LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

Second récit de la création

23 mai, 2017

Second récit de la création  La désobéissance salmi e frr - Copia

BENOÎT XVI – (THÈME DE LA PRIÈRE 2011)

23 mai, 2017

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110504.html

BENOÎT XVI – (THÈME DE LA PRIÈRE 2011)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 4 mai 2011

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, je voudrais entamer une nouvelle série de catéchèses. Après les catéchèses sur les Pères de l’Eglise, sur les grands théologiens du Moyen-âge, sur les grandes figures de femmes, je voudrais à présent choisir un thème qui nous tient tous très à cœur: le thème de la prière, de manière spécifique la prière chrétienne, la prière que nous a enseignée Jésus et que continue à nous enseigner l’Eglise. C’est en Jésus en effet que l’homme devient capable de s’approcher de Dieu avec la profondeur et l’intimité du rapport de paternité et de filiation. Avec les premiers disciples, avec une humble confiance, nous nous adressons alors au Maître et nous Lui demandons: «Seigneur, enseigne-nous à prier» (Lc 11, 1).
Lors des prochaines catéchèses, en nous approchant de la Sainte Ecriture, de la grande tradition des Pères de l’Eglise, des Maîtres de spiritualité, de la Liturgie, nous voulons apprendre à vivre encore plus intensément notre relation avec le Seigneur, dans une sorte d’«école de prière». Nous savons bien, en effet, que la prière ne doit pas être considérée comme allant de soi: il faut apprendre à prier, comme en acquérant toujours à nouveau cet art; même ceux qui sont très avant dans la vie spirituelle sentent toujours le besoin de se mettre à l’école de Jésus pour apprendre à prier avec authenticité. Nous recevons la première leçon du Seigneur à travers Son exemple. Les Evangiles nous décrivent Jésus en dialogue intime et constant avec le Père: c’est une communion profonde de celui qui est venu dans le monde non pour faire sa volonté, mais celle du Père qui l’a envoyé pour le salut de l’homme.
Dans cette première catéchèse, comme introduction, je voudrais proposer quelques exemples de prière présents dans les cultures antiques, pour relever comment, pratiquement toujours et partout celles-ci se sont adressées à Dieu.
Je commence par l’ancienne Egypte, par exemple. Ici, un homme aveugle, demandant à la divinité de lui rendre la vue, atteste quelque chose d’universellement humain, qui est la pure et simple prière de requête de la part de qui se trouve dans la souffrance, cet homme prie: «Mon cœur désire te voir… Toi qui m’as fait voir les ténèbres, crée pour moi la lumière. Fais que je te voie! Penche sur moi ton visage aimé» (A. Barucq – F. Daumas, Hymnes et prières de l’Egypte ancienne, Paris 1980). Fais que je te voie; c’est là le cœur de la prière!
Dans les religions de la Mésopotamie dominait un sentiment de culpabilité mystérieux et paralysant, mais sans qu’il soit privé pour autant de l’espérance de rachat et de libération de la part de Dieu. Ainsi pouvons-nous apprécier cette supplication de la part d’un croyant de ces anciens cultes, qui résonne ainsi: «Ô Dieu qui es indulgent même pour la faute la plus grave, absous mon péché…. Regarde Seigneur, ton esclave épuisé, et souffle sur lui ta brise: sans attendre pardonne-lui. Allège ta sévère punition. Libéré de mes liens, fais que je recommence à respirer; brise mes chaînes, défaits mes liens» (M.-J. Seux, Hymnes et prières aux Dieux de Babylone et d’Assyrie, Paris 1976). Autant d’expressions qui démontrent comment l’homme, dans sa recherche de Dieu, a eu l’intuition, même confusément, d’un côté de sa faute, de l’autre de l’aspect de la miséricorde et de la bonté divine.
Au sein de la religion païenne, dans la Grèce antique, on assiste à une évolution très significative: les prières, tout en continuant d’invoquer l’aide divine pour obtenir la faveur céleste dans toutes les circonstances de la vie quotidienne et pour obtenir des bénéfices matériels, s’orientent progressivement vers les requêtes les plus désintéressées, qui permettent à l’homme croyant d’approfondir sa relation avec Dieu et de devenir meilleur. Par exemple, le grand philosophe Platon cite une prière de son maître, Socrate, considéré à juste titre comme l’un des fondateurs de la pensée occidentale. Socrate priait ainsi: «… donnez-moi la beauté intérieure de l’âme! Quant à l’extérieur, je me contente de celui que j’ai, pourvu qu’il ne soit pas en contradiction avec l’intérieur, que le sage me paraisse riche, et que j’aie seulement autant, d’or qu’un sage peut en supporter, et en employer» (Œuvres i. Phèdre 279c). Il voudrait avant tout avoir une beauté intérieure et être sage, et non pas riche d’argent.
