LECTURE POUR LA FOI DE TOUTE SORTE, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

bonjour, je vais être en mouvement autour de Février à Mars, je l’espère de travailler un peu plus à ce moment

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

PAPE FRANÇOIS (…prier pour les vivants et pour les morts)

8 décembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2016/documents/papa-francesco_20161130_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS (…prier pour les vivants et pour les morts)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi, 30 novembre 2016

Chers frères et sœurs, bonjour!

Avec la catéchèse d’aujourd’hui, nous concluons le cycle consacré à la miséricorde. Les catéchèses finissent, mais la miséricorde doit continuer! Rendons grâce au Seigneur pour tout cela et conservons-le dans notre cœur comme consolation et réconfort.
La dernière œuvre de miséricorde spirituelle demande de prier pour les vivants et pour les morts. Nous pouvons y ajouter également la dernière œuvre de miséricorde corporelle qui invite à ensevelir les morts. Cette dernière peut sembler une demande étrange ; mais dans certaines parties du monde qui vivent sous le joug de la guerre, avec des bombardements qui, jour et nuit, sèment la peur et des victimes innocentes, cette œuvre est tristement actuelle. La Bible donne un bel exemple à ce propos : celui du vieux Tobie qui, au risque de sa vie, enterrait les morts malgré l’interdiction du roi (cf. Tb 1, 17-19 ; 2, 2-4). Aujourd’hui aussi, certaines personnes risquent leur vie pour donner une sépulture aux pauvres victimes des guerres. Cette œuvre de miséricorde corporelle n’est donc pas éloignée de notre existence quotidienne. Et cela nous fait penser à ce qui a lieu le Vendredi Saint, quand la Vierge Marie, avec Jean et d’autres femmes, se tenaient auprès de la croix de Jésus. Après sa mort, vint Joseph d’Arimathie, un homme riche, membre du Sanhédrin mais devenu disciple de Jésus, et il offrit pour lui son nouveau tombeau, creusé dans la roche. Il alla personnellement voir Pilate et demanda le corps de Jésus ; une véritable œuvre de miséricorde faite avec un grand courage (cf. Mr 27, 57-60)! Pour les chrétiens, la sépulture est un acte de piété, mais également un acte de grande foi. Nous déposons dans la tombe le corps de nos proches, dans l’espoir de leur résurrection (cf. 1 Co 15, 1-34). C’est un rite qui demeure très fort et présent dans notre peuple, et qui trouve des échos particuliers en ce mois de novembre consacré notamment au souvenir et à la prière pour les défunts.
Prier pour les morts est, avant tout, un signe de reconnaissance pour le témoignage qu’ils nous ont laissé et le bien qu’il ont fait. C’est une action de grâce au Seigneur pour nous les avoir donnés et pour leur amour et leur amitié. L’Église prie pour les défunts de façon particulière au cours de la Messe. Le prêtre dit : « Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la paix. Pour eux et pour tous ceux qui reposent dans le Christ, nous implorons ta bonté : qu’ils entrent dans la joie, la paix et la lumière » (canon romain). Un souvenir simple, concret, chargé de signification, parce qu’il confie nos proches à la miséricorde de Dieu. Prions avec espérance chrétienne pour qu’ils soient avec Lui au paradis, dans l’attente de nous retrouver ensemble dans ce mystère d’amour que nous ne comprenons pas, mais que nous savons être vrai parce qu’il est une promesse que Jésus a faite. Nous ressusciterons tous et nous demeurerons tous pour toujours avec Jésus, avec Lui.
Le souvenir des fidèles défunts ne doit pas nous faire oublier également de prier pour les vivants qui affrontent avec nous chaque jour les épreuves de la vie. La nécessité de cette prière est encore plus évidente si nous la plaçons à la lumière de la profession de foi qui dit : « Je crois à la communion des saints ». C’est le mystère qui exprime la beauté de la miséricorde que Jésus nous a révélée. La communion des saints, en effet, indique que nous sommes tous plongés dans la vie de Dieu et que nous vivons dans son amour. Tous, vivants et morts, nous sommes dans la communion, c’est-à-dire comme une union ; unis dans la communauté de ceux qui ont reçu le baptême, et de ceux qui se sont nourris du Corps du Christ et qui font partie de la grande famille de Dieu. Nous sommes tous la même famille, unis. Et pour cela nous prions les uns pour les autres.
Combien de façons différentes y a-t-il de prier pour notre prochain! Elles sont toutes valables et agrées par Dieu si elles sont faites avec le cœur. Je pense en particulier aux mères et aux pères qui bénissent leurs enfants le matin et le soir. Il y a encore cette habitude dans certaines familles : bénir l’enfant est une prière ; je pense à la prière pour les personnes malades, quand nous allons leur rendre visite et que nous prions pour elles ; à l’intercession silencieuse, parfois avec les larmes, dans de nombreuses situations difficiles pour lesquelles il faut prier. Hier, un brave homme est venu à la Messe à Sainte-Marthe, un entrepreneur. Ce jeune homme doit fermer son usine parce qu’il ne s’en sort pas et il pleurait en disant : « Je n’ai pas le courage de laisser plus de 50 familles sans travail. Je pourrais déclarer banqueroute : je rentre chez moi avec mon argent, mais mon cœur pleurera toute la vie pour ces 50 familles ». Voilà un bon chrétien qui prie avec les œuvres : il est venu à la Messe prier pour que le Seigneur lui indique une issue, pas seulement pour lui, mais pour les 50 familles. C’est un homme qui sait prier, avec le cœur et concrètement, il sait prier pour son prochain. Il est dans une situation difficile. Et il ne cherche pas l’issue la plus facile : « Qu’ils se débrouillent ». Voilà un chrétien. Cela m’a fait tant de bien de l’écouter! Et peut-être y en a-t-il beaucoup, aujourd’hui, en ce moment où tant de gens souffrent du manque de travail ; je pense également à l’action de grâce pour une bonne nouvelle qui concerne un ami, un parent, un collègue… : « Merci, Seigneur, pour cette belle chose! », cela aussi est prier pour les autres! Rendre grâce au Seigneur quand les choses vont bien. Parfois, comme dit saint Paul, « nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables » (Rm 8, 26). C’est l’Esprit qui prie en nous. Ouvrons donc notre cœur, de façon à ce que l’Esprit Saint, en scrutant les désirs qui sont au plus profond de nous, puisse les purifier et les porter à leur accomplissement. Quoi qu’il en soit, pour nous et pour les autres, demandons toujours que soit faite la volonté de Dieu, comme dans le Notre Père, parce que sa volonté est assurément le bien le plus grand, le bien d’un Père qui ne nous abandonne jamais : prier et laisser l’Esprit Saint prier en nous. Et cela est beau dans la vie : prie en rendant grâce, en louant Dieu, en demandant quelque chose, en pleurant quand il y a des difficultés, comme cet homme. Mais que le cœur soit toujours ouvert à l’Esprit afin qu’il prie en nous, avec nous et pour nous.
En concluant ces catéchèses sur la miséricorde, engageons-nous à prier les uns pour les autres afin que les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle deviennent toujours plus le style de notre vie. Les catéchèses, comme je l’ai dit au début, finissent ici. Nous avons parcouru les 14 œuvres de miséricorde mais la miséricorde continue et nous devons l’exercer de ces 14 façons. Merci.

