Archive pour octobre, 2007

P. Cantalamessa : Seule la foi peut nous permettre d’atteindre Dieu

5 octobre, 2007

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 P. Cantalamessa : Seule la foi peut nous permettre d’atteindre Dieu 

Homélie du dimanche 7 octobre 

ROME, Vendredi 5 octobre 2007 (ZENIT.org)

 Nous publions ci-dessous le commentaire de l’Evangile du dimanche 7 octobre, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale. Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.
« Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.’
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir.’ »
© http://www.aelf.orgAugmente en nous la foiL’Evangile d’aujourd’hui s’ouvre sur une demande des apôtres à Jésus : « Augmente en nous la foi ! » Au lieu de satisfaire leur désir, Jésus semble vouloir l’accroître. Il dit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde… ». La foi est sans aucun doute le thème dominant de ce dimanche. Dans la première lecture on entend la célèbre affirmation de Habaquq reprise par saint Paul dans la Lettre aux Romains : « Le juste vivra par sa fidélité ». L’acclamation avant l’Evangile est également liée à ce thème : « Telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi » (1 Jn 5, 4).

La foi a des significations nuancées. Je voudrais aujourd’hui considérer la foi dans son acception la plus commune et la plus élémentaire : croire ou ne pas croire en Dieu. Non pas la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est catholique ou protestant, chrétien ou musulman, mais la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est croyant, ou non croyant, croyant ou athée. Un texte de l’Ecriture dit : « Celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (He 11, 6). C’est le premier degré de la foi, sans lequel on ne peut en gravir d’autres.

Pour parler de la foi à un niveau aussi universel on ne peut pas se baser uniquement sur la Bible car cela n’aurait de valeur que pour nous chrétiens et, en partie pour les juifs, mais pas pour les autres. Heureusement, Dieu a écrit deux « livres » : l’un est la Bible et l’autre, la création. L’un est composé de lettres et de mots, l’autre de choses. Il n’est pas donné à tout le monde de connaître, ou de pouvoir lire le livre des Ecritures ; mais tous, où qu’ils vivent et quelle que soit leur culture, peuvent lire le livre de la création. La nuit, peut-être encore mieux que le jour. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce… pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu’aux limites du monde » (Ps 19, 5). Paul affirme : « Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres » (Rm 1, 20).

Il est urgent de dissiper le malentendu très répandu selon lequel la science a désormais résolu le problème et expliqué le monde de manière exhaustive, sans qu’existe le besoin de recourir à l’idée d’un être extérieur, appelé Dieu. D’une certaine manière, la science nous rapproche aujourd’hui davantage de la foi en un créateur, que par le passé. Prenons la fameuse théorie qui explique l’origine de l’univers par le Big Bang, ou la grande explosion initiale. En un milliardième de milliardième de seconde, on passe d’une situation où il n’y a encore rien, ni espace ni temps, à une situation où le temps a commencé, où l’espace existe, et dans une particule infinitésimale de matière, il y a déjà, en puissance, l’univers de milliards de galaxies tel que nous le connaissons aujourd’hui.

A qui affirme : « Cela n’a pas de sens de se poser la question de ce qu’il y avait avant cet instant, car il n’existe pas un ‘avant’ puisque le temps n’existait pas encore », je réponds : « Comment peut-on ne pas se poser cette question ? ». « Remonter dans l’histoire du cosmos, affirme-t-on encore, c’est comme feuilleter les pages d’un livre immense en commençant par la fin. Arrivé au début, on s’aperçoit que c’est comme s’il manquait la première page ». Je crois que c’est précisément sur cette première page manquante que la révélation biblique a quelque chose à dire. On ne peut pas demander à la science de se prononcer sur cet « avant » qui est en dehors du temps, mais celle-ci ne devrait pas non plus fermer le cercle en faisant croire que tout est résolu.

On ne prétend pas « démontrer » l’existence de Dieu, dans le sens que nous donnons communément à ce terme. Ici bas, nous voyons comme dans un miroir ou à travers une énigme, dit saint Paul. Lorsqu’un rayon de lumière entre dans une pièce, ce que l’on voit n’est pas la lumière elle-même, mais la danse de la poussière qui reçoit et révèle la lumière. C’est ce qui se passe avec Dieu : nous ne le voyons pas directement mais nous voyons comme un reflet de Dieu, dans la danse des choses. Ceci explique pourquoi seul le « saut » de la foi peut nous permettre d’atteindre Dieu. 

Audience générale : saint Cyrille – Texte intégral

5 octobre, 2007

du site:

http://www.zenit.org/article-16320?l=french

 Audience générale : saint Cyrille 

Texte intégral 


ROME, Mercredi 3 octobre 2007 (
ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse donnée par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, ce mercredi, place Saint-Pierre. 

* * * 


Chers frères et sœurs!

Poursuivant notre itinéraire sur les traces des Pères de l’Eglise, nous rencontrons, aujourd’hui encore, une grande figure : saint Cyrille d’Alexandrie. Lié à la controverse christologique qui conduisit au Concile d’Ephèse de 431, et dernier représentant important de la tradition alexandrine, Cyrille fut plus tard défini, dans l’Orient grec, « gardien de l’exactitude », qu’il faut comprendre comme gardien de la vraie foi, et même « sceau des Pères ». Ces expressions antiques expriment un fait caractéristique de Cyrille : la référence constante de l’évêque d’Alexandrie aux auteurs ecclésiastiques précédents (parmi eux, Athanase en particulier), dans le but de montrer la continuité de sa théologie avec la tradition. Il s’insère volontairement, explicitement dans la tradition de l’Eglise, dans laquelle il reconnaît la garantie de la continuité avec les Apôtres et avec le Christ lui-même. Vénéré comme saint aussi bien en Orient qu’en Occident, saint Cyrille fut proclamé docteur de l’Eglise en 1882 par le pape Léon XIII, qui, dans le même temps, attribua ce titre également à un autre représentant important de la patristique grecque, saint Cyrille de Jérusalem. Ainsi, se révélaient l’attention et l’amour pour les traditions chrétiennes orientales de ce pape, qui voulut ensuite proclamer saint Jean Damascène Docteur de l’Eglise, montrant ainsi qu’aussi bien la tradition orientale, que la tradition occidentale, exprime la doctrine de l’unique Eglise du Christ.

On sait très peu de choses sur la vie de Cyrille avant son élection sur l’important siège d’Alexandrie. Neveu de Théophile, qui en tant qu’évêque dirigea d’une main ferme et avec prestige le diocèse alexandrin à partir de 385, Cyrille naquit probablement dans la même métropole égyptienne entre 370 et 380. Il fut très tôt dirigé vers la vie ecclésiastique et reçut une bonne éducation, tant culturelle que théologique. En 403, il se trouvait à Constantinople à la suite de son puissant oncle et il participa dans cette même ville au Synode appelé du « Chêne », qui déposa l’évêque de la ville, Jean (appelé plus tard Chrysostome), marquant ainsi le triomphe du siège alexandrin sur celui, traditionnellement rival, de Constantinople, où résidait l’empereur. A la mort de son oncle Théophile, Cyrille encore jeune fut élu évêque de l’influente Eglise d’Alexandrie en 412, qu’il gouverna avec une grande énergie pendant trente-deux ans, visant toujours à en affirmer le primat dans tout l’Orient, également fort des liens traditionnels avec Rome.

