Archive pour octobre, 2007

Présentation de Jésus au Temple

29 octobre, 2007

Présentation de Jésus au Temple dans images sacrée L7

http://www.maranatha.it/

Psaume 8 sur le Nom divin

29 octobre, 2007

du site:

http://www.bible-service.net/site/461.html

(© 2006 S.B.E.V. et ISCAM-production
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Psaume 8 sur le Nom divin

Ps 8, 1

Du chef de choeur, sur la guittith. Psaume de David.
2
SEIGNEUR, notre Seigneur,
que ton nom est magnifique
par toute la terre ! Mieux que les cieux, elle chante ta splendeur !

3 Par la bouche des tout-petits et des nourrissons,
tu as fondé
une forteresse
contre tes adversaires,
pour réduire au silence l’ennemi revanchard.4 Quand je vois tes cieux, œ

uvre de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu as fixé
es,
5 qu’est donc l’homme pour que tu penses à
lui,
l’être humain pour que tu t’
en soucies ?
6
Tu en as presque fait un dieu :
tu le couronnes de gloire et d’é
clat ;
7 tu le fais ré
gner sur les oeuvres de tes mains ;
tu as tout mis sous ses pieds :
8 tout bé
tail, gros ou petit,
et même les bê
tes sauvages,
9 les oiseaux du ciel, les poissons de la mer,
tout ce qui court les sentiers des mers. 10
SEIGNEUR, notre Seigneur,
que ton nom est magnifique
par toute la terre !

La Puissance du Nom divin

Le psaume est court et pourtant il évoque l’univers, l’homme et Dieu. Plus particulièrement, la grandeur du Nom de Dieu. Comment cela ?
Parcourir le psaume

Première remarque qui est utile dans l’étude de bien des textes bibliques : le psaume 8 commence et se termine par une « inclusion ». Procédé littéraire assez courant, l’inclusion est la répétition volontaire d’un mot, d’une expression ou d’une phrase, que l’auteur veut mettre en valeur et qu’il utilise comme un indice de la construction de son texte (pour borner le passage, marquer ses parties ou le relier au contexte). L’inclusion est ici une doxologie, c’est-à-dire une formulation de la Gloire de Dieu : « SEIGNEUR notre Seigneur,
que ton nom est magnifique par toute la terre ! » (v. 2 et v. 10).Deuxième remarque

: quel est le vocabulaire dominant dans ce psaume ? Il parait simple de remarquer celui-ci :
v. 2 : terre, cieux
v. 4 : cieux, lune, é
toiles
v. 7 : œ
uvres de tes mains
v. 8 : bétail, gros ou petit, bêtes sauvages
v. 9 : oiseau du ciel, poissons, mer. Tous ces éléments sont ceux de la création, de l’univers. Mais un autre champ sé
mantique fait contrepoint :
v. 3 : tout petits, nourrissons
v. 5 : l’homme, l’ê
tre humain
v. 6 : presque un dieuC’est l’homme, dans sa fragilité et sa dépendance, qui trouve une place dans la cré

ation. Ces données rapprochées mettent en évidence que, dans ce psaume, c’est le Seigneur de la création, du cosmos, qui est loué ainsi que la puissance qu’il déploie au profit des mortels et qui réside dans son Nom.

Commentaire : Qu’est-ce donc que le « Nom » ?

Identité.
Le « Nom » a une grande importance dans le Premier Testament. Car, dans la Bible, le nom d’un être résume son rôle dans l’univers ; il exprime la totalité de la personne qu’il désigne et enferme en ses lettres la puissance de cet être. C’est pourquoi l’étymologie d’un nom donne en général un sens approprié à la nature et à la mission de celui qui le porte. « Adam », par exemple, vient de la racine « sol » dont il fut tiré (Gn 2,7). Autre exemple, « Noé » signifie « qui réconforte » parce que son père Lamech avait dit : « il nous réconfortera de nos labeurs et de la peine de nos mains » (Gn 5,29). « Isaac » vient de la racine « rire » car Abraham et Sarah avaient ri à l’annonce de la venue d’un fils sur leurs vieux jours (Gn 18,12). « Moïse » signifie « tiré » des eaux (Ex 2,10) parce qu’il avait été sauvé des eaux du Nil. Les lieux aussi reçoivent des noms significatifs. Le puits de « Lahaï-Roï » est le « puits du Vivant qui me voit » (Ex 16,14) ; « Mara », racine de l’amertume, est le lieu du désert où les fils d’Israël ne purent boire car l’eau était « amère » (Ex 15, 22-27) etc

Le Nom divin.
Mais, en ce qui concerne Dieu, c’est lui-même qui dévoila son « Nom » aux hommes. S’il fut d’abord pour Moïse le Dieu des ancêtres, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (Ex 3,6), en Ex 3,14, Dieu se nomme « Je suis qui je serai » et précise « c’est mon nom pour toujours, c’est ainsi que l’on m’invoquera de génération en génération ». Le Seigneur a livré à Moïse son Nom et son Mystère. Si l’ambiguïté de la formule « Je suis qui je serai » révèle le refus de se laisser enfermer dans les catégories des hommes, dans le même temps, son « être » semble orienté vers l’homme. En effet, en Ex 3,12, Le Seigneur affirme « Je suis avec toi », promettant ainsi que sa présence aux hommes sera constante et efficace. Et derrière ces deux aspects, ce Nom laisse entendre que Dieu est aussi Celui qui fait exister, qui décide de l’être. Comme le montre le Ps 8, le Nom fera l’objet d’un culte. Nom redoutable, éternel, tout-puissant, saint et terrible, il sera la manière de s’adresser au Dieu transcendant qui, pourtant, est activement présent au sein de l’univers.Par toute la terre, le Nom de Dieu est la signature de ses œuvres. Ce Nom dit, au cœur du monde, la majesté inatteignable du Créateur, il atteste que le ciel est « son » ciel, piqueté de la terre et des étoiles par son art, il atteste sa puissance qui maintient l’harmonie de l’ê

tre et de la vie. Un Nom pour une alliance.
Toutefois, l’émerveillement né de la puissance du Nom ne s’arrête pas aux contemplations extérieures, il fait aussi naître l’interrogation sur la vie humaine : « Qu’est donc l’homme, pour que tu penses à lui, l’être humain, pour que tu t’en soucies ? » v. 5. Comment le Dieu Créateur peut-il se souvenir de l’homme, fragile, fini, simple mortel, fils d’Adam, poussière qui retournera à la poussière ? Comment le Dieu Créateur peut-il vouloir le visiter, en prendre souci, le rencontrer pour le sauver ? Beaucoup plus encore, comment Le Seigneur Créateur peut-il associer l’homme à sa permanente Gloire créatrice ?C’est ce que le psaume nous révèle. Si l’homme est créature, elle est juste moins qu’un dieu et le Seigneur la couronne « de gloire et de beauté pour qu’il domine son œuvre ». Il a mis la création sous ses pieds. Or, ces multiples facettes du rôle privilégié de l’homme sont des dons de Dieu. Si vous étudiez le psaume en vous posant la question : « Qui agit ? », vous remarquerez que seul Le Seigneur agit. Lui seul crée, maintient l’être et l’harmonie, Lui seul attribue les rôles. Voilà bien la raison profonde de la louange ! Et si l’être humain est hautement valorisé, sa royauté sur la création ne vient ni de sa nature, ni de ses performances ou mérites, elle est un don gratuit de Dieu. C’est pourquoi ce don implique une responsabilité d’administration qui ne soit ni malhonnête, ni injuste, ni gaspilleuse. C’est pourquoi tous les hommes sont co-responsables du cosmos et co-protecteurs de la vie. C’est en cela aussi que l’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu, qu’il correspond au dessein créateur. Et sa louange est alors comme celle de « la bouche des enfants, des tout petits ». Se sachant faibles mais confiants, les enfants attendent les bienfaits de plus grand qu’eux. Ils agissent à l’ombre de leur Père et s’

appuient sur son Nom. Jésus et l’homme un peu moindre qu’un dieu…
Avec le Christ, nous pouvons aller plus loin dans l’interprétation du psaume, nous pouvons le comprendre selon une lecture chrétienne.Jésus a mis en valeur la grandeur des petits : « Qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas » Lc 18,17. Cette posture d’accueil du don dans la simplicité et la confiance fait non seulement vivre le monde, mais encore elle le fait vivre, littéralement, dans l’être de Dieu, elle le fait vivre en « Royaume de Dieu »

