Archive pour décembre, 2007

« J’ai pitié de cette foule »

5 décembre, 2007

Cardinal John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien
Twelve Meditations and Intercessions for Good Friday, 9-10

« J’ai pitié de cette foule »

L’Ecriture inspirée nous l’a dit : « Ta miséricorde s’étend à tous, parce que tout t’est possible, parce que tu oublies les péchés des hommes dès qu’ils se tournent vers toi. Tu aimes tout ce qui existe ; tu ne prends en aversion rien de ce que tu as fait… Tu épargnes tous les êtres parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes la vie » (Sg 11,23s). Voilà ce qui le fait descendre du ciel et lui donne le nom de Jésus…: « Tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1,21). C’est son grand amour pour les hommes, sa compassion pour les pécheurs, voilà ce qui le fait descendre du ciel.

Pourquoi donc consentir à voiler sa gloire dans un corps mortel s’il ne désirait ardemment sauver ceux qui se sont égarés, qui ont perdu tout espoir de salut ? Il le dit lui-même : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). Plutôt que de nous laisser périr, il a fait tout ce qu’un Dieu tout-puissant peut faire selon tous ses divins attributs : il s’est donné lui-même. Et il nous aime tous de telle sorte qu’il veut donner sa vie pour chacun de nous, aussi absolument, aussi pleinement, que s’il n’y avait qu’un seul homme à sauver. Il est notre meilleur ami…, le seul véritable ami, et il déploie tous les moyens possibles pour obtenir que nous l’aimions en retour. Il ne nous refuse rien, si nous consentons à l’aimer…

O mon Seigneur et mon Sauveur, dans tes bras je suis en sûreté. Si tu me gardes, je n’ai plus rien à craindre ; mais si tu m’abandonnes, je n’ai plus rien à espérer. Je ne sais rien de ce qui m’arrivera d’ici ma mort, je ne sais rien de l’avenir, mais je me confie à toi… Je m’en repose totalement sur toi, parce que tu sais ce qui est bon pour moi, et moi je ne le sais pas.

Saint Jean Damascène

4 décembre, 2007

Saint Jean Damascène dans images sacrée

http://santiebeati.it/immagini/?mode=view&album=30250&pic=30250.JPG&dispsize=Original&start=0

Jean de Damas, Docteur de l’Eglise (+ 753)

4 décembre, 2007

du site: 

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/215/Saint-Jean-Damascene.html

Jean de Damas, Docteur de l’Eglise (+ 753)

Jean Mansour est né à Damas en Syrie, dans une famille de fonctionnaires des impôts, arabe et chrétienne. Son grand-père et son père ont servi successivement sous les Perses, les Byzantins et les Arabes. Mansour, à son tour, supervise durant des années, la perception des impôts que les chrétiens doivent à l’émir de Damas. Vers 720, le nouveau calife décide d’islamiser son administration et en chasse les chrétiens. Mansour a 45 ans et il est désormais sans travail. Cette liberté lui permet de se rendre en Palestine où il entre au monastère de Mar Saba (saint Sabas) entre Jérusalem et Bethléem. Devenu prêtre, il prend le nom de Jean et partage désormais sa vie entre la prédication à Jérusalem où le patriarche l’a choisi comme conseiller théologique et l’étude dans son monastère. Son principal écrit  » La source de la connaissance  » résume toute la théologie byzantine. Il est aussi un grand défenseur des Saintes Images lors de la première crise iconoclaste. On lui doit de nombreux tropaires, des hymnes et des poèmes. C’est lui composa le canon que la liturgie chante à Pâques et il rédigea la plus part des hymnes de l’Octoèque (hymnes pour les dimanches selon les huit tons musicaux) en l’honneur de la résurrection du Seigneur. Le Pape Léon XIII l’a proclamé docteur de l’Eglise en 1890.

A propos des icônes :  » Ce n’est pas la matière que j’adore mais le créateur de la matière qui, à cause de moi, s’est fait matière, a choisi sa demeure dans la matière. Par la matière, il a établi mon salut. En effet,  » le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous… Cette matière, je l’honore comme prégnante de l’énergie et de la grâce de Dieu.

Saint Jean Damascène-Discours sur les images

par Sandro Magister : L’œcuménisme du cardinal Kasper: la vérité avant tout

4 décembre, 2007

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/180181?fr=y

L’œcuménisme du cardinal Kasper: la vérité avant tout

Le texte intégral du rapport qu’a lu en consistoire le président du conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Dialogue avec les orthodoxes: bon. Avec les protestants: mauvais. Avec les évangélistes et les pentecôtistes: moyen. Entre temps, avec les musulmans…

par Sandro Magister

ROMA, le 4 décembre 2007 Cest lors de la réunion douverture du consistoire qui rassemblait à Rome les cardinaux du monde entier que Benoît XVI leur a annoncé sa nouvelle encyclique « Spe salvi » sur lespérance, huit jours avant sa publication, le 30 novembre dernier.

Pour beaucoup dentre eux, cette annonce a été une surprise.

Le sujet central de la discussion n’était pourtant pas lencyclique mais l’état actuel des rapports œcuméniques entre lEglise catholique et les autres confessions chrétiennes.

La réunion des cardinaux avec le pape a duré toute la journée du vendredi 23 novembre. Benoît XVI avait chargé le cardinal Walter Kasper, président du conseil pontifical pour lunité des chrétiens, douvrir le débat.

Après Kasper, 17 cardinaux sont intervenus. La rencontre avait lieu à huis clos mais, selon un bref résumé fourni par la salle de presse du Saint-Siège, certains cardinaux ont indiqué que la mise en œuvre de la doctrine sociale de lEglise et la défense de la vie et de la famille étaient les domaines les plus prometteurs pour l’œcuménisme. Dautres ont proposé de continuer la « purification de la mémoire ». Dautres encore ont demandé plus de soin dans lutilisation de « formes de communications visant à ne pas heurter la sensibilité des autres chrétiens ».

Cette dernière requête figurait aussi dans le rapport de Kasper. Concernant les « Cinq réponses » publiées en juillet dernier par la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal a fait remarquer quelles « ont créé la perplexité et engendré une certaine mauvaise humeur » au sein de certaines confessions chrétiennes, en particulier protestantes. Il a ajouté:

« Il serait bon de revoir la forme, le langage et la présentation au public de ce genre de déclarations ».

