LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

PRIÈRE DU CHARTREUX AUGUSTIN GUILLERAND SUR LA SAGESSE

20 août, 2018

http://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-du-Chartreux-Augustin-Guillerand-sur-la-Sagesse

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PRIÈRE DU CHARTREUX AUGUSTIN GUILLERAND SUR LA SAGESSE

Voici une Prière de louanges à la Sagesse de Dieu « Votre Sagesse, ô mon Dieu, c’est ce Regard dépassant les temps et les lieux » de Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Moine chartreux à la Valsainte en Suisse puis Aumônier des moniales chartreuses de San Francesco près de Turin et enfin Moine à la Grande Chartreuse en France.

La Prière d’Augustin Guillerand « Votre Sagesse, ô mon Dieu, c’est ce Regard dépassant les temps et les lieux » :

« Vous êtes, ô mon Dieu, l’Ordre infini. L’ordre qui règne ici-bas est merveilleux. Ce que nous pouvons en entrevoir nous éblouit, et ce que nous voyons est si peu ! Vous êtes tellement l’Ordre que même les désordres le procurent ! Vous avez l’art, le grand art, de faire de l’harmonie avec des dissonances. Il faut savoir dépasser, il est vrai, pour reconnaître cette Ordre suprême, la durée éphémère, les circonstances présentes, ce qui n’est pas, et attendre que le présent passager et superficiel ait produit ce que voyait votre Regard éternel et voulait votre Amour immense. Votre Sagesse, ô mon Dieu, c’est ce Regard dépassant les temps et les lieux et c’est ce Vouloir s’élevant au-dessus du passager. Elle est faite d’intelligence qui ordonne et d’amour qui se donne. L’ordre est le fils de l’intelligence et la volonté, nées du même fond profond, semble néanmoins se diviser. Je parlerai plus exactement en disant « semblent se distinguer », car distinction n’est pas division. En Vous, ô mon Dieu, où tout est un, elles ne font qu’un. La sagesse est l’acte unique dans lequel Vous vous connaissez dans votre Amour et Vous vous aimez en Vous connaissant. La Sagesse est votre Verbe, Lumière qui Vous montre, Parole qui Vous exprime, Image qui Vous représente, Rayon substantiel qui est l’éclat splendide de votre Gloire, Figure qui reproduit Vos traits et Vous fait connaître. Cette Sagesse s’est communiqué au « néant » et l’a rempli d’images finies de l’Être qui est. Tous les êtres et l’ordre régnant, en chacun d’eux et dans tout l’ensemble, représente votre Sagesse, ô mon Dieu. Et c’est elle que je dois admirer, adorer, aimer quand le monde se révèle à moi dans la splendeur de ses merveilles et de son harmonie. Je dois voir en lui votre Grandeur, votre Intelligence, votre Puissance, tout le jeu de ce que j’appelle vos Perfections et qui, en Vous, sont la perfection unique de Votre plénitude d’Être. Je dois voir en chacun, dans l’unité de chacun, une image de cette plénitude infini ; je dois voir dans tous les éléments qui le composent et dans tous les mouvements ordonnés qui constituent son activité votre Amour qui unifie tout, ordonne tout, se représente en unissant, unis en ordonnant et qui, pour ordonner, règle la place et l’agir de chacun, le conserve, le développe dans la paix, pour le bien de tous et de tout l’ensemble auquel chacun appartient ».

Ainsi soit-il.

Dom Augustin Guillerand (1877-1945) – « Face à Dieu », op.cit., p. 146-147

HOMÉLIE POUR LE 20E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « VENEZ, MANGEZ DE MON PAIN, BUVEZ LE VIN QUE J’AI PRÉPARÉ »

17 août, 2018

http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-20e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Venez-mangez-de-mon-pain-buvez-le-vin-que-j-ai-prepare_a848.html

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HOMÉLIE POUR LE 20E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNÉE B « VENEZ, MANGEZ DE MON PAIN, BUVEZ LE VIN QUE J’AI PRÉPARÉ »

Nous continuons ce dimanche-ci à recevoir dans la Parole de Dieu des images ou des paraboles tirées de l’Ancien Testament qui nous permettent d’écouter avec des oreilles encore plus attentives la suite du Discours de Jésus sur le Pain de vie qui suit comme vous le savez la multiplication des pains.
Ce matin le thème avancé par la lecture du Livre de la Sagesse est très concret. On pourrait le résumer en eux mots : Mangez et buvez

I – L’invitation du livre de la Sagesse
Manger et boire, n’y-a-t-il rien de plus terre à terre? On est renvoyé non seulement à l’action de manger ou de boire, mais à tout ce qui prépare les repas où on se sustente, à l’alimentation saine et suffisante, aux suites et aux conséquences du boire et du manger etc.
Vous voyez que l’invitation du Livre de la Sagesse va couvrir un large éventail de possibilités.
Il en va ainsi dans la vie des êtres humains. Leur vie s’appuie sur le boire et le manger. On passe des heures à préparer les repas, à cultiver la terre pour se nourrir, à déguster ensemble les produits de la terre, à servir le vin qui réjouit le cœur etc…
Vous voyez que ce thème est très riche. Il est appliqué dans notre lecture à la Sagesse car la Sagesse est Dieu lui-même.

II – Les paroles de Jésus
Le même thème est repris dans l’évangile. Dans l’évangile Jésus invite à manger et à boire lui aussi. On n’est sur le même registre car la nourriture dont il parle vient de Dieu, elle est descendue du ciel. Et, ce n’est plus de la Sagesse dont il parle, c’est de sa chair et de son sang donnés pour la vie du monde.
Il est important de faire ce lien entre le don que Jésus fait de sa vie et la nourriture qu’il devient pour nous. En effet, Dieu nous a montré son amour en nous donnant son Fils. Il veut que nous le recevions comme son Fils, mais il veut aussi que nous marchions sur ses traces. Pour ce faire, il partage avec nous ce qu’il a mis en lui, son amour et sa tendresse.
Ainsi manger la chair de Jésus et boire son sang ne constituent pas seulement un geste quelconque quand nous allons à la messe le dimanche ou en d’autre temps. Manger la chair du Christ et boire son sang signifie entrer en communion avec lui dans ce don qu’il fait de lui-même pour notre vie à toutes et à tous.
L’Eucharistie ainsi est le sacrement de l’amour de Dieu répandu en nous et dans le monde. Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux et celles qu’on aime.

