LECTURE POUR LA FOI DE TOUTE SORTE, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

 je suis en train de changer maison, est-ce que je ne pourrai pas travailler tous les jours, est-ce que vous me venez à trouver?

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

PAPE FRANÇOIS – L’HOMME RICHE ET DU PAUVRE LAZARE.

24 septembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2016/documents/papa-francesco_20160518_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – L’HOMME RICHE ET DU PAUVRE LAZARE.

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 18 mai 2016

Chers frères et sœurs, bonjour !

Je désire m’arrêter aujourd’hui avec vous sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare. La vie de ces deux personnes semble se dérouler sur des rails parallèles: leurs conditions de vie sont opposées et ne sont pas entièrement communicantes. Le portail de la maison du riche est toujours fermé au pauvre, qui gît dehors, en cherchant à manger quelques restes de la table du riche. Celui-ci porte des vêtements de luxe, alors que Lazare est couvert de plaies ; le riche fait chaque jour de somptueux banquets, alors que Lazare meurt de faim. Seuls les chiens prennent soin de lui et viennent lécher ses plaies. Cette scène rappelle le dur reproche du Fils de l’homme lors du Jugement dernier : « Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais [...] nu et vous ne m’avez pas vêtu (Mt 25, 42-43). Lazare représente bien le cri silencieux des pauvres de tous les temps et la contradiction d’un monde dans lequel d’immenses richesses et ressources sont entre les mains de quelques personnes. Jésus dit qu’un jour, cet homme riche mourut : les pauvres et les riches meurent, ils ont le même destin, comme nous tous, il n’y a pas d’exception à cela. Et alors cet homme s’adressa à Abraham en le suppliant avec le nom de « père » (vv. 24.27). Il revendique donc d’être son fils, appartenant au peuple de Dieu. Pourtant, pendant sa vie, il n’a montré aucune considération envers Dieu, il a au contraire fait de lui-même le centre de tout, enfermé dans son monde de luxe et de gaspillage. Excluant Lazare, il n’a aucunement tenu compte ni du Seigneur, ni de sa loi. Ignorer le pauvre est mépriser Dieu ! Nous devons bien nous rappeler de cela : ignorer le pauvre est mépriser Dieu. On doit remarquer un détail dans la parabole : le riche n’a pas de nom, mais ils est seulement appelé par un adjectif : « le riche » ; alors que celui du pauvre est répété cinq fois et « Lazare » signifie « Dieu aide ». Lazare, qui gît devant la porte, est un rappel vivant fait au riche, pour se souvenir de Dieu, mais le riche n’écoute pas ce rappel. Il sera donc condamné, non pour ses richesses, mais pour avoir été incapable de sentir de la compassion à l’égard de Lazare et de le secourir. Dans la deuxième partie de la parabole, nous retrouvons Lazare et le riche après leur mort (vv. 22-31). dans l’au-delà, la situation s’est retournée : le pauvre Lazare est emporté par les anges au ciel auprès d’Abraham, le riche est en revanche précipité dans les tourments. Alors le riche « lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein ». Il lui semble voir Lazare pour la première fois, mais ses paroles le trahissent : « Père Abaraham — dit-il — aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme ». À présent, le riche reconnaît Lazare et lui demande de l’aide, alors que lorsqu’il était en vie, il faisait semblant de ne pas le voir. — Combien de fois de nombreuses personnes font semblant de ne pas voir les pauvres! Pour eux, les pauvres n’existent pas —. Auparavant, il lui refusait jusqu’aux restes de sa table, et à présent, il voudrait qu’il lui apporte à boire! Il croit pouvoir encore s’arroger des droits en raison de sa précédente condition sociale. Déclarant qu’il est impossible d’exaucer sa requête, Abraham en personne offre la clé de tout le récit : il explique que les biens et les maux ont été distribués de manière à compenser l’injustice terrestre, et la porte qui séparait le riche du pauvre pendant leur vie s’est transformée en un « grand abîme ». Tant que Lazare gisait devant sa maison, il existait la possibilité du salut pour le riche, ouvrir la porte, aider Lazare, mais à présent que tous les deux sont morts, la situation est devenue irréparable. Dieu n’est jamais appelé directement en cause, mais la parabole met clairement en garde: la miséricorde de Dieu envers nous est liée à notre miséricorde envers notre prochain: quand celle-ci manque, l’autre non plus ne trouve pas de place dans notre cœur fermé, elle ne peut pas entrer. Si je n’ouvre pas tout grand la porte de mon cœur au pauvre, cette porte reste fermée. À Dieu aussi. Et cela est terrible. À ce moment-là, le riche pense à ses frères, qui risquent de finir de la même façon, et il demande que Lazare puisse retourner dans le monde pour les admonester. Mais Abraham réplique : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent ». Pour nous convertir, nous ne devons pas attendre des événements prodigieux; mais ouvrir notre cœur à la parole de Dieu, qui nous appelle à aimer Dieu et notre prochain. La Parole de Dieu peut faire revivre un cœur desséché et le guérir de sa cécité. Le riche connaissait la Parole de Dieu, mais il ne l’a pas laissée entrer dans son cœur, il ne l’a pas écoutée, il a donc été incapable d’ouvrir les yeux et d’avoir de la compassion pour le pauvre. Aucun messager et aucun message ne pourront remplacer les pauvres que nous rencontrons sur notre chemin, car en eux, c’est Jésus lui-même qui vient à notre rencontre : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40), dit Jésus. Ainsi, dans le retournement des destins que la parabole décrit est caché le mystère de notre salut, dans lequel Jésus unit la pauvreté à la miséricorde. Chers frères et sœurs, en écoutant cet Évangile, nous tous, avec les pauvres de la terre, nous pouvons chanter avec Marie : « Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides » (Lc 1, 52-53).

