, enchaîné comme un malfaiteur, était gardé en prison par les soldats de la cohorte du roi Hérode, les prières de l’Eglise s’élevaient sans cesse à
Dieu pour lui.
Or, la nuit m
ême d’avant le jour du supplice de l’apôtre, voilà qu’un Ange entre soudain dans la prison, la remplit d’une lumière éclatante, et, touchant Pierre endormi entre deux soldats, il l’éveille et lui dit : « Lève-toi promptement ; mets ta ceinture et ta chaussure ; enveloppe-toi de ton manteau et suis moi »
.
Aussit
ôt les chaînes tombèrent et Pierre suivit l’Ange, s’imaginant que ce qui se passait était plutôt un rêve que la réalité. Après avoir franchi le premier et le second corps de garde, ils arrivèrent à la porte de fer qui donnait sur la ville. Elle s’ouvrit d’elle-même devant eux, et ils allèrent jusqu’à l’extrémité de la rue. Alors l’Ange disparut tout à coup. Revenu à lui, voyant la réalité de sa délivrance miraculeuse, Pierre dit : « Maintenant, je sais avec certitude que le Seigneur a envoyé son Ange, et qu’il m’a tiré de la main d’Hérode et de l’attente du peuple juif »
.

L’apôtre s’en alla frapper à la porte de la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où plusieurs étaient assemblés, priant. Une jeune fille, nommée Rhode, vint pour ouvrir : mais reconnaissant la voix de Pierre, sa joie fut si grande qu’elle courut annoncer à l’intérieur que Pierre était à la porte.
- Vous avez perdu l’esprit, lui dit-on ; ne savez-vous pas que Pierre est en prison cruellement garrott
é et sans cesse gardé
par les soldats ?
- Cependant c’est lui-m
ême, je vous l’assure, ré
pondit la jeune fille.
- Alors c’est son Ange, r
épliquè
rent les disciples.
Ils ouvrirent
à Pierre, manifestant leur joie et leur grand étonnement. L’apôtre leur raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison et leur dit : « Annoncez cela à Jacques et aux frères »
. Puis, il se retira dans un autre lieu.

Le matin, il y eut grand émoi parmi les soldats au sujet de Pierre. Hérode, l’ayant fait rechercher en vain, ordonna le supplice des gardiens et alla ensuite à Césarée, où, revêtu de ses habits royaux, il haranguait le peuple qui clamait : « C’est la voix d’un dieu, non d’un homme ». Un Ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas rendu gloire à Dieu. Dévoré par les vers, il expira.
Ainsi, depuis dix-neuf si
ècles, disparaissent de la scène du monde les ennemis de Dieu. Au signal divin, ils sont frappés sur leur piédestal d’orgueil et d’impiété, et sur leur tombe ignominieuse, l’Eglise peut toujours chanter l’alléluia de sa dé
livrance et de son triomphe.

*
* *
Aux premières années de la société chrétienne, Pierre, prince des apôtres, personnifiait l’Eglise de Jésus-Christ. Voilà pourquoi Hérode le fait charger de lourdes chaînes et se prépare à le faire mourir, après l’avoir livré à la dérision, au mépris du peuple. Il veut anéantir ainsi la liberté, les droits, l’avenir de la religion chrétienne.
Mais c’est pr
écisément cette heure que Dieu choisit pour montrer sa puissance et la vitalité de l’Eglise qui a sa divine promesse de triompher de toutes les persécutions. « Vous êtes Pierre, avait dit le Christ à l’apôtre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les puissances de l’enfer ne prévaudront jamais contre Elle. Vous aurez pour revendiquer ses droits toute puissance sur la terre et dans les cieux.
»
La délivrance de Pierre fut donc la confirmation de la promesse de Notre-Seigneur : elle fut aussi la récompense de la foi et de la fidélité de tous les disciples qui, jour et nuit, priaient pour le prince des apô
tres.
Ce qui arriva aux premiers jours de l’Eglise s’est renouvel
é dans la durée de chaque siècle. Pierre, personnifié dans le Pape, a été périodiquement chargé de chaînes et enfermé dans le cachot. Mais toujours l’Eglise, divinement constituée, a conservé un puissant noyau de fidèles invincibles, fidèles qui ont prié et espéré, alors que toute confiance semblait une folie aux yeux des indifférents, surtout des persé
cuteurs.
Nous trouvons dans ce souvenir, dans le glorieux pass
é de l’Eglise, le fondement inébranlable de toute espérance chrétienne. Au milieu de nos tristesses, nous savons que le bras de Dieu ne s’est pas raccourci, et qu’au moment choisi par Lui, l’Eglise brisera les chaînes que les impies forgent avec rage contre Elle. Ses bienfaits resplendiront toujours dans le monde, comme la lumière divine illumina le cachot où l’on croyait Pierre dé
sormais sans pouvoir.
Chr
étiens, âmes contristées, vous surtout humbles religieuses si odieusement persécutées, gardez l’espoir, la confiance en Dieu, et hâtez par vos prières l’heure prochaine où nous pourrons dire comme Pierre : « Oui, vraiment, c’est Dieu qui nous a envoyé son Ange et nous a délivrés de la main, du pouvoir des impies !
»