III- Les effets de la nourriture
Cette nourriture spirituelle qu’est l’Eucharistie que nous mangeons et que nous buvons, comme tout ce que nous mangeons et buvons, a des conséquences. Elle nous fait vivre spirituellement. Elle nous ouvre aux autres. Elle crée la communauté des croyants. Elle annonce les merveilles de Dieu. Elle anticipe le retour de Jésus dans la gloire à la fin des temps.
Mais comme dans le cas de la nourriture humaine, physique, pour que ces bonnes conséquences se manifestent, il faut apporter notre contribution. Une nourriture mal préparée ou viciée, comme vous le savez, fait plus de mal que de bien. Il peut en arriver ainsi si nous nous approchons du corps et du sang du Christ sans apporter les bonnes intentions. Il nous revient de nous disposer à les recevoir avec un cœur attentif et un esprit ouvert.
Si vous le faites, vous verrez que votre vie sera transformée car c’est le propre d’une bonne nourriture que d’opérer d’incroyables bienfaits. Le corps et le sang de Jésus ouvrent nos cœurs. Ils élargissent les horizons. Ils rassemblent. Ils sont la nourriture par excellence sans laquelle toutes les autres nourritures deviennent fades Ils ne sont pas une nourriture de plus. Ils sont la nourriture qui ne passe pas : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour ».

Conclusion
Que cette Eucharistie où nous sommes rassemblés par la présence de Jésus dans son Corps et dans son Sang, par sa présence aussi dans sa Parole fasse de nous des disciples toujours plus proches de Lui et prêts à aller le dire autour d’eux.
Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE

13 août, 2018

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Dormitio Mariae

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE

Jour : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a. 10ab ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56

Fêter l’Assomption de Marie, c’est célébrer son passage de la mort à la vie, de la terre à la gloire de son Fils… C’est aussi la célébration de l’espérance chrétienne. Une espérance pour l’être humain dans sa totalité, qui attend sa perfection charnelle et spirituelle. Mais les textes bibliques ne parlent pas de cet événement. Ce que la liturgie veut mettre en valeur c’est la foi de Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 11). Ou, comme dans l’évangile de la vigile : « Alors qu’une femme interpellait Jésus : « Heureuse la femme qui t’a porté et t’a nourri », il répondit : « Heureux plutôt ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent ».
Autrement dit, tout croyant doit se laisser féconder par la Parole de Dieu, laisser grandir en lui l’esprit du Christ, pour pouvoir véritablement l’enfanter au monde, en étant porteur de sa Bonne Nouvelle, en témoignant des béatitudes, en accomplissant ce qu’on peut appeler des miracles de charité et de justice, de paix, d’unité.
Le deuxième accent donné par la liturgie, et qu’il nous faut méditer, c’est la victoire de la vie sur la mort. La foi en la résurrection du Christ, qui annonce et garantit notre propre résurrection… C’est ce qui a conduit les premiers chrétiens à conclure : « Si le Christ a été le premier des ressuscités, Marie a dû être la première à bénéficier de la résurrection de son Fils ». Les écrits du Nouveau Testament ne font certes aucune allusion à cette assomption de Marie. Tout, en effet, est parti de ce que l’on appelle le « sensus ecclesiae », c’est-à-dire le bon sens de la foi du peuple de Dieu. Par une certaine logique interne de la foi, l’Eglise primitive s’est demandée : « comment le corps de celle qui a porté l’auteur de la vie aurait-il pu connaître la corruption du tombeau ? »
Pour les premiers chrétiens, la mort de Marie ne pouvait n’être qu’un sommeil, une dormition, mais un sommeil trop court pour que la corruption du tombeau ait pu entamer son corps. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, on retrouve dans la liturgie des allusions qui unissent ces deux mystères de Marie, celui de la maternité et celui de l’assomption, comme on le voit dans l’une des préfaces propres à la fête : « Tu as préservé de la dégradation du tombeau le corps qui a porté ton propre Fils et mis au monde l’auteur de la vie ». C’est ainsi qu’est née à Jérusalem, dès le Ve siècle, la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. On l’a appelée aussi la fête du Repos, pour exprimer la douceur de la mort de Marie, ou également « Natale », pour fêter la naissance de la Vierge dans la vie éternelle, ou encore « Transitus », le passage de Marie, corps et âme, du temps à l’éternité.
C’est seulement en 1950 que l’Eglise romaine a davantage explicité sa foi concernant la Dormition de Marie. La prière d’ouverture de la célébration reprend d’ailleurs les termes mêmes de la déclaration dogmatique : « Après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, Marie a été élevée en corps et en âme dans la gloire céleste ». Ce qu’il faut éviter de traduire en termes d’imagination et voir aussitôt des anges emportant Marie à travers le toit de sa maison… Le sens profond c’est que l’achèvement total de Marie, après la fin de sa vie terrestre, comprend dès maintenant sa réalité corporelle accomplie et glorifiée. Autrement dit, celle qui, par la foi, a reçu dans son corps la rédemption parfaite pour elle-même, mais aussi pour nous, l’a reçue dans la réalité totale spirituelle et matérielle.
Mais ce qui importe dans l’immédiat, au-delà des explications théologiques ou des curiosités humaines, c’est de redire et de croire avec S. Augustin que si Marie est glorifiée dans sa maternité, sa vraie grandeur réside dans sa foi qui la fit concevoir d’abord dans son cœur avant même de concevoir dans son sein. C’est la Parole qui l’a fécondée, dit l’évangile de la vigile. L’évangile du jour, lui, est une sorte de célébration des béatitudes. Elles sont réalisées en Marie et, par son assomption, les promesses du Christ lui sont accordées. Ceci nous rappelle à bon escient que les béatitudes obtiennent vraiment le Royaume et que Marie a obtenu ce Royaume.
Invitation qui nous est adressée aujourd’hui pour reconnaître, avec Marie, ce que Dieu a fait pour nous. Le Seigneur fit pour nous des merveilles : merveille de vivre, merveille de pouvoir créer, lutter, partager. Merveille d’être pardonné, appelé, comblé. Merveille de pouvoir à notre tour engendrer Jésus Christ, le mettre au monde, tout simplement en nous efforçant d’être fidèles à la Parole. L’eucharistie annonce une résurrection déjà accomplie en Marie. L’aimer, la prier, c’est se mettre à son école, l’école de la foi.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