. Or, c’est bien ce que le Christ a réalisé en plénitude.Par son incarnation, par le fait qu’il s’est fait ré

ellement homme, il est venu visiter les hommes pour les sauver comme le dit le v. 5 du psaume. Mais il est aussi venu pour élever la nature humaine à une dignité inconcevable – et inconcevable à coup sûr pour le psalmiste qui ne bénéficiait pas de la Révélation de Dieu par le Fils de Dieu lui-même, Jésus-Christ – puisque lui, l’homme Jésus, fut ressuscité et élevé à la droite du Père où il partage à tout jamais la Gloire de Dieu. Il fut « couronné de gloire et de beauté » comme dit le v. 6 du psaume.Nous rendons-nous compte de ce que cela signifie ? Nous rendons-nous compte que c’est l’avenir que Dieu nous promet ? Nous rendons-nous compte que l’expression « fils de Dieu par adoption » – qui est notre nom, à nous, chrétiens – est lestée du poids de cette dignité et de cette gloire ? Jésus-Christ est l’archétype de l’

homme que nous pouvons devenir ! La Résurrection de Jésus a déjà réalisé, maintenant, sur notre vieille terre, en plénitude, la royauté de l’homme sur la création puisqu’elle a vraiment mis toute chose aux pieds de Jésus-Christ … la mort comprise !Hommes, nous sommes investis d’une dignité royale pour faire de la création le Royaume de Dieu ; pour faire vivre la création de la vie même de Dieu, celle qui, par-delà la mort, mène à

la vie en Dieu ! Autres psaumes à lire…

Souhaitez-vous voir comment le Nom du Seigneur est le refuge des hommes qui prient les Psaumes ? Reportez-vous aux versets suivants et à leurs contextes : Ps 54,3; 124,8; 52,11; 33,21. Puis relisez le chapitre 17 de l’évangile de Jean en vous arrêtant plus particulièrement sur les versets 17,6.11.12.26.La révélation que nous sommes des « fils adoptifs » de Dieu n’est pas simple à cerner. Pour méditer cette notion qui porte en elle l’avenir de l’homme, reprenez, dans les lettres pauliniennes, Rm 8,15; Ga 4,4-7; Ep 1,5, que vous pouvez complé

ter par Rm 8,28-30 et 2 Co 6,16-18. Enfin, quelle est la prière qui manifeste à l’évidence que nous sommes enfants de Dieu ? Et, à partir de Mt 6,9-13, vous pouvez rechercher tout ce que recouvre le Nom de « Père » au long du Nouveau Testament.© Catherine Bizot (inédit)
Service biblique catholique Évangile et Vie

par Sandro Magister: « Ce que j’ai dit au futur pape » avant le dernier conclave

29 octobre, 2007

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/173182?fr=y

 

« Ce que j’ai dit au futur pape » avant le dernier conclave

Le cardinal Giacomo Biffi publie ses mémoires. En voici un avant-goût avec le discours qu’il a prononcé lors de la réunion des cardinaux à huis clos, ainsi que ses jugements critiques concernant Jean XXIII, le Concile Vatican II et les « mea culpa » de Jean-Paul II par Sandro Magister

ROMA, le 26 octobre 2007 – A la veille de ses 80 ans, le cardinal Giacomo Biffi publie une imposante autobiographie intitulée  » Memorie e digressioni di un italiano cardinale [Mémoires et digressions d’un italien cardinal]« .

On se souvient surtout du cardinal Biffi comme archevêque de Bologne, de 1984 à 2003. Mais c’est sa vie toute entière qu’il retrace dans son livre, depuis sa naissance dans un quartier ouvrier de Milan jusqu’à son ordination, puis sa vie de professeur de théologie, de curé, d’évêque et enfin de cardinal.

Dans la préface, le cardinal Biffi reprend ces mots de saint Ambroise, grand évêque de Milan au IVe siècle, son « père et maître » bien aimé: « Pour un évêque, il n’y a rien de plus risqué devant Dieu et de plus honteux devant les hommes que de ne pas proclamer librement sa propre pensée ».

C’est pourquoi, à chacune des 640 pages du livre, la pensée du cardinal Biffi jaillit en toute liberté, se faisant piquante, ironique ou anticonformiste. Pas un moment clé de la vie de l’Eglise ne résiste à son jugement aigu et souvent surprenant.

On est surpris, par exemple, qu’il désigne comme « le plus grand pape du XXe siècle » Pie XI, qui est peut-être, à l’heure actuelle, le pape le plus négligé et oublié. On est surpris de découvrir que, étant archevêque de Bologne, il a logé un groupe important de maghrébins sans domicile dans une église pendant de nombreuses nuits au plus froid de l’hiver, lui qui a été tellement critiqué pour avoir dit qu’il valait mieux accueillir en Italie des immigrés chrétiens plutôt que musulmans.

Les silences aussi sont éloquents. Le livre mentionne rarement Joseph Ratzinger, mais le lecteur comprend à de nombreux indices que le cardinal Biffi tient le pape actuel en très haute estime. Une estime réciproque, puisque Benoît XVI l’a invité à prêcher les exercices spirituels du Carême 2007 au Vatican.

A contrario, le silence presque total au sujet du cardinal Carlo Maria Martini – dont le cardinal Biffi a été évêque auxiliaire pendant quatre ans à Milan – laisse transparaître un jugement impitoyablement critique à son égard. Juste avant d’expédier en quelques lignes la nomination du célèbre jésuite comme archevêque de Milan, à la fin de 1979, le cardinal Biffi explique clairement que l’époque glorieuse des grands évêques de Milan du XXe siècle – véritables héritiers de saint Ambroise et de saint Charles Borromée – s’est bel et bien achevée avec le prédécesseur du cardinal Martini, le cardinal Giovanni Colombo.

Un autre silence – celui qui entoure le cardinal Dionigi Tettamanzi, successeur du cardinal Martini – laisse deviner que l’ère des grands pasteurs « ambroisiens » et « borroméens » ne reprendra pas non plus avec l’actuel évêque de Milan.

Et d’expliquer pourquoi: selon lui, un évêque est grand lorsqu’il gouverne l’Eglise « par la chaleur et la certitude de la foi, par des initiatives et des œuvres concrètes, par la capacité de répondre aux attentes de l’époque non par des concessions et du conformisme mais en puisant dans le patrimoine inaliénable de la vérité ». Bien évidemment, selon lui, le cardinaux Martini et Tettamanzi ne correspondent pas à ce profil.

Une autre personnalité qu’il critique sévèrement est le père Giuseppe Dossetti. Celui-ci, homme politique d’envergure dans sa jeunesse – et admiré alors par le cardinal Biffi lui-même – est devenu prêtre, moine, et consultant très actif du cardinal Lercaro pendant le Concile Vatican II. Il est à l’origine de l’ »école de Bologne » et de l’interprétation du Concile comme une rupture avec le passé et un nouveau départ. Le cardinal Biffi écrit que le père Dossetti a eu jusqu’à la fin « une obsession très forte et permanente pour la politique, qui perturbait sa vision d’ensemble ». En outre, il lui reproche « des bases théologiques insuffisantes ».

Le père Dossetti est l’homme qui a le plus influencé les orientations de l’élite intellectuelle de l’Eglise italienne dans la seconde moitié du XXe siècle. Pour le cardinal Biffi, cependant, le leader spirituel italien qui a perçu le plus clairement la mission et les dangers de l’Eglise dans le monde actuel est le père Divo Barsotti, évoqué plusieurs fois dans le livre avec admiration.

La lecture des mémoires du cardinal Biffi est incontournable pour qui veut étudier l’évolution actuelle de l’Eglise. Ils en donnent une vision qui fait autorité et reste loin des idées reçues. Mais c’est aussi une lecture captivante et l’on est saisi dès les premières pages par une écriture brillante, toujours sobre et allant à l’essentiel. Ces mémoires sont le récit d’une vie entièrement consacrée à l’Eglise. Quelques extraits sont reproduits ci-dessous: sur Jean XXIII, sur le Concile Vatican II et ses retombées, sur les « mea culpa » de Jean-Paul II et enfin sur le dernier conclave, avec le discours intégral – encore secret jusqu’à hier – que le cardinal Biffi avait adressé au pape à venir.

