Archive pour le 18 juillet, 2007

une vue du Colisée

18 juillet, 2007

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une vue du Colisée, sur un site Allemand dédié a Goethe il n’a pas la dat de photo, mais je présume que la datation se réfère aux voyages de Goethe à Rome, sur un site Italien j’ai trouvé cette indication: L’Allemand studieux Johann Wolfgang v.GGoethe, 1749-1832 séjourna à Rome entre le 1786 et le 1788 pour environ un an et demi. Il avait presque quarante ans et le Voyage en Italie il marque pour lui une renaissance sensible (« Wiedergeburt », à la recherche de la sienne perfection d’intellectuel et d’artiste

site Allemand:

http://www.goethezeitportal.de/index.php?id=rom_colosseum_pk

Le psaume 91. – Mon Dieu en qui je me fie!

18 juillet, 2007

 en psaume du site:

Le psaume 91. -  Mon Dieu en qui je me fie!

Michel Gourgues

Voici un psaume où il n’y a pas de prière proprement dite adressée à Dieu, mais qui se présente plutôt comme un enseignement de sagesse.

1 Qui demeure à l’abri du Très-Haut
et loge à l’ombre du Puissant.
2 dit au Seigneur : mon rempart, mon refuge,
mon Dieu en qui je me fie!

3 Et lui te dérobe au filet
de l’oiseleur qui cherche à détruire;
4 lui te couvre de ses ailes,
tu trouveras sous son pennage un refuge.
(Sa fidélité est une armure, un bouclier.)

5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit,
ni la flèche qui vole de jour,
6 ni la peste qui marche en la ténèbre,
ni le fléau qui dévaste à midi.

7 Qu’il en tombe mille à tes côtés,
qu’il en tombe dix mille à ta droite,
toi, tu restes hors d’atteinte.
(Sa fidélité est une armure, un bouclier)
8 Il suffit que tes yeux regardent,
tu verras le salaire des impies;
9 toi qui dis : Seigneur, mon refuge!
Et qui fais du Très-Haut ton asile.

10 Le malheur ne peut fondre sur toi,
ni la plaie approcher de ta tente.
11 Il a pour toi donné ordre à ses anges
De te garder en toutes tes voies.;

12 Eux sur leurs mains te porteront
pour qu’à la pierre ton pied ne heurte;
13 sur le lion et le serpent tu marcheras,
Tu fouleras le lionceau et le dragon.

14 S’il s’attache à moi, je l’affranchis,
Je l’exalte s’il connaît mon nom.
15 Il m’appelle et moi je lui réponds,
dans la détresse je suis avec lui.

Je veux le délivrer, le glorifier,
16 de longs jours je veux le rassasier
et je ferai qu’il voie mon salut.
(Traduction de la Bible de Jérusalem)

Comme on le voit, la plus grande partie du psaume (versets 3 à 13) est à la deuxième personne et elle s’adresse à un croyant : « Toi qui dis…» , «tu ne craindras pas », « tu restes hors d’atteinte », « tu fouleras le lionceau et le dragon ». Et tout dans ce psaume se rapporte à une conviction de base qui habite ce croyant. C’est elle qui s’exprime dès le début : « Mon Dieu en qui je me fie! » (verset 2). Elle sera reprise une autre fois au milieu du psaume : « toi qui dis : ‘Seigneur, mon refuge’ » (verset 9).

Dans tout le reste, quelqu’un d’autre, un sage, un prêtre peut-être, un autre croyant en tout cas, cherche à soutenir l’assurance et la motivation de ce fidèle et lui répète de toutes les façons qu’il peut compter sur la fidélité de Dieu : « Toi qui mets ta confiance en Dieu, toi qui t’en remets à lui entièrement, tu as raison! ». À la fin, dans les trois derniers versets (v. 14-16), c’est Dieu lui-même qui intervient pour confirmer ce qui vient d’être dit et pour assurer le croyant de sa protection et de son soutien.

