LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

HUMILITÉ – PAR ENZO BIANCHI

20 mai, 2019

https://www.monasterodibose.it/fr/priere/lexique-spirituel/1179-humilite

en e fr

Jésus lave les pieds des disciples

HUMILITÉ – PAR ENZO BIANCHI

Les mots de la spiritualité

L’humilité n’est pas tant une vertu à acquérir qu’un abaissement à subir; donc l’humilité est avant tout humiliation
L’humilité est une vertu suspecte. Ce mot arrive à nous chargé d’un lourd héritage, qui en a fait une vertu individuelle, le but de la recherche d’auto-perfectionnement de l’individu. Par ailleurs, l’humilité apparaît synonyme d’auto-anéantissement de la créature face à Dieu qui est tout, et de diminution de soi face aux autres; ce que l’on ressent aujourd’hui comme une attitude non plus adéquate au Dieu qui n’écrase pas l’humain, mais le prend en charge et le valorise. Parfois, l’humilité semble encore se référer à une attitude «postiche», celle qui consiste à se montrer inférieur à ce que l’on est et à ce que l’on vaut. Les psychologues lui préfèrent certainement le vocable «authenticité» (dont le sens, en fin de compte, n’est pas très éloigné de la signification du terme ancien humilitas). Quant à Nietzsche, il situe l’humilité dans le cadre d’une recherche religieuse de consolation de notre propre impuissance. Mais l’humilité n’est pas seulement suspecte; elle est peut-être aussi dangereuse. Il est dangereux de prêcher l’humilité et d’en faire une loi, parce qu’il convient d’évaluer la compréhension que peuvent en avoir les différentes personnes. Elle risquerait probablement de ne pas même égratigner ceux qui ont un «moi surdimensionné» et de recevoir un accueil non équilibré auprès de ceux qui se repaissent d’un «moi amoindri».
Mais avant tout, nous devons nous demander: qu’est-ce que l’humilité? Les multiples définitions qu’en a données la tradition chrétienne nous amènent à en saisir le caractère relatif: relatif, donc, à la diversité des personnes et des libertés personnelles. La définition la plus attestée, et qui en saisit le mieux le caractère propre, ne la voit pas tant comme une vertu que comme la base et la possibilité de toutes les autres vertus. «L’humilité est la mère, la racine, la nourrice, le fondement, le lien de toutes les autres vertus» dit Jean Chrysostome; et on comprend, en ce sens, qu’Augustin puisse voir «en elle seule, l’entière discipline chrétienne» (Sermon 351,3,4). Il faut alors soustraire l’humilité à la subjectivité et aux pratiques de dévotion, et se rappeler qu’elle naît du Christ, qui est le magister humilitatis (maître de l’humilité), selon l’expression d’Augustin. Mais Christ est maître d’humilité dans la mesure où «il nous enseigne à vivre» (Tite 2,12), en nous conduisant à une connaissance réaliste de nous-mêmes. Ainsi l’humilité est la courageuse connaissance de soi devant Dieu, et devant le Dieu qui a manifesté son humilité dans l’abaissement du Fils, dans la kénose qui l’a conduit jusqu’à la mort en croix. Mais, dans la mesure où elle est une authentique connaissance de soi, l’humilité est une blessure portée à notre narcissisme, parce qu’elle nous ramène à ce que nous sommes en réalité, à notre humus, à notre condition de créature, et elle nous conduit de cette manière dans le chemin de notre humanisation, pour nous amener à devenir homo. Voilà l’humilité: «O homme, reconnais que tu es homme; toute ton humilité consiste dans le fait de te connaître» (Augustin).
Lorsque l’homme a appris l’humilité auprès de celui qui est «doux et humble de cœur» (Matthieu 11,29), celle-ci fait de lui le terreau sur lequel la grâce peut développer sa fécondité. Parce que l’homme connaît sa condition de créature, et les limites qui y sont liées, parce qu’il connaît par conséquent aussi sa situation de pécheur, et qu’il sait simultanément qu’il a tout reçu de Dieu et qu’il est aimé malgré son caractère limité et sa négativité, l’humilité devient en lui une volonté de soumission à Dieu et à ses frères, dans l’amour et la gratitude. Oui, l’humilité est relative à l’amour et à la charité. «Là où est l’humilité, là aussi est la charité» affirme Augustin, à qui fait écho un philosophe contemporain: «L’humilité dispose à la grâce; mais elle n’est pas elle-même cette grâce, car c’est la charité qui est cette grâce» (Vladimir Jankélévitch). En ce sens, elle est aussi un élément essentiel à la vie en commun; et ce n’est pas un hasard si le Nouveau Testament fait constamment résonner l’appel de l’apôtre aux membres de ses communautés à «se revêtir d’humilité dans les rapports mutuels» (1 Pierre 5,5; Colossiens 3,12), à «estimer, par charité, les autres supérieurs à soi» (Philippiens 2,3), à «ne pas se complaire dans l’orgueil», mais à être «attirés plutôt par ce qui est humble» (Romains 12,16): ce n’est que de cette manière que peut se produire l’édification communautaire, qui est toujours le partage des faiblesses et des pauvretés de chacun. Ce n’est que de cette manière que peut être combattu et défait l’orgueil, qui est «le grand péché» (Psaume 19,14), ou mieux peut-être: le grand aveuglement qui empêche que l’on se voie soi-même en vérité, et qui empêche que l’on voie dans leur vérité les autres et Dieu. D’avantage qu’un effort d’auto-diminution, l’humilité est alors un événement qui jaillit de la rencontre entre le Dieu manifesté en Christ et une créature bien précise. Dans la foi, l’humilité de Dieu révélée par le Christ (cf. Philippiens 2,8: «il s’humilia soi-même») devient humilité de l’homme.
Certes, pour que naisse la vraie humilité, pour que l’humilité soit aussi vérité, pour que l’on parvienne a adhérer à la réalité en obéissant avec reconnaissance à Dieu, il faut souvent l’expérience de l’humiliation. Pour nous, nous humilier, dans la liberté et par amour, est une opération difficile, et il nous est presque impossible de l’accomplir de manière pure: il y a en effet une certaine humilité qui est le prétexte pour une vanité redoublée… Pour cela, l’humilité n’est pas tant une vertu à acquérir qu’un abaissement à subir; donc l’humilité est avant tout humiliation. Une humiliation qui provient des autres, surtout de ceux qui nous sont plus proches; une humiliation qui provient de la vie qui nous contredit et nous inflige la défaite; une humiliation qui provient de Dieu, qui est capable, au travers de sa grâce, de nous humilier et de nous élever comme personne d’autre ne peut le faire. L’humiliation, plus que tout, est le lieu où l’on peut se connaître soi-même en vérité et apprendre l’obéissance, comme Christ «apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance» (Hébreux 5,8); et parmi ce qu’il souffrit: «l’infamie et l’opprobre» (cf. Hébreux 12,2; 13,13). L’humiliation est l’événement par lequel on parvient au fond de notre propre abysse, en brisant notre cœur (cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies, «d’un cœur broyé et humilié, Dieu, tu n’as point de mépris», Psaume 51,19). Alors, grâce à cette expérience, on peut répéter avec vérité les mots du psalmiste: «Un bien pour moi, que d’être humilié, afin d’apprendre tes volontés» (Psaume 119,71).

Tiré de ENZO BIANCHI, Les mots de la vie intérieure, Paris, Cerf, 2000.

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « JE VOUS DONNE UN COMMANDEMENT NOUVEAU »

17 mai, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-5e-dimanche-de-Paques-Annee-C-Je-vous-donne-un-commandement-nouveau_a892.html

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« aimez-vous comme je vous ai aimé »

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « JE VOUS DONNE UN COMMANDEMENT NOUVEAU »

Textes : Actes 14, 21b-27, Apocalypse 21, 1-5a et Jean 13, 31-33a.34-35.

