LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

1520angelico20eucharist.jpg

Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

  motherofgod.jpg

new21.gif

SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

paolo1.jpg

J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

sanpaolo.jpg 

BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

PAPE FRANÇOIS – Catéchèse sur le « Notre Père »: 6. Notre père à tous – 13 février 2019

20 février, 2019

https://translate.google.com/?source=gtx_m#view=home&op=translate&sl=it&tl=fr&text=Catechesi%20sul%20%E2%80%9CPadre%20nostro%E2%80%9D%3A%206.%20Padre%20di%20tutti%20noi

fr madonna e bimbo

Marie et l’enfant Jesus

PAPE FRANÇOIS – Catéchèse sur le « Notre Père »: 6. Notre père à tous – 13 février 2019

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous continuons notre parcours pour apprendre toujours mieux à prier comme Jésus nous l’a enseigné. Nous devons prier comme Il nous a enseigné à le faire.
Il a dit: quand tu pries, entre dans le silence de ta chambre, retire-toi du monde et adresse-toi à Dieu en l’appelant «Père!». Jésus veut que ses disciples ne soient pas comme les hypocrites qui prient en se tenant droits debout sur les places pour être admirés des gens (cf. Mt 6, 5). Jésus ne veut pas d’hypocrisie. La véritable prière est celle qui s’accomplit dans le secret de la conscience, du cœur: insondable, visible uniquement à Dieu. Dieu et moi. Celle-ci a horreur du mensonge: avec Dieu il est impossible de feindre. C’est impossible, devant Dieu, il n’y a aucun subterfuge qui tienne, Dieu nous connaît ainsi, nus dans notre conscience, et on ne peut pas feindre. A la racine du dialogue avec Dieu, il y a un dialogue silencieux, comme un échange de regards entre deux personnes qui s’aiment: l’homme et Dieu croisent leur regard, et cela est une prière. Regarder Dieu et se laisser regarder par Dieu: cela est prier. «Mais, père, moi je ne prononce pas de paroles…». Regarde Dieu et laisse-toi regarder par Lui: c’est une prière, une belle prière!
Pourtant, bien que la prière du disciple soit entièrement confidentielle, elle ne tombe jamais dans l’intimisme. Dans le secret de la conscience, le chrétien ne laisse pas le monde derrière la porte de sa chambre, mais porte dans son cœur les personnes et les situations, les problèmes, tant de choses, il les porte toutes dans la prière.
Il y a une absence frappante dans le texte du «Notre Père». Si je vous demandais à vous quelle est l’absence frappante dans le texte du «Notre Père»? Il ne sera pas facile de répondre. Il manque un mot. Réfléchissez tous: que manque-t-il dans le «Notre Père»? Réfléchissez, que manque-t-il? Un mot. Un mot dont de nos jours — mais peut-être toujours — chacun fait grand cas. Quel est le mot qui manque dans le «Notre Père» que nous prions tous les jours? Pour gagner du temps, je vais vous le dire: il manque le mot: «je». On ne dit jamais «je». Jésus enseigne à prier en ayant sur les lèvres avant tout le «Tu», parce que la prière chrétienne est dialogue; «que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite». Non pas mon nom, mon règne, ma volonté. Pas moi, cela ne va pas. Puis on passe au «nous». Toute la deuxième partie du «Notre Père» est déclinée à la première personne du pluriel: «Donne-nous notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses, et ne nous laisse pas entrer en tentation, délivre-nous du mal». Même les requêtes les plus élémentaires de l’homme — comme celles d’avoir de la nourriture pour rassasier la faim — sont toutes au pluriel. Dans la prière chrétienne, personne ne demande le pain pour soi: donne-moi le pain de ce jour, non, donne-nous, il le supplie pour tous les pauvres du monde. Il ne faut pas oublier cela, il manque le mot «je». On prie avec le tu et avec le nous. C’est un bon enseignement de Jésus. Ne l’oubliez pas.
Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de place pour l’individualisme dans le dialogue avec Dieu. Il n’y a pas d’ostentation de ses problèmes comme si nous étions les seuls au monde à souffrir. Il n’y a pas de prière élevée à Dieu qui ne soit la prière d’une communauté de frères et sœurs, le nous: nous sommes en communauté, nous sommes frères et sœurs, nous sommes un peuple qui prie, «nous». Un jour, l’aumônier d’une prison m’a posé une question: «Dites-moi, père, quel est le contraire de “je”?». Et moi, ingénu, je lui ai dit: «Tu». «C’est le début de la guerre. Le contraire de “je” est “nous”, où il y a la paix, tous ensemble». C’est un bel enseignement que j’ai reçu de ce prêtre.
Dans la prière, un chrétien porte toutes les difficultés des personnes qui vivent près de lui: quand descend le soir, il raconte à Dieu les douleurs qu’il a rencontrés ce jour-là; il place devant lui de nombreux visages, amis et aussi hostiles. Si l’on ne se rend pas compte qu’autour de soi, il y a tant de personnes qui souffrent, si l’on n’a pas pitié pour les larmes des pauvres, si l’on est habitué à tout, alors cela signifie que notre cœur… comment est-il? Flétri? Non, pire, il est de pierre. Dans ce cas, il est bon de supplier le Seigneur pour qu’il nous touche avec son Esprit et qu’il attendrisse notre cœur: «Attendris, Seigneur, mon cœur». C’est une belle prière: «Seigneur, attendris mon cœur, afin qu’il puisse comprendre et se charger de tous les problèmes, toutes les douleurs d’autrui». Le Christ n’est pas passé indemne à côté des misères du monde: chaque fois qu’il percevait une solitude, une douleur du corps ou de l’esprit, il éprouvait un profond sentiment de compassion, comme les viscères d’une mère. Ce «sentiment de compassion» — n’oublions pas ce mot si chrétien: ressentir de la compassion — est un des verbes-clés de l’Evangile: c’est ce qui pousse le bon samaritain à s’approcher de l’homme blessé sur le bord de la route, contrairement aux autres qui ont le cœur dur.
Nous pouvons nous demander: quand je prie, est-ce que je m’ouvre au cri de nombreuses personnes proches et lointaines? Ou bien est-ce que je pense à la prière comme à une sorte d’anesthésie, pour pouvoir être plus tranquille? Je pose la question, que chacun y réponde. Dans ce cas, je serais victime d’un terrible équivoque. Certes, ma prière ne serait plus une prière chrétienne. Parce que ce «nous», que Jésus nous a enseigné, m’empêche d’être en paix seul, et me fait sentir responsable de mes frères et sœurs.
Il y a des hommes qui, apparemment, ne cherchent pas Dieu, mais Jésus nous fait prier aussi pour eux, parce que Dieu cherche ces personnes plus que toutes. Jésus n’est pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades, pour les pécheurs (cf. Lc 5, 31) — c’est-à-dire pour tous, parce que qui pense être bien-portant, en réalité, ne l’est pas. Si nous travaillons pour la justice, ne nous sentons pas meilleurs que les autres: le Père fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants (cf. Mt 5, 45). Le Père aime tous! Nous apprenons de Dieu qu’il est toujours bon avec tous, contrairement à nous qui réussissons à être bons uniquement avec certains, avec ceux qui nous plaisent.
Frères et sœurs, saints et pécheurs, nous sommes tous aimés par le même Père. Et, au soir de la vie, nous serons jugés sur l’amour, sur la façon dont nous avons aimé. Non pas un amour uniquement sentimental, mais compatissant et concret, selon la règle évangélique — ne l’oubliez pas! — «dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40). C’est ce que dit le Seigneur. Merci.
Je salue les pèlerins venus de France et de Belgique, en particulier les séminaristes de Lorraine avec leur évêque, Monseigneur Jean-Christophe Lagleize, et tous les jeunes présents. Je vous invite à prendre chaque jour un moment pour prier afin d’ouvrir votre cœur à Dieu et aux autres. Que Jésus soit votre guide sur le chemin de la prière ! Bon pèlerinage à tous.

 

« LA BEAUTÉ, LA NOSTALGIE DE DIEU » – Joseph Ratzinger (2002)

19 février, 2019

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:z6qCbM075yYJ:www.ism-regalita.it/Testi/bellezza_nostalgia_di_Dio.rtf+&cd=13&hl=it&ct=clnk&gl=it

fr monte tabor - Copia

Mount Tabor

(traduction Google de l’italien)

« LA BEAUTÉ, LA NOSTALGIE DE DIEU » – Joseph Ratzinger (2002)

Nous publions un large extrait de la réflexion théologique que Ratzinger a écrite pour commenter le thème de l’édition 2002 de la réunion de Rimini:

« Le sentiment des choses, la contemplation de la beauté ».