Rich man and Lazarus

24 septembre, 2016

Rich man and Lazarus dans images sacrée Fedor_Bronnikov_007

https://en.wikipedia.org/wiki/Rich_man_and_Lazarus

HOMÉLIE DU 26E DIMANCHE ORDINAIRE C

24 septembre, 2016

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

HOMÉLIE DU 26E DIMANCHE ORDINAIRE C

Am 6, 1-7 ; 1 Tm 6, 11-16 ; Lc 16, 19-31

Il est intéressant de constater que les actualités fournies par la presse sont souvent aussi des actualités de l’Evangile. Ainsi, dimanche dernier la première lecture nous racontait que, huit siècles avant Jésus Christ, Monsieur Amos, prophète indépendant, dénonçait le très prospère royaume d’Israël. Pourquoi ? Parce que, derrière une façade brillante et des fêtes religieuses imposantes, il avait découvert un monde d’injustice et d’exploitation des plus pauvres. Ce qui restait d’actualité au temps de Jésus. D’où, cet avertissement évangélique : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent ». Il y a quelques années, dans un quotidien, un compositeur de chanson titrait son article :  » L’argent n’a pas d’odeur… « . Et quelques pages plus loin, le programme TV annonçait une émission consacrée à une nation « pourrie par le fric » et affirmait que « la misère et la faim sont une prison où plus d’un milliard de femmes, d’hommes et d’enfants consument leur existence ». Ce dimanche, Monsieur Amos, gardien de gros bétail, un personnage aisé, et le Docteur Luc, évangéliste de surcroît, viennent nous secouer et nous interpeller pour les mêmes raisons. Ne serions-nous pas plus ou moins esclaves de l’argent ? ou tout simplement trop peu attentifs ou trop peu soucieux de bien le gérer selon l’esprit de l’évangile ? D’où, une parabole, c’est-à-dire une histoire inventée, mais à partir de faits réels tirés de l’actualité. Une actualité qui est de toutes les époques. D’un côté, un riche, qui peut aussi être un pays tout entier, et qui n’est pas qualifié de mauvais riche. Tout simplement un riche anonyme. Il vit dans un certain luxe. Ce qui n’est pas interdit. Il appartient à une famille qui « possède des biens », et il a cinq frères bien dans leurs papiers. Cet homme, sans doute élégant et fin gourmet, était même un croyant, pratiquant fidèle et fier de l’être. Un homme comblé, parmi beaucoup d’autres. Jésus ne vise donc personne en particulier. L’autre personnage, autre nation : Lazare. On sort de l’anonymat. Mais c’est un personnage fictif qui signifie « Dieu a aidé ». Tout un symbole ! Mais Lazare est d’un autre monde, là où l’on manque de tout, y compris du nécessaire et même de l’indispensable. Tout comme cette femme indienne, de la catégorie des intouchables, qui a vendu son bébé pour 130 dollars après avoir vu son autre fils de deux ans mourir de malnutrition. L’argent de la vente a servi à éponger les dettes de la famille et à acheter de la nourriture. Le riche n’a rien refusé à Lazare, il ne l’a pas chassé. Ce qui n’est pas toujours le cas. Mais il ne l’a même pas vu, dirait-on, comme s’il était aveugle et inconscient. Il y a comme un mur entre les deux, ou un grand abîme apparemment infranchissable. Pourtant, l’homme comblé, croyant, pratiquant, qui plus loin interpelle son père Abraham et qui se préoccupe avec beaucoup de cœur de ses cinq frères, aurait dû savoir que la loi de l’Alliance, dont il se réclame, et même aujourd’hui celle des droits et devoirs de la personne humaine, demande précisément de « rompre les chaînes injustes…, de partager le pain avec l’affamé, d’héberger les pauvres sans abri, de vêtir celui qui est nu ». Ce que les prophètes n’ont cessé de répéter au cours des siècles. Or, cet habitué du Temple est resté sourd à la Parole. Tout comme ses frères qui multipliaient sans doute les pratiques religieuses, se passionnaient pour les visions et espéraient des miracles, mais délaissaient la parole prophétique des Ecritures qui aurait pu les éclairer et les convertir. Bien sûr, à l’époque, les croyants étaient persuadés que les richesses étaient signes de la bienveillance de Dieu à leur égard. Une sorte de récompense pour bonne conduite dans l’observance de la Loi de Moïse… Mais la Loi de Moïse précisait déjà : « S’il y a chez toi un indigent… tu ne raidiras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main devant ton frère indigent… Je te le commande : tu devras ouvrir ta main pour ton frère, pour ton pauvre, pour ton indigent dans ton pays » (Dt 15, 7-11). Or, aujourd’hui, tout a pris des dimensions planétaires, y compris la pauvreté, la misère, l’exclusion, le chômage. Les Lazare sont légion. Et ils doivent se contenter des miettes de nos sociétés dites d’abondance. Il en est même accroupis le long de notre table, comme le disait déjà le Père Lebret il y a plus de cinquante ans. Aujourd’hui, ajoutait-il, Lazare, c’est la majorité de l’humanité, et il a beaucoup d’enfants. Il va bientôt devenir 80 ou 90 % de la population du monde. Une menace pour notre paix et notre sécurité. Or, ce qu’il attend, c’est « de la compréhension et de l’amour ». Il nous appartient donc de faire, à tous les niveaux, un usage biblique, évangélique, de toutes nos richesses, y compris celles du cœur, de l’intelligence et de l’imagination. Elles nous pousseront à l’initiative, si modeste soit-elle, de manière à pouvoir « inviter des pauvres à notre table ». C’est-à-dire la table de la connaissance, la table de la culture, celle du progrès et du développement, celle des soins de santé et de la dignité respectée, tout comme la table des échanges commerciaux.