Mary With Child, by Kay Eneim, 2007

7 décembre, 2016

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SERMONS DU TEMPS, DE SAINT BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX.

7 décembre, 2016

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/tome02/homelie/avent/avent01.htm

SERMONS DU TEMPS, DE SAINT BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX.

POUR L’AVENT DE NOTRE-SEIGNEUR.

PREMIER SERMON. De l’Avènement de notre Seigneur et de ses six circonstances.
1. Mes Frères, nous célébrons aujourd’hui le commencement de l’Avent. Le nom, comme celui des autres solennités, en est familier et connu de tout le monde; mais peut-être ne tonnait-on pas aussi bien la raison pour laquelle il est ainsi appelé. Car, les infortunés enfants d’Adam négligeant les vérités salutaires, s’attachent de préférence aux choses fragiles et transitoires. A qui assimilerons-nous les hommes de cette génération, à qui les comparerons-nous quand nous voyons qu’on ne peut ni les enlever ni les arracher aux consolations matérielles de la terre ? Je les comparerai aux gens qui se noient. En effet, voyez comme il serrent ce qu’ils peuvent saisir; rien ne saurait leur faire lâcher prise et quitter le premier objet qui s’est trouvé sous leur main quel qu’il soit, quand même il ne saurait leur être d’aucune utilité, comme des racines d’herbe et d’autres objets pareils. Et même, si quelqu’un vient à leur secours, ils le saisissent ordinairement de telle sorte, qu’ils l’entraînent avec eux et le mettent hors d’état de les sauver et de se sauver lui-même. Voilà comment les malheureux enfants d’Adam périssent dans cette mer vaste et profonde; ils ne recherchent que des soutiens périssables et négligent les seuls dont la solidité leur permettrait de surnager et de sauver leurs âmes. Ce n’est pas de la vanité mais de la vérité qu’il a été dit: « Vous la connaîtrez et elle vous délivrera (Joan., VIII, 32). » Pour vous donc, mes Frères, vous à qui Dieu révèle comme à de petits enfants, les choses qui sont cachées aux sages et aux prudents du monde, appliquez avec soin toutes vos pensées à ce qui est vraiment salutaire, pesez attentivement la raison de l’Avent et demandez-vous quel est celui qui vient, pourquoi il vient, quand il vient et par où il vient. C’est là une curiosité louable et salutaire ; car l’Eglise ne célébrerait point l’Avent avec tant de piété, s’il ne cachait pour nous quelque grand mystère.
2.. En premier lieu, considérez avec le même étonnement et la même admiration que l’Apôtre, quel est celui qui vient. C’est, dit l’ange Gabriel, le fils même du Très-Haut, Très-Haut lui-même par conséquent. Car on ne saurait sans crime penser que Dieu a un fils dégénéré ; il faut donc le proclamer l’égal de son Père en grandeur et en dignité. Qui ne sait en effet, que les enfants des princes sont eux-mêmes princes et que les fils de rois sont rois? D’où vient cependant que des trois personnes que nous croyons, que nous confessons et que nous adorons, dans la suprême Trinité, ce n’est ni le Père, ni le Saint-Esprit, mais le Fils qui vient? Je ne saurais croire qu’il en est ainsi sans cause aucune. Mais qui a pénétré les desseins de Dieu? ou qui est entré dans le secret de ses conseils (Rom., XI, 34)? Or, ce n’est point sans un très-profond dessein de la Trinité qu’il a été réglé que ce serait le Fils qui viendrait. Si nous considérons la cause de notre exil, peut-être pourrons-nous connaître, du moins en partie, quelle convenance il y avait que nous fussions sauvés plutôt par le Fils de Dieu que par l’une des deux autres personnes divines. En effet, ce Lucifer qui se levait le matin, ayant voulu se faire semblable au Très-Haut et tenté de se rendre égal à Dieu, ce qui est le propre du Fils, fut à l’instant précipité du haut du Ciel, parce que le Père prit la défense de la gloire de son Fils et montra par les faits la vérité de ce qu’il dit quelque part: « La vengeance m’est réservée et c’est moi qui l’exercerai (Rom., XII, 19). » Et je voyais alors Satan tomber du Ciel comme un éclair (Luc, X, 18). Qu’as-tu donc à l’enorgueillir, ô toi qui n’es que cendre et que poussière? Si Dieu n’a point épargné les anges eux-mêmes dans leur orgueil, combien moins t’épargnera-t-il toi qui n’es que corruption, que vers? Satan n’avait rien fait, il n’était encore coupable que d’une pensée d’orgueil, et à l’instant même, en un clin d’œil, il se voit à jamais précipité dans l’abîme, parce que, selon l’Evangéliste : « Il n’est point resté ferme dans la vérité (Joan., VIII, 44). »
3. O mes Frères, fuyez, fuyez l’orgueil de toutes vos forces, je vous en conjure. L’orgueil est le principe de tout péché, c’est lui qui a si rapidement plongé dans d’éternelles ténèbres ce Lucifer, qui brillait naguère d’un plus vif éclat que tous les astres ensemble; c’est lui, dis-je, qui a changé en un démon non pas un ange seulement, mais le premier des anges. Après cela, devenant tout à coup jaloux du bonheur de l’homme, il fit naître, dans le coeur de ce dernier, l’iniquité qu’il avait d’abord conçue dans le sien, et lui conseilla de manger du fruit défendu, en lui disant qu’il deviendrait aussi semblable à Dieu, connaissant le bien et le mal. O malheureux, quelles espérances donnes-tu, que promets-tu à l’homme, quand il n’y a que le Fils du Très-Haut qui ait la clef de la science, ou plutôt quand il n’y a que lui qui soit « la clef de David qui ouvre, et personne ne ferme (Apoc., III, 7)? » C’est en lui que tous les trésors da la sagesse et de la science divines se trouvent renfermés (Coloss., II, 3) ; iras-tu les dérober pour en faire part à l’homme? Voyez si, comme le dit le Seigneur lui-même, « Il n’est pas un menteur et le père même du mensonge (Joan., VIII, 44). » En effet ne ment-il point quand il dit: « Je serai semblable au Très-Haut (Isa., XIV, 94)? » Et n’est-il pas le père même du mensonge, quand il sème dans le coeur de l’homme le germe de ses faussetés, en lui disant : « Vous serez comme des dieux (Gen., III, 6) ? » Et toi, ô homme, si tu vois le voleur, tu te mets à sa suite. Vous vous rappelez, mes frères, le passage d’Isaïe que nous lisions cette nuit, où il est dit: « Vos princes sont des infidèles (Isa., 1, 23), » ou, selon une autre version, « sont des désobéissants et les compagnons des voleurs. »