Chaque année, dans la liturgie des heures de carême, il revient à frapper un paradoxe que l’on retrouve dans les vêpres le lundi de la deuxième semaine du psautier. Ici, côte à côte, il y a deux antiennes, l’une pour le carême, l’autre pour la semaine sainte. Tous deux introduisent le Psaume 44, mais ils anticipent une clé d’interprétation complètement opposée. C’est le psaume qui décrit le mariage du roi, sa beauté, ses vertus, sa mission et se transforme ensuite en une exaltation de la mariée. À l’époque du Carême, le psaume est encadré par le même antienne que le reste de l’année. C’est le troisième verset du psaume qui dit: « Vous êtes le plus beau parmi les fils de l’homme, la grâce se répand sur vos lèvres ». Il est clair que l’Église lit ce psaume comme une représentation poétique et prophétique de la relation conjugale du Christ avec l’Église. Reconnaît le Christ comme le plus beau des hommes; la grâce répandue sur ses lèvres indique la beauté intérieure de sa parole, la gloire de sa proclamation. Ainsi, ce n’est pas simplement la beauté extérieure de l’apparition du Rédempteur qui doit être glorifiée: en lui apparaît plutôt la beauté de la Vérité, la beauté de Dieu lui-même qui nous attire à lui et nous donne en même temps la blessure de l’Amour, le saint. passion (eros) qui nous fait aller à la rencontre, avec et dans l’Église de la mariée, de l’Amour qui nous appelle … la grâce répandue sur ses lèvres indique la beauté intérieure de sa parole, la gloire de sa proclamation. Ainsi, ce n’est pas simplement la beauté extérieure de l’apparition du Rédempteur qui doit être glorifiée: en lui apparaît plutôt la beauté de la Vérité, la beauté de Dieu lui-même qui nous attire à lui et nous donne en même temps la blessure de l’Amour, le saint. passion (eros) qui nous fait aller à la rencontre, avec et dans l’Église de la mariée, de l’Amour qui nous appelle … la grâce répandue sur ses lèvres indique la beauté intérieure de sa parole, la gloire de sa proclamation. Ainsi, ce n’est pas simplement la beauté extérieure de l’apparition du Rédempteur qui doit être glorifiée: en lui apparaît plutôt la beauté de la Vérité, la beauté de Dieu lui-même qui nous attire à lui et nous donne en même temps la blessure de l’Amour, le saint. passion (eros) qui nous fait aller à la rencontre, avec et dans l’Église de la mariée, de l’Amour qui nous appelle …
Qui croit en Dieu, le Dieu qui s’est manifesté dans les traits altérés du Christ crucifié comme amour « jusqu’au bout » (Jn 13, 1) sait que la beauté est la vérité et que la vérité est la beauté, mais dans le Christ souffrant, il apprend de plus, la beauté de la vérité inclut l’infraction, la douleur et, oui, même le mystère obscur de la mort, et elle ne peut être trouvée que dans l’acceptation de la douleur et non dans son ignorance.
Une première prise de conscience du fait que la beauté a à voir avec la douleur est certainement aussi présente dans le monde grec. Pensons, par exemple, au « Fedro » de Platon. Platon considère la rencontre avec la beauté comme ce choc émotionnel sain qui chasse l’homme de lui-même, « l’excite » en l’attirant vers autre chose. Comme le dit Platon, l’homme a perdu pour lui sa perfection d’origine conçue. Maintenant, il recherche continuellement la forme de guérison primigéniale. Je me souviens de la nostalgie et l’incite à la recherche, et la beauté l’arrache de l’habitat quotidien. Cela le fait souffrir. On pourrait dire, au sens platonicien, que la rayure de la nostalgie frappe l’homme, ça lui fait mal et de cette manière il met ses ailes, le relève vers le haut …
La beauté fait mal, mais c’est précisément ainsi qu’elle rappelle à l’homme son destin ultime … Etre frappé et vaincu à travers la beauté du Christ est une connaissance plus réelle et plus profonde de la simple déduction rationnelle …
La rencontre avec la beauté peut devenir le coup de la fléchette qui blesse l’âme et ouvre ainsi les yeux, de sorte que l’âme, à partir de l’expérience, a des critères de jugement et est également capable de évaluer les sujets correctement. Pour moi, le concert de Bach dirigé par Leonard Bernstein à Munich après la mort prématurée de Karl Richter reste une expérience inoubliable. J’étais assis à côté de l’évêque évangélique Hanselmann. Lorsque la dernière note de l’un des grands Thomas-Kantor-Kantaten s’est éteinte de façon triomphale, nous avons tourné notre regard spontanément l’un vers l’autre et tout aussi spontanément, nous avons dit: – « Qui a entendu cela, sait que la foi est vraie ». Dans cette musique était perçue une force si extraordinaire de la réalité actuelle à réaliser, non plus par déductions, mais par le choc du cœur, cela ne pourrait pas provenir de rien, mais ne pourrait naître que grâce au pouvoir de la vérité qui se concrétise dans l’inspiration du compositeur. Et la même chose ne se voit-elle pas lorsque nous nous laissons émouvoir par l’icône de la Trinité de Rublëv? Dans l’art des icônes, ainsi que dans les grandes œuvres picturales romanes et gothiques occidentales, l’expérience décrite par Kabasilas, à partir de l’intériorité, est devenue visible et participative. Pavel Evdokimov a indiqué de manière si significative quel cheminement interne l’icône présuppose. L’icône n’est pas simplement la reproduction de ce qui est perceptible avec les sens, mais présuppose plutôt, comme il l’affirme, un « jeûne de la vue ». La perception intérieure doit se libérer de la simple impression des sens et, dans la prière et l’ascèse, acquérir une capacité nouvelle et plus profonde de voir, de faire la transition de ce qui est simplement extérieur à la profondeur de la réalité, de sorte que l’artiste voie ce les sens en tant que tels ne voient pas et ce qui apparaît toutefois dans le sensible: la splendeur de la gloire de Dieu, la « gloire de Dieu sur la face du Christ » (2 Cor 4: 6). Admirer les icônes, et en général les grandes peintures de l’art chrétien, nous conduit par un chemin intérieur, une manière de nous dépasser et donc, dans cette purification du regard, qui est une purification du cœur, nous révèle la beauté, ou au moins un rayon de celui-ci. C’est précisément ainsi que cela nous met en relation avec le pouvoir de la vérité. J’ai déjà souvent affirmé être convaincu que la véritable apologie de la foi chrétienne, la preuve la plus convaincante de sa vérité, contre toute négation, concerne d’une part les saints, d’autre part la beauté que la foi a générée. Pour que la foi grandisse aujourd’hui, nous devons nous-mêmes et les hommes que nous rencontrons à rencontrer les saints, à entrer en contact avec la beauté.
Mais maintenant, nous n’avons pas encore répondu à une objection. Nous avons déjà rejeté l’affirmation selon laquelle ce qui a été préconisé jusqu’ici constituerait une évasion dans l’irrationnel, dans un pur esthétisme. Au contraire, le contraire est vrai: c’est précisément ainsi que la raison est libérée de sa torpeur et rendue capable d’agir. Aujourd’hui, une autre objection a plus de poids: le message de la beauté est complètement remis en question par le pouvoir du mensonge, de la séduction, de la violence, du mal. La beauté peut-elle être authentique ou est-ce finalement une illusion? La réalité n’est-elle pas vraiment mauvaise? La peur qui, en fin de compte, n’est pas le fil de la beauté qui nous mène à la vérité, mais que le mensonge, ce qui est laid et vulgaire, constitue la véritable « réalité » a angoissé les hommes de tous les temps. Dans le présent, il trouve son expression dans la déclaration selon laquelle, après Auschwitz, il ne serait plus possible de faire de la poésie, mais après, Auschwitz ne pourrait plus parler d’un bon Dieu. On se demande: où était Dieu quand les fours crématoires fonctionnaient? Or, cette objection, pour laquelle des raisons suffisantes existaient même avant Auschwitz, dans toutes les atrocités de l’histoire, indique en tout cas qu’un concept purement harmonieux de la beauté n’est pas suffisant. Elle ne résiste pas à la gravité de la question de Dieu, de la vérité et de la beauté. Apollon, qui pour Socrates de Platon était « le Dieu » et le garant de la beauté imperturbable en tant que « véritablement divin », n’est plus assez suffisant. De cette façon, nous retournons aux « deux trompettes » de la Bible à partir de laquelle nous avions commencé, au paradoxe selon lequel on peut dire que le Christ est « Vous êtes le plus beau des fils de l’homme » et « Il n’a aucune apparence ni beauté … son visage est défiguré par la douleur ». Dans la passion du Christ, l’esthétique grecque, si digne d’admiration pour son contact actuel avec le divin, qui reste innommable, n’est pas supprimée, mais dépassée. L’expérience de la beauté a reçu une nouvelle profondeur, un nouveau réalisme. Celui qui est la Beauté elle-même s’est laissé frapper au visage, cracher dessus, couronne d’épines – le Saint Suaire de Turin peut nous faire imaginer tout cela d’une manière touchante. Mais justement dans ce visage défiguré, apparaît la beauté authentique et extrême: la beauté de l’amour qui se termine « au bout » et cela, précisément en cela, elle se révèle plus forte que le mensonge et la violence. Qui a perçu cette beauté sait que la vérité, et non le mensonge, est la dernière instance du monde. Ce n’est pas le mensonge qui est « vrai », mais la vérité. C’est, pour ainsi dire, un nouveau tour de menteur pour se présenter comme « vérité » et nous dire: au-delà de moi, il n’y a rien du tout, arrêtez de chercher la vérité ou même aimez-la; Ce faisant, vous êtes sur le mauvais chemin. L’icône du Christ crucifié nous libère de cette déception qui sévit aujourd’hui. Cependant, cela pose comme condition que nous nous permettions d’être blessés avec lui et que nous croyions en l’Amour, qui peut risquer de déposer une beauté extérieure pour annoncer, précisément de cette manière, la vérité de la beauté … Qui a perçu cette beauté sait que la vérité, et non le mensonge, est la dernière instance du monde. Ce n’est pas le mensonge qui est « vrai », mais la vérité. C’est, pour ainsi dire, un nouveau tour de menteur pour se présenter comme « vérité » et nous dire: au-delà de moi, il n’y a rien du tout, arrêtez de chercher la vérité ou même aimez-la; Ce faisant, vous êtes sur le mauvais chemin. L’icône du Christ crucifié nous libère de cette déception qui sévit aujourd’hui. Cependant, cela pose comme condition que nous nous permettions d’être blessés avec lui et que nous croyions en l’Amour, qui peut risquer de déposer une beauté extérieure pour annoncer, précisément de cette manière, la vérité de la beauté … Qui a perçu cette beauté sait que la vérité, et non le mensonge, est la dernière instance du monde. Ce n’est pas le mensonge qui est « vrai », mais la vérité. C’est, pour ainsi dire, un nouveau tour de menteur pour se présenter comme « vérité » et nous dire: au-delà de moi, il n’y a rien du tout, arrêtez de chercher la vérité ou même aimez-la; Ce faisant, vous êtes sur le mauvais chemin. L’icône du Christ crucifié nous libère de cette déception qui sévit aujourd’hui. Cependant, cela pose comme condition que nous nous permettions d’être blessés avec lui et que nous croyions en l’Amour, qui peut risquer de déposer une beauté extérieure pour annoncer, précisément de cette manière, la vérité de la beauté … L’icône du Christ crucifié nous libère de cette déception qui sévit aujourd’hui. Cependant, cela pose comme condition que nous nous permettions d’être blessés avec lui et que nous croyions en l’Amour, qui peut risquer de déposer une beauté extérieure pour annoncer, précisément de cette manière, la vérité de la beauté … L’icône du Christ crucifié nous libère de cette déception qui sévit aujourd’hui. Cependant, cela pose comme condition que nous nous permettions d’être blessés avec lui et que nous croyions en l’Amour, qui peut risquer de déposer une beauté extérieure pour annoncer, précisément de cette manière, la vérité de la beauté …
Qui n’a pas connu la phrase tant citée de Dostoïevski: « La beauté nous sauvera? » Cependant, dans la plupart des cas, nous oublions que Dostoïevski entend ici la beauté rédemptrice du Christ. Nous devons apprendre à le voir. Si nous le connaissons non seulement par des mots, mais que nous sommes frappés par le signe de sa beauté paradoxale, nous faisons réellement sa connaissance et nous le connaissons, non seulement pour en avoir entendu parler par d’autres. Nous avons ensuite rencontré la beauté de la vérité, de la vérité rédemptrice. Rien ne peut nous mettre plus en contact avec la beauté du Christ lui-même que le monde de la beauté créé par la foi et la lumière qui brille sur le visage des saints, à travers lesquels sa propre lumière devient visible.