L’Ange Gardien – Septembre 1902 – pp. 147-151

France : Pour une solidarité concrète avec les chrétiens souffrant pour leur foi

5 mars, 2008

04-03-2008, du site:

http://www.zenit.org/article-17434?l=french

France : Pour une solidarité concrète avec les chrétiens souffrant pour leur foi

Message du Conseil d’Eglises chrétiennes en France

ROME, Mardi 4 mars 2008 (ZENIT.org) – Les chrétiens de France appellent à des « marques de solidarité concrètes » pour les chrétiens du monde « qui souffrent à cause de leur foi ».

Le Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECEF) adresse en effet un message aux chrétiens de France à l’approche des célébrations de la Passion, sous ce titre tiré de l’Epître de saint Paul aux Galates : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 6.2).Les Eglise sont invit

ées, en ce carême, à « demeurer unies dans la prière et la fraternité locale comme universelle pour montrer la réalité de la solidarité en Christ dans l’adversité ».

Le communiqué cite les « minorités du Moyen-Orient, d’Afrique et d’ailleurs souvent menacées, parfois persécutées ou contraintes à l’exil dans des conditions insupportables ».C’est ainsi que

« le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France, par la voix de ses co-présidents, encourage les Eglises en France à renforcer leur soutien, par la prière et par des marques de solidarité concrètes qui encouragent ceux qui souffrent à cause de leur foi ».

Il invite à prier pour « les chrétiens issus des traditions ecclésiales remontant aux premiers siècles » et « les nouveaux chrétiens », pour « l’unité », et pour que « dans ces lieux de tensions et de souffrance, les chrétiens et les Eglises discernent leur rôle et reçoivent la force de l’assumer ».

« Prions et agissons pour que la pauvreté et la désagrégation sociopolitique n’ajoutent pas de la violence à la violence. Prions et agissons pour que la liberté de conscience et de culte soit vraiment respectée dans tous les pays », ajoute le communiqué.

Ils concluent : « Puisse la paix du Christ être ainsi au service de la paix dans la diversité de notre monde. Puisse la communion de l’Eglise universelle servir un peu plus la fraternité humaine ».

Le communiqué est signé par Emmanuel, Métropolite de la Métropole grecque orthodoxe de France, Président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et Président en exercice du CECEF, par le Cardinal André Vingt-Trois Archevêque de Paris, et président de la Conférence des évêques de France, et par le Pasteur Claude BATY, Président de la Fédération protestante de France, et Co-Président du CECEF.

Les croyants, « prophètes » de l’espérance, par le cardinal Tauran

5 mars, 2008

29-02-2008, du site:

http://www.zenit.org/article-17405?l=french

Les croyants, « prophètes » de l’espérance, par le cardinal Tauran

Pas de « fatalité » de l’histoire

ROME, Vendredi 29 février 2008 (ZENIT.org) – « Les croyants sont les prophètes’ de l’espérance ! Ils ne croient pas en la fatalité de l’histoire », affirme le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, à l’occasion de la rencontre avec les autorités musulmanes de Al-Azar, au Caire, le 27 février. Voici le texte intégral de son intervention.