C’est un verset du psaume de méditation qui nous guidera dans la méditation des textes des lectures de ce 5e dimanche de Pâques : « Ils annonceront aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton règne. »
En effet, c’est la proclamation du Règne de Dieu accompli en Jésus Ressuscité qui motive Paul et Barnabé dont nous parle la première lecture. C’est la nouveauté et l’accomplissement glorieux de ce Règne que célèbre l’Apocalypse dans la deuxième lecture. C’est l’incarnation concrète de ce Règne que Jésus nous propose dans le commandement nouveau de s’aimer les uns les autres que nous rappelle l’évangile.

I – La proclamation du Règne de Dieu après la Pentecôte
Premièrement : la proclamation du Règne de Dieu après la Pentecôte.
La progression et la diffusion de l’annonce de l’Évangile se fait après la Pentecôte par des personnes remplies de l’Esprit Saint fortes de la force même de Dieu et prêtes à braver toutes les épreuves qui surviennent. Saint Paul est le plus connu de ces grands évangélisateurs. Il fait cela parce qu’il a rencontré le Christ ressuscité. Il n’a pas, comme les autres apôtres, connu Jésus avant sa résurrection. C’est le Jésus ressuscité qui l’habite et dont il témoigne.
C’est la même chose pour chacune et chacun de nous si nous laissons le Ressuscité habiter en nous par une foi qui le reçoit et l’accepte comme le Seigneur de nos vies. Barnabé a sûrement fait ce choix lui aussi.
Ces deux évangélisateurs des débuts de l’Église sont des modèles non seulement par leurs déplacements qui sont impressionnants mais par leur engament à proclamer la Parole qui annonce la Bonne Nouvelle. Ils le font après avoir reçu l’imposition des mains de leurs frères d’Antioche. Ils se considèrent envoyés. Ils ne proclament pas leur évangile mais celui de Jésus. Les difficultés ne manquent pas, mais leur persévérance et leur ardeur les entraînent toujours en avant.
Nous avons ici dans l’extrait des Actes des Apôtres qui a été lu un moment de leur prédication qui se continuera pendant de nombreuses années et qui culminera dans la fondation de plusieurs communautés chrétiennes autour de la mer Méditerranée. Et saint Paul selon la tradition confirmera sa prédication par le don de sa vie à Rome où il subira le martyre.

II – La nouveauté et l’accomplissement du Règne de Dieu
Deuxièmement : la nouveauté et l’accomplissement du Règne de Dieu
La deuxième lecture à travers un style poétique et l’image de la Jérusalem nouvelle vient encourager les auditeurs et les auditrices de ce texte en leur révélant nous seulement la beauté du message qui leur a été confié comme disciples de Jésus, mais toute la nouveauté qu’il apporte à ceux et celles qui le reçoivent.
Le Règne de Dieu ou le Royaume de Dieu est décrit avec l’image de la Jérusalem nouvelle. « Il sera la demeure de Dieu parmi les hommes et ils seront son peuple, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur ».
Cette image est une image d’espérance et de réconfort pour les chrétiens des débuts de l’Église. Elle l’est encore pour nous aujourd’hui. Notre foi en Jésus rencontre bien des obstacles, même des persécutions comme aux premiers temps de l’Église et pourtant elle s’appuie sur une Parole qui ne passe pas et qui est toujours vivante comme l’est celui qui est Ressuscité et que nous célébrons de façon particulière dans le temps de Pâques.
Sa glorification par le Père dans sa Résurrection l’exalte afin que tout genou fléchisse devant lui et que toute langue proclame qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Philippiens 2, 9-11) Notre espérance en lui ne sera pas déçue.

III – L’incarnation concrète du Règne de Dieu
Troisièmement : l’incarnation concrète du Règne de Dieu.
Le Règne de Dieu s’est accompli dans une obéissance totale de Jésus à son Père et dans le don de sa vie pour ses frères et sœurs. L’évangile lu nous présente un moment d’intimité de Jésus avec les siens avant sa Passion. Ce moment est touchant par la familiarité qui se dégage des propos retenus par saint Jean. Cette familiarité assez rare dans les évangiles se cristallise dans l’appellation « Mes petits enfants ».
Ces paroles viennent rejoindre le cœur des personnes présentes. Ainsi c’est dans une bonne terre que tombe le message de Jésus. C’est le commandement nouveau, le fameux « Aimez-vous le uns les autres ». « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». Ce commandement nouveau nous est présenté ici au moment où Jésus sera trahi. Il au cœur de la prédication de Jésus et Il sera repris de multiples façons par la suite dans l’annonce de l’Évangile. Il faut remercier saint Jean et ses disciples d’avoir mis l’accent sur ce commandement nouveau de façon répétée.
En effet, saint Jean dans ses Lettres reprendra souvent ce message fondamental de Jésus. Il en fera même, à juste titre, le signe de la présence de Dieu parmi nous : « Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. » (I Jean 4, 11). Et plus loin dans cette lettre on trouve une exhortation on ne peut plus directe : « Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (I Jean 4, 20-21)

Conclusion
Voilà aujourd’hui des lectures de la Parole de Dieu qui nous ouvrent des perspectives bien stimulantes. Nous sommes nous aussi comme Paul et Barnabé des évangélisateurs et des évangélisatrices à notre façon. Dans cette tâche nous pouvons compter sur la grâce de Dieu et nous collaborons à la naissance de cieux nouveaux, d’une terre nouvelle dont notre monde a tant besoin. Tous et toutes y arriveront en donnant le témoignage d’un amour de tous les instants qui ne fait pas de distinctions et qui est toujours ouvert sur le frère ou la sœur dans le besoin qui est pour nous la présence du Christ dans nos vies (cf. Mathieu 25, 40).
Que cette Eucharistie nous permette, en reconnaissant la présence de Jésus dans son Corps et dans son Sang qui sont sur l’autel, de le voir aussi dans nos frères et sœurs qui sont sur les places, dans la rue, dans nos familles, dans les centres d’achats, dans les ateliers, dans les salles de cours, dans les bateaux de réfugiés, dans les jeunes abusés et en bien d’autres lieux où Jésus nous attend.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québeca

PAPE FRANÇOIS – «NE NOUS SOUMETS PAS À LA TENTATION» (Mt 6, 13). 1er mai 2019

15 mai, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2019/documents/papa-francesco_20190501_udienza-generale.html

fr

le «Notre Père»

PAPE FRANÇOIS – «NE NOUS SOUMETS PAS À LA TENTATION» (Mt 6, 13). 1er mai 2019

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint Pierre

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous poursuivons la catéchèse sur le «Notre Père», en arrivant désormais à l’avant-dernière invocation: «Ne nous soumets pas à la tentation» (Mt 6, 13). Une autre version dit: «Ne nous laisse pas entrer en tentation». Le «Notre Père» commence de manière sereine: il nous fait souhaiter que le grand projet de Dieu puisse s’accomplir parmi nous. Ensuite, il jette un regard sur la vie, et nous fait demander ce dont nous avons besoin chaque jour: notre «pain quotidien». Puis la prière s’adresse à nos relations interpersonnelles, souvent entachées d’égoïsme: nous demandons le pardon et nous nous engageons à le donner. Mais c’est avec cette avant-dernière invocation que notre dialogue avec le Père céleste entre, pour ainsi dire, dans le vif du drame, c’est-à-dire sur le terrain de la confrontation entre notre liberté et les pièges du malin.

