LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

HOMÉLIE POUR LE 29E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « LES FILS DE ZÉBÉDÉE »

19 octobre, 2018

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-29e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Les-fils-de-Zebedee_a857.html

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HOMÉLIE POUR LE 29E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « LES FILS DE ZÉBÉDÉE »

Textes: Isaïe 53, 10-11, Hébreux 4, 14-16 et Marc 10, 42-45.

Les textes de la Parole de Dieu aujourd’hui nous rappellent ce qu’on pourrait appeler la « loi fondamentale » du Royaume de Dieu qui est aussi celle de la communauté chrétienne et de l’Église dans le monde.
On connaît bien le commandement de l’amour fraternel au cœur du message de Jésus (Jean 13, 34-35), mais celui-ci est inopérant s’il ne se joint pas à celui, tout aussi fondamental, que nous propose Jésus aujourd’hui qui est la « loi du service ».

I – Un malentendu profond
Regardez la démarche de Jacques et Jean, fils de Zébédée. Ils n’ont rien compris aux enseignements de Jésus qui leur a expliqué plusieurs fois que sa mission était d’aller vers les brebis perdues, de servir la volonté de salut de son Père pour toute l’humanité sans faire d’exception.
La scène que nous avons dans l’évangile d’aujourd’hui nous les montre au sortir d’une discussion avec les autres apôtres pour savoir qui est le plus grand (Marc 9, 33 et suivants). Au cours de cette discussion, les apôtres se voient chacun sur un siège autour de Jésus trônant comme un roi temporel puissant. Ils se voient ainsi aux premiers rangs de sa cour royale. Jacques et Jean veulent s’assurer d’être non seulement aux premiers rangs, mais d’être « l’un à sa droite » et « l’autre à sa gauche ».
Et la réponse de Jésus fait éclater le malentendu au coeur de la discussion des apôtres : « Oui, dit Jésus vous serez avec moi si vous me suivez jusqu’à donner votre vie comme moi ». Ses mots exacts sont : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Jésus pense aux outrages, eux aux honneurs.
Jésus pense au gibet où il sera élevé, eux pensent à des trônes.
Jésus pense à donner sa vie pour tous, eux veulent s’élever aux dépens de tous.
Et on pourrait continuer. Malentendu profond.
Pour dissiper tout malentendu auprès de Jacques et de Jean ainsi qu’auprès des autres apôtres qui s’offusquaient en pensant que Jacques et Jean auraient des places spéciales dans le Royaume de Jésus, Jésus y va de précisions qui sont à retenir et qui constituent cette « loi fondamentale du service » dont je parlais en commençant.

II – Des précisions révélatrices
La voici cette « loi du service » dans la communauté chrétienne : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous » (Marc 10, 43-44).
Et quel est le fondement de cette « loi du service » ? C’est l’exemple et l’attitude même de Jésus, l’Envoyé du Père, c’est « parce que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Dans cette réponse Jésus nous situe au coeur de sa mission salvatrice.
L’image du Serviteur souffrant que présente Isaïe dans la première lecture va à merveille à Jésus. Dans sa passion, il sera ce Serviteur souffrant et ainsi « il justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés ». Cette mission Jésus l’a pleinement assumée, et le soir du Jeudi-Saint, il a posé un geste que vous connaissez bien et qui illustre parfaitement le cœur de sa mission : le lavement des pieds des apôtres. À saint Pierre qui se rebiffait, il dit « Si je ne te lave pas, tu ne pourras avoir part avec moi » et il conclut par ces mots : « C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi ». (Jean 13, 8 et 15)
La « loi fondamentale du service » dans le Royaume de Dieu, c’est un esprit nouveau, un renversement des perspectives auxquelles s’attendaient les apôtres. Ils le comprendront parfaitement après la Résurrection. Et nous le comprendrons, nous, en nous laissant habiter par l’Esprit de Jésus.

III – Application
En effet, il y a tout un chemin à faire pour développer cet esprit de service dont parle Jésus. Ce n’est pas évident dans notre monde d’aujourd’hui où la compétition a une si grande place et où les réussites sociales, financières, professionnelles sont sur le devant de la scène. Alors qu’en est-il de cet appel de Jésus dans nos vies?
Pour nous, chrétiens-croyants, il s’agit d’une règle absolue que nous ne mettons pas en doute. Elle s’applique non seulement aux ministres ordonnés, diacres, prêtres, évêques, mais à tous les fidèles membres de la communauté chrétienne. L’Église n’en sera que plus belle lorsque tous et toutes s’efforceront d’incarner dans leur vie de tous les jours cette « loi du service ».
Cet idéal du service demeure l’idéal incontournable du disciple de Jésus. Il nous revient de chercher à le vivre de diverses façons. Ce peut être en privilégiant le service de sa famille, le service des concitoyens, l’aide à des gens dans le besoin, la participation à des associations impliquées socialement etc. L’important n’est pas ce que nous faisons, mais c’est le cœur que nous y mettons car devenir disciple de Jésus c’est entrer dans une famille où il y a place pour tout le monde et où il y a de l’amour fraternel qui se sent et se voit.
Le pape François pour répondre à un journaliste qui, lors de sa conférence de presse sur l’avion à son retour de Philadelphie le 27 septembre 2015, lui demandait s’il se voyait comme une star s’est contenté de lui répondre, selon l’antique formule, le pape est « le serviteur des serviteurs de Dieu ». Quelle belle réponse et quel défi aussi ! Être serviteur n’est pas seulement la mission du pape, c’est aussi celle de chaque personne baptisée.

Conclusion
Frères et sœurs, dans cette célébration eucharistique dominicale, comme toutes les fois où nous sommes réunis « en son Nom », nous voulons rendre présente la « loi du service » qui est au cœur de la mission de Jésus. Cette mission envoie les disciples jusqu’aux extrémités de la terre.
Oui! allons servir, soutenu par Celui qui vient heureusement, par son Corps et son Sang, nous donner ainsi, lorsque nous le partageons, le moyen d’être de plus en plus des « disciples-missionnaires » comme le souhaite le pape François dans son Exhortation apostolique La joie de l’Évangile au numéro 120 : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes ‘disciples’ et ‘missionnaires’, mais toujours que nous sommes ‘disciples-missionnaires’ ». Amen!

Mgr Hermann Giguère, P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
l’Université Laval
Séminaire de Québec
16 octobre 2018

 

SAINT LUC EVANGELISTE – 18 OCTOBRE (F) L’ÉVANGÉLISTE ET SON PROJET D’ÉCRITURE

17 octobre, 2018

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/exploration/2012/exp_120828.html

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SAINT LUC EVANGELISTE – 18 OCTOBRE (F) L’ÉVANGÉLISTE ET SON PROJET D’ÉCRITURE

Avec cette première livraison de la rentrée automnale, nous amorçons la découverte de l’Évangile selon saint Luc. Cette série complétera donc notre tour d’horizon des évangiles.

Ce ne sont pas les scènes d’évangile qui manquent dans l’album de notre mémoire religieuse. Si vous parcourez cet album, vous y trouverez sans doute un grand nombre de passages provenant de l’évangile de Luc, en commençant par les récits de l’enfance de Jésus, notamment l’annonciation à Marie et la naissance de Jésus à Bethléem. Mais qui ne connaît pas la parabole de l’enfant prodigue ou celle du bon Samaritain, le repas de Jésus chez Marthe et Marie, le crucifiement de Jésus entre deux brigands, la rencontre du Ressuscité par les deux disciples d’Emmaüs et le récit de l’Ascension. Et si on passe aux Actes des Apôtres, du même saint Luc, on connaît bien le récit de la Pentecôte, le martyre d’Étienne et la conversion de Saul le persécuteur qui deviendra Paul l’évangélisateur. Voilà pour ce petit exercice de mémoire que vous pouvez continuer par vous-même.
L’évangéliste a ceci de particulier qu’il nous présente d’entrée de jeu les objectifs de son projet d’écriture : offrir aux lecteurs, représentés par Théophile, un récit ordonné des événements entourant la vie et la mission de Jésus afin qu’ils puissent constater la solidité des enseignements reçus (cf. Lc 1, 1-4). Bien qu’ils soient considérés comme des œuvres littéraires, les évangiles ne peuvent être assimilés à des récits biographiques, des livres d’histoire, des essais ou des ouvrages savants, même si nous pouvons y découvrir quelques similitudes avec ces types d’ouvrages familiers. Il est indéniable qu’ils renferment des éléments biographiques sur Jésus, des données historiques, des réflexions théologiques. Mais Luc précise que son objectif, qui est sans doute partagé par les autres évangélistes, se situe à un autre niveau.
Pour emprunter une formule de plus en plus fréquente dans notre Église, osons comparer l’évangile à un parcours de catéchèse qui favorise l’éducation continue des personnes qui ont mis leur foi dans le Christ, grâce à une première annonce de l’Évangile. Ainsi Luc se propose de consolider la foi de son cher Théophile, un amant de Dieu comme l’indique son nom, en lui racontant ce que lui-même a reçu de la tradition des apôtres, les témoins oculaires de Jésus, depuis les débuts de son ministère jusqu’à sa résurrection, et qui sont devenus, par la puissance de l’Esprit, les serviteurs de la Parole.
Luc propose à Théophile un parcours dans la vie et l’enseignement de Jésus qui se subdivise en 5 parties : une introduction constituée par les récits d’enfance jusqu’au baptême de Jésus, suivie de quatre périodes.

1. Introduction : 1, 1 – 4, 13
• L’enfance de Jean Baptiste et de Jésus : 1-2
• La préparation du ministère de Jésus : la prédication de Jean Baptiste : 3, 1-20
• Le baptême de Jésus, la généalogie et l’enracinement de Jésus dans l’histoire universelle, la tentation au désert : 3, 21-4,13.

2. Première période : Jésus exerce son ministère en Galilée : 4, 14 – 9, 50
• Le commencement de la prédication dans la synagogue de Nazareth : 4, 14-30
• L’annonce de l’Évangile du salut par des activités de guérison et d’enseignement, dont le discours dans la plaine : 4, 31 – 9, 50.

3. Deuxième période : Jésus entreprend sa montée vers Jérusalem : 9, 51 – 19, 27
• Les pivots de l’existence chrétienne : l’amour du prochain, la prière, la primauté de la Parole, la confiance en la Providence : 9, 51 – 13, 21
• Le cœur de l’évangile : la miséricorde de Dieu envers ceux qui sont perdus; les obstacles au salut, le danger des richesses, le conflit avec les autorités, le discernement des signes de la venue du Fils de l’homme : 13, 22 – 19, 27.

