Archive pour le 2 juillet, 2007

bonne nuit

2 juillet, 2007

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. aloe_ferox

July 02, 2007 : Aloe ferox

http://www.ubcbotanicalgarden.org/potd/2007/07/aloe_ferox.php#002186

« Mon Seigneur et mon Dieu »

2 juillet, 2007

Pape Benoît XVI
Audience générale du 27/09/06 (trad. DC 2367, p. 958 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Mon Seigneur et mon Dieu »

Bien connue et même proverbiale est la scène de Thomas l’incrédule, qui s’est passée huit jours après la Pâque. En un premier temps, il n’avait pas cru que Jésus était apparu en son absence et il avait dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque de ses clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ». Au fond, il ressort de ces paroles la conviction que Jésus est désormais reconnaissable non seulement à son visage mais à ses plaies. Thomas pense que les signes qualifiant l’identité de Jésus sont désormais surtout les plaies, par lesquelles se révèle à quel point il nous a aimés. En cela l’apôtre ne se trompe pas. Comme nous le savons, huit jours plus tard, Jésus apparaît à nouveau au milieu de ses disciples, et cette fois Thomas est présent. Et Jésus l’interpelle : « Avance ton doigt ici et vois mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse d’être incrédule, sois croyant ». Thomas réagit par la profession de foi la plus belle de tout le Nouveau Testament: « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Saint Augustin commente à cet égard : Thomas « voyait et touchait l’homme, mais il confessait sa foi en Dieu, qu’il ne voyait pas et ne touchait pas. Mais ce qu’il voyait et touchait l’amenait à croire en ce dont il avait douté jusqu’alors » (In Iohann. 121, 5). L’évangéliste poursuit par une dernière parole de Jésus à Thomas: « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu »…

Le cas de l’apôtre Thomas est important pour nous pour au moins trois raisons : la première, parce qu’il nous réconforte dans nos insécurités ; la seconde, parce qu’il nous montre que tout doute peut déboucher sur une issue lumineuse, au-delà de toute incertitude ; et enfin parce que les paroles que Jésus lui adresse nous rappellent le vrai sens de la foi qui a mûri et nous encouragent à poursuivre, malgré la difficulté, sur notre chemin d’adhésion à sa personne.

Le saint d’aujourd’hui: Sts Processus et Martinien -martyrs – 1er siècle

2 juillet, 2007

Le saint d'aujourd'hui: Sts Processus et Martinien -martyrs - 1er siècle dans images sacrée

 image du site:

http://www.icvbc.cnr.it/bivi/schede/Toscana/Firenze/25cattedrale2.htm

Le saint d’aujourd’hui: Sts Processus et Martinien -martyrs – 1er siècle

Martyrs romains, très vénérés à Rome, ils avaient leur tombe et leur basilique à la voie Aurélienne. Leur rencontre avec les apôtres Pierre et Paul, dans la prison n’est pas historique (St Martinien serait un des officiers romains qui auraient permis l’évasion de Pierre et de Paul des prisons de Rome, même si Pierre ne s’évada pas longtemps puisqu’il retourna à Rome ; il fut converti par ses prisonniers). Tous deux furent arrêtés pour leur foi et furent mis à mort.

Leurs reliques reposent actuellement dans la basilique de Saint-Pierre à Rome. Leur culte a été confinés aux calendriers locaux en 1969

 

Prière > Prier avec un thème:« Qui nous enseignera le bonheur ? »

2 juillet, 2007

du site:

http://www.inxl6.org/article2318.php

Prière > Prier avec un thème

« Qui nous enseignera le bonheur ? »

Pendant de nombreuses années, le philosophe Paul Ricœur, de tradition protestante, avait lhabitude de venir à Taizé. Il est décédé vendredi 20 mai 2005 à l’âge de 92 ans. Les extraits ci-dessous proviennent dun entretien lors de son séjour à Taizé pendant la Semaine sainte 2000.

Paul Ricoeur
31/05/2005

Jaime beaucoup le mot bonheur.

Longtemps, jai pensé que c’était soit trop facile, soit trop difficile de parler du bonheur.

Et jai dépassé cette pudeur. Ou plutôt je lapprofondis, cette pudeur, en face du mot bonheur. Je le prends dans toute la variété de ses significations, y compris celle des Béatitudes. Je dirais que la formule du bonheur cest : « Heureux celui qui »

Alors, le bonheur, je le salue comme justement une « re-connaissance », dans les trois sens du mot : je le reconnais comme étant mien, je lapprouve chez autrui, et jai de la gratitude pour ce que jen ai connu, ces petits bonheurs, parmi lesquels ceux de la mémoire, pour me guérir des grands malheurs de loubli.

Et cest là que je fonctionne à la fois comme philosophe, nourri des Grecs, et lecteur de la Bible et de l’Évangile, où on peut suivre le parcours du mot bonheur, mais dans les deux registres. Parce que le meilleur de la philosophie grecque est une réflexion sur le bonheur, le mot grec eudeimon – on a parlé de leudémonisme philosophique, chez Platon, chez Aristote -, et je my retrouve très bien avec la Bible. Je pense tout dun coup au début du psaume 4 : « Ah ! Qui nous enseignera le bonheur ? » Cest une question un peu rhétorique, mais qui a sa réponse dans les Béatitudes.

Et les Béatitudes, cest lhorizon de bonheur dune vie sous le signe de la bienveillance, parce que le bonheur, ce nest pas simplement ce que je nai pas, ce que jespère avoir, mais aussi ce que jai goûté.Entretien avec Paul Ricoeur « Libérer le fond de bonté » sur le site de Taizé

Intervention de Mgr Vingt-Trois au colloque à l’Institut Supérieur de Liturgie à l’Institut Catholique de Paris.