LES CROYANTS DANS LA SOCIETE D’AUJOURD’HUILe Caire, 27 février 2008

Centre Saint Joseph – Salle du Nil

Chers amis,

Il m’est particulièrement agréable de me trouver parmi vous ce soir, au cœur de la capitale de votre grand pays, carrefour de civilisations et de religions, où, depuis des siècles, chacun apprend chaque jour à vivre ensemble sous le regard de Dieu !

Depuis le mois de juin dernier, le pape Benoît XVI m’a confié la responsabilité du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, à la tête duquel m’ont précédé d’illustres prélats soucieux de la rencontre des cœurs et du respect des convictions de chacun. L’un d’entre eux n’est autre que le Représentant du pape en Egypte, le Nonce Apostolique, Mgr Michael Fitzgerald, que je salue cordialement. Je m’efforcerai, durant les années à venir, de faire fructifier le mieux possible l’héritage que j’ai reçu d’eux !Je suis heureux que mon premier voyage officiel en dehors de Rome ait lieu au Caire o

ù les chrétiens sont présents depuis les premiers temps du christianisme à côté de leurs compatriotes de religion musulmane. Les uns et les autres – les uns AVEC les autres – ils sont appelés à tisser, jour après jour, la magnifique tapisserie de la rencontre et du dialogue !

Et si je suis ici, ces jours-ci, c’est justement pour continuer et renforcer ce climat de bonne entente interreligieuse. Chaque année, se réunit en effet, une fois au Caire et une fois à Rome, le « Comité mixte pour le Dialogue ». C’est ainsi que nous avons bénéficié, ces jours derniers, d’échanges profitables avec le « Comité Permanent d’al-Azhar pour le Dialogue avec les Religions monothéistes » constitué dans ce but.Ce soir, je voudrais partager avec vous quelques convictions sur la signification de la pr

ésence des croyants dans la société. Nous n’avons pas à douter ni de notre identité, ni de notre place dans la société où nous vivons et dont nous sommes citoyens à part entière. Là où se trouvent des croyants, sous quelque latitude que ce soit, là se trouve pour eux le meilleur endroit pour vivre: c’est là que Dieu les a plantés pour qu’ils portent du fruit ! Croyants et société. Dialogue entre croyants. Voilà des thèmes d’actualité !

C’est un fait: la Religion intéresse ! Je suis toujours agréablement surpris de constater le grand nombre de magazines et de livres traitant de sujets religieux offerts par les kiosques des aéroports. Il y a seulement dix ans, il n’en était pas ainsi, du moins en Europe. Certes Dieu n’avait pas disparu. Mais il n’était pas convenable de montrer que l’on croyait en Lui. Etre croyant relevait de la sphère privée.

LE RETOUR DU RELIGIEUX

Pourquoi les choses ont-elles changé?

= Parce que notre monde est devenu de plus en plus précaire à cause de vieux et de nouveaux conflits armés qui affectent tant de peuples et il faut bien trouver des raisons d’espérer.= Parce que le mat

érialisme et la course à l’argent posent le problème du sens de la vie et de la mort. Avoir toujours plus, oui, mais dans quel but ?

= Parce que les progrès des sciences et de la technique posent de plus en plus une question grave: va-t-on pouvoir maîtriser leurs innovations ?= Parce que, dans beaucoup de pays o

ù tous les comportements sont permis, de plus en plus de jeunes sont à la recherche de repères moraux.

= Parce que certains croyants dévoyés ont utilisé leur religion pour justifier des actions terroristes: la religion ainsi comprise fait peur != Ou tout simplement, parce que la personne humaine poss

ède par nature une dimension religieuse. Nous connaissons les paroles inspirées d’Augustin d’Hippone qui louait Dieu parce que, écrivait-il, « tu nous as créés pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi » (S. Augustin, Les Confessions, chap. 1).

La permanence du sentiment religieux dans l’histoire de l’humanité est un fait. Arnold Toynbee l’a bien démontré: la religion n’est pas un moment particulier de l’histoire; elle est une des composantes de la nature humaine, une dimension constitutive de son être. Depuis que l’homme est sur terre, il n’a cessé d’interroger le ciel.