Quoi qu’il arrive Le message fondamental, s’il était exprimé en termes abstraits, tiendrait facilement en une phrase : « Garde ta confiance en Dieu, il te protégera en tout temps et en tout lieu, quelle que soit l’expérience que tu as à vivre, les dangers qui te menacent, les difficultés que tu as à affronter ». Au lieu de cela, le psaume a choisi de s’exprimer en images. Et c’est ainsi que, d’un verset à l’autre, on voit se dessiner comme sept petits tableaux, inspirés tantôt de la vie quotidienne, tantôt de la vie animale, tantôt du monde même de Dieu. L’un après l’autre, ces tableaux évoquent symboliquement aussi bien la protection de ce dernier et la sécurité qu’elle procure que les différents types de dangers et d’épreuves qui menacent les humains. Comme un alignement de sept « video clips »

Tantôt, l’image s’exprime en un mot ou deux, tantôt en un demi-verset, tantôt en un verset complet, tantôt en une strophe entière. Si l’on prête attention, on voit ces évocations symboliques défiler l’une après l’autre. Toutes, elles suggèrent la même idée de sécurité, de protection, d’obstacles surmontés.

1) Dieu est d’abord comparé à une maison que l’on habite : « Qui demeure à l’abri du Très Haut et loge à l’ombre du puissant » (v. 1). À cette image fera écho plus loin celle de la tente (v. 10). La demeure, quelle qu’en soit la forme, procure une double protection. En tant qu’abri, elle préserve des pluies, du froid, des intempéries. En d’autres temps, c’est là qu’on trouve l’ombre bienfaisante, préservé de l’ardeur du soleil et de la chaleur. L’ombre et l’abri : autant dire en tout temps, en toute saison. Le croyant sait que la protection de son Dieu est permanente et durable.

2) Après la maison, voici le rempart (v. 2). Non plus le lieu de l’habitation individuelle, donc, mais celui de l’habitation collective : la ville, entourée d’un mur protecteur, où une population entière trouve la sécurité et où il est possible de trouver refuge en cas d’attaque de l’extérieur.

3) Vient ensuite, dans un souffle de poésie, l’image tendre du nid (v. 3-4). Voilà donc Dieu comparé à une mère oiseau, sous les ailes de laquelle les petits se réfugient pour échapper au filet du chasseur.4) L’expérience évoquée ensuite est moins facile à identifier. Dans la flèche qui vole de jour et dans les terreurs que l’on redoute la nuit (v. 5), faut-il voir les menaces en provenance d’autrui, la difficulté pour les humains de vivre dans la paix et l’harmonie? Dans la peste et le fléau mentionnés ensuite (v. 6), faut-il voir l’allusion à ce qui met en péril la santé et le bien-être physique : d’une part la maladie mortelle et incurable, d’autre part la maladie contagieuse? Ou bien faut-il y voir, comme dans l’Apocalypse par exemple, la désignation symbolique des puissances du mal? On comprend en tout cas que la double alternance jour / nuit, ténèbre / midi exprime l’idée de totalité et de permanence et que, par contraste, elle proclame, comme tout à l’heure les images de l’abri et de l’ombre, le caractère durable de la protection divine.

5) À travers l’image du champ de bataille, lieu par excellence de l’affrontement et de la vie menacée, la strophe suivante (v. 7) nous ramène au monde des humains dans ce qu’il a de plus dur et de plus violent. Même là, en plein cœur de la mêlée, alors que de tous côtés succombent les victimes, le croyant n’a rien à craindre : « toi, tu restes hors d’atteinte ». Aussi bien certains, avec la Bible de Jérusalem, proposent-ils de lire à la fin du v. 7 ce qui dans le texte du psaume se présente à la fin du v. 4 : « sa fidélité est une armure, un bouclier ».

6) Après l’évocation des plus grands dangers, menaçant la vie elle-même, voilà que le psaume, après une parenthèse sur le sort des impies (v. 8) et la réaffirmation de la confiance à toute épreuve du croyant (v. 9), considère le risque de l’incident le plus minime en comparaison, celui du pied qui, en marchant, bute sur une pierre (v. 12). Eh bien, même là, pour prévenir un modeste faux pas, Dieu, assure le sage – peut-être avec un sourire en coin –, n’hésitera pas, s’il le faut, à prendre les grands moyens, dût-il pour cela mobiliser une cohorte d’anges protecteurs (v. 11).