Deux ou trois ans plus tard, en 417 ou 418, l’évêque d’Alexandrie se montra réaliste en recomposant la rupture de la communion avec Constantinople, qui durait désormais depuis 406, suite à la déposition de Jean Chrysostome. Mais l’ancienne opposition avec le siège de Constantinople se ralluma une dizaine d’années plus tard, lorsqu’en 428 Nestorius y fut élu, un moine sévère et faisant autorité, de formation antiochienne. En effet, le nouvel évêque de Constantinople suscita très vite des oppositions, car dans sa prédication il préférait pour Marie le titre de « Mère du Christ » (Christotòkos), que celui – déjà très cher à la dévotion populaire – de « Mère de Dieu » (Theotòkos). Le motif de ce choix de l’évêque Nestorius était son adhésion à la christologie de type antiochien qui, pour préserver l’importance de l’humanité du Christ, finissait par en affirmer la division de la divinité. Et ainsi, l’union entre Dieu et l’homme dans le Christ n’était plus vraie, et, naturellement, on ne pouvait plus parler de « Mère de Dieu ».

La réaction de Cyrille – alors le plus grand représentant de la christologie alexandrine, qui entendait en revanche profondément souligner l’unité de la personne du Christ – fut presque immédiate, et se manifesta par tous les moyens, déjà à partir de 429, s’adressant également dans quelques lettres à Nestorius lui-même. Dans la deuxième (PG 77, 44-49) que Cyrille lui adressa, en février 430, nous lisons une claire affirmation du devoir des Pasteurs de préserver la foi du Peuple de Dieu. Tel était son critère, par ailleurs encore valable aujourd’hui : la foi du Peuple de Dieu est l’expression de la tradition, elle est la garantie de la saine doctrine. Il écrit ainsi à Nestorius : « Il faut exposer au peuple l’enseignement et l’interprétation de la foi de la manière la plus irrépréhensible, et rappeler que celui qui scandalise ne serait-ce qu’un seul des petits qui croient dans le Christ subira un châtiment intolérable ».

Dans cette même lettre à Nestorius – une lettre qui plus tard, en 451, devait être approuvée par le Concile de Chalcédoine, le quatrième Concile œcuménique – Cyrille décrit avec clarté sa foi christologique : « Nous affirmons ainsi que les natures qui se sont unies dans une véritable unité sont différentes, mais de ces deux natures n’a résulté qu’un seul Christ et Fils ; non parce qu’en raison de l’unité la différence des natures ait été éliminée, mais plutôt parce que divinité et humanité, réunies en une union indicible et inénarrable, ont produit pour nous le seul Seigneur et Christ et Fils ». Et cela est important : la véritable humanité et la véritable divinité s’unissent réellement en une seule Personne, Notre Seigneur Jésus Christ. C’est pourquoi, poursuit l’évêque d’Alexandrie, « nous professerons un seul Christ et Seigneur, non dans le sens où nous adorons l’homme avec le Logos, pour ne pas insinuer l’idée de la séparation lorsque nous disons “avec”, mais dans le sens où nous adorons un seul et le même, car son corps n’est pas étranger au Logos, le corps avec lequel il s’assied également aux côtés de son Père, non comme si deux fils s’asseyaient à côté de lui, mais bien un seul uni avec sa propre chair ».

Très vite l’évêque d’Alexandrie, grâce à de sages alliances, obtint que Nestorius soit condamné à plusieurs reprises : par le siège romain, puis par une série de douze anathèmes qu’il composa lui-même et, enfin, par le Concile qui se tint à Ephèse en 431, le troisième concile œcuménique. L’assemblée, qui connut des épisodes tumultueux et une alternance de moments favorables et de moments difficiles, se conclut par le premier grand triomphe de la dévotion à Marie et avec l’exil de l’évêque de Constantinople, qui ne voulait pas reconnaître à la Vierge le titre de « Mère de Dieu », à cause d’une christologie erronée, qui apportait une division dans le Christ lui-même. Après avoir ainsi prévalu sur son rival et sur sa doctrine, Cyrille sut cependant parvenir, dès 433, à une formule théologique de compromis et de réconciliation avec les Antiochiens. Et cela aussi est significatif : d’une part, il y a la clarté de la doctrine de la foi, mais de l’autre, également la recherche intense de l’unité et de la réconciliation. Au cours des années suivantes, il se consacra de toutes les façons possibles à défendre et à éclaircir sa position théologique jusqu’à sa mort, qui survint le 27 juin 444.

Les écrits de Cyrille – vraiment très nombreux et largement publiés également dans diverses traductions latines et orientales déjà de son vivant, témoignant de leur succès immédiat – sont d’une importance primordiale pour l’histoire du christianisme. Ses commentaires de nombreux livres vétérotestamentaires et du Nouveau Testament, parmi lesquels tout le Pentateuque, Isaïe, les Psaumes et les Evangiles de Jean et de Luc, sont importants. Ses nombreuses œuvres doctrinales sont également notables. Dans celles-ci revient la défense de la foi trinitaire contre les thèses ariennes et contre celles de Nestorius. La base de l’enseignement de Cyrille est la tradition ecclésiastique, et en particulier, comme je l’ai mentionné, les écrits d’Athanase, son grand prédécesseur sur le siège alexandrin. Parmi les autres écrits de Cyrille, il faut enfin rappeler les livres Contre Julien, dernière grande réponse aux polémiques antichrétiennes, dictée par l’évêque d’Alexandrie probablement au cours des dernières années de sa vie, pour répondre à l’œuvre Contre les Galiléens écrite de nombreuses années auparavant, en 363, par l’empereur qui fut qualifié d’Apostat pour avoir abandonné le christianisme dans lequel il avait été éduqué.

La foi chrétienne est tout d’abord une rencontre avec Jésus, « une Personne qui donne à la vie un nouvel horizon » (Enc. Deus caritas est, n. 1). Saint Cyrille d’Alexandrie a été un témoin inlassable et ferme de Jésus Christ, Verbe de Dieu incarné, soulignant en particulier son unité, comme il le répète en 433 dans la première lettre (PG 77, 228-237) à l’évêque Succenso : « Un seul est le Fils, un seul le Seigneur Jésus Christ, que ce soit avant l’incarnation ou après l’incarnation. En effet, le Logos né de Dieu le Père n’était pas un fils, et celui né de la sainte Vierge un autre fils ; mais nous croyons que précisément Celui qui existe depuis toute éternité est né également selon la chair d’une femme ». Cette affirmation, au-delà de sa signification doctrinale, montre que la foi en Jésus Logos né du Père est également bien enracinée dans l’histoire, car, comme l’affirme saint Cyrille, ce même Jésus est venu dans le temps avec la naissance de Marie, la Theotòkos, et il sera, selon sa promesse, toujours avec nous. Et cela est important : Dieu est éternel, il est né d’une femme, et il reste avec nous chaque jour. Nous vivons dans cette certitude, en elle nous trouvons le chemin de notre vie.