Après la pause-déjeuner, 16 autres cardinaux sont intervenus dans laprès-midi.

Certains dentre eux ont élargi le débat aux rapports avec les juifs et avec lislam. La lettre des 138 personnalités musulmanes et la visite du roi Abdallah dArabie Saoudite chez Benoît XVI ont été perçues comme un « signe encourageant ».

A ce sujet, une lettre du cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone adressée au prince jordanien Ghazi bin Muhammad bin Talal a été rendue publique quelques jours plus tard. Elle annonce que le pape recevra en audience le prince et un groupe de signataires de la lettre des 138. Elle annonce aussi une série de dialogues « sur un respect réel de la dignité de chaque être humain, sur la connaissance objective de la religion dautrui, sur le partage de lexpérience religieuse et, enfin, sur lengagement commun à promouvoir le respect et lacceptation réciproque entre les jeunes ».

Une réponse rapide du cardinal Kasper sur des points particuliers et une intervention du pape ont conclu cette journée.

La salle de presse du Saint-Siège na pas mis en ligne le rapport de Kasper, qui nest pas non plus disponible sur le site du Vatican. « LOsservatore Romano » la cependant publié le jour suivant.

Sa lecture est en tout cas dun grand intérêt. En effet, il expose clairement il est écrit par une plume qui fait autorité en la matière l’état actuel des rapports œcuméniques, dans lordre suivant:

avec les Eglises orientales précalcédoniennes;
avec les Eglises orthodoxes de tradition byzantine, syriaque et slave;
avec les Communautés ecclésiales nées de la Ré
forme protestante;
avec les Communautés évangé
liques;
avec les Communautés charismatiques et pentecô
tistes.

Ce diagnostic est accompagné de conseils permettant de poursuivre ce cheminement de manière fructueuse.

Voici donc le texte intégral de son rapport, lu en italien le 23 novembre devant les cardinaux et traduit en dautres langues par ww.chiesa:

Informations et réflexions sur la situation œcuménique actuelle

par Walter Kasper

Présenter des informations et des réflexions sur la situation œcuménique actuelle dans le temps qui mest imparti ne sera possible quen retraçant quelques grandes lignes et malheureusement de manière non-exhaustive. Cependant, jespère que mon rapport pourra mettre en évidence laction de la providence divine, qui conduit vers lunité les chrétiens séparés pour faire de leur témoignage un signe toujours plus clair face au monde.

I.

Je débuterai par une première observation, qui me paraît essentielle. Ce que nous appelons œcuménisme à ne pas confondre avec le dialogue interreligieux trouve son origine dans le testament que nous a laissé Jésus lui-même à la veille de sa mort: Ut unum sint (Jean 17,21). Le Concile Vatican II a défini la promotion de lunité des chrétiens comme lun de ses principaux objectifs (Unitatis redintegratio 1) et comme une impulsion du Saint Esprit (UR 1, 4). Le pape Jean-Paul II a déclaré que la recherche de l’œcuménisme est une démarche irréversible (Ut unum sint 3) et le pape Benoît XVI, dès le premier jour de son pontificat, sest fixé comme objectif majeur de travailler sans relâche à la reconstitution de lunité totale et visible de tous les disciples du Christ. Il est conscient que, pour cela, les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas. Il faut des gestes concrets qui pénètrent les âmes et bouleversent les consciences, en poussant chacun de nous à cette conversion intérieure sans laquelle il ne peut y avoir aucun progrès sur la route de l’œcuménisme (homélie du 20 avril 2005 devant le collège cardinalice). L’œcuménisme nest donc pas un choix en option, mais une obligation sacrée.

Naturellement, l’œcuménisme nest synonyme ni dun humanisme débonnaire, ni dun relativisme ecclésiologique. Il sappuie sur la conscience solide que lEglise catholique a delle-même et de ses principes catholiques, dont parle le décret sur l’œcuménisme (UR 2-4). Cest un œcuménisme de la vérité et de la charité: les deux sont intimement liées et on ne peut pas remplacer lune par lautre. Il faut avant tout respecter le dialogue de la vérité. Les normes concrètes sont exposées de manière contraignante dans le Directoire œcuménique de 1993.

Le résultat le plus significatif et aussi le plus gratifiant de l’œcuménisme au cours des dernières décennies ne se trouve pas dans les différents documents. Il réside dans la fraternité retrouvée, dans le fait que nous ayons redécouvert que nous étions frères et sœurs dans le Christ, que nous ayons appris à nous apprécier les uns les autres et que nous nous soyons engagés ensemble sur le chemin de la pleine unité (cf. UUS 42). Sur ce chemin, la chaire de Pierre est devenue au cours des quarante dernières années un point de référence de plus en plus important pour toutes les Eglises et toutes les Communautés ecclésiales. Lenthousiasme initial a fait place à un comportement plus mesuré, ce qui prouve que l’œcuménisme est devenu plus mûr, plus adulte. Cest désormais une réalité du quotidien, considérée comme normale dans la vie de lEglise. Cest avec beaucoup de gratitude que nous devons voir dans ce développement laction de lEsprit qui guide lEglise.

De manière plus précise, on distingue trois domaines dans l’œcuménisme. Tout dabord, il faut mentionner les rapports avec les anciennes Eglises orientales et avec les Eglises orthodoxes du premier millénaire, que nous reconnaissons comme Eglises dans la mesure où, au niveau ecclésiologique, elles ont comme nous maintenu la foi et la succession apostoliques. Ensuite, il faut citer les rapports avec les Communautés ecclésiales issues directement ou indirectement comme les Eglises libres de la Réforme du XVIe siècle. Elles ont développé leur propre ecclésiologie en se fondant sur les Ecritures Saintes. Enfin, lhistoire récente du christianisme a connu ce que lon appelle une troisième vague, celle du mouvement charismatique et du mouvement pentecôtiste, qui sont apparus au début du XXe siècle et qui se sont répandus dans le monde entier de manière exponentielle. L’œcuménisme doit donc faire face à une réalité variée et différenciée, caractérisée par des phénomènes très différents selon les contextes culturels et selon les églises locales.