Dans ces superbes chefs-d’œuvre de la littérature de tous les temps que sont les tragédies grecques, aujourd’hui encore, après vingt-cinq siècles, lues, méditées et représentées, sont contenues des prières qui expriment le désir de connaître Dieu et d’adorer sa majesté. L’une de celles-ci dit: «Ô toi qui donnes le mouvement à la terre, et qui en même temps résides en elle, qui que tu sois, Jupiter, impénétrable à la vue des mortels, nécessité de la nature, ou intelligence des hommes, je te rends hommage; car, par des voies secrètes, tu gouvernes toutes les choses humaines selon la justice» (Euripide, Les Troyennes, 884-886). Dieu demeure un peu vague et toutefois, l’homme connaît ce Dieu inconnu et prie celui qui guide les destinées de la terre.
Chez les Romains également, qui constituèrent ce grand Empire dans lequel naquit et se diffusa en grande partie le christianisme des origines, la prière, même si elle est associée à une conception utilitariste et fondamentalement liée à la demande de protection divine sur la vie de la communauté civile, s’ouvre parfois à des invocations admirables en raison de la ferveur de la piété personnelle, qui se transforme en louange et en action de grâces. En est témoin un auteur de l’Afrique romaine du iie siècle après Jésus Christ, Apulée. Dans ses écrits, il manifeste l’insatisfaction de ses contemporains à l’égard de la religion traditionnelle et le désir d’un rapport plus authentique avec Dieu. Dans son chef-d’œuvre intitulé Les métamorphoses, un croyant s’adresse à une divinité féminine à travers ces paroles: «Divinité sainte, source éternelle de salut, protectrice adorable des mortels, qui leur prodigues dans leurs maux l’affection d’une tendre mère; pas un jour, pas une nuit, pas un moment ne s’écoule qui ne soit marqué par un de tes bienfaits» (Apulée de Madaure, Métamorphoses, xi, 25).
Pendant la même période, l’empereur Marc-Aurèle — qui était un philosophe qui réfléchissait sur la condition humaine — affirme la nécessité de prier pour établir une coopération fructueuse entre action divine et action humaine. Il écrit dans ses Souvenirs/Pensées: «Qui te dit que les dieux ne nous aident pas également en ce qui dépend de nous? Commence donc à les prier et tu verras» (Dictionnaire de Spiritualité XII/2, col. 2213). Ce conseil de l’empereur philosophe a été effectivement mis en pratique par d’innombrables générations d’hommes avant le Christ, démontrant ainsi que la vie humaine sans la prière, qui ouvre notre existence au mystère de Dieu, devient privée de sens et de référence. En effet, dans chaque prière s’exprime toujours la vérité de la créature humaine, qui d’une part fait l’expérience de la faiblesse et de l’indigence, et demande donc de l’aide au Ciel, et de l’autre est dotée d’une dignité extraordinaire, car, en se préparant à accueillir la Révélation divine, elle se découvre capable d’entrer en communion avec Dieu.
Chers amis, dans ces exemples de prières des différentes époques et civilisations apparaît la conscience que l’être humain a de sa condition de créature et de sa dépendance d’un Autre qui lui est supérieur et source de tout bien. L’homme de tous les temps prie car il ne peut faire à moins de se demander quel est le sens de son existence, qui reste obscur et décourageant, s’il n’est pas mis en relation avec le mystère de Dieu et de son dessein sur le monde. La vie humaine est un mélange de bien et de mal, de souffrance imméritée et de joie et de beauté, qui nous pousse spontanément et irrésistiblement à demander à Dieu cette lumière et cette force qui puisse nous secourir sur la terre et ouvrir une espérance qui aille au-delà des frontières de la mort. Les religions païennes demeurent une invocation qui, de la terre, attend une parole du Ciel. L’un des derniers grands philosophes païens, qui vécut à une époque déjà pleinement chrétienne Proclus de Constantinople, donne voix à cette attente, en disant: «Inconnaissable, personne ne te contient. Tout ce que nous pensons t’appartient. Nos maux et nos biens sont en toi, chacune de nos aspirations dépend de toi, ô Ineffable, que nos âmes sentent présent, en t’élevant un hymne de silence» (Hymnes).
Dans les exemples de prière des différentes cultures, que nous avons pris en considération, nous pouvons voir un témoignage de la dimension religieuse et du désir de Dieu inscrit dans le cœur de chaque homme, qui trouvent leur accomplissement et leur pleine expression dans l’ancien et dans le Nouveau Testament. La Révélation, en effet, purifie et porte à sa plénitude l’aspiration originelle de l’homme à Dieu, en lui offrant, dans la prière, la possibilité d’une relation plus profonde avec le père céleste.
Au début de notre chemin dans l’«Ecole de la prière» nous voulons alors demander au Seigneur qu’il illumine notre esprit et notre cœur pour que la relation avec Lui dans la prière soit toujours plus intense, affectueuse et constante. Encore une fois, nous lui disons: «Seigneur, apprends-nous à prier» (Lc 11, 1).