4. En effet nos premiers parents, Adam et Eve, la source de notre race, sont désobéissants, et compagnons de voleurs, puisqu’ils veulent, sur les conseils du serpent ou plutôt sur les conseils du diable lui-même par l’organe du serpent, ravir au fils de Dieu ce qui lui appartient en propre. Mais Dieu le Père ne ferme point les yeux sur l’injure faite à son fils, « car le Père aime le Fils (Joan., V, 20), » et à l’instant même, il tire vengeance de l’homme et appesantit son bras sur nous. Tous en effet nous avons péché en Adam et tous nous avons été condamnés en lui. Que fera le fils, en voyant que son Père prend en main sa défense et que pour lui il n’épargne aucune créature? Voilà, se dit-il, que mon Père, à cause de moi; perd toutes ses créatures. Le premier des anges a voulu usurper la grandeur qui m’est propre et il a trouvé de l’écho parmi ses semblables. Mais à l’instant mon Père a pris avec ardeur la défense de ma cause en main, et il a frappé d’un coup cruel, d’une blessure incurable l’ange rebelle et tous ses partisans. De son côté l’homme a voulu aussi s’arroger la science qui est mon partage exclusif, et mon Père n’a point eu non plus pitié de lui, son oeil ne l’a point épargné. « Dieu s’occupe-t-il des boeufs (I Cor., IX, 6) ? » Il avait fait deux nobles créatures, auxquelles il avait donné la raison en partage et qu’il avait faites susceptibles de bonheur, l’ange et l’homme. Or voici qu’à cause de moi il a perdu une multitude d’anges et tous les hommes. Mais moi, pour qu’ils sachent que j’aime mon Père, je veux lui rendre ceux qu’il semble n’avoir perdus qu’à cause de moi. « Si c’est à cause de moi que cette affreuse tempête s’est déchaînée sur vous, dit Jonas, prenez-moi et jetez-moi à la mer (Joan., I, 12). » Ils portent tous un regard d’envie sur moi, eh bien! me voici, je vais me montrer à eux en tel état que quiconque voudra nie porter envie et ambitionnera de devenir semblable à moi, n’aura cette ambition et ce désir que pour son bien. Quant aux anges, je sais bien qu’ils n’ont déserté la bonne voie que par un sentiment mauvais et inique et qu’ils n’ont péché ni par faiblesse ni par ignorance, aussi ont-ils dû périr quoiqu’ils ne le voulussent point, car l’amour du Père et la majesté du Roi suprême éclatent dans sors amour pour la justice (Psalm., XCVII, 3).
5. Voilà pourquoi il a créé les hommes dans le principe, c’était afin qu’ils prissent la place des anges et qu’ils réparassent les brèches de Jérusalem; car il savait que pour les anges il n’y avait plus aucun moyen de retour. « Il connaissait en effet l’orgueil de Moab et voyait qu’il est superbe à l’excès (Isa., XVI, 6), » et que son orgueil est sans repentir et par conséquent sans pardon. Mais il n’a point fait une autre créature pour remplacer l’homme, voulant montrer par lé qu’il pouvait encore être racheté; il n’avait péri que par la malice d’un autre, il était juste par conséquent que la bonté d’un autre pût le sauver. Je vous en prie donc, Seigneur, daignez me tirer de là où je suis, parce que je suis faible et que j’ai été enlevé par fraude et par violence ô mon pays, et qu’on m’a jeté dans cette fosse quoique je fusse innocent (Gen., XL, 15). Innocent, c’est peut-être beaucoup dire, mais ce n’est pas trop, eu égard à celui qui m’a séduit. Seigneur, on m’a fait croise un mensonge ; vienne maintenant la Vérité en personne, afin que la fausseté soit confondue, que je connaisse la vérité et que la vérité me délivre, si toutefois je sais renoncer au mensonge, quand on me l’aura montré, et embrasser la vérité lorsqu’on me l’aura fait connaître. Autrement ma tentation et mon péché ne seraient plus simplement la tentation et le péché de l’homme, mais l’obstination même du diable. Car c’est quelque chose de diabolique que de persévérer dans le mal, et quiconque ressemble au diable dans son péché est digne de périr avec lui.
6. Vous avez entendu, mes Frères, quel est celui qui vient, écoutez maintenant d’où et où il vient. Or il vient du sein de son Père dans celui d’une Vierge mère; il vient du haut des Cieux dans ces basses régions de la terre. Mais quoi donc? Ne faut-il point alors que nous vivions aussi sur la terre ? Oui, s’il y est resté lui-même. Car où pourrait-on être bien s’il n’y est pas, et mal s’il s’y trouve? « Car qu’y a-t-il pour moi dans le ciel même et que désiré je sur la terre si ce n’est vous, Dieu de mon coeur et mon partage pour l’éternité (Psalm. LXXII, 25 et 26)? » Et quand même je marcherais au milieu des ombres mêmes de la mort, il n’est point de maux que je craindrais, si toutefois vous étiez avec moi (Psalm. XXII, 4). » Or je vois aujourd’hui qu’il est descendu non-seulement sur la terre, mais encore jusque dans les enfers, non pas comme un coupable chargé de liens, mais libre au milieu des morts, comme la lumière qui descend dans les ténèbres, mais que les ténèbres n’ont point comprise; aussi son âme ne reste-t-elle point dans les enfers et son corps ne connaît-il point la corruption du tombeau ; car le Christ qui est descendu du ciel est le même qui y est remonté pour accomplir tous les oracles, car c’est de lui qu’il a été dit : « Il faisait le bien en passant d’un lieu dans un autre et guérissait tous ceux qui étaient sous la puissance du diable (Act., X, 38), » et encore: «Il s’élance avec ardeur pour courir comme un géant dans la carrière, mais il part de l’extrémité du ciel (Psalm. XVIII, 7). » Aussi est-ce avec raison que l’Apôtre s’écrie: « Ne recherchez que ce qui est en haut, dans le ciel où Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu (Coloss., III, 1).» C’est en vain qu’il se donnerait du mal pour porter nos coeurs en haut, s’il ne nous apprenait que l’auteur de notre salut s’y trouve. Mais voyons la suite; car si le sujet est fécond et abondant, cependant le temps qui presse ne me permet pas de vous parler longuement. Ainsi quand nous nous sommes demandé quel est celui qui vient, nous avons trouvé que c’est un hôte d’une grande et ineffable majesté; et, lorsque nous avons recherché d’où il vient, il s’est trouvé que nous avons vu se dérouler à nos yeux une route d’une longueur immense, selon ce qu’avait dit le Prophète sous l’inspiration de l’Esprit : « Voilà la majesté du Seigneur qui vient de loin (Isa., XXX, 27). » Enfin à cette question: Où vient-il? nous avons reconnu l’honneur inestimable et presque incompréhensible qu’il daigne nous faire en descendant de si haut dans l’horrible séjour de notre prison.
7. Mais à présent qui pourrait douter qu’il ne fallût rien moins qu’une bien grande cause pour qu’une si grande Majesté daignât descendre de si loin dans un séjour si peu digne d’elle? En effet, le motif qui l’y a déterminé est tout à fait grand, car ce n’est rien moins qu’une grande miséricorde, une grande compassion et une immense charité. En effet, pour quoi devons-nous croire qu’il est venu? C’est le point que nous avons maintenant à éclaircir. Nous n’avons pas besoin de nous donner beaucoup de mal pour cela, puisque ses paroles et ses actes nous crient bien haut le motif de sa venue. En effet, c’est pour chercher la centième brebis qui était perdue et errante qu’il est descendu en toute hâte des montagnes célestes; c’est pour que ses miséricordes fissent comprendre mieux encore au Seigneur et que ses merveilles montrassent plus clairement aux hommes que c’est pour nous qu’il est venu. Combien grand est l’honneur que nous fait le Dieu qui nous vient chercher ! Mais aussi combien est grande la dignité de l’homme que Dieu recherche ainsi! Assurément s’il veut se glorifier de cela, ce ne sera point à lui une folie de le faire, non pas qu’il paraisse être quelque chose de son propre fond, mais parce que celui qui l’a fait l’estime lui-même à un si haut prix. Car ce ne sont point toutes les richesses du monde, ni toute la gloire d’ici-bas, ni rien de ce qui peut flatter nos désirs sur la terre qui fait notre grandeur, tout cela n’est même absolument rien en comparaison de l’homme lui-même. Seigneur, qu’est-ce donc que l’homme pour que vous le combliez de tant de gloire et pourquoi votre coeur est-il porté en sa faveur?