 

JEAN-PAUL II – «Connaître» le Père (1999)

18 février, 2019

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/1999/documents/hf_jp-ii_aud_17031999.html

imm pens ss. trinità bartolomeo vivarini

Bartolomeo Vivarini, SS. Trinità

JEAN-PAUL II – «Connaître» le Père (1999)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 17 mars 1999

Lecture: Jn 17, 1

1. A l’heure dramatique où il s’apprête à affronter la mort, Jésus conclut son grand discours d’adieu (cf. Jn 13sq), en adressant une magnifique prière au Père. Celle-ci peut être considérée comme un testament spirituel dans lequel Jésus remet entre les mains du Père le mandat reçu: faire connaître son amour au monde, à travers le don de la vie éternelle (cf. Jn 17, 2). La vie qu’il offre est expliquée de façon significative comme un don de connaissance. «La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé» (Jn 17, 3).
Dans le langage biblique de l’Ancien et du Nouveau Testament, la connaissance ne concerne pas seulement la sphère intellectuelle, mais implique normalement une expérience vitale qui met en cause la personne humaine dans sa globalité et donc également dans sa capacité à aimer. C’est une connaissance qui fait «rencontrer» Dieu, en se plaçant à l’intérieur de ce processus que la tradition théologique orientale aime à appeler «divinisation» et qui s’accomplit à travers l’action in- térieure et transformante de l’Esprit de Dieu (cf. saint Grégoire de Nysse, Oratio catech. 37: PG 45, 98B). Nous avons déjà traité de ces thèmes au cours de la catéchèse consacrée à l’année de l’Esprit Saint. En retournant maintenant sur la phrase citée par Jésus, nous nous proposons d’approfondir ce que cela signifie de connaître de façon vitale Dieu le Père.
2. On peut connaître Dieu comme père à divers niveaux, selon la perspective dans laquelle on se place, et l’aspect du mystère que l’on considère. Il existe une connaissance naturelle de Dieu à partir de la création: celle-ci conduit à reconnaître en Lui l’origine et la cause transcendante du monde et de l’homme et, dans ce sens, à en ressentir la paternité. Cette connaissance s’approfondit à la lumière progressive de la Révélation, c’est-à-dire sur la base des paroles et des interventions historiques et salvifiques de Dieu (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 287).
Dans l’Ancien Testament, connaître Dieu comme père signifie remonter aux origines du peuple de l’Alliance: «N’est- ce pas lui ton père, qui t’a procréé, lui qui t’a fait et par qui tu subsistes?» (Dt 32, 6). La référence à Dieu en tant que père garantit et conserve l’unité des membres d’une même famille: «N’avons-nous pas tous un Père unique? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés?» (Ml 2, 10). On reconnaît Dieu comme père également au moment où il réprimande le fils pour son bien: «car Yahvé reprend celui qu’il aime comme un père le fils qu’il chérit» (Pr 3, 12). Et, bien sûr, un père peut toujours être invoqué dans les moments de découragement: «J’invoquai le Seigneur, Père de mon Seigneur: « Ne m’abandonne pas au jour de l’épreuve, au temps des orgueilleux et de l’abandon »» (Si 51, 10). Dans toutes ces formes, on applique à Dieu par excellence les valeurs qui sont présentes dans la paternité humaine. L’on ressent toutefois qu’il n’est pas possible de connaître à fond le contenu d’une telle paternité divine, sinon dans la mesure où Dieu lui-même la manifeste.
3. Dans les événements de l’histoire du salut se révèle toujours plus l’initiative du Père, qui, à travers son action intérieure, ouvre le cœur des croyants à accueillir le Fils incarné. En connaissant Jésus, ils pourront le connaître Lui aussi, le Père. C’est ce qu’enseigne Jésus lui-même en répondant à Thomas: «Si vous me connaissez vous connaîtrez aussi mon Père» (Jn 14, 7, cf. vv. 7-10).
Il faut donc croire en Jésus et le regarder, lui, lumière du monde, pour ne pas demeurer dans les ténèbres de l’ignorance (cf. Jn 12, 44-46) et pour savoir que sa doctrine vient de Dieu (cf. Jn 7, 17sq). C’est à cette condition qu’il est possible de connaître le Père, en devenant capables de l’adorer «en esprit et en vérité» (Jn 4, 23). Cette connaissance vivante est inséparable de l’amour. Elle est communiquée par Jé- sus, comme il le dit dans sa prière sacerdotale: «Père juste, [...] je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux» (Jn 17, 25-26).
«Quand nous prions le Père, nous sommes en communion avec Lui et avec son Fils Jésus-Christ. C’est alors que nous Le connaissons et Le reconnaissons dans un émerveillement toujours nouveau» (C.E.C., n. 2781). Connaître le Père signifie donc trouver en lui la source de notre être et de notre unité, en tant que membres d’une unique famille, mais cela signifie aussi s’immerger dans une vie «surnaturelle», la vie même de Dieu.
4. L’annonce du Fils reste donc la voie maîtresse pour connaître et faire connaître le Père; en effet, comme le rappelle une expression suggestive de saint Irénée, «la connaissance du Père est le Fils» (Adv. haer., 4; 6; 7: PG 7, 990B). C’est la possibilité offerte à Israël, mais aussi aux peuples, comme Paul le souligne dans l’Epître aux Romains: «Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes, également des païens; puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, qui justifiera les circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi» (Rm 3, 29sq). Dieu est unique, et est le Père de tous, désireux d’offrir à tous le salut apporté au moyen de son Fils: c’est ce que l’Evangile de Jean appelle le don de la vie éternelle. Ce don a besoin d’être entendu et communiqué, sur la lignée de la reconnaissance qui faisait dire à Paul, dans la seconde Epître aux Thessaloniciens: «Nous devons, quant à nous, rendre grâces à Dieu à tout moment à votre sujet, frères aimés du Seigneur, parce que Dieu vous a choisis dès le com- mencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et la foi en la vérité» (2 Th 2, 13).

HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

15 février, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-6e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Heureux-etes-vous_a879.html

pensieri e it

HOMÉLIE POUR LE 6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « HEUREUX ÊTES-VOUS… »

En préparant cette homélie sur les béatitudes, j’ai demandé à des amis qu’est-ce qu’ils diraient sur ce texte archiconnu des évangiles. Plusieurs réponses ont surgies. L’une des personnes présentes s’est contenté de dire « Il faut toutes les pratiquer ».
J’ai été surpris de cette réponse, mais, en relisant l’Exhortation du pape François sur la sainteté, j’ai entendu la même chose. En effet, le pape François y présente les béatitudes comme la carte d’identité du chrétien. « Donc, écrit le pape, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, ‘comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?’ la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes » (n. 63)
Ce n’est pas surprenant car ce que Jésus déclare dans les béatitudes c’est ce qu’il vit. Les béatitudes ne sont pas un enseignement théorique, mais la façon de vivre sa foi. On en est bien loin parfois, hélas! mais je vais profiter de cette lecture qui vient d’être faite dans la version qu’en donne saint Luc pour partager avec vous quelques réflexions sur chacune des béatitudes et des avertissements que donne Jésus.

I – Considérations générales
Saint Luc présente quatre béatitudes qui commencent par « Heureux… » et cinq avertissements qui commencent par « Vous êtes malheureux si… » Cette présentation vise la vie concrète des gens. Elle les rejoint sur le terrain. Saint Luc veut que la vie des gens soit changée ou améliorée maintenant. Saint Luc mise sur une motivation déjà là. Il s’adresse au disciple de Jésus qui a décidé de prendre son message au sérieux. Il rappelle donc les points où Jésus a mis l’accent pour la vie de ses disciples.
Lorsque qu’on entend les neuf phrases qui font partie de cet exposé que saint Luc met dans la bouche de Jésus, on reconnait l’essentiel du message de Jésus. On n’est pas surpris qu’il se tourne dans cet enseignement vers les pauvres, les démunis, les laissés pour compte et qu’il renvoie les riches les mains vides, car « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, dira-t-il. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». (Marc 2, 17)
Passons maintenant à la méditation de chacune des observations de Jésus. Pour la première je me contenterai de citer le pape François dans son Exhortation sur la sainteté.
II – Commentaires de chaque admonition
Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous
« Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur » dit le pape François (n. 64). Pour le pape François, la première béatitude nous invite « à une existence austère et dépouillée. De cette façon, [Jésus] nous appelle à partager la vie des plus pauvres, la vie que les Apôtres ont menée, et en définitive à nous configurer à Jésus qui, étant riche, ‘s’est fait pauvre’ (2 Co 8, 9). Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté ! » (n. 70)
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Les faims et les soifs humaines ne sont pas seulement matérielles, bien qu’elles soient très présentes aujourd’hui où de nombreuses personnes n’ont pas ce qu’il faut pour survivre, les faims et les soifs humaines sont aussi d’ordre spirituel. Toute personne a besoin d’être reconnue dans sa dignité de personne par tous et partout. Trop de personnes sont encore dépouillées de leur dignité dans diverses circonstances et détruites littéralement. Jésus invite à les soutenir pour qu’elles sortes de ces situations aberrantes et soient prises en charge. C’est ainsi qu’elles commenceront à goûter la vie et pourront en être rassasiés un jour.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Cette béatitude a été mal comprise bien souvent. On la lisait comme si elle était une médaille et son envers, comme si la vie était un balancier où tout est blanc ou noir alors qu’elle connaît des peines parfois très grandes mais aussi des joies de toutes sortes. Les peines et les joies heureusement se côtoient et ainsi la personne peut aller toujours plus loin sans se laisser abattre
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Cette béatitude s’adresse surtout aux premiers chrétiens pour qui écrivait saint Luc et qui étaient déjà l’objet de la persécution des autorités romaines. Luc leur rappelle ici que Jésus les a assurés qu’ils ne seront jamais laissés seuls et abandonnés. Il leur a garanti sa présence vivante continuelle. Cette présence nous la connaissons, c’est celle de Jésus Ressuscité qui continue de vivre avec ses disciples en les entraînant avec lui vers le Père.
Nous passons maintenant aux cinq admonitions suivantes qui sont comme des avertissements incontournables et des mises en garde à prendre au sérieux pour toute personne qui veut suivre Jésus dans sa vie concrète.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Le résultat des richesses mal reçues et mal utilisées c’est l’enfermement du cœur, l’isolement dans son monde et dans son moi. Cet isolement peut créer une forme de bien-être, mais celui-ci sera passager et toujours incomplet. Le vrai bien-être, la vraie consolation, réside dans l’intimité avec Celui qui est notre Seigneur et notre Sauveur.
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Il s’agit ici de la même dynamique que celle que j’ai décrite pour la richesse. Il s’agit d’un enfermement sur soi qui ne satisfait aucunement les faims humaines. L’abondance matérielle ne peut se substituer à la faim spirituelle qui ne peut être comblée que par Dieu lui-même en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes 17, 28), car il est le souverain bien et l’éternelle nourriture dont nous avons besoin.
Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Rire et pleurer : des situations bien fréquentes dans les vies humaines. Ce que cette admonition m’inspire c’est de me poser la question de savoir qu’est-ce qu’Il y a derrière les rires, car Jésus ne condamne sûrement pas la vie épanouie ou les rires devant un enfant qui fait ses premiers pas. De quels rires s’agit-il ici? N’est-ce pas ces rires qui masquent le sérieux de la vie et des choix de vie et qui empêchent l’âme de s’élever vers Celui qui en est l’auteur et de l’en remercier?
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
Cet avertissement est une mise en garde très pratique. Il est toujours facile de céder à l’éloge et à la flatterie et ainsi de dévier des buts qu’on s’est donné en décidant de suivre Jésus. Il est important de se rappeler que son message n’est pas modelé par les aspirations du monde ambiant, ce que le pape François appelle l’ « esprit mondain ». Il ne faut pas avoir peur d’être à contre-courant.