Un pape – ce serait Benoît XVI – qui, ce jour-là, était encore à élire. Et qui pourtant correspondait déjà tellement aux attentes de ce grand électeur.Jean XXIII: bon pape, mauvais maître (pp.177-179)

Le pape Jean XXIII est mort le jour de la Pentecôte, le 3 juin 1963. Moi aussi, je l’ai regretté, car j’éprouvais pour lui une sympathie irrésistible. J’étais séduit par ses gestes « hors des rites » et je me réjouissais de ses mots souvent surprenants et de ses remarques improvisées.

Il n’y avait que quelques phrases qui me laissaient perplexe. C’étaient justement celles qui conquéraient les âmes plus facilement que les autres, car elles apparaissaient conformes aux aspirations instinctives des hommes. Il y avait par exemple, son jugement réprobateur concernant les « prophètes de malheur ».

L’expression était devenue populaire et l’est restée. C’est bien naturel: les gens n’aiment pas les rabat-joie; ils préfèrent ceux qui promettent temps des lendemains qu chantent à ceux qui expriment des craintes et des réserves. Moi aussi, j’admirais là le courage et l’élan que manifestait, dans les dernières années de sa vie, ce « jeune » successeur de Pierre. Mais je me souviens d’avoir été saisi presque immédiatement par un sentiment de perplexité. Au cours de l’histoire de la Révélation, ceux qui ont annoncé des châtiments et des catastrophes ont généralement été les vrais prophètes, comme par exemple Isaïe (chapitre 24), Jérémie (chapitre 4) et Ezéchiel (chapitres 4-11).

Jésus lui-même devrait, d’après ce que l’on lit au chapitre 24 de l’Evangile selon saint Matthieu, figurer parmi les « prophètes de malheur »: les succès futurs et les joies à venir qu’il annonce ne concernent pas en général l’existence ici-bas mais la « vie éternelle » et le « Royaume des Cieux ». Dans la Bible, ce sont plutôt les faux prophètes qui proclament habituellement l’imminence d’heures tranquilles et rassurantes (voir le chapitre 13 du Livre d’Ezéchiel).

La phrase de Jean XXIII s’explique par ce qu’il ressentait à ce moment-là, mais elle ne doit pas être prise comme une vérité absolue. Au contraire, il est bon d’écouter aussi ceux qui ont des raisons d’alerter leurs frères, en les préparant à d’éventuelles épreuves, et ceux qui jugent utiles les invitations à la prudence et à la vigilance. « Il faut plus regarder ce qui nous unit que ce qui nous divise ». Cette phrase aussi – aujourd’hui répétée à l’envi et très appréciée, presque comme si elle était la règle d’or du « dialogue » – nous vient de l’ère Roncalli et nous en rappelle l’atmosphère.

C’est un principe de comportement plein de bon sens, que l’on doit prendre en compte lorsqu’il s’agit simplement de la vie en commun et des petites décisions du quotidien. Mais il devient absurde et désastreux de par ses conséquences si on l’applique aux grandes questions de l’existence et particulièrement aux problèmes religieux.

Par exemple, le recours à cet aphorisme est opportun pour maintenir des rapports de bon voisinage dans une copropriété ou assurer l’efficacité rapide d’un conseil municipal. Mais nous allons au devant de gros problèmes si nous nous en inspirons dans notre témoignage évangélique face au monde, notre engagement œcuménique ou notre dialogue avec les non-croyants. En vertu de ce principe, le Christ pourrait devenir la première et la plus illustre victime du dialogue avec les religions non chrétiennes. Le Seigneur Jésus a dit de lui-même – mais c’est une de ses paroles que nous avons tendance à censurer – « Je suis venu apporter la division » (Luc, 12, 51).

Pour les sujets importants, il ne peut y avoir qu’une seule règle: nous devons surtout nous concentrer sur ce qui est déterminant, substantiel, vrai, que cela nous divise ou nous unisse. « On doit faire la distinction entre l’erreur et celui qui se trompe »: voilà une autre maxime qui fait partie de l’héritage moral de Jean XXIII et qui a aussi influencé le catholicisme dans les années qui ont suivi.

L’idée est on ne peut plus juste et elle puise sa force dans l’enseignement de l’Evangile lui-même: l’erreur ne peut être que blâmée, détestée, combattue par les disciples de celui qui est la Vérité. Celui qui se trompe, en revanche est toujours – dans son humanité inaliénable –une image vivante, même si elle n’est qu’esquissée, du Fils de Dieu incarné. Il doit donc être respecté, aimé, aidé autant que possible. Je ne pouvais cependant oublier, en réfléchissant à cette phrase, que la sagesse historique de l’Eglise n’a jamais réduit la condamnation de l’erreur à une pure et inefficace abstraction.

Il faut mettre en garde le peuple chrétien et le protéger de celui qui de fait sème l’erreur, sans pour autant cesser de chercher son véritable bien et sans juger la responsabilité subjective de qui que ce soit, que Dieu seul connaît. A ce sujet, Jésus a transmis une directive précise aux chefs de l’Eglise: celui qui provoque le scandale par son comportement et par sa doctrine et qui ne se laisse convaincre ni par les avertissements personnels ni par la réprobation plus solennelle de l’Eglise, “qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain” (cf. Matthieu 18,17); prévoyant et prescrivant ainsi l’institution de l’excommunication.

Les pièges de Vatican II: « aggiornamento » et « pastoralité » (pp. 183-184)

Le pape Jean XXIII avait fixé au Concile, comme travail et comme objectif, le « renouvellement interne de l’Eglise ». Une expression plus pertinente que le terme « aggiornamento » (autre mot roncallien) qui a cependant connu une réussite imméritée. Ce n’était certes pas l’intention du souverain pontife, mais il y avait dans « aggiornamento » l’idée que la « nation sainte » se fixait comme but de chercher à être le plus conforme possible non pas au dessein éternel du Père et à sa volonté de salut (comme elle avait toujours cru devoir le faire lors de ses tentatives de juste « réforme »), mais à la « journée » (à l’histoire temporelle et terrestre). Ainsi, il donnait l’impression de céder à la « chronolâtrie », pour utiliser ce terme réprobateur créé par la suite par Jacques Maritain.

Jean XXIII rêvait d’un Concile qui parvienne au renouvellement de l’Eglise non pas par les condamnations mais par la « médecine de la miséricorde ». En s’abstenant de condamner les erreurs, le Concile éviterait de ce fait de formuler des enseignements définitifs, contraignants pour tous. Dans les faits, il s’en est d’ailleurs toujours tenu à cette indication de départ. La raison première et globale de ces indications était l’intention déclarée d’aspirer à un « Concile pastoral ». Tous, au Vatican et en dehors, apparaissaient contents et satisfaits de ce qualificatif.

De mon côté, depuis mon recoin éloigné, je sentais naître en moi, malgré moi, un certain embarras. Le concept me paraissait ambigu et je trouvais un peu suspecte l’emphase avec laquelle on attribuait la « pastoralité » au Concile en cours. Peut-être voulait-on dire implicitement que les précédents Conciles n’avaient pas eu l’intention d’être « pastoraux » ou ne l’avaient pas été suffisamment?

N’était-il pas important du point de vue pastoral d’expliquer clairement que Jésus de Nazareth était Dieu et consubstantiel au Père, comme l’avait établi le Concile de Nicée? De préciser la réalité de la présence eucharistique et la nature sacrificielle de la messe, comme l’avait fait le Concile de Trente? De présenter le primat de Pierre dans toute sa valeur et toutes ses implications, comme l’avait enseigné le Concile Vatican I?