HOMÉLIES DU 6E DIMANCHE DE PÂQUES, A

19 mai, 2017

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be

HOMÉLIES DU 6E DIMANCHE DE PÂQUES, A

Ac 8, 5-8, 14-17 ; 1 P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21

la mia e fr - Copia

Dans le long discours de Jésus après la Cène, comme on le voit encore dans l’évangile de ce jour, il est beaucoup question de « monde ». Aujourd’hui, ce mot est parfois utilisé à tort et à travers. Ce qui se comprend, car le même terme peut exprimer des réalités différentes, voire même contradictoires. De même, les mots de l’Evangile disent souvent autre chose que les définitions de notre langage courant. Il faut alors être attentif au contexte qui seul permet de faire le bon choix du sens. Or, que dit l’Evangile ? Jésus vient dans le monde et il est haï par le monde… Les apôtres sont envoyés dans le monde et le monde les prend en haine, parce que tout en étant du monde, ils ne sont pas du monde… Et cependant, ils sont tellement du monde et leur mission est tellement liée au monde que Jésus ne veut surtout pas les retirer du monde… C’est beaucoup de « monde » !
Pour S. Jean, ce monde auréolé de mal représente ceux qui se refusent à croire en Jésus et qui s’opposent au message de son Evangile. Il ne s’agit donc pas du monde de la création, ni de l’ensemble de l’humanité ou de ce que l’on peut appeler « le monde des humains ». Ce n’est pas la société séculière ou profane qui serait mauvaise, par rapport au monde religieux qui serait bon. Il s’agit finalement d’un esprit, d’une mentalité qui n’est pas liée à un lieu, mais que chacun peut avoir et garder en soi. L’humanité en général, et chacun de nous en particulier, a son côté ombre et son côté lumière. Un ermite peut avoir l’esprit du monde en plein désert et l’on peut avoir l’esprit du Christ et en vivre très concrètement au cœur du monde.
La manière dont on perçoit et dont on comprend le monde est extrêmement importante, car le comportement du croyant et sa spiritualité en dépendent beaucoup.
Si l’on fait une lecture fondamentaliste de la Bible, c’est-à-dire si l’on prend tout à la lettre, sans tenir compte du contexte et de l’ensemble de la révélation, certains textes peuvent conduire à jeter sur le monde, en tant qu’humanité, un regard pessimiste et méfiant.
Alors, toute la création matérielle, toutes les réalités charnelles, toutes les conquêtes de la sciences et les fruits de la raison, sont jugés, si pas tous mauvais, au moins toujours suspects et dangereux. Alors, ce monde fait peur, il apparaît comme une menace pour la foi.
D’où, certaines spiritualités de fuite du monde, qui ont fait dire à certaines époques qu’il n’y avait pas de véritable sainteté possible pour des laïcs, empêtrés dans la vie du siècle. De telles spiritualités engendrent aisément des esprits sectaires, qui s’enferment volontiers dans des ghettos, qui cultivent une orthodoxie pure et dure, à l’abri d’un monde que l’on couvre d’imprécations en attendant qu’il disparaisse. C’est ce qu’on retrouve dans la plupart des sectes et certaines communautés intégristes.
A l’opposé, si l’on tient compte de l’ensemble de l’enseignement évangélique et de la vie de Jésus, cela donne une spiritualité non plus de fuite, mais d’incarnation dans le monde concret tel qu’il est et tel qu’il vit dans l’aujourd’hui de chaque époque.
Autrement dit, le monde s’inscrit toujours à l’intérieur d’un projet divin et inspire la spiritualité qu’il convient de pratiquer quotidiennement. C’est le levain que l’on mélange résolument à la pâte, au lieu de le garder au frigo, à l’abri.
C’est pourquoi, il y a eu très souvent dans le passé et encore aujourd’hui, des relations difficiles, tendues et parfois agressives, entre foi et monde, foi et raison, foi et sciences, foi et modernité. Comme si la foi pouvait être gênée, mise en péril ou contredite par la raison, la science et le progrès, qui sont aussi des dons de Dieu.
Grâce à Dieu, nous n’en sommes plus là aujourd’hui. Au moins dans son enseignement, l’Eglise ne boude pas la modernité au nom de la foi. Elle veut, au contraire, se rendre présente et attentive aux requêtes de ce monde vers lequel elle est envoyée, et c’est là qu’elle rejoint les questions fondamentales de l’être humain (1). Mais demeure toujours, pour l’Eglise comme pour chacun de nous, la tentation de la peur des changements, des nouveautés, et du repli frileux sur le passé.
Et pourquoi, finalement, les apôtres et après eux les chrétiens, sont-ils mis à part ? Pourquoi sont-ils haïs du monde ? Qu’est-ce qui les distingue de ce monde ? La fidélité à ses commandements. Un terme dur, qui évoque d’abord l’ordre et la discipline, l’injonction et la contrainte. Ne s’agit-il pas d’un frein aux élans créateurs, voire même une atteinte à la liberté ? Nous voici confrontés au monde des prescriptions et des règles, des lois et des préceptes ? Une chape de plomb.
Même si Jésus parle de SES commandements, nous verrons défiler sur nos petits écrans intérieurs le décalogue gravé par Moïse dans la pierre. En oubliant qu’avant d’être pétrifiées dans une lettre, ils sont d’abord des paroles d’Alliance, et donc des paroles d’Amour, qui révèlent un esprit, s’incarnent et se prouvent par un comportement. C’est pourquoi la Loi, enfermée dans la prison de sa lettre a la raideur des certitudes et le masque bariolé de vérités uniformément définitives. L’esprit, au contraire, est un souffle qui bouscule, transforme et inspire. Il pousse plus en avant et vers le haut. Il transforme même les cœurs de pierre en cœurs de chair, et la peur paralysante en dynamique confiance.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

PAPE FRANÇOIS – MARIE, MÈRE DE L’ESPÉRANCE.

17 mai, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2017/documents/papa-francesco_20170510_udienza-generale.html

PAPE FRANÇOIS – MARIE, MÈRE DE L’ESPÉRANCE.