II.

Commençons par les Eglises du premier millénaire. Pendant les dix premières années de dialogue avec les Eglises orientales préchalcédoniennes, déjà, cest-à-dire entre 1980 et 1990, nous avons obtenu des résultats importants. Le consensus atteint entre Paul VI puis Jean-Paul II et les patriarches de leur temps a permis de dépasser les vieilles controverses christologiques nées à l’époque du Concile de Chalcédoine (451) et, en ce qui concerne lEglise assyrienne dorient, à l’époque du Concile dEphèse (381).

Dans sa deuxième phase, le dialogue sest concentré sur lecclésiologie, cest-à-dire sur le concept de communion ecclésiale et sur ses critères. La prochaine rencontre est prévue du 27 janvier au 2 février 2008 à Damas. A cette occasion, l’ébauche dun document sur la Nature, constitution et mission de lEglise fera pour la première fois lobjet dune discussion. Grâce à ce dialogue, les Eglises dancienne tradition et même de tradition apostolique reprennent contact avec lEglise universelle, en marge de laquelle elles ont vécu pendant 1 500 ans. Etant données les circonstances, à savoir les longs siècles de séparation et les grandes différences de culture et de mentalité, il est tout à fait normal que cela se passe lentement, pas à pas.

Le dialogue avec les Eglises orthodoxes de tradition byzantine, syriaque et slave a été officiellement ouvert en 1980. Nous partageons avec ces Eglises les dogmes du premier millénaire, lEucharistie et les autres sacrements, la vénération de Marie mère de Dieu et celle des saints, la structure épiscopale de lEglise. Nous considérons ces Eglises, de même que les anciennes Eglises orientales, comme des Eglises sœurs des églises catholiques locales. Des différences existaient déjà au premier millénaire, mais elles n’étaient pas perçues à l’époque comme un facteur de division interne à lEglise. La véritable séparation sest opérée au cours dun long processus d’éloignement et daliénation, par un manque de compréhension et damour réciproques, comme la souligné le Concile Vatican II (UR 14). Ce qui se produit aujourdhui est donc nécessairement un processus inverse de réconciliation mutuelle.

Les premiers pas significatifs ont déjà été accomplis pendant le Concile. On peut citer, par exemple, la rencontre et l’échange de correspondance entre le pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras, le célèbre « Tomos agapis » et la suppression, dans la mémoire de lEglise, des excommunications réciproques en 1054, à lavant-dernier jour du Concile. Sur ces bases, il a été possible de reprendre certaines formes de communion ecclésiale du premier millénaire: l’échange de visites, de messages et de lettres entre le pape et les patriarches, en particulier le patriarche œcuménique; la coexistence cordiale et la collaboration entre de nombreuses églises locales; la concession d’édifices religieux pour un usage liturgique par lEglise catholique aux chrétiens orthodoxes de la diaspora qui vivent chez nous, en signe dhospitalité et de communion. En 2007, lors de lAngélus prononcé à loccasion de la Solennité des saints Pierre et Paul, le pape Benoît XVI a souligné que nous sommes déjà en communion ecclésiale presque totale avec ces Eglises.

Dans les dix premières années du dialogue, entre 1980 et 1990, nous avons mis en évidence nos points communs en matière de sacrements (surtout lEucharistie) et de ministère épiscopal et sacerdotal. Cependant, le tournant politique de 1989-1990, au lieu de simplifier nos relations, les a compliquées. Le retour des Eglises catholiques dorient dans la vie publique, après des années de persécutions brutales et de résistance héroïque parfois payée au prix du sang, a été perçu par les Eglises orthodoxes comme la menace dun nouvel « uniatisme ». Ainsi, dans les années 90, en dépit des importants éclaircissements apportés par les rencontres de Balamand (1993) et de Baltimore (2000) le dialogue sest enlisé. Cest surtout dans les relations avec lEglise orthodoxe russe que la situation de crise sest aggravée, suite à l’érection canonique de quatre diocèses en Russie, en 2002.

Grâce à Dieu, après de nombreux efforts menés avec patience, il a été possible de relancer le dialogue lannée dernière. En 2006, une rencontre a eu lieu à Belgrade et, il y a un mois environ, nous nous sommes de nouveau réunis à Ravenne. A cette occasion, latmosphère et les relations se sont indéniablement améliorées, en dépit du départ de la délégation russe pour des raisons internes aux orthodoxes. Une troisième phase de dialogue prometteuse sest ainsi ouverte.

Le document de Ravenne, intitulé « Conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de lEglise », a marqué un important tournant. Pour la première fois, les interlocuteurs orthodoxes ont reconnu un niveau universel de lEglise et ils ont admis que, même à ce niveau, il existe un protos, un primat, qui ne peut être que l’évêque de Rome selon la taxis de lancienne Eglise. Tous les participants savent que ce nest quun premier pas et que le cheminement vers une communion ecclésiale totale est encore long et difficile. Avec ce document, cependant, nous avons posé une base pour le dialogue futur. Le sujet abordé lors de la prochaine session plénière sera « Le rôle de l’évêque de Rome dans la communion de lEglise au cours du premier millénaire ».

En ce qui concerne plus spécifiquement le patriarcat de Moscou de lEglise orthodoxe russe, les relations se sont sensiblement détendues au cours des dernières années. Nous pouvons dire quil ny a plus gel mais dégel. Selon nous, une rencontre du Saint Père avec le patriarche de Moscou serait utile. Le Patriarcat de Moscou na jamais exclu catégoriquement cette rencontre, mais il considère quil faut dabord résoudre les problèmes qui existent, selon lui, en Russie et surtout en Ukraine. Il convient néanmoins de rappeler que de nombreuses rencontres ont également lieu à dautres niveaux. Citons notamment la récente visite du patriarche Alexis à Paris, considérée par les deux parties comme un pas significatif.

En résumé, nous pouvons affirmer quil faudra encore une purification soutenue de la mémoire historique et beaucoup de prières pour réussir à combler la fracture entre orient et occident et à restaurer la pleine communion ecclésiale, sur la base du premier millénaire. En dépit des difficultés qui subsistent, nous espérons fortement et légitimement que, avec laide de Dieu et grâce à la prière de nombreux fidèles, lEglise, ayant connu la séparation au deuxième millénaire, respirera à nouveau par ses deux poumons au troisième.