4. Troisième période : le ministère de Jésus à Jérusalem : 19, 28– 21, 38
• L’entrée du Messie à Jérusalem : 19, 28-40
• L’enseignement au Temple : 19, 41 – 21, 38

5. Quatrième période : la passion et la résurrection : 22 – 24
• La passion et la mort de Jésus : 22, 1 – 23, 56
• La résurrection et l’ascension : 24

Yves Guillemette, ptre

SAINT IGNACE D’ANTIOCHE – 17 Octobre (m)

16 octobre, 2018

http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/vie-des-saints/octobre/saint-ignace-d-antioche-eveque-patriarche-d-antioche-martyr-docteur-de-l-eglise-c-115-fete-le-17-octobre.html

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La Légende dorée du Bienheureux Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l’abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d’Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

SAINT IGNACE

Ignace est ainsi nommé, de ignem patiens, c’est-à-dire qu’il a enduré le feu de l’Amour Divin.
Saint Ignace fut disciple de Saint Jean et Évêque d’Antioche. On dit qu’il adressa à la Sainte Vierge une lettre conçue en ces termes:
« A Marie Porte-Christ, Ignace son dévoué. Vous avez dû fortifier et consoler en moi le néophyte et le disciple de votre Jean. J’ai appris en effet de votre Jésus des choses admirables à dire, et j’ai été stupéfait en les entendant.
Or, j’attends de vous, qui avez toujours été unie d’amitié avec lui, et qui étiez de tous ses secrets, que vous m’assuriez la vérité de tout ce que j’ai entendu. »
Une autre leçon ajoute ce qui suit: « Je vous ai déjà écrit plusieurs fois, et vous ai demandé des explications.
Adieu, et que les néophytes qui sont avec moi reçoivent force de vous, par vous et en vous.»
Alors la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, lui répondit: « A Ignace, son disciple chéri, l’humble servante de Jésus-Christ.
Les choses que vous avez apprises et entendues de Jean, touchant Jésus, sont vraies ; croyez-les, étudiez-les, attachez-vous fermement à ce que vous avez promis à Jésus-Christ, et conformez-y vos mœurs et votre vie.
Je viendrai avec Jean, vous voir et ceux qui sont avec vous. Soyez ferme et agissez avec les principes de la Foi, pour ‘que la violence de la persécution ne vous ébranle pas, mais que votre esprit soit fort et, ravi en Dieu voire sauveur; ainsi soit-il » *.
* Ces deux lettres sont-elles authentiques? Les auteurs anciens disent oui, les modernes disent non. Ce qu’il y a de certain c’est qu’elles remontent à une très haute antiquité.
Or, Saint Ignace jouissait d’une autorité si grande que Denys lui-même, le disciple de l’apôtre Saint Paul, qui fut si profond en philosophie et si accompli dans la science divine, citait les paroles de Saint Ignace comme une autorité, pour prouver ce qu’il avançait.
En son livre des Noms divins, il rapporte que quelques-uns voulaient rejeter le nom d’amour en disant que dans les choses divines il y avait plutôt dilection qu’amour; il dit, en voulant montrer que ce mot d’Amour devait être employé en tout dans les choses divines :
« Le divin Ignace a écrit : Mon amour a été crucifié. » On lit dans l’Histoire tripartite (Liv. X, ch. IX.) que Saint Ignace entendît les anges chanter des Antiennes sur- une montagne, et dès lors il ordonna qu’on chanterait dés Antiennes dans l’église et qu’on entonnerait des Psaumes sur les Antiennes.
Après avoir longuement prié le Seigneur pour la paix de l’église, Saint Ignace redoutant le péril, non pour lui, mais pour les faibles, alla au-devant de l’empereur Trajan, qui commença à régner l’an 100, alors qu’à son retour, après une victoire, il menaçait de mort tous les Chrétiens; il déclara ouvertement qu’il était lui-même Chrétien.
Trajan le fit charger de chaînes, le confia à dix soldats et ordonna de le conduire à Rome en le menaçant de, le jeter en pâture aux bêtes.
Or, pendant le trajet, Ignace préparait des lettres, destinées à toutes les Églises et, les confirmait dans la Foi de Jésus-Christ.
Il y en avait une pour l’Église de Rome, ainsi que le rapporte l’Histoire ecclésiastique, dans laquelle il priait qu’on ne fit rien pour, empêcher son martyre.
Voici ses paroles: « De la Syrie jusqu’à Rome, je combats avec les bêtes par mer et par terre, le jour et la nuit, lié et attaché au milieu de dix léopards (ce sont les soldats qui, me gardent), dont la cruauté augmente en raison du bien que je leur fais: mais leur cruauté est mon instruction.
O bêtes salutaires, qui me sont réservées ! Quand viendront-elles ? Quand seront-elles lâchées ? Quand leur sera-t-il permis de se nourrir de mes chairs ?
Je les inviterai à me dévorer, je les prierai pour qu’elles ne craignent pas de toucher mon corps, comme elles l’ont fait à d’autres.
Je ferai plus, si elles tardent trop, je leur ferai violence, je me mettrai dans leur gueule.
Pardonnez-moi, je vous prie ; je sais ce qui m’est avantageux. Qu’on réunisse contre moi le feu, les croix, les bêtes, que mes os soient broyés, que tous les membres de mon corps soient mis en pièces, que tous les tourments inventés par le diable soient amassés sur moi, pourvu que je mérite d’être uni à Jésus-Christ. »
Arrivé à Rome et amené devant Trajan, cet empereur lui dit: « Ignace, pourquoi fais-tu révolter Antioche et convertis-tu mon peuple à la Chrétienté? »
Ignace lui répondit : « Plût à Dieu que je puisse te convertir aussi, afin que tu jouisses toujours d’une autorité inébranlable. »
Trajan lui dit : « Sacrifie à mes Dieux et tu seras le premier de tous les prêtres. »
Ignace répondit: Je ne sacrifierai point à tes dieux, et je n’ambitionne pas la dignité que tu m’offres. Tu pourras faire de moi tout ce que tu veux, mais jamais tu ne me changeras. »
« Brisez-lui les épaules, reprit Trajan, avec des fouets plombés, déchirez-lui les côtés et frottez ses blessures avec des pierres aiguës. »
Il resta immobile au milieu de tous les tourments, et Trajan dit ; «Apportez des charbons ardents, et faites-le marcher dessus les pieds nus.»
Ignace lui dit : «Ni le feu ardent, ni l’eau bouillante ne pourront éteindre en moi la Charité de J-C. »
Trajan ajouta « C’est maléfice cela, de ne point céder après de pareilles tortures. »
Ignace lui répondit: « Nous autres Chrétiens, nous n’usons pas de maléfices, puisque dans notre loi, nous devons ôter la vie aux enchanteurs c’est vous, au contraire, qui usez de maléfices, vous qui adorez des idoles.»
Trajan reprit; « Déchirez-lui le dos avec des ongles de fer, et mettez du sel dans ses plaies. » Ignace lui dit : « Les souffrances de la vie présente n’ont point de proportion avec la gloire à venir. »
Trajan insista: « Enlevez-le, attachez-le avec des chaînes de fer à un poteau, gardez-le au fond d’un cachot, laissez-le sans boire ni manger et dans trois jours, donnez-le à dévorer aux bêtes. »
Le troisième jour donc étant venu, l’Empereur, le Sénat et tout le peuple s’assemblèrent pour voir l’Évêque d’Antioche combattre les bêtes, et Trajan dit :
« Puisque Ignace est superbe et contumace, liez-le et lâchez deux lions sur lui afin qu’il ne reste rien de sa personne. »
Alors Saint Ignace dit au peuple présent : « Romains, qui assistez à ce spectacle, je n’ai pas travaillé pour rien.
Si je souffre, ce n’est pas pour avoir commis des crimes, mais c’est pour ma piété envers Dieu. »
Ensuite il se mit à dire, ainsi que le rapporte l’Histoire ecclésiastique : « Je suis le froment de J.-C., je serai moulu par les dents des bêtes afin de devenir un pain pur. »
En entendant ces mots, l’empereur dit: « La patience des chrétiens est grande; quel est celui des Grecs qui en endurerait autant pour son Dieu ? »
Ignace répondit : « Ce n’a pas été par ma vertu, mais avec l’aide de Dieu que j’ai supporté ces tourments.»
Alors Saint Ignace provoqua les lions pour qu’ils accourussent le dévorer. Deux lions furieux accoururent donc et ne firent que l’étouffer sans toucher aucunement sa chair.
Trajan, à cette vue, se retira dans une grande admiration en donnant l’ordre de ne pas empêcher que l’on vint enlever les restes du martyr.
C’est pourquoi les chrétiens prirent son corps et l’ensevelirent avec honneur.
Quand Trajan eut reçu une lettre, par laquelle Pline le jeune recommandait vivement les Chrétiens que l’empereur immolait, il fut affligé, de ce qu’il avait fait endurer à Ignace, et ordonna qu’on ne recherchât plus les Chrétiens, mais que s’il en tombait quelqu’un entre les mains de la justice, il fût puni.
On lit encore que Saint Ignace, au milieu de tant de tourments, ne cessait d’invoquer le nom de J.-C.
Comme ses bourreaux lui demandaient pourquoi il répétait si souvent ce nom, il dit : « Ce nom, je le porte écrit dans mon cœur ; c’est la raison pour laquelle je ne puis cesser de l’invoquer. »
Or, après sa mort, ceux qui l’avaient entendu parler ainsi voulurent s’assurer du fait; ils ôtent donc son cœur de son corps, le coupent en deux, et trouvent ces mots gravés en lettres d’or au milieu : « J.-C. »
Ce qui donna la Foi à plusieurs.
Saint Bernard parle ainsi de ce Saint, dans son commentaire sur le Psaume : Qui habitat. « Le grand Saint Ignace fut l’élève du disciple que Jésus aimait ; il fut martyr aussi et ses précieuses reliques enrichirent notre pauvreté.
Dans plusieurs lettres qu’il adressa à Marie, il la salue du nom de Porte-Christ : c’est un bien grand titre de dignité et une recommandation d’un immense honneur!

 

BENOÎT XVI – SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS (2011) 15 octobre

15 octobre, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110202.html

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BENOÎT XVI – SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS (2011)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 2 février 2011