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 10 mai 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Le long de notre itinéraire de catéchèse sur l’espérance chrétienne, nous nous tournons aujourd’hui vers Marie, Mère de l’espérance. Marie a traversé plus d’une nuit sur son chemin de mère. Dès sa première apparition dans l’histoire des Evangiles, sa figure se distingue comme s’il s’agissait du personnage d’un drame. Il n’était pas facile de répondre par un «oui» à l’invitation de l’ange: pourtant, femme encore dans la fleur de la jeunesse, elle répond avec courage, bien qu’elle ne sache rien du destin qui l’attend. A cet instant, Marie nous apparaît comme l’une des nombreuses mères de notre monde, courageuses jusqu’à l’extrême, quand il s’agit d’accueillir dans leur sein l’histoire d’un homme nouveau qui naît.
Ce «oui» est le premier passage d’une longue liste d’obéissances — une longue liste d’obéissances! — qui accompagneront son itinéraire de mère. Ainsi, Marie apparaît dans les Evangiles comme une femme silencieuse, qui souvent, ne comprend pas tout ce qui se passe autour d’elle, mais qui médite chaque parole et chaque événement dans son cœur.
Cette disposition laisse apparaître un très bel aspect de la psychologie de Marie: ce n’est pas une femme qui déprime devant les incertitudes de la vie, en particulier quand rien ne semble aller comme il faut. Ce n’est pas non plus une femme qui proteste avec violence, qui se lamente du destin de la vie qui nous révèle souvent un visage hostile. C’est en revanche une femme qui écoute: n’oubliez pas qu’il y a toujours un grand rapport entre l’espérance et l’écoute, et Marie est une femme qui écoute. Marie accueille l’existence de la façon dont elle se présente à nous, avec ses jours heureux, mais également avec ses tragédies que nous voudrions ne jamais avoir croisées. Jusqu’à la nuit suprême de Marie, quand son Fils est cloué au bois de la croix.
Jusqu’à ce jour, Marie avait presque disparu de la trame des Evangiles: les écrivains sacrés laissent entrevoir cette lente éclipse de sa présence, son silence devant le mystère d’un Fils qui obéit au Père. Mais Marie réapparaît précisément au moment crucial: quand une bonne partie des amis se sont enfuis par peur. Les mères ne trahissent pas, et à cet instant, au pied de la croix, aucun de nous ne peut dire quelle a été la passion la plus cruelle: si c’est celle d’un homme innocent qui meurt sur le bois de la croix, ou l’agonie d’une mère qui accompagne les derniers instants de la vie de son fils. Les Evangiles sont laconiques et extrêmement discrets. Ils enregistrent par un simple verbe la présence de la Mère: elle «se tenait» (Jn 19, 25), Elle se tenait. Ils ne disent rien de sa réaction: si elle pleurait, si elle ne pleurait pas… rien; pas même une esquisse de description de sa douleur: l’imagination de poètes et de peintres allait ensuite se déverser sur ces détails, nous offrant des images qui sont entrées dans l’histoire de l’art et de la littérature. Mais les Evangiles disent seulement: elle «se tenait». Elle se tenait là, au moment le plus terrible, au moment le plus cruel, et souffrait avec son fils. «Elle se tenait». Marie «se tenait», simplement elle était là. La voici de nouveau, la jeune femme de Nazareth, les cheveux désormais gris à cause du temps qui passe, encore aux prises avec un Dieu qui doit être uniquement embrassé, et avec une vie qui est arrivée au seuil de l’obscurité la plus épaisse. Marie «se tenait» dans l’obscurité la plus épaisse, mais elle «se tenait». Elle n’est pas partie. Marie est là, fidèlement présente, chaque fois qu’il faut tenir une bougie allumée dans un lieu de brume et de brouillard. Elle ne connaît pas même le destin de résurrection que son Fils ouvrait à cet instant pour tous les hommes: elle était là par fidélité au projet de Dieu dont elle s’est proclamée la servante le premier jour de sa vocation, mais également en raison de son instinct de mère qui souffre simplement, chaque fois qu’il y a un enfant qui traverse une passion. Les souffrances des mères: nous avons tous connu des femmes fortes, qui ont affronté tant de souffrances de leurs enfants!
Nous la retrouverons au premier jour de l’Eglise, elle, mère d’espérance, au milieu de cette communauté de disciples si fragiles: l’un avait renié, de nombreux autres avaient fui, tous avaient eu peur (cf. Ac 1, 14). Mais elle se tenait simplement là, de la façon la plus normale, comme si c’était une chose entièrement naturelle: dans la première Eglise enveloppée par la lumière de la Résurrection, mais également par les tremblement des premiers pas qu’elle devait accomplir dans le monde.
Pour cela, nous l’aimons tous comme une Mère. Nous ne sommes pas orphelins: nous avons une Mère au ciel, qui est la Sainte Mère de Dieu. Afin qu’elle nous enseigne la vertu de l’attente, même quand tout apparaît privé de sens: elle semble confiante dans le mystère de Dieu, même quand il semble s’éclipser à cause du mal du monde. Que dans les moments de difficultés, Marie, la Mère que Jésus nous a offerte à tous, puisse toujours soutenir nos pas, puisse toujours dire à notre cœur: «Lève-toi! Regarde de l’avant, regarde l’horizon», parce qu’Elle est Mère de l’espérance. Merci.