8. Néanmoins je me demande pourquoi au lieu de venir à nous, n’est-ce point nous qui sommes allés à lui; car outre que c’est notre intérêt qui est en question, ce n’est pas l’habitude que les riches aillent trouver les pauvres, même quand ils ont le désir de leur faire du bien. Il est vrai, mes Frères c’était bien à nous à aller vers lui, mais nous en étions doublement empêchés; d’abord nos yeux étaient bien malades; or il habite une lumière inaccessible (I Tim., VI, 16). Et puis nous étions paralysés et gisant sur notre grabat, nous ne pouvions donc nous élever jusqu’à Dieu qui demeure si haut. Voilà pourquoi le bon Sauveur et doux médecin de nos, âmes est descendu de là-haut où il habite et a voilé l’éclat de sa lumière pour nos yeux malades. Il s’est en quelque sorte placé dans une lanterne en prenant son glorieux corps, cette chair infiniment pure de toute souillure. C’est là, en effet, ce nuage léger et translucide dont parle le Prophète (Isa., XIX, 1), sur lequel il avait annoncé que le Seigneur monterait pour descendre en Egypte.
9. Il nous faut aussi considérer en quel temps est venu le Sauveur. Or il est venu ainsi que vous le savez, je le pense, non au commencement, ni au milieu, mais à la fin des temps. Ce n’est pas sans raison, mais avec beaucoup de raison, au contraire, que la Sagesse par excellence a réglé qu’elle n’apporterait de secours aux hommes qu’alors qu’il leur deviendrait plus nécessaire, car elle n’ignore point que les enfants d’Adam sont enclins à l’ingratitude. Or on pouvait dire avec vérité que déjà la nuit approchait, que le jour était sur son déclin, que le soleil de la justice avait un peu baissé à l’horizon, et ne répandait plus sur la terre que des rayons presque éteints et une chaleur affaiblie. Car la lumière de la connaissance de Dieu était devenue bien faible, en même temps que, sous le manteau glacial de l’iniquité, la chaleur de la charité avait sensiblement baissé. Il n’y avait plus d’apparition d’anges, plus de prophètes qui élevassent la voix, il semble que, vaincus par le désespoir à la vue de l’endurcissement excessif et de l’obstination des hommes, ils avaient cessé les uns d’apparaître et les autres de parler. Mais moi, dit le Fils « c’est alors que je me suis écrié, me voici, je viens (Psalm., XXXIX, 9). » Oui, voilà comment à l’heure où tout reposait dans un paisible silence et que la nuit était au milieu de sa course, votre Parole toute-puissante, ô Seigneur, vint du Ciel et descendit de son trône royal (Sap. XVIII, 14). C’est dans le même sens que l’Apôtre disait: « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils (Galal., IV, 4). » C’est qu’en effet la plénitude et l’abondance des choses du temps avaient produit l’oubli et la disette de celles de l’éternité. Il était donc bien à propos que l’éternité vînt puisque la temporalité prévalait. En effet, sans parler du reste, la paix temporelle elle-même était si générale alors, qu’un homme n’a eu qu’à l’ordonner et le dénombrement du monde se fit (Luc, II, 1).
10. Vous connaissez maintenant quel est Celui qui vient; de même que là où il vient et d’où il vient, enfin le temps et la cause de sa venue vous sont également connus; il ne nous reste donc plus qu’à rechercher avec soin par quelle voie il vient, afin que nous allions à sa rencontre, comme il est juste que nous le fassions. Mais, s’il est venu une fois sur la terre, clans une chair visible, pour opérer notre salut, il vient encore tous les jours invisiblement et en esprit pour sauver nos âmes à tous, selon ce qui est écrit: « Le Christ, Notre-Seigneur, est un esprit devant nos yeux. » Et pour que vous sachiez que cet avènement spirituel est caché, il est dit « C’est à son ombre que nous vivrons au milieu des nations (Thren., IV, 20). » Voilà pourquoi il est juste, si le malade est trop faible pour aller bien loin au devant d’un si grand médecin, il s’efforce au moins de lever la tête et de se soulever un peu lui-même à son arrivée. Non, non, ô homme, tu n’as pas besoin de passer les mers, de t’élever dans les nues, de gravir les montagnes, et la route qui t’est montrée n’est pas longue à parcourir, tu n’as qu’à rentrer en toi-même pour aller au devant de ton Dieu; en effet sa parole est dans ta bouche et dans ton coeur. Va donc au moins au devant de lui jusqu’à la componction du coeur et à la confession de la bouche, si tu veux sortir du fumier sur lequel ta malheureuse âme est étendue, car il n’est pas convenable que l’auteur de toute pureté s’avance jusque-là. Mais qu’il vous suffise de ce peu de mots sur cet avènement, dans lequel il daigne éclairer nos âmes par son invisible présence.
11. Mais il faut aussi considérer la voie de son avènement visible, car toutes ses voies sont belles et ses sentiers pacifiques (Prov., III, 17). « Or le voici, dit l’Epouse, le voici qui vient, sautant sur les montagnes et passant par-dessus les collines (Cant. II, 8). Vous le voyez quand il vient, ô belle Epouse, mais vous ne pouviez le voir auparavant, quand il reposait, car vous vous écriiez alors: « O vous, le bien-aimé de mon âme, dites-moi où vous menez paître vos troupeaux, où vous vous reposez (Cant. I, 6). » Lorsqu’il repose, ce sont les anges qu’il paît pendant des éternités sans fin, et qu’il rassasie de la vision de son immuable éternité. Mais ne vous méconnaissez point vous-même, ô belle Epouse, car c’est par vous que s’est produite cette admirable vision, par vous qu’elle s’est affermie, et vous ne pouvez y arriver. Mais voici qu’il est sorti de son sanctuaire, celui qui paît les anges quand il repose, il s’est mis en marche, il va nous guérir. On va le voir venant et rassasié, lui qu’on ne pouvait voir quand il reposait et paissait. Il vient, dis-je, en franchissant d’un bond les montagnes et en passant par-dessus les collines. Les montagnes et les collines, ce sont les patriarches et les prophètes; or voyez dans sa généalogie comment il vient en franchissant les unes d’un bond et en sautant par-dessus les autres. « Abraham, y est-il dit, engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, etc. ( Matth., I, 2). » Vous versez en poursuivant que de ces montagnes sortit la souche de Jessé sur laquelle, selon le mot du Prophète (Isa., XI, 2), poussa un rameau qui produisit une fleur sur laquelle l’Esprit aux sept dons se reposa. C’est ce que le même Prophète nous explique dans un autre endroit en disant: «Une Vierge concevra et enfantera un Fils qui aura nom Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous (Isa., VII, 14). » Ainsi, ce qui n’était d’abord qu’une fleur, il l’appelle ensuite Emmanuel, et ce qui n’était qu’un rameau, il dit plus clairement que c’est une Vierge. Mais je me vois contraint de remettre à un autre jour les considérations qu’il y aurait à faire sur ce profond mystère ; c’est un sujet bien digne d’être traité à part, d’autant plus que le sermon a été un peu long aujourd’hui.