Chers frères et sœurs,

Au cours des catéchèses que j’ai voulu consacrer aux Pères de l’Eglise et aux grandes figures de théologiens et de femmes du Moyen-âge, j’ai eu l’occasion de m’arrêter également sur certains saints et saintes qui ont été proclamés docteurs de l’Eglise en raison de leur éminente doctrine. Aujourd’hui, je voudrais commencer une brève série de rencontres pour compléter la présentation des docteurs de l’Eglise. Et je commence par une sainte qui représente l’un des sommets de la spiritualité chrétienne de tous les temps: sainte Thérèse d’Avila (de Jésus).
Elle naît à Avila, en Espagne, en 1515, sous le nom de Teresa de Ahumada. Dans son autobiographie, elle mentionne elle-même certains détails de son enfance: la naissance de «parents vertueux et craignant Dieu», au sein d’une famille nombreuse, avec neuf frères et trois sœurs. Encore enfant, alors qu’elle n’avait pas encore 9 ans, elle a l’occasion de lire les vies de certains martyrs, qui lui inspirent le désir du martyre, si bien qu’elle improvise une brève fugue de chez elle pour mourir martyre et monter au Ciel (cf. Vie, 1, 4): «Je veux voir Dieu» déclare la petite fille à ses parents. Quelques années plus tard, Thérèse parlera de ses lectures d’enfance, et affirmera y avoir découvert la vérité, qu’elle résume dans deux principes fondamentaux: d’un côté, «le fait que tout ce qui appartient au monde ici bas passe» et de l’autre, que seul Dieu est «pour toujours, toujours, toujours», un thème qui revient dans la très célèbre poésie «Que rien ne te trouble,/ que rien ne t’effraie;/ tout passe. Dieu ne change pas:/ la patience obtient tout;/ celui qui possède Dieu/ ne manque de rien/ Dieu seul suffit!». Orpheline de mère à l’âge de 12 ans, elle demande à la Très Sainte Vierge de lui servir de mère (cf. Vie, 1, 7).
Si, au cours de son adolescence, la lecture de livres profanes l’avait conduite aux distractions d’une vie dans le monde, l’expérience comme élève des moniales augustiniennes de Sainte-Marie-des-Grâces d’Avila, ainsi que la lecture de livres spirituels, en particulier des classiques de la spiritualité franciscaine, lui enseignent le recueillement et la prière. A l’âge de 20 ans, elle entre au monastère carmélite de l’Incarnation, toujours à Avila; dans sa vie religieuse, elle prend le nom de Thérèse de Jésus. Trois ans plus tard, elle tombe gravement malade, au point de rester quatre jours dans le coma, apparemment morte (cf. Vie, 5, 9). Même dans la lutte contre ses maladies, la sainte voit le combat contre les faiblesses et les résistances à l’appel de Dieu: «Je désirais vivre — écrit-elle — car je le sentais, ce n’était pas vivre que de me débattre ainsi contre une espèce de mort; mais nul n’était là pour me donner la vie, et il n’était pas en mon pouvoir de la prendre. Celui qui pouvait seul me la donner avait raison de ne pas me secourir; il m’avait tant de fois ramenée à lui, et je l’avais toujours abandonné» (Vie, 8, 2) En 1543, sa famille s’éloigne: son père meurt et tous ses frères émigrent l’un après l’autre en Amérique. Au cours du carême 1554, à l’âge de 39 ans, Thérèse atteint le sommet de sa lutte contre ses faiblesses. La découverte fortuite de la statue d’«un Christ couvert de plaies» marque profondément sa vie (cf. Vie, 9). La sainte, qui à cette époque trouvait un profond écho dans les Confessions de saint Augustin, décrit ainsi le jour décisif de son expérience mystique: «Le sentiment de la présence de Dieu me saisissait alors tout à coup. Il m’était absolument impossible de douter qu’il ne fût au dedans de moi, ou que je ne fusse toute abîmée en lui» (Vie, 10, 1).
Parallèlement au mûrissement de son intériorité, la sainte commence à développer concrètement l’idéal de réforme de l’ordre du carmel: en 1562, elle fonde à Avila, avec le soutien de l’évêque de la ville, don Alvaro de Mendoza, le premier carmel réformé, et peu après, elle reçoit aussi l’approbation du supérieur général de l’ordre, Giovanni Battista Rossi. Dans les années qui suivent, elle continue à fonder de nouveaux carmels, dix-sept au total. La rencontre avec saint Jean de la Croix, avec lequel, en 1568, elle fonde à Duruelo, non loin d’Avila, le premier couvent de carmélites déchaussées, est fondamentale. En 1580, elle obtient de Rome l’érection en Province autonome pour ses carmels réformés, point de départ de l’ordre religieux des carmélites déchaussées. Thérèse termine sa vie terrestre au moment où elle est engagée dans l’activité de fondation. En 1582, en effet, après avoir fondé le carmel de Burgos et tandis qu’elle est en train d’effectuer son voyage de retour à Avila, elle meurt la nuit du 15 octobre à Alba de Tormes, en répétant humblement ces deux phrases: «A la fin, je meurs en fille de l’Eglise» et «L’heure est à présent venue, mon Epoux, que nous nous voyons». Une existence passée en Espagne, mais consacrée à l’Eglise tout entière. Béatifiée par le Pape Paul V en 1614 et canonisée en 1622 par Grégoire XV, elle est proclamée «Docteur de l’Eglise» par le Serviteur de Dieu Paul VI en 1970.
Thérèse de Jésus n’avait pas de formation universitaire, mais elle a tiré profit des enseignements de théologiens, d’hommes de lettres et de maîtres spirituels. Comme écrivain, elle s’en est toujours tenu à ce qu’elle avait personnellement vécu ou avait vu dans l’expérience des autres (cf. Prologue au Chemin de perfection), c’est-à-dire en partant de l’expérience. Thérèse a l’occasion de nouer des liens d’amitié spirituelle avec un grand nombre de saints, en particulier avec saint Jean de la Croix. Dans le même temps, elle se nourrit de la lecture des Pères de l’Eglise, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand, saint Augustin. Parmi ses œuvres majeures, il faut rappeler tout d’abord son autobiographie, intitulée Livre de la vie, qu’elle appelle Livre des Miséricordes du Seigneur. Composée au Carmel d’Avila en 1565, elle rapporte le parcours biographique et spirituel, écrit, comme l’affirme Thérèse elle-même, pour soumettre son âme au discernement du «Maître des spirituels», saint Jean d’Avila. Le but est de mettre en évidence la présence et l’action de Dieu miséricordieux dans sa vie: c’est pourquoi l’œuvre rappelle souvent le dialogue de prière avec le Seigneur. C’est une lecture fascinante, parce que la sainte non seulement raconte, mais montre qu’elle revit l’expérience profonde de sa relation avec Dieu. En 1566, Thérèse écrit le Chemin de perfection, qu’elle appelle Admonestations et conseils que donne Thérèse de Jésus à ses moniales. Les destinataires en sont les douze novices du carmel de saint Joseph d’Avila. Thérèse leur propose un intense programme de vie contemplative au service de l’Eglise, à la base duquel se trouvent les vertus évangéliques et la prière. Parmi les passages les plus précieux, figure le commentaire au Notre Père, modèle de prière. L’œuvre mystique la plus célèbre de sainte Thérèse est le Château intérieur, écrit en 1577, en pleine maturité. Il s’agit d’une relecture de son chemin de vie spirituelle et, dans le même temps, d’une codification du déroulement possible de la vie chrétienne vers sa plénitude, la sainteté, sous l’action de l’Esprit Saint. Thérèse fait appel à la structure d’un château avec sept pièces, comme image de l’intériorité de l’homme, en introduisant, dans le même temps, le symbole du ver à soie qui renaît en papillon, pour exprimer le passage du naturel au surnaturel. La sainte s’inspire des Saintes Ecritures, en particulier du Cantique des cantiques, pour le symbole final des «deux Epoux», qui lui permet de décrire, dans la septième pièce, le sommet de la vie chrétienne dans ses quatre aspects: trinitaire, christologique, anthropologique et ecclésial. A son activité de fondatrice des carmels réformés, Thérèse consacre le Livre des fondations, écrit entre 1573 et 1582, dans lequel elle parle de la vie du groupe religieux naissant. Comme dans son autobiographie, le récit tend à mettre en évidence l’action de Dieu dans l’œuvre de fondation des nouveaux monastères.
Il n’est pas facile de résumer en quelques mots la spiritualité thérésienne, profonde et articulée. Je voudrais mentionner plusieurs points essentiels. En premier lieu, sainte Thérèse propose les vertus évangéliques comme base de toute la vie chrétienne et humaine: en particulier, le détachement des biens ou pauvreté évangélique, et cela nous concerne tous; l’amour des uns pour les autres comme élément essentiel de la vie communautaire et sociale; l’humilité comme amour de la vérité; la détermination comme fruit de l’audace chrétienne; l’espérance théologale, qu’elle décrit comme une soif d’eau vive. Sans oublier les vertus humaines: amabilité, véracité, modestie, courtoisie, joie, culture. En deuxième lieu, sainte Thérèse propose une profonde harmonie avec les grands personnages bibliques et l’écoute vivante de la Parole de Dieu. Elle se sent surtout en harmonie avec l’épouse du Cantique des Cantiques et avec l’apôtre Paul, outre qu’avec le Christ de la Passion et avec Jésus eucharistie.
La sainte souligne ensuite à quel point la prière est essentielle: prier, dit-elle, «signifie fréquenter avec amitié, car nous fréquentons en tête à tête Celui qui, nous le savons, nous aime» (Vie 8, 5). L’idée de sainte Thérèse coïncide avec la définition que saint Thomas d’Aquin donne de la charité théologale, comme amicitia quaedam hominis ad Deum, un type d’amitié de l’homme avec Dieu, qui le premier a offert son amitié à l’homme; l’initiative vient de Dieu (cf. Summa Theologiae -II, 21, 1). La prière est vie et se développe graduellement en même temps que la croissance de la vie chrétienne: elle commence par la prière vocale, elle passe par l’intériorisation à travers la méditation et le recueillement, jusqu’à parvenir à l’union d’amour avec le Christ et avec la Très Sainte Trinité. Il ne s’agit évidemment pas d’un développement dans lequel gravir les plus hautes marches signifie abandonner le type de prière précédent, mais c’est plutôt un approfondissement graduel de la relation avec Dieu qui enveloppe toute la vie. Plus qu’une pédagogie de la prière, celle de Thérèse est une véritable «mystagogie»: elle enseigne au lecteur de ses œuvres à prier en priant elle-même avec lui; en effet, elle interrompt fréquemment le récit ou l’exposé pour se lancer dans une prière.
Un autre thème cher à la sainte est le caractère central de l’humanité du Christ. En effet, pour Thérèse la vie chrétienne est une relation personnelle avec Jésus, qui atteint son sommet dans l’union avec Lui par grâce, par amour et par imitation. D’où l’importance que celle-ci attribue à la méditation de la Passion et à l’Eucharistie, comme présence du Christ, dans l’Eglise, pour la vie de chaque croyant et comme cœur de la liturgie. Sainte Thérèse vit un amour inconditionné pour l’Eglise: elle manifeste un vif sensus Ecclesiae face aux épisodes de division et de conflit dans l’Eglise de son temps. Elle réforme l’Ordre des carmélites avec l’intention de mieux servir et de mieux défendre la «Sainte Eglise catholique romaine », et elle est disposée à donner sa vie pour celle-ci (cf. Vie 33, 5).
Un dernier aspect essentiel de la doctrine thérésienne, que je voudrais souligner, est la perfection, comme aspiration de toute la vie chrétienne et objectif final de celle-ci. La sainte a une idée très claire de la «plénitude» du Christ, revécue par le chrétien. A la fin du parcours du Château intérieur, dans la dernière «pièce», Thérèse décrit cette plénitude, réalisée dans l’inhabitation de la Trinité, dans l’union au Christ à travers le mystère de son humanité.
Chers frères et sœurs, sainte Thérèse de Jésus est une véritable maîtresse de vie chrétienne pour les fidèles de chaque temps. Dans notre société, souvent en manque de valeurs spirituelles, sainte Thérèse nous enseigne à être des témoins inlassables de Dieu, de sa présence et de son action, elle nous enseigne à ressentir réellement cette soif de Dieu qui existe dans la profondeur de notre cœur, ce désir de voir Dieu, de chercher Dieu, d’être en conversation avec Lui et d’être ses amis. Telle est l’amitié qui est nécessaire pour nous tous et que nous devons rechercher, jour après jour, à nouveau. Que l’exemple de cette sainte, profondément contemplative et efficacement active, nous pousse nous aussi à consacrer chaque jour le juste temps à la prière, à cette ouverture vers Dieu, à ce chemin pour chercher Dieu, pour le voir, pour trouver son amitié et trouver ainsi la vraie vie; car réellement, un grand nombre d’entre nous devraient dire: «Je ne vis pas, je ne vis pas réellement, car je ne vis pas l’essence de ma vie». C’est pourquoi, le temps de la prière n’est pas du temps perdu, c’est un temps pendant lequel s’ouvre la voie de la vie, s’ouvre la voie pour apprendre de Dieu un amour ardent pour Lui, pour son Eglise, c’est une charité concrète pour nos frères. Merci.

