Qui est Sainte Jeanne Françoise de Chantal ?

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http://www.diocesequebec.qc.ca/visitandines/jeanne_fran_chantal.htm Qui est Sainte Jeanne Françoise de Chantal ? 

Jeanne Frémyot naît à Dijon, le 23 janvier 1572. Elle perd sa mère quand elle n’a pas encore deux ans. Petite bourguignonne enjouée, au clair bon sens, elle reçoit une éducation soignée. Élevée dans la foi sans faille de son père, président au Parlement de Bourgogne, elle acquiert avec facilité une solide formation humaine, intellectuelle et chrétienne. Et puis, elle apprend « les bonnes manières », à danser, à « sonner des instruments », à faire des « ouvrages domestiques ». 

Jeune fille recherchée, elle épouse, le 28 décembre 1592, le brave et séduisant baron Christophe de Babutin-Chantal. Femme aimante et aimée, mère comblée, elle rayonne sa foi et sa charité autour d’elle. Les paysans, attirés par sa bonté autant que par sa beauté, l’appellent la « Dame parfaite ». Sa vie paraît devoir ainsi s’écouler selon une belle ligne droite et tracée d’avance, quand survint, après neuf ans de bonheur conjugal, cet accident de chasse où le baron de Chantal meurt en pardonnant à l’ami maladroit, et en consolant son épouse entourée de ses quatre enfants. Nous savons, sur le témoignage de Jeanne elle-même, combien cette séparation lui coûta de larmes… 

Pour cette âme assoiffée d’absolu, tout est remis en question : cette vie ardente, à qui va-t-elle la donner ? Jeanne fait preuve de fermeté ; elle refuse une nouvelle alliance et prononce le vœu de chasteté. En femme forte, elle va se dépenser dans le soin tendre, mais sûr, de l’éducation de ses enfants, le dévouement aux pauvres, aux malades, à ses proches, et surtout le support d’un beau-père acariâtre. Il y aurait, pour tout autre que Jeanne, de quoi remplir une existence ; mais elle veut tendre de tout son cœur à la perfection, au don total(CLIKKER.ICI LA PHOTO) Elle prie, mais ne voit pas le chemin qu’elle doit prendre. « Je disais tout haut à Notre Seigneur : Mon Dieu, je vous conjure, par la vérité et fidélité de vos promesses, de me donner un guide qui soit véritablement un saint et votre serviteur, qui m’enseigne votre volonté et tout ce que vous désirez de moi ; je vous promets et jure en votre face que je ferai tout ce qu’il me dira de votre part ». La prière est trop sincère pour ne pas attirer une réponse. 

En 1604, François de Sales prêche un carême à Dijon. Mère de Chantal est là et ne veut rien perdre de ses paroles. Elle le rencontre chez son frère André, l’évêque de Bourges. Dans la prière, François est choisi pour remplacer un premier directeur pour le moins tyrannique. S. François de Sales reconnaît en sa nouvelle dirigée celle que Dieu a préparée pour le seconder dans son désir de fonder une nouvelle Congrégation religieuse. Tandis que ce projet lentement prend forme en son esprit et en son cœur, il va, sans tendreté, avec la ferme douceur qui est sa manière, former l’âme d’élite que Dieu lui a confiée. Il lui enseigne la vie d’oraison et cette « dévotion » qui consiste, dans la promptitude, à faire ce que Dieu inspire à chaque moment du jour…, cette dévotion qui a poussé Marie à partir « en hâte » vers Élisabeth. François achemine Madame de Chantal sans précipitation vers le détachement total : « Vous avez, ma fille, quatre enfants, vous avez un père, un frère et puis encore un père spirituel, tout cela vous est fort cher. Et si Dieu vous ravissait tout cela, n’auriez-vous pas encore assez d’avoir Dieu ? ».
 C’est ainsi que bientôt viendra le jour du sacrifice, le jour où elle fera ses adieux à son père, et quittera son fils, non sans larmes. « Que voulez-vous, je suis mère ». Ses trois filles la suivront jusqu’à l’âge d’un choix de vie. Son cœur restera toujours sensible – toutes ses lettres en font foi – mais elle sait que « quiconque aime les siens plus que le Christ n’est pas digne du Christ ». 

Le 6 juin 1610, Jeanne et ses trois premières compagnes s’installent bien pauvrement, dans l’humble maison de la Galerie au bord du lac d’Annecy. « La Visitation » vient de naître. Qui pouvait penser que, ce matin-là, une nouvelle et bien belle page de l’histoire monastique commençait à s’écrire ? Au fil des mois, la petite Communauté s’organise. Elle s’accroît rapidement ; cette forme de vie religieuse correspond à un véritable besoin. Un besoin d’âmes avides de Dieu. Jeanne communique sa foi, son espérance et sa charité à ses nombreuses filles. L’amour de Dieu est la source de sa sainteté et de toutes ses réalisations. Elle va droit au cœur et le conduit au don total ainsi qu’à l’intimité avec son Seigneur. À l’école de François de Sales, elle utilise souvent les moyens de communication : que de rencontres, d’échanges, de voyages, et surtout quelle correspondance ! Dans ses lettres, tout y passe : des conseils matériels, des conseils spirituels, des méthodes pour aider les Supérieures dans leurs responsabilités. Un seul exemple nous aide à comprendre…Elle écrit à la Supérieure de la Visitation de Rumilly qui avait l’habitude de dire à ses sœurs qu’il fallait « marcher droit ». « Marcher droit, cette parole est un peu impérieuse et sèche. Il vaut mieux les conduire droit, par exemple et encouragement, que de le dire. » 

La Mère Jeanne-Françoise de Chantal meurt le 13 décembre 1641, à Moulins. Elle laisse l’Ordre solidement établi avec 87 monastères dont plusieurs sont fondés par elle-même. Mère de Chantal sera canonisée en 1767. 

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