On comprend bien que le but déclaré était d’étudier surtout les meilleurs moyens et les outils les plus efficaces pour atteindre le cœur de l’homme, sans pour autant diminuer la considération positive à l’égard du magistère traditionnel de l’Eglise. Mais on risquait d’oublier que la première et irremplaçable « miséricorde » pour l’humanité perdue est, selon ce qu’enseigne clairement la Révélation, la « miséricorde de la vérité ». Une miséricorde qui ne peut être exercée sans la condamnation explicite, ferme, constante de toute déformation et de toute altération du « dépôt » de la foi qui doit être conservé.

Quelqu’un pouvait même penser, imprudemment, que la rédemption des fils d’Adam dépendait plus de nos talents de flatterie et de persuasion que de la stratégie en vue du salut prévue par le Père avant tous les siècles, totalement centrée sur l’événement pascal et sur son annonce. Une annonce “sans les discours persuasifs de la sagesse humaine” (cf. 1 Corinthiens 2,4). Pendant la période postconciliaire, cela n’a pas seulement été un danger.A propos du communisme Jean-Paul II avait raison: le Concile n’aurait pas dû se taire (pp. 184-186)

Le communisme: le Concile n’en parle pas. Si l’on parcourt l’index systématique avec attention, on est frappé par ce silence catégorique.

Le communisme (et c’était la première fois dans l’histoire de la bêtise humaine) avait pratiquement imposé, aux populations qui lui étaient assujetties, l’athéisme qui constituait une sorte de philosophie officielle et, paradoxalement, de « religion d’état ». Le Concile, qui se penche pourtant sur le cas de athées, n’en parle pas. Dans les années mêmes où se déroulait la réunion œcuménique, les prisons communistes étaient encore le lieu de souffrances indicibles et d’humiliations infligées à de nombreux « témoins de la foi » (évêques, prêtres, laïcs croyant fermement au Christ). Le Concile n’en parle pas.

On est loin des prétendus silences face aux aberrations criminelles du nazisme, que certains catholiques eux-mêmes (y compris parmi les participants au Concile) ont reprochés par la suite à Pie XII! Au cours de ces années, même si je sentais que cette réserve était tout à fait anormale de la part d’une assemblée qui avait discuté de presque tout, je ne m’en suis pas du tout scandalisé. Au contraire, je dois dire que je comprenais les aspects positifs de cette position. Non pas tant en raison de la possibilité, qui se profilait ainsi, de négocier avec les régimes communistes la participation souhaitable au Concile des évêques qu’ils contrôlaient. Mais plutôt parce que l’on pouvait prévoir que toute prise de position, même la plus timide et la plus surveillée, déclencherait un durcissement des persécutions, alourdissant ainsi un peu plus encore la croix de nos frères persécutés.

Au fond, tous étaient convaincus, au moins inconsciemment, que le communisme était un phénomène tellement imposant qu’il serait désormais irréversible. Par la force des choses, il fallait donc s’habituer à en tenir compte, pour une durée indéterminée. En y regardant bien, c’était au fond ce qui justifiait aussi l’Ostpolitik (« politique de dialogue et d’ententes souhaitables avec les Pays de l’Est ») du Saint-Siège (de Jean XXIII et de Paul VI). Une telle politique nous semblait sainement réaliste et historiquement opportune. Une personne n’a jamais partagé cette perspective: Jean-Paul II (comme je l’ai compris lors d’un entretien en 1985). Il a eu raison.Sur les « mea culpa » Jean-Paul II s’est corrigé, mais pas assez (p. 536)

Le 7 juillet 1997, Jean-Paul II m’avait très aimablement invité à déjeuner. Il avait étendu l’invitation au maître des cérémonies de mon archevêché, le père Roberto Parisini, qui m’a accompagné et reste donc le témoin précieux de l’épisode.

Pendant le repas, le Saint-Père me dit à un moment donné: « Avez-vous vu que nous avons changé la phrase de la lettre apostolique ‘Tertio millenio adveniente? ». Le projet, qui avait été envoyé avant publication aux cardinaux, comportait cette expression : « L’Eglise reconnaît comme siens les péchés de ses fils « . Une expression qui – comme je l’ai signalé avec une franchise respectueuse – était irrecevable. Dans le texte définitif, le raisonnement avait changé comme suit: « L’Eglise reconnaît toujours comme siens ses fils pécheurs « . Le pape avait tenu à me le rappeler à ce moment, sachant qu’il me ferait plaisir.

J’ai répondu en exprimant ma vive reconnaissance et en manifestant ma pleine satisfaction du point de vue théologique. Cependant, j’ai cru nécessaire d’ajouter une réserve à caractère pastoral. Selon moi, l’initiative inédite de demander pardon pour les erreurs et les incohérences des siècles passés scandaliserait les « petits », les préférés du Seigneur Jésus (cf. Matthieu 11,25). Le peuple des fidèles, en effet, ne sachant pas vraiment faire de distinctions théologiques, verrait sa sereine adhésion au mystère ecclésial – ce dernier étant (toutes les professions de foi nous le disent) essentiellement un mystère de sainteté – perturbée par ces auto-accusations. Le pape m’a alors répondu textuellement: « Oui, c’est vrai. Il faudra y penser ». Malheureusement, il n’y a pas assez pensé.

Pour les cardinaux, les jours les plus éprouvants sont ceux qui précédent immédiatement le conclave. Le Sacré Collège se réunit quotidiennement de 9h30 à 13 heures, en une assemblée où chacun des participants est libre de dire tout ce qu’il pense. On devine cependant qu’il n’est pas possible de traiter en public la question qui préoccupe le plus les électeurs du futur évêque de Rome: qui devons-nous choisir?

C’est ainsi que, finalement, chaque cardinal a tendance à parler surtout de ses problèmes et de ses ennuis: ou mieux, des problèmes et des ennuis de sa communauté chrétienne, de son pays, de son continent, du monde entier. Cet examen général, spontané et inconditionnel des informations et des jugements est certainement très utile. Mais le tableau qui en résulte n’est certainement pas des plus encourageants. Mon état d’âme et ma pensée principale à ce moment apparaissent dans le discours que je me suis décidé à prononcer, après de nombreuses hésitations, le vendredi 15 avril 2005. En voici le texte:

« 1. Après avoir écouté toutes les interventions – justes, opportunes, passionnées – qui se sont succédé ici, je voudrais exprimer au futur pape (qui m’écoute) toute ma solidarité, ma sympathie, ma compréhension et un peu de ma compassion fraternelle. Mais je voudrais aussi lui conseiller de ne pas trop se préoccuper de tout ce qu’il a entendu ici et de ne pas trop s’effrayer. Le Seigneur Jésus ne lui demandera pas de résoudre tous les problèmes du monde. Il lui demandera de l’aimer d’un amour extraordinaire: ‘M’aimes-tu plus que ceux-ci?’ (cf. Jean 21, 15). Dans une bande dessinée qui nous vient d’Argentine, Mafalda, j’ai trouvé il y a quelques années une phrase qui me vient souvent à l’esprit en ce moment: ‘J’ai compris – disait cette petite fille terrible et perspicace – le monde est plein de problémologues, mais les solutionologues sont rares’. « 2. Je voudrais dire au futur pape de faire attention à tous les problèmes. Mais avant cela, et plus encore, de se rendre compte de l’état de confusion, de désorientation, d’égarement qui afflige actuellement le peuple de Dieu, et surtout les ‘petits’.

« 3. Il y a quelques jours, j’ai écouté à la télévision une religieuse âgée et pieuse qui répondait en ces termes au journaliste: ‘Ce pape qui est mort a surtout été grand parce qu’il nous a appris que toutes les religions sont égales’. Je ne sais pas si Jean-Paul II aurait beaucoup apprécié un éloge tel que celui-là. « 4. Enfin, je voudrais signaler au nouveau pape l’affaire incroyable de la déclaration ‘Dominus Iesus’: un document explicitement partagé et approuvé publiquement par Jean Paul II; un document pour lequel je tiens à remercier vivement le cardinal Ratzinger. Jamais, en 2000 ans – depuis le discours de Pierre après la Pentecôte – on n’avait ressenti la nécessité de rappeler cette vérité: Jésus est l’unique et indispensable Sauveur de tous. Cette vérité est, pour ainsi dire, le degré minimum de la foi. C’est la certitude primordiale, c’est pour les croyants la donnée la plus simple et la plus essentielle. Jamais, en 2000 ans, elle n’a été remise en doute, pas même pendant la crise de l’arianisne ni à l’occasion du déraillement de la Réforme protestante. Qu’il ait fallu rappeler cette vérité à notre époque montre à quel point la situation est grave aujourd’hui. Pourtant, ce document, qui rappelle la certitude primordiale, la plus simple, la plus essentielle, a été contesté. Il a été contesté à tous les niveaux. A tous les niveaux de l’action pastorale, de l’enseignement de la théologie, de la hiérarchie.

