Archive pour le 5 juillet, 2007

bonne nuit

5 juillet, 2007

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. geranio%20imperiale

nome botanico:Pelargonium grandiflorum

nome comune: geranio imperiale

famiglia:Geraniaceae

http://www.leserre.it/enciclopedia419/geraniaceae/geranio_imperiale/pelargonium_grandiflorum.html

« Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 15,20)

5 juillet, 2007

Saint Aphraate ( ?-vers 345), moine et évêque à Ninive, près de Mossoul dans l’actuel Irak
Les Exposés, n° 21 (trad. SC 359, p. 835s)

« Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 15,20)

Jésus a été persécuté comme les justes [de l’Ancien Testament] ont été persécutés, afin que soient consolés les persécutés d’aujourd’hui, eux qui sont persécutés à cause de Jésus persécuté. Car il nous a écrit et nous a lui-même rendu coeur : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. Puisqu’ils vous persécutent, c’est que vous n’êtes pas du monde, comme moi je n’en suis pas » (Jn 15,19-20;17,14). Auparavant en effet, il nous avait écrit : « Vos pères vous livreront, vos frères et vos parents, tout le monde vous prendra en haine à cause de mon nom ». Il nous a encore enseigné : « Lorsqu’ils vous feront comparaître devant les chefs, devant les magistrats et devant les rois qui tiennent le monde, ne vous creusez pas la tête auparavant pour ce que vous devrez dire, comment vous pourrez répondre : c’est moi qui vous donnerai une bouche et une sagesse telle que vos adversaires ne pourront vous vaincre, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père, lui, parlera pour vous ».

C’est cet Esprit qui a parlé par la bouche de Jacob à Ésaü son persécuteur ; l’Esprit de sagesse qui a parlé devant Pharaon par la bouche de Joseph persécuté ; l’Esprit qui a parlé par la bouche de Moïse en tous les miracles qu’il a fait au pays d’Égypte…; l’Esprit qui chantait par la bouche de David persécuté, c’est par lui qu’il chantait pour soulager du mauvais esprit Saül son persécuteur ; l’Esprit qui avait revêtu Élie, avec lequel il a réprimandé Jézabel et Achab son persécuteur…; l’Esprit qui a réconforté Jérémie, et il s’est tenu debout, audacieusement, pour réprimander Sédécias ; l’Esprit qui a gardé Daniel et ses frères au pays de Babylone ; ce même Esprit qui a sauvegardé Mardochée et Esther dans le pays de leur captivité.

Écoute, mon ami, les noms des martyrs, des confesseurs et des persécutés : Abel, Jacob, Joseph, Moïse, Josué, Jephté, Samson, Gédéon et Baraq, David, Samuel, Ezechias, Elie, Elisée, Michée, Jérémie, Daniel, Ananias et ses frères, Judas Maccabée et ses frères… Mais le martyre de Jésus a été le plus grand et le meilleur : il a surpassé en tribulation et en confession tous ceux d’autrefois et tous ceux à venir.

Jesus et les enfants

5 juillet, 2007

Jesus et les enfants dans images sacrée bambini%20gesu%20molare1

http://blog.libero.it/calendario/view.php?id=calendario&mm=0&gg=070611

Catéchèse sur saint Basile

5 juillet, 2007

 du site

http://www.zenit.org/article-15777?l=french 

Catéchèse sur saint Basile

Texte intégral

ROME, Mercredi 4 juillet 2007 (ZENIT.org) Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse que le pape Benoît XVI a prononcée au cours de laudience générale de ce mercredi.

* * *
Chers fr
ères et sœurs,

Aujourd’hui, nous voulons rappeler l’un des grands Pères de l’Eglise, saint Basile, défini par les textes liturgiques byzantins comme une « lumière de l’Eglise ». Il fut un grand évêque du IVe siècle, que l’Eglise d’Orient tout comme celle d’Occident considère avec admiration, en raison de sa sainteté de vie, de l’excellence de sa doctrine et de la synthèse harmonieuse entre ses qualités spéculatives et pratiques. Il naquit autour de 330 dans une famille de saints, « authentique Eglise domestique », qui vivait dans un climat de foi profonde. Il fit ses études auprès des meilleures maîtres d’Athènes et de Constantinople. Insatisfait de ses succès dans le monde, et s’étant rendu compte qu’il avait perdu beaucoup de temps en vanités, il confesse lui-même : « Un jour, comme me réveillant d’un sommeil profond, je me tournai vers l’admirable lumière de la vérité de l’Evangile…, et je pleurai sur ma vie misérable » (cf. Ep. 223: PG 32, 824a). Attiré par le Christ, il commença à regarder vers Lui et à n’écouter que Lui (f. Moralia 80, 1: PG 31, 860bc.). Il se consacra avec détermination à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Ecritures et des écrits des Pères de l’Eglise, et dans l’exercice de la charité (cf. Epp. 2 et 22), suivant également l’exemple de sa sœur, sainte Macrine, qui vivait déjà dans l’ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et, enfin, en 370, évêque de Césarée de Cappadoce dans l’actuelle Turquie.