Voici le résumé de la catéchèse, en français, lu par le pape

Chers Frères et Sœurs,

Dans notre itinéraire à la rencontre des Pères de l’Église, nous avons aujourd’hui la grande figure de saint Cyrille d’Alexandrie qui fut proclamé docteur de l’Église par le pape Léon XIII. Son nom est étroitement lié à la controverse théologique aboutissant, en 431, à la définition qui, au concile d’Éphèse, a donné à la Vierge Marie le titre de Theotokos, « Mère de Dieu ».

Neveu de Théophile, évêque d’Alexandrie, il prendra en 412 sa succession alors qu’il est encore jeune. Pendant 32 ans, il présidera avec une grande énergie l’Église qui lui est confiée.

Bien qu’ayant œuvré à la restauration de la communion avec le siège de Constantinople, mise à mal par la déposition de Jean Chrysostome en 403, il entre dans un vigoureux affrontement théologique avec Nestorius, élu sur ce siège en 428, dont les positions tendaient à nier l’union des natures divine et humaine dans l’unique personne du Christ. Cyrille réagit fortement en soulignant que c’est bien l’unique Logos qui est né avant tous les siècles et qui est aussi né, selon la chair, de la Vierge Marie. Pour préserver la foi du Peuple de Dieu, il demanda et obtint la déposition de son adversaire.

Par ailleurs, saint Cyrille a laissé une œuvre abondante et riche, composée du commentaire de nombreux livres bibliques, d’écrits doctrinaux et de textes apologétiques.

Je souhaite la bienvenue aux pèlerins de langue française, et je salue en particulier les jeunes du Lycée Marmoutier de Tours ainsi que le groupe d’anciens mineurs de Falck en Moselle. À la suite de saint Cyrille, je vous invite tous à vivre la foi comme une rencontre avec la personne de Jésus. Avec ma Bénédiction apostolique. 

bonne nuit

5 octobre, 2007

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. chardonneret

Camelia japonica ‘Chardonneret’
http://www.bamboudubois.be/albumcamelia.htm

« Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette »

5 octobre, 2007

Concile Vatican II
Constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes », §40, 46 (trad. bréviaire)

« Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette »

Née de l’amour du Père éternel, fondée dans le temps par le Christ Rédempteur, rassemblée dans l’Esprit Saint, l’Eglise poursuit une fin salvifique et eschatologique qui ne peut être pleinement atteinte que dans le monde à venir. Mais, dès maintenant présente sur cette terre, elle se compose d’hommes, de membres de la cité terrestre, qui ont pour vocation de former, au sein même de l’histoire humaine, la famille des enfants de Dieu, qui doit croître sans cesse jusqu’à la venue du Seigneur… A la fois « assemblée visible et communauté spirituelle » (Lumen Gentium 8), l’Eglise fait ainsi route avec toute l’humanité et partage le sort terrestre du monde ; elle est comme le ferment et, pour ainsi dire l’âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu…

La compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste ne peut être perçue que par la foi ; elle demeure même comme le mystère de l’histoire humaine, perturbée par le péché jusqu’à la pleine révélation de la gloire des fils de Dieu. L’Église, en poursuivant sa fin propre, le salut, ne fait pas seulement que l’homme communie à la vie divine ; elle répand aussi sa lumière en la faisant rejaillir en quelque sorte sur le monde entier ; et cela surtout du fait qu’elle guérit et surélève la dignité de la personne humaine, qu’elle fortifie la cohésion de la société, et qu’elle donne à l’activité quotidienne des hommes une orientation et une signification plus profondes. C’est ainsi, l’Église le croit, que, par chacun de ses membres comme par toute la communauté qu’elle constitue, elle peut beaucoup contribuer à humaniser davantage la famille des hommes et son histoire…

L’Église, tandis qu’elle aide le monde et reçoit beaucoup de lui, tend à un seul but : que vienne le règne de Dieu et que s’établisse le salut de l’humanité. Tout le bien que le peuple de Dieu, au temps de son pèlerinage terrestre, peut procurer à la famille humaine, découle de ce fait que l’Église est « le sacrement universel du salut », elle qui manifeste et réalise en même temps le mystère de l’amour de Dieu envers l’homme.

Saint François devant le sultan

4 octobre, 2007

Saint François devant le sultan dans images sacrée

http://santiebeati.it/immagini/?mode=view&album=21750&pic=21750AE.JPG&dispsize=Original&start=0

L’INVENTION DE LA SAINTE CROIX

4 octobre, 2007

du site: 

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/069.htm

L’INVENTION DE LA SAINTE CROIX

Cette fête est appelée l’Invention de la Sainte Croix, parce qu’on rapporte que la sainte croix fut trouvée à pareil jour. Mais auparavant, elle avait été trouvée par Seth, fils d’Adam, dans le paradis. terrestre, comme il est raconté plus bas; par Salomon, sur le Liban ; par la reine de Saba, dans le temple, de Salomon ; par les Juifs, dans l’eau de la piscine ; et en ce Jour par sainte Hélène, sur le mont du Calvaire.

L’Invention de la Sainte Croix eut lieu plus de deux cents ans après la résurrection de J.-C. On lit dans l’évangile de Nicodème (ch. XIX) qu’Adam étant devenu malade, Seth, son fils, alla à la porte du paradis et demanda de lhuile du bois de la miséricorde pour oindre le corps de son père afin qu’il recouvrât la santé. L’archange Michel lui apparut et lui dit : « Ne pleure pas et ne te mets point en peine d’obtenir de lhuile du bois de la miséricorde, car il te sera absolument impossible d’en obtenir, avant que cinq mille cinq cents ans soient révolus. Cependant on croit, que d’Adam jusqu’à la passion du Seigneur il s’écoula seulement 5099 ans. On lit encore ailleurs que lange lui offrit un, petit rameau et lui ordonna de le planter sur le mont Liban. Mais ou lit, dans une histoire apocryphe des Grecs, que lange lui donna du bois de larbre par le fruit duquel Adam avait péché, en linformant que sole père serait guéri. quand ce bois porterait du fruit. A son retour, Seth trouva son père mort et il planta ce rameau sur sa tombe. Cette branche plantée devint en croissant un grand arbre qui subsista jusqu’au, temps de Salomon. (Mais il faut laisser au lecteur à juger si ces choses sont vraies, puisqu’on n’en fait mention dans aucune chronique, ni dans aucune histoire authentique.) Or, Salomon considérant la beauté de cet arbre le fit couper et mettre dans la maison du Bois *.* Au IIIe livre des Rois, ch. VII, il est question de cette maison qui. fut construite par Salomon. Elle reçut le nom de maison du Bois, saltus, à cause de la quantité de cèdres qui entra dans sa construction.

