Archive pour mars, 2008

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre »

10 mars, 2008

du site:

http://levangileauquotidien.org/

Jean-Paul II
Mulieris dignitatem, ch. 5 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre »

Le Christ est celui qui « sait ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2,25), dans l’homme et la femme. Il connaît la dignité de l’homme, sa valeur aux yeux de Dieu. Par son être même, le Christ confirme pour toujours cette valeur. Tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait a son accomplissement définitif dans le mystère pascal de la rédemption. L’attitude de Jésus à l’égard des femmes rencontrées sur son chemin au cours de son ministère messianique est le reflet du dessein éternel de Dieu qui, en créant chacune d’elles, la choisit et l’aime dans le Christ (cf Ep 1,1-5)… Jésus de Nazareth confirme cette dignité, il la rappelle, la renouvelle, en fait une composante du message de l’Evangile et de la rédemption pour lequel il est envoyé dans le monde…

Jésus entre dans la situation historique concrète de ces femmes, situation grevée par l’héritage du péché. Cet héritage se traduit notamment par l’habitude de discriminer la femme à l’avantage de l’homme, et elle en est marquée. A ce point de vue, l’épisode de la femme surprise en adultère paraît d’une éloquence particulière. A la fin, Jésus lui dit : « Ne pèche plus », mais auparavant il éveille la conscience du péché chez les hommes qui l’accusent… Jésus semble dire aux accusateurs : cette femme avec tout son péché ne fait-elle pas apparaître aussi et surtout vos propres transgressions, votre injustice masculine, vos abus ?

Il y a là une vérité qui vaut pour tout le genre humain… Une femme est laissée seule, elle est exposée à l’opinion publique avec « son péché », alors que derrière son péché à elle se cache un homme pécheur, coupable du péché d’autrui, co-responsable de ce péché. Et pourtant, son péché à lui ne retient pas l’attention, il est passé sous silence… Que de fois la femme ne paie-t-elle pas seule de cette façon ?… Que de fois ne demeure-t-elle pas abandonnée avec sa maternité, quand l’homme, le père de l’enfant, ne veut pas en accepter la responsabilité ? Et à côté des nombreuses mères célibataires dans notre société, il faut penser aussi à toutes celles qui, très souvent, sous diverses pressions, même de la part de l’homme coupable, « se libèrent » de l’enfant avant la naissance. Elles « se libèrent », mais à quel prix ?

Christus surrexit

9 mars, 2008

Christus surrexit dans images sacrée

http://santiebeati.it/index.html

Pape Benoît (2006): La communion dans le temps: la Tradition

9 mars, 2008

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060426_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 26 avril 2006

La communion dans le temps: la Tradition

Chers frères et soeurs,

Merci pour votre affection! Dans la nouvelle série de catéchèses, commencée depuis peu, nous cherchons à comprendre le dessein originel de l’Eglise voulue par le Seigneur, pour mieux comprendre ainsi également notre place, notre vie chrétienne, dans la grande communion de l’Eglise. Jusqu’à présent, nous avons compris que la communion ecclésiale est suscitée et soutenue par l’Esprit Saint, conservée et promue par le ministère apostolique. Et cette communion, que nous appelons Eglise, ne s’étend pas seulement à tous les croyants d’un moment historique déterminé, mais comprend également tous les temps et toutes les générations. Nous avons donc une double universalité: l’universalité synchronique – nous sommes unis avec les croyants dans toutes les parties du monde – et également une universalité dite diachronique: c’est-à-dire que tous les temps nous appartiennent, les croyants du passé et les croyants de l’avenir également forment avec nous une grande et seule communion. L’Esprit apparaît comme le garant de la présence active du mystère dans l’histoire, Celui qui en assure la réalisation au cours des siècles. Grâce au Paraclet, l’expérience du Ressuscité, faite par la communauté apostolique aux origines de l’Eglise, pourra toujours être vécue par les générations successives, dans la mesure où elle est transmise et actualisée dans la foi, dans le culte et dans la communion du Peuple de Dieu, pèlerin dans le temps. Et ainsi, à présent, au cours du temps pascal, nous vivons la rencontre avec le Ressuscité, non seulement comme un événement du passé, mais dans la communion présente de la foi, de la liturgie, de la vie de l’Eglise. C’est dans cette transmission des biens du salut, qui fait de la communauté chrétienne l’actualisation permanente, dans la force de l’Esprit, de la communion originelle, que consiste la Tradition apostolique de l’Eglise. Elle est ainsi appelée car elle est née du témoignage des Apôtres et de la communauté des disciples au temps des origines, elle a été consignée sous la direction de l’Esprit Saint dans les écrits du Nouveau Testament et dans la vie sacramentelle, dans la vie de la foi, et c’est à elle – à cette Tradition, qui est toute la réalité toujours actuelle du don de Jésus – que l’Eglise se réfère constamment comme étant son fondement et sa norme, à travers la succession ininterrompue du ministère apostolique.