A travers sa prédication et ses écrits, il réalisa une intense activité pastorale, théologique et littéraire. Avec un sage équilibre, il sut concilier le service des âmes et le dévouement à la prière et à la méditation dans la solitude. Fort de son expérience personnelle, il encouragea la fondation de nombreuses « fraternités » ou communautés de chrétiens consacrés à Dieu, auxquelles il rendait fréquemment visite (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43,29 in laudem Basilii: PG 36, 536b). A travers la parole et les écrits, dont un grand nombre sont parvenus jusqu’à nous (cf. Regulae brevius tractatae, Préambule: PG 31, 1080ab), il les exhortait à vivre et à progresser dans la perfection. Divers législateurs du monachisme antique ont puisé à ses œuvres, dont saint Benoît, qui considérait Basile comme son maître (cf. Regula 73, 5). En réalité, il a créé un monachisme très particulier : non pas fermé à l’Eglise locale, mais ouvert à elle. Ses moines faisaient partie de l’Eglise particulière, ils en étaient le centre vivant qui, précédant les autres fidèles à la suite du Christ, et non seulement dans la foi, montrait la ferme adhésion au Christ, l’amour pour Lui, surtout dans les œuvres de charité. Ces moines, qui avaient des écoles et des hôpitaux, étaient au service des pauvres et ont ainsi montré l’intégrité de la vie chrétienne. Ainsi, écrivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II : « beaucoup pensent que cette institution importante qu’est la vie monastique dans la structure de toute l’Eglise, a été établie au cours des siècles surtout par saint Basile ou au moins qu’elle n’a pas été définie selon sa nature propre sans sa participation décisive » (Lettre apostolique Patres Ecclesiae, n. 2; cf. Osservatore Romano en Langue française n. 3 du 15 janvier 1980).

En tant qu’évêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se soucia constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles ; il dénonça avec fermeté les maux ; il s’engagea en faveur des plus pauvres et des laissés-pour-compte ; il intervint également auprès des gouvernants pour soulager les souffrances de la population, en particulier dans les périodes de catastrophes ; il veilla pour la liberté de l’Eglise, s’opposant également aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 48-51 in Laudem Basilii: PG 36, 557c-561c). A Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit un grand témoignage, en construisant plusieurs hospices pour les plus démunis (cf. Basile, Ep. 94: PG 32, 488bc), une sorte de ville de la miséricorde, qui prit de lui son nom de Basiliade (cf. Sozomeno, Historia Eccl. 6, 34: PG 67, 1397a). Celle-ci se trouve à l’origine des institutions hospitalières modernes d’accueil et de soin des malades.

Conscient que « la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source dont émane toute sa vertu » (Sacrosanctum concilium, 10), Basile, bien que toujours soucieux de réaliser la charité qui est la caractéristique de la, foi fut également un sage « réformateur liturgique » (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 34 in laudem Basilii: PG 36, 541c). En effet, il nous a laissé une grande prière eucharistique [ou anaphore] qui tire son nom de lui, et il a donné une organisation fondamentale à la prière et à la psalmodie : sur son impulsion, le peuple aima et connut les Psaumes, et il se rendait en prière également la nuit (cf. Basile , In Psalmum, 1, 1-2: PG 29, 212a-213c). Et ainsi, nous voyons que liturgie, adoration, prière avec l’Eglise et charité vont de pair et se conditionnent réciproquement.

Basile sut s’opposer avec zèle et courage aux hérétiques, qui niaient que Jésus Christ soit Dieu comme le Père (cf. Basile, Ep. 9, 3: PG 32, 272a; Ep. 52, 1-3: Pg 32, 392b-396a; Adv. Eunomium, 1, 20: PG 29, 556c). De même, contre ceux qui n’acceptaient pas la divinité de l’Esprit Saint, il soutint que l’Esprit est Dieu lui aussi, et « doit être compté et glorifié avec le Père et le Fils » (cf. De Spiritu Sancto: SC 17bis, 348). C’est pourquoi Basile est l’un des grands Pères qui ont formulé la doctrine sur la Trinité : l’unique Dieu, précisément parce qu’il est amour, est un Dieu en trois Personnes, qui forment l’unité la plus profonde qui existe : l’unité divine.

Dans son amour pour le Christ et pour son Evangile, le grand Cappadocien s’engagea également à recomposer les divisions au sein de l’Eglise (cf. Epp. 70 et 243), se prodiguant afin que tous se convertissent au Christ et à sa Parole (cf. De iudicio 4: PG 31,660b-661a), force unificatrice, à laquelle tous les croyants doivent obéir (cf. ibid. 1-3: PG 31, 653a-656c).

En conclusion, Basile se dévoua totalement au fidèle service de l’Eglise et à l’exercice du ministère épiscopal aux multiples aspects. Selon le programme qu’il traça lui-même, il devint « apôtre et ministre du Christ, dispensateur des mystères de Dieu, héraut du royaume, modèle et règle de piété, œil du corps de l’Eglise, pasteur des brebis du Christ, pieux médecin, père et nourricier, coopérateur de Dieu, vigneron de Dieu, bâtisseur du temple de Dieu » (cf. Moralia 80, 11-20: PG 31, 864b-868b).

C’est ce programme que le saint évêque remet aux annonciateurs de la Parole, hier comme aujourd’hui, un programme qu’il s’engagea lui-même généreusement à mettre en pratique. En 379, Basile, qui n’avait pas encore cinquante ans, consumé par les peines et par l’ascèse, retourna à Dieu, « dans l’espérance de la vie éternelle, à travers Jésus Christ notre Seigneur » (De Baptismo 1, 2, 9). C’est un homme qui a véritablement vécu avec le regard fixé sur le Christ. C’était un homme d’amour envers son prochain. Empli de l’espérance et de la joie de la foi, Basile nous montre comment être réellement chrétiens.