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Cependant, ainsi que le dit Jean Beleth. (ch. CLI), On ne pouvait le mettre nulle part, et il n’y avait pas moyen de lui trouver un endroit où il pût être employé convenablement : car il était tantôt trop long, tantôt trop court : si on lavait raccourci dans les proportions qu’exigeait la place où on le voulait employer, il paraissait si court qu’on ne le regardait plus comme bon à rien. En conséquence, les ouvriers, de dépit, le rejetèrent et le mirent sur une pièce d’eau pour qu’il servît de pont aux passants. Or, quand la reine de Saba vint entendre la Sagesse de Salomon, et voulut passer sur cette pièce, elle vit en esprit que le Sauveur du monde devait être suspendu à ce bois, et pour cela elle ne voulut point passer dessus, mais aussitôt elle ladora. Cependant dans lHistoire scholastique (liv. III Rois, c. XXVI), on lit que la reine de Saba vit cette pièce dans la maison du Bois, et en revenant à son palais elle communiqua à Salomon que sur ce bois devait être suspendu celui dont la mort devrait être la cause de la destruction du royaume des Juifs. C’est pourquoi Salomon le fit ôter du lieu où il était, et enterrer dans les entrailles les plus profondes de la terre. Dans la suite on y établit la Piscine Probatique où les Nathinéens * lavaient les victimes, et ce n’est pas seulement à la descente de lange, mais* C’

étaient des Gabaonites qui étaient attachés au service du temple depuis Josué. Cf. Paralipomènes, IX, 2; Sigonius, De Repub. Hebraeor., liv. IX, ch. VII.

encore à la vertu de ce. bois que lon attribue que leau en était troublée et que les infirmes y étaient guéris. Or, quand approcha le temps de la passion de J.-C., on rapporte que cette pièce surnagea, et les Juifs, en la voyant, la prirent pour en fabriquer la croix du Seigneur. On dit encore que cette croix fut faite de quatre essences de bois, savoir de palmier, de cyprès, d’olivier et de cèdre. De là ce vers :

Ligna Crucis palma, cedrus, cupressus, oliva.

Car dans la croix, il y avait le bois qui servait de montant droit, la traverse,la tablette de dessus, et le tronc où était fixée la croix, ou bien, selon Grégoire de Tours*, la tablette qui servait de support, sous les pieds de J.-C. Par là on, peut voir que chacune des pièces pouvait être d’une de ces essences de bois dont on vient de parler. Or, lapôtre paraît avoir eu en vue ces différentes sortes de bois quand il dit : « Afin que vous puissiez comprendre avec tous. les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur » (Ep. aux Ephés., c. II, 18). Ces paroles sont expliquées comme il suit par lillustre docteur saint Augustin : « La largeur de la croix du Seigneur, dit-il, c’est la traverse, sur laquelle on a étendu ses mains sa longueur allait depuis la terre jusqu’à cette traverse en largeur sur quoi tout le corps de J.-C. fut attaché, moins les mains; sa hauteur, c’est à partir de cette largeur jusqu’à lendroit de dessus où se trouvait la tête; sa profondeur, c’était la partie

* Miracul., liv. I, c. VI.

cachée et enfoncée dans la terre. Dans la croix on trouve décrites toutes les actions d’un homme chrétien, qui sont de faire de bonnes oeuvres en J.-C., de lui être persévéramment attaché, d’espérer les biens célestes, et ne pas profaner les sacrements.

Ce bois précieux de la croix resta caché sous terre deux cents ans et plus : mais il fut découvert ainsi qu’il suit par Hélène, mère de lempereur Constantin. En ce temps-là, sur les rives du Danube, se rassembla une multitude innombrable de barbares voulant passer le fleuve, et soumettre à leur domination tous les pays jusqu’à loccident. Dès que lempereur Constantin le sut, il décampa et vint se placer avec son. armée sur le Danube. Mais la multitude des barbares s’augmentant, et passant déjà le fleuve, Constantin fut, frappé d’une grande terreur, en considérant qu’il aurait à livrer bataille le lendemain. Or, la nuit suivante, il est réveillé par un ange qui lavertit de regarder en lair. Il tourne les veux vers le ciel et voit le signe de la croix formée par une lumière fort resplendissante, et portant écrite en lettres d’or cette inscription : « In hoc signo vinces, par ce signe tu vaincras. » Réconforté par cette vision céleste, il fit faire une croix semblable qu’il ordonna de porter à la tête de son armée: se précipitant alors sur les ennemis, il les mit en fuite et en tua une multitude immense. Après quoi Constantin convoqua tous les pontifes des temples et s’informa avec beaucoup de soin de quel Dieu c’était le signe. Sur leur réponse qu’ils lignoraient, vinrent plusieurs chrétiens qui lui firent connaître le mystère de la sainte croix et la foi de la Trinité. Constantin (57) crut alors parfaitement en J.-C. et reçut le saint baptême des mains d’Eusèbe, pape, ou selon quelques livres, évêque de Césarée. Mais dans ce récit, il y a beaucoup de points contredits par lHistoire tripartite et par lEcclésiastique, par la Vie de saint Silvestre et les Gestes des pontifes romains. D’après certains auteurs, ce ne fut pas ce Constantin que le pape Silvestre baptisa après sa conversion à la foi, comme paraissent linsinuer plusieurs histoires, mais ce fut Constantin, le père de ce Constantin, ainsi qu’on le voit dans des historiens. En effet ce Constantin reçut la foi d’une autre manière rapportée dans la légende de saint Silvestre, et ce n’est pas Eusèbe de Césarée qui le baptisa, mais bien saint Silvestre. Après la mort de son père, Constantin, qui n’avait pas perdu le souvenir de la victoire remportée par la vertu de la sainte croix, fit passer Hélène, sa mère, à Jérusalem pour trouver cette croix, ainsi que nous le dirons plus bas.Voici maintenant un r

écit tout différent de cette victoire, d’après lHistoire Ecclésiastique (ch. IX). Elle rapporte donc que Maxence ayant envahi lempire romain, lempereur Constantin. vint lui présenter la bataille vis-à-vis le pont Albin. Comme il était dans une grande anxiété, et qu’il levait souvent les yeux au ciel pour implorer son secours, il vit en songe, du côté de lorient dans le ciel, briller une croix, couleur. de feu : des anges se présentèrent devant lui et lui dirent : « Constantin, par cela tu vaincras. » Et, selon le témoignage de lHistoire tripartite *, tandis que

* Liv. IX, c. IX.