2 juillet, 2007

Un intervention liturgique très important de Mgr Ving-Trois archevêque de Paris, du site

http://catholique-paris.cef.fr/vingttrois/articles/intervention_isl.php

Archevêque et prêtres > L’archevêque de Paris

Intervention de Mgr Vingt-Trois au colloque à l’Institut Supérieur de Liturgie à l’Institut Catholique de Paris.
le 26 octobre 2006

Éminence, Excellences, Monsieur le Recteur, mes Pères, Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur et une joie pour l’archevêque de Paris, Chancelier de l’Institut Catholique, d’ouvrir ce colloque universitaire à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Institut Supérieur de Liturgie. Cette joie et cet honneur sont encore amplifiés, Éminence, par le privilège que vous nous accordez de votre présence. Votre participation active manifeste l’intérêt de la Congrégation pour le Culte Divin et la discipline des Sacrements dont vous êtes le Préfet non seulement pour les travaux de ce colloque mais surtout pour l’œuvre accomplie au cours des cinquante dernières années par l’Institut de Liturgie.

1. Au tournant du siècle.

La fondation de cet Institut doit être replacée dans le cadre plus large du vaste ensemble de travaux et de recherches sur la liturgie qui a marqué le vingtième siècle et que l’on a parfois justement désigné sous le titre générique de « Mouvement liturgique ».

Parallèlement aux études profanes sur les rites et les mythes, la fin du XIX° siècle et la première moitié du vingtième ont été marquées par un important investissement de travaux historiques et théologiques sur l’intelligence de la liturgie latine. D’autres, plus compétents que moi évoqueront sans doute les grandes figures de ce mouvement particulièrement fécond en Allemagne et en France.

Largement soutenus et encouragés par Pie XI et Pie XII, ces travaux ont amené, bien avant le Concile Vatican II, un certain nombre de réformes visant à mieux manifester le sens de l’acte liturgique et à en faciliter l’accès aux fidèles. Qu’il me soit simplement permis d’évoquer la réforme de la Semaine Sainte1 , la proclamation des lectures liturgiques en langues vernaculaires2 et la faculté de célébrer l’Eucharistie le soir3 , pour ne parler que des changements les plus perceptibles à l’ensemble des fidèles. Il faut aussi citer la décision du Pape saint Pie X d’appeler les fidèles à la communion fréquente4 et de fixer l’âge de la première communion à l’âge de raison5 comme un des facteurs décisifs de la transformation du rapport à la liturgie.

Les études menées ont aussi permis de mieux connaître, du moins pour ceux qui veulent s’y référer, les mutations successives des rituels liturgiques et leurs conditionnements historiques. Du point de vue théologique, elles ont conduit à affiner le sens de la fidélité à une tradition vivante dans une lente évolution, qui n’est pas simple répétition mécanique d’un rituel choisi à une période particulière. Ainsi, la profonde réforme liturgique de saint Pie V, en application du Concile de Trente, a pu être comprise comme une des étapes de cette longue évolution, ni la première, ni la dernière. La fidélité à l’institution originelle a pu s’approfondir en intégrant la perception vivante de la tradition ecclésiale. L’Église, en son magistère, a la charge de garantir cette fidélité.

Après les premières réformes décrétées par le Pape Pie XII, il devint clair que l’approfondissement des connaissances historiques et de la réflexion théologique sur la liturgie constituait un domaine fondamental de la recherche universitaire. Ce fut le mérite des pionniers de répondre à cette opportunité en se lançant dans la belle aventure de l’Institut Supérieur de Liturgie. Il faudrait tous les citer. Qu’il soit au moins permis d’en nommer quelques-uns parmi les premiers: Dom Botte o.s.b., le P. Bouyer de l’Oratoire, le P. Gy o.p. et le P. Jounel, parmi bien d’autres.

2. La réforme liturgique.

Dans le contexte pastoral et universitaire du mouvement liturgique du XX° siècle, le jeune institut allait trouver un champ de travail particulier avec la réforme liturgique voulue par le concile Vatican II et mise en œuvre avec fidélité et persévérance par Paul VI et Jean-Paul II. Dans les temps que nous vivons, il n’est peut-être pas superflu de rappeler quelques éléments fondamentaux de cette réforme. Je ne doute pas que ce sera fait au long de ce colloque. Pour ma part, ayant vécu la réforme comme séminariste et comme prêtre, je voudrais simplement relever deux aspects qui me semblent aujourd’hui trop largement méconnus.

Le premier aspect est celui de la richesse catéchétique et spirituelle dont bénéficient les fidèles et, à travers eux, toute l’Église. L’élaboration des nouveaux lectionnaires liturgiques, avec la lecture continue des évangiles et des épîtres et l’accès développé aux textes fondamentaux du premier Testament, ouvre à tous la possibilité d’une fréquentation plus large des Écritures, au cœur même de la célébration liturgique. De plus, le Concile n’a pas seulement élargi le champ scripturaire des lectures. Il a aussi défini les modalités d’une prédication qui doit proposer un commentaire actualisé de ces lectures bibliques : « Dans la célébration de la liturgie, la Sainte Ecriture a une importance extrême. C’est d’elle que sont tirés les textes qu’on lit et que l’homélie explique, ainsi que les psaumes que l’on chante ; c’est sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les actions et les symboles reçoivent leur signification. Aussi, pour procurer la restauration, le progrès et l’adaptation de la liturgie, il faut promouvoir ce goût savoureux et vivant de la Sainte Ecriture dont témoigne la vénérable tradition des rites aussi bien orientaux qu’occidentaux »(SC 24).