7) En évoquant finalement (v. 13) l’attaque du lion et du serpent, les animaux considérés de tout temps comme les plus redoutables, on en revient aux dangers plus sérieux. La bête la plus menaçante qu’on puisse imaginer, le dragon lui-même, n’est pas à craindre. « Il m’appelle et moi je lui réponds »

Quelque épreuve que tu puisses traverser, quelque menace que tu puisses imaginer, garde cette certitude : ton Dieu est avec toi, il ne t’abandonne jamais. Comme si, proclamée par une parole humaine, cette assurance ne suffisait pas, le psaume fait entendre en finale la parole de Dieu lui-même (v. 14-16). Un peu comme au livre de Job, Yahvé vient confirmer en finale les propos de ce dernier : « Job, mon serviteur, a bien parlé de moi ». Mais, dans notre psaume, les propos divins, à la différence des affirmations de sagesse qui ont précédé, ne font pas intervenir un langage imagé. Plus question de maison, de rempart, de bouclier ni d’anges, mais un langage «réaliste» : je l’affranchis, je l’exalte, je lui réponds, je suis avec lui, je veux le délivrer, le glorifier, le rassasier de longs jours, lui faire voir mon salut.

Sans doute, ces mots sont-ils d’abord à entendre au sens premier, dans la perspective d’une délivrance, d’une protection et d’un « salut » visant la vie présente. Mais pour des croyants, certains de ces mots sont chargés de résonances : « Voici que mon Serviteur sera exalté et glorifié à l’extrême » (Isaïe 52,13); « Le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus » (Actes 3,13). En entendant la finale du psaume, des croyants comprennent qu’avec Dieu l’offre dépasse toujours la demande, que ces mots projettent le regard vers « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur humain, ce que Dieu prépare pour ceux qui l’aiment » (1 Corinthiens 2,9).

fr. Michel Gourgues

L’ Amour de la Sagesse Eternelle – Par Saint Louis-Marie Grignion de Monfort

18 juillet, 2007

Je mets seulement le chapitre I, naturellement le texte est plus long, je pense que, comme en Italie, il-y-a le droits d’auteur et je ne peux pas, même pour longueur,  mettre tout, le teste est très beau, si vous voulez vous pourvoyez aller a le site pour lire tout , du site:

http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Montfort/Sagesse/sagesse.html

L’ Amour de la Sagesse Eternelle

Par Saint Louis-Marie Grignion de Monfort

Prière à la Sagesse éternelle

1. O divine Sagesse, souveraine du ciel et de la terre, humblement prosterné devant vous, je vous demande pardon de ceque je suis assez hardi pour parler de vos grandeurs, étantaussi ignorant et aussi criminel que je suis. Ne regardez pas, je vous prie, les ténèbres de mon esprit et les souillures de ma bouche, ou, si vous les regardez, que ce nesoit que pour les détruire d’une oeillade de vos yeux et d’un souffle de votre bouche. Vous avez tant de beautés et de douceurs, vous m’avez préservé de tant de maux et comblé de tant de bienfaits, et vous êtes d’ailleurs si inconnue et méprisée. Comment voulez-vous que je me taise? Non seulement la justice et la reconnaissance, mais mon intérêt même m’obligent à parler de vous, quoiqu’en bégayant. Comme un enfant, je ne fais que bégayer, il est vrai, mais c’est que jesuis encore enfant, et, en bégayant, je désire apprendre àbien parler, lorsque je serai arrivé à la plénitude de votre âge.

2. Il n’y a pas, ce semble, d’esprit ni d’ordre dans ce que j’écris, je l’avoue, mais c’est que j’ai si grande envie de vous posséder, qu’à l’exemple de Salomon je vous cherche de tous côtés en tournant sans méthode. Si je tâche de vous faire connaître en ce monde, c’est parce que vous-même avez promis que tous ceux qui vous éclaireraient et découvriraient en auraient la vie éternelle. Agréez donc, mon aimable princesse, mes petits bégayements comme des discours relevés, recevez les traits de ma plume comme autant de pas que je fais pour vous trouver; et donnez, du haut de votre trône, tant de bénédictions et de lumières à ce que je veux faire et dire de vous, que tous ceux qui l’entendront soient enflammés d’un nouveau désir de vous aimer et de vous posséder dans le temps et dans l’éternité.