 

HOMÉLIE DU 19E DIMANCHE ORDINAIRE B (« manger l’enseignement et manger l’enseigneur »)

10 août, 2018

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(6, 22-58)

Discours sur le pain de la vie

HOMÉLIE DU 19E DIMANCHE ORDINAIRE B (« manger l’enseignement et manger l’enseigneur »)

1 R 19, 4-8 ; Ep 4, 30 – 5, 2 ; Jn 6, 41-51

Dans le discours sur le pain de vie, voici la deuxième étape dans l’escalade de l’incompréhension des auditeurs de Jésus, concernant des affirmations de plus en plus intolérables, comme le diront ultérieurement même certains disciples.
Face à ces paroles, nous sommes, nous aussi, étonnés et mal à l’aise. Nous connaissons le doute, le scepticisme, des interprétations diverses. Et l’Eglise, au cours de son histoire, a parfois mis l’accent sur un seul aspect de la vérité, au point d’en négliger gravement d’autres. C’est le cas typique pour Jésus, Parole de vie et Pain de vie. Le Verbe de Dieu qui se fait chair, la chair qui se fait nourriture. L’unité indissoluble entre la nourriture Parole et la nourriture Pain a été blessée, sinon même brisée, par la crise, puis le divorce du XVIe siècle.
A partir de là et pendant quatre siècles, les chrétiens, catholiques et protestants, sont devenus en quelque sorte des chrétiens handicapés ; les premiers passionnément braqués sur la présence réelle dans le pain jusqu’à en oublier la parole ; les seconds se faisant les champions de la présence réelle dans la parole en oubliant celle du pain. Une scandaleuse vivisection, qui met en péril l’authentique communion au corps et au sang du Christ.
Vatican II s’est efforcé de rétablir l’équilibre entre les deux attitudes fondamentales du chrétien : recevoir la doctrine et celui qui la donne, ou, selon les termes des palestiniens anciens : « manger l’enseignement et manger l’enseigneur », c’est-à-dire la communion sous toutes les espèces. S’adressant aux chrétiens, Marcel Jousse écrivait : « Vous faites faire la première communion à vos enfants, faites-leur donc faire aussi leur première récitation de l’Evangile » (1). La manducation, en effet, est aussi mémorisation, non pour répéter des textes comme un perroquet, mais pour les approfondir sans cesse davantage et les « actionner » à travers tous les gestes quotidiens.
Parole reçue et Pain consommé, Verbe doctrine et Verbe Pain. Comme l’enseigne l’Ecriture en son balancement didactique : apprenez et comprenez, prenez et mangez.
La Bible, c’est l’expression écrite de la Tradition orale d’une civilisation du Verbe, où l’enseignement est toujours considéré comme nourriture : manger, mémoriser pour actionner, c’est-à-dire approfondir et mettre en pratique et, enfin, communier.
La Parole écrite connaît aussi les mêmes lois : Dieu dit, dans la vision d’Ezéchiel : Homme, mange ce rouleau qui t’est présenté, mange et va parler au peuple d’Israël. Nourris-toi, imprègne-toi de ce livre que je te donne. Je l’absorbe, dit le prophète, et dans ma bouche, il a la douceur d’un rayon de miel.
Il est important de le comprendre pour mieux saisir la catéchèse de Jésus. Dieu est présenté comme Parole, et le Christ est Parole de Dieu se faisant homme. Nous avons l’enseignement et l’enseigneur parfait. Jésus est vraiment nourriture, Parole et Pain de vie. Il faut d’abord se nourrir de l’enseignement pour faire un avec l’enseigneur. Et si l’enseigneur peut se faire Pain, la communion est totale et parfaite.
Pendant quelques siècles, l’Eglise catholique a négligé, dans la liturgie, l’enseignement de l’enseigneur. La liturgie de la Parole était considérée comme secondaire, et même accessoire, la messe ne commençant vraiment qu’à l’apport des dons.
Avec le Concile, l’Eucharistie a retrouvé sa double dimension de Parole reçue et de Pain consommé. Apprenez et comprenez par la liturgie de la Parole, prenez et mangez ensuite, pour réaliser une authentique communion. Mais nous n’avons pas encore bien saisi ce lien inséparable entre la Parole et le Pain. Il suffit bien concrètement de constater les arrivées tardives trop nombreuses à la messe, après la proclamation de la Parole, qui est Jésus Pain de vie, Parole nourriture.
Et que dire des personnes qui refusent de participer à une liturgie de Parole parce qu’il n’y a pas de communion. Comme si nous n’étions pas invités à nous nourrir du Christ présent dans cette Parole, qui EST cette Parole. Et comment pourrait-on être vraiment nourri du Corps du Christ en ne communiant pas à son enseignement ? Le Christ ne peut pas être divisé.
Les deux parties qui constituent en quelque sorte la messe, c’est-à-dire la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique forment un tout inséparable. La présence du Christ dans la Parole est aussi réelle que dans l’eucharistie. C’est une rencontre : une rencontre plénière avec le Christ dans la Parole et le pain partagés ; rencontre avec nos frères et sœurs dans l’Assemblée. Notre participation implique l’ensemble de ces rencontres.
Quelle valeur aurait notre communion au Corps du Christ si nous n’approfondissons pas notre connaissance de sa personne, de sa vie, par un accueil de sa Parole, si nous ne communions pas à « tout son corps », à l’humanité entière représentée à la célébration par l’Assemblée ?

P. Fabien Deleclos, franciscain, (T)
1925 – 2008

(1) « L’anthropologie du geste » et « La manducation de la Parole », Marcel Jousse, Ed. Gallimard.