Par delà telles ou telles dispositions discutables et amendables de la réforme, qui ne voit le bénéfice considérable qui en résulte pour le peuple chrétien ? Les exagérations ou les maladresses qui ont accompagné sa mise en œuvre ne doivent pas dissimuler son enjeu. La question primordiale n’est pas la question de la langue utilisée, mais la question de la légitimité de l’Église à décider des modalités de sa liturgie. Qui peut fixer les lectures autorisées ? Qui peut définir le calendrier liturgique ? Qui arrête les fêtes à célébrer, les saints à honorer, etc… ? Quelle est, à cet égard, la responsabilité des évêques dans leur charge pastorale ?

Le deuxième aspect que je voudrais relever est le suivant. La réforme a mis en lumière que la liturgie, l’action sacrée, n’est pas seulement le premier lieu catéchétique, elle est aussi l’instance d’identification de la communauté ecclésiale elle-même, l’expression de la foi commune. Dans l’Église catholique, s’il existe des rites différents également reconnus, c’est pour exprimer liturgiquement, dans la prière habituelle de la communauté, la tradition liturgique, théologique et spirituelle d’une Église particulière. D’une certaine façon, le rite est indissociable d’une Église.

Dans cette perspective, le travail des liturgistes, tel qu’il fut conduit dans cet institut, n’est pas d’abord un spécialité technique pratique qui pourrait être juxtaposée à une réflexion théologique spéculative. Il est un acte organique de la réflexion chrétienne sur les expressions de la foi commune.

Cette dimension centrale de l’acte liturgique pour l’identité de l’Église et de toute communauté en elle peut sans doute expliquer pourquoi le débat liturgique suscite de telles passions. Il touche à la conscience même de l’appartenance à l’Église. C’est pourquoi ce débat a pris chez nous une acuité particulière à laquelle les Français sont spécialement attentifs, et, – oserais-je le dire ?-, les Parisiens parmi les premiers.

Dans notre pays, la réforme liturgique a été appliquée avec une méthode systématique que l’on ne retrouve pas ailleurs. Une des raisons en était qu’elle avait été préparée de longue date par des recherches historiques et théologiques mais aussi par le vaste effort de renouveau pastoral et apostolique de l’après-guerre. Cette approche systématique, à côté des réalisations remarquables qu’elle a permises, a aussi conduit à des mises en œuvre parfois maladroites ou brutales, qui ont pu donner le sentiment d’une rupture de tradition.

Il y a plus grave, en effet, que les tristesses et les blessures que ces comportements ont provoquées. Chez nous, la liturgie a été instrumentalisée dans un débat d’un autre ordre. Sous certaines fantaisies ou certaines dérives liturgiques, on a pu identifier une auto-célébration de l’assemblée elle-même substituée à la célébration de l’œuvre de Dieu, voire l’annonce d’un nouveau modèle d’Église. D’autre part, sous couvert de la mobilisation pour la défense d’une forme liturgique, c’est bien à une critique radicale du concile Vatican II que l’on a assisté, voire au rejet pur et simple de certaines des ses déclarations. Le refus des livres liturgiques régulièrement promulgués fut suivi de l’injure publique envers les papes et couronné par des faits de violence comme la prise de force d’une église paroissiale à Paris et une seconde tentative avortée de la part des mêmes auteurs.

Il ne serait pas utile de faire mémoire de ces tristes événements s’ils n’étaient de nature à éclairer le contexte actuel. Aucun des protagonistes de ces combats n’a cru ni dit que le problème était prioritairement et, moins encore, exclusivement liturgique. Il était et il demeure un problème ecclésiologique. Il pose clairement la question du sens de l’unité ecclésiale dans la communion avec le siège de Pierre. Il pose clairement la question de l’autorité d’un concile œcuménique et de ses déclarations votées par l’ensemble du collège épiscopal et promulguées par le premier des évêques, tête du collège.

Si je me permets d’évoquer ces soubassements du débat liturgique, c’est parce qu’ils me semblent constituer un lieu théologique et spirituel de notre expérience d’Église. Si la controverse liturgique a joué aussi fortement ce rôle de paravent pour un autre débat, c’est bien parce que la liturgie est aussi un révélateur de l’expérience de la communion ecclésiale. Elle n’est pas un spectacle dont on pourrait critiquer à loisir le programme et la distribution et corriger les partitions. Elle est l’expression de la foi et de la communion de l’Église. Elle est, en régime chrétien, l’action constitutive de l’Église : « Toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence, dont nulle autre action de l’Église n’égale l’efficacité au même titre et au même degré » (SC 7).

3. L’avenir.

Je me suis un peu étendu sur les convulsions de ces quarante dernières années, d’abord pour saluer la fidélité de l’Institut Supérieur de Liturgie aux orientations doctrinales et pastorales du Magistère. Cette fidélité, -faut-il le rappeler ici ?-, ne saurait jamais en appeler d’un concile à un autre, d’un Pape à un autre ou d’un évêque à un autre.

Permettez-moi donc d’abord, en mon nom propre, -et je crois pouvoir dire au nom des évêques de France-, d’exprimer ma reconnaissance à tous les collaborateurs de l’Institut Supérieur de Liturgie passés et présents pour les services éminents qu’ils ont rendus à l’Église. Par leurs travaux, la culture liturgique s’est développée, non seulement parmi les spécialistes et les clercs, mais encore, et grâce à eux, dans l’ensemble du peuple chrétien et la qualité liturgique des célébrations a progressé. Permettez-moi aussi de formuler un vœu pour l’avenir : que cet institut poursuive et développe ses travaux.