AVIS QUE LA DIVINE SAGESSE DONNE AUX PRINCES ET AUX GRANDS DU MONDE
DANS LE SIXIEME CHAPITRE DU « LIVRE DE LA SAGESSE »

3. [1] La Sagesse est plus estimable que la force, et l’homme prudent vaut mieux que le courageux.
[2] Vous donc, ô rois, écoutez et comprenez; recevez l’instruction, juges de toute la terre.
[3] Prêtez l’oreille, vous qui gouvernez les peuples et qui vous glorifiez de voir sous vous un grand nombre de nations.
[4] Considérez que vous avez reçucette puissance du Seigneur et cette domination du Très-Haut, qui interrogera vos oeuvres et qui sondera le fond de vos pensées.
[5] Parce qu’étant les ministres de son Royaume, vous n’avez pas jugé équitablement, que vous n’avez point gardé la loi de la justice et que vous n’avez point marché selon la volonté de Dieu.
[6] Il se fera voir à vous d’une manière effroyable et dans peu de temps, parce que ceux qui commandent les autres seront jugés avec une extrême rigueur.
[7] Car on a plus de compassion pour les petits et on leur pardonne plus aisément; mais les puissants seront tourmentés puissamment.
[8] Dieu n’exceptera personne; il ne réputera la grandeur de qui que ce soit; parce qu’il a fait les grands comme les petits et qu’il a également soin de tous.
9. Mais les plus [grands] sont menacés des plus grands supplices.
10. C’est donc à vous, ô rois, que j’adresse ces discours, afin que vous appreniez la Sagesse et que vous ne tombiez pas.
11. Car ceux qui auront fait justement les actions de justice ce seront traités comme justes, et ceux qui auront appris ce que j’enseigne trouveront de quoi se défendre.
12. Ayez donc un désir ardent pour mes paroles, aimez-les, et vous y trouverez votre instruction.

4. 13. La Sagesse est pleine de lumière et sa beauté ne se flétrit point. Ceux qui l’aiment la découvrent aisément et ceux qui la cherchent la trouvent.
14. Elle prévient ceux qui la désirent et elle se montre à eux la première.
15. Celui qui veille dès le matin pour la posséder n’aura pas de peine, parce qu’il la trouvera assise à sa porte.
16. Ainsi occuper sa pensée de la Sagesse est la parfaite prudence, et celui qui veillera pour l’acquérir sera bientôt en repos.
17. Car elle tourne elle-même de tous côtés pour chercher ceux qui sont dignes d’elle; elle se montre à eux agréablement dans ses voies, et elle va au-devant d’eux avec tout le soin de sa providence.
18. Le commencement donc de la Sagesse est le désir sincère de l’instruction; le désir de l’instruction est l’amour; l’amour est l’observation des lois.
19. L’attention à observer ses lois est l’affermissement de la parfaite pureté de l’âme.
20. Et cette parfaite pureté fait que l’homme est proche de Dieu.
21. C’est ainsi que le désir de la Sagesse conduit au royaume éternel.
22. Si donc vous avez de la complaisance pour les trônes et les sceptres, ô rois des peuples, aimez la Sagesse, afin que vous régniez éternellement.
23. Aimez la lumière de la Sagesse, vous tous qui commandez les peuples du monde.
24. Je représenterai maintenant ce que c’est que la Sagesse et quelle a été son origine; je ne vous cacherai point les secrets de Dieu, mais je remonterai jusqu’au commencement de sa naissance; je la produirai au jour et la ferai connaître, et je ne cacherai point la vérité.
25. Je n’imiterai point celui qui est desséché d’envie, parce que l’envieux n’aura point de part à la Sagesse.
26. Or la multitude de ses sages est le salut du monde, et un roi prudent est le soutien de son peuple.
27. Recevez donc l’instruction par mes paroles, et elle vous sera avantageuse.

REMARQUES DE L’AUTEUR5. Je n’ai pas voulu, mon cher lecteur, mêler la faiblesse de mon langage avec l’autorité des paroles du Saint-Esprit dans ce chapitre. Mais qu’il me soit permis de remarquer avec vous:
1. Combien la Sagesse éternelle est de soi-même douce, facile et engageante, quoiqu’elle soit si brillante, si excellente et si sublime! Elle appelle les hommes pour leur apprendre les moyens d’être heureux; elle les cherche; elle leur sourit; elle les comble de mille bienfaits; elle les prévient en mille manières différentes, jusqu’à s’asseoir à la porte de leur maison, pour les attendre et leur donner des marques de son amitié.
Peut-on avoir un coeur, et le refuser à cette douce conquérante?