N’attendons pas demain pour mieux servir Dieu en nos frères et sœurs éprouvés comme Lazare.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

Heaven and Earth in The Icon

19 septembre, 2016

Heaven and Earth in The Icon dans images sacrée 16-ICON-THE-FIERY-ASCENSION-OF-ELIJAH-THE-PROPHET

http://www.orthodoxartsjournal.org/heaven-and-earth-in-the-icon/

« S’ÉMERVEILLER, UN PONT ENTRE ART ET SPIRITUALITÉ »

19 septembre, 2016

http://darbois.francois.free.fr/publications-fd/du_spirituel_dans_lart.htm

« S’ÉMERVEILLER, UN PONT ENTRE ART ET SPIRITUALITÉ »

François Darbois

Je partirai du témoignage du poète Rainer Maria Rilke. Dans Les Carnets de Malte,. Rilke décrit la source de son inspiration poétique.: « Les vers ne sont pas faits, comme les gens le croient, avec des sentiments (ceux-là, on ne les a que trop tôt) – ils sont faits d’expériences vécues. Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, beaucoup d’hommes et de choses, il faut connaître les bêtes, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir le mouvement qui fait s’ouvrir les petites fleurs au matin. Il faut pouvoir se remémorer des routes dans des contrées inconnues, des rencontres inatten­dues et des adieux de longtemps prévus [...] Et il n’est pas encore suffisant d’avoir des souvenirs. Il faut pouvoir les oublier, quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore ce qu’il faut. Il faut d’abord qu’ils se confondent avec notre sang, avec notre regard, avec notre geste, il faut qu’ils perdent leurs noms et qu’ils ne puissent plus être discernés de nous-mêmes ; il peut alors se produire qu’au cours d’une heure très rare, le premier mot d’un vers surgisse au milieu d’eux et émane d’entre eux[1] ». En effet, ce texte peut s’appliquer à tous les arts, mais également à l’expérience mystique, qu’elle soit chrétienne, juive, soufie ou taoïste. Dès lors que nos expériences se confondent avec notre sang, que nous les avons digérées, méditées et oubliées, elles deviennent profondes, inoubliables et véri­tablement spirituelles et transcendantes. Un véritable artiste peint ou écrit avec son sang, écrivait Nietzsche, c’est-à-dire avec sa vie. Henri Maldiney écrivait: «Le destin de l’art est celui de l’étonnement où s’éveille les transcendances[2] » ! … ? Raccourci saisissant et audacieux comme le titre de cet exposé. L’émerveillement certes est un pont entre art et transcendance, entre la terre et le ciel, oui, mais un pont sur quoi ? Sur la distance infinie entre l’art et le spirituel, et sur l’abîme qu’il ouvre sous nos pieds, celui de nos peurs et de nos angoisses face à la mort, face au scandale de la souffrance et du mal. Depuis l’homme de Cromagnon, comme nous le montrent les peintures rupestres d’Altamira, de Chauvet ou de Lascaut, l’image a permis aux hommes d’exprimer ce sentiment qui est à la fois stupeur et étonnement, effroi et émerveillement, mélange d’angoisses et de joies face au mystère. Les rites et les images funéraires de toutes les religions depuis 30000 ans en sont les traces. En libérant une forme, l’artiste tente d’apprivoiser la mort et de percer le mur de silence qui l’entoure. Dans ce combat entre l’absence et la présence, l’artiste puise à la source du mystère et est épuisé par elle. Et son oeuvre surgit là où il s’anéantit et s’efface, mystérieux dévoilement où se voile celui ou celle qui en est le témoin. « Qu’est-ce que dessiner ? demande Van Gogh : C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui se trouve entre ce qu’on sent et ce que l’on peut ». Mais « la peinture n’est-elle pas faite pour démolir le mur » comme le confiait Fernand Léger au père Couturier. Nicolas de Stael écrit : « L’espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux du monde y volent librement, à toutes profondeurs. » Dans cette semaine sainte du regard, nous avons distingué quatre étapes, le choc de l’étonnement, l’exode du regard, la leçon des ténèbres et l’être-là dans le surgissement, pour reprendre des termes de la tradition chrétienne. Exode qui permet de passer de l’esclavage des choses et des représentations à la liberté de l’esprit,  quatre étapes qui se retrouvent dans la tradition chinoise : « Voir, ne plus voir, s’abîmer dans le non voir, revoir intérieurement », comme l’écrit François Cheng dans le Dit de Tianyi reprenant les propos d’un certain Maître Tchang.  