III.

Passons maintenant aux relations avec les Communautés ecclésiales nées de la Réforme. Là aussi, des signes encourageants ont été observés. Toutes les Communautés ecclésiales ont déclaré quelles étaient intéressées par le dialogue et lEglise catholique dialogue avec presque toutes. On est arrivé à un certain consensus sur les vérités de foi, surtout en ce qui concerne les questions fondamentales de la doctrine sur la justification. Il existe en de nombreux endroits une collaboration fructueuse dans la sphère sociale et humanitaire. Peu à peu, une attitude de confiance réciproque et damitié sest répandue, caractérisée par un désir profond dunité, qui persiste bien que parfois le ton se durcisse ou que lon connaisse de vives déceptions. De fait, le réseau dense de relations personnelles et institutionnelles qui sest entre temps développé est en mesure de résister aux tensions occasionnelles.

La situation œcuménique nest pas au point mort, elle vit au contraire un changement profond, celui que vivent lEglise et le monde en général. Je me limiterai ici à quelques aspects de cette transformation.

1) Après être parvenus à un consensus fondamental sur la doctrine de la justification, nous devons désormais discuter à nouveau de sujets de controverse classiques, notamment lecclésiologie et les ministères ecclésiaux (cf. UUS 66). A ce sujet, les « Cinq réponses » publiées en juillet dernier par la congrégation pour la doctrine de la foi ont suscité la perplexité et une certaine mauvaise humeur. Lagitation qua engendrée ce document était en général injustifiée, puisque le texte ne dit rien de nouveau, mais réaffirme de manière synthétique la doctrine catholique. Cependant, il serait bon de revoir la forme, le langage et la présentation au public de ce genre de déclarations.

2) Les différentes ecclésiologies conduisent nécessairement à avoir des visions différentes de ce quest le but de l’œcuménisme. Ainsi, labsence dun concept commun dunité ecclésiale comme objectif à atteindre pose problème. Ce problème est encore plus grave si lon considère que, pour nous catholiques, la communion ecclésiale est nécessaire à une communion eucharistique et que labsence dune communion eucharistique conduit à de grosses difficultés pastorales, surtout dans le cas de couples et de familles mixtes.

3) Alors que nous nous efforçons de dépasser les vieilles controverses, de nouveaux désaccords apparaissent au niveau éthique, notamment en matière de défense de la vie, de mariage, de famille et de sexualité humaine. Ces nouveaux fossés qui se creusent affaiblissent considérablement le témoignage commun public, pour ne pas dire quils le rendent impossible. La situation à laquelle on est arrivé dans la Communion anglicane ce nest pas un cas isolé est un exemple type de la crise qui frappe les différentes communautés.

4) La théologie protestante, marquée dans les premières années du dialogue par la « renaissance luthérienne » et par la théologie de la Parole de Dieu de Karl Barth, est désormais revenue aux thèmes de la théologie libérale. Par conséquent, nous constatons que, du côté protestant, ces fondements christologiques et trinitaires qui étaient jusqu’à présent une base commune sont parfois affaiblis. Ce que nous considérions comme notre patrimoine commun a commencé à fondre ça et là, comme les glaciers des Alpes.

Mais il existe également des tendances qui vont à contre-courant, nées en réaction aux phénomènes mentionnés ci-dessus. On assiste dans le monde entier à une forte croissance des groupes évangéliques. Leurs positions coïncident le plus souvent avec les nôtres sur les questions dogmatiques fondamentales, en particulier dans le domaine éthique, mais elles sont très divergentes en ce qui concerne lecclésiologie, la théologie des sacrements, lexégèse biblique et la compréhension de la tradition. Il y a des groupements de Haute Eglise qui souhaitent faire valoir dans langlicanisme et dans le luthérianisme des éléments de la tradition catholique concernant la liturgie et le ministère ecclésial. A cela sajoutent des communautés monastiques de plus en plus nombreuses qui, vivant souvent selon la règle de saint Benoît, se sentent proches de lEglise catholique. En outre, il existe des communautés piétistes qui, face à la crise en matière d’éthique, se sentent assez mal à laise au sein des Communautés ecclésiales protestantes. Ils observent avec gratitude les prises de position claires du pape, quils avaient interpellé il ny a pas si longtemps de manière beaucoup moins bienveillante.

Tous ces groupements ont récemment constitué, avec les communautés religieuses catholiques et les nouveaux mouvements spirituels, des « réseaux spirituels », souvent regroupés autour de monastères tels que Chevetogne, Bose et surtout Taizé ou dans des mouvements tels que les Focolari et le Chemin neuf. Dès lors, nous pouvons dire que l’œcuménisme revient à ses origines en passant par de petits groupes de dialogue, de prière, d’études bibliques. Depuis quelque temps, ces groupes prennent la parole publiquement, par exemple lors des grands rassemblements des mouvements à Stuttgart, en 2004 et en 2007. Cest ainsi que lon voit apparaître, à côté des dialogues officiels qui deviennent souvent plus difficiles, de nouvelles formes de dialogue prometteuses.

Ce tour dhorizon général nous montre donc quil ny a pas seulement un rapprochement œcuménique, mais aussi des scissions et des forces centrifuges au travail. Si nous prenons également en considération les nombreuses « Eglises » prétendument indépendantes qui continuent à fleurir en particulier en Afrique et la prolifération de groupuscules souvent très agressifs, nous nous rendons compte que le paysage œcuménique est aujourdhui très varié et disparate. Ce pluralisme ne fait que refléter le caractère pluraliste de ce que lon appelle la société postmoderne, qui conduit souvent à un relativisme religieux.

Le contexte actuel rend particulièrement cruciales des rencontres comme lassemblée plénière du Conseil œcuménique des Eglises qui sest tenue en février 2006 à Porto Alegre (Brésil), le « Global Christian Forum » et l« Assemblée œcuménique européenne » qui a eu lieu en septembre 2007 à Sibiu/Hermannstadt (Roumanie). Ces rencontres ont lambition de rassembler dans le dialogue des groupes divergents et maintenir dans lunion, autant que possible, le mouvement œcuménique avec ses lumières, ses ombres et ses nouveaux défis dans une situation qui a changé et qui continue à changer rapidement

IV.