6. 2. Quel est le malheur des grands et des riches s’ils n’aiment pas la Sagesse! Que les paroles qu’elle leur adresse sont effrayantes! Elles sont inexplicables en notre langue : Horrende et cito apparebit vobis… Judicium durissimum his qui praesunt fiet… Potentes… potenter tormenta patientur. Fortioribus… fortior instat cruciato. [Sag 6,6,7,9]
Ajoutons à ces paroles quelques-unes de celles qu’elle leur a dites ou fait dire depuis son Incarnation: Vae vobis, divitibus. Facilius est camelum pere foramen acus transire quam divitem intrare in regnum caelorum. Matt.19. Marc,Luc 18.
Ces dernières paroles ont été tant defois répétées par la divine Sagesse, lorsqu’elle vivait sur la terre, que trois évangelistes les ont rapportées de la manière, sans y rien changer; ce qui devrait faire fondre en larmes, crier et hurler les riches: Agite nunc, divites, plorate, ululantes in miseriis quae advenient vobis! Jac 5. [Jc 5,1] Mais, hélas! ils ont ici-bas leur consolation; ils sont comme ensorcelés par leurs plaisirs et par leurs richesses, et ils ne voient pas les malheurs qui leur pendent sur la tête.

7. 3. Salomon donne sa parole qu’il fera une description fidèle et exacte de la Sagesse, et que ni l’envie ni l’orgeuil, qui sont contraires à la charité, ne l’empêcheront pas de communiquer une science qui lui a été donnée du ciel, en sorte qu’il ne craint point que les autres ou l’égalent ou
le surpassent en connaissance. [cf. Sg 6,24-26]
C’est à l’exemple de ce grand homme que je vais expliquer simplement ce que c’est que la Sagesse avant son incarnation, dans son incarnation, et après son incarnation, et les moyens de l’obtenir et de la conserver.
Mais n’ayant pas l’abondance des connaissances et des lumières qu’il avait, je n’ai pas tant à craindre l’envie et l’orgueil que mon insuffisance et mon ignorance, que je vous prie de supporter et d’excuser par votre charité.

CHAPITRE I

Pour aimer et rechercher la divine Sagesse, il est nécessaire de la connaître.

[1. Nécessité de la connaissance de la Divine Sagesse]

8. Peut-on aimer ce qu’on ne connaît pas? Peut-on aimer ardemment ce qu’on ne connaît qu’imparfaitement?
Pourquoi est-ce qu’on aime si peu la Sagesse éternelle et incarnée, l’adorable Jésus, sinon parce qu’on ne la connaît pas, ou très peu?
Il n’y a presque personne qui étudie comme il faut, avec l’Apôtre, cette science suréminente de Jésus, qui est cependant la plus noble, la plus douce, la plus utile et la plus nécessaire de toutes les sciences et connaissances du ciel et de la terre.

9. [1] C’est premièrement la plus noble de toutes les sciences, parce qu’elle a pour objet ce qu’il y a de plus noble et de plus sublime, la Sagesse incréée et incarnée, qui renferme en soi toute la plénitude de la divinité et de l’humanité, tout ce qu’il y a de grand au ciel et sur la terre, toutes les créatures visibles et invisibles, spirituelles et corporelles. Saint Jean Chrysostome dit que Notre-Seigneur est un sommaire des oeuvres de Dieu, un tableau raccourci de toutes
ses perfections et de toutes celles qui sont dans les créatures.
Omnia quae velle potes aut debes est Dominus Jesus Christus. Desidera hunc, requiere hunc, quia haec est una et pretiosa margarita pro qua emenda etiam vendenda sunt omnia quae tua sunt: Jésus-Christ, la Sagesse éternelle, est tout ce que vous pouvez et devez désirer. Désirez-le, cherchez-le, parce qu’il est cette unique et précieuse perle pour l’achat de laquelle vous ne devez pas faire difficulté de vendre tout ce que vous avez. In hoc glorietur qui gloriatur, scire et nosse me. St. Hironi 9: Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, ni le fort de sa force, ni le riche de ses richesses; mais que celui qui se glorifie tire sa gloire de ce qu’il me connaît, et non de ce qu’il connaît autre chose.