Voici le résumé de la catéchèse, en français, lu par le pape

Chers Frères et Sœurs, Aujourdhui, notre attention est retenue par la très grande et lumineuse figure de saint Basile. Né autour de 330, dans une famille profondément croyante, instruit par les meilleurs maîtres dAthènes et de Constantinople, saint Basile se détourna dune vie quil considéra jusqualors « gaspillée » pour entrer dans la vie monastique, afin de contempler le Christ et de n’écouter que Lui seul. Ordonné prêtre, il devint, en 370, évêque de Césarée de Cappadoce.

La brièveté de son épiscopat, qui ne dura quune petite dizaine dannée, ne lui fit pourtant négliger aucun aspect de sa mission de pasteur. Par sa prédication et ses écrits, il fortifia la foi des fidèles. Face aux hérésies, il défendit la divinité du Christ et de lEsprit Saint. Soucieux de sauvegarder lunité de l’Église, il en protégea aussi la liberté vis-à-vis des pouvoirs politiques. Réformateur de la liturgie, il se montra également très attentif aux difficiles conditions matérielles des fidèles, créant notamment divers hospices pour les nécessiteux, qui formeront une véritable « cité de la miséricorde », à laquelle on donnera le nom de Basiliade.

Ayant favorisé l’émergence de fraternités de chrétiens consacrés à Dieu, il développa aussi une profonde réflexion sur lexpérience monastique, dont Saint Benoît, dans sa Règle, se reconnaîtra le débiteur.

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les Sœurs de St Joseph de lApparition réunies à Rome pour leur Chapitre général et les jeunes de France et de Belgique. Évoquant la figure de saint Basile, je vous invite à prier pour les Évêques du monde entier, afin que chacun deux soit une fidèle image du Christ bon Pasteur.

Appel du pape aux jeunes en préparation à la Journée mondiale de la Jeunesse 2008

Ma pensée se tourne à présent vers la Rencontre mondiale des jeunes qui se déroulera à Sydney dans un an environ. Je voudrais à présent adresser, en anglais, une salutation chaleureuse et un vif encouragement aux jeunes ici présents et à tous les jeunes du monde qui se préparent pour cette joyeuse rencontre de foi. Chers jeunes, Dans un an nous nous retrouverons à la Journée mondiale de la Jeunesse à Sydney ! Je voudrais vous encourager à bien vous préparer pour cette merveilleuse célébration de la foi, qui se déroulera en compagnie de vos évêques, prêtres, religieux, responsables des jeunes et les uns et les autres. Entrez pleinement dans la vie de vos paroisses et participez avec enthousiasme aux événements organisés par vos diocèses ! Vous serez ainsi spirituellement préparés à faire lexpérience dune compréhension plus profonde de ce en quoi nous croyons, lorsque nous nous rassemblerons à Sydney en juillet prochain. « Vous allez recevoir une force, celle de lEsprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins jusquaux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Comme vous le savez, ces paroles de Jésus constituent le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse 2008. Nous ne pouvons quimaginer la réaction des apôtres lorsquils entendirent ces paroles, mais leur confusion était sans aucun doute tempérée par un sentiment de crainte et dimpatience quant à la venue de lEsprit. Unis dans la prière avec Marie et les autres, dans le Cénacle (cf. Ac 1, 14), ils firent lexpérience de la véritable puissance de lEsprit dont la présence transforme lincertitude, la crainte et la division en détermination, espérance et communion.

Nous aussi nous éprouvons un sentiment de crainte et dimpatience, alors que nous nous préparons à nous rencontrer à Sydney. Pour beaucoup dentre nous, ce sera un long voyage. Toutefois, lAustralie et son peuple évoquent des images daccueil chaleureux et de beauté merveilleuse, lhistoire ancienne des Aborigènes, une multitude de villes et communautés pleines de vie. Je sais que les autorités ecclésiales et gouvernementales travaillent déjà activement, aux côtés de nombreux jeunes Australiens, pour nous permettre à tous de vivre une expérience exceptionnelle. Je leur adresse mes remerciements les plus sincères.

La Journée mondiale de la Jeunesse est bien plus quun événement. Cest un temps de profond renouveau spirituel, dont les fruits profitent à toute la société. Les jeunes pèlerins sont remplis du désir de prier, d’être nourris de la Parole et des Sacrements, d’être transformés par lEsprit Saint, qui éclaire la merveille de l’âme humaine et montre le chemin pour être « expression et instrument de lamour qui émane [du Christ] » (Deus Caritas Est, 33).

Cest de cet amour, lamour du Christ, dont le monde à soif. Vous êtes ainsi appelés par beaucoup à « être ses témoins ». Certains dentre vous ont des amis qui possèdent peu de vrais objectifs dans la vie, qui sont peut-être engagés dans une quête futile de nouvelles expériences sans fin. Emmenez-les eux aussi à la Journée mondiale de la Jeunesse. Jai remarqué en effet qu’à contre-courant du sécularisme, de nombreux jeunes redécouvrent la quête gratifiante de la beauté, de la bonté, et de la vérité authentiques. A travers votre témoignage vous les aidez dans leur recherche de lEsprit de Dieu. Soyez courageux dans ce témoignage ! Efforcez-vous de répandre la lumière du Christ qui guide, qui donne un but à toute vie, en rendant la joie durable et le bonheur possibles pour tous.