 

18E DIMANCHE DANS L’ANNÉE B – (CE « PAIN DE CHAQUE JOUR »)

3 août, 2018

http://www.kerit.be/homelie.php#3

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18E DIMANCHE DANS L’ANNÉE B – (CE « PAIN DE CHAQUE JOUR »)

Je me rappelle cette dame que j’ai connu. Elle ne supportait pas qu’on gaspille du pain. Son jeune frère, pendant la dernière guerre, était mort de faim dans un camp de concentration nazi. Le pain a constitué chez nous, pendant de longs siècles, la nourriture de base et ceci lui a valu de symboliser la nourriture en général et tout ce dont l’homme a besoin pour vivre. Quand on a le souvenir collectif de disettes ou que l’on voit à la télévision des millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrant aujourd’hui encore de malnutrition, jeter délibérément du pain semble donc s’apparenter à une cynique indécence.
Mais ce « pain de chaque jour » est, pour les chrétiens d’autant plus respecté qu’il évoque inévitablement l’initiative de Jésus au soir du Jeudi Saint. Et ce pain que Jésus donne à ses disciples à la veille de mourir en cette Pâque juive de l’an 30 à Jérusalem, il était déjà chargé de tout un poids d’histoire et d’une étonnante symbolique religieuse. C’était le pain emporté hors d’Egypte en toute hâte, de nuit, avant même qu’il ait eu le temps de lever, un pain commémoré chaque année par les galettes de pain azyme dans le rituel de la pâque juive. Nous en faisons d’ailleurs encore mémoire avec nos hosties utilisées à chaque messe.
Aujourd’hui, c’est encore à un autre épisode biblique qu’il faut nous référer pour entrer dans la méditation sur l’eucharistie que l’évangéliste Jean nous propose, depuis dimanche dernier et pendant encore trois dimanches. C’est l’épisode de la manne rapporté dans la première lecture. « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain », dit le Seigneur à Moïse. Un pain miraculeux, qui ne doit rien au travail des hommes et tout à la bonté de Dieu, un pain qui suscite la surprise et l’étonnement : « Mann hou ? »… « Qu’est-ce que c’est ? » Telle est la manne ; telle est surtout l’eucharistie. C’est en effet cet étonnement admiratif devant ce que Dieu fait pour nous, devant ses merveilles d’hier et d’aujourd’hui, qui inspire la prière eucharistique et notamment la préface qui en est l’introduction. Cette conviction que Dieu n’a pas fini de nous surprendre, puisse-t-elle se renforcer par notre participation à l’eucharistie ! Un pain pour la route, dont on ne reçoit que la ration quotidienne et que l’on ne peut pas stocker… Encore une belle image pour l’eucharistie.
Faut-il rappeler ici que la coutume qui consiste à conserver des hosties consacrées dans le tabernacle de nos églises est née du souci de porter la Communion aux malades et de disposer ainsi d’une petite réserve. Cet aliment de vie éternelle dont Dieu nous fait le don, ce n’est pas une relique à conserver dans un coffre ou même à regarder, c’est une nourriture à manger, dimanche après dimanche, pour continuer la route… un peu comme cette autre galette de pain qu’Elie, épuisé et désespéré, trouve à son réveil: « Lève-toi et mange. Autrement le chemin sera trop long pour toi! » (1 Rois 19). Un pain pour la route… Que la grâce de Dieu en nous, qui venons communier chaque dimanche, ne soit pas vaine!
Un pain qui ne se perd pas, mais « une nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle », telle est l’eucharistie, éclipsant en cela cette manne qui ne faisait que la préfigurer. Promesse et aliment de vie éternelle, l’eucharistie du Seigneur nous situe dans le temps provisoire de l’Eglise et en attente du Royaume. Elle nous donne d’accepter sans révolte ni désespérance la mort de nos proches et la perspective de la nôtre. Elle exprime la communion de l’Eglise du ciel avec celle qui est encore en chemin. Elle nous invite à « travailler aux oeuvres de Dieu », les seules qui ne craignent pas de vieillir !

HOMÉLIE DU 17ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (B) – CINQ PAINS ET DEUX POISSONS

27 juillet, 2018

http://dimancheprochain.org/7424-homelie-du-17eme-dimanche-du-temps-ordinaire-b/#more-7424

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HOMÉLIE DU 17ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (B) – CINQ PAINS ET DEUX POISSONS

En lisant les textes bibliques de ce dimanche, nous sommes impressionnés par la place donnée aux chiffres : vingt pains d’orge pour cent personnes, cinq pains et deux poissons pour cinq mille hommes, douze paniers pleins de restes… Et comment ne pas penser à d’autres chiffres qui en disent long : des centaines de tués dans les guerres, des centaines de milliers de réfugiés, des millions d’affamés dans le monde, des dizaines de millions d’euros pour le transfert d’un footballeur… Ces chiffres et bien d’autres nous dispensent de paroles ; ils deviennent parole ; d’un côté c’est le cri d’admiration, de l’autre c’est l’horreur.
Ces chiffres nous en disent bien plus qu’un simple calcul mathématique. Dans les textes bibliques de ce dimanche, ils nous montrent la disproportion entre la nourriture disponible et les énormes besoins des hommes : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous aussi, nous sommes affrontés à ces mêmes questions : devant les catastrophes meurtrières, devant l’afflux des réfugiés qui fuient la guerre, nous nous sentons désemparés et impuissants. Que pouvons-nous faire ?
Et c’est là qu’il nous faut revenir à l’Évangile et regarder ce que fait Jésus. En ce jour, il nous propose de revoir d’une autre manière notre table de multiplication. Tout d’abord, il accepte le modeste goûter d’un enfant. Rien n’aurait été possible si cet enfant n’avait accepté de tout donner. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. C’est ainsi que cinq pains et deux poissons ont servi à nourrir cinq mille hommes. Une précision : le pain d’orge c’est celui des pauvres. C’est avec ce pain des pauvres que Jésus nourrit toute cette foule. Un jour, une pauvre femme a dit à Saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? »
Cet Évangile nous renvoie à l’actualité de notre monde. Nous pensons tous à la famine qui ravage une partie de l’humanité. Et même dans nos pays occidentaux, beaucoup n’ont pas le minimum pour survivre. Alors nous nous sentons désemparés et impuissants pour répondre à l’immensité des besoins. Mais aujourd’hui comme autrefois, Jésus ne cesse de nous dire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Il suffit du peu que nous avons, un peu d’amour, un peu de biens matériels et un peu de disponibilité pour vaincre la faim, celle du corps et celle du cœur. Ce peu, nous le remettons entre les mains du Seigneur. C’est avec cela qu’il peut réaliser des grandes choses.
Une autre question se pose : Jésus a nourri les foules un jour. Mais le lendemain, elles continueront à avoir faim. Elles se retrouveront dans une situation tout aussi misérable. Alors pourquoi a-t-il fait de tels actes sans rien changer aux situations ? Quand on veut lutter contre la famine, on ne se contente pas de donner à manger. On agit en lien avec les organismes de solidarité contre les causes qui provoquent la famine. Mais le but de Jésus n’est pas de changer les situations ; il est de changer le cœur des hommes. C’est aux hommes, renouvelés par l’Évangile, d’opérer les redressements nécessaires. Quand on est imprégné du message de l’Évangile, plus rien ne peut être comme avant. L’important c’est que nous donnions le meilleur de nous-même en lien avec ceux qui organisent la solidarité.
Après ce grand partage, les disciples sont invités à « rassembler les morceaux en surplus pour que rien ne se perde ». Lorsque le Seigneur donne c’est toujours en abondance, et les restes serviront à nourrir d’autres foules. Lorsque le célébrant dit « Heureux les invités au repas du Seigneur », il ne s’adresse pas qu’à ceux et celles qui sont rassemblés dans l’église. Tous les hommes sont invités à partager le Corps du Christ.
Ce pain que Jésus vient nous donner, c’est le pain de Dieu. En lui, c’est Dieu qui se donne aux hommes. Il vient combler toutes leurs famines spirituelles ; il vient changer leur cœur pour qu’ils partagent le pain de la justice et de la fraternité, le pain de pauvreté. Au cours des prochains dimanches, nous entendrons le discours de Jésus sur le Pain de vie. Il nous recommandera de travailler « pour la nourriture qui demeure jusque dans la Vie éternelle ».
En ce dimanche, c’est Jésus lui-même qui nous rassemble pour nous partager son pain. Nous le supplions de mettre en nous son Esprit Saint pour que nous entrions dans son amour.