Tota pulchra es amiga mea, et macula non est in te

6 décembre, 2016

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SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION – HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

6 décembre, 2016

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SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Basilique Sainte-Marie-Majeure

Samedi 8 décembre 1979

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, … dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a choisis, dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence » (Ep 1, 3-4).
Dans ce passage de son Épître aux Éphésiens, saint Paul trace l’image de l’Avent. Et il s’agit de cet Avent éternel qui trouve son origine en Dieu lui-même « dès avant la création du monde », car déjà la « création du monde » fut le premier pas de la venue de Dieu à l’homme, le premier acte de l’Avent. En effet tout le monde visible a été créé pour l’homme comme l’atteste le livre de la Genèse. Le début de l’Avent en Dieu est son éternel projet de création du monde et de l’homme, un projet né de l’amour. Cet amour est manifesté par l’éternel choix de l’homme en le Christ, Verbe incarné. « …Il nous a élu en lui, dès avant la création pour être saints et immaculés en sa présence. »
Marie est présente dans cet éternel Avent. Parmi tous les hommes que le Père a élu dans le Christ, Marie l’a été de manière toute particulière et exceptionnelle parce qu’elle a été élue dans le Christ pour être la Mère du Christ. Et ainsi, mieux que n’importe lequel parmi les hommes « prédestinés par le Père » à la dignité de « fils et filles adoptifs de Dieu » Marie a été prédestinée de manière tout à fait spéciale « à la louange de gloire de sa grâce » dont le Père « nous a gratifiés dans son Fils bien-aimé » (cf. Ep 1, 6).
La gloire sublime de sa grâce toute spéciale devait être sa divine maternité : Mère du Verbe Éternel ! Dans le Christ elle a reçu également la grâce de l’Immaculée Conception. De cette manière, Marie est insérée dans ce premier Avent éternel de la Parole, prédisposé par l’amour du Père pour la création et pour l’homme.
2. Le deuxième Avent a un caractère historique. Il s’accomplit dans le temps entre la chute du premier homme et la venue du Rédempteur. La liturgie d’aujourd’hui nous parle également de cet Avent et nous montre comment Marie y est insérée dès les origines. En effet, quand s’est manifesté le premier péché, avec la honte inattendue de nos premiers parents, alors également Dieu révéla pour la première fois le Rédempteur du monde, annonçant aussi sa Mère. Il l’a fait en disant les paroles dans lesquelles la tradition voit « le proto Évangile » c’est-à-dire comme l’embryon et la « pré-annonce » de l’Évangile lui-même, de la Bonne Nouvelle.
Voici ces paroles : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t’écrasera ta tête, et, toi, tu la viseras au talon » (Gn 3, 15).
Ce sont des paroles mystérieuses. Tout archaïques qu’elles soient, elles révèlent le futur de l’humanité et de l’Église. Ce futur est vu dans la perspective d’une lutte entre l’Esprit des ténèbres, celui qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44) et le Fils de la femme qui doit venir parmi les hommes comme « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).
C’est ainsi que dès les origines Marie est présente dans ce deuxième Avent historique. Elle a été promise, en même temps que son Fils, rédempteur du monde. Et attendue également avec lui. Le Messie-Emmanuel (« Dieu avec nous ») est attendu comme Fils de la Femme, Fils de l’Immaculée.
3. La venue du Christ ne constitue pas seulement l’accomplissement du deuxième Avent : elle constitue également, en même temps, la révélation du troisième Avent, de l’Avent définitif. Par l’ange Gabriel que Dieu lui avait envoyé à Nazareth, Marie entendit les paroles suivantes :
« Voici que tu concevras et enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut… ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais et son règne n’aura jamais de fin » (Lc 1, 31-33).
Marie est le commencement du troisième Avent parce qu’elle a mis au monde celui qui réalisera ce choix éternel dont il nous a été donné lecture dans l’épître aux Éphésiens. En le réalisant, il en fera le fait culminant de l’histoire de l’humanité. Il lui donnera la forme concrète de l’Évangile, de l’eucharistie, de la Parole et des sacrements. Et ainsi ce choix éternel pénétrera la vie des âmes humaines et la vie de cette communauté particulière qui se nomme l’Église.
L’histoire de la famille humaine et l’histoire de chaque homme mûriront par l’opération de Jésus-Christ, à la mesure des fils et des filles d’adoption. « C’est en lui encore que nous sommes devenus les héritiers désignés d’avance selon le plan préétabli de celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté » (Ep 1, 11).
Marie est l’origine de ce troisième Avent, et elle s’y maintient en permanence, toujours présente (comme l’a si merveilleusement exprimé le Concile Vatican II au huitième chapitre de la Constitution sur l’Église Lumen Gentium). De même que le deuxième Avent nous rapproche de celle dont le Fils devait « écraser la tête du serpent », ainsi le troisième Avent nous éloigne d’elle tout en nous permettant de demeurer sans cesse en présence du Fils, tout proches d’elle. Cet Avent n’est autre que l’attente de l’accomplissement définitif des temps : il est simultanément le temps de la lutte et des contrastes, poursuivant ainsi la prévision originelle : « J’établirai une inimitié entre toi et la femme… » (Gn 3, 15).
La différence consiste dans le fait que nous connaissons déjà le nom de la femme. Elle est l’Immaculée Conception. On la connaît pour sa virginité et pour sa maternité. Elle est la Mère du Christ et de l’Église, Mère de Dieu et des hommes : Marie de notre Avent.

 

Mat-03,01-John the baptist

2 décembre, 2016

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http://www.artbible.net/3JC/-Mat-03,01-John%20the%20baptist_Jean%20Baptiste/index.html