Comme on le sait, l’expression originale grecque contenue dans les Evangiles est difficile à rendre de manière exacte, et toutes les traductions modernes sont un peu «boiteuses». Nous pouvons cependant converger sur un élément de manière unanime: quelle que soit la manière dont on comprend le texte, nous devons exclure le fait que Dieu est le responsable des tentations qui pèsent sur le chemin de l’homme. Comme si Dieu lui-même était aux aguets pour tendre des pièges et des guets-apens à ses enfants. Une interprétation de ce genre est tout d’abord en contraste avec le texte lui-même, et elle est loin de l’image de Dieu que Jésus nous a révélée. N’oublions pas: le «Notre Père» commence par «Père». Et un père ne tend pas des pièges à ses enfants. Les chrétiens n’ont pas affaire avec un Dieu envieux, en compétition avec l’homme, ou qui s’amuse à le mettre à l’épreuve. Ce sont là les images de nombreuses divinités païennes. Nous lisons dans la lettre de Jacques apôtre: «Que nul, s’il est éprouvé, ne dise: “C’est Dieu qui m’éprouve”. Dieu en effet n’éprouve pas le mal, il n’éprouve non plus personne» (1, 13). C’est plutôt le contraire: le Père n’est pas l’auteur du mal, à aucun enfant qui demande un poisson il ne donne un serpent (cf. Lc 11, 11) — comme Jésus l’enseigne — et quand le mal se présente dans la vie de l’homme, il combat à ses côtés, pour qu’il puisse en être libéré. Un Dieu qui combat toujours pour nous, non contre nous. C’est le Père! C’est dans ce sens que nous prions le «Notre Père».

Ces deux moments — l’épreuve et la tentation — ont été mystérieusement présents dans la vie de Jésus lui-même. Dans cette expérience, le Fils de Dieu est entièrement devenu notre frère, d’une manière qui est presque un scandale. Et ce sont précisément ces passages évangéliques qui nous démontrent que les invocations les plus difficiles du «Notre Père», celles qui terminent le texte, ont déjà été exaucées: Dieu ne nous a pas laissés seuls, mais en Jésus, il se manifeste comme le «Dieu avec nous», jusqu’aux conséquences les plus extrêmes. Il est avec nous quand il nous donne la vie, il est avec nous au cours de la vie, il est avec nous dans la joie, il est avec nous dans les épreuves, il est avec nous dans la tristesse, il est avec nous dans les défaites, quand nous péchons, mais il est toujours avec nous, parce qu’il est Père et ne peut pas nous abandonner.

Si nous sommes tentés d’accomplir le mal, en refusant la fraternité avec les autres et en désirant un pouvoir absolu sur tout et tous, Jésus a déjà combattu cette tentation pour nous: les premières pages de l’Evangile en attestent. Immédiatement après avoir reçu le baptême de Jean, au milieu de la foule des pécheurs, Jésus se retire dans le désert et est tenté par satan. C’est ainsi que commence la vie publique de Jésus, par la tentation qui vient de Satan. Satan était présent. Beaucoup de gens disent: «Mais pourquoi parler du diable qui est une chose antique? Le diable n’existe pas». Mais regarde ce que t’enseigne l’Evangile: Jésus a été confronté au diable, il a été tenté par satan. Mais Jésus repousse toute tentation et il en sort victorieux. L’Evangile de Matthieu a une note intéressante qui termine le duel entre Jésus et l’Ennemi: «Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient» (4, 11).

Mais également au temps de l’épreuve suprême, Dieu ne nous laisse pas seuls. Quand Jésus se retire pour prier au Gethsémani, son cœur est envahi par une angoisse indicible — c’est ce qu’il dit aux disciples — et Il fait l’expérience de la solitude et de l’abandon. Seul, avec la responsabilité de tous les péchés du monde sur ses épaules; seul, avec une angoisse indicible. L’épreuve est tellement déchirante qu’il se produit quelque chose d’inattendu. Jésus ne mendie jamais d’amour pour lui-même, pourtant au cours de cette nuit, il sent son âme triste à en mourir, et alors il demande la proximité de ses amis: «Demeurez ici et veillez avec moi!» (Mt 26, 38). Comme nous le savons, les disciples, alourdis par une torpeur causée par la peur, s’endorment. Au moment de l’agonie, Dieu demande à l’homme de ne pas l’abandonner, et en revanche l’homme dort. Au moment où l’homme connaît son épreuve, Dieu en revanche veille. Dans les moments les plus durs de notre vie, dans les moments de plus grande souffrance, dans les moments les plus angoissants, Dieu veille avec nous, Dieu lutte avec nous, il est toujours proche de nous. Pourquoi? Parce qu’il est Père. C’est ainsi que nous avons commencé la prière: «Notre Père». Et un père n’abandonne jamais ses enfants. Cette nuit de douleur de Jésus, de lutte, est le dernier sceau de l’Incarnation: Dieu descend pour nous rencontrer dans nos abîmes et des les tribulations qui parsèment l’histoire.

C’est notre réconfort à l’heure de l’épreuve: savoir que cette vallée, depuis que Jésus l’a traversée, n’est plus désolée, mais qu’elle est bénie par la présence du Fils de Dieu. Lui ne nous abandonnera jamais!

Eloigne donc de nous, ô Dieu, le temps de l’épreuve et de la tentation. Mais quand ce temps arrivera pour nous, Notre Père, montre-nous que nous ne sommes pas seuls. Tu es le Père. Montre-nous que le Christ a déjà pris sur lui également le poids de cette croix. Montre-nous que Jésus nous appelle pour la porter avec Lui, en nous abandonnant avec confiance à ton amour de Père. Merci.

LA BEAUTÉ DE MARIE DANS SA CONFORMATION AU CHRIST

13 mai, 2019

http://www.latheotokos.it/modules.php?name=News&file=print&sid=790

fr icona di maria del roveto ardente

Maria, icône du buisson ardent, article intéressant sur:  http://iconesalain.free.fr/Presentations/39.Marie.Buisson.Ardent.Presentation.htm

LA THEOTOKOS

(traduction google de l’italien)

LA BEAUTÉ DE MARIE DANS SA CONFORMATION AU CHRIST

Date: jeudi, 13 Septembre 2012

Sujet: mariologie

Un article de Stefano M. Mazzoni dans: « Riparazione mariana » n. 1 – 2011, pp. 7-9.