BENOÎT XVI – PAUL…SON TESTAMENT SPIRITUEL : LA LETTRE AUX PHILIPPIENS

26 juillet, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20120627.html

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BENOÎT XVI – PAUL…SON TESTAMENT SPIRITUEL : LA LETTRE AUX PHILIPPIENS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 27 juin 2012

Chers frères et sœurs,

Notre prière est faite, comme nous l’avons vu lors des mercredis passés, de silences et de mots, de chants et de gestes qui font participer la personne tout entière : de la bouche à l’esprit, du cœur au corps entier. C’est une caractéristique que nous retrouvons dans la prière juive, en particulier dans les Psaumes. Je voudrais aujourd’hui parler de l’un des chants ou hymnes les plus anciens de la tradition chrétienne, que saint Paul nous présente dans ce qui est, d’une certaine manière, son testament spirituel : la Lettre aux Philippiens. En effet, il s’agit d’une Lettre que l’Apôtre dicte alors qu’il est en prison, peut-être à Rome. Il sent sa mort prochaine, car il affirme que sa vie sera offerte en sacrifice (cf. Ph 2, 17).
Malgré cette situation de grave danger pour son intégrité physique, saint Paul, dans tout ce texte, exprime la joie d’être un disciple du Christ, de pouvoir aller à sa rencontre, au point de voir la mort non comme une perte, mais comme un gain. Dans le dernier chapitre de la Lettre, il y a une invitation pressante à la joie, caractéristique fondamentale de la condition du chrétien et de la prière. Saint Paul écrit : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur; laissez-moi vous le redire: soyez dans la joie » (Ph 4, 4). Mais comment peut-on se réjouir face à une condamnation à mort désormais imminente ? D’où, ou plutôt de qui, saint Paul tire-t-il la sérénité, la force, le courage d’aller à la rencontre du martyre et de l’effusion de sang ?
Nous trouvons la réponse au cœur de la Lettre aux Philippiens, dans ce que la tradition chrétienne appelle carmen Christo, le chant au Christ, ou plus communément « hymne christologique » ; un chant dans lequel toute l’attention est centrée sur les « sentiments » du Christ, c’est-à-dire sur sa façon de penser et sur son attitude concrète et vécue. Cette prière commence par une exhortation : « Ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5). Ces sentiments sont présentés dans les versets qui suivent: l’amour, la générosité, l’humilité, l’obéissance à Dieu, le don de soi. Il s’agit non seulement et pas simplement de suivre l’exemple de Jésus, comme quelque chose de moral, mais de faire participer toute l’existence à sa manière de penser et d’agir. La prière doit conduire à une connaissance et à une union dans l’amour toujours plus profondes avec le Seigneur, pour pouvoir penser, agir et aimer comme Lui, en Lui et pour Lui. Exercer cela, apprendre les sentiments de Jésus, représente la voie de la vie chrétienne.
Je voudrais à présent m’arrêter brièvement sur plusieurs éléments de ce chant riche, qui résume tout l’itinéraire divin et humain du Fils de Dieu et qui englobe toute l’histoire humaine : du fait d’être dans la condition de Dieu, à l’incarnation, à la mort en croix et à l’exaltation dans la gloire du Père est également implicite le comportement d’Adam, de l’homme depuis le début. Cet hymne au Christ part de son être « en morphe tou Theou », dit le texte grec, c’est-à-dire d’être « sous la forme de Dieu », ou mieux dans la condition de Dieu. Jésus, vrai Dieu et vrai homme, ne vit pas son « être comme Dieu » pour triompher ou pour imposer sa suprématie, il ne le considère pas une possession, un privilège, un trésor à garder jalousement. Au contraire, « il se dépouilla », il se vida lui-même en assumant, dit le texte grec, la « morphe doulos », la « forme d’esclave », la réalité humaine marquée par la souffrance, par la pauvreté, par la mort; il s’est pleinement assimilé aux hommes, en dehors du péché, de manière à se comporter comme un serviteur complètement dévoué au service des autres. À cet égard, Eusèbe de Césarée — ive siècle — affirme : « Il a pris sur lui la fatigue des membres qui souffrent. Il a faites siennes nos humbles maladies. Il a souffert et pâti pour notre cause : et cela en conformité avec son grand amour pour l’humanité » (La démonstration évangélique, 10, 1, 22). Saint Paul poursuit en traçant le cadre historique dans lequel s’est réalisé cet abaissement de Jésus : « il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir » (Ph 2, 8). Le Fils de Dieu est devenu vraiment homme et il a accompli un chemin dans la complète obéissance et fidélité à la volonté du Père, jusqu’au sacrifice suprême de sa propre vie. Plus encore, l’apôtre spécifie « jusqu’à mourir et à mourir sur une croix ». Sur la croix Jésus Christ a atteint le plus haut degré de l’humiliation, car la crucifixion était la peine réservée aux esclaves et non aux personnes libres : « mors turpissima crucis », écrit Cicéron (cf. In Verrem, v, 64, 16).
Dans la Croix du Christ l’homme est racheté et l’expérience d’Adam est renversée : Adam, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, prétendit être comme Dieu par ses propres forces, se mettre à la place de Dieu, et il perdit ainsi la dignité originelle qui lui avait été donnée. Jésus, en revanche, était « dans la condition de Dieu », mais il s’est abaissé, il s’est plongé dans la condition humaine, dans la fidélité totale au Père, pour racheter l’Adam qui est en nous et redonner à l’homme la dignité qu’il avait perdue. Les Pères soulignent qu’Il s’est fait obéissant, en restituant à la nature humaine, à travers son humanité et son obéissance, ce qui avait été perdu par la désobéissance d’Adam.