Parler de pluralisme mamène à la troisième vague de lhistoire du christianisme, cest-à-dire à la multiplication des groupes charismatiques et pentecôtistes. Avec 400 millions de fidèles dans le monde entier, ils sont au deuxième rang parmi les communautés chrétiennes en termes deffectifs et leur croissance est exponentielle. Ils nont ni structure commune ni organe central et sont très différents les uns des autres. Ils se considèrent comme le fruit dune nouvelle Pentecôte. Par conséquent, le Baptême de lEsprit joue pour eux un rôle fondamental. Parlant deux, le pape Jean-Paul II avait déjà fait remarquer que ce phénomène ne doit pas être considéré de manière uniquement négative, dans la mesure où, au-delà de lexistence indéniable de problèmes, il révèle un désir dune expérience spirituelle. Cela ne doit pas faire oublier que, malheureusement, une grande partie de ces communautés sont devenues entre-temps une religion qui promet le bonheur sur terre.

Il a été possible d’établir un dialogue officiel avec les pentecôtistes classiques. Avec les autres, des difficultés sérieuses persistent à cause de leurs méthodes missionnaires quelque peu agressives. Pour répondre à ce défi, le conseil pontifical pour lunité des chrétiens a organisé sur plusieurs continents des séminaires pour des évêques, des théologiens et des laïcs qui sinvestissent dans l’œcuménisme: en Amérique Latine (São Paulo et Buenos Aires), en Afrique (Nairobi et Dakar), en Asie (Séoul et Manille). Le résultat de ces séminaires se retrouve aussi dans le document final de lassemblée générale des évêques latino-américains et des Caraïbes à Aparecida (2007). Avant tout, il faut faire un examen de conscience pastorale et nous demander, sur le mode de lautocritique: pourquoi tant de chrétiens abandonnent-ils notre Eglise? Au lieu de nous demander ce qui ne va pas chez les pentecôtistes, commençons par nous interroger sur nos carences pastorales. Comment pouvons-nous réagir face à ce nouveau défi par un renouvellement liturgique, catéchétique, pastoral et spirituel?

V.

Cette question nous amène à la question finale: comment poursuivre le cheminement œcuménique? Il ny a pas de réponse unique. La situation est trop différente en fonction de la zone géographique, de la culture, des églises locales. Chaque conférence épiscopale devra assumer ses responsabilités.

Dune manière générale, nous devons partir du patrimoine de foi commun et rester fidèles à ce que, avec laide de Dieu, nous avons déjà réalisé sur le plan de l’œcuménisme. Nous devons autant que possible donner un témoignage commun de cette foi dans un monde de plus en plus sécularisé. Cela signifie aussi, dans la situation actuelle, redécouvrir et renforcer les bases de notre foi. De fait, tout vacille et se vide de son sens si nous navons pas une foi solide et consciente en un Dieu vivant, Trin et Unique, en la divinité du Christ, en la force salvatrice de la croix et de la résurrection. Pour celui qui ne sait plus ce que sont le péché et la participation au péché, la justification du pécheur na aucune importance.

Ce nest quen sappuyant sur notre foi commune quil est possible de dialoguer sur nos différences. Cela doit se faire de manière claire mais non polémique. Nous ne devons pas heurter la sensibilité des autres ou les discréditer; nous ne devons pas mettre laccent sur ce que nos interlocuteurs œcuméniques ne sont pas et ce quils nont pas. Nous devons plutôt témoigner de la richesse et de la beauté de notre foi de manière positive et accueillante. Nous attendons le même comportement de la part des autres. SI cela se produit, il pourra alors y avoir entre nous et nos interlocuteurs, comme le dit lencyclique « Ut unum sint » (1995), un échange didées mais aussi de dons, qui enrichiront les uns et les autres (UUS 28; 57). Cet œcuménisme d’échange nest pas un appauvrissement, mais un enrichissement mutuel.

Dans lavenir aussi, le dialogue théologique aura un rôle essentiel dans le dialogue fondé sur l’échange spirituel. Mais il ne sera fécond que sil peut sappuyer sur un œcuménisme de la prière, de la conversation du cœur et de la sanctification personnelle. L’œcuménisme spirituel est en effet l’âme même du mouvement œcuménique (UR 8; UUS 21-27) et nous devons être les premiers à le promouvoir. Sans une vraie spiritualité de communion, permettant de faire place à lautre sans renoncer à notre propre identité, tous nos efforts aboutiraient à un activisme aride et vide.

Si nous faisons nôtre la prière que Jésus a prononcée la veille de sa mort, nous navons pas le droit de perdre courage et de vaciller dans notre foi. Comme le dit lEvangile, nous devons avoir la conviction que ce que nous demandons au nom du Christ sera exaucé (Jean 14,13). Quand, où et comment, ce nest pas à nous den décider. Il faut laisser faire celui qui est le Seigneur de lEglise et qui rassemblera son Eglise des quatre vents. Contentons-nous de faire de notre mieux, en étant reconnaissants des dons que nous recevons, cest-à-dire de ce que l’œcuménisme a déjà réalisé, et regardons avec espoir vers lavenir. Il suffit de jeter un regard un tant soit peu réaliste vers les « signes des temps » pour comprendre quil ny a pas dalternative réaliste à l’œcuménisme, en particulier aucune alternative de foi.

Corée : Les évêques sont des « gardiens de l’espérance », dit Benoît XVI

4 décembre, 2007

du site:  

http://www.zenit.org/article-16778?l=french

Corée : Les évêques sont des « gardiens de l’espérance », dit Benoît XVI

Visite « ad limina » des évêques

ROME, Lundi 3 décembre 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI a encouragé les évêques coréens à être des « gardiens effectifs de l’espérance », à continuer leur travail pour la réconciliation entre les deux « Corées » et à affronter les défis du matérialisme.

Le pape a reçu ce matin au Vatican les évêques de la conférence épiscopale coréenne à l’occasion de leur visite ad limina. Ils étaient accompagnés de Mgr Wenceslas Padilla, vicaire apostolique d’Ulaanbaatar, en Mongolie, où les catholiques sont quelques centaines.