Conclusion
Voilà en quelques mots, non pas une explication des paroles de Jésus, mais une invitation à les méditer par vous-mêmes, à les intégrer, selon vos possibilités – « chacun à sa manière » dit le pape François – dans vos vies. J’avoue que je suis toujours dérouté, mais aussi interpellé par la lecture de ce texte fondamental des évangiles.
Lorsqu’on le proclame au cours d’une Eucharistie comme on l’a fait ce matin, il prend un sens encore plus profond car il décrit la vie de Celui qui l’a donnée pour nous, qui a vécu pauvre, méprisé, dépouillé et que le Père a ressuscité « d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » comme saint Paul le note dans la deuxième lecture, pour le faire asseoir à sa droite et en faire le Seigneur de nos vies .
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

13 février, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2014/documents/papa-francesco-cotidie_20141107.html

imm fr serafini e cherubini

les séraphins (il me semble)

PAPE FRANÇOIS – Chrétiens en trompe-l’œil – 7 novembre 2014

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 47 du 20 novembre 2014)

Il y a en circulation des personnes qui n’ont que le prénom de chrétien, mais dont le nom de famille est « mondain ». Ce sont « des païens avec deux touches de peinture », pourtant ils semblent chrétiens quand on les croise à la Messe chaque dimanche ; en réalité ils ont glissé peu à peu dans la tentation de la « médiocrité », au point de considérer « avec orgueil et superbe » les choses terrestres, mais pas « la croix du Christ ». Et c’est précisément contre cette tentation que le Pape a mis en garde. Pour sa méditation, il a rappelé un passage de la lettre de Paul aux Philippiens (3, 17-4,1). Dans le texte on comprend bien que Paul avait déjà parlé de ce problème en diverses autres occasions, car il ajoute : « Je vous l’ai déjà dit plusieurs fois et, à présent, avec les larmes aux yeux je vous le répète. Ceux-ci se comportent en ennemis de la croix du Christ. Imitez ceux-là, mais pas ceux-ci ! ». En substance, ce sont « des chrétiens mondains, des chrétiens de nom, avec deux ou trois choses chrétiennes, mais rien de plus ». Ce sont « des chrétiens païens ». Ils ont « un nom chrétien, mais une vie païenne » ou, pour le dire d’une autre manière, « des païens avec deux touches de peinture du christianisme : ainsi, ils apparaissent comme des chrétiens, mais ils sont païens ». Le Pape a voulu préciser que « ces personnes, nos frères », n’existaient pas qu’à l’époque de Paul. Aujourd’hui aussi « il y en a beaucoup ». C’est précisément parce que ce n’est pas une question circonscrite aux Philippiens de l’époque de Paul, que le Pape a proposé une série d’interrogations concrètes à se poser à soi-même pour un examen de conscience : « À ce point, chacun de nous — moi aussi ! — doit se demander : est-ce que j’ai quelque chose de ces personnes ? Est-ce que j’ai quelque chose de mondain en moi ? Quelque chose de païen ? J’aime me vanter ? J’aime l’argent ? J’aime l’orgueil, la superbe ? Où ai-je mes racines, c’est-à-dire d’où suis-je citoyen ? Du ciel ou de la terre ? Du monde ou de l’esprit mondain ? ». En effet, a-t-il expliqué en citant encore Paul, « notre citoyenneté est dans les cieux et là nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ ». Mais la citoyenneté des ennemis de la croix ? L’apôtre répond que « leur sort final sera la perdition ». Donc, a précisé le Pape, « ces chrétiens avec une touche de peinture finiront mal ». Et il est important de regarder vers la fin de manière à observer « où te conduit cette citoyenneté que tu as dans le cœur » : la « citoyenneté mondaine à la ruine ; celle de la croix du Christ à la rencontre avec lui », qui « est si belle ! ». Mais comment se rendre compte si l’on glisse vers la mondanité, vers la citoyenneté mondaine ? François a tout d’abord souligné qu’il s’agit d’« un processus qui se fait en nous ». Il s’agit d’« une tentation : on glisse vers la mondanité ». Les signes pour comprendre ce vers quoi nous allons « sont dans ton cœur : si tu aimes et si tu es attaché à l’argent, à la vanité et à l’orgueil, tu prends la mauvaise route ; si tu cherches à aimer Dieu, à servir les autres, si tu es doux, si tu es humble, si tu es le serviteur des autres, tu prends la bonne route ». Et ainsi « ta carte de citoyenneté est bonne : c’est celle du ciel ». En revanche, « l’autre est une citoyenneté qui te portera malheur ». C’est précisément « ce que Jésus demandait tant, dans la conversation qu’il avait avec ses disciples, au Père : il demandait de les sauver de l’esprit du monde, de cette mondanité qui conduit à la perdition ». C’est pourquoi « le conseil de Paul » est de demander aujourd’hui la grâce de rester « solides dans le Seigneur et dans l’exemple de la croix du Christ : humilité, pauvreté, douceur, service aux autres, adoration, prière ».

 

PAUL DE TARSE ET MARIE DE NAZARETH DE STEFANO DE FIORES, SMM

11 février, 2019

http://www.stpauls.it/madre/1003md/1003md08.htm

fr en La Vierge et l'enfant

La Vierge et l’Enfant

PAUL DE TARSE ET MARIE DE NAZARETH DE STEFANO DE FIORES, SMM

(traduction Google de l’italien)