10. 2. Il n’y a rien de si doux que la connaissance de la divine Sagesse: Bienheureux ceux quil’écoutent; plus heureux sont ceux qui la désirent et la recherchent; mais les plus heureux sont ceux qui gardent ses voies, goûtent en leur coeur cette douceur infinie qui est la joie et la félicité du Père éternel et la gloire des anges. [Pr 2,1-9]
Si on savait quel est le plaisir que goûte une âme qui connaît la beauté de la Sagesse, qui suce le lait de cette mamelle du Père, mamilla Patris, [on] s’écrierait avec l’Epouse: « Meliora sunt ubera tua vino: le lait de vos mamelles est plus doux que le vin délicieux et que toutes les douceurs des créatures »; particulièrement lorsqu’elle fait entendre aux âmes qui la contemplent ces paroles: « Gustate et videte: goûtez et voyez. Comedite… et bibite: mangez et buvez; et inebriamini, et enivrez-vous de mes douceurs éternelles; car mon entretien n’a rien de désagréable, ni ma compagnie d’ennuyeux, mais on n’y trouve que de la satisfaction et de la joie: non enim habet amaritudinem conversatio illius; nec taedium convictus illius, sed laetitiam et gaudium ».

11. 3. Cette connaissance de la Sagesse éternelle n’est pas seulement la plus noble et la plus douce, mais encore la plus utile et la plus nécessaire, parce que la vie éternelle consiste à connaître Dieu et son Fils Jésus-Christ. « Vous connaître, s’écrie le Sage, parlant à la Sagesse, est la parfaite justice; et comprendre votre équité et votre puissance est la racine de l’immortalité. » Voulons-nous, en vérité, avoir la vie éternelle, ayons donc la connaissance de la Sagesse éternelle.
Voulons-nous avoir la perfection de la sainteté en ce monde, connaissons la Sagesse.
Voulons-nous avoir en notre coeur la racine de l’immortalité, ayons en notre esprit la connaissance de la Sagesse: Savoir Jésus-Christ la Sagesse incarnée, c’est assez savoir; savoir tout et ne le pas savoir, c’est ne rien savoir.

12. Que sert-il à un tireur de flèches de savoir tirer dans les côtés du blanc où il vise, s’il ne sait pas tirer droit dedans? De quoi nous serviront toutes les autres sciences nécessaires au salut si nous ne savons pas celle de Jésus-Christ, qui est l’unique nécessaire et le centre où toutes doivent aboutir? Quoique le grand Apôtre sût tant de choses et qu’il fût si versé dans les lettres humaines, il disait pourtant qu’il ne croyait savoir que Jésus-Christ crucifié:
Non judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum, et hunc crucifixum, 1 Corint 2. [1 Co 2,2]
Disons donc avec lui: « Quae mihi fuerunt lucra, haec arbitratus sum propter Christum detrimenta. Verumtamen [existimo] omnia detrimentum esse, propter eminentem scientiam Jesu Christi, Domini mei: Je méprise toutes ces connaissances desquelles j’ai jusques ici fait état, en comparaison de celle de Jésus -Christ, mon Seigneur. » Je vois maintenant et j’expérimente que cette science est si excellent, si délicieuse, si profitable et si admirable, que je ne tiens aucun compte de toutes les autres, qui autrefois m’avaient tant plu; et elles me semblent à présent si vides et si ridicules, que c’est perdre son temps que de s’y amuser:
« Haec autem dico ut nemo vos decipiat in sublimitate sermonum. Videte ne quis vos decipiat per philosophiam et inanem fallaciam: Je vous dis que Jésus-Christ est l’abîme de toute la science, afin que vous ne vous laissiez point tromper aux belles et magnifiques paroles des orateurs ni aux subtilités si trompeuses des philosophes. Crescite in gratiam et in cognitione Domini nostri et Salvatoris Jesu Christi. » Or, afin que nous croissions tous dans lagrâce et la connaissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, nous en parlerons dans les chapitres suivants, après que nous aurons distingué plusieurs sortes de sagesse.