« L’appel du matérialisme et les effets négatifs d’une mentalité sécularisée » préoccupent en effet les évêques de Corée.

Benoît XVI leur répondait en disant : « Lorsque les hommes et les femmes sont emportés loin de la demeure du Seigneur, ils errent inévitablement dans un désert d’isolement individuel et de fragmentation sociale », parce que ce n’est que « dans le Verbe incarné que le mystère de l’homme trouve la vraie lumière ».

« Dans cette perspective, ajoutait le pape, il est évident que, pour être des gardiens effectifs de l’espérance, vous devez vous efforcer de faire en sorte que le lien de communion qui unit le Christ à tous les baptisés soit sauvegardé, et qu’ils en fassent l’expérience, comme étant le cœur de l’expérience du mystère de l’Eglise ».

Or, continuait le pape, « la porte de ce mystère de communion avec Dieu est naturemmement le baptême ».

« Ce sacrement d’initiation, beaucoup plus qu’un rite social ou de bienvenue dans une communauté particulère, est l’initiation à Dieu », a expliqué Benoît XVI.

Par ailleurs, Benoît XVI a encouragé toutes les initiatives visant à la réconciliation pour le bien-être de leurs frères de Corée du Nord.

La Corée, autrefois soumise à la souveraineté japonaise, a été occupée au Nord par la Russie, en 1945 et par les Etats-Unis au Sud, et ensuite séparée en deux Etats en 1948. La conférence épiscopale a juridiction aussi dans le Nord de la péninsule coréenne.

Au début des années 50 elle a été ainsi entraînée dans un conflit sanglant. Aujourd’hui, après plus d’un demi siècle, la pacification, certes complexe, est recherchée. Les 5 millions de catholiques concentrés dans le Sud du pays peuvent y jouer, estime le pape, un rôle positif.

D’autre part, les évêques Coréens se disent préoccupés par le fait que beaucoup d’adultes ne viennent plus aux célébrations liturgiques, alors que c’est à la fois un « droit » et une « obligation » du fait du baptême justement.

C’est pourquoi le pape invite les évêques de Corée à mettre en valeur la messe dominicale, en suggérant en particulier aux laïcs, surtout aux jeunes, d’« explorer la profondeur et l’ampleur » de la célébration eucharistique.

Benoît XVI n’a pas manqué de recommander aux évêques la pastorale du mariage et de la famille, mais aussi de prêter une attention particulière aux questions biomédicales.

Le président de la conférence des évêques de Corée, Mgr John Chang Yik, évêque de Ch’unch’on, a confié aujourd’hui au micro de Radio Vatican que les défis pastoraux sont « très nombreux ».

« Mais le problème difficile, dans une société comme la nôtre, où l’Eglise est petite et minoritaire, disait-il, c’est la cohabitation avec les autres religions, en dépit du relativisme et de l’individualisme de la culture en général à notre époque de consumérisme ».

« Nous tentons de le faire, disait l’évêque, à travers l’éducation, les témoignages, surtout de la vie des chrétiens, ce qui n’est pas facile. Nous tentons de cultiver les petites cellules vivantes de la communauté. Chaque paroisse est divisée en petits secteurs où les gens se connaissent et se réunissent pour former la communauté ».

« C’est ainsi que nous essayons de raviver dans ces cellules vivantes, le sens de l’appartenance, le sens de la mission par les gens eux-mêmes, non seulement pour conserver l’Eglise catholique, mais pour vivre de façon à vraiment témoigner de l’Evangile à travers la vie de chacun, à la foi vécue ».

A propos de la juridiction de la conférence épsiscopale sur les deux parties de la péinsule coréenne, Mgr Chang Yik soulignait : « Nous avons la juridiction, mais pas le libre accès au Nord. Nous tentons donc d’offrir des aides humanitaires de différentes façons, et nous ne cesserons pas de le faire, en distinguant le régime et le peuple : nous visons le bien-être du peuple, surtout des personnes et de leur dignité humaine. C’est la chose la plus importante. Nous n’instrumentalisons pas l’aide pour en faire un moyen d’évangélisation, mais nous le faisons parce que c’est une valeur en soi ».

Anita S. Bourdin

bonne nuit

4 décembre, 2007

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« Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez »

4 décembre, 2007

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
Sermon 2 sur le Cantique des Cantiques (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 92 rev.)

« Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez »

Le désir ardent des patriarches appelant la présence corporelle de Jésus Christ est pour moi le sujet de méditations fréquentes. Je ne peux pas y penser sans que des larmes de honte me viennent aux yeux. Car je mesure alors la tiédeur et la somnolence de notre époque misérable. Nous avons reçu cette grâce, le corps du Christ nous est montré à l’autel, mais personne d’entre nous n’en éprouve une joie aussi intense qu’était le désir inspiré à nos ancêtres par la simple promesse de l’Incarnation.

Noël est proche et bien des gens s’apprêtent à le célébrer ; puissent-ils se réjouir vraiment de la Nativité, et non pas des vanités ! L’attente des anciens, leur impatience fébrile me paraissent exprimées à merveille par les premiers mots du Cantique des Cantiques : « Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche ! » (1,2). En ces temps-là, quiconque était doué du sens spirituel devinait la grâce immense répandue sur ces lèvres (Ps 44,3), et par ces paroles lourdes de tous les désirs, souhaitait passionnément ne pas être privée d’une si grande douceur.

Toute âme parfaite disait en effet : « A quoi me servent désormais les textes obscures des prophètes ? J’attends que vienne ‘ le plus beau des enfants des hommes ’ (Ps 44,3), qu’il vienne me baiser du baiser de sa bouche. La langue de Moïse est confuse (Ex 4,10), les lèvres d’Isaïe sont impures (6,5), Jérémie est un enfant qui ne sait pas parler (1,6) ; tous les prophètes sont privés du don des langues. C’est lui-même, c’est celui dont ils parlent, qui doit parler maintenant et me baiser du baiser de sa bouche ; je ne souhaite plus qu’il s’exprime en eux et par eux, car l’eau reste opaque tant qu’elle est retenue par les nuages. J’attends la présence divine, les eaux ruisselantes de la doctrine admirable, qui deviendront en moi une source jaillisant jusqu’en la vie éternelle » (Jn 4,14).

ange

3 décembre, 2007

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Messaggeri della Luce. Angeli nell’icona russa

http://www.exibart.com/profilo/eventiV2.asp/idelemento/31609

LETTRE PASTORALE DE SAINT CHARLES BORROMÉE : LE SENS DE L’AVENT

3 décembre, 2007

du mon livre de la Liturgie des Heures:

 

LETTRE PASTORALE DE SAINT CHARLES BORROMÉE

Le sens de l’Avent.