« Tu es toute belle, Marie », chante l’un des antiennes mariales les plus chères à la tradition chrétienne, reprenant les paroles que le Bien-aimé du Cantique des Cantiques adresse à sa bien-aimée (cf. Ct 4, 7); et en musique, en poésie, en art, les plus grands esprits de tous les temps ont exprimé leurs meilleures qualités pour dépeindre, améliorer et magnifier cette « beauté » de la Vierge. Mais quelle est la source de cette beauté, quelle est sa signification profonde? Il nous semble que la donnée essentielle de la vie de Marie, qui est aussi le secret de sa beauté, devrait être saisie dans une union intime, unique avec Dieu et, par conséquent, avec le Fils à qui elle a donné la chair.
La beauté du cosmos et de l’homme
Tout cela peut être lu dans le contexte plus général de l’histoire universelle du salut, une histoire qui attend l’accomplissement ultime de la transfiguration de toute créature, quand « tout sera transformé » (1 Cor 15,52) et la beauté du plan divin atteindra tous sa splendeur. Dans l’histoire de la création de la génération 1, l’action créatrice divine s’accompagne d’un refrain qui marque les différents moments, constituant une sorte de contemplation du cosmos qui se dessine progressivement, émergeant du chaos originel: « Et Dieu vit qu’il était bon ». Le texte hébreu original utilise le mot tôb , qui peut être traduit par « bon », mais aussi par « beau »; de manière significative la version grecque de la LXX traduit l’expression en utilisant le terme kalós, « Beau », plutôt qu’agathós , « bon »: il apparaît donc clairement l’intention de souligner la dimension de la beauté qui caractérise l’œuvre divine et qui est gravée dans la création. Le texte pourrait donc être traduit en italien également de la manière suivante: « Et Dieu vit: que c’est beau! » C’est l’exclamation de Dieu qui accueille devant son travail, à la manière de l’artiste qui contemple le résultat de son génie et la beauté de sa propre réalisation. La création est donc « belle » et est reconnue comme telle par le même artisan, qui répète la joyeuse exclamation à chaque nouvel élément ajouté: « Comme c’est bon! »
Le moment culminant de l’œuvre divine coïncide avec la création de l’homme; la création apparaît enfin complète et l’exclamation divine souligne, au moyen d’une variation, la réalisation de ce sommet: avec l’apparition de l’être humain sur la terre, Dieu reconnaît que ce qu’il a fait est non seulement « beau », mais « très beau ». L’homme est la créature qui fait le plein de beauté de la création, car elle reflète la beauté même de Dieu, dont il est unique – créé parmi les créatures – à l’image et à la ressemblance.
La beauté du christ
Cependant, la beauté et la grandeur originelles de l’homme, après sa chute en Eden, semblent floues; la fragilité humaine continue de menacer cette beauté et nécessite un travail de « restauration » qui restitue à l’homme l’image d’origine en tant que marque de la personne divine et reflet de sa beauté. Ceci est réalisé grâce au travail de Jésus-Christ, que la tradition chrétienne, utilisant les paroles du psalmiste, chante comme « le plus beau parmi les fils de l’homme » (Ps. 45). La figure du Christ devient celle du « nouvel Adam »; 2 L’humanité de Jésus porte en elle la beauté que Dieu avait pensé dans son dessein pour l’homme, une humanité transfigurée révélant cette lumière divine que tout homme est appelé à revêtir.
Il y a un moment particulièrement important dans la vie de Jésus dans lequel cette lumière brille et se manifeste dans toute sa splendeur: sur la montagne de la transfiguration, le visage de Jésus « brillait comme le soleil » (Mt 17,2), « changé de J’attends et son vêtement est devenu blanc et brillant « (Lc 9, 29); Jésus manifeste ainsi dans sa personne le reflet de la beauté de Dieu, qui se caractérise toutefois par un élément apparemment paradoxal; au moment le plus lumineux de la transfiguration, Jésus parle avec Moïse et Élie « de son exode » (Lc 9,31), c’est-à-dire du voyage qui le mène à Jérusalem vers la Croix.
La « beauté » du Christ ne concerne donc pas nos canons esthétiques, elle n’est pas faite « pour attirer nos regards » (Is 53,2); c’est plutôt celui du serviteur méprisé et humilié, qui prend sur lui les peines et les fautes des hommes pour les racheter. Dans cette perspective, on comprend également la description de l’évangéliste Jean de Jésus comme « le beau berger » (10:11) du mouton: beau, parce qu’il est prêt à offrir sa vie. Dans ce renversement des critères humains, la beauté trouve son fondement, selon la logique divine, dans l’humiliation qui devient, dans la disponibilité totale et le don de soi, l’exaltation et la glorification (cf. Fil 2, 6-11).
La beauté de marie
Si Jésus, déjà dans la tradition paulinienne, était appelé le « nouvel Adam », la dernière tradition patristique considère Marie comme la « nouvelle Ève ». 3 Même dans Marie resplendit l’humanité renouvelée, dont la beauté est retourné à sa splendeur d’ origine. Dans le judaïsme, la figure d’Ève, mère de tous les êtres vivants, est exaltée par sa beauté qui, en Éden, rayonnait de lumière et de pureté. 4 Cette beauté, assombrie par la désobéissance d’Ève, revient briller en Marie. Si Jésus est « le plus beau des fils de l’homme », Marie est la reine dont la beauté plaît au roi (cf. Ps 45,12).
Dans les récits évangéliques en particulier, la beauté de Marie est liée à sa capacité d’écouter, d’accepter la parole du Seigneur, de la garder et de méditer sur son cœur. 5Cela apparaît de manière exemplaire dans l’épisode de l’Annonciation: Marie accepte la parole de l’ange et y adhère avec toute son existence; l’ange, à son tour, la reconnaît comme « pleine de grâce » (Lc 1, 28) ou comme celle qui, grâce, la faveur de Dieu, s’est remplie et s’est transformée en une des fibres les plus profondes de son être. C’est cette grâce qui rend Marie « belle » et disposée à adhérer totalement au dessein lumineux de Dieu sur elle, sur le monde, sur les hommes. À partir du moment de l’Annonciation, toute la vie de Marie se caractérise par cette capacité d’écoute et de dévouement; La beauté de Marie brille dans sa manière de rechercher la volonté de Dieu dans chaque événement et de l’accomplir avec une totale disponibilité.
Le dessein de Dieu est maintenant réalisé à travers le travail de Jésus, le Christ. Marie, sa mère, doit apprendre à comprendre les voies du Fils en affrontant le scandale du rejet et de la Croix; elle aussi doit suivre le chemin du disciple derrière Jésus, prête à le suivre avec fidélité et ténacité. La beauté de Marie ne cesse de briller, même au moment le plus tragique de la vie de Jésus, celui de la crucifixion et de la mort. Au pied de la Croix, Marie contemple le visage défiguré du Fils: malgré le masque de douleur qui l’oblige presque à regarder au loin, Marie sait saisir la beauté du « plus beau des fils de l’homme » qui, geste suprême de l’amour, fait un don de sa vie pour le salut des hommes. Même en ce moment, Marie est appelée à être une vraie disciple, accueillir les paroles de Jésus qui lui montrent le chemin; La beauté de Mary brille dans son « intrépide » debout à côté de la croix de son Fils.
C’est la beauté d’une mère qui n’abandonne pas le fruit de son ventre même quand tout le monde semble l’avoir abandonné; c’est la beauté d’une femme qui sait espérer contre espoir; c’est la beauté de celle qui, unie à Jésus, participe à son don en se rendant disponible pour le donner à son tour, pour renoncer à l’exclusivité du lien du sang pour devenir la mère de tout homme et de toute femme qui croit en la parole de Jésus et la confie. à eux leur vie; c’est la beauté de l’amour qui rayonne de la Croix pour atteindre les plus lointains et qui, dans la maternité universelle de Marie, trouve un signe concret d’acceptation, de réconciliation, d’unité.
Le parcours de la transfiguration du disciple
La beauté de Marie trouve donc son fondement dans sa parfaite adhésion au Christ. Marie est la première disciple, celle qui suit le chemin obscur et parfois exaltant de la foi derrière Jésus, atteignant dans la réalisation de sa propre existence cette transfiguration qui la rend « plus pleinement conforme à son fils, le Seigneur des seigneurs » ( Lumen gentium , No. 60).
Chaque disciple, regardant Marie comme sa mère, sa soeur et son amie, est appelé à retracer son chemin vers la pleine conformation au Christ, au point d’être transfiguré et de participer, comme elle, à la sublime beauté qui émane de Dieu, source de toute beauté. La vie du disciple, sur le modèle de celle de Marie, sera donc marquée par la beauté; une vie riche et pleine, imprégnée par la volonté d’être un cadeau pour les autres et par le désir de transformer le monde, en préservant et en nourrissant chaque germe de beauté pour que tout s’épanouisse et que vous retrouviez la splendeur d’origine.
Selon les mots du grand écrivain russe Dostoïevski, on pourrait dire que c’est «la beauté qui sauvera le monde»: «Dostoïevski, dans son roman L’Idiot, pose une question sur les lèvres de l’Ipolit athée au prince Myskin. « Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que le monde le sauverait de la » beauté « ? Messieurs – cria-t-il à tout le monde – le prince dit que le monde sera sauvé par la beauté … Quelle beauté sauvera le monde? « . Le prince ne répond pas à la question (car un jour le Nazaréen devant Pilate n’avait répondu que par sa présence à la question « Qu’est-ce que la vérité? »: Jn 18:38). Il semblerait presque que le silence de Myshkin – qui se tient à côté d’une compassion infinie d’amour pour le jeune homme qui meurt de consommation à 18 ans – signifie que la beauté qui sauve le monde est l’amour qui partage la douleur ».6
Marie au pied de la croix est l’icône de cette beauté; le disciple de Jésus, regardant vers elle, est appelé à découvrir le sens d’une « belle » vie dans la gratuité de l’amour. Marie, la « toute belle », déjà pleinement conforme à son Fils, brille devant chaque homme et chaque femme comme « un signe d’espoir et de consolation » ( Lumen gentium , n. 68), nous montrant le but de notre voyage transfiguration vers la vraie « beauté ».