Dans ce texte, un vrai sage, la doctrine de l’apôtre pour la mariologie est abordée.
Il est rare de trouver la combinaison de Paul de Tarse et de Marie de Nazareth, deux figures bibliques sans lien évident ou référence nécessaire. Il suffit de consulter le Dictionnaire de Paul et ses lettres (GF Hawthorne, CR Martin et D. Reid, édité par R. Penna, San Paolo 2000, p. 1886, 61,97 €), pour se rendre compte que le nom de Marie est complètement ignorée, même en tant que femme qui a engendré le Fils de Dieu (Gal 4: 4), une étape est même omise dans la Lettre aux Galates.
À première vue, il semble qu’en réalité, il n’ya rien de commun entre les deux personnalités de l’Église primitive. Paul est le missionnaire théologique, l’apôtre des peuples et le représentant d’un christianisme libre de la loi de Moïse et ouvert à l’hellénisme; Marie est une femme très estimée en tant que mère du Christ, mais professant, comme Pierre et Jacques, un judéo-christianisme fidèle aux exigences légales en vigueur dans la communauté de Jérusalem.
Pourtant, le lien entre Paul et Marie existe, puisque nous devons à l’apôtre le premier texte du Nouveau Testament où nous parlons du Christ comme « né d’une femme » (Ga 4: 4). En réfléchissant au plan du salut et en particulier à l’incarnation, Paul ne peut s’empêcher de se référer à cette femme d’Israël qui a généré le Messie.
Le cadre normatif pour l’annonce de Marie dans l’Église. Comme on le sait, les discours kérygmatiques de Pierre (Actes 2: 14-39; 3.12-26; 4.12-12; 5.29-32; 10.34-46) et de Paul (Actes 13: 16- 30; 17,22-31), visent à communiquer le contenu essentiel de l’histoire du salut: le Christ mort et ressuscité. Une seule fois, on fait référence à l’activité de guérison et d’exorcisation de Jésus après le baptême de Jean (Actes 10:38) et une seule fois est mentionnée la descendance davidique de Christ: « D’après sa lignée [David], conformément à la promesse, Dieu a amené un sauveur en Israël « (Actes 13:23).
Dans cette première phase, Maria n’est jamais nommée. La raison de ce silence sur la mère de Jésus est compréhensible: cela fait partie du silence plus général qui entoure toute l’histoire du Christ (qui fera l’objet d’une attention particulière de la part des évangélistes), car le centre d’intérêt des apôtres est: l’annonce du mystère pascal.
Paul brise le silence sur l’offrande de Marie dans Gal 4.4, le plus ancien témoignage marial du Nouveau Testament, qui remonte à 49 ans ou tout au plus à 57 ans après le Christ, soit vingt ans après l’Ascension.
L’occasion de la lettre aux Galates est l’infiltration de chrétiens judaïsants dans les communautés de Galatie, en Asie Mineure (Turquie actuelle), qui ont enseigné la validité de la loi juive qui n’a pas été abolie par le Christ. À ces derniers, il oppose son Évangile, c’est le salut par la foi en Christ. En tant que théologien authentique, Paul pose le dilemme suivant: qui nous sauve, Christ ou la loi?Si le salut vient de la loi, alors « Christ est mort en vain » (Gal 2, 21). Mais si Christ est le sauveur, la loi perd alors sa fonction et sa nécessité, de sorte que le peuple puisse croire et se faire baptiser sans passer de l’obéissance aux prescriptions de la mosaïque. Avec cette solution, qui rassemble l’accord des apôtres et des communautés, le christianisme cesse d’être un simple groupe juif (tout en maintenant sa foi monothéiste et sa profonde spiritualité) pour devenir une communauté universelle.
Dans ce contexte controversé contre les judaïsants, Paul introduit le texte de grand intérêt christologique dans lequel il mentionne « de manière tangentielle et anonyme » de Marie, la « femme » de laquelle est né Jésus: « Quand la plénitude du temps arriva, Dieu envoya son Fils, né d’une femme née sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous puissions recevoir l’adoption en tant que fils « (Ga 4: 4).
Malgré sa brièveté , le texte est considéré comme le plus grand intérêt marial, presque « un mariologie dans l’œuf », comme « noyau germinale » ouvert « à l’acquisition ultérieure du Nouveau Testament. »
L’historien des dogmes mariaux, Georg Söll, vient d’affirmer: « Du point de vue dogmatique, la déclaration de Gal 4,4 est le texte mariologique le plus significatif du NT, même si son importance n’a pas été pleinement ressentie par certains théologiens aujourd’hui. Avec Paolo commence l’engagement de la mariologie avec la christologie, précisément à travers l’attestation de la maternité divine de Marie et la première intuition d’une considération historique-salvifique de son sens ».
L’ importance du texte paulinien est donnée par le fait qu’il a une structure trinitaire et historique-salvifique.
Paul fait clairement référence au système d’envoi . Le sujet de la phrase est le Père, qui détermine la plénitude du temps, c’est-à-dire le moment propice au salut après la période de sujétion et de maturation (Gal 4: 1-2), et décide de l’envoi de son Fils. Ceux – ci, l’ ordre préexistant à envoyer, est dans le temps selon deux méthodes et les objectifs intimement liés et en face: né dans un état fragile ( né de la femme ) l’ esclavage edi ( né sous la loi ) en vue de la libération de l’ esclavage ( pour racheter ceux qui étaient sous la loi ) et du don de filiation divine rendu possible par l’Esprit (pourquoi nous avons reçu l’adoption d’un enfant , Gal 4,6).
Marie est la femme qui insère le Fils de Dieu dans l’histoire dans un état d’abaissement, mais elle se situe dans la plénitude du temps et se trouve impliquée dans le plan historique et salvifique de la transformation des hommes en fils de Dieu.
Dans les deux versets (Gal 4: 4-6), les personnes de la Trinité sont présentes dans un horizon historique salvifique, afin que nous puissions constater à juste titre que la femme dont est né le Christ est incompréhensible en dehors de sa relation avec les trois personnes divines et avec l’histoire du salut.
Le « mystère » de la femme dans Gal 4: 4f est totalement inséré dans un plan christologique-trinitaire-ecclésial et placé comme une garantie de la liberté effective des enfants de Dieu.
La femme, dont le nom n’est pas mentionné, est entièrement au service de l’événement salvifique qui engage toute la Trinité et profite à tous les hommes.
Nous pourrions dire que Marie est impliquée dans le « complot » de Dieu, mieux dans son « dessein » mystérieux et surprenant, pour le salut des êtres humains: « [Marie] est-elle qui porte Jésus-Christ en elle; mais il ne veut pas le garder pour lui-même, car c’est finalement celui qui l’amène au monde: en ce sens, il participe – comme l’Église – à ce qu’on pourrait appeler le « complot » de Dieu pour sauver le monde, et il peut être célébré comme celui qui il a introduit secrètement le Christ parmi les hommes, en qui le royaume de Dieu est présent ».
Le genre paradoxal pour parler de la mère du Christ. Dans la même étape courte de Gal 4.4 Paul utilise le sexe paradoxale, qui lui est cher (1 Co 1,21 à 31; 2 Co 5,21; 8,9; Rm 8,3 à 4), en mettant la réalité ensemble mixte ( paradoxe , du grec pará dóxa = à côté de l’opinion ): esclavage-rédemption, fragilité-filiation divine. Il existe en fait une relation antithétique entre la manière dont le Fils de Dieu se présente au monde et le but de sa venue.
En pratique, Paul applique à l’envoi de la Parole dans la condition humaine la loi historique et salvifique de l’ abaissement de l’exaltation qui lie la première alliance au Testament définitif.
Le renversement du destin est le message du livre d’Esther, où il est intronisé et répudié par Vasti, Mardochée est exalté et Amman assassiné. C’est surtout chez le Serviteur de JHWH que l’antithèse d’ abaissement-exaltation est réalisée : il est humilié par la persécution et la souffrance, mais est ensuite « exalté et grandement élevé » (Is 50: 6, 52, 13).
Lorsque la communauté chrétienne cherche un principe qui rend compréhensible l’histoire de Jésus, elle le trouve dans le schéma du juste souffrant et exalté. Dans cette ligne, il y a le célèbre hymne christologique pré-paulien de Phil 2,6-11, où nous passons de la phase d’humiliation qui atteint son apogée dans la mort de la croix à l’exaltation de Jésus en tant que Seigneur.
En ce qui concerne le texte de Paul, certaines questions se posent spontanément: comment le Christ « soumis à la loi » peut-il libérer ceux qui attendent d’être libérés? Et comment une « femme née », comme tous les êtres humains, peut-elle conférer la dignité d’enfants de Dieu?
Paul ne dissout pas ces énigmes, mais laisse ouvert le discours sur la façon dont le Christ vient au monde (par exemple, virginal et la puissance de l’Esprit , comme spécifié par les évangiles de l’enfance) ou est soumis à la loi (c’est-à-dire volontairement , sans être nécessaire). Le discours reste également ouvert sur le moment où il passera de l’humiliation à l’exaltation; un tel passage se produira sûrement pour Paul dans le mystère pascal, mais dans le passage de Gal 4,4, il reste implicite.
M air est lié à la kénose du Fils , c’est-à-dire à son incarnation dans un état de vide et de faiblesse, dont elle devient un élément indispensable.
Quatre siècles plus tard, Augustin reconnaîtra à Marie la mère de la « faiblesse » du Christ, « pas de sa divinité », l’ayant engendrée dans la condition humaine. De plus, les études bibliques et théologiques du XXe siècle relativisent la Vierge de Nazareth dans l’histoire spirituelle de son petit peuple, méprisé et piétiné par les grandes puissances. Elle fait partie des « pauvres de JHWH », le sommet spirituel d’Israël, en tant que femme à l’écoute de Dieu qui se révèle, à qui elle se donne totalement.
Bien qu’elle ait généré le Seigneur de l’univers, elle mène une vie sans privilèges terrestres, dans des situations de pauvreté et d’absence de pouvoir et d’influence. Sa kénose suprême est atteinte au Calvaire lorsqu’il éprouve l’épée de douleur. Cependant, le principe kénotique « serait incomplet et incomplet s’il n’était pas attribué à la Mère de Jésus, mais aussi à sa conséquence nécessaire qui est l’exaltation ».
L à kénose du Christ, qui participe Maria, n’est pas que le premier panneau d’un diptyque qui prévoit également l’état glorifié des deux. Theologumeno historique-salvifique de l’abaissement-exaltation que la Vierge applique à son affaire dans le Magnificat(Lc 1,47-48), peut aujourd’hui se traduire par marginalisation-promotion, passivité-insertion active dans l’histoire, vide des valeurs-plénitude de sens: Dieu a transformé son insignifiance en un moment de salut messianique. L’image kénotique de Marie contrebalance sa tendance glorifiante, qui l’a privée de sa consistance concrète en tant que femme insérée dans l’histoire du judaïsme, atteignant une certaine déshumanisation de sa silhouette.

Stefano De Fiores, smm

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

8 février, 2019

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-5e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Laissant-tout-ils-le-suivirent_a878.html

imm ciottoli  frpesca miracolosa 01 - Copia

pêche miraculeuse

HOMÉLIE POUR LE 5E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE C « LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT »

Les ados d’aujourd’hui comme ceux d’hier se demandent tous un jour ou l’autre ce qu’ils feront daans la vie. C’est une question qu’ils porteront pendant de nombreuses années pour certains et certaines. Pour d’autres la voie est toute tracée. Leur choix ne les préoccupe pas. Ils suivront les traces d’un père ou d’une mère. Ils se lanceront dans un domaine qui les passionne déjà. Pour plusieurs, le chemin sera plus long. Il se fera à travers des hauts et des bas. Des essais et des échecs. C’est la vie dira-t-on… Nous sommes ici sur le terrain du choix d’un travail ou d’une profession.
Il en va ainsi pour la personne croyante qui désire décuvrir son chemin, sa vocation car, comme le dit le Concile Vatican II, chacun et chacune a un appel personnel de Dieu à vivre, une vocation personnelle (Constitution sur l’Église nos 40 et 41), ce que le pape François décrit ainsi : « Ce qui importe, écrit-il, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. » (Exhortation Gaudete et Exsultate sur la sainteté n. 11)
Nous avons dans les trois textes des lectures d’aujourd’hui trois récits de vocations qui ont été vécues par des personnes comme nous qui ont été l’objet d’un choix particulier de Dieu. À cause de circonstances particulières, le chemin déjà poursuivi a pris pour elles une direction nouvelle et inattendue. C’est ce qui est arrivé à Isaïe, à saint Paul et aux apôtres Pierre, Jacques et Jean.

I – La vocation du prophète Isaïe
Commençons par Isaïe. Quelle description flamboyante que celle de la vocation du prophète Isaïe! On sait qu’il a vécu au temps du roi Ozias (ou Aazrias) vers 760 avant Jésus-Christ. Il était un juif pieux, dévoué pour les autres et sa vie se déroulait paisiblement. C’est alors qu’est survenu ce moment de rencontre avec Dieu où il entend un appel qu’il ne peut refuser.
Le cadre de cet appel le situe au service de son peuple que Dieu veut stimuler pour qu’il vive mieux l’Alliance conclue avec Abraham. Il sera comme le tisonnier qui ranime la flamme. Il devra parler haut et fort au nom de Dieu, une mission qu’il n’avait jamais entrevue, une mission pour laquelle il se sent démuni.
Et pourtant le Seigneur l’a choisi. Comme plusieurs autres avant lui , notamment le prophète Samuel (cf. Samuel 3, 9-10) sa réponse sera « Me voici : envoie-moi ! »
Sa vie aura basculé pour toujours. Il sera un des quatre grands prophètes de l’Ancien Testament qui sont, en plus de lui, Jérémie, Ézéchiel et Daniel.