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Constantin s’étonnait de ce prodige, la nuit suivante, J.-C. lui apparut avec le signe vu dans le ciel; il lui ordonna de faire des images pareilles qui lui, porteraient bonheur dans les combats. Alors Constantin fut rendu à la joie et assuré de la victoire ; il se marqua le front du signe qu’il avait vu dans le ciel, fit transformer les enseignes militaires sur le modèle de la croix et prit à la main droite une croix d’or. Après quoi il sollicita du Seigneur que cette droite, qu’il avait munie du signe salutaire de la croix, ne fût ni ensanglantée, ni souillée du sang romain, mais qu’il remportât la victoire sur le tyran sans effusion de sang. Quant à Maxence, dans lintention de tendre un piège, il fit disposer des vaisseaux, fit couvrir le fleuve de faux ponts. Or, Constantin s’étant approché du fleuve, Maxence accourut à sa rencontre avec peu de monde, après avoir donné ordre aux autres corps de le suivre; mais il oublia lui-même qu’il avait fait construire un faux pont, et s’y engagea avec une poignée de soldats. Il fut pris au piège qu’il avait tendu lui-même, car il tomba dans le fleuve qui était profond; alors Constantin fut acclamé empereur à lunanimité. D’après ce qu’on lit dans une chronique assez authentique, Constantin ne crut pas parfaitement d’ès ce moment; il n’aurait même pas alors reçu le baptême; mais peu de temps après, il eut une vision de saint Pierre et de saint Paul; et quand il eut reçu la vie nouvelle du baptême et obtenu la guérison de sa lèpre, il crut parfaitement dans la suite en J.-C. Ce fut alors qu’il envoya sa mère Hélène à Jérusalem pour chercher la croix du Seigneur. Cependant saint Ambroise; dans (59) la lettre où il rapporte la mort de Théodose, et lHistoire tripartite *, disent que Constantin reçut le baptême seulement dans ses derniers moments; s’il le différa jusque-là, ce fut pour pouvoir le recevoir dans le fleuve du Jourdain. Saint Jérôme en dit autant dans sa chronique. Or, il est certain qu’il fut fait chrétien sous le pape saint Silvestre, quant à savoir s’il différa son baptême, c’est douteux ; ce qui fait qu’en la légende de saint Silvestre, il y a là-dessus, comme en d’autres points, bien peu de certitude. Or, lhistoire de lInvention de la sainte croix, telle qu’on la lit dans les histoires ecclésiastiques conformes en cela aux chroniques, paraît plus authentique de beaucoup que celle qu’on récite dans les églises. Il est en effet constant qu’il s’y trouve des endroits peu’ conformes à la vérité, si ce n’est qu’on veuille dire, comme ci-dessus, que ce ne fut pas Constantin, mais son père qui portait le même nom : ce qui du reste né paraît pas très plausible, quoique ce soit le récit de certaines histoires d’outre-mer.Hélène arrivée à Jérusalem fit réunir autour d’elle les savants qu’on trouva dans toute la contrée. Or, cette Hélène était d’abord restée dans une hôtellerie**, mais épris de sa beauté, Constantin se lattacha, selon que saint Ambroise lavance en disant : « On assure qu’elle fut hôtelière, mais elle fut unie à Constantin

* Liv. III, ch. XII.

** Le mot latin stabularia voudrait dire servante de cour. Saint Ambroise paraît lindiquer quelques lignes plus loin. Nous avons mieux aimé donner un féminin au mot, hôtelier, hôtelière est un mot qui a vieilli.

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lancien qui, dans la suite, posséda lempire. Bonne hôtelière, qui chercha avec tant de soin la crèche du Seigneur! Bonne hôtelière, qui connut cet hôtelier dont les soins guérirent cet homme blessé parles brigands *! Bonne hôtelière, qui a regardé toutes choses comme des ordures afin de gagner J.-C. **! Et pour cela Dieu la tirée de lordure pour l’élever sur un trône » (saint Ambroise). D’autres affirment, et c’est lopinion émise dans une chronique assez authentique, que cette Hélène. était fille de Clohel, roi des Bretons ;Constantin en venant dans la Bretagne la prit pour femme, parce qu’elle était fille unique. Delà vient qui l’île de Bretagne échut à Constantin après la mort clé Clohel. Les Bretons eux-mêmes (attestent; on lit pourtant ailleurs qu’elle était de Trèves. Or, les Juifs, remplis de crainte, se disaient les uns aux autres : « Pour quel motif pensez-vous que la Reine nous ait convoqués auprès d’elle? » L’un d’eux nommé Judas, dit : « Je sais, moi, qu’elle veut apprendre de nous. lendroit oit se trouve le bois de la croix sur lequel le Christ a été crucifié. Gardez-vous bien d’être assez présomptueux pour le lui découvrir. Sinon tenez pour très certain que notre loi sera détruite et que toutes les traditions de nos pères seront totalement. abolies : car Zachée mon aïeul la prédit à mon père Siméon et mon père ma dit avant de mourir : « Fais attention, mon fils, à l’époque où lon cherchera la croix du Christ : dis où elle se trouve, avant d’être* Allusion

à la parabole du Samaritain de lEvangile. ** Expression de saint Paul dans lEpître aux Philippiens, c. III, 8.

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mis à la torture; car à dater de cet instant le pouvoir des Juifs, à Jamais aboli, passera entre les mains de ceux qui adorent le crucifié, parce que ce Christ était le fils de Dieu.» Alors j’ai répondu : «Mon père, si vraiment nos ancêtres ont su que ce Christ était le fils de Dieu, pourquoi lont-ils attaché au gibet de la croix? » « Le Seigneur est témoin, répondit-il, que je n’ai jamais fait partie de leur conseil; mais que souvent je me suis opposé à leurs projets : or, c’est parce que le Christ reprochait les vices des Pharisiens qu’ils le firent crucifier : mais il est ressuscité le troisième jour et il a monté au ciel à la vue de ses disciples. Mon frère Etienne, que les Juifs en démence ont lapidé, a cru en lui. Prends garde donc, mon fils, de n’oser jamais blasphémer le Christ ni ses disciples. » « Il ne paraît cependant pas, très probable que le père de ce Judas ait existé au temps de la Passion de J.-C., puisque de la passion jusqu’au temps d’Hélène, sous laquelle vécut Judas, il s’écoula plus de 270 ans; à moins qu’on ne veuille dire qu’alors les hommes vivaient plus longtemps qu’à présent. » Cependant les Juifs dirent à Judas : « Nous n’avons jamais entendu dire choses semblables. Quoi. qu’il. en soit, si: la Reine t’interroge, aie soin de ne lui faire aucun aveu.» Lors donc qu’ils furent en présence, de la Reine, et qu’elle leur eut demandé le lieu où le Seigneur avait été crucifié, pas un d’eux ne consentit à le lui indiquer alors elle les condamna tous à être brûlés. Ils furent saisis d’effroi et signalèrent Judas, en disant : « Princesse, voici le fils d’un juste et d’un prophète qui a connu parfaitement la loi ; demandez-lui tout ce que (62) vous voulez, il vous lindiquera. » Alors elle les congédia tous à lexception de Judas qu’elle retint et auquel elle dit : « Je te propose la vie ou la mort; choisis ce que tu préfères. Montre-moi donc le lieu qui s’appelle Golgotha, où le Seigneur a été crucifié, afin que je puisse trouver sa croix. » Judas répondit

« Comment puis-je le savoir, puisque deux cents ans et plus se sont écoulés et que je n’étais pas né à cette époque ? » La Reine lui dit : « Par le crucifié, je te ferai mourir de faim, si tu ne me dis la vérité. » Elle ordonna donc qu’il fût jeté dans tin puits desséché pour y endurer les horreurs de la faim. Or, après y être resté six jours sans nourriture, le septième il demanda à sortir, en promettant de découvrir la croix. On le retira. Quand il fut arrivé à lendroit, après avoir fait une prière, tout à coup la terre tremble, il se répandit une fumée d’aromates d’une admirable odeur; Judas lui-même, plein d’admiration, applaudissait des deux mains et disait : « En vérité, ô Christ, vous êtes le Sauveur du monde ! » Or, d’après lHistoire ecclésiastique, il y avait, en ce lieu, un temple de Vénus construit, autrefois par lempereur Hadrien, afin que si quelque chrétien eût voulu y adresser ses adorations, il parût adorer Vénus : et, pour ce motif, ce lieu avait cessé d’être fréquenté et était presque entièrement délaissé, mais la Reine fit détruire ce temple jusque dans ses fondements et en fit labourer la place. Après quoi Judas se ceignit et se mit à creuser avec courage. Quand il eut atteint à la profondeur de vingt pas, il trouva trois croix enterrées, qu’il porta incontinent à la reine. Or, comme lon ne savait pas (63) distinguer celle de J.-C. d’avec celles des larrons; on les plaça au milieu de la ville pour attendre que la gloire de Dieu se manifestât. Sur la onzième heure, passa le corps d’un jeune homme qu’on portait en terre : Judas arrêta le cercueil, mit une première et nue seconde croix sur le cadavre du défunt, qui ne ressuscita pas, alors on approcha la troisième croix dit corps et à linstant il revint à la vie.