NOTES
1 Cf. par exemple, à cet égard, I. HÖVERJOHAG, «tôb», Theologisches Wörterbuch zum Alten Testament , III, p. 315-339.
2 Sur la relation entre Adam et Christ en relation avec les thèmes du péché, de la loi, du salut, relisons les pages denses de Paul dans Romains 5: 12-7.25.
3 Le premier auteur à avoir introduit le parallélisme Eva-Maria semble avoir été Giustino († 165); Après lui, plusieurs pères reprennent et développent le thème: voir, par exemple, Irénée de Lyon († 202), Ephrem le Syrien († 373), Épiphane de Salamine († 403), Peter Chrysologus († 450). Pour un aperçu concis de la pensée mariale de ces auteurs et d’autres auteurs, voir L. GAMBERO, Maria dans la pensée des Pères de l’Église., Edizioni Paoline, Cinisello Balsamo 1991.
4 Voir, en référence aux sources juives, A. SERRA, Miryam Figlia di Sion. La femme de Nazareth et le féminin à partir du judaïsme ancien , Paoline, Milan 1997, p. 163-167.
5 A. Serra souligne cet aspect de la beauté lié à l’écoute, considérant que Marie est profondément ancrée dans la réalité d’Israël: comment Israël s’est placé au Sinaï pour écouter la Torah et constitue ainsi le fondement de sa beauté. La beauté de Marie elle trouve son expression particulière dans le « fiat » renouvelé à chaque instant de sa vie (cf. l’étude citée dans la note précédente, surtout les pages 167-181).

6 CM MARTINI, Quelle beauté sauvera le monde?, Lettre pastorale pour l’année 1999-2000.

 

HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « MES BREBIS ÉCOUTENT MA VOIX ; MOI, JE LES CONNAIS »

10 mai, 2019

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HOMÉLIE POUR LE 4E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « MES BREBIS ÉCOUTENT MA VOIX ; MOI, JE LES CONNAIS »

Textes : Actes 13, 14.43-52, Apocalypse 7, 9.14b-17 et Jean 10, 27-30

Nous avons ce matin un extrait de l’évangile de saint Jean qui reprend une image bien connue celle du bon pasteur ou bon berger. Dans cet extrait de l’évangile de saint Jean c’est Jésus lui-même qui nous explique ce que cette image signifie pour les relations mutuelles entre les brebis et le pasteur, entre nous et lui.

I – Le choix de l’image du bon pasteur
On est habitué à retrouver dans la bouche de Jésus des images de toutes sortes qui donnent lieu souvent à des histoires ou des paraboles comme celle de la semence ou celle du levain dans la pâte.
Ici, l’image du bon pasteur qu’emploie Jésus dans cet évangile est plus qu’une image. Jésus le précise d’entrée de jeu en disant « Je suis le bon pasteur », il ne dit pas « je suis comme le bon pasteur », mais « je suis le bon pasteur ». Puis il se charge lui-même de décrire ce que cela signifie pour lui.
Suivons-le.

II –Trois traits de la relation de Jésus, bon pasteur, avec nous
Le premier trait retenu par Jésus c’est celui de la réciprocité. « Moi, je les connais, et elles me suivent ».
Les deux, le pasteur et les brebis, ne peuvent se ficher de l’autre. Leur sort est lié à celui de l’autre. Les brebis ne peuvent partir sans le pasteur. Le pasteur ne peut s’éloigner d’elles et les laisser à elles-mêmes. Il est ainsi amené à développer une sollicitude continuelle de tous les instants. Même la nuit il dort avec une œil ouvert, comme on dit, comme le font les parents de jeunes enfants.
Quelle belle image du lien que Jésus a et veut développer avec chacun et chacune d’entre nous. Sa présence auprès de nous, n’est pas une présence intellectuelle et distante. Elle est une présence de tous les instants qui rejoint notre vie concrète. Il le promet lorsqu’il apparaît aux apôtres en Galilée avant l’Ascension : «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mathieu 28, 20)
Puisque nous sommes des brebis, nous sommes invités quant a nous à vivre avec notre pasteur une proximité et une intimité de tous les instants. Nous pouvons nous tourner vers lui en tout temps car il est toujours là. Nous sommes liés à lui, car sans lui nous ne pouvons par nos seules forces réaliser ce que nous devons faire pour répondre à l’appel de Dieu dans nos vies. Comme brebis nous sommes dépendants de notre pasteur. Le lien mutuel entre le pasteur et les brebis, entre Jésus et nous, est un lien serré et inviolable, ce qui fera dire à saint Paul dans sa Lettre aux Galates « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ». (Galates 2, 20)
Le deuxième trait retenu par Jésus pour décrire ce qu’il est comme pasteur, c’est la relation affectueuse avec les brebis. « Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main ».
Jésus, le bon pasteur, est tellement proche des brebis qu’il prend même sur lui leurs péchés. Il a été à la recherche de la brebis perdue et il l’a portée sur ses épaules pour la ramener au bercail. Pour Jésus les brebis sont sa vie. Il a donné sa vie pour qu’elles vivent de la vie même de Dieu. Il les a réunies autour de lui pour les offrir au Père comme un sacrifice agréable et leur donner la vie éternelle.
Le troisième trait qui s’applique au pasteur qu’est Jésus, c’est la relation de communion des brebis avec lui et avec le Père : « personne ne peut les arracher de la main du Père ».
Ce lien de chaque brebis avec Jésus et avec le Père la fait entrer dans une communion de coeur et d’esprit avec Jésus et son Père dans laquelle il les entraîne, car comme il le dit : « Le Père et moi, nous sommes UN ».
La brebis que nous sommes vivra l’amour qui vient du Dieu-Amour (l’agapè). Elle entrera ainsi dans la communion entre Jésus et son Père. Le disciple de Jésus est appelé à partager cette communion du Père et du Fils avec ses frères et soeurs. Elle se reflétera dans le « aimons-nous les uns les autres » qui est un impératif incontournable pour le chrétien et pour toute communauté chrétienne. C’est ainsi que s’exprime la communion entre le pasteur et les brebis.

III – Application
Vous pouvez constater que l’image du pasteur a une belle résonance dans les paroles de Jésus aujourd’hui. Ces paroles de Jésus nous permettent d’aller plus loin dans la compréhension et l’expérience de nos relations avec Lui.
Le temps de Pâques est une belle occasion de nous laisser entraîner derrière le bon pasteur qu’est Jésus. Apprenons à être et à devenir de vraies « bonnes brebis ». Nous saurons éviter les chemins de traverses si nous prenons le temps de regarder celui qui se présente comme le bon pasteur, le bon berger. Celui-ci aime ses brebis. Son amour n’est pas un amour commandé, mais c’est un amour qui vient du cœur, qui le fait se pencher vers chacune des brebis avec sollicitude et avec attention.
Le texte de saint Jean nous a mis sur la piste de trois traits essentiels au pasteur qui ressortent des paroles mêmes de Jésus : réciprocité, affection et communion. Ces trois traits sont une invitation à les développer nous aussi dans nos vies à l’image du bon pasteur, du bon berger, Jésus qui est notre modèle et notre inspiration. En effet, nous sommes toutes et tous envoyés vers nos frères et soeurs pour les soutenir, les accompagner et les aimer comme le pasteur aime ses brebis poursuivant ainsi la mission d’annoncer « le salut jusqu’aux extrémités de la terre » comme le font Paul et Barnabé au début de l’Église dans le reportage coloré qu’en fait la première lecture.