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE DE L’AVENT, A

2 décembre, 2016

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE DE L’AVENT, A

Is 11, 1-10 ; Rm 15, 4-9 ; Mt 3, 1-12

C’est entendu et bien décidé : nous fêterons Noël. Dinde et bûche, réunion de famille, messe de minuit ou du jour, si pas les deux. Il y aura des bougies et des chants : c’est normal. Un anniversaire, cela se fête, dans la joie, et si possible même dans l’abondance partagée. Noël est d’ailleurs un anniversaire exceptionnel, puisqu’il s’agit de la naissance de Jésus, prophète, se révélant homme et Dieu. Un Christ qui a bouleversé et conditionné le cours de l’histoire et de la nôtre.
Et cependant, cette fête, c’est un peu court, tronqué, à la limite même un peu hypocrite sur les bord. L’amour ne peut se contenter d’un dîner aux chandelles, même accompagné de champagne, de fleurs et de musique douce. Le Jésus, décédé il y a 2000 ans, applaudi à Noël, un feu d’artifice annuel.
L’anniversaire autour du sapin et de l’autel n’est pas seulement un pieux souvenir. Jésus est encore à venir et, en même temps, il est présent. Il est venu, il viendra, et il vient. S’il faut préparer la fête anniversaire, il faut aussi préparer sa venue à plus long terme, car il viendra dans sa gloire, comme frère et comme juge.
A court terme aussi, car il va et il vient au milieu de nous comme un inconnu. Nous le croisons, nous le rencontrons souvent en détournant la tête, parce que nous voyons mal, parce que nous avons peur.
Il nous faut toujours préparer sa venue, et comme Jean-Baptiste nous le précise : Convertissez-vous, rendez droits ses sentiers… Nous voici aujourd’hui comme sur les bords du Jourdain pour entendre le prophète parler de celui que nous attendons.
Or, que voyons-nous ? Les croyants les plus pieux, les plus stricts et les plus fidèles, les piliers d’Eglise, dirions-nous, les engagés, les responsables, les initiés, qui se font invectiver… Et pourtant, on les voit au Temple tous les huit jours et même durant la semaine. Ils se dépensent pour tout et partout, font jeûne le vendredi et même le mardi par dévotion et sécurité. Ils ne sont pas seulement des modèles de l’observance des préceptes et des rites, mais ils sont la Loi en chair et en os. Or, voici que ce prédicateur, qui sort d’on ne sait où, les traite de vipères. Des méchantes langues, des êtres dangereux et malfaisants.
Et pourquoi ? je vous le demande. Certainement pas parce qu’ils prient admirablement, ni parce qu’ils jeûnent courageusement et qu’ils obéissent à tous les règlements… Mais alors ? C’est qu’ils se croient arrivés et sauvés par leur piété et leurs bonnes œuvres. Des gens trop sûrs d’eux-mêmes. Tellement sûrs qu’ils en sont devenus hautains et méprisants. Ils sont venus, en définitive, pour recevoir confirmation de leur bonne conduite. Première erreur.
La seconde, c’est qu’ils ne portent pas de fruits. Ils sont stériles. Des masques de vivants cachant des visages morts. Effrayant et révoltant. Qui d’entre nous ne se sent pas visé ?
C’est d’ailleurs à nous tous que ce discours s’adresse, non comme une injure de jalousie, de vengeance ou de menace, mais comme un avertissement d’amour, un appel à retrouver la tendresse primitive, la conviction des premiers jours, la foi qui transporte les montagnes. C’est une gifle, soit, mais pour nous réveiller et nous apprendre à mieux vivre.
La Parole de Dieu est toujours tranchante, une épée qui nous pousse dans les reins, en avant. Elle n’est pas un ronron monotone du déjà entendu, que l’on peut écouter en baillant ou en regardant sa montre. Le rendez-vous donné n’est pas d’abord une cérémonie plus ou moins réussie, plus ou moins intéressante, où l’on passe par obligation. Et que l’on peut oublier dès que l’on sort.
Elle est ce rendez-vous avec le prophète qui nous invite, non pas une fois, mais mille fois, à faire volte-face, à rectifier constamment nos manières de penser et de voir, à revoir avec une autre lumière nos attitudes, nos conceptions de la vie et de la mort, de la joie et de la souffrance, de la pauvreté et de l’argent. C’est-à-dire changer notre manière de vivre. Les croyants ont à se convertir pour devenir disciples.
Si rien n’a changé d’ici Noël, le Christ nous renverra nos cadeaux et nos fleurs. Et il ne sera pas de la fête. Il nous laissera seuls, enlisés dans nos préjugés et nos scléroses, nos satisfactions d’enfants gâtés… Convertissez-vous… Convertissons-nous…

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

PAPE FRANÇOIS – 37. CONSEILLER ET ENSEIGNER

1 décembre, 2016

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PAPE FRANÇOIS – 37. CONSEILLER ET ENSEIGNER

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi, 23 novembre 2016

Chers frères et sœurs, bonjour!

Le jubilé étant fini, nous revenons aujourd’hui à la normalité, mais il reste encore quelques réflexions sur les œuvres de miséricorde, c’est pourquoi nous continuons sur ce thème.
La réflexion sur les œuvres de miséricorde spirituelle concerne aujourd’hui deux actions profondément liées entre elles : conseiller ceux qui sont dans le doute et enseigner les ignorants, c’est-à-dire ceux qui ne savent pas. La parole ignorant est trop forte, mais elle signifie ceux qui ne savent pas quelque chose et à qui il faut enseigner. Ce sont des œuvres que l’on peut vivre aussi bien dans une dimension simple, familiale, à la portée de tous, que — en particulier la deuxième, celle d’enseigner — sur un plan plus institutionnel, organisé. Pensons par exemple au nombre d’enfants qui souffrent encore d’analphabétisme. Cela n’est pas compréhensible : dans un monde où le progrès technique et scientifique est arrivé aussi loin, il y a des enfants analphabètes! C’est une injustice. Combien d’enfants souffrent du manque d’instruction. C’est une situation de grande injustice qui entache la dignité même de la personne. De plus, sans instruction, on devient facilement la proie de l’exploitation et de diverses formes de difficultés sociales.
Au cours des siècles, l’Église a ressenti l’exigence de s’engager dans le domaine de l’instruction, car sa mission d’évangéliser comporte l’engagement de rendre leur dignité aux plus pauvres. Du premier exemple d’une « école » fondée précisément ici, à Rome, par saint Justin, au IIe siècle, pour que les chrétiens connaissent mieux l’Ecriture Sainte, jusqu’à saint Joseph Calasanzio, qui ouvrit les premières écoles gratuites d’Europe, nous avons une longue liste de saints et de saintes qui, à diverses époques, ont apporté l’instruction aux plus défavorisés, sachant qu’à travers cette route, ils auraient pu dépasser la pauvreté et les discriminations. Que de chrétiens, laïcs, frères et sœurs consacrées, prêtres, ont donné leur vie pour l’instruction, pour l’éducation des enfants et des jeunes. Cela est grand : je vous invite à leur rendre hommage par un bel applaudissement [applaudissement des fidèles]. Ces pionniers de l’instruction avaient compris jusqu’au bout l’œuvre de miséricorde et en avaient fait un style de vie capable de transformer la société elle-même. A travers un travail simple et quelques structures, ils ont su rendre leur dignité à de nombreuses personnes! Et l’instruction qu’ils donnaient était souvent orientée également vers le travail. Pensons à saint Jean Bosco, qui préparait au travail de jeunes garçons des rues, à l’oratoire et ensuite dans les écoles, les bureaux. C’est ainsi que sont nées de nombreuses différents écoles professionnelles, qui formaient au travail tout en éduquant aux valeurs humaines et chrétiennes. L’instruction est donc vraiment une forme particulière d’évangélisation.
Plus l’instruction se développe et plus les personnes acquièrent des certitudes et une conscience, dont nous avons tous besoin dans la vie. Une bonne instruction nous enseigne la méthode critique, qui comprend également un certain type de doute, utile pour poser des questions et vérifier les résultats atteints, en vue d’une plus grande connaissance. Mais l’œuvre de miséricorde de conseiller ceux qui sont dans le doute ne concerne pas ce type de doute. Exprimer la miséricorde envers les personnes dans le doute revient, en revanche, à adoucir cette douleur et cette souffrance qui proviennent de la peur et de l’angoisse et qui sont les conséquences du doute. Il s’agit donc d’un véritable acte d’amour, par lequel on entend soutenir une personne dans une situation de faiblesse provoquée par l’incertitude.
Je pense que quelqu’un pourrait me demander : « Père, j’ai tellement de doutes sur la foi, que dois-je faire? » Vous n’avez jamais de doutes? ». J’en ai beaucoup… Bien sûr, à certains moments, les doutes viennent à tout le monde! Les doutes qui touchent la foi, au sens positif, sont le signe que nous voulons connaître mieux et plus à fond Dieu, Jésus et le mystère de son amour pour nous. « Mais, j’ai ce doute : je cherche, j’étudie, je réfléchis ou je demande conseil sur la façon de faire ». Ce sont les doutes qui font grandir! Il est donc bon que nous nous posions des questions sur notre foi, car de cette manière, nous sommes poussés à l’approfondir. Les doutes, quoi qu’il en soit, doivent être également dépassés. Il est nécessaire pour cela d’écouter la Parole de Dieu et de comprendre ce qu’elle nous enseigne. Un chemin important qui aide beaucoup en cela est celui de la catéchèse, à travers laquelle l’annonce de la foi vient à notre rencontre dans les aspects concrets de la vie personnelle et communautaire. Et il y a, dans le même temps, une autre voie également importante, celle de vivre le plus possible la foi. Ne faisons pas de la foi une théorie abstraite où les doutes se multiplient. Faisons plutôt de la foi notre vie. Cherchons à la pratiquer au service de nos frères, en particulier des plus indigents. Alors tant de doutes s’évanouissent, car nous sentons la présence de Dieu et la vérité de l’Évangile dans l’amour qui, sans notre mérite, demeure en nous et que nous partageons avec les autres.
Chers frères et sœurs, comme on peut le voir, ces deux œuvres de miséricorde ne sont pas éloignées elles aussi de notre vie. Chacun de nous peut s’engager à les vivre pour mettre en pratique la parole du Seigneur, quand il dit que le mystère de l’amour de Dieu n’a pas été révélé aux sages et aux intelligents, mais aux petits (cf. Lc 10, 21 ; Mt 11, 25-26). C’est pourquoi l’enseignement le plus profond que nous sommes appelés à transmettre et la certitude la plus sûre pour sortir du doute est l’amour de Dieu avec lequel nous avons été aimés (cf. 1 Jn 4, 10). Un amour grand, gratuit et donné pour toujours. Dieu ne fait jamais marche arrière avec son amour! Il va toujours de l’avant et attend ; il donne pour toujours son amour, dont nous devons ressentir avec force la responsabilité, pour en être les témoins en offrant la miséricorde à nos frères. Merci.