On lit cependant, dans les histoires ecclésiastiques *, qu’une femme des premiers rangs de la ville gisait demi-morte, quand Macaire, évêque de Jérusalem, prit la première et la deuxième croix, ce qui ne produisit aucun résultat : mais quand il posa sur elle la troisième,, cette femme rouvrit les yeux et fut guérie à linstant. Saint Ambroise dit, de son côté, que Macaire distingua la croix du Seigneur, par le titre qu’avait fait mettre Pilate, et dont l’évêque lut linscription qu’on trouva aussi. Alors le diable se mit à vociférer en lair : « O Judas, disait-il, pourquoi as-tu fait cela? Le Judas qui est le mien a fait tout le contraire : car celui-ci, poussé par moi, fit la trahison, et toi, en me reniant, tu as trouvé la croix de Jésus. Par lui, j’ai Bagué les âmes d’un grand nombre; par toi, je parais perdre celles que j’ai gagnées : par lui, je régnais sar le peuple; par toi, je suis chassé de mon royaume. Toutefois je te rendrai la pareille, et je susciterai contre toi un autre roi qui, abandonnant la foi dit crucifié, te fera renier dans les tourments le crucifié. »

* Sozomène. Hist. eccl., l. II, c. I ; Nicéph. cal., l. XVII, c. XIV, XV ; Evagr., IV, 26.

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Ceci paraît se rapporter à lempereur Julien : celui-ci, lorsque Judas fut devenu évêque de Jérusalem, laccabla de nombreux tourments et le fit mourir martyr de J.-C. En entendant les vociférations du diable, Judas ne craignit rien, mais il ne cessa de maudire le diable en disant : « Que le Christ te damne dans labîme du feu éternel! » Après quoi Judas est baptisé, reçoit le nom de Cyriaque, puis est ordonné évêque de Jérusalem, quand le titulaire fut mort. (Belette, c. XXV). Mais comme la bienheureuse Hélène ne possédait pas les clous du Seigneur, elle pria l’évêque Cyriaque d’aller au Golgotha et de les chercher. Il y vint et aussitôt après avoir adressé des prières à Dieu, les clous apparurent brillants dans la terre, comme de lor. Il les prit et les porta à la reine. Or, celle-ci se mit à genoux par terre et, après avoir incliné la tête, elle les adora avec grande révérence. Hélène porta une partie de la croix à son fils, et renferma lautre dans des châsses d’argent qu’elle laissa à Jérusalem ; quant aux clous avec lesquels le corps du Seigneur avait été attaché, elle les porta à son fils. Au rapport d’Eusèbe de Césarée, elle en fit deux freins dont Constantin se servait dans les batailles, et elle mit les autres à son casque en guise d’armure. Quelques auteurs, comme Grégoire de Tours*, assurent que le corps du Seigneur fut attaché avec quatre clous Hélène en mit deux au frein du cheval de lempereur, le troisième à la statue de Constantin qui domine la ville de Rome, et elle jeta le quatrième dans la mer

* Miracul., lib. I, ch. VI.

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Adriatique qui jusque-là avait été un gouffre pour les navigateurs. Elle ordonna que cette fête de lInvention de la sainte croix fût célébrée chaque année solennellement. Voici ce que dit saint Ambroise e : « Hélène chercha les clous du Seigneur et les trouva. De lun elle fit faire des freins ; elle incrusta lautre dans le diadème : belle place que la tête pour ce clou ; c’est une couronne sur le front, c’est une bride à la main : c’est lemblème de la prééminence du sentiment, de la lumière de la foi, et de la puissance impériale. » Quant à l’évêque saint Cyriaque, Julien lapostat le fit mourir plus tard, pour avoir trouvé la sainte croix dont partout il prenait à tâche de détruire le signe. Avant de partir contre les Perses, il fit inviter Cyriaque à sacrifier aux idoles : sur le refus du saint, Julien lui fit couper le bras en disant : « Avec cette main il a écrit beaucoup de lettres qui ont détourné bien du monde de sacrifier aux dieux. » Cyriaque lui répondit : « Chien insensé, tu mas bien rendu service ; car avant de croire à J.-C., trop souvent j’ai écrit des lettres que j’adressais aux synagogues des Juifs afin que personne ne crût en J.-C. et voilà que tu viens de retrancher de mon corps ce qui en avait été le scandale. » Alors Julien fit fondre du plomb qu’il ordonna de lui verser dans la bouche ; ensuite il fit apporter un lit en fer sur lequel Cyriaque fut étendu et au-dessous on mit des charbons ardents et. de la graisse. Comme Cyriaque restait immobile, Julien lui dit : « Si tu ne veux pas sacrifier aux idoles, dis au moins

* De obitu Theod., nos 47-48.

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que tu n’es pas chrétien. » L’évêque s’y refusa avec horreur. Julien fit creuser une fosse profonde qu’on fit remplir de serpents venimeux. Cyriaque y fut jeté, mais les serpents moururent aussitôt. Julien ordonna alors que Cyriaque fût jeté dans une chaudière pleine d’huile bouillante. Or, comme le saint voulait y entrer spontanément, il se signa, et pria le Seigneur de le baptiser une seconde fois dans leau du martyre, mais Julien furieux lui fit percer la poitrine avec une épée. Ce fut ainsi que saint Cyriaque mérita de consommer son martyre dans le Seigneur.

La grandeur de la vertu de la Croix est manifeste dans ce notaire fidèle, trompé par un magicien qui le conduisit en un lieu où il avait fait venir des démons, en lui promettant des richesses immenses. Il vit un Ethiopien de haute stature, assis sur un trône élevé, et entouré d’autres Ethiopiens- debout, armés de lances et de bâtons. Alors lEthiopien demanda à ce magicien : « Quel est cet enfant ? » Le magicien répondit: « Seigneur, c’est votre serviteur. » Le démon dit au notaire : « Si tu veux madorer, être mon serviteur, et renier ton Christ, je te ferai asseoir à ma droite. » Mais le notaire se hâta de faire le signe de la croix et s’écria qu’il était de toute son âme le serviteur du Sauveur J.-C. Il n’eut pas plutôt fait le signe de la croix que toute cette multitude de démons disparut. Peu de temps après, ce même notaire entra un jour avec son maître dans le temple de Sainte-Sophie; se trouvant ensemble devant une image du Sauveur, le maître remarqua que cette image avait les yeux fixés sur le notaire qu’elle regardait attentivement (67). Plein de surprise, le maître fit passer le jeune homme à droite et vit que limage avait encore tourné les veux de ce côté, en les dirigeant sur le notaire. I1 le fit de nouveau revenir à gauche, et voici que limage tourna encore les yeux et se mit à regarder le notaire comme auparavant. Alors le maître le conjura de lui dire ce qu’il avait fait à Dieu pour mériter que limage le regardât, ainsi. Il répondit qu’il n’avait la conscience d’aucune bonne action, si ce n’est qu’il n’avait pas voulu renier le Sauveur devant le diable.