Mes chers jeunes, que Dieu vous protège, en attendant que nous nous rencontrions à Sydney. Confions ces préparatifs à Notre-Dame de la Croix du Sud, Secours des Chrétiens. Avec elle, prions : « Viens Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour ».

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! (Jn

5 juillet, 2007

du site:

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20020303_berulle_fr.html

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! (Jn 4, 10)

« L‘une des excellentes catéchèses du Fils de Dieu est celle faite en la campagne de Samarie, en plein midi, sous un ardent soleil, qui du ciel recevait sa lumière de ce soleil qui était en la terre. Cette catéchèse se passe entre Jésus et une femme seule, en l’absence des apotres. […] Cette catéchèse est admirable en ses circonstances, en ses paroles, en ses effets, car elle contient en peu de paroles les plus hauts mystères du salut, annoncés par le salut lui-meme à une simple femme, qui ne pense qu’à la terre et ne cherche que l’eau qui est au fond de ce puits de Jacob, cette eau qui la peut abreuver en sa soif corporelle.

En un moment il la tire de l’erreur à la vérité, du péché à la grace, de la perte au salut, de son ignorance de Dieu à la connaissance et adoration du Fils de Dieu en la terre, c’est-à-dire à la connaissance la plus haute et la plus nécessaire qui fut alors au monde: le mystère de l’Incamation [].

Mais, parmi toutes les paroles, l’une d’elles mérite d’étre considérée, d’étre adorée, d’étre pénétrée par nos esprits: celle où Jésus dit à la femme: Si tu savais le don de Dieu. Car cette parole exprime un soupir et une langueur du Fils de Dieu, ravi par l’excellence de cette vérité et souffrant que le monde l’ignore, tant elle est haute et importante pour le salut de la terre! Et c’est à nous à adorer la pensée, la douleur, la langueur et les sentiments du Fils de Dieu, et à pénétrer cette vérité qui nous est dite en la personne de cette pauvre Samaritaine.

Que de choses médiocres et petites nous savons en la terre, que de vanités et de curiosités nous y recherchons, alors qu’il n’y a aucune vérité plus haute et plus utile que celle qui est ici proposée: Si tu savais le don de Dieu; aucune parole pour laquelle le Fils de Dieu ait plus dardeur et de désir pour le salut du monde.

(Pierre de Bérulle, Les mystères de la vie du Christ, Cerf, Paris 1988, pp.87-89)

Prière:

Jésus, je taime et je tadore. Je te remercie detre venu sur la terre pour etre mon salut et ma joie. Je te prie, mon Dieu, de ne jamais oublier ou me distraire de ton amour et de pouvoir, chaque jour, mieux répondre au don de la grace que tu maccordes. Ainsi soit-il.

Saint Jean Chrysostome – QU’IL NE FAUT PAS DÉSESPÉRER DE SOI-MÊME…

5 juillet, 2007

du site:

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/chrysostome/index.htm

Saint Jean Chrysostome

HOMÉLIE SUR CE SUJET : QU’IL NE FAUT PAS DÉSESPÉRER DE SOI-MÊME NI PRIER CONTRE SES ENNEMIS ni se décourager quand la prière n’est pas exaucée, et que les maris doivent vivre en paix avec leurs femmes.

ANALYSE.

1° L’orateur éprouve de la joie en voyant les fruits de componction produits par son dernier discours. — 2° Pour bien prier il faut se souvenir de ses péchés et ne pas se souvenir de ses bonnes actions. — 3° Quand Dieu veut faire un grand miracle, il prépare le monde par des figures. Ainsi des femmes stériles enfantent pour disposer les esprits à croire l’enfantement virginal ; ainsi Jonas rejeté par la baleine figure le Christ sortant vivant des entrailles de la mort. La mort avait avalé la pierre angulaire, elle n’a pu la digérer, elle l’a rejetée et avec elle tout le genre humain. — 4° Sarra, figure de l’Eglise. — 5°- 6° Déductions morales à tirer de ses dogmes. — 7° – 8° Une épouse doit être tolérée malgré ses défauts. Puissance de la prière.