II – Le cas de saint Paul
La deuxième vocation particulière qui nous est présentée aujourd’hui est celle de saint Paul comme prédicateur de l’Évangile, un ministère qu’il a rempli pendant de nombreuses années autour de la Méditerranée avant d’être amené à Rome comme prisonnier et d’y être mis à mort.
Son histoire que vous connaissez commence avec une implication comme jeune juif pharisien consacré à l’étude de la Loi et des Écritures Saintes. Il semble y avoir pris beaucoup de plaisir. Et c’est pour défendre cette Loi qu’il devient persécuteur des juifs convertis au message de Jésus, les chrétiens, qui apportent le message d’une Loi Nouvelle reçue d’un certain Jésus de Nazareth. Puis c’est la rencontre de ce Jésus sur le chemin de Damas. Il en sera transformé pour le restant de sa vie. Il deviendra l’apôtre des païens et il passera son temps désormais à annoncer la Bonne Nouvelle reçue en Jésus, son Évangile qui devient sa seule raison de vivre cf. I Corinthiens 9, 16, Philippiens 3, 3-8.
Il sera le plus grand des évangélisateurs, des missionnaires de la religion chrétienne qui nous inspire encore aujourd’hui par ses lettres que nous lisons à chaque dimanche. Humblement mais fièrement, il revendique le nom d’Apôtre au même titre que les Douze choisis par Jésus. La deuxième lecture que nous venons d’entendre en témoigne : « Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi ».

III – Les apôtres Pierre, Jacques et Jean
Venons maintenant à l’évangile qui nous raconte un appel particulier pour les trois apôtres dont il est question dans ce récit de la pêche miraculeuse que nous venons d’entendre. Ce sont Pierre qui s’appelait Simon avant que Jésus le nomme Pierre pour signifier qu’il est le roc sur lequel les autres pourront s’appuyer et les deux frères, Jacques et Jean, remplis d’énergie dont le surnom était « Boanergès » (Marc 3, 17) qui veut dire « fils du tonnerre ».
Ces trois pêcheurs se connaissent depuis longtemps. Ils œuvrent ensemble et se donnent la main pour leur métier. Ils ont déjà rencontré Jésus auparavant en fréquentant Jean-Baptiste. Ils ont décidé de suivre Jésus tout en continuant leur métier. La belle-mère de Pierre a été guérie par Jésus qui fréquentait la maison de Pierre à Capharnaüm. Ce ne sont donc pas des étrangers pour Jésus. Ils sont déjà des gens qui ont choisi de le suivre. Ils ont une totale confiance en lui et sur sa parole ils relancent leurs filets : « Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Tout surpris, Ils ramènent plein de poissons. Pour Jésus cette pêche miraculeuse est le signe de ce qu’il attend d’eux. Il dit alors à Pierre « « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » », Jésus renvoie ainsi Pierre, Jacques et Jean à l’image de leur métier, mais il en change la teneur. Ils parcourrons la mer du monde pour y rencontrer les gens de toutes nations, de toutes cultures et de tous pays et leur annoncer la Bonne Nouvelle.
Ce qui se passe dans cet épisode de la pêche miraculeuse est un virage majeur que prend leur vie qui ne sera plus jamais la même : leur vocation désormais sera celle d’être apôtres, protagonistes et diffuseurs du message de Jésus. « Et, laissant tout, ils le suivirent ».
Ce qu’ils ont fait avec cœur puisqu’après la Pentecôte ils sont partis chacun de son côté et ils ont jeté les bases de l’Église que nous connaissons aujourd’hui. Ils sont vénérés par tous les chrétiens comme les piliers de l’Église. C’est leur témoignage de la Résurrection de Jésus qu’ils avaient suivi sur les routes de Galilée qui allumera la foi de leurs compatriotes puis des générations subséquentes. L’Évangile grâce à eux et à leurs successeurs se répandra dans le monde entier selon le souhait de leur Maître « « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ». (Marc 16, 15)

Conclusion
Ces trois récits présentent des vocations spéciales, qui peuvent nous inspirer nous aussi dans la découverte de notre vocation personnelle. Comme Isaïe, Paul, Pierre, Jacques et Jean nous pouvons être ou devenir des personnes qui répondent avec empressement à des appels clairs de Dieu dans nos vies. Ces appels ne sont peut-être pas aussi éclatants que ceux d’Isaïe, de Paul ou de Pierre, Jacques et Jean, mais ils sont bien là. Si on prend le temps d’écouter la voix de l’Esprit en nous, nous découvrirons comment vivre aujourd’hui dans l’amour de Dieu avec confiance et avec conviction. Point n’est besoin de quitter son emploi ou de laisser son foyer. Il suffit de vivre l’instant présent sous le regard de Dieu.
Pour ce faire, je vous conseille, une pratique qui consiste à répéter une ou des phrases qui nous inspirent comme « À toi Seigneur, la gloire, l’honneur et la louange » ou encore la prière dite la prière de Jésus « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou encore « Je te rends grâce, Seigneur, pour telle personne que je viens de rencontrer, pour le soleil qui brille aujourd’hui, pour… etc. »
Que notre messe soit pour nous une action de grâces pour ce que Dieu fait en nous et un moment où nous lui redisons notre disponibilité pour le servir de la façon qu’il a prévue pour nous. « Seigneur me voici! »
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
5 février 2019
_______________________

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – « Abba, Père. »

7 février, 2019

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2019/documents/papa-francesco_20190116_udienza-generale.html

Abba Père

Abba Père

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – « Abba, Père. »

Salle Paul VI

Mercredi 16 janvier 2019

Chers frères et sœurs, bonjour!

En poursuivant les catéchèses sur le «Notre Père», nous partons aujourd’hui de l’observation que, dans le Nouveau Testament, la prière semble vouloir arriver à l’essentiel, jusqu’à se concentrer en un seul mot:
Nous avons écouté ce qu’écrit saint Paul dans la Lettre aux Romains: «Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père!» (8, 15). Et l’apôtre dit aux Galates: «Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père!» (Ga 4, 6). A deux reprises revient la même invocation, dans laquelle se condense toute la nouveauté de l’Evangile. Après avoir connu Jésus et écouté sa prédication, le chrétien ne considère plus Dieu comme un tyran à craindre, il n’en a plus peur mais il sent s’épanouir dans son cœur la confiance en Lui: il peut parler avec le Créateur en l’appelant «Père». L’expression est tellement importante pour les chrétiens qu’elle a souvent été conservée intacte sous sa forme originelle: «Abba».
Il est rare que dans le Nouveau Testament les expressions araméennes ne soient pas traduites en grec. Nous devons imaginer que dans ces mots araméens, la voix de Jésus lui-même est restée comme «enregistrée»: on a respecté la langue de Jésus. Dans le premier mot du «Notre Père», nous trouvons immédiatement la nouveauté radicale de la prière chrétienne.
Il ne s’agit pas seulement d’utiliser un symbole — dans ce cas, la figure du père — à lier au mystère de Dieu; il s’agit en revanche d’avoir, pour ainsi dire, tout le monde de Jésus déversé dans son propre cœur. Si nous effectuons cette opération, nous pouvons prier avec vérité le «Notre Père». Dire «Abba» est quelque chose de beaucoup plus intime, plus émouvant que d’appeler simplement Dieu «Père». Voilà pourquoi certains ont proposé de traduire ce mot araméen originel «Abba» par «Papa» ou «petit Papa». Au lieu de dire «Notre Père», dire «Papa, petit Papa». Nous continuons à dire «Notre Père», mais avec notre cœur nous sommes invités à dire «Papa», à avoir un rapport avec Dieu comme celui d’un enfant avec son père, qui dit «papa» et qui dit «petit Papa». En effet, ces expressions évoquent l’affection, évoquent la chaleur, quelque chose qui nous projette dans le contexte de l’âge de l’enfance: l’image d’un enfant complètement enveloppé par les bras d’un père qui éprouve une tendresse infinie pour lui. C’est pour cela, chers frères et sœurs, que pour bien prier, il faut arriver à avoir un cœur d’enfant. Pas un cœur empli de suffisance: ainsi on ne peut pas bien prier. Comme un enfant dans les bras de son père, de son papa, de son petit papa.
Mais ce sont certainement les Evangiles qui nous introduisent le mieux dans le sens de ce mot. Que signifie pour Jésus ce mot? Le «Notre Père» prend sens et couleur si nous apprenons à le réciter après avoir lu, par exemple, la parabole du père miséricordieux, dans le chapitre 15 de Luc (cf. Lc 15, 11-32). Imaginons cette prière prononcée par le fils prodigue, après avoir fait l’expérience de l’étreinte de son père qui l’avait longuement attendu, un père qui ne se rappelle pas les paroles offensives qu’il lui avait adressées, un père qui, à présent, lui fait simplement comprendre combien il lui a manqué. Nous découvrons alors comment ces paroles prennent vie, prennent force. Et nous nous demandons: est-il possible que Toi, ô Dieu, tu connaisses seulement l’amour? Tu ne connais pas la haine? Non — répondrait Dieu — je connais seulement l’amour. Où est en Toi la vengeance, la prétention de justice, la colère pour ton honneur blessé? Et Dieu répondrait: Je connais seulement l’amour.
Le père de cette parabole a dans ses manières de faire quelque chose qui rappelle beaucoup l’âme d’une mère. Ce sont surtout les mères qui excusent leurs enfants, qui les couvrent, qui n’interrompent pas l’empathie à leur égard, qui continuent à aimer, même quand ceux-ci ne mériteraient plus rien.
Il suffit seulement d’évoquer cette expression — Abba — pour que se développe une prière chrétienne. Et saint Paul, dans ses lettres, suit cette même route, et il ne pourrait en être autrement, parce que c’est la route enseignée par Jésus: dans cette invocation, il y a une force qui attire tout le reste de la prière.
Dieu te cherche, même si tu ne le cherches pas. Dieu t’aime, même si tu l’as oublié. Dieu aperçoit en toi une beauté, même si tu penses avoir gaspillé inutilement tous tes talents. Dieu n’est pas seulement un père, il est comme une mère qui ne cesse jamais d’aimer sa créature. D’autre part, il y a une «gestation» qui dure pour toujours, bien au-delà des neuf mois de celle physique; c’est une gestation qui engendre un circuit infini d’amour.
Pour un chrétien, prier est simplement dire «Abba», dire «Papa», dire «petit Papa», dire «Père» mais avec la confiance d’un enfant.
Il se peut qu’il nous arrive également de marcher sur des sentiers éloignés de Dieu, comme cela est arrivé au fils prodigue; ou bien de tomber dans une solitude qui fait que nous nous sentons abandonnés dans le monde; ou, encore, de nous tromper et d’être paralysés par un sentiment de culpabilité. Dans ces moments difficiles, nous pouvons encore trouver la force de prier, en recommençant par le mot «Père», mais dit avec le sens tendre d’un enfant: «Abba», «Papa». Il ne nous cachera pas son visage. Rappelez-vous bien cela: peut-être quelqu’un a-t-il en lui de vilaines choses, des choses qu’il ne sait pas comment résoudre, tant d’amertume pour avoir fait cela et encore cela… Il ne cachera pas son visage. Il ne se fermera pas dans le silence. Tu lui dis «Père» et il te répondra. Tu as un père. «Oui, mais je suis un voyou…». Mais tu as un père qui t’aime! Dis-lui «Père», commence à prier ainsi, et dans le silence il nous dira qu’il ne nous a jamais perdus de vue. «Mais, Père, j’ai fait cela…» — «Je ne t’ai jamais perdu de vue, j’ai tout vu. Mais je suis toujours resté là, près de toi, fidèle à mon amour pour toi». Cela sera la réponse. N’oubliez jamais de dire «Père». Merci.
Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, en particulier les jeunes de Bordeaux et de Lyon. A la veille de l’ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, je vous invite à nous tourner ensemble vers notre Père commun, en lui disant nous aussi Abba ! Que Dieu vous bénisse !