« 5. On m’a raconté qu’un bon catholique avait proposé à son curé de faire une présentation de la déclaration ‘Dominus Iesus’ à la communauté paroissiale. Le curé (un prêtre par ailleurs excellent et bien intentionné) lui a répondu: Laissez tomber. C’est un document qui divise’. ‘Un document qui divise’. Belle découverte! Jésus lui-même a dit: ’Je suis venu apporter la division’ (Luc, 12, 51). Mais trop de paroles de Jésus se retrouvent aujourd’hui censurées par la chrétienté; au moins par la chrétienté la plus bavarde ».

Angélus du dimanche 28 octobre

29 octobre, 2007

du site: 

http://www.zenit.org/article-16504?l=french

Angélus du dimanche 28 octobre

ROME, Dimanche 28 octobre 2007 (ZENIT.org

) Nous publions ci-dessous le texte de la méditation que le pape Benoît XVI a prononcée ce dimanche avant la prière de lAngélus, en présence des pèlerins réunis place Saint-Pierre, en particulier les quelque 50.000 pèlerins venus assister place Saint-Pierre à la béatification de 498 martyrs espagnols.

AVANT L’ANGELUS

Chers frères et soeurs,

Ce matin, 498 martyrs tués en Espagne dans les années 30, au siècle dernier, ont été béatifiés ici, place Saint-Pierre. Je remercie le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, qui a présidé la célébration et jadresse mon salut cordial aux pèlerins qui se sont rassemblés pour cette heureuse occasion. Quun aussi grand nombre de martyrs soient béatifiés au même moment montre que le témoignage suprême du sang nest pas une exception réservée seulement à quelques individus, mais une hypothèse réaliste pour le peuple chrétien tout entier. Il sagit en effet dhommes et de femmes d’âges différents, de vocation et de condition sociale différentes, qui ont payé de leur vie leur fidélité au Christ et à son Eglise. Les expressions de saint Paul que reprend la liturgie de ce dimanche sappliquent bien à eux : « Car moi, me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. Je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle » (2 Tm 4, 6-7). Paul, détenu à Rome, voit la mort sapprocher et dresse un bilan plein de reconnaissance et despérance. Il est en paix avec Dieu et avec lui-même et affronte sereinement la mort, conscient davoir consacré toute sa vie sans compter au service de lEvangile.

Le mois doctobre, consacré de manière particulière à lengagement missionnaire, se termine ainsi par le témoignage lumineux des martyrs espagnols, qui viennent sajouter aux martyrs Albertina Berkenbrock, Emmanuel Gómez Gonzáles et Adilio Daronch, ainsi que Franz Jägerstätter, proclamés bienheureux ces jours derniers au Brésil et en Autriche. Leur exemple montre que le baptême engage les chrétiens à participer avec courage à la diffusion du Règne de Dieu, en y coopérant si nécessaire avec le sacrifice de leur propre vie. Tous ne sont certes pas appelés au martyre sanglant. Il existe toutefois un « martyre » non sanglant, qui nest pas moins significatif, comme celui de Céline Chludzińska Borzecka, épouse, mère de famille, veuve et religieuse, béatifiée hier à Rome : elle représente le témoignage silencieux et héroïque de tant de chrétiens qui vivent lEvangile sans faire de compromis, en accomplissant leur devoir et en se consacrant généreusement au service des pauvres.

Ce martyre de la vie ordinaire est un témoignage particulièrement important dans les sociétés sécularisées de notre époque. Cest le combat pacifique de lamour, que tout chrétien, comme Paul, doit mener sans se lasser ; la course pour diffuser lEvangile, qui nous engage jusqu’à la mort. Que la Vierge Marie, Reine des martyrs et étoile de l’évangélisation nous aide et nous accompagne.

APRES L’ANGELUS

Le pape a salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu’il a dit en français :

Je vous salue chaleureusement, chers pèlerins francophones qui participez aujourdhui à lAngélus, particulièrement les personnes des missions catholiques de langues italienne, portugaise et espagnole, de Genève. Avec laide de la Vierge Marie, puissiez-vous vous tourner vers le Seigneur et marcher chaque jour dans la voie de la sainteté, source de liberté et de bonheur. Avec ma Bénédiction apostolique.

Et en espagnol :

Je salue avec affection les fidèles de langue espagnole. Je vous salue en particulier, frères évêques dEspagne, prêtres, religieux, religieuses, séminaristes et fidèles qui avez eu la joie de participer à la béatification dun groupe important de martyrs du siècle dernier dans votre Nation, ainsi que ceux qui suivent cette prière mariale à travers la radio et la télévision. Rendons grâce à Dieu pour le grand don de ces témoins héroïques de la foi qui, mus exclusivement par leur amour pour le Christ, ont payé de leur sang leur fidélité au Christ et à son Eglise. Par leur témoignage ils éclairent notre chemin spirituel vers la sainteté et nous encouragent à offrir nos vies comme offrande damour à Dieu et à nos frères. Dans le même temps, par leurs paroles et leurs gestes de pardon envers leurs persécuteurs, ils nous encouragent à travailler sans relâche pour la miséricorde, la réconciliation et la coexistence pacifique. Je vous invite de tout cœur à renforcer chaque jour davantage la communion ecclésiale, à être des témoins fidèles de lEvangile dans le monde, en vivant la joie d’être des membres vivants de lEglise, véritable épouse du Christ. Demandons aux nouveaux bienheureux, par lintermédiaire de la Vierge Marie, reine des martyrs, dintercéder pour lEglise en Espagne et dans le monde ; que la fécondité de leur martyre produise dabondants fruits de vie chrétienne parmi les fidèles et dans les familles ; que leur sang versé soit semence de nombreuses et saintes vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires. Que Dieu vous bénisse !

bonne nuit

29 octobre, 2007

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. yellowrose2

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Le sabbat devient le premier jour de la création nouvelle

29 octobre, 2007

Homélie attribuée à Eusèbe d’Alexandrie (fin du 5ème siècle)
Sermons sur le dimanche, 16, 1-2 ; PG 86, 416-421 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 250)

Le sabbat devient le premier jour de la création nouvelle

La semaine comporte évidemment sept jours : Dieu nous en a donné six pour travailler, et il nous en a donné un pour prier, nous reposer et nous libérer de nos péchés… Je vais t’exposer les raisons pour lesquelles la tradition de garder le dimanche et de nous abstenir de travailler nous a été transmise. Lorsque le Seigneur a confié le sacrement aux disciples, « il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : ‘ Prenez, mangez : ceci est mon corps, rompu pour vous en rémission des péchés ‘. De même, il leur donna la coupe en disant : ‘ Buvez-en tous : ceci est mon sang, le sang de l’Alliance Nouvelle, répandu pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Faites cela en mémoire de moi ‘ » (Mt 26,26s;1Co 11,24).

Le jour saint du dimanche est donc celui où l’on fait mémoire du Seigneur. C’est pourquoi on l’a appelé « le jour du Seigneur ». Et il est comme le seigneur des jours. En effet, avant la Passion du Seigneur, il n’était pas appelé « jour du Seigneur » mais « premier jour ». En ce jour, le Seigneur a établi le fondement de la résurrection, c’est-à-dire qu’il a entrepris la création ; en ce jour, il a donné au monde les prémices de la résurrection ; en ce jour, comme nous l’avons dit, il a ordonné de célébrer les saints mystères. Ce jour a donc été pour nous le commencement de toute grâce : commencement de la création du monde, commencement de la résurrection, commencement de la semaine. Ce jour, qui renferme en lui-même trois commencements, préfigure la primauté de la sainte Trinité.