1. Je vous suis très-reconnaissant du bon accueil que vous avez fait à mon sermon sûr la prière; vous m’avez rendu bienheureux, car bienheureux est l’orateur à qui l’on prête l’oreille. (Eccl. XXV, 12.) Ce ne sont pas seulement vos applaudissements et vos éloges qui m’ont prouvé votre attention, mais c’est la conduite que je vous ai vu tenir. En effet, quand je vous défendais de prier contre vos ennemis, ajoutent que ceux qui le font irritent Dieu et vont à l’encontre de sa loi (car, puisqu’il a dit : Priez pour vos ennemis (Math. V, 44), si nous prions contre eux, nous lui demandons de violer lui-même sa loi ; pendant .que je parlais ainsi, je voyais beaucoup d’entre vous qui se frappaient la figure et la poitrine, en versant des larmes amères, et qui levaient les mains au ciel pour implorer le pardon de semblables prières. Alors, levant moi-même mes regards vers Dieu, je lui ai rendu grâces des fruits si rapides qu’avait produits mon discours. En effet, telle est la semence spirituelle, elle n’a pas besoin d’années, de temps ni de jours, mais quand elle pénètre une âme généreuse; elle donne sans retard des épis vigoureux et parfaits; voilà ce, qui s’est passé hier pour vous. J’avais semé la componction et j’ai recueilli les gémissements de la confession, gémissements qui sont les richesses des gens de bien. Car, si ce publicain en se frappant la poitrine et en disant : Soyez propice à un pécheur comme moi (Luc, XXV, 25), se retira plus justifié que le pharisien, quelle indulgence. ne devons-nous pas:attendre pour avoir montré tant de componction en si peu de temps? Observez qu’il n’est rien de pire qu’un publicain, c’est la limite du mal; aussi, quand le Christ vent indiquer ce qu’il y a de plus mauvais, il cite toujours la courtisane et le publicain. En lui, en effet, se trouvent la violence sans crainte, la rapine sans répression, l’avarice sans honte, le trafic sans raison, le négoce sans pudeur. Cependant, celui qui avait (276) vécu au milieu de toutes ces infamies, a pu les réparer avec quelques mots seulement, et recevoir même plus qu’il n’avait demandé. Car, il avait dit : Soyez propice à un pécheur comme moi, et Dieu non-seulement lui a été propice, mais l’a justifié plus que le pharisien. Aussi, Paul dit-il : Il peut tout faire de manière à dépasser nos prières et nos pensées. (Eph. III, 20.) Cependant, le pharisien avait prié, il s’était tenu dans le temple, il avait invoqué le même Dieu, il avait dit plus de paroles et commencé sa prière par une action de grâces. D’où vient, cependant, qu’il a perdu les biens qu’il possédait, tandis que l’autre a obtenu la grâce qui lui manquait? C’est que la manière de prier n’était pas la même. L’une des prières était pleine d’arrogance, de faste et d’orgueil, l’autre de franchise. Ainsi celui qui succombait sous le poids d’innombrables péchés, s’en est vu complètement délivré; celui qui arrivait avec un navire chargé de bonnes actions, d’aumônes, de jeûnes; se brisant sur l’écueil de l’orgueil et de la vaine gloire a fait naufragé dans le port: car se perdre par une prière c’est échouer au port. Cependant cela n’arrive point par la nature de la prière , mais par la faute ,de notre volonté.

2. Vous voyez donc que pour notre salut la prière ne suffit pas, mais encore qu’il faut prier suivant les lois que le Christ a établies. Or, quelles lois a-t-il établies? De prier pour nos ennemis, même pour ceux qui nous affligent le plus. Faute de le faire, nous nous perdons entièrement, comme le prouve l’exemple du pharisien. Eh bien! si cet homme, qui n’avait point prié contre ses ennemis, mais qui n’était coupable que de vanité, a été ainsi puni, quel supplice attend ceux qui ‘ne tarissent pas lorsqu’ils parlent contre leurs ennemis ! Que fais-tu donc, mon ami? Tu viens pour demander pardon de tes péchés et tan âme est pleine de colère ? Lorsque nous devrions être plus doux que jamais, puisque nous parlons au Seigneur, que nous implorons pour nos péchés sa miséricorde, sa clémence et son pardon, c’est alors que nous nous irritons, que nous ressemblons à une bête furieuse, et que notre bouche se remplit de fiel? Et comment pourrons-nous, dis-moi, obtenir notre salut si, tout en prenant une attitude suppliante, nous proférons des paroles insensées, et si nous irritons le Seigneur contre nous? Tu es venu pour guérir tes blessures et non pour envenimer celles de ton prochain : c’est le moment de l’expiation, de la prière et des gémissements, non celui de la colère; celui des larmes, et non de la fureur; celui de la componction et non de l’indignation. Pourquoi tout bouleverser? pourquoi te faire la guerre à toi-même? pourquoi détruire ta propre maison? L’homme qui prie doit avant tout avoir l’âme adoucie, l’esprit apaisé, le coeur contrit : ruais celui qui crie contre ses ennemis, ne retirera aucun fruit de sa prière; il ne pourra jamais s’y appliquer avec le calme nécessaire.

Ainsi nous ne devons pas prier contre nos ennemis, mais nous ne devons pas non plus nous souvenir de nos bonnes actions, de peur qu’il ne nous arrive la même chose qu’au pharisien. Car s’il est bon de nous rappeler nos péchés, il n’est pas moins bon d’oublier nos bonnes actions. Pourquoi cela? Parce que le souvenir de nos bonnes actions nous entraîne à l’orgueil, tandis que le souvenir de. nos péchés nous inspire le mépris de nous-mêmes et l’humilité : ainsi l’un nous rend plus négligents et l’autre plus diligents. Car ceux qui pensent n’avoir aucun bien, deviennent plus actifs pour en acquérir : ceux qui croient posséder beaucoup se fient à leur richesse, ne montrent guère d’empressement pour en acquérir davantage.

3. Oubliez donc vos bonnes actions afin que Dieu s’en souvienne. Il dit, en effet : Confesse le premier tes fautes, afin que tu sois justifié. (Is. XL, III, 26); et aussi : J’oublierai tes fautes, mais ne les oublie pas (Ibid.).