HOMÉLIE POUR LE 28E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « VIENS, SUIS-MOI »

12 octobre, 2018

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Viens-suis-moi_a856.html

imm diario

« vien, suis-moi »

HOMÉLIE POUR LE 28E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « VIENS, SUIS-MOI »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 14 octobre 2018 Année B. Textes: Sagesse 7, 7-11, Hébreux 4, 12-13 et le jeune homme riche Marc 10, 17-27.

On ne peut commenter cet épisode très connu de l’évangile selon saint Marc sans rappeler la phrase de Jésus qu’on a retenue : « Il le regarda et il l’aima ». Cette petite phrase a traversé les siècles. Ce jeune homme riche est devenu un symbole de l’appel de Jésus à chacun et à chacune d’entre nous. Commençons par écouter cet appel au jeune homme riche avant de nous arrêter au nôtre.
I – L’appel du jeune homme riche
Le contexte de cette rencontre est situé par saint Marc dans le cadre d’un enseignement de Jésus sur la richesse. C’est ce qui rend l’appel du jeune homme riche si percutant.
En effet, après que le jeune homme se soit défilé en entendant le « Si tu veux être parfait », Jésus commente cette attitude d’une façon forte en disant que pour entrer dans le Royaume de Dieu les riches ne l’aurons pas facile. C’est comme passer par le trou d’une aiguille, dit-il.
Il faut donc prendre acte de ce contexte pour comprendre le sens de cet épisode que saint Marc nous raconte pour le bénéfice des premiers chrétiens et pour le nôtre.
Si on y regarde de près, on voit que l’appel du jeune homme riche est un appel qui ne s’adresse pas à lui seulement. Il redit l’appel qui est fait à tous les chrétiens quels qu’ils soient. Il est porteur d’une invitation qui reprend celles des Béatitudes dont la première est « Bienheureux les pauvres car ils verront Dieu ».
D’ailleurs, en d’autres endroits de l’évangile, Jésus met en garde contre les richesses, comme par exemple, dans la parabole où il raconte comment un riche fermier amassait plein de réserves de blé et à qui Dieu dit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » À quoi te serviront toutes ces possessions.
Ici l’évangile de saint Marc ne dit pas que le jeune homme riche s’est éloigné et séparé de Dieu en quittant avec un air penaud, mais il veut nous montrer que le jeune homme a comme manqué une occasion qui lui était présentée d’aller au bout de son engagement de croyant, ce qui aurait fait de lui un disciple remarquable de Jésus comme l’ont été les apôtres Pierre, Jacques, Jean et les autres.
Passons maintenant à nous.
III- Notre appel
Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous.
Dans nos vies, il se présente plusieurs situations où comme le jeune homme riche le Seigneur nous lance un appel. Ce peut être à l’occasion d’une perte, d’un séparation, de diminutions physiques, de problèmes de santé, d’amitiés et de joies partagés, d’une étape de vie comme le départ des enfants de la maison ou comme le passage à la retraite etc.
Ces situations nous posent forcément la question « Que me faut-il faire? » Et c’est là que la scène du jeune homme riche nous est précieuse.
Tout d’abord, il faut se souvenir que les appels de Dieu sont une grâce qui nous est donnée. « Jésus le regarda et il l’aima ». Ils sont le regard et l’amour de Jésus qui nous sont manifestés
Nous pouvons répondre comme le jeune homme riche, « Seigneur, j’ai bien vécu et j’ai été un bon chrétien ». « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse ». C’est déjà beaucoup si nous pouvons dire cela. Mais ce que l’évangile d’aujourd’hui illustre c’est que cet appel est toujours à l’œuvre et qu’il n’a pas de limites. Il n’y a pas deux appels un pour les gens parfaits et un pour les autres. L’appel à suivre Jésus est le même pour tous et toutes comme l’évangile est le même pour tous et toutes.
Saint Paul l’avait bien compris quand il écrivait à ses chrétiens d’Éphèse. « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. » (Éphésiens 4, 4-7)
« Selon la mesure du don fait par le Christ ». C’est important de se le redire car on peut sombrer dans une espèce de classification ou de compétition où on se dit : « plus j’en fais, plus je suis proche de Jésus », alors qu’il faut se dire : « plus je réponds à ce qu’il me demande dans ma situation de vie, plus je suis proche de lui ».
III- La sainteté pour toutes et tous
C’est sur cette base que s’est appuyé le pape François dans son Exhortation apostolique sur la sainteté publiée le 9 avril 2018 lorsqu’il écrit : « Ce qui importe c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Corinthiens 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui ». (Numéro 11)
Il n’y pas deux sortes de sainteté. Il y a des hommes et des femmes qui se laissent regarder par Jésus qui les aime et qui répondent selon l’inspiration de leur cœur et selon leurs possibilités. Ils forment une « grande nuée de témoins ». « Et parmi eux, continue le pape, il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Timothée 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (Numéro 3) Le pape François les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté ». (Numéro 7)
Les chemins de la sainteté, pour nous comme pour le jeune homme riche, ne peuvent faire l’économie des appels évangéliques que Jésus a lancés tout au cours de sa vie et qui sont résumés dans les Béatitudes. Le pape François les présente comme le chemin toujours à reprendre et toujours là. « À travers celles-ci, écrit le pape, se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies. Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur ». (Numéros 63 et 64)
Conclusion
« Il le regarda et il l’aima », cette phrase, avec raison, a été retenue parce que Jésus ressuscité continue de regarder et d’aimer ceux et celles qui s’approchent de lui, qui l’abordent comme un Maître de vie et qui désirent le suivre.
Que notre rencontre fraternelle en ce dimanche soit pour nous un soutien sur les chemins de la vie et, comme les premiers chrétiens auxquels s’adresse saint Marc, redisons notre désir de suivre Jésus quels que soient les difficultés et les détachements à faire, car, avec lui, nous entrons déjà dans le Royaume de Dieu qu’il est venu non seulement annoncer mais qui est déjà présent parmi nous.

Amen!

 

LE NOM DE DIEU : « JE SUIS CELUI QUI SUIS ».

11 octobre, 2018

http://www.interbible.org/interBible/cithare/celebrer/2016/c_car_03.html

imm fr Philippe de Champaigne, Moïse présentant les tables de la Loi

Philippe de Champaigne, Moise Presentant les Tables De La Loi.

LE NOM DE DIEU : « JE SUIS CELUI QUI SUIS ».

Invitation à la conversion

Après l’évocation de la vocation d’Abraham (au 2e dimanche), c’est la figure de Moïse, impressionnante et déterminante, et la révélation majeure de Dieu saint proche des humains, qui sont présentées à notre réflexion. Quant au texte évangélique, il relate le récit de deux faits dramatiques, suivis d’une parabole évoquant l’agir patient de Dieu.
Deux malheurs et une interprétation
Quand arrivent les catastrophes, nous réagissons fortement; les malheurs de toutes sortes qui frappent des populations civiles nous heurtent, les souffrances que des enfants innocents, des personnes handicapées, des personnes âgées subissent nous scandalisent. Nous refusons le mal, certains iront jusqu’à se révolter contre Dieu. Pendant des siècles, des gens ont cru que le malheur s’abat sur celui qui est coupable. Les malheurs de Job conduisent sa famille, ses amis, les spécialistes religieux de l’époque, à croire qu’il a offensé Dieu. En Jean, l’histoire de l’aveugle-né reprend cette conception courante à l’époque. En effet, les disciples demandent: Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents? (9, 2-3). Dans le récit de Luc, en ce dimanche, on rencontre le même schéma de pensée. Ce qui arrive à des Galiléens dévots, en pèlerinage à Jérusalem, et aux 18 Judéens, près de la colonne de Siloé, prouverait qu’ils sont de grands coupables. Jésus demande alors à ceux qui rapportent les faits : Pensez-vous que ces Galiléens étaient des plus grands pécheurs que tous les autres… pour avoir subi un tel sort?… qu’ils (les Judéens) étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem (13, 2.4)?
La réponse de Jésus est limpide, il rejette cette mentalité que certains ont de se croire plus exemplaires que ceux sur qui le malheur s’acharne, comme si en étant épargnés, ils étaient rassurés sur leur droiture et leur justice. Les événements tragiques frappent les gens indépendamment de leur valeur morale. Et Jésus passe à un autre registre, Il saisit l’occasion pour renvoyer à eux-mêmes ceux qui l’écoutent. Tous, sans exception, sont également menacés s’ils se livrent au péché: Eh bien… je vous le dis; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière (v. 5).
L’urgence de la conversion
Jésus invite donc ses interlocuteurs à une prise de conscience, à regarder ce qu’ils sont à l’intime d’eux-mêmes, à juger de la nature de leurs actes, en somme à percevoir le sens de leur existence sous le regard aimant de Dieu qui est source de vie, puissance de vie et de bonheur. C’est un appel à la conversion, à se rendre compte de ce qui se passe dans le moment présent, à discerner, à bien juger, selon l’étymologie grecque (12, 56-57). Ces malheurs ont valeur d’avertissement, sont destinés à nous servir d’exemples, comme le mentionne Paul, dans sa Première lettre aux Corinthiens, (10, 6 deuxième lecture). La mort est imprévisible pour qui que ce soit, et les fidèles doivent se tenir prêts à affronter le jugement (Luc 12, 58-59). Lorsque le redressement s’impose, le fidèle doit de toute urgence, se mettre résolument à la tâche, sinon, le mal spirituel qu’est le péché le guette et le conduit à la mort.
La conversion! Cet appel à un changement de mentalité et de direction, il en a déjà été mention en Luc 5, 32 : Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs à la conversion. Jean le Baptiste a proclamé un baptême de conversion en vue du pardon des péchés (3, 3). Une partie du peuple avait reconnu alors la justice de Dieu en se faisant baptiser (3, 12); d’autres, des Pharisiens, des légistes ont refusé (7, 30). Et lorsque Jésus proclame, par le biais des paraboles (8, 8-10) et par ses guérisons, que le Règne de Dieu est arrivé, certains l’accusent de chasser les démons par Béelzébub (11, 15) et ils s’opposent fermement (5, 27- 6, 5; 11, 14 – 12, 59). Cette opposition ira s’accentuant jusqu’à la confrontation finale, à Jérusalem.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte portant sur la réalité du jugement (chapitres 12 et 13). Si, face au jugement perverti de l’homme, la conversion est possible, c’est grâce à l’action bienveillante et bienfaisante de Dieu qui donne en surabondance (chapitre 12). Par contre, si le règne de Dieu est refusé, la personne marche vers la mort. Toutefois, et l’histoire du peuple hébreu le prouve, l’amour de Dieu est toujours offert. Mais pour tout humain lié à sa nature mortelle, le temps de la conversion est limité.
Le vigneron imprévisible et patient
Comment ne pas apprécier la sollicitude du travailleur à l’égard du plant improductif pour lequel il intercède auprès du propriétaire de la vigne! Après trois ans, le sort du figuier est réglé. Pourquoi épuiser inutilement la terre? Mais non. Le paysan propose un délai inattendu, une dernière chance : Maître, laissez encore cette année. Peut-être donnera-t-il du fruit, à l’avenir (3, 8). Cette parabole nous situe alors en pleine espérance. Dans notre aujourd’hui, avec la présence de Dieu en nous, nous pouvons vivre l’insatisfaction face à ce que nous ne comprenons pas de la souffrance, de la mort, face à nos fragiles retournements à recommencer sans cesse. Dans ces humbles efforts, toutefois, s’exprime notre espérance en Dieu qui fait passer du côté de la vie.
« Je suis celui qui suis »
La première lecture présente l’un des plus importants personnages de la Bible: Moïse. Élevé à la cour de Pharaon, il fuit l’Égypte, à la suite du meurtre d’un égyptien qui maltraitait des Israélites (Exode 2, 12). Réfugié, il garde le troupeau de son beau-père, prêtre de Madiane, jusqu’au jour où il est appelé par Dieu à libérer son peuple de l’esclavage. C’est par-delà le désert, à l’Horeb, la montagne sainte (3, 1-15) que le Seigneur le rejoint. Moïse est intrigué par un feu qui sortait d’un buisson… qui brûlait sans se consumer (3, 2), un feu qui a valeur de signe, car cet élément accompagne la plupart du temps les manifestations de Dieu (19, 18).
Moïse! Moïse!, dit la voix de l’Ange qui initie la relation. Une interpellation qui dit la proximité. Puis, Dieu s’identifie, il est fidèle aux patriarches: Je suis le Dieu de ton Père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob (3, 4.6), le Dieu qui a protégé son peuple. Il voit, Il entend, Il connaît, Il sait: J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple… et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances… (3, 7). Et Dieu veut agir, Il a besoin d’un collaborateur qui sera son instrument de salut : Je t’envoie chez Pharaon: tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël (I3, 10). Que fera Moïse face à cette « annonciation » inattendue? Au départ, il est intrigué par le feu et fait un détour pour voir cette chose extraordinaire (3, 3). Rapidement, il éprouve, sinon un effroi, du moins une crainte révérencielle, une attirance aussi devant le mystère d’une Présence. Devant la mission confiée, celle d’être porte-parole de Dieu vis-à-vis de son peuple à la nuque raide, et qui se croit abandonner, Moïse reconnaît sa pauvreté: Que suis-je pour aller trouver le Pharaon (3, 11)? Et Yahvé l’encourage, le soutient, le convertit à son projet, avant même de se nommer: Je suis avec toi une présence agissante et pleine de force(3, 12; Juges 6, 16)). Tu diras aux fils d’Israël : Je suis… Yahvé, le Dieu de vos pères… m’a envoyé vers vous (3, 14-15; Jérémie 1, 19). Puis, à la demande explicite de Moïse, Dieu dévoile son nom, tout en le voilant : Je suis celui qui suis (3, 14; Je suis qui je serai… C’est là mon nom à jamais. (3, 15 dans la TOB). Il est celui qui fait exister les Fils d’Israël, qui les fera sortir de leur prison, qui va cheminer avec eux jusqu’à la terre ruisselant de lait et de miel (3, 8). La fidélité, la patience et l’amour miséricordieux de Dieu n’ont pas de limites, sa présence aimante traverse les âges.
Dans cette histoire de figuier, qui es-tu, Seigneur : le propriétaire de la vigne ou le vigneron? Quant à moi, je me sens plutôt figuier… Parce que j’ai expérimenté la patience de tes vignerons et la confiance qu’ils mettent en moi, je voudrais être aussi, pour d’autres, le vigneron qui se refuse à condamner avant un dernier effort, celui qui fait confiance malgré les apparences et les déceptions, celui qui met du sien pour que d’autres donnent du fruit. (Edmond Vandermeersch)