Une rencontre entre Benoît XVI et Alexis II serait un « point de départ

4 octobre, 2007

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http://www.zenit.org/article-16327?l=french

Une rencontre entre Benoît XVI et Alexis II serait un « point de départ »

Perspective du card. Ricard

ROME, Mercredi 3 octobre 2007 (ZENIT.org) « Une rencontre » entre le patriarche Alexis II et le pape Benoît XVI serait un « point de départ » et pas dabord un « aboutissement », a fait observer le cardinal Ricard en recevant le patriarche russe à Paris (cf. « Documents » pour le texte intégral de lallocution du cardinal).

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Bazas, et président de la conférence des évêques de France, a prononcé une allocution de bienvenue lors de la réception du patriarche russe Alexis II et de sa délégation à la Maison de la conférence des évêques de France, ce 3 octobre, à Paris.

« Vous savez quil y a dans le cœur de beaucoup de catholiques ce souhait et ce désir quil puisse y avoir dans lavenir, au moment approprié, une rencontre entre votre Sainteté et sa Sainteté le pape Benoît XVI », a souligné le cardinal Ricard.

Il suggérait en effet une perspective nouvelle: « Celle-ci pourrait être, non pas forcément le point daboutissement dun long processus de clarification préalable, même si des points doivent, de fait, auparavant être abordés, mais le point de départ commun dune longue marche à parcourir ensemble au service de Dieu et au service tous les hommes, aimés de Dieu ».

« Puisse votre voyage en France contribuer à impulser cette dynamique de la fraternité. Nous sommes prêts à nous y engager avec vous. Que le Seigneur nous bénisse tous, en nous donnant sa lumière et la force de son Esprit », disait encore le cardinal français.

Dautre part, le cardinal Ricard avait souligné la tâche commune de témoignage à rendre, catholiques et orthodoxes ensemble « de la dimension transcendante et sacrée de toute personne humaine, de limportance de la solidarité et de la destination universelle des biens ».

Pour ce qui est de lEurope, il ajoutait : « A la dernière Assemblée œcuménique européenne de Sibiu, les Eglises chrétiennes ont rappelé quelle responsabilité les chrétiens doivent assumer dans l’édification de lEurope. Ils ne peuvent pas déserter ce lieu de construction et parfois de combat. Certes, on a raison de parler des racines chrétiennes de lEurope, mais il ne faut pas en parler, même si cest très important, seulement en termes historiques ou patrimoniaux, cest-à-dire en référence au passé. Il est important de montrer par lengagement de tous les chrétiens et de toutes les Eglises que ces racines, aujourdhui, sont sources de vie et peuvent porter beaucoup de fruits ».

Discours d’Alexis II à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

4 octobre, 2007

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Discours d’Alexis II à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Texte intégral

ROME, Mercredi 3 octobre 2007 (ZENIT.org) Nous reprenons ci-dessous le texte intégral du discours prononcé par le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, à lassemblée parlementaire du Conseil de lEurope, le 2 octobre, à Strasbourg, publié sur le site du Conseil de lEurope.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de l
Assemblé
e Parlementaire,

Je vous remercie pour linvitation à madresser à un aussi éminent auditoire qui ma été transmise en votre nom par Monsieur Van der Linden, président de lAssemblée Parlementaire du Conseil de lEurope. Cest avec un grand plaisir que je profite aujourdhui de la possibilité dexposer aux parlementaires du Conseil de lEurope notre vision sur le passé, le présent et lavenir du continent européen, notre maison commune.

Ces derniers temps, le Conseil de lEurope a entrepris de nouvelles démarches sans précédent pour mettre en oeuvre une collaboration avec les communautés religieuses. Nous voyons en cela la réponse si longtemps attendue à lappel au dialogue maintes fois lancé par les leaders religieux.

Lun des thèmes importants dun tel dialogue pourrait être le thème de lhomme car cest autour des problèmes de lanthropologie que surgissent aujourdhui les discussions les plus violentes et même parfois des conflits liés aux différences des points de vue sur ce sujet entre les traditions religieuses et lhumanisme laïc.

Le continent européen a été soumis à linfluence de nombreuses cultures qui y sont présentes jusqu’à nos jours. Mais cest justement dans le cadre du système chrétien des valeurs que sest formée la représentation de la haute dignité de lhomme et des conditions de sa réalisation. Le christianisme a appris à tous les peuples européens que lhomme a été créé à limage et à la ressemblance de Dieu. Mais en même temps le christianisme a toujours souligné que lhomme ne deviendra lami de Dieu (Jn. 15, 15) et natteindra la liberté (Jn. 8, 32) que sil suit la voie dune vie morale.

Ce message non seulement élève lhomme à une grande hauteur dans l’échelle des valeurs mais il dit également quelles sont les conditions pour se maintenir à cette hauteur. Lhomme se laisse facilement aller à des actes répréhensibles et ainsi il s’écarte de sa dignité sil ne se soucie pas en permanence de perfectionner ses propres pensées et ses sentiments. Et ce sont justement les normes morales qui orientent cette tâche, qui servent de référence pour définir ce qui est admissible et inadmissible dans la vie de lhomme. Les idées chrétiennes de dignité, de liberté et de morale dans leur corrélation créent un code unique de conscience européenne qui possède un potentiel créateur inépuisable pour la vie privée et la vie publique.

Tout investigateur honnête de lhistoire de lEurope témoignera que grâce à la relation chrétienne par rapport à lhomme lesclavage a été condamné et aboli, sest formée la procédure dun jugement objectif, ont été atteints de hauts niveaux de vie sociale et politique, sest déterminée une éthique raffinée des relations entre les gens, se sont développées la science et la culture. Plus encore, la conception même des droits de lhomme, cette idée dextrême importance de lEurope est née non sans linfluence de lenseignement chrétien sur la dignité de lhomme, sa liberté et sa vie morale. Dès leur genèse, les droits de lhomme se sont développés sur le terrain de la morale chrétienne et en quelque sorte formaient avec elle un tandem.

Cependant, aujourdhui il y a dans la civilisation européenne une fracture funeste dans le lien entre les droits de lhomme et la morale. Cela sobserve dans lapparition dune nouvelle génération de droits en contradiction avec la morale, de même que dans la justification dactes amoraux à laide des droits de lhomme. En liaison avec cela jaimerais que nous nous rappelions tous que dans la Convention européenne des droits de lhomme et des libertés fondamentales est inclus un appel à la morale dont doit tenir compte lactivité de défense des droits de lhomme. Je suis convaincu que les créateurs de cette convention ont inclus la moralité dans son texte non comme une vague notion mais comme un élément bien déterminé de tout le système des droits de lhomme.