Mais pourquoi Dieu a-t-il exaucé si promptement le publicain, tandis qu’il a laissé Isaac le prier pendant vingt ans et l’implorer pour son épouse, et que seulement alors il a exaucé les prières de ce juste? Il faut ici que je complète l’instruction que je vous ai donnée hier. Pourquoi., dis-je, cela s’est-il passé ainsi? Afin que l’exemple du publicain montre la bonté du Seigneur si prompt à exaucer, et que celui d’Isaac fasse voir la patience du serviteur dont la satisfaction est tardive, mais qui ne cesse de prier : afin que le pécheur ne désespère pas et que le juste ne se glorifie pas. Ce ne sont pas les personnes bien portantes, mais les malades qui ont besoin de médecin. (Matth. IX , 12.) Le publicain était malade, aussi Dieu s’est empressé de lui tendre la main : Isaac était plus affermi, aussi Dieu a semblé (277) l’abandonner pour faire valoir sa patience. Mais ce n’est là qu’une considération accessoire. Pourquoi cette femme était-elle stérile? Il faut le dire : c’est afin que la foi ne vous manquât pas en voyant une vierge mère; c’est afin que, si un juif vous dit : comment a enfanté Marie? vous puissiez lui répondre. Comment ont enfanté Sarra, Rébecca et Rachel? En effet, quand un miracle inouï doit se manifester, il est précédé de signes précurseurs. Quand l’empereur doit passer, les soldats courent en avant pour que la foule soit prête à le recevoir; de même, quand un prodige éclatant va paraître, il est annoncé par des faits figuratifs qui avertissent le mondé de l’attendre: et nous préparent à son arrivée, en prévenant l’excès de notre étonnement.

Cela se voit aussi pour la mort du Christ. Jonas l’a précédé et a préparé notre esprit. Ainsi, la baleine l’a vomi après trois jours, né trouvant pas en lui l’aliment naturel qui lui convenait. Comparez, et voyez que l’aliment naturel qui convient à la mort est le péché; c’est là qu’elle a pris naissance , là qu’elle a pris racine, là qu’elle prend sa nourriture. Nous même, quand nous avons par imprudence avalé une pierre, notre estomac cherche d’abord à la digérer, mais bientôt il reconnaît que cette nourriture ne lui convient pas; il a beau faire, sa force digestive s’épuise sans résultat; alors ne pouvant plus supporter ce fardeau, il le vomit avec douleur. C’est ce qu’on a vu pour la mort elle-même. . Elle a avalé la pierre angulaire et n’a pu la digérer; toute sa force s’y est épuisée : elle a rejeté en même temps cette nature humaine qu’elle avait également absorbée: Aussi sera-t-elle obligée à la fin de la rendre tout entière. Si donc il y a eu jadis des femmes stériles, c’était pour nous avertir d’avoir foi dans l’enfantement virginal : ou plutôt ce n’était- pas seulement pour nous inspirer cette foi, c’était encore et surtout, si nous y réfléchissons profondément, pour nous faire voir que cette stérilité est la figure de la mort.

4. Mais écoutez bien ; car ce que nous avons à vous dire est du peu subtil. Nous allons expliquer comment la stérilité de Sarra nous conduit par la main au dogme de la résurrection. Comment nous y conduit-elle ainsi? De même que Sarra, qui était morte au point de vue de la génération, a été régénérée par un bienfait de Dieu pour faire croître et vivre le corps d’Isaac; de même. aussi le Christ étant mort a ressuscité par sa propre puissance. Et pour prouver que cette explication n’a rien de forcé, écoutez Paul, voici ce qu’il dit à propos d’Abraham. Il ne considéra pas que la vertu de concevoir était éteinte chez Sarra, mais il se confirma dans la foi en rendant gloire à Dieu, sachant bien que tout ce qu’il promettait il pouvait aussi le faire. (Rom. IV, 19-21.) C’est-à-dire qu’un fils pouvait lui naître par la fécondation d’un corps stérile.. De plus, afin de nous conduire d’une croyance à l’autre, Paul ajoute : Cela n’a pas été seulement écrit pour Abraham, en faveur de qui ce miracle a été accompli, mais aussi pour nous. (Rom. IV, 23, 24.) Pourquoi? Cela s’accomplira aussi pour les hommes qui croient à celui par lequel Jésus Notre-Seigneur est ressuscité des morts. Voici ce qu’il veut dire. Dieu a fait naître Isaac d’un corps aussi froid qu’un cadavre ; de même il a fait renaître son Fils, qui était devenu cadavre lui-même.

Mais voulez-vous trouver encore un autre symbole dans cette stérilité ? L’Eglise était destinée à produire une multitude innombrable de fidèles : or, pour que vous conceviez comment elle a pu enfanter après avoir été si longtemps inféconde, infructueuse , stérile, une stérilité naturelle w précédé sa stérilité volontaire et Sarra a été la figure de l’Eglise : l’une a enfanté dans sa vieillesse, l’autre a enfanté dans les derniers temps. Pour le démontrer, écoutez Paul. Nous sommes les fils de la femme libre. (Gal. IV, 31.) Comme Sarra, qui était libre, était la figure de l’Eglise, voilà pourquoi il dit : Nous sommes les fils de la femme libre. Et il ajoute : Nous sommes les fils de la promesse à l’exemple d’Isaac. (Gal. IV, 28.) Qu’entend-il par cette promesse ? De même que ce n’est pas la nature qui a fait naître Isaac, de même ce n’est point la nature, mais la grâce de Dieu qui nous a engendrés. Et il dit encore : La Jérusalem céleste est libre, c’est elle qui est notre mère (Gal. IV, 26) ; cela signifie l’Eglise. Vous êtes parvenus, dit-il, à la montagne de Sion , à la cité du Dieu vivant, à la Jérusalem céleste et à l’Eglise des premiers-nés. (Héb. XII, 22.) Du reste si la Jérusalem céleste est l’Eglise, Sarra représente cette Jérusalem céleste, puisqu’il dit: Elles sont deux, l’une qui engendre dans la servitude, c’est Agar: l’autre, la Jérusalem d’en-haut est libre; c’est elle qui est notre mère. (Gal. IV, 24-26.) Il est clair que Sarra, par sa stérilité, puis par son (278) enfantement, représente cette Jérusalem céleste.