Saint Paul à Malte

16 mai, 2017

paolo a Malta - Copia

LA FOI À LA VÉRITÉ DE L’ÉGLISE

16 mai, 2017

http://www.revue-kephas.org/03/2/editorial.html

LA FOI À LA VÉRITÉ DE L’ÉGLISE

Abbé Bruno Le Pivain

L’expression se trouve dans le catéchisme du concile de Trente, qui commente l’article du Credo : « Je crois la sainte Église catholique, la communion des saints. »

L’Église, mystère de foi
Deux « considérations » rappelaient aux pasteurs l’importance de la prédication sur ce neuvième article du Symbole. Les voici, dans le style de l’époque, qui ne s’embarrasse certes pas de circonlocutions :
« La première, c’est que, suivant la remarque de saint Augustin, les prophètes ont parlé plus clairement et plus longuement de l’Église que de Jésus-Christ, car ils prévoyaient qu’il y aurait beaucoup plus d’erreurs volontaires et involontaires sur ce point que sur le mystère de l’Incarnation. En effet, il ne devait point manquer d’impies pour prétendre, à l’imitation du singe qui veut faire croire qu’il est homme, pour prétendre avec autant d’orgueil que de méchanceté, qu’eux seuls sont catholiques, que l’Église catholique est parmi eux, et seulement parmi eux.
La seconde considération, c’est que celui qui aura gravé profondément dans son cœur la foi à la vérité de l’Église, n’aura pas de peine à éviter le terrible danger de l’hérésie. On n’est pas hérétique par le fait seul qu’on pèche contre la foi, mais parce qu’on méprise l’autorité de l’Église, et qu’on s’attache avec opiniâtreté à des opinions mauvaises. »
D’où l’on retient trois éléments essentiels :
1 – L’existence, la nature, les missions de l’Église, avant d’être une réalité accessible à la raison, relèvent essentiellement de la lumière de la foi, laquelle ne contraint pas la raison de l’extérieur (ou ce n’est plus la foi, ni la raison), mais la libère de l’intérieur.
2 – Parmi les articles de foi, le mystère de l’Église tient une place centrale, au point qu’il est médiateur non seulement dans l’ordre de la grâce, par les sacrements, mais dans celui de la connaissance des vérités de foi, en disposant droitement l’intelligence et la volonté.
3 – Ce mystère se situe dans la parfaite continuité de celui de l’Incarnation. Achopper sur l’Église, c’est buter sur le « scandale de l’Incarnation ». L’Église, c’est bien le Christ, « répandu et communiqué ».
On s’interroge un peu partout aujourd’hui dans l’Église sur l’attitude à adopter devant la situation inédite à laquelle l’ont conduite tant les bouleversements de la modernité que sa propre évolution. On suppute à l’envi, sur tous les tons et tous les modes, à propos des « restructurations », des « recompositions », des « réaménagements », des « réévaluations ».
Existe-t-il une crise de la foi dans nos pays d’ancienne chrétienté ? Ce serait naviguer dans les galaxies interplanétaires que d’en nier l’évidence, ou même d’en minimiser la profondeur. On voudrait ici exposer que cette crise se concentre en quelque sorte sur une crise de la foi à la vérité de l’Église, à la vérité sur la nature de l’Église. C’est une pratique malheureusement assez répandue, à l’heure où l’accidentel, le sensationnel, le dramatique font recette, de considérer « le contexte actuel » de l’Église comme déterminant au point de prendre plus d’importance que l’Église elle-même, de considérer la maladie, ou la « crise », plus que le corps lui-même, qui ici reste le Corps mystique. La crise, en effet, n’ayant d’existence que par défaut, c’est l’être lui-même, c’est la personne de l’Église, qu’il faut d’abord considérer. Cet état de fait permet de mieux prendre la mesure du caractère providentiel (de pro-videre, voir en avant) du dernier concile dans son insistance résolue à placer le mystère de l’Église au cœur de sa démarche et de sa réflexion.
Les trois regards
Comment regarder l’Église ? C’est la question que se pose le cardinal Journet dans les premières pages de sa Théologie de l’Église, dont voici les traits essentiels :
« L’Église est une réalité dans le monde. Elle s’offre à la rencontre de tous, mais tous ne la connaissent pas. On peut, en effet, porter sur elle trois regards différents. C’est le troisième seulement qui la révèle. »1 Ici, le grand théologien suisse, à l’instar du passage cité plus haut du catéchisme romain comme de la constitution dogmatique Lumen gentium (Lumière des nations, qui désigne le Christ, et en lui, l’Église), étaye son approche en faisant le lien immédiat avec les « trois façons possibles de regarder Jésus ».