I – La stupéfaction du « voir » Pour Abraham Heschel, l’art et la mystique se définissent comme une même expérience de « stupéfaction radicale. » Le mystique et l’artiste sont littéralement bouche bée devant la beauté et l’aspect formidable des choses. «L’émerveillement est le début de la sagesse et précède la foi.»[3] Einstein définit la mystique comme «la capacité de s’abîmer dans le respect et de rester interdit d’admiration… Celui qui ne sait plus s’émerveiller, c’est comme s’il était mort, son esprit s’est éteint ». Bachelard écrivait : « Entre les mystiques, les musiciens et les poètes, il y a une secrète parenté : c’est dans l’amitié que les poètes ont pour les choses, que nous pourrons connaître ces gerbes d’instants qui donnent valeur humaine à des actes éphémères. » De l’émerveillement de l’artiste naît son désir de création. Dans le silence de l’émerveillement, les formes artistiques sont des tentatives pour nous faire passer du dehors au dedans puis du dedans au transcendant, comme le disait déjà saint Bonaventure au XIIIè. Mais quelle est cette réalité que l’on nomme transcendance?  » Est-ce le Dieu transcendant des religions, celui des philosophes ou l’Autre des psychanalystes ou simplement le Dieu intérieur des mystiques? Depuis Socrate, Platon, Spinoza, Nietzsche et Heidegger, l’émerveillement occupe plus l’histoire de la philosophie que celle de la théologie. Simone Weil nous rappelle justement que  » le christianisme a oublié que le salut est essentiellement une question de regard … La beauté est la seule fin à rechercher ici bas … Elle est l’éternité sur terre ». Jean Paul II rappelait en 1999 ces paroles de Vatican II: « La beauté, comme la vérité, c’est ce qui met la joie au coeur des hommes, c’est ce fruit précieux qui résiste à l’usage du temps, qui unit les générations et les fait communier dans l’admiration.[4] »  « Puisse la beauté que vous transmettez aux générations de demain être telle qu’elle suscite en elle l’émerveillement ! Devant le caractère sacré de la vie et de l’être humain, devant les merveilles de l’univers, l’unique attitude adéquate est celle de l’émerveillement… La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance.[5] » Que reste-t-il aujourd’hui des civilisations et des religions anciennes sinon leurs oeuvres d’art ? Qu’allons nous chercher sur les rives du Nil, à Constantinople, Florence ou Rome et dans les églises romanes ou les musées du monde ? Et n’est-ce pas aussi le secret des écritures et des paraboles particulièrement, comme celui de bien des grands textes mystiques hindous, taoïstes ou soufis d’être des écoles d’émerveillement ? De soi l’art ne prie pas mais il peut nous y conduire en nous plongeant muet…, silencieux et émerveillé dans cet autre coté du réel. « L’art ne rend pas le visible, il rend visible»[6] cet invisible autre coté, l’arrière pays de ce que nous prenons pour le réel. André Malraux écrit que « le seul domaine où le divin soit visible est l’art, quelque nom qu’on lui donne. » C’est le regard de l’artiste qui rend visible ou pas la transcendance au cœur de l’immanence du monde. L’art nous invite à passer du donné visible au don invisible des choses. A la fin seul le regard de celui qui contemple une oeuvre peut laisser jaillir la transcendance. Mystère de liberté et de don ! L’attente silencieuse des oeuvres d’art n’est-elle pas le signe d’un appel à traverser le pont entre ce donné et ce don ? L’art ne cherche pas simplement à représenter mais à nous rendre présent. C’est nous qui n’en sommes pas encore là, dans ce présent de la présence. Nous ne vivions pas toujours dans cet univers du don.