En conclusion, je voudrais vous partager une espérance : que les efforts permanents de notre Église pour réunir ses enfants en un seul peuple et une seule louange soient couronnés de succès. Depuis la triste année 1988, les Papes successifs n’ont pas cessé de tendre la main à ceux de leurs enfants qui voulaient se faire leurs juges. Sans doute aujourd’hui le fossé s’est-il élargi et les passerelles sont-elles plus difficiles à mettre en place. C’est une raison supplémentaire pour ne pas tarder à le faire de tout notre cœur. Vos évêques continueront à travailler paisiblement et sereinement à la réconciliation nécessaire dans la fidélité au Pape et dans la communion avec lui.

Pour ma part, j’ai hérité du Cardinal Lustiger une pratique généreuse et ecclésiale du Motu Proprio Ecclesia Dei Adflicta. Je suis heureux que cette pratique ait permis à des chrétiens sincères de rester dans la communion ecclésiale et d’y avoir leur place comme ils sont à leur place dans la pastorale du diocèse. Je pense que la communion progressera plus largement encore si l’on veut bien renoncer aux anathèmes et aux surenchères. Un signe de ce progrès serait sans doute que tous puissent célébrer l’Eucharistie en suivant le même calendrier liturgique et le même lectionnaire. Comme l’unité progresserait si nous entendions tous chaque dimanche la même Parole de Dieu, si nous célébrions ensemble les mêmes fêtes du Seigneur et si nous fêtions ensemble les mêmes saints !

+André Vingt-Trois
Archevêque de Paris

1 Décret du 9 février 1951 puis du 16 novembre 1955.
2 Réponse du Saint-Office du 17 octobre 1956, autorisant la proclamation de l’épître et de l’Évangile en latin puis en langue vulgaire.
3 Pie XII, Constitution apostolique « Christus Dominus », 6 janvier 1953 ; Directoire pour la pastorale de la messe à l’usage des diocèses de France (novembre 1956).
4 S. Pie X, Décret « Sacra Tridentina Synodus », 30 décembre 1905.
5 S. Pie X, Décret « Quam singulari », 8 août 1910.

Journée de prière pour la sanctification des prêtres : Lettre du card. Hummes

2 juillet, 2007

du site:

http://www.zenit.org/article-15636?l=french

Journée de prière pour la sanctification des prêtres : Lettre du card. Hummes

ROME, vendredi 15 juin 2007 (ZENIT.org) – L’Eglise célébrait ce vendredi la solennité du Sacré-Cœur, qui coïncide avec la Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. A cette occasion, le cardinal Claudio Hummes, O.F.M., préfet de la Congrégation pour le clergé, publie ce message aux prêtres du monde.

Chers amis prêtres,

La Journée mondiale de Prière pour la Sanctification des Prêtres, qui sera célébrée lors de l’imminente Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, nous offre l’occasion de réfléchir ensemble sur le don de notre ministère sacerdotal, en partageant votre sollicitude pastorale pour tous les croyants et pour l’humanité tout entière, et de manière spécifique pour la portion du Peuple de Dieu qui est confiée à vos Evêques respectifs, dont vous êtes les plus précieux collaborateurs.

Le thème qui est proposé cette année, «Le prêtre, nourri par la Parole de Dieu, est le témoin universel de la charité du Christ», est en harmonie avec le récent Magistère de Benoît XVI et, de manière particulière, avec l’Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis (22 février 2007). Dans celle-ci, le Saint-Père écrit: «Nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin, c’est de l’amour de Dieu, c’est de rencontrer le Christ et de croire en lui. C’est pourquoi l’Eucharistie n’est pas seulement source et sommet de la vie de l’Eglise; elle est aussi source et sommet de sa mission: “Une Eglise authentiquement eucharistique est une Eglise missionnaire” (Propositio 42)» (n. 84).

1. Homme de Dieu, homme de la mission

Apporter Dieu aux hommes: telle est la mission essentielle du prêtre, une mission que le saint ministre est rendu apte à réaliser car, étant choisi par Dieu, il vit avec Lui et pour Lui. Le Saint-Père, dans son discours à la session d’inauguration de la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes (13 mai 2007; cf. ORLF n. 22 du 29 mai 2007), ayant pour thème «Disciples et missionnaires de Jésus Christ, afin que nos peuples aient la vie en Lui», a dit, en s’adressant aux prêtres: «Les premiers promoteurs de la condition de disciple et de la mission sont ceux qui ont été appelés “pour être avec Jésus et être envoyés prêcher” (cf. Mc 3, 14)… Le prêtre doit être avant tout un “homme de Dieu” (1 Tm6, 11) qui connaît Dieu directement, qui a une profonde amitié personnelle avec Jésus, qui partage avec les autres les sentiments du Christ lui-même (cf. Ph 2, 5). C’est uniquement de cette manière que le prêtre sera capable de conduire les hommes à Dieu, incarné en Jésus Christ, et d’être le représentant de son amour» (n. 5).

Cette vérité est exprimée dans le verset d’un psaume sacerdotal, qui faisait autrefois partie du rite d’admission à l’état clérical: «Seigneur, mon partage et ma coupe: de toi dépend mon sort» (Ps 16, 5). Nous savons par le Deutéronome (cf. 10, 9) qu’après la prise de possession de la Terre promise, chaque tribu était bénéficiaire — par tirage au sort — d’une portion de celle-ci, accomplissant ainsi la promesse divine faite à Abraham. Seule la tribu de Lévi ne recevait aucune terre, car sa terre était Dieu lui-même. Cette affirmation avait certainement aussi une raison pratique: les prêtres ne vivaient pas, comme les autres tribus, de la culture de la terre, mais des offrandes. Toutefois, cette assertion du psalmiste est le signe et le symbole d’une réalité plus profonde: le véritable fondement de la vie sacerdotale, la base de l’existence du prêtre, la terre de sa vie est Dieu lui-même. L’Eglise a vu dans cette interprétation vétéro-testamentaire l’explication de ce que signifie la mission sacerdotale, à la suite des apôtres et dans la communion avec le Christ lui-même.