Dans la prière, dans la relation avec Dieu, nous ouvrons notre esprit, notre cœur, notre volonté à l’action de l’Esprit Saint pour entrer dans cette même dynamique de vie, comme l’affirme saint Cyrille d’Alexandrie, dont nous célébrons aujourd’hui la fête : « L’œuvre de l’Esprit cherche à nous transformer par l’intermédiaire de la grâce dans la copie parfaite de son humiliation » (Lettres Festales 10, 4). La logique humaine, en revanche, recherche souvent la réalisation de soi-même dans le pouvoir, dans la domination, dans des moyens puissants. L’homme continue à vouloir construire avec ses propres forces la tour de Babel pour atteindre par lui-même la hauteur de Dieu, pour être comme Dieu. L’Incarnation et la Croix nous rappellent que la pleine réalisation se trouve dans la conformation de notre volonté humaine à celle du Père, dans le fait de se vider de notre égoïsme, pour nous remplir de l’amour, de la charité de Dieu et ainsi devenir vraiment capables d’aimer les autres. L’homme ne se trouve pas lui-même en restant enfermé en lui-même, en s’affirmant lui-même. L’homme ne se retrouve qu’en sortant de lui-même; ce n’est qu’en sortant de nous-mêmes que nous nous retrouvons. Et si Adam voulait imiter Dieu, cela n’est pas un mal en soi, mais il s’est trompé sur l’idée de Dieu. Dieu n’est pas un être qui veut uniquement la grandeur. Dieu est amour qui se donne déjà dans la Trinité, puis dans la création. Et imiter Dieu veut dire sortir de soi-même, se donner dans l’amour.
Dans la seconde partie de cet « hymne christologique » de la Lettre aux Philippiens, le sujet change ; ce n’est plus le Christ, mais Dieu le Père. Saint Paul souligne que c’est justement par l’obéissance à la volonté du Père que « Dieu l’a élevé au-dessus de tout; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms » (Ph 2, 9). Celui qui s’est profondément abaissé en prenant la condition d’esclave, est exalté, élevé au-dessus de toute chose par le Père, qui lui donne le nom de « Kyrios », « Seigneur », la suprême dignité et seigneurie. Face à ce nom nouveau, en effet, qui est le nom même de Dieu dans l’Ancien Testament, « qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : “Jésus Christ est le Seigneur”, pour la gloire de Dieu le Père » (vv. 10-11). Le Jésus qui est exalté est celui de la Dernière Cène, qui dépose ses vêtements, se ceint d’une serviette, se penche pour laver les pieds des Apôtres et leur demande: « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 12-14). C’est de cela qu’il est important de toujours nous souvenir dans notre prière et dans notre vie : « l’ascension à Dieu advient précisément dans la descente de l’humble service, dans la descente de l’amour, qui est l’essence de Dieu et donc la force vraiment purificatrice, qui rend l’homme capable de percevoir et de voir Dieu » (Jésus de Nazareth, 2007).
L’hymne de la Lettre aux Philippiens nous offre ici deux indications importantes pour notre prière. La première est l’invocation « Seigneur » adressée à Jésus Christ, assis à la droite du Père : il est l’unique Seigneur de notre vie, au milieu de tant de « dominateurs » qui veulent l’orienter et la guider. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir une échelle de valeurs où le primat revient à Dieu, pour affirmer avec saint Paul : « Je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur » (Ph 3, 8). La rencontre avec le Ressuscité lui a fait comprendre qu’il est l’unique trésor pour lequel il vaille la peine de consacrer sa propre existence.
La deuxième indication est la prostration, « tous les genoux se plient » sur la terre comme aux cieux, ce qui rappelle une expression du Prophète Isaïe, où il indique l’adoration que toutes les créatures doivent à Dieu (cf. 45, 23). La génuflexion devant le Très Saint Sacrement, ou le fait de se mettre à genoux dans la prière, expriment justement l’attitude d’adoration devant Dieu, également avec le corps. D’où l’importance d’accomplir ce geste non par habitude et en hâte, mais avec une profonde conscience. Lorsque nous nous agenouillons devant le Seigneur, nous confessons notre foi en Lui, nous reconnaissons qu’il est l’unique Seigneur de notre vie.
Chers frères et sœurs, dans notre prière, fixons notre regard sur le Crucifié, arrêtons-nous plus souvent en adoration devant l’Eucharistie, pour faire entrer notre vie dans l’amour de Dieu, qui s’est abaissé avec humilité pour nous élever jusqu’à Lui. Au début de la catéchèse, nous nous sommes demandé comment saint Paul pouvait se réjouir face au risque imminent du martyre et de son effusion de sang. Cela n’est possible que parce que l’Apôtre n’a jamais éloigné son regard du Christ jusqu’à se configurer à lui dans la mort, « dans l’espoir de parvenir à ressusciter d’entre les morts » (Ph 3, 11). Comme saint François devant le crucifix, disons nous aussi: Très Haut, Dieu de gloire, illumine les ténèbres de mon cœur, donne-moi une foi droite, une espérance certaine, sens et discernement pour accomplir ta vraie et sainte volonté. Amen (cf. Prière devant le crucifix : FF [276]).