II La peur du vide ou le non-voir : Notre regard est limité par l’horizon de nos montagnes intérieures, celles de nos peurs ou de nos égoïsmes et même de nos croyances. « Ce qu’on sait de quelqu’un, écrit Bobin, nous empêche de le connaître. Ce qu’on dit, en croyant savoir ce qu’on dit, rend difficile de le voir. » On croit voir plus que l’on ne voit. » Comme l’écrivait un rabbin Abraham Heschel : « Les communautés humaines meurent de leurs certitudes. » Quitter ses certitudes, c’est le plus difficile, c’est un saut dans ce vide au delà des croyances et des incroyances. » Art et transcendance se rencontrent quand un homme surmonte ses peurs et se rend disponible dans un lâcher prise de toutes représentations, qu’elles soient religieuses, culturelles ou artistiques. L’art n’est pas spirituel en lui-même, comme le spirituel n’est pas nécessairement artistique. Nos images pieuses ne sont pas toujours des oeuvres d’art. Mais pour atteindre l’autre coté du pont qui mène à la transcendance, il faut traverser parfois bien des précipices ; seul l’émerveillement permet de franchir ce pont. Pourquoi est-ce si rare et si fragile? Pourquoi cette sagesse, qui est une folie pour le plus grand nombre, est cachée aux sages et aux savants, et réservée aux petits et aux enfants, aux artistes et aux mystiques ? Si comme nous l’enseigne les trois monothéismes : Dieu est créateur et qu’il nous a créé à son image, nous avons à devenir des créateurs de beauté. Le spirituel n’est la propriété d’aucune religion, pas même de celle de l’art. Le spirituel est ce qui relie des personnes à la transcendance, sans confusions ni mélanges. Le spirituel, c’est ce qui nous libère de nous-mêmes et nous universalise en nous reliant les uns avec les autres. Artiste est celui qui crée des liens et des harmonies, entre les couleurs, entre les sons, les mots et les personnes. Si l’art bien souvent nous déroute, c’est bien qu’il nous invite à changer de route, à passer de l’autre coté, du figuratif à l’abstrait, et derrière ces querelles de représentations, l’invitation secrète n’est-elle pas toujours de passer du visible à l’invisible et donc de l’absence à la présence.  Avant de nous faire le don de l’émerveillement, l’art ne conduit-il pas aussi au questionnement et à l’angoisse devant ce qui est radicalement autre? Avant de nous faire le don d’une transcendance que certains nommeront « le Très Beau », Dieu, ou l’un des attributs d’Adonaï, Christ, ou Allah, l’art contemporain ne nous donne-t-il pas plus souvent le vertige ?

III – La leçon des ténèbres : s’abîmer dans le non voir Sur ce pont qu’est l’émerveillement, l’artiste oscille bien souvent entre l’idolâtrie et l’extase, l’angoisse et la joie et le plus souvent il est plongé dans la nuit, cet « inconnu nocturne » dont parle Rimbaud, triple nuit des sens, du sens et de l’esprit[7]. Avant d’enfanter la lumière, il est plongé dans la ténèbre. Delacroix parle de « lumière, que te voilà menacé ! Tu n’es déjà plus que le milieu où lancer ce pont jeté entre les âmes. » On comprend alors pourquoi Braque nous rappelle que « la beauté est une blessure devenue lumière » et qu’Aragon nous dit que « tous ceux qui parlent des merveilles, leur fable cache bien des sanglots. Les gens prennent pour des roses, la douleur dont ils sont brisés. »  L’icône d’un visage en larmes est aussi celle d’un Dieu voilé »  et  » nos larmes ne sont-elles pas aussi calligraphie de l’âme », dévoilement de sa présence ? Un maître soufi  écrit : »La Vérité n’est pas voilée, ce sont tes yeux qui portent un voile. » C’est quand nous pleurons vraiment, des larmes de sang et de vie que l’invisible se dévoile sous nos yeux émerveillés. Quand l’éloquence de nos pleurs s’inscrit sur nos visages en incarnant le mystère, l’icône d’un visage en larmes devient celle d’un dieu voilé. L’histoire de l’art ne serait-elle pas d’abord une histoire des larmes et d’une joie qui fait parfois pleurer de joie ? Rappelons nous les « Requiem » de Mozart, les « lamentations de Jérémie »,  les « Leçons de ténèbres » de Couperin, Victoria, Haydn et de combien d’autres grands musiciens…. Mais, pour bien voir dans l’abîme qui là se dévoile, il faut bien discerner l’idole de l’icône. Tension entre les « dits » des images et leurs inter-dits, l’art est cet ultime lectio divina d’un réel qui reste la source inépuisable de la contemplation et de l’inspiration des artistes. L’art se situe sur la limite, il tente l’impossible de vouloir dire ce qui est indicible. Et tous nos interdits de la représentation ne font que traduire nos peurs face à cette ambiguïté de l’art. Nos querelles iconoclastes sur le figuratif et le non figuratif n’en sont-elles pas la trace ? Accepter ce jeu, c’est entrer dans le mystère de toute création. Jeu de relation et de hasard, jeu des images, des couleurs, des notes ou des mots, mais jeu divin, ou plutôt, comme Dante nous le suggère, divine comédie du visible qui en nous plongeant dans l’enfer de l’Hadès qui signifie a-deis ou non-voir, où Dieu nous initie au mystère de la lumière invisible.