San Simone e Giuda apostoli

28 octobre, 2007

San Simone e Giuda apostoli dans images sacrée

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AUJOURD’HUI (28.10.07) :SAINT SIMON ET SAINT JUDE, APÔTRES

28 octobre, 2007

AUJOURD’HUI :SAINT SIMON ET SAINT JUDE, APÔTRES,

du site:

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/160.htm

 

Simon signifie obéissant ou triste. Il eut deux surnoms, car on l’appela Simon le Zélé, et Simon le Cananéen, de Cana, bourg de la Galilée, où le Seigneur changea l’eau en vin. En outre Zélé et Cananéen sont tout un, puisque Cana signifie zèle. Or, saint Simon posséda l’obéissance en accomplissant les préceptes; la tristesse en compatissant aux affligés; le zèle en travaillant constamment avec ardeur au salut des âmes. Jude veut dire confessant ou glorieux : ou bien il vient de (224) donnant jubilation. En effet, il confessa la foi, il posséda la gloire du royaume et la jubilation de la joie intérieure. Il eut beaucoup de surnoms : car il fut appelé Judas, frère de Jacques, comme frère de saint Jacques le Mineur; 2° il fut appelé Thaddée, qui veut dire s’emparant du prince, ou bien Thaddée vient de Thadea et Deus. Thadea signifie vêtement royal. Il fut le vêtement royal de Dieu par les vertus qui l’ont orné et par où il a pris le prince J.-C.; ou Thaddée vient de Quasi tam Deus, c’est-à-dire grand comme Dieu, par son adoption ; 3° dans l’Histoire ecclésiastique, il est nommé Leben, qui veut dire coeur, ou petit coeur, c’est-à-dire qui orne son coeur, ou bien Lebens, comme on dirait Lebes, bassin ; coeur par sa magnanimité; petit cœur par sa pureté; bassin par: sa plénitude de grâces, puisqu’il a mérité d’être comme une chaudière, un vase de vertus et de grâces. Leur passion et leur légende furent écrites en hébreu par Abdias, évêque de Babylone, qui avait reçu l’épiscopat des mains des apôtres eux-mêmes. Throphée, disciple d’Abdias, les traduisit en grec, et Africanus en latin.

Simon de Cana et Jude Thaddée étaient les frères de saint Jacques le mineur, et fils de Marie Cléophé qui fut mariée à Alphée. Jude fut envoyé à Abgare, roi d’Edesse, par saint Thomas, après lascension du Seigneur. On lit en effet dans lHistoire ecclésiastique * que cet Abgare adressa une lettre ainsi conçue à N.S. J.-C. : « Abgare, roi, fils d’Euchassias, à Jésus, le bon Sauveur, qui a apparu dans le pays de Jérusalem, salut : J’ai entendu parler de vous et des guérisons que vous faites, sans employer ni médicaments, ni herbes : d’un mot vous faites voir les aveugles, marcher droit les boiteux, les lépreux sont purifiés et les morts reviennent à la vie. Ayant entendu raconter de * Eusèbe, l. I, c. XIII.

225

vous toutes ces merveilles, je pense de deux choses lune, ou que vous êtes Dieu et que vous êtes descendu du ciel afin d’opérer ces prodiges, ou que vous êtes le fils de Dieu, si vous agissez ainsi. C’est pourquoi je vous écris pour vous prier de prendre la peine de venir me voir et me guérir d’une douleur qui me tourmente depuis longtemps. J’ai su encore que les Juifs murmurent contre vous et veulent vous faire un mauvais parti, venez donc chez moi; j’ai une ville petite, il est vrai, mais convenable, qui peut suffire à deux personnes. » N.-S. J.-C. lui répondit en ces termes « Vous êtes bienheureux d’avoir cru en moi, sans mavoir vu ; car il est écrit de moi que ceux qui ne me voient pas, croiront, et que ceux qui me voient, ne croiront point. Quant à ce que vous mavez écrit d’aller chez vous, il faut que s’accomplissent toutes les choses pour lesquelles j’ai été envoyé, et ensuite que je sois reçu de celui qui ma envoyé. Après mon ascension, je vous enverrai un de mes disciples pour vous guérir, et vous vivifier. » Alors Abgare comprenant qu’il ne pouvait pas voir J.-C. en personne, envoya (c’est ainsi qu’on le trouve dans une histoire antique, d’après le témoignage de Jean Damascène, l. IV) un peintre à Jésus pour faire son portrait afin devoir au moins dans son image celui qu’il ne pouvait voir en personne. Mais quand le peintre était auprès de Jésus, il ne pouvait voir distinctement sa face, ni tenir les yeux fixés sur lui, à cause de l’éclat extraordinaire qui partait de sa tête, de sorte qu’il ne put le peindre comme il en avait reçu lordre. Le Seigneur, voyant cela, prit un vêtement qui servait de linge au peintre (226), et le mettant sur sa figure, il y imprima ses traits et lenvoya au roi Abgare qui le désirait. Or, tel était le portrait du Seigneur d’après cette histoire antique, toujours selon le témoignage de Jean de Damas : Il avait de beaux yeux, des sourcils épais, la figure longue et légèrement penchée, ce qui est un signe de maturité.Or, cette lettre de Notre-Seigneur J.-C. a, dit-on, une telle vertu, que dans cette ville d’Edesse aucun h

érétique ni aucun païen n’y saurait vivre, et un tyran quelconque n’oserait y faire mal à personne *. En effet, s’il arrive qu’une nation vienne attaquer cette ville à main armée, un enfant, debout au haut de la porte, lit cette lettre et le même jour, les ennemis, soit qu’ils aient peur, prennent la fuite, soit qu’ils veulent la paix, entrent en composition avec les citoyens ; c’est ce qu’on rapporte être autrefois arrivé : mais dans la suite la ville fut prise et profanée par les Sarrasins ; elle avait perdu son privilège en raison des péchés innombrables qui s’étaient commis publiquement dans tout lOrient. Quand Notre-Seigneur fut monté au ciel (ainsi le lit-on dans lHistoire ecclésiastique, l. I, c. XIII), lapôtre saint Thomas envoya Thaddée, autrement dit Jade, au roi Abgare, pour accomplir la promesse de Dieu. Arrivé auprès d’Abgare, après qu’il lui eut déclaré être le disciple à lui promis par Jésus, le roi vit dans le visage de Thaddée une splendeur admirable et divine. A cette vue, stupéfait et effrayé, il adora le Seigneur en disant : « Vraiment vous êtes le disciple* Ordéric Vital, l. II.