Voici, mes bien-aimés, ce temps célébré avec tant de ferveur, et, comme dit l’Esprit Saint, temps de la faveur divine, période de salut, de paix et de réconciliation temps jadis désiré très ardemment par les voeux et les aspirations instantes des anciens prophètes et patriarches, et qui a été vu enfin par le juste Siméon avec une joie débordante! Puisqu’il a toujours été célébré par l’Église avec tant de ferveur, nous-mêmes devons aussi le passer religieusement dans les louanges et les actions de grâce adressées au Père éternel pour la miséricorde qu’il a manifestée dans ce mystère.

Oui, par cet avènement de son Fils unique, en vertu de son immense amour pour nous, pécheurs, il l’a envoyé alors pour nous délivrer de la tyrannie et de l’empire du démon, nous inviter à aller au ciel, nous faire pénétrer dans les mystères célestes, nous montrer la Vérité en personne, nous former à la pureté des moeurs, nous donner les germes des vertus, nous enrichir des trésors de sa grâce et enfin nous adopter pour ses fils et pour héritiers de la vie éternelle.

Du fait que ce mystère est revécu chaque année par l’Église, nous sommes exhortés à rappeler sans cesse le souvenir de tant d’amour envers nous. Cela nous enseigne aussi que l’avènement du Christ n’a pas profité seulement à ceux qui vivaient à l’époque du Sauveur, mais que sa vertu devait être communiquée aussi à nous tous; du moins si nous voulons, par le moyen de la foi et des sacrements, accueillir la grâce qu’il nous a méritée et diriger notre vie selon cette grâce en lui obéissant.

L’Église nous demande encore de comprendre ceci: de même qu’il est venu au monde une seule fois en s’incarnant, de même, si nous enlevons tout obstacle de notre part, il est prêt à venir à nous de nouveau, à toute heure et à tout instant, pour habiter spirituellement dans nos coeurs avec l’abondance de ses grâces.

Aussi l’Église, comme une mère très affectueuse et très préoccupée de notre salut, à l’occasion de ce temps, nous enseigne, par des hymnes, des cantiques, et par toutes les paroles et les rites que lui a inspirés le Saint-Esprit, comment accueillir avec gratitude un si grand bienfait et comment nous enrichir de ses fruits. Ainsi notre âme se disposera à l’avènement du Christ avec autant de soin que s’il devait encore venir au monde, et de la manière même dont les pères de l’Ancien Testament, par leurs paroles comme par leurs exemples, nous ont appris à les imiter.

Fête de ‘Hanouka : La fête du miracle des lumières

3 décembre, 2007

du site:

http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#essentielles

 

Fête de ‘Hanouka
La fête du miracle des lumières

Allumages des lumières: à partir du 4 décembre au soir jusqu’au 11 au soir
(fin de Hanouka le 12 au soir)

Avant d’entrer dans la manière de réaliser la fête, il faut en comprendre le motif de sa création. Ce n’est pas seulement l’inauguration du Temple. La tradition veut nous faire fêter la victoire de la lumière sur les ténèbres. Quels ténèbres ? Quelle victoire ? Cela nous est donné pour notre instruction.

L’enjeu
L’
épisode historique est raconté
dans le Livre des « Macabis ».
Ce n’est pas seulement une victoire sur l’ennemi militaire, ou contre les pers
écuteurs religieux. C’est une victoire sur la domination culturelle
.
Antiochus Ephiphane voulait
étendre le pouvoir grec par l’intermédiaire de l’adhésion à la culture grecque. Seuls les juifs ont refusé
.
Il faut bien comprendre ce ph
énomène quadruple : la domination, la rébellion, la victoire, la lumière.

Le besoin de conquête universelle.
Ce besoin prend de nombreuses formes diff
érentes qui se veulent toutes séductrices, pour aboutir à

  • une domination,

  • une uniformisation,

  • sous prétexte du bien commun,

  • avec l’adhésion des élites culturelles et philosophiques ou religieuses,

  • pour la domination politique et économique d’une minorité sur l’ensemble.

    Prenons les exemples dans notre g

énération ou notre siècle à travers les concepts utilisés qui ont semblé à chaque fois le bien absolu :

1. il y a eu la conjonction de l’Eglise catholique « universelle » s’alliant aux Etats européens divers pour la conquête coloniale « universelle », expositions universelles à l’appui, missionnarisme, concept « d’empires ». 2. il y a eu le communisme, qui voulait une uniformisation « internationale » de « l’humanit

é » selon un bien unique défini.

3. il y a la philosophie universelle des droits de l’homme qui est, en fait, refusée maintenant par la majeure partie des continents car ils y voient un avatar subtil de la colonisation des idéologies européennes et occidentales, un autre combat d’une culture sur les autres avec sa seule musique, sa philosophie, sa conception politique de l’état, etc. 4. il y a la conqu

ête impérialiste américaine qui prétend libèrer les peuples par la culture du coca-cola, mac donald, dollar, de la langue, musique et TV particulières, pour étendre à travers cela un empire économique.

Le problème n’est pas seulement une influence politique, c’est une domination, elle est totalitaire, elle ment sur le bien, elle supprime, c’est une idolâtrie à forme changeante qui veut supprimer les valeurs d’autrui et les valeurs juives en particulier. En effet, le judaïsme est ce qui caractérise un peuple particulier, mais il enseigne aussi les valeurs de base pour tout homme. Une contestation venant du judaïsme est ressentie par tout pouvoir comme une constestation de sa volonté de domination sur tous. Et, pour aggraver leur position, les Juifs sont indomptables.