Jésus, toujours dans sa vie historique, limitait sa mission à la maison d’Israël, mais faisait déjà comprendre que ce don était destiné non seulement au peuple d’Israël, mais au monde entier et à tous les temps. Le Ressuscité confie ensuite de façon explicite aux Apôtres (cf. Lc 6, 13) la tâche de faire des disciples de toutes les nations, garantissant sa présence et son aide jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28, 19sq). L’universalisme du salut demande, par ailleurs, que le mémorial de la Pâque soit célébré sans interruption dans l’histoire jusqu’au retour glorieux du Christ (cf. 1 Co 11, 26). Qui actualisera la présence salvifique du Seigneur Jésus à travers le ministère des Apôtres – chefs de l’Israël eschatologique (cf. Mt 19, 28) – et à travers toute la vie du peuple de la nouvelle alliance? La réponse est claire: l’Esprit Saint. Les Actes des Apôtres – en continuité avec le dessein de l’Evangile de Luc – présentent sur le vif l’interpénétration entre l’Esprit, les envoyés du Christ et la communauté qu’ils ont rassemblée. Grâce à l’action du Paraclet, les Apôtres et leurs successeurs peuvent réaliser dans le temps la mission reçue par le Ressuscité: « C’est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis… » (Lc 24, 48sq). « Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Et cette promesse, au début incroyable, s’est déjà réalisée à l’époque des Apôtres: « Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent » (Ac 5, 32).

C’est donc l’Esprit lui-même qui, à travers l’imposition des mains et la prière des Apôtres, consacre et envoie les nouveaux missionnaires de l’Evangile (tel que, par exemple, dans Ac 13, 3sq. et 1 Tm 4, 14). Il est intéressant de noter que, alors que dans certains passages on dit que Paul établit les prêtres dans les Eglises (cf. Ac 14, 23), on affirme ailleurs que c’est l’Esprit qui constitue les pasteurs du troupeau (cf. Ac 20, 28). L’action de l’Esprit et celle de Paul apparaissent ainsi profondément interpénétrées. A l’heure des décisions solennelles pour la vie de l’Eglise, l’Esprit est présent pour la guider. Cette présence de l’Esprit Saint qui guide se ressent particulièrement dans le Concile de Jérusalem, dans les paroles conclusives duquel retentit l’affirmation: « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé… » (Ac 15, 28); l’Eglise croît et marche « dans la crainte du Seigneur [...] avec l’assistance de l’Esprit Saint » (Ac 9, 31). Cette actualisation permanente de la présence active de Jésus Seigneur dans son peuple, opérée par l’Esprit Saint et exprimée dans l’Eglise à travers le ministère apostolique et la communion fraternelle, est ce que l’on entend au sens théologique avec le terme Tradition: celle-ci n’est pas la simple transmission matérielle de ce qui fut donné au début aux Apôtres, mais la présence efficace du Seigneur Jésus, crucifié et ressuscité, qui accompagne et guide dans l’Esprit la communauté qu’il a rassemblée.

La Tradition est la communion des fidèles autour des pasteurs légitimes au cours de l’histoire, une communion que l’Esprit Saint alimente en assurant la liaison entre l’expérience de la foi apostolique, vécue dans la communauté originelle des disciples, et l’expérience actuelle du Christ dans son Eglise. En d’autres termes, la Tradition est la continuité organique de l’Eglise, Temple de Dieu le Père, érigé sur le fondement des Apôtres et tenu ensemble par la pierre angulaire, le Christ, à travers l’action vivifiante de l’Esprit: « Et donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes; et la pierre angulaire c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l’Esprit Saint la demeure de Dieu » (Ep 2, 19-22). Grâce à la Tradition, garantie par le ministère des Apôtres et de leurs successeurs, l’eau de la vie qui jaillit du côté du Christ et son sang salutaire rejoignent les femmes et les hommes de tous les temps. Ainsi, la Tradition est la présence permanente du Sauveur qui vient nous rencontrer, nous racheter et nous sanctifier dans l’Esprit à travers le ministère de son Eglise, à la gloire du Père.