 

QUI ÉTAIT SAINT JACQUES ? – 25 JUILLET

25 juillet, 2018

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QUI ÉTAIT SAINT JACQUES ? – 25 JUILLET

La Bible le mentionne habituellement sous le prénom de Jacob, transcrit en latin Iacobus et plus tard, en espagnol, Iago, Tiago et Santiago (sanctus Iacobus) et, en français, Jacques. Saint Jacques Zébédée ou saint Jacques le Majeur est l’un des premiers disciples à verser son sang et à mourir pour Jésus. Membre d’une famille de pêcheurs et frère de saint Jean l’Évangéliste – tous deux surnommés Boanerges (« fils du tonnerre ») en raison de leur caractère impétueux —, il appartient au groupe des trois disciples privilégiés qui ont été les plus proches de Jésus. L’apôtre saint Jacques a été présent aux moments les plus importants de la vie du Messie chrétien – la Transfiguration au mont Thabor et l’Agonie dans le jardin des oliviers — et il fut témoin de son dernier miracle, son apparition, ressuscité, aux bords du lac de Tibériade. Après la mort de Jésus, saint Jacques, passionné et impétueux, a fait partie du groupe initial de l’Église primitive de Jérusalem et il fut envoyé évangéliser, selon les traditions médiévales, l’Espagne et plus précisément la région du nord-ouest, connue alors sous le nom de Gallaecia. Certains récits soutiennent que le patron actuel de l’Espagne est arrivé aux terres du nord en passant par la côte dépeuplée du Portugal. D’autres théories suggèrent, en revanche, qu’il aurait suivi la vallée de l’Èbre et emprunté la voie romaine cantabrique. Enfin, certains affirment même que saint Jacques a gagné la Péninsule ibérique en passant par l’actuelle Cartagena.
Il constitua un groupe de sept hommes apostoliques, qui furent ordonnés évêques par saint Pierre à Rome et eurent pour mission d’évangéliser les terres d’Hispanie. L’apôtre saint Jacques revint à Jérusalem, selon les textes apocryphes, pour accompagner la Vierge sur son lit de mort en la compagnie des grands disciples de Jésus. Les testaments apocryphes racontent qu’avant de mourir Marie reçut la visite de Jésus ressuscité. Elle lui demanda de passer ses derniers jours entourée des apôtres qui étaient dispersés aux quatre coins du monde. Son fils lui permit de prévenir elle-même les disciples par le biais d’apparitions miraculeuses. Ainsi, la Vierge apparut à l’apôtre saint Jacques et aux sept hommes sur un pilier de marbre à Saragosse, un épisode qui aujourd’hui est vénéré en la basilique Nuestra Señora del Pilar. L’apôtre saint Jacques fut torturé et décapité en l’an 42 sur l’ordre d’Hérode Agrippa I, roi de Judée.
La légende raconte que les sept disciples profitèrent de la nuit noire pour prendre la fuite et qu’ils mirent le corps de l’Apôtre dans une barque qui les conduisit jusqu’en Galice où ils arrivèrent à travers le port d’Iria Flavia (aujourd’hui, Padrón). Les hommes déposèrent son corps sur un rocher – qui céda et céda jusqu’à se transformer en sarcophage saint — le temps de demander à la reine païenne Lupa, qui gouvernait les terres où se trouve aujourd’hui Compostelle un endroit pour enterrer saint Jacques. La reine accusa les nouveaux venus de pêcher par orgueil et les envoya à la cour du roi Duyos, ennemi du christianisme. Celui-ci les emprisonna. Selon la tradition, un ange – dans d’autres récits, un éclat lumineux et étoilé — libéra les sept hommes et, dans leur fuite, un nouveau miracle fit périr les soldats qui courraient après eux sur le pont. Mais ce ne fut pas le seul contretemps que les hommes durent affronter. Les bœufs capturés sur l’ordre de la reine pour tirer la charrue qui allait transporter le corps de saint Jacques à Compostelle étaient en réalité des taureaux sauvages qui devinrent miraculeusement très dociles. Lupa, stupéfaite par tant de miracles, se convertit au christianisme, ordonna la démolition de tous les lieux de culte celtes et offrit son palais pour enterrer l’Apôtre. C’est sur cet emplacement que se dresse aujourd’hui la cathédrale de Saint-Jacques.
Il faut attendre 8 siècles pour qu’un ermite nommé Paio (Pélage) raconte à l’évêque d’Iria Flavia, Théodomir avoir été guidé par l’étrange et puissante luminosité d’une étoile jusqu’au mont Libredón. En 813, en ce lieu qui sera appelé Compostelle (campus stellae, « Champ de l’étoile »), ils découvrent au pied d’un chêne, sous la broussaille, un autel avec trois monuments funéraires. Dans l’un d’eux se trouvait un corps décapité tenant la tête sous un bras. À ses cotés, une inscription disait : « Ici gît saint Jacques, fils de Zébédée et de Salomé ». L’évêque reconnaît les dépouilles de saint Jacques, de Theodore et d’Athanase et considère cette identification comme une révélation divine. Il fait part de cette découverte au roi Alphonse II le Chaste, qui, après avoir visité le lieu, nomme l’Apôtre patron du royaume et ordonne la construction d’une église en son honneur. La nouvelle de la découverte du tombeau saint en Galice se répand comme une traînée de poudre dans toute l’Europe et l’apôtre saint Jacques devient le grand symbole de la Reconquête espagnole. Le roi des Asturies fut le premier des innombrables pèlerins qui marcheront sur Saint-Jacques-de-Compostelle.
Toutefois, l’authenticité des ossements de l’apôtre saint Jacques fut l’objet d’âpres débats et de recherches approfondies. La translation du corps du disciple de Jésus jusqu’au sol galicien est jugée invraisemblable en raison de sa difficulté et constitue l’une des nombreuses lacunes d’une tradition oscillant sans cesse entre vérité historique et légendes magiques. Bien que des études archéologiques aient prouvé que Compostelle était une nécropole préchrétienne, aucune recherche scientifique n’a été menée pour analyser les ossements conservés entre les murs de la cathédrale. D’ailleurs, dans ce débat complexe, une hypothèse a vu le jour et séduit certains spécialistes : les ossements seraient ceux de Priscilien d’Avila, un évêque accusé d’hérésie.
Mais, l’histoire des ossements de l’Apôtre ne s’arrête pas là. Une fois découvertes et honorées avec la construction d’un temple chrétien, les reliques ne sont pas restées longtemps sur place. Selon la tradition orale, au XVIe siècle un évêque les cacha pour éviter la profanation des pirates fraîchement débarqués sur le port de La Corogne (mai 1589) qui menaçaient de ravager la ville de Compostelle. L’on perd toute trace des ossements de saint Jacques. Des travaux réalisés à la fin du XIXe siècle révèlent une cachette – située dans l’abside, derrière le maître autel — où furent dissimulés des siècles durant les reliques. Celles-ci étaient donc hors de l’édicule construit par les disciples – de 99 centimètres de long et 30 centimètres de large —. En 1884, le pape Léon XIII authentifie officiellement les ossements de saint Jacques.