Benoît XVI a dit à ce propos: «Le prêtre peut et doit dire aujourd’hui également avec le Lévite: “Dominus pars hereditatis meae et calicis mei”. Dieu lui-même est ma part de terre, le fondement extérieur et intérieur de mon existence. Ce théocentrisme de l’existence sacerdotale est nécessaire précisément dans notre monde totalement fonctionnel, dans lequel tout est fondé sur des prestations qui peuvent être calculées et vérifiées. Le prêtre doit véritablement connaître Dieu de l’intérieur et l’apporter ainsi aux hommes: tel est le service prioritaire dont l’humanité a besoin aujourd’hui» (Discours à la Curie romaine à l’occasion des vœux de Noël, du 22 décembre 2006; cf. ORLF n. 1 du 2 janvier 2007).

Si un prêtre, dans sa vie, perd de vue le caractère central de Dieu, tout le fondement de l’action pastorale disparaît et, dans l’excès de l’activisme, il risque de perdre le contenu et le sens du service pastoral.

C’est alors que pourraient se développer la volonté de se mettre en avant et des extravagances déplacées. Au lieu de donner la substance, ce sont des succédanés qu’il transmettrait. Il s’agiterait en vain, s’épuisant sans progresser.

Seuls ceux qui ont appris «à rester avec le Christ», sont prêts pour être «envoyés évangéliser» par Lui avec authenticité (cf. Mc 3, 14). Un amour passionné pour le Christ est le secret d’une annonce convaincue du Christ. «Sois un homme de prière avant d’être un prédicateur», disait saint Augustin (De Doctrina christiana, 4, 15, 32: PL 34, 100), en exhortant les ministres ordonnés à être des disciples de prière à l’école du Maître.

L’Eglise, en célébrant la Solennité du Très Saint Cœur de Jésus, invite tous les croyants à élever le regard de la foi «vers Celui qu’ils ont transpercé» (Jn19, 37), vers le Cœur du Christ, signe vivant et éloquent de l’amour invicible de Dieu et source intarissable de grâce. Elle le fait, en exhortant les prêtres à rechercher en eux-mêmes ce signe, en tant que dépositaires et administrateurs des richesses du Cœur du Christ, et à diffuser l’amour miséricordieux du Christ sur les autres, sur tous.

Véritablement, «l’amour du Christ nous saisit» (2 Co 5, 14), écrit saint Paul. «Si tu veux aimer le Christ, étends ta charité à toute la terre, car les membres du Christ se trouvent dans le monde entier», nous rappelle saint Augustin (Commentaire à la Ière Lettre de saint Jean 10, 5).

C’est pourquoi chaque prêtre doit avoir un esprit missionnaire; ou plutôt, un esprit véritablement «catholique», il doit «repartir du Christ» pour s’adresser à tous, en se rappelant de ce que notre Sauveur a affirmé, Lui qui désire que «tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité» (1 Tm 2, 4-6). Le prêtre est appelé à rencontrer le Christ dans la prière, et à le connaître et l’aimer également sur le chemin de la Croix, qui est le chemin actif et rempli d’abnégation du service de la charité. Ce n’est qu’ainsi qu’est prouvée et témoignée l’authenticité de son amour pour Dieu et que se reflète sur tous le Visage miséricordieux du Christ. «La beauté de cette image resplendit en nous qui sommes dans le Christ, lorsque nous nous montrons des hommes bons dans les œuvres», nous rappelait saint Cyrille d’Alexandrie (Tractatus ad Tiberium Diaconum socioque, II, in divi Johannis Evangelium).

2. Pour être un authentique témoin de la charité du Christ dans la société

La mission que le prêtre reçoit dans l’Ordination n’est pas un élément extérieur et juxtaposé à la consécration, mais elle en constitue la destination intrinsèque et vitale: «La consécration est pour la mission» (Jean-Paul II, Exhort. ap. Pastores dabo vobis, n. 24).

«L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre: dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même et en Jésus nous rencontrons Dieu», a écrit le Saint-Père (Lett. enc. Deus caritas est, n. 15). Dans l’Eucharistie — qui est un trésor inestimable de l’Eglise —, en particulier en devenant de généreux ministres du Pain de vie éternelle, nous sommes invités à contempler sans cesse la beauté et la profondeur du mystère de l’amour du Christ et à reverser l’élan de son Cœur amoureux sur tous les hommes sans distinction, en particulier sur les pauvres et sur les plus faibles, sur les pauvres d’entre les pauvres que sont les pécheurs, à travers un service de charité constant, humble et le plus souvent caché.

La tension missionnaire représente une part constitutive de l’existence sacerdotale. Le Saint-Père écrit à ce sujet: «La mission première et fondamentale qui nous vient des saints Mystères que nous célébrons est de rendre témoignage par notre vie. L’émerveillement pour le don que Dieu nous a fait dans le Christ imprime à notre existence un dynamisme nouveau qui nous engage à être témoins de son amour. Nous devenons témoins lorsque, par nos actions, nos paroles et nos comportements, un Autre transparaît et se communique» (Exhort. ap. post-synodale Sacramentum caritatis, n. 85).

Le prêtre est appelé à se faire «pain rompu pour la vie du monde», à servir chacun avec l’amour du Christ qui nous a aimés «jusqu’au bout»: ainsi, l’Eucharistie devient dans la vie sacerdotale ce qu’elle signifie dans la célébration. Le Sacrifice du Christ est un mystère de libération qui nous interpelle et nous provoque continuellement.