Il distingue en premier lieu ceux qui « l’ont rencontré et n’ont su voir en lui qu’un homme parmi les autres », qui « l’ont croisé sur les chemins de Palestine sans le deviner », et qui, finalement, n’ont pas « dépassé l’écorce des choses »… « N’est-il pas ce Jésus, fils de Joseph dont nous connaissons le père et la mère ? » (Jn 6, 42) Viennent ensuite ceux qui « ont porté sur le Christ un regard plus pénétrant », qui « ont perçu dans son enseignement une sagesse surprenante » et « dans la sainteté de sa vie quelque chose d’unique », qui ont lu « dans les faits dont il était l’auteur, le signe d’une puissance qui n’est pas celle de l’homme. » « Ils ont vu le miracle de Jésus. Mais ils n’ont pas songé au mystère de Jésus. »… « Pour les uns, il est Jean-Baptiste, pour d’autres Elie, pour d’autres encore Jérémie ou l’un des prophètes. » (Mt 16, 13–14) Certains, enfin, « purent lever sur Jésus le regard de la foi surnaturelle. Ils ont cru au mystère du Verbe fait chair. Par surcroît s’est expliqué à leurs yeux le miracle de sa vie. » C’est l’apôtre Pierre, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! », et c’est Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Ainsi de l’Église. Il y a d’abord « le regard de l’observateur superficiel, du statisticien, de l’historien des religions quand il se borne à faire œuvre descriptive », qui peut, de l’extérieur, « décrire son type de gouvernement, ses structures, son enseignement et ses usages cultuels, son sacrifice, ses sacrements et ses prières liturgiques ou paraliturgiques. » Apparaissent ensuite ceux qui savent « reconnaître la qualité des valeurs qui signalent l’Église catholique », et voient « dans sa constance, dans son unité et son universalité, dans ses effets de sainteté, un ensemble de caractères extraordinaires, en quelque sorte miraculeux. » Et Journet de citer Bergson, dans Les deux sources de la morale et de la religion, comme on pourrait le faire de Chateaubriand avec Le génie du christianisme ou bien d’autres. Et puis : « Il y a enfin un troisième regard sur l’Église. Le regard de la foi. L’Église apparaît alors dans son mystère, dans sa réalité profonde, comme le Corps du Christ, habité par l’Esprit-Saint, qui la dirige et demeure en elle comme son Hôte. L’église mystère de foi, voilà ce que l’assemblée des chrétiens proclame chaque dimanche solennellement : Credo unam sanctam catholicam et apostolicam Ecclesiam. A la lumière de la foi s’explique par surcroît le caractère miraculeux extérieurement constatable de cette société religieuse et s’éclaire le paradoxe vivant qu’elle ne cesse d’être pour l’étonnement du monde. »
Faut-il donc, comme parfois le bon éducateur, « pour bien voir, savoir fermer les yeux » ? Faut-il ignorer les statistiques, mépriser le langage de la réalité, cesser de réfléchir, s’abandonner mollement à la tentation récurrente du fidéisme ? C’est inutile. Simplement prendre toute la réalité, à chacun de ses degrés, telle qu’elle est, non telle qu’on la voudrait. « De quoi s’agit-il ? », avait coutume de lancer Foch à ses officiers d’état-major devant la carte déployée.
De trois écueils
Quittons un instant Journet pour voir, a contrario, les écueils qui guettent l’observateur chez le chrétien. On en relèvera trois principaux, en contrepoint de sa triple distinction. La particularité du regard de foi est de pouvoir tout intégrer, y compris les réalités très concrètes, en fournissant à la raison, qui possède le sien propre, un principe de réflexion supérieur, qu’on appelle d’ordinaire le sensus fidei, lequel est mesuré par le sensus Ecclesiae. En effet, le caractère personnel de la foi, l’adhésion à Dieu dans le Christ Jésus, ne va pas sans un deuxième aspect, tout aussi essentiel, ainsi présenté par le Cardinal Ratzinger : « Il n’y a pas de foi sans Église. Henri de Lubac a montré que le ‘Je’ de la confession de foi chrétienne n’est pas le ‘Je’ isolé de l’individu, mais le ‘Je’ collectif de l’Église. Quand je dis ‘Je crois’, cela veut dire que je dépasse les frontières de ma subjectivité pour m’intégrer au ‘Je’ de l’Église, en même temps que je m’intègre à son savoir dépassant les limites du temps. »2 La foi ne va ni sans la Tradition portée et continuée par le magistère vivant, ni sans la communion qui en est le fruit et la garantie d’authenticité.
La nature a horreur du vide : lorsque faiblit le sensus Ecclesiae, un autre principe viendra fortifier la volonté, sinon éclairer la raison. Par commodité, on parlera d’une vision sociologique, d’une vision politicienne (non politique), d’une vision spiritualiste.
Sociologique. Ici, les chiffres sont rois. Comme il faut les faire parler selon un point de vue d’ordinaire prédéterminé, il faut aussi les choisir. Le principe d’autorité reste le magistère médiatique. Les discours du pape sont triés suivant la dialectique droite-gauche, ignorés si l’on éprouve quelque difficulté à les cataloguer. Les « tendances » ou les « courants » sont considérés comme des blocs en opposition dans lesquels il faut à force faire entrer tout événement ou toute prise de position.
Politicienne. La science politique, fort utile dans son ordre propre, peut jouer de mauvais tours quand elle s’aventure en des continents qui lui sont des terra incognita. La tentation est grande de développer toute une argumentation savamment peaufinée sur les tenants et les aboutissants de la crise de l’Église ou au contraire de son embellie significative (vue de ci ou de là, en arrière ou en avant), de gloser sur les perspectives à venir (plutôt que de prêter ses bras aux semailles et à la moisson), de choisir, non plus dans les chiffres (l’approche est plus instruite), mais dans l’histoire, lue « partiellement », l’évidence rassurante de l’acuité singulière de son propre jugement. Le magistère ici, c’est la liberté de conscience au sens des Lumières, qu’aucune autorité, et spécialement pas l’autorité légitime, ne doit contraindre, pour que puissent en profiter ceux qui pensent déjà « bien ». Le cadre, ce ne sont plus les grands media, mais plutôt les groupes de pensée, les « tendances » particulières où fleurissent les maîtres à penser (n’est pas Socrate qui veut) jaloux de leur influence intellectuelle sur des groupes particuliers.