HOMÉLIE DU 16E DIMANCHE ORDINAIRE B

20 juillet, 2018

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HOMÉLIE DU 16E DIMANCHE ORDINAIRE B

Jr 23, 1-6 ; Ps 22, 1-6 ; Ep 2, 13-18 ; Mc 6, 30-34

Point n’est besoin d’être né dans une ferme, ni même d’avoir vu un pâtre, son chien et ses moutons, pour comprendre le style bucolique de l’enseignement biblique, qui évoque constamment le pasteur et son troupeau, le berger et ses brebis. Aujourd’hui aussi, les peuples ont leurs pasteurs, leaders ou autres grands timoniers, qu’ils soient religieux ou politiques.
Le livre de Jérémie fait allusion à de misérables bergers, à des autorités royales et religieuses qui ont trahi leur mission et trompé le peuple, qui se trouve maintenant plongé dans l’inquiétude et l’insécurité. C’est alors que le prophète confie à ses auditeurs l’espérance que Dieu les prendra lui-même en charge et leur accordera comme pasteur un nouveau David. Un pasteur selon le cœur de Dieu. Il en révèle le nom et le programme : « Le Seigneur est notre justice ».
Le psaume 22 reprend ce thème du Dieu-berger, qui mène son peuple au repos pour y refaire son âme, pour lui apprêter une table. Comme dans les livres de la Sagesse, où il est aussi souvent question de repos et de nourriture.
Nous le retrouvons dans l’épisode raconté par Marc. Jésus, LE vrai pasteur, manifeste une infinie sollicitude pour les foules, mais aussi pour ses premiers collaborateurs, les apôtres. Ici, nous ne sommes plus dans la prière ou dans la poésie, mais dans la vie concrète. Envoyés par Jésus, les apôtres ont enseigné, prêché la conversion, chassé les esprits mauvais, expérimenté la force de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, et aussi toutes les résistances qu’on lui oppose… Ils ont connu la fatigue, l’enthousiasme, le découragement… Leur vie, en effet, n’est pas de tout repos, ni leur mission tâche aisée… Ne les voit-on pas accablés de fatigue et empêchés de se nourrir ?
Et Jésus les entraîne dans un endroit désert, là où ils seront en tête-à-tête avec lui et loin de la foule. Le repos, la détente, ce n’est pas seulement arrêter le travail, dormir et se distraire. C’est surtout le fait d’être avec lui, de vivre dans son intimité, de partager ses préoccupations, ses sentiments de pasteur et notamment sa sollicitude pour les brebis sans berger. Une sorte de week-end spirituel, des vacances qui non seulement brisent le rythme agité du quotidien, mais qui permettent de boire à la source, refaire ses forces, recharger les accus, surmonter les découragements, mieux saisir, grâce à Jésus, la générosité et l’exigence de cet amour avec lequel, d’une part, il accueille ceux qui le cherchent, et, d’autre part, qui lui permet d’échapper à leur curiosité, leur gourmandise ou leurs projets trop humains, pour les amener toujours plus loin. Et communier à son souci affectueux pour les foules, comme à son enseignement et son œuvre de libération.
Le repos des disciples, c’est d’habiter en quelque sorte la tendresse de Dieu pour son peuple. C’est ainsi que se fait l’apprentissage de l’apôtre. Un recyclage… Un exemple pour nos vacances.
Jésus leur donne d’ailleurs aussitôt un premier exemple de responsabilité pastorale, puisqu’il commence par enseigner et instruire longuement les gens qui le recherchent, ému jusqu’aux entrailles par leur famine spirituelle.
Paul, s’adressant aux Ephésiens, présente une autre caractéristique du pasteur parfait qu’est Jésus Christ… Un homme de paix, qui veut rassembler dans l’unité, réunis en un même corps, ceux-là mêmes qui sont séparés non seulement par la différence mais par la haine. Non pas la paix pour quelques privilégiés, mais comme bonne et grande nouvelle pour ceux et celles qui sont loin ou proches. Une mission toujours à reprendre, une unité toujours à refaire, pour que tombent les murs qui souvent séparent les êtres humains.
L’épisode évangélique n’est pas seulement du passé. Nous avons la chance de pouvoir être rassemblés par l’Eucharistie, pour nous reposer un peu, c’est-à-dire nous laisser instruire par celui qui nous invite à mieux le connaître et à pénétrer davantage dans son intimité. Nous sommes rassemblés comme les disciples pour lui présenter notre rapport, nous laisser nourrir et envoyer. L’Eucharistie est bien autre chose qu’une simple cérémonie.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925-2008

PAPE FRANÇOIS – L’ANGE ET L’ENFANT

18 juillet, 2018

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PAPE FRANÇOIS – L’ANGE ET L’ENFANT

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Vendredi 2 octobre 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe. Pour sa réflexion, le Pape est parti de la prière eucharistique iv, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le Pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ». L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ». D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ». C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » . La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ». C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ». En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».

 

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