Frères et sœurs, la réflexion sur les œuvres de miséricorde spirituelle concerne aujourd’hui deux actions fortement liées entre elles : conseiller ceux qui sont dans le doute et enseigner les ignorants. Ainsi, au cours des siècles, l’Église s’est engagée dans le domaine de l’instruction parce que sa mission d’évangélisation comporte l’engagement de rendre leur dignité aux plus pauvres. En effet, plus l’instruction se répand, plus les personnes acquièrent des connaissances et plus il devient possible de vaincre la misère et les discriminations. Exprimer la miséricorde envers ceux qui doutent équivaut à soulager la souffrance provenant de la peur et de l’angoisse qui sont des conséquences du doute. Cette œuvre de miséricorde est donc un acte de véritable amour qui entend soutenir une personne dans la faiblesse provoquée par l’incertitude. Car, nous poser des questions même sur notre foi, doit nous pousser à l’approfondir, grâce notamment à l’écoute de la Parole de Dieu et à la catéchèse. Ne faisons pas de la foi une théorie abstraite où les doutes se multiplient. Faisons de notre foi notre vie. Cherchons à la pratiquer dans le service des frères, des plus nécessiteux. Alors beaucoup de doutes disparaîtront, parce que nous éprouverons la présence de Dieu et la vérité de l’Évangile dans l’amour qui habite en nous et que nous partageons avec les autres.
Je suis heureux de saluer les pèlerins de langue française, en particulier les malades et les porteurs de handicap de Lyon ainsi que l’institut Notre-Dame de Vie, des Philippines. Pour sortir de nos doutes, ouvrons largement nos esprits et nos cœurs à cette certitude que nous sommes aimés de Dieu et devenons-en les témoins auprès de tous, en particulier des petits et des pauvres. Que Dieu vous bénisse!

St. Andrew is the apostle of the cross.

30 novembre, 2016

St. Andrew is the apostle of the cross. dans images sacrée 126_standrew

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BENOÎT XVI – ANDRÉ, LE PROTOCLET