Spiritualiste. Sa devise est maritime : « Pas de vagues ! » Alors que la vision politicienne, intellectualiste, en tient plutôt pour le « Tout va mal, je sais pourquoi et vous l’explique de nouveau », celle-ci préfère le « Tout va bien, je sais pourquoi et ne vous en dis rien ». Ceux-là n’ont en général pas de responsabilités, ou pas celles que devraient leur promettre leurs capacités, ceux-ci portent le faix d’une charge sereinement acceptée qui les oblige au devoir de réserve et leur commande de rassurer les foules. Ce n’est plus tant le jugement propre que l’amour-propre, voire le respect humain, qui paralyse la liberté dans la réflexion.
L’Église, la foi et les vocations
Ce numéro de Kephas vous propose un dossier sur l’Église, la situation de la foi en général, la question des vocations en particulier. Sur ce point, qui niera le caractère d’urgence de la situation, détaillée dans le « cri d’alarme » opportunément lancé par le Fr. T.-D. Humbrecht dans l’hebdomadaire Famille chrétienne,3 qui commence sur ce simple constat : « Cette année en France, le nombre de vocations a baissé de moitié. »
L’esprit de ce dossier tient en trois mots : voir (en détaillant les données, les faits, les statistiques), comprendre (en les analysant, en ayant recours à l’enseignement de l’histoire, en confrontant les points de vue), croire (en laissant en tout la primauté au regard de foi).
Il n’est nul besoin de services de renseignements pour constater, ainsi que le soulignait le Saint-Père en octobre 2000, qu’« aujourd’hui plus que jamais, l’humanité est à la croisée des chemins. » L’Église, en particulier, se trouve dans une situation inédite, très variable suivant les continents, qui laisse présager des bouleversements non négligeables, ou tout au moins une forte évolution, notamment dans les pays au tissu autrefois chrétien. Nous n’avons pas l’ambition ici de jouer les pythies.
Par exemple, qui seront les prêtres de demain dans les diocèses de France ? Viendront-ils de Pologne, d’Afrique ou d’Amérique du sud ? Faut-il « miser » sur le prêtre diocésain et se méfier des communautés nouvelles (qu’elles soient de style plus ancien ou plus charismatique) comme d’une menace pour l’unité ? Faut-il au contraire faire du tissu diocésain table rase et inventer la mission en voyant dans ces communautés l’Arche du salut ? Faut-il encore retrouver les Ordres plus anciens ? Allons-y pour un oracle : dans quelques années, la question ne se posera plus.
Certes, les diocèses, en contrepartie de leur grande stabilité, doivent faire face à l’immobilisme des structures, plus pesant quand les hommes se font plus rares pour les supporter. Certes aussi, les communautés nouvelles de toutes tendances, comme corollaire de leur rapide expansion, connaissent très habituellement des difficultés notables de croissance. Certes enfin, les différences culturelles sont parfois notables, au point de susciter de part et d’autre appréhensions et méfiances dans un « corps de métier » d’ordinaire très conservateur (quel que soit ce qu’on y conserve) et peu aventurier. Ici et là, malgré tout, le nombre n’est pas pléthorique et les chiffres sont têtus.
La communion, vérité de l’Église
Alors ? C’est l’Église, c’est la foi à la vérité de l’Église qui, par-delà toutes les supputations essayées, les éventuelles suspicions ou les blessures, reste toujours d’actualité, d’une brûlante actualité, parce qu’elle est évangélique, parce qu’elle a fait ses preuves et qu’elle demeure en ce domaine la seule vérité que n’atteindra jamais l’injure du temps. Cette vérité, nous la prolongeons dans notre Credo par un mot qui en dit toute la substance : communion. Je crois la sainte Église catholique, la communion des saints. Laquelle communion est essentiellement eucharistique, sacramentelle pour se prolonger en communion de charité : « Il est encore une autre espèce de communion à considérer dans l’Église. La charité en est le principe. […] Pour marquer cette communion de biens dans l’Église, nos saints Livres emploient souvent la comparaison si juste des membres du corps humain. »4
« Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21)
En commentant ces mots de la prière sacerdotale du Christ, le pape Jean-Paul II écrivait dans l’exhortation apostolique Christifideles laici : « Cette communion est le mystère même de l’Église, comme le rappelle le Concile Vatican II, par le mot bien connu de saint Cyprien : “L’Église universelle apparaît comme un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint.”5 »6
Quelques lignes plus loin, cette affirmation sans équivoque : « L’ecclésiologie de communion est l’idée centrale et fondamentale des documents du Concile. » C’est la substance même du mystère de l’Église, tel que l’a mis en lumière le concile Vatican II.