En conclusion et en résumé, nous pouvons donc dire que la Tradition n’est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes. La Tradition est le fleuve vivant qui nous relie aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes. Le grand fleuve qui nous conduit aux portes de l’éternité. Et étant ainsi, dans ce fleuve vivant se réalise toujours à nouveau la parole du Seigneur que nous avons entendue au début sur les lèvres du lecteur: « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

La perte de la mémoire historique est une perte d’identité, affirme Benoît XVI

9 mars, 2008

07-03-2008, du site:

http://www.zenit.org/article-17468?l=french

La perte de la mémoire historique est une perte d’identité, affirme Benoît XVI

Le pape encourage les historiens

ROME, Vendredi 7 mars 2008 (ZENIT.org) – Benoît XVI encourage les études historiques et déplore une perte de la mémoire historique dans la société, qui provoque une « perte d’identité ».

Le pape Benoît XVI a reçu ce matin au Vatican les membres du Comité pontifical des Sciences historiques dont il a souligné l’importance pour construire l’avenir d’une société.Le pape a soulign

é que le manque d’intérêt pour l’histoire a pour conséquence de négliger l’analyse des événements du passé, jusqu’à « oublier des époques entières ». Selon certains plans d’étude en effet, « l’histoire commence seulement à partir des événements de la révolution française ».

Cet « oubli historique » a un prix, ajoutait le pape : « le produit d’un tel développement est uen société ignorante de son passé et donc privée de mémoire historique ».

« On voit, poursuivait le pape, la gravité d’une telle conséquence : comment la perte de la mémoire provoque chez l’individu une perte d’identité, de façon analogue ce phénomène se vérifie pour la société dans son ensemble ».

Au contraire, Benoît XVI a souligné l’importance des études historiques, qui enquêtent sur le passé de l’humanité, et celui de l’Eglise et de sa mission à différentes époques.

Il a salué la perspicacité de son prédécesseur Léon XIII, à l’origine de ce comité, car il comprenait que « les recherches et la présentation de la véritable histoire de l’Eglise ne pourraient que lui être favorables ».

« Nous n’avons pas peur de la publication des documents », disait Léon XIII, rendant accessibles les archives du Saint-Siège.

Or, aujourd’hui, disait le pape, « il ne s’agit plus d’affronter une historiographie hostile au christianisme et à l’Eglise. Aujourd’hui, c’est l’historiographie elle-même qui traverse une crise plus sérieuse » et elle « doit lutter pour sa survie dans une société imprégnée de positivisme et de matérialisme ».

« Ces deux idéologies, qui ont conduit à un enthousiasme excessif pour le progrès, qui, animé par des découvertes et des succès techniques, en dépit des expériences désastreuses du siècle dernier, déterminent la conception de la vie d’amples secteurs de la société ».

« Le passé apparaît ainsi comme l’arrière-fond ténébreux sur lequel le présent et l’avenir resplendissent des promesses d’avenir trompeuses. A ceci est aussi liée l’utopie d’un paradis sur terre, en dépit du fait que cette utopie se soit démontrée fallacieuse », expliquait le pape.

C’est pourquoi le pape a rappelé que l’Eglise a toujours encouragé une « culture historique authentique » y compris pour éclaircir à travers les siècles sa « mission complexe ».

Anita S. Bourdin

bonne nuit

9 mars, 2008

bonne nuit dans Pape Benoit

Primula
http://www.freefoto.com/preview/9905-01-14?ffid=9905-01-14

« Lazare, viens dehors »

9 mars, 2008

du site: 

http://levangileauquotidien.org/

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque, docteur de l’Église
Sermon sur le saint baptême (trad. coll. Icthus, t. 5 p. 138s rev.)

« Lazare, viens dehors »

« Lazare, viens dehors ! » Couché dans la tombe, tu as entendu cet appel retentissant. Y a-t-il une voix plus grande que celle du Verbe ? Alors tu es sorti, toi qui étais mort, et pas seulement depuis quatre jours, mais depuis si longtemps. Tu es ressuscité avec le Christ…; tes bandelettes sont tombées. Ne retombe pas maintenant dans la mort ; ne rejoins pas ceux qui habitent les tombeaux ; ne te laisse pas étouffer par les bandelettes de tes péchés. Car pourrais-tu ressusciter une autre fois ? Pourrais-tu sortir de la mort d’ici la résurrection de tous, à la fin des temps ?…

