La puissance d’une prière persévérante

Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d’Antioche puis de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur saint Matthieu, n° 52, 1-3 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p. 200)

La puissance d’une prière persévérante

Alors qu’elle devrait se retirer découragée, la Cananéenne approche de plus près et, adorant Jésus, elle lui dit : « Seigneur, viens à mon secours ! » Mais alors, femme, tu ne l’as pas entendu dire : « Je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël » ? Je l’ai entendu, réplique-t-elle ; mais il est le Seigneur…

C’est parce qu’il prévoyait sa réponse que le Christ différait d’exaucer sa prière. Il refusait sa demande pour souligner sa piété. S’il n’avait pas voulu l’exaucer, il ne lui aurait pas accordé sa demande à la fin… Ses réponses n’étaient pas destinées à lui faire de la peine, mais plutôt à l’attirer et à révéler ce trésor caché.

Mais considère, je te prie, en même temps que sa foi, son humilité profonde. Jésus a donné aux juifs le nom d’enfants ; la Cananéenne renchérit encore sur ce titre et les appelle des maîtres, tant elle était loin de souffrir de l’éloge d’autrui : « Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres »… Et c’est pour cela qu’elle a été admise au nombre des enfants. Le Christ lui dit alors : « Femme, ta foi est grande ». Il lui tardait de prononcer cette parole et de récompenser cette femme : « Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Tu le vois, la Cananéenne a une grande part dans la guérison de sa fille. En effet, le Christ ne dit pas : Que ta fille soit guérie, mais : « Ta foi est grande, qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et remarque encore bien ceci : là où les apôtres avaient échoué et n’avaient rien obtenu, elle a réussi. Telle est la puissance d’une prière persévérante.

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