[2. Définition et division du sujet]

13. La sagesse, en général, prise selon la signification de son nom, est une science savoureuse, sapida scientia, ou le goût de Dieu et de sa vérité. Il y a plusieurs sortes de sagesses. Premièrement, elles se distinguent en véritable et fausse sagesse: la véritable est le goût de la vérité sans mensonge ni déguisement; la fausse est le goût du mensonge, couvert de l’apparence de la vérité.
Cette fausse sagesse est la sagesse ou prudence mondaine que le Saint-Esprit distingue en trois: Sapientia terrena, animalis, diabolica: la sagesse terrestre, animale et diabolique. [Jc 3,15]
La vraie sagesse se distingue en sagesse naturelle et surnaturelle.
La sagesse naturelle est la connaissance des choses naturelles d’une manière éminente dans leurs principes. La sagesse surnaturelle est la connaissance des choses surnaturelles et divines dans leur origine.
Cette sagesse surnaturelle se divise en sagesse substantielle et incréée, et en sagesse accidentelle et créée.
La sagesse accidentelle et créée est la communication que fait d’elle-même aux hommes la Sagesse incréée, autrement c’est le don de la sagesse. La Sagesse substantielle et incréée est le Fils de Dieu, la seconde Personne de la très Sainte-Trinité, autrement la Sagesse éternelle dans l’éternité, ou Jésus-
Christ dans le temps. C’est proprement de cette Sagesse éternelle dont nous allons parler.

14. Dès son origine, nous la contemplerons dans l’éternité, résidente dans le sein de son Père, comme l’objet de ses complaisances.
Nous la verrons dans le temps, brillante dans la création de l’univers.
Nous la regarderons ensuite tout humiliée dans son incarnation et dans sa vie mortelle, et puis nous la trouverons glorieuse et triomphante dans les cieux.
Enfin nous verrons quels sont les moyens dont il faut se servir pour l’acquérir et la conserver.
Je laisse donc aux philosophes les arguments de leur philosophie comme inutiles; je laisse aux chimistes les secrets de leur sagesse mondaine.
Sapientiam loquimur inter perfectos: Parlons donc de la vraie Sagesse, de la Sagesse éternelle, incréée et incarnée, aux âmes parfaites et prédestinées
.

une prière a Marie cette nuit très chaud de juillet, Gabriella

18 juillet, 2007

Marie « Mater Bonii Consilii »

             °°°

Je te bénis Maria

« Mater Bonii Consili »

Mère des augustiniens,

Notre mère

de toujour

          °°°

Conserve-nous ton amour,

ta pitié

Ton secours,

Ton sourire,

La bénédiction,

          °°°

 si nous ne réussissons pas

À soulever le regard

Fait-toi descendre le tien

sur nos fatigues

et déceptions

          °°°

Dans le jour de notre joie

Donne-nous de courir

Comme toi à Elisabeth

pour donner la joie

et bénir la venue du Seigneur

          °°°

Gabriella

bonne nuit

18 juillet, 2007

bonne nuit dans Pape Benoit baikaltealm8ac

la sarcelle élégante (mon coup de coeur):

http://www.aquatechnobel.be/wiki/index.php/Les_canards

« Je proclame ta louange »

18 juillet, 2007

Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite
Le Ciel dans la foi (OC, Cerf 1991, p. 125)

« Je proclame ta louange »

Nous avons été prédestinés par un décret de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté, afin que nous soyons la « louange de sa gloire » (Ep 1,6.12.14). C’est saint Paul qui parle ainsi, saint Paul instruit par Dieu lui-même. Comment réaliser ce grand rêve du Coeur de notre Dieu, ce vouloir immuable sur nos âmes ? Comment, en un mot, répondre à notre vocation et devenir parfaites « louanges de gloire » de la très sainte Trinité ?

Au ciel, chaque âme est une louange de gloire au Père, au Verbe, à l’Esprit Saint, parce que chaque âme est fixée dans le pur amour et ne vit plus de sa vie propre, mais de la vie de Dieu. Alors elle le connaît, dit saint Paul, « comme elle est connue de lui » (1Co 13,12) ; en d’autres termes, son entendement est l’entendement de Dieu, sa volonté est la volonté de Dieu, son amour est l’amour même de Dieu. C’est en réalité l’Esprit d’amour et de force qui transforme l’âme, car lui ayant été donné pour suppléer à ce qui lui manquait, comme dit encore saint Paul, il opère en elle cette glorieuse transformation (cf. Rm 8,26)…

Une louange de gloire, c’est une âme qui demeure en Dieu, qui l’aime d’un amour pur et désintéressé, sans se rechercher dans la douceur de cet amour ; c’est une âme qui l’aime par dessus tous ses dons et quand même elle n’aurait rien reçu de lui… Une louange de gloire est un être toujours dans l’action de grâces. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées, de ses aspirations, en même temps qu’ils l’enracinent plus profondément dans l’amour, sont comme un écho du Sanctus éternel.