Julienne Côté, CND 

Source : Le Feuillet biblique, no 2479. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation du Centre biblique de Montréal. 

HONNEUR DU PÈRE ET DE LA MÈRE – Piero Stefani (biblista)

10 octobre, 2018

https://pierostefani.myblog.it/2010/01/30/onora-il-padre-e-la-madre-20-01-2010/

imm la mia

la famille de jésus, parents et grands-parents

HONNEUR DU PÈRE ET DE LA MÈRE – Piero Stefani (biblista)

(Traduction Google de l’italien)

(31/01/2010)

Publié le 30 janvier 2010

La pensée de la semaine n.280
 
Le livre de Gad Lerner (Scintille, Feltrinelli, Milan 2009) commence par une page qui, à première vue, a été écrite en dernier. Ce n’est pas une préface, ni une note de remerciement: c’est une justification pour les nombreuses pages, franchement actuelles, consacrées au père et, au lieu de la mère, présentes dans le livre. La référence au mot ancien est une excuse qui veut indiquer comment le conflit peut se transformer en une forme de respect envers soi-même et ceux qui nous ont donné la vie. Pour ce faire, on fait appel aux dix commandements.
Dans sa version originale, le commandement d’honorer père et mère utilise l’impératif kabbed (Ex 20.12). Lerner, à juste titre, rappelle l’étymologie qui retient l’idée de poids. Dans cette lecture, le but du commandement doit être compris comme la capacité de donner le « juste poids » aux parents. C’est une attitude d’adulte qui ne permet un retour qu’après un détachement; le livre symbolise tout cela par le commandement biblique adressé à Abraham de quitter sa propre terre, ses propres parents et la maison de son père (Gn 12,1). Ce n’est donc pas un acte comparable au retour pénitent du « fils prodigue ». Au contraire, ce n’est que la légitimation d’une distance qui permet une rencontre sans larmes ni calins.
Dans la version originale des « Dix mots », le sens du précepte – comme le sait bien Lerner – ne consiste pas à donner le « juste poids » aux parents, expression dans laquelle l’adjectif est appelé à redéfinir tout le contenu du commandement. Il ne fait aucun doute que l’étymon est lié à la signification de la lourdeur. Cependant, dans la formulation du précepte, cela se produit parce que l’idée de « gloire » (kavod), en hébreu, n’est pas liée à la splendeur, mais à la majestueuse solennité: kavod Adonaï « gloire du Seigneur » est liée à ce même domaine sémantique. Bible. Cela ne veut pas dire que les «Dix mots» sont une sorte de culte idolâtre destiné aux parents. Être souligné avec ce verbe est en fait éminemment le rôle réservé à l’origine.
Dans la forêt d’interdictions introduites par le « non » propre aux Dix Commandements, seuls deux préceptes affirmatifs se dégagent: ce qui concerne le sabbat de Dieu et de l’homme et celui qui concerne le père et la mère. Le premier est introduit par l’impératif « souviens-toi » (zakhor, Ex 20,8, dans Dt 5,12, il y a pour « observer » – shamor), le second pour « honorer ». Comme il est évident que les deux domaines sont bientôt mentionnés: se reconnaître en tant que créature. L’existence d’une personne n’est pas due à soi-même, mais à Dieu et aux parents. La distance entre le Seigneur et ses parents est infinie: père et mère sont à leur tour des enfants, c’est-à-dire qu’ils sont aussi des créatures. Dans le précepte, il n’y a rien de naturaliste. Contrairement à Dieu, les parents vieillissent et meurent. Ce n’est que le mot impératif qui nous dit que dans notre vie, c’est Dieu et que notre présence passe aussi par les parents. Inutile de cacher que dans l’ancienne affirmation la grossesse de cette connexion était beaucoup plus facile qu’aujourd’hui.
Déprimé par une pratique catéchétique qui préconisait aux enfants d’obéir à leurs parents, le commandement d’honorer père et mère reconquiert une épaisseur différente dans une société qui, après des conflits fréquents, voit se briser devant aux enfants la vieillesse prolongée et la décomposition assistée de ceux qui nous ont donné la vie. Giovanni Pascoli a écrit des vers que beaucoup d’entre eux n’ont pas entendu dire: « Je dois vous dire ce que pendant de nombreuses années / fermé à l’intérieur. Et ne pleure pas. / La vie / que tu m’as donnée – ou maman, toi! – Je ne l’aime pas »(Colloque). Le choix de le dire symboliquement devant la mère rend le conflit avec soi-même « dialogue ». De nos jours, plus a été ajouté. Aujourd’hui plus que jamais, l’une des tentations qui rendent la vie difficile à aimer est le «comment se réduire soi-même» dont les parents âgés sont de plus en plus le miroir involontaire. Les honorer, pour le croyant, signifie voir dans cette faiblesse une image de Dieu: pour la foi, la gloire divine n’est plus en poids, mais en humilité. C’est notre destin maintenant que l’impératif adressé à ceux qui nous ont donné la vie est de plus en plus entouré d’un sentiment de culpabilité de « ne pas en faire assez », « se sentir comme un fardeau », celui qui devrait recevoir du poids, pas réussir, ou ne pas pouvoir, être proche de ceux qui se trouvent dans une situation dans laquelle la communication est rendue de plus en plus difficile et enfin résoudre par le travail d’autres personnes qui ne sont pas désirés ou ne peuvent être faits seuls. Les considérations avec lesquelles s’ouvre le livre de Gad Lerner sont un rappel opportun pour nous faire comprendre que le commandement est adressé au adultes et pas aux enfants. Cependant, ses considérations s’arrêtent au seuil de la dernière salle, où le conflit s’arrête bien davantage à cause d’une faiblesse résignée que d’une réconciliation précaire réalisée grâce à une distance acceptée.

