Jubilus de nomine Jesu – Hymne attribuée à Saint Bernard

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 Jubilus de nomine Jesu

 

De Jésus, le seul souvenir
Si doux, met au coeur la vraie joie :
Mais plus douce encore que miel,
Plus que tout, douce est sa pr
é
sence.

Rien à chanter de plus suave.
Rien qui sonne de plus joyeux,
Rien
à mé
diter de plus tendre
Que lui, J
é
sus le Fils de Dieu.

Jésus, espoir des repentants,
Pitoyable
à
toute demande,
Toi si bon pour ceux qui te cherchent
Que sera-ce
à qui te dé
couvre !

Ô Jésus, douceur de nos coeurs,
Eau vive, lumi
ère des â
mes,
Toi qui surpasses toutes joies,
Toi l
Au delà de tout dé
sir.

La parole ne peut le dire,
Ni l’é
criture le traduire;
Seul le croit qui put l
’é
prouver,
Ce que c
est, Jésus, de t
aimer.

Partout, je chercherai Jésus,
Dans la foule, ou seul au repos ;
Dans le secret d
un coeur, bien clos,
Mon amour le cherche assidu.

Avec Marie, avant laurore,
J
irai le chercher au sé
pulcre,
Criant la plainte de mon coeur.
Cherchant d
esprit et non des yeux,

Mes pleurs arroseront sa tombe,
Mes sanglots rempliront l
espace.
À
ses pieds je me jetterai
Les tenant bien fort embrass
é
s.

Jésus, roi sublime, admirable,
Triomphateur plein de noblesse,
J
aspire, douceur ineffable,
À te possé
der tout entier.

Ah ! demeure avec nous, Seigneur,
Nous illuminant à
ta flamme.
Chasse la brume de nos
â
mes,
Remplis le monde de douceur.

Quand tu visites notre coeur,
Alors la vérité l’é
claire.
Vide et pauvre appara
î
t le monde,
Tandis qu
en nous flambe l
amour.

Si doux est lamour de Jésus,
Et si parfaitement suave !
Et mille fois plus ravissant
Qu
il est possible de le dire !

Preuve en est faite en sa Passion,
Preuve en l
effusion de son sang,
Qui nous obtient la R
é
demption,
Dieu lui-m
ême à
contempler.

Vous tous, reconnaissez Jésus :
Venez demander son amour ;
Par votre qu
ête passionné
e,
Vous vous enflammerez pour lui.

À celui qui nous aime ainsi,
Rendez donc amour pour amour ;
Courez, s
é
duits par son parfum,
Que vos voeux r
é
pondent aux siens.

Jésus, auteur de la bonté,
Gage pour nous de toute joie,
Source de douceur et de gr
â
ce,
Vrai d
é
lice de notre coeur,

Mon bon Jésus, fais que je sente
Ton amour en sa pl
é
nitude.
Accorde-moi par ta pr
é
sence
De pouvoir contempler ta gloire.

De toi, je ne puis bien parler,
Et pourtant pourrais-je me taire ?
Ton amour me permet d
oser
Puisque toi seul me rends joyeux.

Cest ton amour à toi, Jésus,
Qui suavement nourrit l
’â
me ;
N
apportant jamais de dégoû
t,
Il nous affame de d
é
sir.

Ceux qui te goûtent ont faim de toi,
Ceux qui te boivent ont encore soif ;
Ils ne savent plus d
é
sirer
Que toi, J
ésus, leur bien-aimé
.

Ton amour enivrant fait voir
Combien Jé
sus est savoureux.
Heureux celui qu
il rassasie !
Son d
ésir ne cherche rien d
autre.

Ô Jésus, beauté angélique,
À
nos oreilles doux cantique,
Dans notre bouche, miel exquis,
Pour nos coeurs, c
é
leste breuvage.

Vois linfini de mon désir !
Mon J
é
sus, quand vas-tu venir ?
Pour quand la joie, pour quand la gr
â
ce
De me rassasier de ta face ?

Car ton amour est sans relâche.
D
amour je dé
faille sans cesse ;
C
est un fruit à
saveur de miel
Qui reste toujours vivifiant ;

Jésus, souveraine douceur,
Joie merveilleuse de mon coeur,
Incompr
éhensible bonté
,
Étreins-moi de ta charité
!