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de Jésus, fils de Dieu, qui ma écrit: «Je vous enverrai quelqu’un de mes disciples pour vous guérir et vous donner la vie. » Thaddée lui dit : « Si vous croyez au Fils de Dieu, vous obtiendrez dit ce que votre cœur désire. » Abgare répondit : « Je crois de vrai, et les Juifs qui lont crucifié je les égorgerais volontiers, si j’en avais le pouvoir et si lautorité des Romains n’était pour moi un obstacle insurmontable. » Or, comme Abgare était lépreux, lit-on en quelques livres, Thaddée prit la lettre du Sauveur en frotta la face du roi et aussitôt il recouvra la santé la plus parfaite. Par la suite, Jude, prêcha dans, la Mésopotamie et dans le Pont, et Simon en Egypte. Ensuite, ils vinrent tous les deux en Perse où ils rencontrèrent deux magiciens, Laroës et Arphaxat, que saint Mathieu avait chassés de lEthiopie. A cette époque, Baradach, général du roi de Babylone, avant de partir pour combattre les Indiens, ne pouvait obtenir aucune réponse de. ses dieux : mais en allant au temple d’une ville voisine, on apprit que larrivée des apôtres ! était la cause pour laquelle les dieux ne pouvaient répondre. Alors le général les fit chercher et quand il les eut trouvés, il leur demanda qui ils étaient et ce qu’ils étaient venus faire. Les apôtres répondirent: « Si c’est notre nation que vous voulez connaître, nous sommes hébreux; si c’est notre condition, nous déclarons être les serviteurs da Christ; si vous voulez savoir le motif de notre venue, c’est pour vous sauver. » Le général leur répartit : « Quand je serai revenu vainqueur, je vous entendrai. » Les apôtres lui dirent : « Il y aurait pour vous bien plus d’avantage à connaître celui qui peut ou vous faire (228) remporter la victoire ou du moins disposer les rebelles à la paix. » Le général leur répondit: « Je vois que vous êtes plus puissants que nos dieux ; annoncez-nous donc d’avance, je vous prie, lissue de la guerre. » Les apôtres lui dirent : « Afin que vous sachiez que vos dieux sont des menteurs, nous leur ordonnons de répondre à vos demandes et, en disant ce qu’ils ignorent, nous allons vous prouver qu’ils ont menti en tout point. » Alors les prêtres des idoles prédirent une grande bataille dans laquelle beaucoup de monde serait massacré de part et d’autre. Les apôtres se mirent alors à rire, et le général leur dit : « Moi, je suis saisi de crainte, et vous, vous riez? » Les apôtres répondirent : « Ne craignez rien, car la paix est entrée ici avec nous, et demain, à la troisième heure, les ambassadeurs des Indiens viendront vous trouver, faire leur soumission et implorer la paix. » Alors les prêtres se mirent à éclater de rire aussi, en disant au général: « Ces gens-là veulent vous inspirer de la sécurité, afin que ne vous tenant pas sur vos gardes, vous soyez défait par nos ennemis. » Les apôtres reprirent : « Nous ne vous avons pas dit : attendez un mois, mais un jour, et demain vous serez vainqueur et vous aurez la paix. » Alors le général les fit garder tous les deux, afin de leur rendre hommage, s’ils avaient dit la vérité sur ce qui devait échoir, ou bien de les punir pour leur mensonge criminel. Le lendemain donc, ce que les apôtres avaient prédit, s’étant réalisé, et le général ayant voulu faire brûler les prêtres, il en fut empêché par les apôtres qui avaient été envoyés non pour tuer les vivants, mais pour ressusciter les morts.

229

Alors le général, plein d’admiration de ce qu’ils n’avaient pas laissé tuer les prêtres des idoles et de ce qu’ils ne voulaient accepter rien de leurs richesses, les conduisit au roi: « Prince, lui dit-il, voici des dieux cachés sous des figures d’hommes ! » et après lui avoir raconté,. en présence des magiciens, tout ce qui s’était passé, ceux-ci, excités par lenvie, dirent que c’étaient des gens rusés et qu’ils méditaient de mauvais projets contre l’État. Le général leur dit : « Si vous losez, luttez avec eux. » Les magiciens lui dirent: « Si tu veux voir qu’ils ne pourront parler en notre présence, qu’on amène ici les hommes les plus éloquents, et si, devant nous, ils osent ouvrir la bouche, vous aurez la preuve que nous ne sommes propres à rien. » Un grand nombre d’avocats ayant été amenés, à linstant, ils devinrent muets en présence des mages, au point qu’ils ne pouvaient pas même manifester par des signes qu’ils étaient incapables de parler. Et les magiciens dirent au roi : « Afin que tu saches que nous sommes des dieux, nous allons leur permettre de parler, mais ils ne pourront se promener; puis nous leur rendrons la faculté de marcher, mais nous ferons qu’ils ne voient pas, bien qu’ayant les yeux ouverts. » Quand tout cela eut été exécuté, le général mena les avocats honteux et confus aux apôtres: mais les avocats ayant vit que ceux-ci étaient vêtus grossièrement, ils les méprisèrent intérieurement. Simon leur dit : « Souvent il arrive que dans des écrins d’or et semés de pierreries se trouvent renfermés des objets sans valeur, et que dans les plus viles bottes de bois soient rangés des colliers de perles d’un grand prix. Or, qui (230) désire devenir le propriétaire d’une chose, fait moins d’attention au contenant qu’au contenu. Promettez-nous donc d’abandonner le culte des idoles et d’adorer le Dieu invisible; de notre côté, nous ferons le signe de la croix sur vos fronts et vous pourrez confondre les magiciens. » Après en avoir fait la promesse et avoir été signés au front, les avocats retournèrent de nouveau chez le roi, auprès duquel se trouvaient encore les magiciens, qui n’eurent plus le moindre empire sur eux; et ils s’en moquèrent devant tout le monde; alors les magiciens irrités firent venir beaucoup de serpents. Aussitôt le roi donna ordre de faire venir les apôtres qui remplirent leurs manteaux des serpents et les jetèrent sur les magiciens en disant : « Au nom du Seigneur, vous ne mourrez point, mais vous serez déchirés par les serpents et vous pousserez des cris de douleur qui ressembleront à des mugissements. »

Et comme les serpents leur rongeaient les chairs, et que ces malheureux hurlaient comme des loups, le roi et les autres priaient les apôtres de laisser tuer les magiciens par les serpents. Les apôtres leur répondirent : « Nous avons été envoyés pour ramener de la mort à la vie, mais non pour précipiter de la vie dans la mort. » Et, après avoir fait une prière, ils ordonnèrent aux serpents de reprendre tout le poison qu’ils avaient injecté, et ensuite de retourner dans leur repaire. Or, les douleurs supportées par les magiciens, au moment où les serpents reprirent leur poison, furent plus vives que celles qu’ils avaient ressenties quand leurs chairs étaient dévorées. Les apôtres leur (231) dirent : « Pendant trois jours, vous ressentirez de la douleur; mais, le troisième jour, vous serez guéris, afin que vous renonciez alors à votre malice. » Trois jours s’étant écoulés, sans que les magiciens pussent ni manger, ni boire, ni dormir, tant leurs souffrances étaient grandes, les apôtres vinrent les trouver et leur dirent : « Le Seigneur n’agrée pas qu’on le serve par force; levez-vous donc, soyez guéris, et allez avec la faculté de faire librement ce que vous voulez. » Ils persistèrent dans leur malice, et s’enfuirent loin des apôtres, contre lesquels ils ameutèrent Babylone presque tout entière. Après, quoi, la fille d’un général conçut par fornication, et en mettant un fils au monde, elle accusa un saint diacre de lui avoir fait violence, en disant qu’elle avait conçu de son fait. Or, comme les parents voulaient tuer le diacre, les apôtres arrivent et s’informent de l’époque de la naissance de lenfant. On leur répondit: « Aujourd’hui même, à la première heure du jour. » Alors, les apôtres dirent : « Apportez lenfant, et faites venir aussi le diacre que vous accusez. » Quand cela fut fait, les apôtres dirent à lenfant : « Dis, enfant, au nom du Seigneur, si ce diacre a eu pareille audace.» A cela, lenfant reprit : « Ce diacre est chaste et saint; jamais il n’a souillé sa chair. » Or, comme les parents de la jeune fille insistaient pour que les apôtres demandassent quel avait été lauteur du crime, ceux-ci répondirent : « Notre devoir est de délivrer les innocents, mais non de perdre les coupables. » A la même époque, deux tigres très féroces, renfermés chacun dans une fosse, s’échappèrent et dévorèrent tous ceux (232) qu’ils rencontraient. Les apôtres vinrent à eux et, au nom du Seigneur, ils les rendirent doux comme des agneaux. Les apôtres voulurent s’en aller, mais, sur la prière qu’on leur en fit, ils restèrent encore un an et trois mois ; dans cet intervalle, plus de soixante mille hommes, sans compter les petits enfants, furent baptisés avec le roi et les princes.