Si nous ne faisons pas cas de la morale, en définitive nous ne faisons pas cas de la liberté. La morale représente une liberté daction. Cest une liberté déjà réalisée à la suite dun choix responsable qui se donne des limites pour le bien et lintérêt de lindividu lui-même ou de la société dans son ensemble. La morale assure la viabilité et le développement de la société et son unité, les atteindre est lun des buts de la Convention européenne de défense des droits de lhomme. Tandis que la destruction des normes morales et la promotion dun relativisme dans les moeurs peuvent miner la perception du monde de lhomme européen et amener les peuples du continent à une ligne de démarcation au-delà de laquelle il y a la perte par les peuples européens de leur identité spirituelle et culturelle et par conséquent de leur place indépendante dans lhistoire.

Je suis en même temps convaincu quaucun Etat ne doit se mêler de la vie privée de lhomme. Etre moral ou amoral cest en définitive la conséquence dun libre choix de lindividu. Cependant dans le domaine public, la société et lEtat doivent soutenir et encourager une moralité acceptable pour la majorité des citoyens. Pour cela ils doivent diriger leurs efforts à laide des mass-médias, du réseau des institutions sociales et publiques, du système éducatif, en faveur de la promotion des idéaux de moralité liés à la tradition spirituelle et culturelle des peuples européens.

Je suis convaincu que pour conserver lidentité culturelle européenne et surtout lorsquelle est en contact avec dautres normes culturelles et dautres civilisations, il est extrêmement important de conserver la dimension morale qui donne une âme et ennoblit la vie des européens. Ou au moins ni faire la promotion, ni favoriser en sappuyant sur les institutions de lEtat de tout ce qui affaiblit ou détruit les fondements moraux de la société.

Le refus dune évaluation morale des actes dun homme, dun pouvoir et dun peuple rend insolubles de nombreux problèmes sociaux. Cest ainsi quen Russie, dans les autres pays de la CEI, comme dans certains pays dEurope, et pas seulement à lEst mais également à lOuest s’élargit la fracture entre les riches et les pauvres, se nivelle la notion d’équité sociale. Notre Eglise a maintes fois initié la discussion sur la situation indigente de millions dhonnêtes travailleurs qui côtoient le luxe inouï et le gaspillage de quelques uns. Nous sommes heureux quaujourdhui cette initiative est soutenue par de nombreuses forces politiques et sociales. Nous voyons que dans le pays se renforcent les conditions pour adopter des décisions adéquates dans les domaines social et économique.

Au demeurant, le système de droit et le système social, même le plus perfectionné, ne peut totalement limiter la soif denrichissement des uns au préjudice des autres. La générosité napparaît pas là où les gens ne sentent pas leur responsabilité pour leurs concitoyens. Elle est le résultat de l’éducation y compris dans lesprit de la morale chrétienne traditionnelle.

Les principes moraux traditionnels cest également la base pour lintégration dune société multiculturelle et cest le cas de lEurope actuelle. Cest ce qua bien démontré, en particulier, le sommet des chefs religieux qui sest tenu à Moscou en juillet de lannée dernière. Les participants à ce forum, représentants du christianisme, de lislam, du judaïsme, du bouddhisme, du shintoïsme, de lhindouisme venant de 49 pays, ont exprimé leur inquiétude au sujet de la détérioration de l’état moral de lhumanité.

Cest justement sur la base de la morale traditionnelle, du respect des modèles sociaux et des modes de vie de chacun, quont coexisté en Russie différentes traditions religieuses et elle na pas connu de guerres de religions. Et maintenant notre Eglise continue à renforcer la paix interreligieuse ayant créé un dialogue efficace et une collaboration avec les autres communautés religieuses traditionnelles aussi bien en Russie que dans les autres pays de la CEI.

Nous savons tous quaujourdhui en Europe et dans le monde la menace de lextrémisme et du terrorisme est très importante, en particulier celui qui se dissimule sous des slogans religieux. Et le terrain favorable pour cette force destructrice cest lignorance religieuse, lindigence morale. Cest pour cela que je suis convaincu que la génération montante doit avoir la possibilité du libre choix d’étudier sa tradition religieuse de façon approfondie dans une école accessible par tous. Des connaissances de base des autres traditions sont également nécessaires car elles créent une base pour une vie pacifique en commun.

Le progrès technique pose dune façon nouvelle la question des droits de lhomme. Et les croyants ont leur mot à dire quand cela concerne la bioéthique, lidentification électronique et les autres orientations du développement des techniques qui inquiètent de nombreuses personnes. Lhomme doit rester un homme et non une marchandise, un élément non contrôlable des réseaux électroniques, un objet dexpérimentations, un organisme à moitié artificiel. Cest pour cela que la science et la technique ne doivent pas non plus être détachées de l’évaluation morale de leurs objectifs et de leurs conséquences.

LEglise Orthodoxe Russe se rend bien compte quen Europe et dans le monde il y a dautres conceptions religieuses du monde. Et nous sommes prêts au dialogue avec leurs adhérents comme avec les représentants de la vision laïque sur la vie. Mais en même temps nous sommes convaincus quaucune conception du monde, y compris la conception laïque, ne peut insister pour avoir le monopole ni en Europe, ni dans le monde. Cest pour cela que nous considérons comme inadmissible le rejet de la religion hors de lespace public.

Le temps est venu dadmettre que la motivation religieuse a le droit dexister y compris dans le domaine public. Et cest justement pour éviter les affrontements possibles des différentes conceptions du monde quun dialogue interculturel sérieux est nécessaire avec une participation très active des représentants des religions traditionnelles et du monde laïc. Je pense que lune des plateformes possibles pour un tel dialogue doit être le Conseil de lEurope qui a le potentiel et lexpérience dorganiser un dialogue des conceptions sur les valeurs européennes.

bonne nuit

4 octobre, 2007

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. tigerlilies

TIGER LILIES

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Le maître de la moisson

4 octobre, 2007

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 101 ; PL 38, 605s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 73 et Delhougne p. 417)

Le maître de la moisson

L’évangile qui vient d’être lu nous invite a chercher quelle est cette moisson dont le Seigneur nous dit : « La moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ». C’est alors qu’il a envoyé, en plus des douze disciples qu’il a appelé apôtres (« envoyés »), soixante-douze autres personnes. Tous, comme on le voit d’après ses propres paroles, il les a envoyés travailler à une moisson déjà préparée. A quelle moisson ? Ils n’allaient pas moissonner chez les païens, où rien n’avait été semé. Il faut donc penser que la moisson avait lieu au milieu des juifs ; c’est pour moissonner là qu’est venu le maître de la moisson. Aux autres peuples il envoie non des moissonneurs, mais des semeurs. Chez les juifs, donc, la moisson ; ailleurs les semailles. Et c’est bien en moissonnant chez les juifs qu’il a choisi les apôtres ; c’était le temps de la moisson, elle était mûre, car les prophètes avaient semé parmi eux…

Le Seigneur n’a-t-il pas déclaré à ses disciples : « Vous dites que l’été est encore loin. Levez les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson » (Jn 4,35). Il a dit encore : « D’autres ont pris de la peine, et vous, vous profitez de leurs travaux » (v. 38). Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et les prophètes ont pris de la peine ; ils ont peiné pour semer le grain. A son avènement, le Seigneur a trouvé la moisson mûre, et il a envoyé les moissonneurs avec la faux de l’Evangile.

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