5. Je sais que tout cela est bien subtil, mais avec de l’attention, nous pourrons tout saisir. Nous avons envisagé le côté mystérieux et dogmatique, mais, si vous le voulez, j’entrerai dans des considérations plus pratiques. Rébecca était stérile, afin de faire éclater la pureté de son mari: il ne la répudia point; bien qu’alors aucune loi ne s’y opposât, il ne prit pas une autre femme pour remplacer son épouse de race libre. Cependant c’est ce que font bien des gens sous prétexte d’avoir des enfants et en réalité pour satisfaire leur libertinage : ils renvoient les unes, appellent les autres, excitent contre elles les concubines et rem plissent leurs maisons de mille discordes. Mais ce juste n’en agit pas ainsi : content de la femme que Dieu lui avait donnée, il priait le Maître de la nature d’étendre pour lui les bornes de la nature, et il ne reprochait rien à sa femme. Comment prouver qu’il ne lui reprochait rien? Par l’Ecriture elle-même. S’ll lui eût fait des reproches, l’Ecriture l’aurait aussi raconté et ne l’aurait point passé sous silence. En effet, elle raconte les .bonnes et les mauvaises actions des justes afin que nous imitions les unes et que nous évitions les autres. Aussi quand sa bru Rachel se plaignait à son mari, fils d’Isaac, et que celui-ci répondait durement, l’Ecriture a tout rapporté et n’a rien caché, quand elle lui dit : Donne-moi des enfants, ou je meurs. Que répond-il? Je ne suis pas Dieu, c’est lui qui t’a privée du fruit de tes entrailles. (Gen. XXX, 1-2.) Cette demande que fait la femme, donne-moi des enfants, manque de raison. Tu dis à ton mari : donne-moi des enfants, sans tenir compte du Maître de la nature. Aussi le mari, par sa réponse sévère, repoussa sa demande insensée et lui montra à qui elle devait être faite. Mais Isaac ne dit rien de semblable et aussi sa femme ne lui fit ni plainte, ni lamentations.

Ces exemples nous enseignent en même temps la chasteté et la foi. Le mari retrouve sa foi en priant Dieu; sa pureté éclate en ce qu’il ne répudie point sa. femme; enfin, quand il ne lui reproche rien et qu’il ne désespère point, il met en évidence sa patience et sa modération, ainsi que sa bonté et son amour pour sa femme. Il n’a point agi comme bien des personnes maintenant qui, en pareilles circonstances, ont recours aux philtres et aux sortilèges, toutes choses superflues, inutiles, nuisibles, et qui ne servent qu’à perdre l’âme, il négligea toutes ces ressources, et, dédaignant tous les secours humains, il ne s’adressa qu’au Seigneur de la nature qui peut seul accomplir de tels voeux.

6. Ecoutez cela, maris et femmes, étudiez-le, et imitez tous ce juste. Que la femme ne respecte rien plus que son mari; que le mari n’aime rien plus que sa femme. La sauvegarde de l’existence,. c’est l’accord du mari et de la femme, c’est là ce qui conserve l’univers. De même qu’un édifice s’écroule quand les fondements sont ébranlés, de même la discorde entre les époux bouleverse toute la vie. Voyez en effet ! le Monde est fait de villes, les villes de maisons, et chaque maison contient un mari et sa femme. Si donc la concorde n’existe pas dans les ménages, le désordre s’étendra jusqu’aux villes; si les villes sont troublées,-l’univers entier sera plein de séditions, de guerres et de combats. C’est pour cela que Dieu fait de cette concorde une recommandation toute particulière, c’est pour cela qu’il défend de répudier sa femme, excepté pour cause d’adultère.

Mais, direz-vous, si elle est insolente, prodigue et luxueuse, si elle a une foule d’autres défauts? Supportez cela avec constance, et ne la renvoyez pas à casse de ses vices, mais corrigez ces vices eux-mêmes. Vous êtes à la tête du ménage, c’est pour en guérir le corps. En effet, notre corps aura beau avoir mille plaies, jamais,. nous ne le séparerons de la tête. Da nomme ne vous séparez pas de votre femme, car elle est comme votre corps. Aussi saint Paul disait : un mari doit aimer sa femme comme si c’était son propre corps. (Eph. V, 28.) La même loi s’étend aussi aux femmes. De même que tu entretiens et que tu cultives ta tête, ô femme, de même tu dois soigner ton mari : et ce n’est pas sans raison que nous insistons sur cette nécessité. Je sais combien d’avantages procure la concorde entre mari et femme, je sais combien la discorde entraîne de maux. Alors la richesse, le bonheur d’avoir des enfants nombreux et vertueux, les magistratures et la puissance, la gloire, les honneurs, les délices, le luxe et toutes les félicités imaginables, ne peuvent réjouir un mari et une femme qui sont en querelle.