Les impressionnants vestiges de la vallée du Nil en témoignent éloquemment ! Il n’y a pas de civilisation sans religion !

L’INTERRELIGIEUX

Mais, une autre « nouveauté » est à signaler: c’est la réalité universelle de l’« inter-religieux ». A de rares exceptions près, toutes les sociétés accueillent des croyants de toutes convictions.

Pratiquement toutes les sociétés sont devenues pluri-religieuses. Ce qui me fait dire que nous sommes tous « condamnés» au dialogue !O

ù que nous vivons, nous sommes toujours des croyants parmi d’autres croyants !

Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), les papes qui se sont succédés ont encouragé le dialogue entre le christianisme et les autres religions, invitant au respect des convictions mutuelles et au respect de ce que Dieu ne cesse de réaliser dans le cœur de chacun. Cela, non pas pour dire: « toutes les religions se valent ». Non ! Mais pour dire : « tous les chercheurs de Dieu ont la même dignité ». En outre, parce que les êtres humains ont été créés libres de chercher Dieu et d’adhérer à lui, ils doivent être libres de faire ou ne de pas faire le choix de Dieu.Ainsi les croyants sont pass

és petit à petit de la rencontre au dialogue:

le dialogue de la vie qui consiste à partager nos joies et nos peines avec les adeptes d’autres religions; le dialogue des œuvres qui nous fait collaborer au bien-être des uns et des autres, surtout de ceux qui vivent la pauvreté ou la maladie; le dialogue des échanges théologiques qui permet de mieux comprendre nos héritages religieux; le dialogue des spiritualités qui met à la disposition des uns et des autres la richesse de leur vie de prière ou de contemplation. Vous en conviendrez avec moi, je me demande si nous avons pris la mesure de la f

écondité de tous ces efforts ? Nous avons devant nous un vaste chantier. Mais, je crois que les Chefs religieux chrétiens et ceux des autres religions ont compris que le dialogue interreligieux (auquel nous sommes « condamnés » comme je disais tout à l’heure), consiste à se regarder, à s’écouter, à se connaître pour pouvoir échanger sur des questions sur lesquelles nous avons des avis différents, dans le but d’apprendre un peu plus des uns et des autres.

Le préfixe « dia » signifie « à travers »; ce qui veut dire que le dialogue est une parole qui se laisse traverser par une autre !

Il est clair que des croyants qui pratiquent ce genre de relations ne peuvent pas passer inaperçus dans la société, quels que soient les systèmes politique ou culturel qui l’orientent. D’autant plus que tous les croyants vivent leur foi et la pratiquent en communauté : on parle de « communautés de croyants » ou de « confessions ».

LES CROYANTS DANS LA SOCIETE

J’en viens donc aux rapports entre les croyants et la société.

Ils sont inévitables. Parce que l’homme est un « animal religieux », il est toujours à la fois citoyen et croyant. Ce qui entraîne la société et ses responsables à s’entendre avec eux sans se confondre, et à se fréquenter sans s’opposer. Les citoyens qui adhèrent à une religion sont la majorité. Il y a donc un fait religieux qui s’impose: par le nombre des croyants, par la durée de leurs traditions, par la visibilité de leurs institutions et de leurs rites. Les responsables des sociétés doivent en prendre acte et veiller à ce que la liberté de conscience et de culte ne nuise pas à la liberté des autres croyants et des non-croyants et ne perturbe pas l’ordre et la santé publiques.Mais, plus positivement, les responsables des soci

étés peuvent bénéficier du patrimoine moral des religions et de l’engagement de leurs adeptes, en vue du bien commun. Toutes les religions, bien que par des moyens divers, ont en commun l’ambition de collaborer avec tous ceux qui s’efforcent:

- d’assurer le respect effectif de la personne humaine et de ses droits;

- de développer le sens de la fraternité et de l’entraide ;

- de s’inspirer du « savoir-faire » des communautés de croyants qui rassemblent, au moins chaque semaine, des millions d’adeptes de toute condition sociale et formation intellectuelle, tout en respectant les différences et en vivant une authentique communion spirituelle;- d’aider les hommes et les femmes de ce temps

à ne pas être esclaves de la consommation et du seul profit.