Piero Stefani

HOMÉLIE POUR LE 27E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « CE QUE DIEU A UNI, QUE L’HOMME NE LE SÉPARE PAS ! »

5 octobre, 2018

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-27e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Ce-que-Dieu-a-uni-que-l-homme-ne-le-separe-pas-_a855.html

imm paolo e en

création de l’homme et de la femme

HOMÉLIE POUR LE 27E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B « CE QUE DIEU A UNI, QUE L’HOMME NE LE SÉPARE PAS ! »

En écoutant la première lecture et l’évangile, nous voici ce matin amenés dans un sujet discuté, controversé et palpitant cependant puisqu’il touche toute l’Église et toutes les communautés chrétiennes. Il s’agit du rapport de l’homme et de la femme, de leur union dans le mariage et de leur témoignage dans la société.
I – Des discussions vives autrefois et aujourd’hui
Lorsqu’on s’arrête à l’évangile qui vient d’être lu, on voit que, du temps de Jésus, des questions concrètes se posaient. Il est confronté à celles-ci. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit des réglementations concernant le divorce où un mari pouvait renvoyer sa femme. La loi juive donnait des précisions qui sont rapportées ici.
Le temps a passé et ce ne sont plus seulement les juifs qui ont établi des règles pour le divorce. Nos états modernes l’ont fait. Ils ont prévu aussi une protection pour les couples qui ne veulent pas s’engager dans un mariage même civil. D’un autre côté, la question des divorcés remariés suscite de nombreuses interrogations dans l’Église. Le pape François a convoqué en 2015 les évêques pour une réunion, un Synode sur la famille, où la question a été discutée. On y a rappelé la doctrine traditionnelle en ouvrant toutefois les décisions de fréquenter ou non l’Eucharistie pour les personnes divorcées et remariées à la conscience bien formée des personnes dans cette situation au cours d’un cheminement de discernement.
Nous avons ici dans les paroles de Jésus, sans les précisions que les cas concrets demandent, le rappel de la doctrine traditionnelle de l’Église catholique.
II – Un héritage à conserver et à valoriser
Dans une société comme la nôtre où les situations de couples sont si diversifiées, où existent même des reconnaissances juridiques de couples de même sexe, les paroles de Jésus paraissent à contre-courant. Pourtant, en reprenant ce qu’on trouve dans le récit du livre de la Genèse que nous a rappelé la première lecture, ces paroles de Jésus font état d’un héritage à conserver.
C’est dire la continuité qu’il y a dans la réponse de Jésus. Celui-ci ne se trouve pas autorisé à dire autre chose que ce qui est déjà et il rappelle, avec à-propos, la parole de Genèse : « Ce que Dieu a uni, que homme ne le sépare pas ». Il s’agit ici de ce qu’on a appelé, dans un terme technique, l’indissolubilité du mariage que les premiers chrétiens ont adopté d’emblée. Saint Paul le dit clairement dans sa lettre aux Corinthiens.
Cet héritage est basé sur une vision de l’être humain dans sa nature d’être sexué, d’homme et de femme, et sur la complémentarité de ceux-ci. Toute cette vision conduit à favoriser le développement d’un amour stable dans le couple chrétien et amène en même temps une richesse très intimement liée à celui-ci dans la famille qui, par les enfants, crée une nouvelle église, pourrait-on dire. En effet les époux chrétiens deviennent comme le dit saint Paul une image des relations du Christ et de l’Église, avec leurs enfants ils forment le noyau d’une église domestique où tous sont accueillis et se soutiennent mutuellement.
Voilà l’héritage et le plan de Dieu pour les époux que les paroles de Jésus nous invitent à proposer.
III- Application
Comme on l’a dit en commençant, les réalisations concrètes souffrent bien des variations et des divergences. Le document final du Synode sur la famille en 2015 le constate lorsqu’il écrit : « Dans la formation à la vie conjugale et familiale, l’approche pastorale devra tenir compte de la pluralité des situations concrètes » (Numéro 34). Il n’est pas dans mon propos ici de juger ces situations, mais j’aimerais toutefois rappeler qu’il y a un principe qui doit toujours être mis de l’avant, c’est celui de respecter les personnes sans les juger.
Ainsi, on peut voir les paroles de Jésus, non pas comme des paroles qui enferment les personnes dans des cadres étouffants, mais plutôt comme des paroles qui rappellent l’héritage et le sens profond de l’union de l’homme et de la femme. Dans les cheminements des couples qui ont la foi, il sera parfois difficile de réaliser pleinement les souhaits des paroles de Jésus,mais il faut toujours être attentif aux valeurs qui, elles, doivent être protégées et développées.
Dans le mariage chrétien comme le dit le Synode sur la famille de 2015 les époux cultivent l’amour et l’entraide mutuelle qui est leur premier but. Ils se donnent l’un à l’autre totalement dans une union corps et âmes et ils acceptent que leur amour se prolonge dans des enfants qu’ils reçoivent comme un cadeau du Seigneur. Ils sont ouverts sur la société qui les entoure et sur les autres auxquels ils ne restent jamais étrangers.
Voici un extrait du document final de ce Synode de 2015 qui le dit bien : « L’homme et la femme accueillent ce don [de l'amour] et en prennent soin afin que leur amour puisse durer toujours. Face à la sensibilité de notre temps et aux difficultés effectives à maintenir des engagements définitifs, l’Église est appelée à proposer les exigences et le projet de vie de l’évangile de la famille et du mariage chrétien. » (Numéro 48) Et plus loin, les membres du Synode continuent en disant : « Selon l’ordre de la création, l’amour conjugal entre un homme et une femme et la transmission de la vie sont ordonnés l’un à l’autre (cf. Genèse 1, 27-28). De cette façon, le Créateur a fait participer l’homme et la femme à l’œuvre de sa création et a en même temps fait d’eux des instruments de son amour, leur confiant la responsabilité de l’avenir de l’humanité à travers la transmission de la vie humaine. » (Numéro 63)
Conclusion
Voilà quelques réflexions choisies parmi plusieurs possibilités. Ce qui est le plus important ce ne sont pas mes réflexions, mais la vie des couples chrétiens. Ils sont sur un chemin où ils s’ouvrent aux appels de Dieu. Chaque couple et chaque famille sont appelés à être à leur façon une image de l’amour et de la fidélité de Dieu pour son Peuple.
N’ayons pas peur de les confier au Seigneur dans une prière fréquente. Les difficultés d’aujourd’hui touchent les jeunes en particulier, ils ont besoin de notre soutien et de notre prière.
Que ce repas à la table de la famille de Dieu que forme la communauté chrétienne réunie autour de la Parole de Dieu et du Corps et du Sang du Christ nourrisse tous nos repas familiaux et annonce le repas éternel dans la gloire du ciel auquel nous aspirons toutes et tous et auquel nous sommes toutes et tous appelés.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

LA PAIX ET L’ESPÉRANCE

4 octobre, 2018

http://nouvl.evangelisation.free.fr/leblanc_paix_et_esperance.htm

imm diario

(image pour La paix de Christ)

LA PAIX ET L’ESPÉRANCE

Paulette Leblanc

(Je ne connais pas du tout l’auteur, cela me semble intéressant)

De plus en plus de français réfléchissent sur la paix, et beaucoup ne savent plus quoi penser.… Pourtant le constat des événements actuels est inévitable. On ne peut pas nier l’évidence et la question qui se pose inévitablement est : Comment peut-on espérer encore et en faisant quoi ? De plus en plus de jeunes cherchent à manifester leur indignation, mais il me semble que c’est très insuffisant : il faut aller au fond des choses et ne pas craindre de dire la vérité. J’étais une scientifique, mais depuis 20 ans que je suis en retraite, il y a bien des choses que je ne peux suivre que très vaguement. Il en est ainsi pour ce qui concerne la mécanique quantique et la théorie des cordes. Or parfois, le Seigneur nous envoie des intuitions, des éclairages inattendus qui nous conduisent à la véritable espérance et à l’amour.
Les lignes qui suivent ont besoin d’être précisées, mais mon émerveillement est tel que je dois vous le partager ; certes, il est encore mal exprimé, mais nos amis lecteurs auront une suite… Je ne vous donne aujourd’hui que quelques aperçus d’une réflexion qui m’étonne encore et dont je dois vous faire bénéficier :
L’Ancien Testament prépare le Nouveau. Et le Nouveau Testament révèle la paix, le pardon, la justice, la volonté d’amour de Dieu qui n’est que bonheur et que les apôtres, rappelant les paroles de Jésus appellent les Béatitudes. Avec Jésus, tout est amour ; avec les vrais chrétiens aussi. Partout, dans le monde, et depuis Jésus, ce sont les chrétiens qui, par amour et pour répondre à son appel : « Allez dans le monde enseignez, enseignez, faites des disciples… » ont créé et continuent à créer, des écoles, des dispensaires, des hôpitaux… Pourtant, ce sont toujours les chrétiens que l’on persécute… Pourquoi ?
Les persécutions, Jésus les a expérimentées le premier. Et Il nous a avertis : « Comme ils M’ont persécutés, ils vous persécuteront. » Pourquoi persécute-t-on seulement ceux qui font le bien ? Et pourquoi certains persécutés abjurent-ils leur foi pour aller vers les persécuteurs ? Par peur ? Par désespoir ? Par crainte d’être tués ce qui est toujours très courant ? Probablement. Alors, presque insensiblement, de nombreux chrétiens s’éloignent de leur foi et se mettent à vivre et à penser comme les païens. C’est ce qui arriva au début du christianisme, et l’apôtre Jacques ne craignit pas de dénoncer ces fautes en des termes durs mais pleins de vérité, car jamais on ne doit renoncer à l’amour et à la paix du cœur.
La paix du cœur, c’est la paix de Jésus, la paix qu’Il nous donne, sa paix qu’Il nous a laissée. Aimez-vous les uns les autres répète sans cesse Jésus. Mais pourquoi tant de personnes ne connaissent-elles pas la paix du cœur ? Réfléchissons un peu.