CATÉCHÈSE DE BENOÎT XVI, LA  »BEAUTÉ DE LA CRÉATION » 2007)

5 février, 2019

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2609075_catechese

chinese_lantern_plant_red_beautiful_hanging_heart_love_alone_brunch-1377741

chinese lantern, flowers

CATÉCHÈSE DE BENOÎT XVI, LA  »BEAUTÉ DE LA CRÉATION » 2007)

Audience générale du saint Père

Le Pape Benoît XVI à l’Audience Générale : « Dans la Création nous trouvons l’échelle pour monter vers Dieu ». Il invite les religieux à l’austérité
Dans la  »beauté de la Création » on peut voir le visage de Dieu, et donc  » la création devient presque une échelle pour monter vers Dieu, pour connaître Dieu  ». C’est ce qu’a affirmé Benoît XVI pendant l’audience générale, ce matin, Place Saint Pierre en s’arrêtant sur l’enseignement de Saint Jean Chrysostome, un des principaux pères apostoliques, qui a vécu entre le quatrième et cinquième siècle.
Le Pape se référait à la Genèse, dans laquelle le premier pas indique que  »par la transparence de Dieu dans la création, nous pouvons percevoir, presque voir Dieu, monter vers Dieu  ».  » Ce Dieu créateur est même un Dieu de la condescendance  ».  » Nous sommes des faibles – a expliqué le Saint Père devant plus de vingt mille fidèles présents, nos yeux sont faibles, et c’est pourquoi Dieu, dit Chrysostome, envoie à l’homme déchu et étranger, une lettre, la Sainte Écriture, de sorte que création et écriture se complètent.

Texte intégral de la catéchèse du Saint Père

Chers frères et sœurs !
Nous poursuivons aujourd’hui notre réflexion sur saint Jean Chrysostome. Après la période passée à Antioche, il fut nommé en 397, évêque de Constantinople, la capitale de l’Empire romain d’Orient. Dès le début, Jean projeta la réforme de son Eglise : l’austérité du palais épiscopal devait constituer un exemple pour tous : clergé, veuves, moines, personnes de la cour et riches. Malheureusement, un grand nombre d’entre eux, concernés par ses jugements, s’éloignèrent de lui. Plein d’attention à l’égard des pauvres, Jean fut également appelé l’« aumônier ». En effet, en administrateur attentif, il avait réussi à créer des institutions caritatives très appréciées. Son esprit d’entreprise dans les divers domaines fit de lui pour certains un dangereux rival. Toutefois, en véritable pasteur, il traitait chacun de manière cordiale et paternelle. En particulier, il avait toujours des accents tendres pour la femme et des attentions spéciales pour le mariage et la famille. Il invitait les fidèles à participer à la vie liturgique, qu’il rendit splendide et attrayante grâce à une créativité de génie.
Malgré son bon cœur, il ne connut pas une vie tranquille. Pasteur de la capitale de l’Empire, il se trouva souvent impliqué dans des questions et des intrigues politiques, en raison de ses relations permanentes avec les autorités et les institutions civiles. De même, sur le plan ecclésiastique, ayant déposé en Asie en 401 six évêques illégitimement élus, il fut accusé d’avoir franchi les limites de sa juridiction, et devint ainsi la cible d’accusations faciles. Un autre prétexte contre lui fut la présence de plusieurs moines égyptiens, excommuniés par le patriarche Théophile d’Alexandrie et qui s’étaient réfugiés à Constantinople. Une vive polémique naquit ensuite en raison des critiques faites par Jean Chrysostome à l’égard de l’impératrice Eudoxie et de ses courtisanes, qui réagirent en jetant sur lui le discrédit et des insultes. On arriva ainsi à sa déposition, lors du synode organisé par le patriarche Théophile lui-même en 403, avec pour conséquence une condamnation à un premier bref exil. Après son retour, l’hostilité suscitée contre lui par la protestation contre les fêtes en l’honneur de l’impératrice – que l’évêque considérait païennes et luxueuses – et l’expulsion des prêtres chargés des baptêmes lors de la veillée pascale de 404 marquèrent le début de la persécution des fidèles de Chrysostome, qu’on appelait les « Johannites ».
Jean dénonça alors les faits, par écrit, à l’évêque de Rome, Innocent Ier. Mais il était désormais trop tard. En l’an 406, il dut à nouveau s’exiler, cette fois à Cucuse, en Arménie. Le pape était convaincu de son innocence, mais n’avait pas le pouvoir de l’aider. Un Concile, voulu par Rome pour parvenir à une pacification entre les deux parties de l’Empire et entre leurs Eglises, ne put avoir lieu. Le voyage épuisant de Cucuse vers Pytius, un objectif qu’il n’atteint jamais, devait empêcher les visites des fidèles et briser la résistance de l’exilé, épuisé : sa condamnation à l’exil fut une véritable condamnation à mort ! Les nombreuses lettres de son exil, dans lesquelles Jean manifeste ses préoccupations pastorales avec des accents de participation et de douleur pour les persécutions contre les siens, sont émouvantes. La marche vers la mort s’arrêta à Comana dans le Ponto. C’est là que Jean, moribond, fut conduit dans la chapelle du martyre saint Basilisque, où il rendit son esprit à Dieu et fut enseveli, martyr à côté d’un martyr (Pallade, Vie 119). C’était le 14 septembre 407, fête de l’Exaltation de la sainte Croix. Sa réhabilitation eut lieu en 438 avec Théodose II. Les reliques du saint évêque, déposées dans l’église des Apôtres, à Constantinople, furent ensuite transportées à Rome en 1204, dans la Basilique constantinienne primitive, et elles reposent à présent dans la chapelle du Chœur des Chanoines de la Basilique Saint-Pierre. Le 24 août 2004, une partie importante de ces reliques fut donnée par le pape Jean-Paul II au patriarche Bartholomée Ier de Constantinople. La mémoire liturgique du saint est célébrée le 13 septembre. Le bienheureux Jean XXIII le proclama patron du Concile Vatican II.
On dit de Jean Chrysostome que, lorsqu’il fut assis sur le trône de la nouvelle Rome, c’est-à-dire de Constantinople, Dieu fit voir en lui un deuxième Paul, un docteur de l’Univers. En réalité, chez Chrysostome, il existe une unité substantielle entre la pensée et l’action, à Antioche comme à Constantinople. Seuls le rôle et les situations changent. En méditant sur les huit œuvres accomplies par Dieu dans la séquence des six jours dans le commentaire de la Genèse, Chrysostome veut reconduire les fidèles de la création au Créateur : « C’est un grand bien », dit-il, « de connaître ce qu’est la créature et ce qu’est le Créateur ». Il nous montre la beauté de la création et la transparence de Dieu dans sa création, qui devient ainsi presque comme une « échelle » pour monter vers Dieu, pour le connaître. Mais à ce premier passage s’en ajoute un deuxième : ce Dieu créateur est également le Dieu de la condescendance (synkatabasis). Nous sommes faibles dans notre démarche de « monter », nos yeux sont faibles. Et ainsi, Dieu devient le Dieu de la condescendance, qui envoie à l’homme déchu et étranger une lettre, l’Ecriture Sainte, si bien que la Création et l’Ecriture se complètent. Dans la lumière de l’Ecriture, de la Lettre que Dieu nous a donnée, nous pouvons déchiffrer la création. Dieu est appelé « père tendre » (philostorgios) (ibid.), médecin des âmes (Homélie 40, 3 sur la Genèse), mère (ibid.) et ami affectueux (Sur la providence 8, 11-12). Mais, à ce deuxième passage – tout d’abord la Création comme « échelle » vers Dieu, et ensuite la condescendance de Dieu à travers une lettre qu’il nous a donnée, l’Ecriture Sainte – s’ajoute un troisième passage. Dieu ne nous transmet pas seulement une lettre : en définitive, il descend lui-même, il s’incarne, il devient réellement « Dieu avec nous », notre frère jusqu’à la mort sur la Croix. Et à ces trois passages – Dieu est visible dans la création, Dieu nous donne une lettre, Dieu descend et devient l’un de nous – s’ajoute à la fin un quatrième passage. A l’intérieur de la vie et de l’action du chrétien, le principe vital et dynamique de l’Esprit (Pneuma), qui transforme les réalités du monde. Dieu entre dans notre existence elle-même à travers l’Esprit Saint et il nous transforme de l’intérieur de notre cœur.
C’est dans ce cadre que Jean, précisément à Constantinople, dans le commentaire continu des Actes des Apôtres, propose le modèle de l’Eglise primitive (Ac 4, 32-37), comme modèle pour la société, en développant une « utopie » sociale (presque une « cité idéale »). En effet, il s’agissait de donner une âme et un visage chrétien à la ville. En d’autres termes, Chrysostome a compris qu’il n’est pas suffisant de faire l’aumône, d’aider les pauvres ponctuellement, mais il est nécessaire de créer une nouvelle structure, un nouveau modèle de société ; un modèle fondé sur la perspective du Nouveau Testament. C’est la nouvelle société qui se révèle dans l’Eglise naissante. Jean Chrysostome devient donc réellement ainsi l’un des grands Pères de la Doctrine sociale de l’Eglise : la vieille idée de la « polis » grecque doit être remplacée par une nouvelle idée de cité inspirée par la foi chrétienne. Chrysostome soutenait avec Paul (cf. 1 Co 8, 11) le primat de chaque chrétien, de la personne en tant que telle, également de l’esclave ou du pauvre. Son projet corrige ainsi la vision grecque traditionnelle de la « polis », de la cité, dans laquelle de larges couches de la population étaient exclues des droits de citoyen, alors que dans la cité chrétienne, tous sont frères et sœurs avec des droits égaux. Le primat de la personne est également la conséquence du fait que c’est réellement à partir d’elle que l’on construit la cité, alors que dans la « polis » grecque, la patrie était au-dessus de l’individu, qui était totalement subordonné à la cité dans son ensemble. Ainsi, Chrysostome définit la vision d’une société construite par la conscience chrétienne et il nous dit que notre « polis » est une autre, « notre patrie est dans les cieux » (Ph 3, 20) et, même sur cette terre, cette patrie nous rend tous égaux, frères et sœurs, et nous oblige à la solidarité.
Au terme de sa vie, dans son exil aux frontières de l’Arménie, « le lieu le plus reculé du monde », Jean, se rapportant à sa première prédication de 386, reprit le thème qui lui était cher du dessein que Dieu poursuit à l’égard de l’humanité : c’est un dessein « indicible et incompréhensible », mais certainement guidé par Lui avec amour (cf. Sur la Providence 2, 6). Telle est notre certitude. Même si nous ne pouvons pas déchiffrer les détails de l’histoire personnelle et collective, nous savons que le dessein de Dieu est toujours inspiré par son amour. Ainsi, malgré ses souffrances, Chrysostome réaffirmait la découverte que Dieu aime chacun de nous avec un amour infini, et désire donc le salut de tous. Pour sa part, le saint évêque coopéra généreusement à ce salut, sans ménager ses forces, toute sa vie. En effet, il considérait comme le but ultime de son existence cette gloire de Dieu, que – désormais mourant – il laissa comme dernier testament : « Gloire à Dieu pour tout ! » (Pallade, Vie 11).