7. Voilà donc quelle doit être notre principale étude. Votre femme a un défaut? faites ce qu’a fait Isaac : priez Dieu. S’il a pu, par la (279) puissance de la prière, suppléer à l’impuissance de la nature, nous pourrons à plus forte raison, corriger les vices de la volonté; si nous invoquons Dieu assidûment. Si Dieu voit que par amour pour sa loi, vous supportez avec constance les défauts de votre femme, il vous aidera à la corriger et vous récompensera de votre patience. Comment savez-vous si vous sauvez votre femme ? Comment savez-vous si vous sauvez votre mari? (I Cor. VII, 16.) Ne vous découragez pas, ne désespérez pas. Elle peut se corriger, et quand même elle ne se corrigerait pas, votre patience est toujours méritoire. Mais si vous la répudiez, vous êtes pécheur tout le premier, puisque vous transgressez la loi, et vous êtes adultère au jugement de Dieu. Quiconque, dit-il, renverra sa femme, autrement que pour adultère, l’entraîne à l’adultère. (Matth. V, 32.)

Souvent vous prenez une femme plus difficile que la première, vous n’avez fait que changer un mal pour un pire et votre repos n’y gagne rien. Si la seconde vaut mieux que la première, vous ne pouvez pas goûter avec elle des plaisirs purs, en songeant que vous êtes regardé comme adultère à cause de celle que vous avez renvoyé; et, en effet, ce divorce est un adultère. Ainsi, quand vous voyez se présenter une difficulté dans le mariage ou dans toute autre chose, ayez recours à Dieu; lui seul peut nous tirer des embarras de la vie; en effet, la prière est Une arme bien puissante. Je l’ai dit souvent, je le dis maintenant, et je ne cesserai point de le dire : Si pécheur que wons soyez, considérez le publicain qui a été exaucé, qui s’est purifié de tant de péchés. Voulez-vous savoir ce que peut la prière ? Auprès de Dieu même , l’amour ne suffit point sans la prière. Ce n’est pas moi qui parle, car je n’oserais pas vous dire de moi-même une; chose aussi grave. Apprenez de l’Ecriture même que là où l’affection seule échoue, la prière réussit. Un de vous, ayant un ami, vient et lui dit Mon ami, prête-moi trois pains; l’autre ré pond: La porte est fermée, les enfants sont couchés, ne me tourmente pas. Eh bien!, je vous le dis; ce qu’il aurait refusé à l’amitié, il l’accordera à l’importunité et donnera tout ce qu’il faudra. (Luc, XI, 5, 8.) Vous voyez ainsi que l’affection n’a, point suffi sans la persévérance. Car le solliciteur était ami, mais pour qu’on ne croie pas que cela lui ait suffi; l’Ecriture dit : Ce qu’il aurait refusé à l’amitié, il l’accordera à l’importunité. Ainsi, dit-elle, l’amitié était impuissante, mais alors la persévérance réussira. Et sur qui cela s’est-il vérifié sur le publicain. Il n’était pas l’ami de Dieu , mais il l’est devenu : ainsi, même si vous. êtes son ennemi, la persévérance vous rendra son ami. Voyez encore la Chananéenne et écoutez ce que le Christ lui dit d’abord : Il n’est pas ton de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. (Matth. XV, 26.) Cependant comment l’a-t-il fait, si ce n’était pas une bonne action ? Cette femme l’a rendue bonne par sa persévérance; ce qui nous enseigne que l’homme le moins digne d’un bienfait finit par le devenir En persévérant.

8. Si je parle ainsi, c’est pour vous empêcher de dire: Je suis un pécheur, je n’ose parler, je ne puis prier. Celui-là est écouté qui croit ne pas l’être; celui, au contraire, qui est sûr de lui devrait craindre, tel que le pharisien : tandis que celui qui se regarde comme repoussé et indigne d’attention, est écouté plus qu’un autre; tel que le publicain. Voyez combien d’exemples vous en avez: la Chananéenne, le publicain, le voleur sur la croix, l’ami que la parabole nous représente mandant trois pains et les obtenant, non par amitié, mais par importunité. Si chacun d’eux avait dit :je suis un pécheur, couvert de tant de honte que je ne dois pas me présenter; cela n’aurait servi à rien. Mais comme chacun d’eux n’a pas considéré la grandeur de ses péchés , mais l’inépuisable bonté de Dieu, il a été confiant et audacieux : tout pécheur qu’il était, il a demandé plus qu’il ne croyait mériter, et il a réussi à l’obtenir.

Songeons à tous ces exemples et gardons-en la mémoire : prions sans cesse avec vigilance, avec; confiance, avec un bon espoir, avec un zèle infatigable. Toute cette ardeur que d’autres mettent à faire des voeux contre leurs ennemis, mettons-la à prier pour. nos ennemis, .pour leurs frères, et nous obtiendrons en même temps la satisfaction de nos désirs personnels. Car notre. bienfaiteur est si bon pour nous qu’il désire encore plus donner que nous ne désirons recevoir. Ainsi, bien pénétrés de tous ces exemples, quand même nous serions tombés au plus profond abîme de la perversité, ne désespérons pas, même alors, de notre salut, mais présentons-nous avec une bonne,espérance, et persuadons-nous que nous obtiendrons tout ce que nous demanderons, pourvu (280) que nous le demandions en observant la loi portée par celui qui peut tout faire de manière à dépasser nos prières et nos pensées. (Eph. III, 20.)

Au Christ, Souverain tout-puissant, notre Dieu, appartient gloire, honneur et adoration, ainsi qu’au Père éternel et au Saint-Esprit, principe de toute vie, maintenant et toujours,

et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Traduction de M. HOUSEL

encore bonne nuit

5 juillet, 2007

encore bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. lotus