Que l’appel du Seigneur résonne donc à tes oreilles ! Ne les ferme pas aujourd’hui à l’enseignement et aux conseils du Seigneur. Si tu étais aveugle et sans lumière en ton tombeau, ouvre les yeux pour ne pas sombrer dans le sommeil de la mort. Dans la lumière du Seigneur, contemple la lumière ; dans l’Esprit de Dieu, fixe les yeux sur le Fils. Si tu accueilles toute la Parole, tu concentres sur ton âme toute la puissance du Christ qui guérit et ressuscite… Ne crains pas de te donner du mal pour conserver la pureté de ton baptême et mets dans ton coeur les chemins qui montent vers le Seigneur. Conserve avec soin l’acte d’acquittement que tu as reçu par pure grâce…

Soyons lumière, comme les disciples l’ont appris de celui qui est la grande Lumière : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14). Soyons des luminaires dans le monde en tenant bien haut la Parole de vie, en étant puissance de vie pour les autres. Partons à la recherche de Dieu, à la recherche de celui qui est la première et la plus pure lumière.

LA RESURRECTION DE LAZARE

8 mars, 2008

LA RESURRECTION DE LAZARE  dans images sacrée 15%20GEERTGEN%20RESURRECTION%20DE%20LAZARE%20CC

http://www.artbible.net/3JC/-Joh-11,01-Lazarus_Resurrection_De_Lazare/index.html

Michel Evdokimov: Prier de tout son être

8 mars, 2008

 du site:

http://users.skynet.be/prier/textes/PR1091.HTM

 

Prier de tout son être
Auteur : Michel Evdokimov 

 

Accorde-moi, Seigneur, de vivre
en harmonie avec mon coeur,
de sentir la présence de ta Loi vivante,
sentir ta Loi écrite sur mon coeur.
Tu nous as mis en garde :
c’est du fond du coeur
que jaillissent les mauvaises pensées,
orgueil, déraison, méchancetés,
qui sont toutes causes de mes souffrances.

Accepte, ô Dieu, de renouveler ton alliance
avec moi, jour après jour,
pour libérer mon coeur de ses souillures,
pour l’habiller de vêtements de lumière
si c’est Toi, Seigneur, qui y inscris ta Loi,
si c’est Toi, Seigneur, qui y fais ta demeure.
Apprends-moi à ouvrir mon coeur à mon frère,
pour le rencontrer à travers Ta Présence
et les mots que Tu poseras sur mes lèvres.
Chasse de moi toute mauvaise pensée
pour vivre en harmonie avec mon coeur.
 

Saint Augustin : Du Mensonge

8 mars, 2008

un entretien sur un forum sur la mensonge m’ai suggère de posté ce texte du Saint Augustin; ceci est seulement la première partie, naturellement  le texte est plus long, mais tout très intéressant, tout le texte à la page: 

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/dumensonge/index.htm#_Toc19444437

Saint Augustin 

DU MENSONGE. 

En quoi consiste le mensonge ? Peut-on quelquefois mentir? Telles sont les questions que le saint Docteur se propose de discuter. —Exemples à l’appui ; raisons pour et contre. — Huit espèces de mensonges. — Elles sont examinées tour à tour et rejetées. — Conclusion : Il ne faut jamais mentir. 

CHAPITRE PREMIER. DIFFICULTÉ DU SUJET. 

1. C’est une importante question que celle du mensonge; elle jette souvent le trouble dans notre conduite habituelle, et nous offre ce double danger: ou de traiter inconsidérément de mensonge ce qui n’est pas mensonge, ou de nous persuader qu’on peut quelquefois mentir pour un motif honorable, pour rendre service ou par pitié. Nous la traiterons donc avec tout le soin possible ; nous nous proposerons les difficultés que l’on soulève; nous n’affirmerons rien au hasard ; et le lecteur attentif saisira, dans le traité même, le résultat de nos recherches, s’il y en a un : car le sujet est obscur, plein, pour ainsi dire, d’anfractuosités et d’antres ténébreux- où souvent la pensée de celui qui le traite s’emprisonne ; au point que l’objet saisi échappe des mains, puis reparaît, pour disparaître encore. A la fin cependant, un examen attentif aboutira à un résultat certain. Que s’il s’y rencontre quelque erreur, comme la vérité délivre de toute erreur; tandis que le faux les entraîne toutes, je me consolerai du moins en pensant que de toutes les erreurs la moins dangereuse est celle que l’on commet par un amour excessif de la -vérité et une haine exagérée du faux. En effet, les censeurs austères disent : Il y a, là, excès; et peut-être la vérité dirait-elle : Il n’y a pas encore assez. En tout cas, lecteur, qui que tu sois, né blâme pas avant d’avoir tout lu, et tu trouveras moins à blâmer: Ne fais point attention au style; car nous nous sommes beaucoup attaché au fond des choses, et nous avons cédé au besoin d’achever promptement un ouvrage si nécessaire pour les besoins quotidiens de la vie: ce qui fait que nous nous sommes peu ou presque pas occupé du choix des expressions.  