Les faits
A cette
époque (an 165 environ avant le compte actuel), les Juifs plus lucides et minoritaires sont partis en lutte pour défendre leur spécificité à la fois religieuse, culturelle, territoriale et politique face à ce que nous appellerions aujourd’hui : hégémonie, supré
matie, domination, leadership, culture dominante, etc.
Pour unifier ces peuples sous sa coupe, le pouvoir greco-syrien interdit alors explicitement la sp
écificité religieuse juive qui est le facteur de cohérence de notre peuple. Aujourd’hui encore, une pression culturelle énorme s’exerce sur le peuple juif (de l’extérieur et de l’intérieur) pour lui faire admettre de prendre la solution de tous ses problèmes de survie uniquement dans les critères idéologiques de la nation dominante actuelle, dans ses repères et intérêts, en son lieu, sous son autorité et dans le cadre de sa stratégie hégé
monique.

Alors, comme souvent, les Juifs étaient divisés et querelleurs. Cependant la famille des ‘Hachmonayim pris la cause en main, sous la direction du Grand prêtre, le Cohén Gadol Matatias puis de Yéhouda. Ils organisèrent la poursuite de la vie religieuse et de l’enseignement (tous les rouleaux de la Torah avaient été détruits, la circoncision interdite, etc.), puis commença une guerre de guérilla pour la libération. Sur leur étendard, ils avaient choisi le sigle de ralliement « Makabi », lettres initiales de Mi Kamokha Baélim Ihachém (« Qui est comme Toi parmi les dieux, Hachém ?). C’était tout le programme dont nous avons parlé ci-dessus.
Ils r
éussirent à libérer le territoire, grâce à leur programme et à Qui le meut.

Le miracle
Quand ils voulurent alors purifier le Temple, foyer de toute la vie du peuple, et y reprendre la vie, ils ne trouv
èrent qu’une minuscule fiole d’huile répondant aux critères de pureté nécessaire ; or, il fallait 8 jours pour distiller l’huile très pure nécessaire au luminaire du Temple. Le Traité Chabbate 21 b nous raconte le miracle : cette petite fiole fut suffisante pour éclairer pendant les huit jours.

Méditation
- le juda
ïsme nous propose de nous améliorer, parfois en 1 ou 2 jours comme au début du mois en Roche ‘Hoddéche; parfois en 49 jours, après Pessa’h et pendant le Ômér. Ici, cela se produit en l’espace de 8 jours pour évoluer lentement mais sûrement jusqu’à la manifestation ré
ussie.
- l’homme a re
çu le pouvoir d’allumer la lumière par son geste de réalisation (non par ses théories). Bien en ê
tre conscient pendant l’allumage.
- nous sommes proches de Celui qui est La lumi
ère. Il peut nous la donner si vous voulons bien appliquer avec précision Sa Torah dans la réalité personnelle, familiale et dans la réalité
collective.
-
à ‘Hanouka, c’est la réalité elle-même d’en-bas qui devient lumière, tandis qu’au Chabbate, c’est la réalité d’En-haut qui nous imprè
gne.
-
à ‘Hanouka, la progression de l’amélioration est très lente et progressive, sur 8 jours. Le judaï
sme n’est pas une loterie ni une magie.
- le miracle se fait de nuit ; c’est face
à la nuit que nous affirmons bien haut que nous connaissons de Qui vient la lumière. Et c’est seulement dans l’expérience de la nuit sur tous les plans, que nous recevons du Ciel le pouvoir de créer la lumiè
re de la Torah dans le monde.
- le miracle concerne le ba
ït, la maison par excellence qu’est le Temple. Et chaque maison est l’image de ce Temple. Aussi l’allumage de la ‘hanoukia doit se faire dans sa propre maison, c’est la mitsva, non pas en fête collective sur les routes, sur les stades ou dans les synagogues. Si on en allume dans ces autres lieux, en aucun cas cela ne peut remplacer l’allumage dans la maison personnelle ; et si l’homme est en voyage ou occupé dans l’un de ces lieux, la femme a le devoir d’allumer dans la maison .

Exercice :
Chacun doit trouver par lui-m
ême les multiples enseignements de ces faits, et aussi de tout ce processus. Ensuite, échangez avec vos proches et amis pour confronter les « é
clairages ».
Rappelons que chaque Juif a le devoir d’enseigner
à
ses enfants : donc, transmettre cela dans la famille.
Ensuite, bien r
éviser ensemble toute l’importance de la maison juive, et de la lumière qui doit l’illuminer.

Comment allumer les lumières de ‘Hanouka ?
« Celui qui met tout son coeur
à bien allumer les lampes de la fête, mérite d’avoir des enfants qui soient des talmidé ‘hakhamim »
(Traité Chabbate 23b).

C’est une obligation d’allumer au moins une lumière par famille, même pour le plus pauvre des pauvres.

Ensuite, il y a beaucoup de variantes suivant les communautés et selon le souci d’accomplir au mieux la beauté de la mitsva (ha méadrine, ceux qui embellissent la mitsva) : ou bien c’est le père qui allume pour toute la famille, ou bien chacun allume, ou bien l’époux et l’épouse en allument une seule puisqu’ils sont un ; en tous cas, la femme a l’obligation de l’accomplissement de la mistva de l’allumage des lumières de ‘Hanouka, qu’elle le fasse elle-même ou en union avec son mari en le déléguant pour elle.

Seul l’aveugle est dispensé, mais on l’associe cependant en lui tenant la main. Les voyageurs, ou les gens en visite doivent allumer même s’ils ne sont pas dans leur maison. Si on allume à la synagogue entre Min’ha et Arvite, cela ne dispense pas non plus de l’obligation d’allumer à la maison.

On peut allumer des bougies, mais choisir d’allumer avec de l’huile est plus proche du véritable sens de la fête et de sa véritable lumière reliée à l’événement et à ses symboles multiples.

La méthode d’allumage est celle de Beit Hillel : une lumière le premier soir, puis deux lumières le second soir (et ainsi de suite jusque 8 lumières le 8e soir) en disposant les lumières sur une ligne horizontale (pas en courbe) ou sur un chandelier en ligne. Les formes des ‘hanoukiotes sont différentes mais toujours selon ce principe, et la fiole ou la bougie qui donnent la lumière est nommée chamache et est placée plus haut que les autres. Voici quelques exemples (Images Judaica.Sweetchild software). On n’utilise pas de bougies en torches tressées.

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