*****
La paix du cœur est toujours difficile à obtenir à cause de nos péchés. Le monde est dur, et spontanément nous nous révoltons, nous nous fâchons, nous essayons de raisonner, mais nos constats nous déconcertent. Et nous jugeons, sévèrement. Et comme rien ne change, surtout dans un monde sans Dieu, c’est la révolte, la haine, la jalousie, et la guerre. Pourtant notre cœur souffre, car Dieu n’est pas aimé.
Dieu n’est pas aimé! C’est cela qui brise mon cœur. À cela il faut ajouter les nombreuses erreurs que des responsables de notre Église ont commises. Et cela tout au long des siècles. Mais pourquoi ? Il me semble que la raison principale de ces erreurs, c’est que l’on a oublié que Dieu doit être le Premier servi.
Les hommes sont les œuvres de Dieu, précieuses à son cœur, mais fragiles vue leur complexité. Cela Dieu le sait, mais l’homme ne le sait pas tant qu’il n’a pas pris conscience de cette fragilité. Aussi Dieu donne-t-Il à Adam une première consigne : ne pas manger le fruit d’un arbre. La faiblesse d’Adam et d’Ève va bientôt se révéler à eux-mêmes : trompés par Satan ils vont manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Désormais ils mourront ; et les anges vont les chasser du paradis terrestre ; mais Dieu ne les abandonnera pas malgré les apparences : les hommes, en effet, doivent absolument connaître leur faiblesse humaine liée à leur condition d’êtres de chair et d’esprit.
Les différentes mythologies se rejoignent toutes : loi de Dieu d’abord ; puis le péché par excès de désir : on veut toujours plus. Et toujours sous-jacents : la jalousie et le rejet de la Loi. Les hommes rejettent la Loi et tombent dans le malheur et dans la mort. C’est alors que l’on détecte l’importance vitale de la Loi de Dieu et de la pureté du cœur. Au fond, Jésus fin psychologue et grand philosophe, a compris tout cela et l’a exprimé dans les béatitudes qui sont en fait les résultats de l’application de la Loi de Dieu. Jésus parle deux fois du bonheur de ceux que l’on persécute et insiste en disant “Heureux les miséricordieux !” Or, les miséricordieux, ce sont ceux qui ont souffert à cause des autres, mais qui pardonnent comme Dieu pardonne, car Dieu aime.
Résumons-nous :
Dieu seul EST. Dieu seul sait ce qu’Il a fait. Dieu seul connaît et pour éduquer les hommes libres très fragiles car matière et esprit, Il donne sa Loi, son mode d’emploi de la création. Il y a entre Dieu et les hommes une unité incroyable. Dieu est et Il fait ; et les hommes sont en Dieu, dans sa Pensée divine qui est Amour. Dieu veut que les hommes L’aiment et pour cela Il les fait libres. Les hommes libres et capables d’aimer, libres et en Dieu venant de Dieu. Cela nous ne pouvons même pas l’imaginer et encore moins le comprendre. Dieu est trop grand et éternel.
Aujourd’hui, il n’est pas facile, lorsqu’on est trop clairvoyant de garder son espérance intacte. Et sans le vouloir, j’écris un mot sur un papier : l’union à Dieu d’abord. S’unir à Dieu, c’est écouter Dieu, L’entendre, Le trouver, Le rencontrer, L’adorer, L’aimer, vivre avec Lui. Mais qui est Dieu ? Il nous est absolument impossible de “dire” Dieu, car nous ne Le “voyons”, nous ne Le “pensons” qu’avec notre humanité qui n’a rien à voir avec la divinité.
Dieu est au-delà du présent humain. Dieu EST Présent et Éternel, et ce qui est passé ou est aujourd’hui ou sera demain pour nous, est constamment présent pour Dieu, car il n’y a pas de temps pour Dieu, le temps étant aussi une créature. Dieu ! Qui est Dieu ? Je tremble, et mon esprit défaille ; je ne sais pas. Je suis en Dieu, je baigne en Dieu et pourtant je ne Le connais pas, mais je Le cherche… Dieu seul me guide. Et curieusement j’ai comme peur, et pourtant je désire Dieu, j’aime Dieu car il y a Jésus qui est à ma portée. Bien que Dieu, Jésus est “à ma taille”, et dans mon temps, car Incarné, il est dans le temps tout en étant hors du temps. Ce mystère nous ne pourrons jamais le comprendre car nous sommes dedans.
Ainsi, chaque homme, créature de Dieu, en Dieu, impuissant et totalement dépendant de Lui, chaque homme n’a qu’un seul moyen de rencontrer et d’aimer Dieu : observer ses commandements d’amour. Je dois écouter Dieu, tendre l’oreille de mon cœur et entendre Jésus nous dire : “Aimez-vous les uns les autres.” Jésus ne cesse de nous parler pour nous ramener à la paix, sa paix, celle qu’Il nous donne.
Quand on n’aime pas, c’est Babel. Toute l’histoire des hommes tourne autour de Babel qu’ils ne cessent de reconstruire. Car l’histoire de tous les peuples anciens nous montre les hommes se combattre, et quand ils ne combattent plus, c’est pour reconstruire Babel. Et nous, nous qui vivons au XXIème siècle, nous agissons de la même façon. Prenons quelques exemples : au XIXème siècle, voici la franc-maçonnerie gouvernant “les lumières” et conduisant à la Révolution qui met en évidence deux catégories d’hommes : d’une part les riches, cultivés, instruits, travailleurs généralement, mais, ayant perdu Dieu, et devenus les exploiteurs des autres. Ces autres, les exploités sont les pauvres, délaissés, livrés à eux-mêmes et à leurs instincts : paresse, vices, abandon, et manipulables à souhait. Il était facile alors à la classe riche d’utiliser ces pauvres gens pour accomplir les tâches ignobles que les études sur la Révolution française nous révèlent de plus en plus. Raison principale : tous avaient abandonné Dieu.
Ensuite on assiste à la même chose avec la révolution industrielle. Nouveaux enrichissements et nouvelles exploitations. Et de nos jours nous avons assisté aux désastres du communisme et du nazisme : horribles tours de Babel qui se sont effondrées elles aussi. Aujourd’hui nous vivons les crises du socialisme et du libéralisme: Babel s’effondre encore. Et la cause est toujours la même : Dieu a été chassé, et les chrétiens sont toujours persécutés. Et quand il n’y a plus Dieu, il n’y a plus d’amour, et le péché règne. C’est comme si l’on assistait à la permanence du péché originel.
Pourquoi tout cela ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? Pourtant Il savait, de toute éternité, ce qui allait arriver ; alors ? C’est que Dieu veut être aimé et Il nous laisse libres de répondre à son amour, seule condition de notre bonheur. Il laisse notre liberté Le choisir, Lui et sa sainte Volonté, donc le bonheur, ou le refus de sa Loi qui conduit au malheur. Mais Dieu ne peut pas détruire sa création, car l’Amour est aussi pardon et miséricorde. Dieu pardonnera, mais en attendant, que de souffrances pour tous les hommes…
Et voici l’essentiel :
Feuilletant une revue, je lis, dans un article concernant les particules constituant la matière, quelques lignes sur la théorie des cordes, théorie qui vise à unifier la description du monde de l’infiniment petit : celui des particules élémentaires, et le monde de l’infiniment grand : celui des galaxies ou des amas de galaxies. Ces lignes m’ont bouleversée car elles rejoignent plus ou moins mon intuition profonde concernant la constitution de la matière et sa place en Dieu. Voici : “Selon cette théorie, il n’y aurait pas mille et une sorte de particules élémentaires dans l’univers : il n’y en aurait qu’une. Cette particule fondamentale serait une corde vibrante, analogue à celle d’un violon, dont les harmoniques – ses différents modes de vibration – constitueraient toutes les particules que nous connaissons, ainsi que d’autres qui n’ont pas encore été détectées. Autrement dit : toute la matière pourrait être décrite par une corde unique présentant une infinité de modes de vibration.”
Ainsi, il existerait une unité complète entre Dieu et sa création, entre la substance de Dieu et ce qui constitue notre matière. Dieu Est et Il est UN. Et la base de ce qui nous constitue est également un. La création baigne en Dieu. De sa propre substance Dieu crée la matière par conséquent nous aussi. Et Il veut que nous L’aimions ; donc, ayant pris ce qui vient de Lui pour nous fabriquer, Dieu nous fait libres pour que nous puissions L’aimer. C’est très clair. Mais alors le péché ? Dieu le permet car nous sommes libres. Mais ceux qui pêchent sont toujours de Dieu, et forcément ils reviendront à Dieu grâce à sa miséricorde et à la capacité qu’Il nous a donnée, de demander pardon. D’où la naissance de notre espérance. Reste notre esprit qui “meut” notre matière. Et là il faut encore revenir à la science moderne qui détecte constamment des forces nouvelles dans ce que nous appelions autrefois “le vide”, le vide physique qui n’existerait donc pas. Ces forces que nos savants ne savent pas encore préciser, sont-elles, en réalité l’Esprit de Dieu ?
Incontestablement la science moderne nous rapproche de plus en plus de Dieu. Elle nous fait comprendre la réalité fondamentale de la Présence de Jésus dans son Eucharistie. La nature de la matière est toujours la même quelles que soient ses apparences. Ainsi Jésus peut changer de formes, mais c’est toujours Lui qui est présent. Ses “cordes” invisibles vibrent toujours pour nous, même si nous, nous ne voyons qu’une hostie consacrée. Ces choses, encore très nouvelles, sont difficiles à exprimer. Mais ce qui est certain, c’est que la science moderne fortifie notre foi et fait naître notre espérance. Et elle nous fait comprendre mieux nos liens avec notre Créateur. Oui, dans notre monde, nous sommes obligés de constater les immenses dégâts commis par le péché des hommes. Ce redoutable constat est obligatoire, on ne peut pas le nier, mais voici que la science moderne nous conduit à l’espérance, tant que nous sommes sur la terre.

Paulette Leblanc

BENOÎT XVI – SAINT FRANÇOIS D’ASSISE (2010)

3 octobre, 2018

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100127.html

imm fr

BENOÎT XVI – SAINT FRANÇOIS D’ASSISE (2010)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 27 janvier 2010