IV Voir autrement : de l’idole à l’icône  « Art et religion ne puisent-ils pas ici à la même source ? Et l’expérience esthétique n’est elle pas la trace d’une obscure rencontre entre l’homme et le divin. « Les chinois comparent un artiste à une abeille aveugle. Elle devine la présence de la fleur; elle tourne désespérément autour. Elle le sait : il y a là quelque chose d’essentiel qui s’offre et se retire. C’est un besoin analogue qui inspire l’artiste et exaspère parfois son impatience. » [8] Quelque chose ou quelqu’un nous fait signe et nous appelle ? Renoncer à répondre, n’est ce pas renoncer à être et rester dans l’avoir, celui de nos certitudes et de nos façons de voir ? L’art est subversif. Il nous éveille et nous invite à lâcher prise, à passer du sensible au spirituel, de l’immanence à la transcendance.  Le spirituel dans l’art n’est ni dans le comment, ni dans le pourquoi des choses, mais dans leur surgissement. Le seul mystère de l’art c’est qu’il soit là. Mais c’est nous qui en général n’en sommes pas là, enfermés dans nos habitudes de voir et de penser. L’art est appel ; appel à être là, ensemble présent à son mystère. Le spirituel dans l’art est dans cette mystérieuse présence où il nous donne de communier ensemble à la même intuition de la transcendance du monde. L’art ainsi est invitation à traverser le pont, entre le fini et l’infini, entre le présent et la présence, il nous invite à passer de l’autre bord, sur le versant de la transcendance. Si comme l’écrivait Dostoïevsky, « la beauté sauvera le monde », et que l’art est un des instruments de ce salut, l’émerveillement en ouvre le chemin qui nous conduit vers la transcendance. L’art est bien un lieu de salut car il nous guérit de nos peurs et nous réconcilie avec la création. L’art est libération et transformation, non seulement de l’objet mais du sujet, passage de la matière à l’esprit, du dehors au-dedans et du dedans au transcendant. Il « rend visible l’invisible transcendance des choses et des couleurs. Un tableau ne cherche pas simplement à rappeler un paysage ou un visage, mais il est essentiellement appel à y entrer. On ne regarde pas un tableau, on y pénètre. « Jamais devant, toujours dedans » nous répète Tal Coat. L’art alors n’est plus une simple imitation de la nature, il est révélation et apprivoisement de son mystère, il change notre regard sur elle et éveille la communion entre l’homme et la transcendance. L’art devient alors un lieu de transfiguration, ultime passage de l’idole en icône. Conclusion   Kandinsky dans son livre  Du spirituel dans l’art  conclut, que « l’artiste est le Prêtre du Beau[9] », il en est le prophète et le serviteur, et l’artiste est bien le « pontife » qui nous initie au mystère de la transcendance du beau et nous invite à passer, émerveillé, sur ce pont qui sépare et relie la terre et le ciel. « C’est pourquoi l’Eglise, comme l’écrivait Paul VI puis Jean Paul II dans sa lettre aux artistes, a besoin des saints, mais aussi des artistes, les uns et les autres sont les témoins de l’Esprit vivant (du Christ). Le monde a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. Vous êtes les gardiens de la beauté du monde. »  

 

Consecration  » inspired by: Eph 2:6

18 septembre, 2016

 Consecration

http://www.artbible.net/2NT/PAUL%20S%20THEOLOGY%20AND%20ART%20…THEOLOGIE%20DE%20PAUL%20DANS%20L%20ART/slides/20%20MONSMART%20GOD%20RAISED%20US%20EPH%202%206.html

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

18 septembre, 2016

https://fr.zenit.org/articles/tout-est-un-don-gratuit-de-dieu/

TOUT EST UN DON GRATUIT DE DIEU – PAPE FRANÇOIS

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Angélus de l’Immaculée Conception de Marie (texte intégral)

8 DÉCEMBRE 2014 -ANITA BOURDIN – PAPE FRANÇOIS « Tout est un don gratuit de Dieu », explique le pape François, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, à l’angélus de midi, place Saint-)Pierre, devant desd dizaines de milliers de visiteurs, ce lundi, 8 décembre, jour férié en Italie et au Vatican. « A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté », a insisté le pape, soulignant qu’en Marie l’être » l’emporte sur le « faire »: celui qui agit en premier c’est Dieu. Et son action vis-à-vis de Marie c’est de la « préserver » du péché, tandis que les croyants dans le Christ, eux sont « sauvés » du péché. Mais c’est le même « don gratuit de Dieu ». Et qui reçoit gratuitement doit « donner gratuitement », insiste le pape: il faut donc laisser l’Esprit Saint « faire de nous un don pour les autres ». Voici notre traduction intégrale des paroles prononcées par le pape en italien avant et après la prière de l’angélus. A.B.