CHAPITRE II. LES PLAISANTERIES NE SONT PAS DES MENSONGES.  

2. Nous exceptons d’abord les plaisanteries, qui n’ont jamais passé pour des mensonges car le ton même dont on les prononce et l’affection de celui qui se les permet dénotent, de la manière la plus évidente, qu’il n’y a là aucune intention de tromper, bien qu’un ne dise pas la vérité. Mais les âmes parfaites doivent-elles employer les plaisanteries ? C’est une autre question que nous n’avons pas intention de traiter ici. Nous mettons donc les plaisanteries de côté, et nous commençons par ce point: Ne pas traiter de menteur celui qui ne ment pas.   

CHAPITRE III. QU’EST-CE QUE LE MENSONGE ? POUR MENTIR, FAUT-IL AVOIR L’INTENTION DE TROMPER ET CETTE INTENTION SUFFIT-ELLE? 

3. Il faut donc voir ce que c’est que le mensonge. Car dire une chose fausse n’est pas mentir, quand on croit ou qu’on s’imagine dire la vérité. Or, entre croire ou s’imaginer il y a cette différence : que quelquefois celui qui croit, sent qu’il ne comprend pas ce qu’il croit , bien qu’il n’ait aucun doute sur la chose qu’il sait qu’il né comprend pas, si toutefois il la croit avec une pleine conviction ; tandis que celui qui s’imagine, pense savoir ce qu’il ignore complètement. Or, quiconque énonce une chose qu’il croit ou s’imagine être vraie, bien qu’elle soit fausse , ne ment pas. En effet, il a une telle confiance dans son énoncé qu’il ne veut exprimer que ce qu’il a dans l’esprit, et qu’il (196) l’exprime en effet. Mais bien qu’il ne mente pas, il n’est cependant point irréprochable, s’il croit ce qu’il ne faut pas croire, ou s’il pense savoir une chose qu’il ignore, quand même elle serait vraie :car il tient pour connue une chose inconnue. Ainsi donc mentir, c’est avoir une chose dans l’esprit, et en énoncer une autre soit en paroles, soit en signes quelconques. C’est pourquoi on dit du menteur qu’il a le coeur double, c’est-à-dire une double pensée : la pensée de la chose qu’il sait ou croit être vraie et qu’il n’exprime point, et celle de la chose qu’il lui substitue, bien qu’il la sache ou la croie fausse. D’où il résulte qu’on peut, sans mentir, dire une chose fausse, quand on la croit telle qu’on la dit, bien qu’elle ne soit pas telle réellement; et qu’on peut mentir en disant la vérité, quand on croit qu’une chose est fausse, et qu’on l’énonce comme vraie, quoiqu’elle soit réellement telle qu’on l’énonce, car c’est d’après la disposition de l’âme, et non d’après la vérité ou la fausseté des choses mêmes, qu’on doit juger que l’homme ment ou ne ment pas. On peut donc dire que celui qui énonce une chose fausse comme vraie, mais qui la croit vraie, se trompe ou est imprudent; mais on ne peut l’appeler menteur, parce qu’il n’a pas le coeur double quand il parle, qu’il n’a pas intention de tromper, mais que seulement il se trompe. Le péché du menteur est le désir de tromper en énonçant: soit qu’on ajoute foi à sa parole exprimant une chose fausse ; soit qu’en réalité il ne trompe pas, ou parce qu’on ne le croit pas, ou parce que la chose que l’on croit sur sa parole se trouve vraie, bien qu’il la dise dans l’intention de tromper. Lorsque, dans ce cas on ajoute foi à sa parole, il ne trompe pas, malgré son intention de tromper; ou du moins il ne trompe qu’en ce sens qu’on le croit instruit ou persuadé de la chose qu’il exprime. 

4. C’est du reste une question très-subtile que celle-ci : En dehors de l’intention de tromper, n’y a-t-il jamais mensonge?  

bonne nuit

8 mars, 2008

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. campanula_cervicaria_c46

Bristly Bellflower FloralImages
  Anthophyta
Flowering plants
Campanula cervicaria
Bellflower family
Campanulaceae Photographer: Rimantas Pankevičius
Lithuania
 
http://www.floralimages.co.uk/pcampacervi.htm

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