Que chaque prêtre ressente en lui-même l’urgence d’être réellement un artisan de justice et de solidarité au milieu des hommes: devant eux, le prêtre est appelé à témoigner du Christ lui-même. Nourri de la Parole de vie, les prêtres ne peuvent pas demeurer en marge du combat pour la défense et la proclamation de la dignité de la personne humaine et de ses droits universels et inaliénables. Benoît XVI a écrit à cet égard: «C’est précisément en vertu du Mystère que nous célébrons qu’il nous faut dénoncer les situations qui sont en opposition avec la dignité de l’homme, pour lequel le Christ a versé son sang, affirmant ainsi la haute valeur de toute personne» (ibid, n. 89).

Nous découvrirons le sens véritable de l’amoris officium, de cette charité pastorale dont nous parle saint Augustin (In Iohannis Evangelium Tractatus 123, 5: CCL 36, 678): l’Eglise comme Epouse du Christ, veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle le Christ lui-même, Tête et Epoux, l’a aimée. Nous comprendrons la motivation théologique de la loi ecclésiastique sur le célibat dans l’Eglise latine et de son lien de coexistence très profonde avec l’Ordination sacrée: comme un don inestimable de Dieu, comme la participation singulière à la paternité de Dieu et à la fécondité de l’Eglise, comme une formidable énergie missionnaire, comme amour plus grand, comme un témoignage au monde du Royaume eschatologique. Le célibat, accueilli dans une décision libre pleine d’amour, devient don de soi, dans et avec le Christ, à son Eglise et exprime le service du prêtre à l’Eglise dans et avec le Seigneur (cf. Conc. Œcum. Vat. II, Décr. Presbyterorum ordinis, n. 16; Jean-Paul II, Exhort. ap. Pastores dabo vobis, n. 29).

Nous pouvons nous demander: mais quels sont ces domaines du témoignage sacerdotal de la charité du Christ?

a. Tout d’abord, la mission, le kérygme et la catéchèse; catéchèse des jeunes et des adultes, des personnes proches et lointaines. En elle, le message du Christ est transmis sous une forme complète et claire. A l’époque actuelle, une connaissance adaptée de la foi est urgente, telle qu’elle est synthétisée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, ainsi que dans son Compendium.

Il s’agit de ne pas épargner les efforts pour aller à la recherche des catholiques qui se sont éloignés et de ceux qui ne connaissent rien ou presque rien du Christ. En s’adressant aux Evêques du Brésil, Benoît XVI a dit récemment à ce propos: «L’éducation aux vertus personnelles et sociales du christianisme fait elle aussi partie de la catéchèse essentielle, ainsi que l’éducation à la responsabilité sociale… nous devons être de fidèles serviteurs de la Parole, sans vision réductrice ni confusion dans la mission qui nous est confiée. Il ne suffit pas d’observer la réalité à partir de la foi personnelle; il est nécessaire de travailler avec l’Evangile à la main, en étant ancrés à l’authentique héritage de la Tradition apostolique, sans interprétations motivées par des idéologies rationalistes» (Discours lors de la Rencontre et de la Célébration des Vêpres avec les Evêques du Brésil, du 11 mai 2007, nn. 4-5; cf. ORLF (Osservatore Romano en Langue Française) n. 21 du 22 mai 2007).

Dans ce domaine, les lieux traditionnels de la catéchèse — les leçons, les conférences ou les cours de Bible ou de théologie — ne sont pas suffisants, mais il est nécessaire de s’ouvrir aux autres nouveaux aréopages de la culture mondialisée: non seulement à la presse, à la radio et à la télévision, mais il faudra également avoir recours davantage au courrier électronique, aux sites internet, aux pages, aux vidéoconférences et à tant d’autres systèmes récents, pour transmettre efficacement le kérygme à un grand nombre de personnes. La présence même du pasteur, également extérieure, avec une attitude adaptée à son «être» doit constituer une catéchèse pour tous. Nous avons peut-être, parfois, trop sous-évalué cet aspect que les personnes apprécient et qui, si elle exprime des contenus, ne constitue pas un formalisme mais une forme en mesure de véhiculer de la substance.

b. Un autre domaine de ce témoignage est la promotion des institutions ecclésiales de bienfaisance qui, à divers niveaux, peuvent accomplir un précieux service à l’égard des plus nécessiteux et des plus faibles. «Si les personnes rencontrées vivent dans une situation de pauvreté, il faut les aider comme le faisaient les premières communautés chrétiennes, en pratiquant la solidarité pour qu’elles se sentent vraiment aimées», a récemment rappelé le Pape lors de la rencontre que nous venons d’évoquer (Benoît XVI, ibid., n. 3).

«Nous devons dénoncer ceux qui dilapident les richesses de la terre, provoquant des inégalités qui crient vers le ciel (cf. Jc 5, 4)», a écrit Benoît XVI, et il poursuivait en affirmant: «Le Seigneur Jésus, Pain de vie éternelle, nous pousse à être attentifs aux situations de misère dans lesquelles se trouve encore une grande partie de l’humanité: ce sont des situations dont la cause implique souvent une responsabilité claire et inquiétante des hommes» (Exhort. ap. post-synodale Sacramentum caritatis, n.90).

c. Le soutien de la culture de la vie. Partout, les prêtres, en communion avec leurs Evêques, sont appelés à promouvoir une culture de la vie qui permette, comme l’affirmait Paul VI, «la montée de la misère à la possession du nécessaire… l’acquisition de la culture… la coopération au bien commun… jusqu’à la reconnaissance par l’homme des valeurs suprêmes, de Dieu qui en est la source et le terme» (Lett. enc. Populorum progressio, n. 21). A cet égard, il sera nécessaire de souligner, dans la formation des fidèles laïcs, que le développement authentique doit être intégral, c’est-à-dire, orienté à la promotion de tout l’homme et de tous les hommes, en suggérant les moyens nécessaires visant à supprimer les graves inégalités sociales et les immenses différences dans l’accès au bien.