Conclusion
Que l’Eucharistie que nous célébrons comme à chaque dimanche nous permette d’aller plus loin dans notre suite de Jésus, le bon pasteur, en tout temps, dans les moments plus difficiles et dans les moments joyeux, et que notre marche à sa suite nous conduise à la bergerie où il nous attend pour toujours. C’est ce que je nous souhaite à toutes et à tous.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

AUDIENCE GÉNÉRALE DE JEAN-PAUL II – Dieu renouvellera son peuple (2003) Lecture: Ez 36, 24-28

9 mai, 2019

https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/2003/documents/hf_jp-ii_aud_20030910.html

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un nouveau coeur donne nous Seigneur

AUDIENCE GÉNÉRALE DE JEAN-PAUL II – Dieu renouvellera son peuple (2003)

Lecture: Ez 36, 24-28

Mercredi 10 septembre 2003

1. Le Cantique qui vient de retentir à nos oreilles et dans nos coeurs, a été composé par l’un des grands prophètes d’Israël. Il s’agit d’Ezéchiel, témoin de l’une des époques les plus tragiques vécues par le peuple juif: celle de l’effondrement du royaume de Judée et de sa capitale Jérusalem, qui a été suivie par l’épisode amer de l’exil à Babylone (VI siècle av. J. C.). Le passage qui a été choisi pour faire partie de la prière chrétienne des Laudes est tiré du chapitre 36 d’Ezéchiel.
Le contexte de cette page, transformée en hymne par la liturgie, veut saisir le sens profond de la tragédie vécue par le peuple au cours de ces années. Le péché d’idôlatrie avait contaminé la terre donnée en héritage par le Seigneur à Israël. Celui-ci, plus que tout autre cause, est responsable, en dernière analyse, de la perte de la patrie et de la dispersion dans divers pays. En effet, Dieu n’est pas indifférent face au bien et au mal; il entre mystérieusement en scène dans l’histoire de l’humanité avec son jugement qui, tôt ou tard, démasque le mal, défend les victimes, indique la voie de la justice.
2. Mais l’objectif de l’action de Dieu n’est jamais la ruine, la condamnation pure et simple, l’anéantissement du pécheur. C’est le prophète Ezéchiel lui-même qui rapporte ces paroles divines: « Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant et non pas plutôt à le voir renoncer à sa conduite et vivre? Je ne prends pas plaisir à la mort de qui que ce soit. Convertissez-vous et vivez! » (18, 23.32). Sous cette lumière, on réussit à comprendre la signification de ce Cantique, rempli d’espérance et de salut. Après la purification à travers l’épreuve et la souffrance, l’aube d’une ère nouvelle va se lever, une ère que le prophète Jérémie avait déjà annoncée en parlant d’une « nouvelle alliance » entre le Seigneur et Israël (cf. 31, 31-34). Ezéchiel lui-même, dans le chapitre 11 de son livre prophétique, avait proclamé ces paroles divines: « Je leur donnerai un seul coeur et je mettrai en eux un esprit nouveau: j’extirperai de leur chair le coeur de pierre et je leur donnerai un coeur de chair, afin qu’ils marchent selon mes lois, qu’ils observent mes coutumes et qu’ils les mettent en pratique. Alors ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu » (11, 19-20).
Dans notre Cantique (cf. Ez 36, 24-28), le prophète reprend cet oracle et le complète par une précision merveilleuse: l’ »esprit nouveau » donné par Dieu aux fils de son peuple sera son Esprit, l’Esprit de Dieu lui-même (cf. v. 27).
3. Ce qui est annoncé n’est donc pas seulement une purification, exprimée à travers le signe de l’eau qui lave les souillures de la conscience. On n’a pas seulement l’aspect, bien que nécessaire, de la libération du mal et du péché (cf. v. 25). L’accent du message d’Ezéchiel porte surtout sur un autre aspect bien plus surprenant. L’humanité, en effet, est destinée à naître à une nouvelle existence. Le premier symbole est celui du « coeur » qui, dans le langage biblique, renvoie à l’intériorité, à la conscience personnelle. De notre poitrine sera arraché le « coeur de pierre », gelé et insensible, signe de l’obstination dans le mal. Dieu y placera un « coeur de chair », c’est-à-dire une source de vie et d’amour (cf. v. 26). L’esprit de vie, qui lors de la création, nous avait transformés en créatures vivantes (cf. Gn 2, 7), laissera place, dans la nouvelle économie de la grâce, à l’Esprit Saint qui nous soutient, nous donne l’impulsion, nous guide vers la lumière de la vérité et déverse « l’amour de Dieu dans nos coeurs » (Rm 5, 5).
4. Apparaîtra ainsi cette « nouvelle création » qui sera décrite par saint Paul (cf. 2 Co 5, 17; Ga 6, 15), lorsqu’il affirmera en nous la mort du « vieil homme », du « corps du péché », car « nous ne sommes plus esclaves du péché » mais des créatures nouvelles, transformées par l’Esprit du Christ ressuscité: « Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements, et vous avez revêtu le nouveau, celui qui s’achemine vers la vraie connaissance en se renouvelant à l’image de son Créateur » (Col 3, 9-10; cf. Rm 6, 6). Le prophète Ezéchiel annonce un nouveau peuple, que le Nouveau Testament verra convoqué par Dieu lui-même à travers l’oeuvre de son Fils. Cette communauté au « coeur de chair » et ayant reçu l’ »esprit », ressentira la présence vivante et active de Dieu lui-même, qui animera les croyants en agissant en eux à travers sa grâce efficace. « Et celui qui garde ses commandements – dira saint Jean – demeure en Dieu et Dieu en lui; à ceci nous savons qu’il demeure en nous: à l’Esprit qu’il nous a donné » (1 Jn 3, 24).
5. Nous concluons notre méditation sur le Cantique d’Ezéchiel, en écoutant saint Cyrille de Jérusalem qui, dans sa Troisième catéchèse baptismale, entrevoit dans la page prophétique le peuple du baptême chrétien.
Dans le baptême, – rappelle-t-il – tous les péchés sont remis, même les transgressions les plus graves. C’est pourquoi l’Evêque s’adresse à ses auditeurs: « Aie confiance, Jérusalem, le Seigneur éliminera tes iniquités (cf. So 3, 14-15). Le Seigneur lavera vos souillures…; « il répandra sur vous une eau pure et vous serez purifiés de tous vos péchés » (cf. Ez 36, 25). Les anges vous entourent en exultant et ils chanteront bientôt: « Qui est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé? » (Ct 8, 5). Celle-ci, en effet, est l’âme autrefois esclave et à présent libre d’appeler son Seigneur « frère adoptif », lui qui en accueillant son intention sincère lui dit: « Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle! » (Ct 4, 1)… Ainsi s’exclame-t-il en faisant allusion aux fruits d’une confession faite avec bonne conscience… Veuille le ciel que tous… vous conserviez vivant le souvenir de ces paroles et que vous en tiriez des fruits en les traduisant en oeuvres saintes pour vous présenter de façon irrépréhensible à l’Epoux mystique et obtenir du Père le pardon des péchés » (n. 16: Les catéchèses, Rome 1993, pp. 79-80).

 

POURQUOI CERTAINS PSAUMES CONTIENNENT-ILS DES EXPRESSIONS FORTES ET VIOLENTES? COMMENT POUVONS-NOUS PRIER AVEC CES PSAUMES?

7 mai, 2019

https://www.diocesitn.it/site/come-e-possibile-pregare-contro-3-marzo-2019/

fr greek church

greek church

Comment est-il possible de prier « contre »? (3 mars 2019)

(google traduction de l’italien)

POURQUOI CERTAINS PSAUMES CONTIENNENT-ILS DES EXPRESSIONS FORTES ET VIOLENTES? COMMENT POUVONS-NOUS PRIER AVEC CES PSAUMES?