 

SPIRITUALITE. L’INTERPRÉTATION CHRÉTIENNE DES RÊVES

4 février, 2019

https://www.avvenire.it/agora/pagine/i-sogni-dei-cristiani

la scala di giacobbe

L’échelle de Jacob

(traduction Google de l’italien)

SPIRITUALITE. L’INTERPRÉTATION CHRÉTIENNE DES RÊVES

Andrea Galli jeudi 28 juin 2012

Les rêves contiennent-ils un message? Sont-ils porteurs des mouvements de l’Esprit? Peuvent-ils être déchiffrés et utilisés comme indications de leur vie? La question n’est pas pèlerine, elle remonte à l’aube de l’expérience religieuse. L’onomomanie, la divination basée sur les rêves, était une pratique répandue dans l’Antiquité, de la Chine à l’Inde en passant par la civilisation babylonienne. Dans la Grèce antique, on croyait que pendant son sommeil, Asclepius, le dieu de la médecine, rendait visite à la personne pour l’inspirer, la guérir ou la guider. Les malades se rendirent à l’asclépexisme – il y en avait un également à Rome sur l’île Tibérine, construite en 289 av. J.-C. À leur arrivée, les ministres du temple évaluèrent les besoins du pèlerin qui, après avoir effectué des rituels de purification, fut admis dans un dortoir sacré sous terre et passé la nuit là-bas. Asclepius serait apparu dans un rêve et aurait opéré le mal ou indiqué, avec des scènes symboliques, un traitement. Une croyance qui contrebalançait l’esprit rationnel d’Aristote, qui ne voyait pas les révélations divines dans le rêve, mais plutôt la libération des stimuli sensoriels qui avaient affecté le corps pendant la veillée. Au XXe siècle, le problème des rêves et leur interprétation réapparurent « haute » culture grâce à Freud et à la psychanalyse, le rêve lu dans une clé immanente, comme manifestation de désirs inconscients. Les neurosciences aussi, à partir de la seconde moitié du siècle dernier, se sont lancés sur le terrain, sans toutefois clarifier le coeur de la question: non seulement sur la genèse et la signification biologique du rêve, on tâtonne encore dans le noir, entre des hypothèses plus ou moins accréditées , mais c’est le même phénomène du sommeil – de ses fins profondes – qui reste en grande partie une énigme pour les neurosciences. Le retour de l’association entre rêve et vie spirituelle est dû au cours des dernières décennies à l’influence croissante de celui qui a ouvert la psychanalyse aux thèmes religieux, à savoir Carl Gustav Jung, et à ce mouvement composite et syncrétiste qui est généralement classé comme New âge. Dans le monde anglo-saxon, des auteurs new-age comme Betty Bethards, Gillian Holloway ou Michael Lennox ont prospéré au pays des rêves. L’Australien Adam F. Thompson est venu fonder avec d’autres une église, le « Field of Dreams », axée sur des rêves destinés à être des révélations surnaturelles. Devant ce panorama, Gérard Condon, prêtre catholique du diocèse de Cloyne en Irlande, ancien directeur du Collège pontifical irlandais à Rome, il s’est demandé si la théologie et la spiritualité catholiques ne « déroutaient » pas de la piscologie et du nouvel âge, un sujet qui serait plutôt de leur ressort. Et ils ne se sont pas rendus compte qu’il y avait une demande généralisée parmi les croyants pour un guide du monde des « apparitions » nocturnes. La Bible et l’histoire des saints témoignent de la signification spirituelle des rêves. Dans la Genèse, Dieu parle à Jacob en rêve, lui montrant la fameuse échelle qui mène au ciel. Joseph, fils de Jacob, devient, lors de son emprisonnement en Égypte, un interprète précieux des rêves, ainsi que le prophète Daniel à la cour de Nebucadnetsar. Et avant la bataille contre Nicanore, Judas Maccabeus encourage ses hommes en leur racontant un rêve qui prédit la victoire: dans l’Évangile de Matthieu, Joseph reçoit dans ce rêve la nouvelle de la conception surnaturelle de Marie. Dans un rêve, Dieu avertit les mages d’éviter d’Hérode et de retourner dans leur pays. Et toujours dans un rêve, Joseph est d’abord invité à fuir avec Marie et Jésus en Égypte, puis il est averti de la mort d’Hérode et de la possibilité de retourner en Israël. Pour les saints, la liste serait très longue, mais le cas de Don Bosco mérite d’être mentionné, sa vie a été remplie de nombreux rêves prémonitoires. À partir de ce qu’il avait à neuf ans et qui est réapparu longtemps, avec des décors et des détails différents, dans lequel Jésus et la Vierge ont éclipsé sa mission d’évangélisateur de la jeunesse. Mais l’approche de Gérard Condon,Le pouvoir des rêves, publié récemment pour les Edizioni Messaggero Padova (pages 240, euro 14), ne semble pas toucher à la cible, pour la méthodologie sur laquelle il repose. En d’autres termes, la tentative de changer l’analyse des rêves de Jung en les filtrant. Condon n’est pas le seul à avoir essayé cette voie, d’autres religieux l’ont essayé au fil des ans – un cas notoire est celui de l’Américaine Ursuline Pat Brockman, formée à l’Institut CG Jung de Zurich -, mais elle a glissé sur un terrain insidieux, étant donné l’impossibilité pour récupérer Jung, et aussi sa lecture des rêves, d’un point de vue catholique. En particulier pour le rôle divinatoire attribué à l’irrationnel onirique par le psychanalyste suisse – renforcé en lui par le contact avec les sorciers de la tribu ougandaise des elgonyi, lors de son voyage en Afrique en 1925 – à la fois pour la conception du mal inhérent à la divinité, pour la conception de la matrice gnostique-alchimique, d’où découle le dépassement de l’idée de péché et l’intégration nécessaire du bien et du mal également dans la dimension éthique de L’approche catholique des rêves et de leur interprétation se trouve, même s’il est à contre-jour, dans le livre de Condon. Ce qui souligne à juste titre que les révélations de rêves déjà dans l’Ancien Testament étaient sujettes à critique. Dans le Deutéronome, il y a condamnation de la divination. Jérémie et Zacharie stigmatisent ceux qui prétendent savoir discerner la volonté de Dieu à partir de rêves. Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour rêve, De là découle le dépassement de l’idée de péché et l’intégration nécessaire du bien et du mal également dans la dimension éthique de l’homme.L’approche catholique du rêve et de son interprétation se trouve, même à contre-jour, dans le livre de Condon. Ce qui souligne à juste titre que les révélations de rêves déjà dans l’Ancien Testament étaient sujettes à critique. Dans le Deutéronome, il y a condamnation de la divination. Jérémie et Zacharie stigmatisent ceux qui prétendent savoir discerner la volonté de Dieu à partir de rêves. Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour rêve, De là découle le dépassement de l’idée de péché et l’intégration nécessaire du bien et du mal également dans la dimension éthique de l’homme.L’approche catholique du rêve et de son interprétation se trouve, même à contre-jour, dans le livre de Condon. Ce qui souligne à juste titre que les révélations de rêves déjà dans l’Ancien Testament étaient sujettes à critique. Dans le Deutéronome, il y a condamnation de la divination. Jérémie et Zacharie stigmatisent ceux qui prétendent savoir discerner la volonté de Dieu à partir de rêves. Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour rêve, Ce qui souligne à juste titre que les révélations de rêves déjà dans l’Ancien Testament étaient sujettes à critique. Dans le Deutéronome, il y a condamnation de la divination. Jérémie et Zacharie stigmatisent ceux qui prétendent savoir discerner la volonté de Dieu à partir de rêves. Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour rêve, Ce qui souligne à juste titre que les révélations de rêves déjà dans l’Ancien Testament étaient sujettes à critique. Dans le Deutéronome, il y a condamnation de la divination. Jérémie et Zacharie stigmatisent ceux qui prétendent savoir discerner la volonté de Dieu à partir de rêves. Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour rêve,fauteur de troubles, n’apparaît que sept fois. Athanase d’Alexandrie, parmi les pères de l’Église, avertit que, dans leur sommeil, les démons jouissent d’une plus grande liberté d’action. Tertullian, qui reconnaît que Dieu peut parler au dormeur, soutient que la plupart des rêves spirituels sont inspirés par les démons. Grégoire le Grand se prononce clairement contre l’interprétation des rêves, mais la position catholique a été synthétisée et clarifiée avant tout par Thomas Aquinas dans la Summa theological. Pour le médecin angélique, les rêves peuvent être principalement influencés par les conditions physiques et psychologiques du rêveur. Quant à l’influence surnaturelle, elle est parfois démoniaque et «parfois référable à Dieu, qui révèle certaines choses aux hommes rêveurs par l’intermédiaire des anges». L’utilisation délibérée des rêves pour obtenir des dons spirituels est donc illicite. comme assimilable à la divination. Alors que les rêves de messages divins sont des dons de Dieu, il ne faut pas les chercher. Et c’est cet équilibre et cette prudence qui sont présents dans le bel antienne qui est récité dans la prière de Complies, avant de se coucher: « Dans la veillée qui sauve nous Seigneur, ne nous abandonne pas dans le sommeil: le cœur veille sur Christ et le corps repose en paix » .

12345...1184