d. La formation des fidèles laïcs. Formés à l’école de l’Eucharistie, ils seront toujours davantage exhortés et aidés à assumer directement leurs responsabilités politiques et sociales dans une véritable cohérence avec leur baptême. Tous les hommes et les femmes baptisés doivent prendre conscience qu’ils ont été configurés dans l’Eglise au Christ Prêtre, Prophète et Pasteur, à travers le sacerdoce commun des fidèles. Ils doivent se sentir coresponsables de la construction de la société selon les critères de l’Evangile et, en particulier, selon la doctrine sociale de l’Eglise. «Cette doctrine, mûrie tout au long de l’histoire bimillénaire de l’Eglise, se caractérise par son réalisme et son équilibre, aidant ainsi à éviter les compromis erronés ou les vagues utopies» (Benoît XVI, Exhort. ap. post-synodale Sacramentum caritatis, n. 91).

Comme l’a plusieurs fois rappelé le Magistère pétrinien, aux fidèles laïcs incombe la responsabilité spéciale de transformer les structures injustes et d’ériger les structure justes, sans lesquelles ne peut pas trouver d’appui une société juste, en produisant le consensus nécessaire sur les valeurs morales et la force pour vivre selon le modèle de ces valeurs (cf. Benoît XVI, Discours à la session inaugurale de la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, n. 4).

e. Le soutien à la famille. Tous les prêtres sont appelés à soutenir la famille chrétienne en promouvant, de diverses façons, les différents charismes vocationnels et la mission qui leur est confiée, une pastorale familiale adaptée et organisée dans les communautés ecclésiales respectives (cf. Jean-Paul II, Novo millennio ineunte, n. 47). La nécessité de soutenir la valeur de l’unicité du mariage, comme union pour toute la vie entre un homme et une femme, dans laquelle, en tant que mari et femme, ils participent à l’œuvre pleine d’amour de la création de Dieu, revêt une importance particulière.

Malheureusement, beaucoup de doctrines politiques et de courants de pensée continuent de fomenter une culture qui blesse la dignité de l’homme, en ignorant ou en compromettant, à divers degrés, la vérité sur le mariage et sur la famille. Sans se lasser, le prêtre doit proclamer au nom du Christ, que la famille, en tant que formatrice par excellence des personnes, est indispensable pour une véritable «écologie humaine» (cf. Jean-Paul II, Centesimus annus, n.39).

3. Joyeux d’élever la coupe du salut et d’invoquer le nom du Seigneur (cf. Ps 115, 12-13)

Jean-Paul II, dans sa Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 2002, s’exclamait: «Quelle vocation merveilleuse est la nôtre, mes chers frères prêtres! Nous pouvons vraiment redire avec le Psalmiste: “Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur” (Ps 115, 12-13)».

Cette coupe est la coupe de bénédiction (cf. 1 Co 10, 16), la coupe de la nouvelle alliance (cf. Lc 22, 20; 1 Co 11, 25).

Saint Basile fait le commentaire suivant à ce sujet: «Comment donc rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait? Non par des sacrifices, ni des holocaustes… mais par toute ma propre vie. C’est pourquoi le psalmiste dit: j’élèverai la coupe du salut, appelant coupe, la souffrance dans le combat spirituel, la résistance au péché jusqu’à la mort» (Homélie sur le Psaume 115 (116): PG XXX, 109).

Comme de si nombreux saints prêtres en ont fait l’expérience dans l’accomplissement héroïque de leur ministère, ainsi, nous aussi sommes invités à tirer de l’Eucharistie la force nécessaire pour témoigner de la Vérité, sans faiblesse, irénismes, «sans faux compromis, pour ne pas diluer l’Evangile!», comme le rappelait Benoît XVI lors de sa rencontre avec les Evêques d’Allemagne (Discours au Séminaire de Cologne, du 21 août 2005; cf. ORLF n. 35 du 30 août 2005).

Dans des sociétés et des cultures souvent fermées à la transcendance, étouffées par des comportements con-sumistes, esclaves d’idolâtries anciennes et nouvelles, redécouvrons avec émerveillement le sens du mystère eucharistique. Renouvelons nos célébrations liturgiques pour qu’elles soient des signes plus éloquents de la présence du Christ dans nos diocèses, en particulier dans nos paroisses; réservons de nouveaux espaces au silence, à la prière et à la contemplation dans l’adoration de l’Eucharistie, pour avoir en nous un véritable esprit missionnaire vibrant.

Jean-Paul II affirma à nos frères prélats du Portugal: «En tant que sentinelles de la Maison de Dieu, veillez, chers frères, afin que dans toute la vie ecclésiale se reproduise d’une certaine manière le rythme binaire de la Messe, avec la liturgie de la parole et avec la liturgie eucharistique. Que vous serve d’exemple le cas des disciples d’Emmaüs, qui reconnurent Jésus uniquement à partir du pain (cf. Lc 24, 13-35)» (Discours aux Evêques du Portugal en visite ad limina Apostolorum, n. 6).

Dans l’Eucharistie est contenu le secret de la fidélité et de la persévérance de nos fidèles, de la sécurité et de la solidité de nos communautés ecclésiales, au milieu des afflictions et des difficultés du monde. Dans notre pastorale, faite de paroles et de Sacrement, nous éviterons les écueils de l’activisme, de l’action pour l’action, et nous surmonterons les attaques du laïcisme et du sécularisme où le Christ n’a ni voix ni place, en y apportant le Pain de vie éternelle.

Nous pensons à l’importance missionnaire de nos paroisses qui constituent en quelque sorte le tissu au sein même de nos diocèses (cf. CDC, can. 374, §1).