Pensant à vous, chers Amis, qui êtes appelés à pratiquer le dialogue interreligieux chaque jour, je voudrais indiquer certains domaines où, chrétiens et musulmans ensemble, peuvent contribuer efficacement au bien commun de la société égyptienne.* D’abord, par le t

émoignage de leur vie de prière, individuelle et communautaire, chrétiens et musulmans rappellent que « l’homme ne vit pas seulement de pain ». Dans le monde d’aujourd’hui, il est primordial de rappeler – et de montrer- la nécessité d’une vie intérieure.

* Ensuite, des chrétiens et des musulmans fidèles à leurs engagements peuvent faire mieux comprendre que la liberté de religion est beaucoup plus que d’avoir une église ou une mosquée à leur disposition (cela est évident), mais que c’est aussi avoir la possibilité de participer au dialogue public par la culture (écoles, universités) ainsi que par l’engagement politique et social (où les croyants doivent être exemplaires).* ensemble, comme ils l’ont fait

à l’occasion de réunions internationales récentes, ils ne doivent jamais hésiter à défendre la sacralité de la vie humaine ainsi que la dignité de la famille.

* Ils n’hésiteront pas non plus à unir leurs efforts dans la lutte contre l’analphabétisme et les maladies.* Ils ont en commun la grande responsabilit

é de pourvoir à la formation morale de la jeunesse.

* Enfin, ils ne peuvent se soustraire à l’impérieux devoir d’être des artisans de paix, de développer une pédagogie de la paix qui s’enseigne en famille, à l’église, à la mosquée, à l’école, à l’université. Les religions ne font pas la guerre: ce sont les hommes qui la font! Quand des hommes et des femmes tuent au nom de leur religion, ils ne montrent pas leur force, mais leur faiblesse. A court d’arguments, il ne leur reste que leurs poings!Ils ne rendent certainement pas gloire

à Dieu. Je ne connais pas de condamnation plus forte de cette perversion du sentiment religieux que celle prononcée par le pape Benoît XVI, au début de l’année 2006, quand, condamnant le terrorisme, il affirmait: «aucune circonstance ne peut justifier cette activité criminelle qui couvre d’infamie celui qui l’accomplit et qui est d’autant plus blâmable qu’elle se pare du bouclier d’une religion, rabaissant ainsi au niveau de son aveuglement et de sa perversion morale la pure vérité de Dieu » (Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2006).

Dans la Lettre ouverte que 138 personnalités musulmanes ont adressée aux Chefs religieux chrétiens, il est souligné opportunément que chrétiens et musulmans représentent 55% de la population mondiale et que, par conséquent, ensemble, s’ils sont fidèles à leur religion, ils peuvent faire beaucoup de bien. Il me semble, en effet, que les croyants à l’écoute des attentes de leurs contemporains peuvent faire beaucoup pour la stabilité et la paix dans les sociétés dont ils sont membres.Pour conclure, je dirai que les croyants – chr

étiens et musulmans – sont porteurs d’un double message:

1) Dieu seul est digne d’adoration: toutes les idoles fabriquées par les hommes (richesse, pouvoir, apparences, hédonisme) constituent une menace pour la dignité de la personne, créature de Dieu ;2) Sous le regard de Dieu, tous les hommes sont de la m

ême race, de la même famille humaine, tous appelés à la liberté et à la rencontre avec Dieu.Dans le fond, les croyants sont les prophètes’ de l’espérance ! Ils ne croient pas en la fatalité de l’histoire. Ils sont conscients que, dotés par Dieu d’une intelligence et d’un cœur, ils peuvent, avec l’aide de Dieu, changer la trajectoire des événements du monde pour les orienter selon le projet du créateur: faire de l’humanité une véritable famille ! Chacun de nous est appelé à être artisan de ce projet ! Pour nous chrétiens, en tous cas, n’oublions jamais l’exhortation de Paul, dans sa Lettre aux Romains: « Recherchez donc ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres, en vue de la même construction » (14, 19). C’est une belle feuille de route !

Jean-Louis Card. Tauran

Président

1...910111213