Les magiciens dont on vient de parler vinrent à une ville nommée Suanir, où se trouvaient 70 prêtres des idoles qu’ils animèrent contre les apôtres, afin qu’à leur arrivée en ce pays, on les forçât à sacrifier ou qu’on les exterminât. Lors donc que les apôtres eurent parcouru toute la province et qu’ils furent parvenus jusqu’à cette ville, les prêtres et tout le peuple se saisissent d’eux et les conduisent au temple du Soleil, Les démons se mirent alors à crier, par lorgane des énergumènes : « Qu’y a-t-il entre vous et nous, apôtres du Dieu vivant ? Voici qu’à votre entrée, nous sommes brûlés par les flammes. » L’ange du Seigneur apparut dans le même moment aux apôtres, et leur dit : « Choisissez de deux choses lune, ou bien que ces gens meurent à linstant, ou bien que vous soyez martyrs. » Les apôtres répondirent : « Il faut adorer la miséricorde de Dieu, afin qu’elle les convertisse et qu’elle nous conduise à la palme du martyre. » Après avoir imposé silence, les apôtres dirent : « Pour vous convaincre que ces idoles sont pleines de démons, voyez, nous leur commandons de sortir et de briser chacun sa statue. » Aussitôt, deux Ethiopiens, noirs et nus, sortirent, au grand effroi de tout le monde, des statues et, après les avoir brisées, se retirèrent en (233) poussant des cris horribles. A cette vue, les prêtres se jetèrent sur les apôtres et les égorgèrent tout aussitôt. Or,. à linstant même, quoique le ciel fût fort serein; il se fit entendre des coups de tonnerre si violents, que le temple se fendit, en trois endroits, et que deux magiciens, frappés par la foudre, furent réduits en charbon. Le roi transporta les corps des apôtres dans sa ville, et fit élever en leur honneur une église d’une magnificence admirable. Quant à saint Simon, on trouve en plusieurs. endroits qu’il fut attaché à une croix, fait attesté par Isidore, dans son Livre sur la mort des Apôtres ; par Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique; par Bède, dans son Commentaire sur les actes des Apôtres, et par maître Jean Beleth, dans sa Somme. Ils prétendent qu’après avoir prêché en Égypte , il revint à Jérusalem, et quand saint Jacques le Mineur fut mort, il fut choisi d’une voix unanime par les apôtres, pour être évêque de cette ville; avant son décès, on raconte qu’il ressuscita trente morts. Aussi chante-t-on dans son office : « Il rendit la vie à trente personnes englouties ans les flots. » Après avoir gouverné l’église de Jérusalem de longues années, et être parvenu à l’âge de 120 ans, du temps de lempereur Trajan, Atticus, qui exerçait les fonctions de consul à Jérusalem, le fit prendre et accabler d’outrages. En dernier lieu, il le fit attacher à une croix, tout le monde et le juge admirant qu’un vieillard de 120 ans subît le supplice de la croix. Cependant quelques-uns disent, et cela est exact, que ce ne fut pas lapôtre Simon qui souffrit le martyre de la croix et fut évêque de Jérusalem, mais que ce fut un autre (234) Simon, fils de Cléophé, frère de Joseph ; fait attesté par Eusèbe, évêque de Césarée, dans sa chronique. Isidore et Bède le disent aussi en leurs chroniques ; car Isidore et Eusèbe rétractèrent, dans la suite, ce qu’ils avaient avancé d’abord ; ceci se prouve par lautorité de Bède, qui se reproche dans ses rétractations d’avoir partagé ce sentiment. Usuard atteste la même chose aussi dans son Martyrologe.

Une méditation pour aujourd’hui dimanche 28 octobre 2007

28 octobre, 2007

 du site:

 mq_catholiq@medit.catholique.org

Une méditation pour aujourd’hui dimanche 28 octobre 2007

Saint Luc 18

La prière est la vie du cœur nouveau

Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. Lun était pharisien, et lautre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. Le publicain, lui, se tenait à distance et nosait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! Quand ce dernier rentra chez lui, cest lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas lautre. Qui s’élève sera abaissé ; qui sabaisse sera élevé. »

Prière dintroduction Seigneur Jésus, je crois en toi. Je crois que tu mas créé et racheté de mes fautes. Je crois que tu mas donné tout ce qui est bon dans ma vie, ma foi, mon éducation, et que tu es la source de toute bonté en moi. Je viens à toi aujourdhui dans la prière pour remettre ma vie devant toi. Souvent je me demande si je sais vraiment prier, si ma prière porte des fruits. Face à ma pauvreté, je te présente la seule chose que je puisse toffrir sans crainte : mon humilité devant ta majesté.

Demande Seigneur, accorde-moi un coeur humble et contrit capable dune vraie prière.

Points de réflexion

1. La prière est l’élévation de l’âme vers Dieu. Par lintermédiaire des prophètes, Dieu a dit à son peuple quil ne veut ni sacrifices, ni holocaustes. Depuis toujours et partout, lhomme cherche à exprimer sa recherche de Dieu par des comportements religieux tels que la prière et les sacrifices. Jésus enseigne à ses disciples le vrai culte, le culte de lesprit, parce que nous navons pas reçu un esprit de servitude, « mais vous avez reçu un Esprit dadoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! LEsprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rom 8, 15-16). Est-ce que je me reconnais comme enfant de Dieu, confiant que tout bien et toute consolation vient de lui ?

2. Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! Jésus nous enseigne que nous pouvons prier en vérité si nous nous reconnaissons pécheurs. Luc nous dit bien : « Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être justes… » Jésus affirme : « Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs » (Luc 5, 32) Il est allé plus loin en proclamant face aux Pharisiens que, le péché étant universel, ceux qui prétendent ne pas avoir besoin de salut saveuglent sur eux-mêmes. (Catéchisme no. 588) Est-ce que jai parfois tendance à reclamer des biens de Dieu comme un dû ?3. La

bonne prière. Le pharisien vient souvent au Temple. Cest un homme de prière et il est connu comme un homme de Dieu. Cependant, quels sont les fruits de sa vie de prière ? Sont-ils des fruits de la vigne du Christ ? La prière devrait produire en nous une transformation spirituelle. La charité, la miséricorde, la compassion, lhumilité, et le courage sont quelques-unes des vertus surnaturelles et naturelles que Jésus désire nous donner. Le Christ nous indique les dangers dune vie de prière enracinée non pas en Dieu mais en nous-mêmes – une vie de prière qui ne cherche pas la conversion mais plutôt lexaltation de soi-même. Quels sont les fruits de ma vie de prière ?

Dialogue avec le Christ Mon Seigneur et mon Dieu, accorde-moi la grâce dun coeur humble et contrit. Tu connais ma misère. Tu sais très bien combien de fois je tai offensé et combien de fois je me suis éloigné de Toi. Je ne peux pas prétendre que je suis sans péché. Je toffre ma vie de misère pour que tu la purifies et quelle devienne conforme à ta volonté. Je ne veux pas vivre en me contentant seulement d’éviter les fautes graves. Je désire une intime et profonde relation avec toi, fondée sur une humilité sincère.Résolution Je prendrai le temps cette semaine pour lire quelques paragraphes du Catéchisme sur la prière (no.2650- 2750).

Benoît XVI encourage « ses » étudiants à développer la « fraternité »

28 octobre, 2007

du site: 

http://www.zenit.org/article-16500?l=french

 

Benoît XVI encourage « ses » étudiants à développer la « fraternité »

Discours d’ouverture de l’année académique à Rome

ROME, Vendredi 26 octobre 2007 (ZENIT.org) Benoît XVI encourage « ses » étudiants à développer entre eux la « fraternité ».

Benoît XVI a adressé un discours aux étudiants des institutions pontificales d’enseignement supérieur de Rome, réunis dans la basilique vaticane au terme de la traditionnelle messe de rentrée académique, présidée par le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la congrégation pour l’Education catholique.

Benoît XVI a encouragé les étudiants à développer « un climat d’études et de fraternité » quil considère « nécessaire à un enrichissement commun » qui ne soit pas uniquement « culturel, scientifique ou doctrinal » mais également « spirituel ».

Les universités et les facultés ecclésiastiques sont « séculaires », rappelle le pape, et elles ont formé « des générations » entières dont des « saints » et « d’illustres serviteurs de l’Eglise ».

Le pape a évoqué le « programme » proposé par la constitution apostolique « Sapientia christiana », et en particulier « la nécessité d’envisager les questions nouvelles à la lumière de la Révélation », et de « présenter la vérité à l’homme d’aujourd’hui » en lien avec les différentes cultures.

Reprenant des paroles de Paul VI, le pape rappelle que la nouvelle évangélisation a, à la fois, besoins de « maîtres dans la foi » et de « témoins de l’Evangile » qui soient « bien préparés ».

« L’Eglise attend que cette nouvelle évangélisation répande partout le message évangélique, mais plus encore qu’elle le fasse pénétrer profondément dans la pensée, dans le jugement et le comportement des peuples », insiste Benoît XVI.

Pour le pape, cest « toute la culture contemporaine » que l’Evangile doit imprégner. 

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