Nous pensons à chaque paroisse, qui constitue une comunitas christifidelium et qui ne peut pas l’être si elle n’est pas une communauté eucharistique et ouverte aux personnes les plus éloignées, c’est-à-dire si elle n’est pas une communauté capable de célébrer l’Eucharistie avec un esprit missionnaire, dans laquelle se trouvent la racine vivante de sa construction et le lien sacramentel de sa nature en pleine communion avec toute l’Eglise (cf. Jean-Paul II, Exhort. ap. Christifideles laici, n. 26, du 30 décembre 1988).

Nous pensons aux curés, qui ne peuvent pas ne pas être des prêtres ordonnés, parce qu’ils font et disent dans la Liturgie eucharistique et dans la liturgie de la Parole ce qu’eux-mêmes «personnelement», «par eux-mêmes», ne peuvent pas faire et dire: en effet, ils agissent et parlent «in persona Christi capitis». Nous pensons à tous les prêtres, jeunes et âgés, en bonne santé ou malades qui, en redécouvrant le don radical d’eux-mêmes, au cœur de leur ministère ordonné, peuvent répéter avec les paroles de Jean-Paul II: «Le temps est venu de parler courageusement de la vie sacerdotale, comme d’une valeur inestimable et comme d’une forme splendide et privilégiée de vie chrétienne»! (Exhort. ap. post-synodale Pastores dabo vobis, n.39).

Ainsi, l’Eglise de la Parole et des Sacrements sera nécessairement l’Eglise de l’exercice inlassable du sacerdoce ministériel, ce sera l’Eglise du prêtre saint, du prêtre qui aime à la racine de son âme, de tout son être, l’appel qu’il a reçu du Maître, pour se comporter à chaque instant comme ipse Christus.

Benoît XVI a dit récemment dans son discours aux Evêques de la Conférence épiscopale du Canada-Québec en visite ad limina Apostolorum (11 mai 2006): «Cependant, la diminution du nombre des prêtres… en certains lieux, met en cause de manière préoccupante la place de la sacramentalité dans la vie de l’Eglise. Les nécessités de l’organisation pastorale ne doivent pas compromettre l’authenticité de l’ecclésiologie qui s’y exprime. Le rôle central du prêtre qui, in persona Christi capitis, enseigne, sanctifie et gouverne la communauté, ne doit pas être minimisé. Le sacerdoce ministériel est indispensable à l’existence d’une communauté ecclésiale. L’importance du rôle des laïcs, dont je salue la générosité au service des communautés chrétiennes, ne doit jamais occulter le ministère absolument irremplaçable des prêtres pour la vie de l’Eglise» (cf. ORLF n. 20 du 16 mai 2006).

Nous prêtres, préoccupons-nous de faire resplendir notre identité véritable, ontologique, d’exercer un ministère joyeux même dans les difficultés les plus âpres, un ministère ardemment missionnaire parce qu’il est la conséquence de notre identité et, avec tous les fidèles, occupons-nous de prier inlassablement le Seigneur de la moisson afin qu’il envoie des ouvriers pour sa moisson. Les vocations existent, mais nous devons en favoriser la réponse positive par ces moyens, par les moyens que nous a enseignés le Seigneur et aucun autre.

Et telle est l’Eglise que nous souhaitons voir refleurir et donner de nouveaux fruits, dans sa vitalité et dans son activité. Telle est l’Eglise de la mission divine, l’Eglise in statu missionis.

Nous nous tournons vers Marie, Reine des Apôtres et Mère des prêtres. Nous nous confions à elle, ainsi que notre ministère pastoral et tous les prêtres. A son image, qu’elle nous aide à être des tabernacles et des ostensoirs de Jésus Bon Pasteur!

Cláudio Card. HUMMES
Préfet
S.Exc. Mgr Mauro PIACENZA
Archevêque titulaire de Vittoriana
Secrétaire

bonne nuit

2 juillet, 2007

bonne nuit dans commentaire à la Sacrée Écriture pour le jour courant Alfa3_Delfini

http://blog.libero.it/Mellina/view.php

« Maître, je te suivrai partout où tu iras »

2 juillet, 2007

Sainte Claire (1193-1252), moniale franciscaine
1ère lettre à Agnès de Prague, §15-23 (trad. Vorreux rev. ; cf SC 325)

« Maître, je te suivrai partout où tu iras »

Bienheureuse pauvreté, qui prodigue des richesses éternelles à ceux qui l’aiment et qui l’embrassent ! Sainte pauvreté -– à ceux qui la possèdent et la désirent Dieu promet sûrement le Royaume des cieux et donnent la gloire éternelle et la vie bienheureuse. Chère pauvreté, que le Seigneur Jésus Christ a daigné préférer à toute autre chose, lui qui régnait et qui règne sur le ciel et la terre, « et par sa parole tout a été fait » (Ps 32,9). « Les renards, dit-il en effet, ont leur tanière et les oiseaux du ciel leur nid, mais le Fils de l’homme (c’est a dire le Christ) n’a pas trouvé où reposer sa tête. » Quand enfin il a laissé reposer sa tête [sur la croix], il a remis l’esprit (Jn 19,30).

Puisqu’un si grand Seigneur a voulu descendre dans le sein de la Vierge, puisqu’il a voulu apparaître au monde méprisé, indigent et pauvre afin que les hommes, indigents, pauvres et affamés de nourriture céleste, deviennent riches en lui en entrant en possession du Royaume des cieux, exultez de joie. Réjouissez-vous d’un grand bonheur et d’une allégresse spirituelle. Si vous préférez le mépris aux honneurs, et la pauvreté aux richesses de ce monde, si vous confiez vos trésors non pas à la terre mais au ciel, où la rouille ne ronge pas, « la mite ne détruit pas, et les voleurs ne peuvent s’approcher » (Mt 6,20), « votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5,12).