30 novembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060614.html

BENOÎT XVI – ANDRÉ, LE PROTOCLET

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 14 juin 2006

Chers frères et soeurs,

Dans les deux dernières catéchèses, nous avons parlé de la figure de saint Pierre. A présent, nous voulons, dans la mesure où les sources nous le permettent, connaître d’un peu plus près également les onze autres Apôtres. C’est pourquoi nous parlons aujourd’hui du frère de Simon Pierre, saint André, qui était lui aussi l’un des Douze. La première caractéristique qui frappe chez André est son nom: il n’est pas juif, comme on pouvait s’y attendre, mais grec, signe non négligeable d’une certaine ouverture culturelle de sa famille. Nous sommes en Galilée, où la langue et la culture grecques sont assez présentes. Dans les listes des Douze, André occupe la deuxième place, comme dans Matthieu (10, 1-4) et dans Luc (6, 13-16), ou bien la quatrième place comme dans Marc (3, 13-18) et dans les Actes (1, 13-14). Quoi qu’il en soit, il jouissait certainement d’un grand prestige au sein des premières communautés chrétiennes.
Le lien de sang entre Pierre et André, ainsi que l’appel commun qui leur est adressé par Jésus, apparaissent explicitement dans les Evangiles. On y lit: « Comme il [Jésus] marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac: c’était des pêcheurs. Jésus leur dit: « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes »" (Mt 4, 18-19; Mc 1, 16-17). Dans le quatrième Evangile, nous trouvons un autre détail important: dans un premier temps, André était le disciple de Jean Baptiste; et cela nous montre que c’était un homme qui cherchait, qui partageait l’espérance d’Israël, qui voulait connaître de plus près la parole du Seigneur, la réalité du Seigneur présent. C’était vraiment un homme de foi et d’espérance; et il entendit Jean Baptiste un jour proclamer que Jésus était l’ »agneau de Dieu » (Jn 1, 36); il se mit alors en marche et, avec un autre disciple qui n’est pas nommé, il suivit Jésus, Celui qui était appelé par Jean « Agneau de Dieu ». L’évangéliste rapporte: ils « virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là » (Jn 1, 37-39). André put donc profiter de précieux moments d’intimité avec Jésus. Le récit se poursuit par une annotation significative: « André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit: « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit: le Christ) ». André amena son frère à Jésus » (Jn 1, 40-43), démontrant immédiatement un esprit apostolique peu commun. André fut donc le premier des Apôtres à être appelé à suivre Jésus. C’est précisément sur cette base que la liturgie de l’Eglise byzantine l’honore par l’appellation de Protóklitos, qui signifie précisément « premier appelé ». Et il est certain que c’est également en raison du rapport fraternel entre Pierre et André que l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople se sentent de manière particulière des Eglises-soeurs. Pour souligner cette relation, mon Prédécesseur, le Pape Paul VI, restitua en 1964 les nobles reliques de saint André, conservées jusqu’alors dans la Basilique vaticane, à l’Evêque métropolite orthodoxe de la ville de Patras en Grèce, où selon la tradition, l’Apôtre fut crucifié.
Les traditions évangéliques rappellent particulièrement le nom d’André en trois autres occasions, qui nous font connaître un peu plus cet homme. La première est celle de la multiplication des pains en Galilée. En cette circonstance, ce fut André qui signala à Jésus la présence d’un enfant avec cinq pains d’orge et deux poissons, « bien peu de chose » – remarqua-t-il – pour toutes les personnes réunies en ce lieu (cf. Jn 6, 8-9). Le réalisme d’André en cette occasion mérite d’être souligné: il remarqua l’enfant – il avait donc déjà posé la question: « Mais qu’est-ce que cela pour tant de monde! » (ibid.) -, et il se rendit compte de l’insuffisance de ses maigres réserves. Jésus sut toutefois les faire suffire pour la multitude de personnes venues l’écouter. La deuxième occasion fut à Jérusalem. En sortant de la ville, un disciple fit remarquer à Jésus le spectacle des murs puissants qui soutenaient le Temple. La réponse du Maître fut surprenante: il lui dit que de ces murs, il ne serait pas resté pierre sur pierre. André l’interrogea alors, avec Pierre, Jacques et Jean: « Dis-nous quand cela arrivera, dis-nous quel sera le signe que tout cela va finir » (Mc 13, 1-4). Pour répondre à cette question, Jésus prononça un discours important sur la destruction de Jérusalem et sur la fin du monde, en invitant ses disciples à lire avec attention les signes des temps et à rester toujours vigilants. Nous pouvons déduire de l’épisode que nous ne devons pas craindre de poser des questions à Jésus, mais que dans le même temps, nous devons être prêts à accueillir les enseignements, même surprenants et difficiles, qu’Il nous offre.
Dans les Evangiles, enfin, une troisième initiative d’André est rapportée. Le cadre est encore Jérusalem, peu avant la Passion. Pour la fête de Pâques – raconte Jean – quelques Grecs étaient eux aussi venus dans la ville sainte, probablement des prosélytes ou des hommes craignant Dieu, venus pour adorer le Dieu d’Israël en la fête de la Pâque. André et Philippe, les deux Apôtres aux noms grecs, servent d’interprètes et de médiateurs à ce petit groupe de Grecs auprès de Jésus. La réponse du Seigneur à leur question apparaît – comme souvent dans l’Evangile de Jean – énigmatique, mais précisément ainsi, elle se révèle riche de signification. Jésus dit aux deux disciples et, par leur intermédiaire, au monde grec: « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis: si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 23-24). Que signifient ces paroles dans ce contexte? Jésus veut dire: Oui, ma rencontre avec les Grecs aura lieu, mais pas comme un simple et bref entretien entre moi et quelques personnes, poussées avant tout par la curiosité. Avec ma mort, comparable à la chute en terre d’un grain de blé, viendra l’heure de ma glorification. De ma mort sur la croix proviendra la grande fécondité: le « grain de blé mort » – symbole de ma crucifixion – deviendra dans la résurrection pain de vie pour le monde; elle sera lumière pour les peuples et les cultures. Oui, la rencontre avec l’âme grecque, avec le monde grec, se réalisera à ce niveau auquel fait allusion l’épisode du grain de blé qui attire à lui les forces de la terre et du ciel et qui devient pain. En d’autres termes, Jésus prophétise l’Eglise des Grecs, l’Eglise des païens, l’Eglise du monde comme fruit de sa Pâque.
Des traditions très antiques voient André, qui a transmis aux Grecs cette parole, non seulement comme l’interprète de plusieurs Grecs lors de la rencontre avec Jésus que nous venons de rappeler, mais elles le considèrent comme l’apôtre des Grecs dans les années qui suivirent la Pentecôte; elles nous font savoir qu’au cours du reste de sa vie il fut l’annonciateur et l’interprète de Jésus dans le monde grec. Pierre, son frère, de Jérusalem en passant par Antioche, parvint à Rome pour y exercer sa mission universelle; André fut en revanche l’Apôtre du monde grec: ils apparaissent ainsi de véritables frères dans la vie comme dans la mort – une fraternité qui s’exprime symboliquement dans la relation spéciale des Sièges de Rome et de Constantinople, des Eglises véritablement soeurs.
Une tradition successive, comme nous l’avons mentionné, raconte la mort d’André à Patras, où il subit lui aussi le supplice de la crucifixion. Cependant, au moment suprême, de manière semblable à son frère Pierre, il demanda à être placé sur une croix différente de celle de Jésus. Dans son cas, il s’agit d’une croix décussée, c’est-à-dire dont le croisement transversal est incliné, qui fut donc appelée « croix de saint André ». Voilà ce que l’Apôtre aurait dit à cette occasion, selon un antique récit (début du VI siècle) intitulé Passion d’André: « Je te salue, ô Croix, inaugurée au moyen du Corps du Christ et qui as été ornée de ses membres, comme par des perles précieuses. Avant que le Seigneur ne monte sur toi, tu inspirais une crainte terrestre. A présent, en revanche, dotée d’un amour céleste, tu es reçue comme un don. Les croyants savent, à ton égard, combien de joie tu possèdes, combien de présents tu prépares. Avec assurance et rempli de joie, je viens donc à toi, pour que toi aussi, tu me reçoives exultant comme le disciple de celui qui fut suspendu à toi… O croix bienheureuse, qui reçus la majesté et la beauté des membres du Seigneur!… Prends-moi et porte-moi loin des hommes et rends-moi à mon Maître, afin que par ton intermédiaire me reçoive celui qui, par toi, m’a racheté. Je te salue, ô Croix; oui, en vérité, je te salue! ». Comme on le voit, il y a là une très profonde spiritualité chrétienne, qui voit dans la croix non pas tant un instrument de torture, mais plutôt le moyen incomparable d’une pleine assimilation au Rédempteur, au grain de blé tombé en terre. Nous devons en tirer une leçon très importante: nos croix acquièrent de la valeur si elles sont considérées et accueillies comme une partie de la croix du Christ, si elles sont touchées par l’éclat de sa lumière. Ce n’est que par cette Croix que nos souffrances sont aussi ennoblies et acquièrent leur sens véritable.
Que l’Apôtre André nous enseigne donc à suivre Jésus avec promptitude (cf. Mt 4, 20; Mc 1, 18), à parler avec enthousiasme de Lui à ceux que nous rencontrons, et surtout à cultiver avec Lui une relation véritablement familière, bien conscients que ce n’est qu’en Lui que nous pouvons trouver le sens ultime de notre vie et de notre mort.

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