Oui, en effet, la violence, le châtiment, la vengeance de Dieu ou des croyants représentent un obstacle pour ceux qui ne se sont pas encore familiarisés avec la prière des Psaumes. Comment est-il possible de rester fidèle à l’Évangile, qui appelle au pardon et à la prière des ennemis, puis de contredire cette fidélité en invoquant le châtiment de Dieu pour eux?
Déjà au IIe siècle, des chrétiens étrangers à la tradition juive et au jeûne de la sensibilité biblique se sont trouvés désorientés, au point que l’un d’entre eux (un certain Marcione) a proposé d’éliminer de l’Ancien Testament les Écritures chrétiennes et référence aux punitions, à la violence ou à la vengeance de la part de Dieu. L’Église n’a pas partagé cette proposition, elle l’a plutôt mise de côté.
comme erronés et conservés dans son « bagage » de foi irremplaçable, les Écritures du Nouveau ainsi que celles de l’Ancien Testament (y compris les Psaumes).
En fait, les Psaumes n’offrent pas seulement des expressions de prière; ils représentent une école, un apprentissage pour quiconque a l’intention de prier avec foi (constamment), plutôt qu’une simple religiosité (presque toujours occasionnelle et occasionnelle). Oui, même les psaumes aux expressions fortes et violentes ont quelque chose à enseigner aux croyants. En eux, celui qui a subi l’injustice raconte et livre à Dieu, sans honte ni honte, les sentiments négatifs de son cœur. De plus, chaque chrétien en fait l’expérience: certaines offenses, surtout si lourdes, assiégent et brûlent l’esprit et le cœur, au point que même dans la prière, on ne peut pas s’en débarrasser … Mais pourquoi s’en débarrasser? Pourquoi ne pas les laisser aller à Dieu juste pendant la prière? Dieu pour sa part, qui sait et
il scrute le cœur de l’homme, il n’est pas du tout scandalisé, également parce que, en lui cédant ses propres désirs de vengeance, il renonce à les exécuter personnellement
et à chaque jugement. Après tout, ces psaumes consacrent le principe selon lequel, même face à l’injustice et au mal qui ont été subis, le croyant renonce à sa propre justice et ne cède pas à la tentation de répondre au mal par le mal, à la violence par la violence , mais laissez faire la justice de Dieu.
Voici ce qu’en dit Enzo Bianchi: « Face à la perversité qui opère dans l’histoire, les » prières contre les adversaires et les ennemis « sont l’outil des pauvres, des opprimés, des justes persécutés: ils interviennent avec leurs cris, vu que pour eux il n’y a pas d’autres espaces! Une prière qui n’exprime pas ces sentiments serait très peu biblique et plutôt idéologique, donc hypocrite, loin d’une relation authentique et vivante avec Dieu: envers lui, il crie, crie parfois, ainsi que le désespoir, la violence subie (Jésus crie sur la croix!). Ce serait une prière loin de l’histoire et du vrai mal qui la traverse, des vrais méchants et méchants qui sont le tyran omnipotent qui fait rage sur le scénario du monde. Certes, ce sont parfois des moyens excessifs; mais qui peut jamais les peser et les condamner, si vous ne vous êtes pas trouvé dans la même situation de violence que celle que vous avez subie? Que crierions-nous dans de telles situations? Et surtout: pourrions-nous crier devant Dieu pour l’invoquer? « 
J’ai l’impression que même l’individualisme typique de la culture de notre temps constitue un obstacle pour se familiariser avec le langage des Psaumes. En fait, même si leur langage est à la première personne du singulier («je»), en réalité, la prière n’est jamais l’expression d’un «moi» individualiste, indifférent aux difficultés, aux souffrances et aux malheurs des autres. En plus de son nom, le croyant qui prie avec les Psaumes doit être conscient de le faire au nom de tous, y compris et surtout de ceux qui sont opprimés par de telles épreuves, qu’ils n’ont même plus la capacité de s’exprimer de manière se lamenter …
Il faudra aussi que quelqu’un leur parle! Ici, sur cet horizon de foi « solidaire et fraternelle », même les expressions fortes et violentes des Psaumes ont pleinement le droit d’être acceptées et partagées.

don Piero Rattin

 

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

6 mai, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2013/documents/papa-francesco-cotidie_20130517.html

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Hendrick ter Brugghen - la repentance de Pierre

PAPE FRANÇOIS – Être pécheurs n’est pas un problème

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 17 mai 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 23 mai 2013)

Être pécheurs n’est pas un problème ; ce qui l’est, c’est plutôt ne pas se repentir d’avoir péché, ne pas éprouver de honte pour ce que l’on a fait. Le Pape François a reparcouru dans son homélie du 17 mai l’histoire des rencontres de Pierre avec Jésus, en en proposant une lecture particulière. Jésus, a-t-il observé, « confie son troupeau à un pécheur », Pierre. « Pécheur, mais pas corrompu », a-t-il immédiatement précisé. Il est pire d’être corrompus que pécheurs. Le Pape a souligné le dialogue d’amour qui se développe entre Pierre et Jésus à travers leurs rencontres fréquentes après le premier « Suis-moi ! » lorsque son frère André l’a conduit à Jésus qui, après l’avoir regardé, dit : « “Mais tu es Simon ?” “A partir de maintenant, tu t’appelleras Céphas, ce qui signifie Pierre” ». Ce fut le début d’une mission, a-t-il expliqué, même si « Pierre n’avait rien compris, mais la mission existait ». Le Saint-Père a ensuite poursuivi la description des diverses rencontres entre le Seigneur et les disciples, jusqu’à ce que les regards de Jésus et de Pierre se croisent à nouveau après que ce dernier, comme l’avait prévu le Maître, l’a renié par trois fois. « Ce regard de Jésus, si beau, si beau ! Et Pierre pleure ». Telle « est l’histoire des rencontres » au cours desquelles Jésus façonne dans l’amour l’âme de Pierre. Pierre avait un cœur grand et cela « le conduit à une rencontre nouvelle avec Jésus, à la joie du pardon, ce soir-là, lorsqu’il a pleuré ». Le Seigneur ne revient pas sur ce qu’il avait promis, c’est-à-dire « “Tu es pierre”, et même à ce moment, il lui dit : “Pais mon troupeau” » et il confie son troupeau à un pécheur. Le Pape François a ensuite raconté un épisode de sa vie : « Un jour, j’ai entendu parler d’un prêtre, un bon curé qui travaillait bien ; il a été nommé évêque, mais il avait honte, car il ne se sentait pas digne, il avait un tourment spirituel. Il est allé voir son confesseur. Le confesseur l’a écouté, puis il lui a dit : “N’aie donc pas peur. Si Pierre, qui en a fait de belles, a été fait Pape, toi, ne t’inquiète pas !”. C’est parce que le Seigneur est ainsi. Il nous fait mûrir à travers de nombreuses rencontres avec lui, même avec nos faiblesses, quand nous le reconnaissons ; avec nos péchés ».

 

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « VENEZ MANGER »

3 mai, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-3e-dimanche-de-Paques-Annee-C-Venez-manger_a890.html

fr

apparition à Tibériade

HOMÉLIE POUR LE 3E DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE C « VENEZ MANGER »

Textes : Actes 5, 27b-32.40b-41, Apocalypse 5, 11-14 et Jean 21, 1-19.