Paroles du pape avant l’angélus Chers frères et soeurs, bonjour! Bonne fête! Le message de la fête d’aujourd’hui, de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, peut se résumer par ces mots: « tout est un don gratuit de Dieu, tout est grâce, tout est don de son amour pour nous. L’Ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28): il n’y a p as en elle de place pour le péché, parce que Dieu l’a choisie depuis toujours comme Mère de Jésus et il l’a préservée de la faute originelle. Et Marie répond à la grâce et s’abandonne en disant à l’ange: « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Elle ne dit pas: « Je ferai selon ta parole »: non! Mais « Qu’il me soit fait… ». Et le Verbe s’est fait chair dans son sein. A nous aussi il est demandé d’écouter Dieu qui nous parle et d’accueillir sa volonté; selon la logique évangélique rien n’est plus efficace et fécond que d’écouter et accueillir la Parole du Seigneur, qui vient de l’Evangile, de la Bible. Le Seigneur nous parle toujours! L’attitude de Marie de Nazareth nous montre que « l’être » vient avant le « faire » et qu’il convient de laisser Dieu faire pour être vraiment tels qu’Il nous veut. C’est Lui qui fait en nous tant de merveilles. Marie est réceptive, mais non pas passive. De même que, physiquement, elle reçoit la puissance de l’Esprit Saint et donne ensuite chair et sang au Fils de Dieu qui se forme en elle, de même, au plan spirituel, elle accueille la grâce et correspond à elle par la foi. C’est pourquoi saint Augustin affirme que la Vierge a « conçu d’abord dans son coeur et ensuite dans son sein » (Discours, 215, 4). Elle a conçu la foi d’abord et le Seigneur ensuite. Ce mystère de l’accueil de la grâce qui, en Marie, par un privilège unique, était sans l’obstacle du péché, est une possibilité pour tous. Saint Paul ouvre en effet sa Lettre aux Ephésiens par des paroles de louange: « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toute bénédiction spirituelle au ciel dans le Christ » (Ep 1,3). De même que Marie est saluée par sainte Elisabeth comme « bénie entre les femmes » (Lc 1,42), de même, nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis » , c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (Ep 1,4). Marie a été « préservée » tandis que nous nous avons été « sauvés » grâce au baptême et à la foi. Mais tous, elle et nous, « par le Christ », « à la louange de gloire de sa grâce » (Ep 1, 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude. Face à l’amour, face à la miséricorde, à la grâce divine conservée dans nos coeurs, il n’y a qu’une conséquence qui s’impose: la gratuité. Personne ne peut acheter le salut! Le salut est un don gratuit du Seigneur, un don gratuit de Dieu, qui vient en nous, et habite en nous. De même que nous avons reçu gratuitement, de même, nous sommes appelés à donner gratuitement (cf. Mt 10,8); à l’imitation de Marie, qui, immédiatement après avoir accueilli l’annonce de l’ange, va partager le don de la fécondité avec sa parente Elisabeth. Parce que, si tout nous a été donné, tout doit être redonné. De quelle façon? En laissant l’Esprit Saint faire de nous un don pour les autres. L’Esprit est un don pour nous, et nous, avec la force de l’Esprit, nous devons être un don pour les autres, et laisser l’Esprit Saint nous faire devenir des instruments d’accueil, des instruments de réconciliation, des instruments de pardon. Si notre existence se laisse transformer par la grâce du Seigneur, afin que la grâce du Seigneur nous transforme, nous ne pourrons pas garder pour nous la lumière qui vient de son visage, mais nous la laisserons passer afin qu’elle éclaire les autres. Apprenons de Marie qui a constamment tenu son regard fixé sur son Fils, et son visage est devenu « le visage qui ressemble le plus au Christ » (Dante, Paradis, XXXII, 87). Et nous nous adressons à elle maintenant par la prière qui rappelle l’annonce de l’ange.

L’ange dit à Marie …

Après l’angélus

Chers frères et soeurs, Je vous salue avec affection, spécialement les familles te les groupes paroissiaux. Je salue les fidèles de Rocca di Papa, le curé, les marathonètes, les cyclistes, et je bénis de tout coeur leur flambeau. Je salue le groupe de Felline (Lecce), l’association “Completamente tuoi” et les jeunes de Carugate. En cette fête de l’Immaculée Conception, l’Action catholique italienne vit le renouvellement des adhésions. J’adresse une pensée spéciale à toutes les associations diocésaines et paroissiales. Que la Vierge Immaculée bénisse l’Action catholique et en fasse toujours plus une école de sainteté et de service généreux de l’Eglise et du monde. Cet après-midi, je me rendrai à Sainte-Marie-Majeure, pour saluer Marie « Salut du Peuple Romain » et ensuite place d’Espagne pour renouveler l’hommage et la prière traditionnels aux pieds du monument à l’Immaculée. Ce sera un après-midi complètement dédié à à la Vierge Marie. Je vous demande de vous unir à moi spirituellement dans ce pèlerinage qui exprime notre dévotion filiale à notre Mère céleste. Et n’oubliez pas: le salut est gratuit. Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce de Dieu et nous devons la donner; nous avons reçu le don et nous devons le redonner aux autres. N’oubliez pas cela! Je vous souhaite à tous une nonne fête et un bon cheminement de l’Avent, avec la Vierge Marie pour guide. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir!

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Adam & Eve in the Garden of Eden

17 septembre, 2016

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http://sacredartpilgrim.com/collection/view/85

JEAN PAUL II – PRIÈRE DU MATIN DE CELUI QUI SOUFFRE – PS 56, 2.7-11

17 septembre, 2016

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/2001/documents/hf_jp-ii_aud_20010919.html