Saint François d’Assise

Chers frères et sœurs,
Dans une récente catéchèse, j’ai déjà illustré le rôle providentiel que l’Ordre des frères mineurs et l’Ordre des frères prêcheurs, fondés respectivement par saint François d’Assise et par saint Dominique Guzman, eurent dans le renouveau de l’Eglise de leur temps. Je voudrais aujourd’hui vous présenter la figure de François, un authentique « géant » de sainteté, qui continue à fasciner de très nombreuses personnes de tous âges et de toutes religions.
« Surgit au monde un soleil ». A travers ces paroles, dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri évoque la naissance de François, survenue à la fin de 1181 ou au début de 1182, à Assise. Appartenant à une riche famille – son père était marchand drapier –, François passa son adolescence et sa jeunesse dans l’insouciance, cultivant les idéaux chevaleresques de l’époque. A l’âge de vingt ans, il participa à une campagne militaire, et fut fait prisonnier. Il tomba malade et fut libéré. De retour à Assise, commença en lui un lent processus de conversion spirituelle, qui le conduisit à abandonner progressivement le style de vie mondain qu’il avait mené jusqu’alors. C’est à cette époque que remontent les célèbres épisodes de la rencontre avec le lépreux, auquel François, descendu de cheval, donna le baiser de la paix, et du message du Crucifié dans la petite église de saint Damien. Par trois fois, le Christ en croix s’anima, et lui dit: « Va, François, et répare mon église en ruine ». Ce simple événement de la parole du Seigneur entendue dans l’église de Saint-Damien renferme un symbolisme profond. Immédiatement, saint François est appelé à réparer cette petite église, mais l’état de délabrement de cet édifice est le symbole de la situation dramatique et préoccupante de l’Eglise elle-même à cette époque, avec une foi superficielle qui ne forme ni ne transforme la vie, avec un clergé peu zélé, avec un refroidissement de l’amour; une destruction intérieure de l’Eglise qui comporte également une décomposition de l’unité, avec la naissance de mouvements hérétiques. Toutefois, au centre de cette église en ruines se trouve le crucifié, et il parle: il appelle au renouveau, appelle François à un travail manuel pour réparer de façon concrète la petite église de Saint-Damien, symbole de l’appel plus profond à renouveler l’Eglise même du Christ, avec la radicalité de sa foi et l’enthousiasme de son amour pour le Christ. Cet événement qui a probablement eu lieu en 1205, fait penser à un autre événement semblable qui a eu lieu en 1207: le rêve du Pape Innocent III. Celui-ci voit en rêve que la Basilique Saint-Jean-de-Latran, l’église mère de toutes les églises, s’écroule et un religieux petit et insignifiant la soutient de ses épaules afin qu’elle ne tombe pas. Il est intéressant de noter, d’une part, que ce n’est pas le Pape qui apporte son aide afin que l’église ne s’écroule pas, mais un religieux petit et insignifiant, dans lequel le Pape reconnaît François qui lui rend visite. Innocent III était un Pape puissant, d’une grande culture théologique, et d’un grand pouvoir politique, toutefois, ce n’est pas lui qui renouvelle l’église, mais le religieux petit et insignifiant: c’est saint François, appelé par Dieu. Mais d’autre part, il est intéressant de noter que saint François ne renouvelle pas l’Eglise sans ou contre le Pape, mais seulement en communion avec lui. Les deux réalités vont de pair: le Successeur de Pierre, les évêques, l’Eglise fondée sur la succession des apôtres et le charisme nouveau que l’Esprit Saint crée en ce moment pour renouveler l’Eglise. C’est ensemble que se développe le véritable renouveau.
Retournons à la vie de saint François. Etant donné que son père Bernardone lui reprochait sa générosité exagérée envers les pauvres, François, devant l’évêque d’Assise, à travers un geste symbolique, se dépouille de ses vêtements, montrant ainsi son intention de renoncer à l’héritage paternel: comme au moment de la création, François n’a rien, mais uniquement la vie que lui a donnée Dieu, entre les mains duquel il se remet. Puis il vécut comme un ermite, jusqu’à ce que, en 1208, eut lieu un autre événement fondamental dans l’itinéraire de sa conversion. En écoutant un passage de l’Evangile de Matthieu – le discours de Jésus aux apôtres envoyés en mission –, François se sentit appelé à vivre dans la pauvreté et à se consacrer à la prédication. D’autres compagnons s’associèrent à lui, et en 1209, il se rendit à Rome, pour soumettre au Pape Innocent III le projet d’une nouvelle forme de vie chrétienne. Il reçut un accueil paternel de la part de ce grand Souverain Pontife, qui, illuminé par le Seigneur, perçut l’origine divine du mouvement suscité par François. Le Poverello d’Assise avait compris que tout charisme donné par l’Esprit Saint doit être placé au service du Corps du Christ, qui est l’Eglise; c’est pourquoi, il agit toujours en pleine communion avec l’autorité ecclésiastique. Dans la vie des saints, il n’y a pas d’opposition entre charisme prophétique et charisme de gouvernement, et si apparaissent des tensions, ils savent attendre avec patience les temps de l’Esprit Saint.
En réalité, certains historiens du XIXe siècle et même du siècle dernier ont essayé de créer derrière le François de la tradition, un soi-disant François historique, de même que l’on essaie de créer derrière le Jésus des Evangiles, un soi-disant Jésus historique. Ce François historique n’aurait pas été un homme d’Eglise, mais un homme lié immédiatement uniquement au Christ, un homme qui voulait créer un renouveau du peuple de Dieu, sans formes canoniques et sans hiérarchie. La vérité est que saint François a eu réellement une relation très directe avec Jésus et avec la Parole de Dieu, qu’il voulait suivre sine glossa, telle quelle, dans toute sa radicalité et sa vérité. Et il est aussi vrai qu’initialement, il n’avait pas l’intention de créer un Ordre avec les formes canoniques nécessaires, mais simplement, avec la parole de Dieu et la présence du Seigneur, il voulait renouveler le peuple de Dieu, le convoquer de nouveau à l’écoute de la parole et de l’obéissance verbale avec le Christ. En outre, il savait que le Christ n’est jamais « mien », mais qu’il est toujours « nôtre », que le Christ, je ne peux pas l’avoir « moi » et reconstruire « moi » contre l’Eglise, sa volonté et son enseignement, mais uniquement dans la communion de l’Eglise construite sur la succession des Apôtres qui se renouvelle également dans l’obéissance à la parole de Dieu.
Et il est également vrai qu’il n’avait pas l’intention de créer un nouvel ordre, mais uniquement de renouveler le peuple de Dieu pour le Seigneur qui vient. Mais il comprit avec souffrance et avec douleur que tout doit avoir son ordre, que le droit de l’Eglise lui aussi est nécessaire pour donner forme au renouveau et ainsi réellement il s’inscrivit de manière totale, avec le cœur, dans la communion de l’Eglise, avec le Pape et avec les évêques. Il savait toujours que le centre de l’Eglise est l’Eucharistie, où le Corps du Christ et son Sang deviennent présents. A travers le Sacerdoce, l’Eucharistie est l’Eglise. Là où le Sacerdoce, le Christ et la communion de l’Eglise vont de pair, là seul habite aussi la parole de Dieu. Le vrai François historique est le François de l’Eglise et précisément de cette manière, il parle aussi aux non-croyants, aux croyants d’autres confessions et religions.
François et ses frères, toujours plus nombreux, s’établirent à la Portioncule, ou église Sainte-Marie des Anges, lieu sacré par excellence de la spiritualité franciscaine. Claire aussi, une jeune femme d’Assise, de famille noble, se mit à l’école de François. Ainsi vit le jour le deuxième ordre franciscain, celui des Clarisses, une autre expérience destinée à produire d’insignes fruits de sainteté dans l’Eglise.
Le successeur d’Innocent III lui aussi, le Pape Honorius III, avec sa bulle Cum dilecti de 1218 soutint le développement singulier des premiers Frères mineurs, qui partaient ouvrir leurs missions dans différents pays d’Europe, et jusqu’au Maroc. En 1219, François obtint le permis d’aller s’entretenir, en Egypte, avec le sultan musulman, Melek-el-Kâmel, pour prêcher là aussi l’Evangile de Jésus. Je souhaite souligner cet épisode de la vie de saint François, qui est d’une grande actualité. A une époque où était en cours un conflit entre le christianisme et l’islam, François, qui n’était volontairement armé que de sa foi et de sa douceur personnelle, parcourut concrètement la voie du dialogue. Les chroniques nous parlent d’un accueil bienveillant et cordial reçu de la part du sultan musulman. C’est un modèle dont devraient s’inspirer aujourd’hui encore les relations entre chrétiens et musulmans: promouvoir un dialogue dans la vérité, dans le respect réciproque et dans la compréhension mutuelle (cf. Nostra Aetate, n. 3). Il semble ensuite que François ait visité la Terre Sainte, jetant ainsi une semence qui porterait beaucoup de fruits: ses fils spirituels en effet firent des Lieux où vécut Jésus un contexte privilégié de leur mission. Je pense aujourd’hui avec gratitude aux grands mérites de la Custodie franciscaine de Terre Sainte.
De retour en Italie, François remit le gouvernement de l’ordre à son vicaire, le frère Pietro Cattani, tandis que le Pape confia à la protection du cardinal Ugolino, le futur Souverain Pontife Grégoire IX, l’Ordre, qui recueillait de plus en plus d’adhésions. Pour sa part, son Fondateur, se consacrant tout entier à la prédication qu’il menait avec un grand succès, rédigea la Règle, ensuite approuvée par le Pape.
En 1224, dans l’ermitage de la Verna, François vit le Crucifié sous la forme d’un séraphin et de cette rencontre avec le séraphin crucifié, il reçut les stigmates; il devint ainsi un avec le Christ crucifié: un don qui exprime donc son intime identification avec le Seigneur.
La mort de François – son transitus – advint le soir du 3 octobre 1226, à la Portioncule. Après avoir béni ses fils spirituels, il mourut, étendu sur la terre nue. Deux années plus tard, le Pape Grégoire IX l’inscrivit dans l’album des saints. Peu de temps après, une grande basilique fut élevée en son honneur, à Assise, destination encore aujourd’hui de nombreux pèlerins, qui peuvent vénérer la tombe du saint et jouir de la vision des fresques de Giotto, le peintre qui a illustré de manière magnifique la vie de François.
Il a été dit que François représente un alter Christus, qu’il était vraiment une icône vivante du Christ. Il fut également appelé « le frère de Jésus ». En effet, tel était son idéal: être comme Jésus; contempler le Christ de l’Evangile, l’aimer intensément, en imiter les vertus. Il a en particulier voulu accorder une valeur fondamentale à la pauvreté intérieure et extérieure, en l’enseignant également à ses fils spirituels. La première béatitude du Discours de la Montagne – Bienheureux les pauvres d’esprit car le royaume des cieux leur appartient (Mt 5, 3) a trouvé une réalisation lumineuse dans la vie et dans les paroles de saint François. Chers amis, les saints sont vraiment les meilleurs interprètes de la Bible; ils incarnent dans leur vie la Parole de Dieu, ils la rendent plus que jamais attirante, si bien qu’elle nous parle concrètement. Le témoignage de François, qui a aimé la pauvreté pour suivre le Christ avec un dévouement et une liberté totale, continue à être également pour nous une invitation à cultiver la pauvreté intérieure afin de croître dans la confiance en Dieu, en unissant également un style de vie sobre et un détachement des biens matériels.
Chez François, l’amour pour le Christ s’exprima de manière particulière dans l’adoration du Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Dans les Sources franciscaines, on lit des expressions émouvantes, comme celle-ci: « Toute l’humanité a peur, l’univers tout entier a peur et le ciel exulte, lorsque sur l’autel, dans la main du prêtre, il y a le Christ, le Fils du Dieu vivant. O grâce merveilleuse! O fait humblement sublime, que le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu, s’humilie ainsi au point de se cacher pour notre salut, sous une modeste forme de pain » (François d’Assise, Ecrits, Editrice Francescane, Padoue 2002, 401).
En cette année sacerdotale, j’ai également plaisir à rappeler une recommandation adressée par François aux prêtres: « Lorsqu’ils voudront célébrer la Messe, purs de manière pure, qu’ils présentent avec respect le véritable sacrifice du Très Saint Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ » (François d’Assise, Ecrits, 399). François faisait toujours preuve d’un grand respect envers les prêtres et il recommandait de toujours les respecter, même dans le cas où ils en étaient personnellement peu dignes. Il donnait comme motivation de ce profond respect le fait qu’ils avaient reçu le don de consacrer l’Eucharistie. Chers frères dans le sacerdoce, n’oublions jamais cet enseignement: la sainteté de l’Eucharistie nous demande d’être purs, de vivre de manière cohérente avec le Mystère que nous célébrons.
De l’amour pour le Christ naît l’amour envers les personnes et également envers toutes les créatures de Dieu. Voilà un autre trait caractéristique de la spiritualité de François: le sens de la fraternité universelle et l’amour pour la création, qui lui inspira le célèbre Cantique des créatures. C’est un message très actuel. Comme je l’ai rappelé dans ma récente encyclique Caritas in veritate, seul un développement qui respecte la création et qui n’endommage pas l’environnement pourra être durable (cf. nn. 48-52), et dans le Message pour la Journée mondiale de la paix de cette année, j’ai souligné que l’édification d’une paix solide est également liée au respect de la création. François nous rappelle que dans la création se déploient la sagesse et la bienveillance du Créateur. Il comprend la nature précisément comme un langage dans lequel Dieu parle avec nous, dans lequel la réalité devient transparente et où nous pouvons parler de Dieu et avec Dieu.
Chers amis, François a été un grand saint et un homme joyeux. Sa simplicité, son humilité, sa foi, son amour pour le Christ, sa bonté envers chaque homme et chaque femme l’ont rendu heureux en toute situation. En effet, entre la sainteté et la joie existe un rapport intime et indissoluble. Un écrivain français a dit qu’il n’existe qu’une tristesse au monde: celle de ne pas être saints, c’est-à-dire de ne pas être proches de Dieu. En considérant le témoignage de saint François, nous comprenons que tel est le secret du vrai bonheur: devenir saints, proches de Dieu!
Que la Vierge, tendrement aimée de François, nous obtienne ce don. Nous nous confions à Elle avec les paroles mêmes du Poverello d’Assise: « Sainte Vierge Marie, il n’existe aucune femme semblable à toi née dans le monde, fille et servante du très haut Roi et Père céleste, Mère de notre très Saint Seigneur Jésus Christ, épouse de l’Esprit Saint: prie pour nous… auprès de ton bien-aimé Fils, Seigneur et Maître » (François d’Assise, Ecrits, 163).

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