Dans l’épisode de l’évangile de saint Jean que nous venons d’entendre, on retrouve les disciples non plus à Jérusalem, mais en Galilée. Ils ont quitté les lieux des derniers moments de la vie de Jésus et des premières apparitions du Ressuscité. Ils ont repris leurs occupations habituelles. Ils se sont remis à la pêche.
La rencontre avec Jésus sur le bord du lac tant pour Pierre que pour les autres ne se présente pas comme une occasion de témoignage, mais plutôt comme un moment de familiarité émouvante et de proximité. Regardons-y de plus près.
I – Un dialogue surprenant
La scène racontée nous montre Jésus qui s’adresse aux disciples sur un ton très familier : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson? ». Puis quand ils débarquent sur la rive, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Et Jésus les invitent à déjeuner avec lui. « Venez manger ».
Cette scène est touchante. Il ne s’agit pas d’une apparition où scintille la lumière, où brille le visage de Jésus, où ses vêtements sont plus blancs que la neige. Non, il s’agit de gestes et de paroles de la vie quotidienne. Le Ressuscité se montre aux disciples et s’approche d’eux comme il le faisait autrefois aux jours de sa vie terrestre. Leurs liens avec lui ne sont pas disparus, ils sont transformés
C’est pourquoi, l’auteur de l’évangile écrit que « c’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples ». Les apparitions de Jésus Ressuscité sont toutes des manifestations d’une présence nouvelle que les disciples expérimentent.
Les détails du récit sont là pour nous faire comprendre que cette présence du Ressuscité, même si elle est différente de sa présence terrestre, est une présence tout aussi réelle, une présence qu’on sent dans la vie de tous les jours.
Pas besoin de quitter ses occupations pour rencontrer Jésus. Comme les disciples, tu peux le rencontrer dans tes occupations habituelles : au travail, dans les conversations au téléphone ou pourquoi pas sur Twitter ou Facebook, dans les personnes que tu croises, dans tes amis, dans tes enfants, dans les jeunes, dans les personnes âgées etc.
II – M’aimes-tu?
Si nous continuons la lecture de ce beau texte, nous avons la fameuse scène avec saint Pierre où Jésus lui demande par trois fois « M’aimes-tu? ». Cette question touche l’intime de l’être. Elle fait écho au triple reniement de saint Pierre lors de la Passion. Elle lui donne l’occasion non seulement de regretter ce geste dans la cour du Grand Prêtre, mais elle lui permet de redire tout son amour pour celui qui l’a choisi comme Berger de ses brebis et dont il sera un témoin flamboyant comme nous le voyons dans la première lecture.
Dans cette rencontre touchante avec Jésus Ressuscité, le lien de Pierre avec le Ressuscité se présente comme un lien intime qui se développe dans un climat de partage personnel et d’amour confiant. « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ».
Cette rencontre qui touche l’intime de l’être n’est pas réservée à saint Pierre. C’est à chacun et à chacune de nous que Jésus dit ce matin « M’aimes-tu? ». En effet, Jésus continue de se manifester dans notre monde et dans nos vies comme il l’a fait pour les disciples sur le bord du lac. Il attend aussi des réponses d’amour et de foi. Il redit à chacun et à chacune : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre». « Venez manger ».

III- Application
Notre Eucharistie dominicale est un repas où Jésus Ressuscité se manifeste à chaque fois dans le Pain et le Vin consacrés. Le sacrement de l’Eucharistie nous rassemble dans l’attente du Retour du Christ que nous annonçons « jusqu’à ce qu’il vienne » comme dit Saint Paul (I Corinthiens 11, 26). La nourriture qu’il nous propose pour notre pain quotidien, ce n’est plus du poisson grillé, mais son Corps et son Sang.
Le temps pascal nous permet de nous laisser imbiber profondément de la présence de Jésus Ressuscité, Celui qui est vivant hier, aujourd’hui et demain. Même lorsque sa présence semble disparaître, il ne faut pas se décourager, il n’est jamais trop tard. Il est toujours là. Comme les disciples ouvrons les yeux de la foi et nous pourrons dire « C’est le Seigneur ».

Conclusion
Vous voyez que ce beau récit de l’évangile de ce matin est rempli de richesses et de leçons qui peuvent nous aider à vivre mieux notre engagement de chrétien-croyant dans un monde où la foi en la Résurrection de Jésus disparaît souvent des écrans de radar. C’est à nous, à l’exemple de Pierre et des Apôtres dont parle la première lecture, d’être les témoins de tout cela et de crier à pleine voix, comme il est dit dans la lecture de l’Apocalypse : « Lui, l’Agneau immolé, il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction ».
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

30 avril, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2017/documents/papa-francesco-cotidie_20170320_joseph-le-reveur.html

la mia e fr - Copia

Saint Joseph le travailleur

PAPE FRANÇOIS – Joseph le rêveur (2017) – pour le premier mai 2019

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Lundi 20 mars 2017

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°013 du 30 mars 2017)

En la solennité liturgique de saint Joseph — reportée cette année d’un jour en raison de sa concomitance avec le troisième dimanche de Carême — le Pape François a célébré la Messe à Sainte-Marthe en s’arrêtant précisément sur la figure du saint Patron de l’Eglise universelle. En lui, le Pape a indiqué le modèle de l’«homme juste», de l’«homme capable de rêver», de «protéger» et «de réaliser» le «rêve de Dieu» sur l’homme. C’est pourquoi il l’a proposé comme exemple pour tous et de manière particulière pour les jeunes, auxquels Joseph enseigne à ne jamais perdre «la capacité de rêver, de risquer» et d’assumer des «tâches difficiles». La méditation de François s’est inspirée de la liturgie de la parole qui parle de «descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité»: ce sont toutes des expressions, a-t-il fait remarquer, «qui sont une promesse mais qui, ensuite, se concentrent en un homme, en un homme qui ne parle pas, il ne dit pas un seul mot, un homme dont on dit seulement qu’il était juste. Et ensuite, un homme que nous voyons agir comme un homme obéissant». Joseph précisément. Un homme «dont nous ne savons pas même l’âge» et qui «porte sur ses épaules toutes ces promesses de descendance, d’héritage, de paternité, de filiation, de stabilité du peuple». Une grande responsabilité qui cependant, comme on le lit dans l’évangile de Matthieu (1, 16.18-21.24), se retrouve entièrement concentrée «dans un rêve». Apparemment, tout cela semble «trop subtil», trop fragile. Pourtant, il s’agit précisément du «style de Dieu», dans lequel Joseph se retrouve pleinement: lui, un «rêveur», est capable «d’accepter cette tâche, cette tâche difficile». Ainsi, il accueille «la promesse de Dieu et la réalise en silence avec force, il la réalise pour que ce que Dieu veut soit accompli». Voilà donc tracée «la figure de Joseph: l’homme caché, l’homme du silence, l’homme qui sert de père adoptif; l’homme qui possède la plus grande autorité à ce moment-là, sans la faire voir». Un homme qui pourrait «nous dire tant de choses», pourtant «il ne parle pas», qui pourrait «commander», puisqu’il commande sur le Fils de Dieu, pourtant «il obéit». A lui, à son cœur, Dieu confie des «choses faibles»: en effet, «une promesse est faible», de même qu’est faible «un enfant», mais aussi «une jeune fille, à propos de laquelle il a eu un doute». «Toutes ces faiblesses», Joseph «les prend en main, les prend dans son cœur et les assume comme l’on assume les faiblesses, avec tendresse, avec tant de tendresse, la tendresse avec laquelle on prend un enfant dans les bras». Voilà pourquoi «j’aime penser à Joseph comme au gardien des faiblesses», également «de nos faiblesses». En effet, il «est capable de faire naître tant de belles choses de nos faiblesses, de nos péchés». Il «est le gardien des faiblesses pour qu’elles deviennent solides dans la foi». C’est une tâche fondamentale que Joseph «a reçue en rêve», parce qu’il était «un homme capable de rêver». Il est donc non seulement «le gardien de nos faiblesses, mais nous pouvons également dire qu’il est le gardien du rêve de Dieu: le rêve de notre Père, le rêve de Dieu, de la rédemption, de nous sauver tous, de cette recréation, lui est confié». En conclusion, une intercession particulière: «Qu’il donne aux jeunes — parce qu’il était jeune — la capacité de rêver, de risquer et d’assumer les tâches difficiles qu’ils ont vues dans leurs rêves». Et pour finir, qu’il donne à tous les chrétiens «la fidélité qui généralement grandit dans une attitude juste, qui grandit dans le silence et qui grandit dans la tendresse qui est capable de protéger ses propres faiblesses et celles des autres».

 

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