Mon bonheur, cest aimer Jésus
Et ne rien chercher au del
à
,
Mourir enti
èrement à
moi,
Afin de vivre pour lui seul.

Cest vers toi, mon très doux Jésus,
Qu
espère en soupirant mon â
me ;
Mes larmes d
amour te ré
clament
Et le cri du fond de mon coeur.

Ou que je puisse me trouver,
Je veux mon Jé
sus avec moi
Quelle joie
à le dé
couvrir,
Quel d
élice à le possé
der !

Ce sont alors embrassements !
Ce sont baisers plus doux que miel !
Et fusion bienheureuse au Christ !
Mais que la durée en est brè
ve !

Ce que jai cherché, je le vois,
Je tiens ce que j
ai convoité
;
Son amour me fait d
é
faillir,
Mon coeur en est tout incendi
é
.

Et lorsquon aime ainsi Jésus,
Cet amour-l
à ne s’é
teint plus ;
Il ne ti
é
dit pas, ne meurt pas,
Sans cesse il grandit et s
embrase.

Cet amour, ce feu continu,
Est d
une douceur admirable ;
La saveur en est d
é
licieuse,
Que ce d
é
lice rend heureux !

Cet amour envoyé du ciel
Adh
ère à
la moelle des os,
Ravage l
’â
me de son feu,
Et comble l
esprit de dé
lices.

Ô quel incendie de bonheur !
Ardeur br
ûlante du dé
sir !
Ô le doux rafraî
chissement
Que notre amour du Fils de Dieu !

Jésus, fleur dune mère vierge,
Ô toi quil nous est doux d
aimer,
Que gloire soit
à
ta puissance !
Étends ton rè
gne de bonheur.

Viens, viens donc; Roi très bon, ô Père
Dont la gloire n
a pas de mesure.
Avive en brillant, ta lumi
è
re :
Je T
ai déjà
trop attendu !

Jésus, plus clair que le soleil,
Et plus suave que le baume,
Doux par-del
à
toute douceur,
Tu d
é
passes toute tendresse.

Toi dont le goût est si prenant
Dont l
odeur est si tonifiante,
En toi tout mon esprit d
é
faille,
Toi seul suffis au coeur aimant.

Toi, lenchantement de lesprit,
En toi seul s
achève l
amour,
Mon titre de gloire est en toi,
Comme en toi le salut du monde.

Retourne donc mon bien-aimé
Posséder la droite du Pè
re ;
Heureux vainqueur de l
ennemi,
Jouis, au ciel, de ton royaume.

Où que tu ailles, je suivrai,
Tu ne peux plus m
’être arraché
;
N
as-tu pas emporté
mon coeur,
J
é
sus, gloire de notre race ?

Habitants des cieux, accourez,
Pour faire surhausser vos portes ;
Clamez à
celui qui triomphe :
« Salut, Jésus, ô roi illustre.
»

Roi tr
ès puissant, roi glorieux,
Roi victorieux et magnifique,
J
ésus qui prodigues la grâ
ce !
Honneur de l
assemblée cé
leste.

Fontaine de miséricorde,
Lumi
è
re de la vraie patrie,
Chasse les ombres de tristesse,
Nous donnant l
’é
clat de ta gloire.

Célébré par le choeur céleste
R
épé
tant sans fin ses louanges,
J
ésus réjouit l
univers
Et nous met en paix avec Dieu.

Jésus commande dans la paix
Qui d
é
passe tout sentiment,
Vers elle mon esprit soupire,
H
âté den jouir à
son tour.

Jésus a donc rejoint son Père,
Gravi le royaume des cieux ;
Loin de moi mon coeur est pass
é
,
Apr
ès Jésus sen est allé
.

Accompagnons-Le de louanges,
De voeux, dhymnes et de priè
res,
Pour qu
il nous donne de jouir,
Avec lui du s
éjour cé
leste. Amen.

 

Hymne attribuée à Saint Bernard et dont
la première recension fut composée,
sans doute, par un de ses disciples
de la fin du XIIe siècle.
On y retrouve les images que
les mystiques ont aimé puiser
dans ce Cantique des Cantiques
commenté par l’Abbé de Clairvaux. –
cf. MIGNE: P. L. T. 184, col. 1317 à 1320. 

Repris dans Devant Dieu,
anthologie de la prière chrétienne,
par Pierre Richard et Bernard Giraud,
Éditions Xavier Mappus, 1948. 

 

 

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