JEAN PAUL II – PRIÈRE DU MATIN DE CELUI QUI SOUFFRE – PS 56, 2.7-11

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 19 septembre 2001

1. Il s’agit d’une nuit de ténèbres, au cours de laquelle on perçoit la présence proche de fauves affamés. Le priant attend que l’aube paraisse, pour que la lumière puisse vaincre l’obscurité et les peurs. Tel est le cadre du Psaume 56, qui est aujourd’hui proposé à notre réflexion:  un chant nocturne qui prépare le priant à la lumière de l’aurore,  attendue  avec anxiété, afin de pouvoir louer le Seigneur dans la joie (cf. vv. 9-12). En effet, le Psaume passe de la plainte dramatique adressée à Dieu à l’espérance sereine et au remerciement joyeux, ce dernier exprimé à travers des paroles qui retentiront encore par la suite, dans un autre Psaume (cf. Ps 107, 2-6). En pratique, on assiste au passage de la peur à la joie, du cauchemar à la sérénité, de la prière à la louange. C’est une expérience fréquemment décrite dans le Psautier:  « Pour moi tu as changé le deuil en une danse, tu dénouas mon sac et me ceignis d’allégresse; aussi mon coeur te chantera sans plus se taire, Yahvé mon Dieu, je te louerai à jamais » (Ps 29, 12-13). 2. Les moments du Psaume 56, sur lequel nous méditons, sont donc au nombre de deux. Le premier concerne l’expérience de la crainte face à l’assaut du mal qui tente de frapper le juste (cf. vv. 2-7). Au centre de la scène se trouvent deux lions en position d’attaque. Cette image se transforme rapidement en symbole de guerre, décrit par des lances, des flèches, des épées. L’orant se sent assailli par une sorte d’escadron de la mort. Autour de lui se trouve un groupe de chasseurs, qui tend des pièges et creuse des fosses pour capturer sa proie. Mais cette atmosphère de tension se dissipe immédiatement. En effet, à l’ouverture (cf. v. 2) apparaît déjà le symbole protecteur des ailes divines, qui rappellent concrètement l’arche de l’alliance avec les chérubins ailés, c’est-à-dire la présence de Dieu aux côtés des fidèles dans le temple saint de Sion. 3. Le priant demande instamment que Dieu envoie ses messagers du ciel, auxquels il attribue les noms emblématiques d’ »Amour » et « Vérité » (v. 4), des qualités propres à l’amour salvifique de Dieu. C’est pourquoi, même s’il frissonne en raison du rugissement terrible des fauves et de la perfidie des persécuteurs, le fidèle demeure intérieurement serein et confiant, comme Daniel dans la fosse aux lions (cf Dn 6, 17, 25). La présence du Seigneur ne tarde pas à révéler son efficacité, à travers la punition des adversaires par eux-mêmes:  ces derniers tombent dans la fosse qu’ils avaient creusée pour le juste (cf. v. 7). Cette confiance dans la justice divine, toujours vive dans le Psautier, empêche le découragement et la soumission aux forces du mal. Tôt au tard Dieu se range aux côtés du fidèle, qui bouleverse les manoeuvres des impies en les faisant buter dans leur propres projets malfaisants. 4. Nous parvenons ainsi à la seconde partie du Psaume, celle du remerciement (cf. vv. 8-12). Un passage brille par son intensité et sa beauté:  « Mon coeur est prêt, ô Dieu, mon coeur est prêt; je veux chanter, je veux jouer pour toi! éveille-toi ma gloire; éveille-toi, harpe, cithare, que j’éveille l’aurore! » (vv. 8-9). Désormais, les ténèbres se sont dissipées:  l’aube du salut est rendue proche par le chant de l’orant. En appliquant cette image à sa propre personne, le Psalmiste traduit peut-être dans les termes de la religiosité biblique, rigoureusement monothéiste, l’usage des prêtres égyptiens ou phéniciens qui étaient chargés de « réveiller l’aurore », c’est-à-dire de faire réapparaître le soleil, considéré comme une divinité bénéfique. Il fait également allusion à l’usage de pendre et de voiler les instruments de musique en temps de deuil et d’épreuve (cf. Ps 136, 2), et de les « réveiller » au son de la fête, à l’époque de la libération et de la joie. La liturgie fait donc éclore l’espérance:  elle s’adresse à Dieu en l’invitant à s’approcher à nouveau de son peuple et à écouter sa prière. Dans le Psautier l’aube est souvent le moment où Dieu exauce un voeu, après une nuit de prière. 5. Le Psaume se termine ainsi, avec un chant de louange adressé au Seigneur, qui agit à travers ses deux grandes qualités salvifiques, déjà apparues sous des termes différents dans la première   partie  de  la  supplication  (cf. v. 4). A présent entrent en scène, presque personnifiées, la Bonté et la Fidélité divines. Elles inondent les cieux de leur présence et sont comme la lumière qui brille dans l’obscurité des épreuves et des persécutions (cf. v. 11). C’est pour cette raison que le Psaume 56 s’est transformé, dans la tradition chrétienne, en chant du réveil à la lumière et à la joie pascale, qui rayonne chez le fidèle en effaçant la peur de la mort et en ouvrant l’horizon de la gloire céleste. 6. Grégoire de Nysse découvre dans les paroles de ce Psaume une sorte de description typique de ce qui se produit dans chaque expérience humaine ouverte à la reconnaissance de la sagesse de Dieu. « Il me sauva, en effet, – s’exclame-t-il – en m’ayant fait de l’ombre avec la nuée de l’Esprit, et ceux qui m’avaient foulé aux pieds ont été humiliés » (Sur les titres des Psaumes, Rome 1994, p. 183). En se référant ensuite aux expressions qui concluent le Psaume, où il est dit:  « Ô Dieu élève-toi sur les cieux. Sur toute la terre ta gloire », il conclut:  « Dans la mesure où la gloire de Dieu s’étend sur la terre, accrue par la foi de ceux qui sont sauvés, les puissances célestes, exultant pour notre salut, élèvent un hymne à Dieu » (Ibid., p. 184).

Stabat Mater

16 septembre, 2016

Stabat Mater dans images sacrée 04a
http://www.centroaletti.com/ing/opere/italia/37.htm

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