*

En lançant voici deux ans cette revue, nous l’avions placée sous le patronage de sainte Catherine de Sienne. Voici quelques semaines, lors d’un pèlerinage inopiné et bienvenu dans la Ville éternelle, avec les époux Gardeil, voici que nous avons pu présenter Kephas au Saint-Père, l’espace d’un instant. C’était le jour de la sainte Catherine de Sienne. Nous permettez-vous simplement de vous faire part de ce clin d’œil de la Providence pour partager notre action de grâces ?
La croisée des chemins… Nous y sommes depuis que le Christ a étendu les bras sur le bois de la Croix. C’est aussi la Croix qui structure l’Église, depuis qu’elle est née du côté ouvert du Rédempteur. Que conclure ? « Unissons-nous à cette prière de feu de sainte Catherine de Sienne qui invite ceux qui aiment l’Église à former un contrefort de prière autour de ses murs. O très doux amour, écrit-elle, tu as vu en toi la nécessité de la sainte Église, et le remède dont elle a besoin, et tu le lui as donné : c’est-à-dire la prière de tes serviteurs, dont tu veux faire un mur, sur lequel appuyer les murs de la sainte Église et auxquels la clémence de ton Esprit Saint infuse des désirs de feu pour sa réforme. »7

Ch. Journet, Théologie de l’Église, DDB 1958, p. 11. Les citations suivantes sont à suivre aux pages 11–13.
J. Ratzinger, Transmission de la foi et sources de la foi, Conférence du 16 janvier 1983 à Paris.
« Famille chrétienne » no 1319 à 1322, 26 avril au 23 mai 2003.
Catéchisme du concile de Trente.
Vatican II, Constitution dogmatique Lumen gentium, n. 4.
Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles laici, 30 décembre 1988, n. 18.
Raniero Cantalamessa, Carême 2003 à Rome.

LUNDI, 5ÈME SEMAINE DU TEMPS PASCAL — OFFICE DES LECTURES

15 mai, 2017

http://www.aelf.org/2017-05-15/romain/lectures

LUNDI, 5ÈME SEMAINE DU TEMPS PASCAL — OFFICE DES LECTURES

Saints Pierre et Paul Apôtres - La - Copia

Saint Pierre et paul apôtre

LECTURE : LA VICTOIRE DU MESSIE (AP 19, 11-21)
11 Puis j’ai vu le ciel ouvert, et voici un cheval blanc : celui qui le monte s’appelle Fidèle et Vrai, il juge et fait la guerre avec justice.
12 Ses yeux sont comme une flamme ardente, il a sur la tête plusieurs diadèmes, il porte un nom écrit que nul ne connaît, sauf lui-même.
13 Le vêtement qui l’enveloppe est trempé de sang, et on lui donne ce nom : « le Verbe de Dieu ».
14 Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, elles étaient vêtues de lin fin, d’un blanc pur.
15 De sa bouche sort un glaive acéré, pour en frapper les nations ; lui-même les conduira avec un sceptre de fer, lui-même foulera la cuve du vin de la fureur, la colère de Dieu, Souverain de l’univers ;
16 sur son vêtement et sur sa cuisse, il porte un nom écrit : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».
17 Puis j’ai vu un ange debout dans le soleil ; il cria d’une voix forte à tous les oiseaux qui volent en plein ciel : « Venez, rassemblez-vous pour le grand repas de Dieu,
18 pour manger la chair des rois, celle des chefs d’armée, celle des puissants, celle des chevaux et de ceux qui les montent, celle de tous les hommes, libres ou esclaves, des petits et des grands. »
19 Et j’ai vu la Bête, les rois de la terre, et leurs armées, rassemblés pour faire la guerre au cavalier et à son armée.
20 La Bête fut capturée, et avec elle le faux prophète, lui qui, en produisant des signes devant elle, avait égaré ceux qui portent la marque de la Bête et se prosternent devant son image. Ils furent jetés vivants, tous les deux, dans l’étang de feu embrasé de soufre.
21 Les autres furent tués par le glaive du cavalier, le glaive qui sort de sa bouche, et tous les oiseaux se rassasièrent de leurs chairs.

RÉPONS
R/ Alléluia ! Rédemption éternelle par son sang,
Jésus, splendeur du Père !
Je suis la lumière du monde.
Celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Nul ne vient à moi
si mon Père ne l’attire,
mais sans moi nul ne vient au Père

HOMÉLIE PASCALE DE SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE
Le Premier-né de la création nouvelle.
Maintenant le règne de la vie est venu, le pouvoir de la mort a été détruit. Il est survenu une autre naissance, une vie différente, un nouveau genre de vie, une transformation de notre nature elle-même. Quelle naissance ? Celle qui est l’œuvre non de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : la naissance qui vient de Dieu.
Voici le jour que le Seigneur a fait, différent des jours apparus au commencement de la création, qui sont mesurés par le temps. Celui-ci est le commencement d’une autre création : Dieu fait, en ce jour, un ciel nouveau et une terre nouvelle, comme dit le Prophète. Quel est ce ciel ? Le firmament, l’édifice solide de la foi au Christ. Quelle est cette terre ? Le cœur excellent, comme dit le Seigneur, c’est la terre qui boit la pluie tombée sur elle, et qui donne une riche moisson. Dans cette création, le soleil, c’est la vie pure ; les astres sont les vertus ; l’air, c’est une conduite limpide ; la mer, c’est la profondeur des richesses de la sagesse et de la connaissance ; la verdure et les bourgeons, c’est la bonne doctrine et les enseignements divins dont se nourrit le troupeau du pâturage, c’est-à-dire le peuple de Dieu ; les arbres portant du fruit, c’est la pratique des commandements.
En ce jour est créé l’homme véritable, celui qui est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. Ce jour que le Seigneur a fait, tu vois de quel monde il est le principe. Le prophète dit que ce n’est pas un jour comme les autres jours, ni une nuit comme les autres nuits.
Mais nous n’avons pas encore parlé de ce qu’il y a de plus extraordinaire dans le don que ce jour nous apporte. C’est qu’il a détruit les affres de la mort. C’est qu’il a mis au monde le premier-né d’entre les morts. ~
Je monte, dit-il, vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Quelle belle et bonne nouvelle ! Celui qui, pour nous, est devenu comme nous, a voulu, par suite de son unité de nature avec nous, faire de nous ses frères. C’est pourquoi il fait monter sa propre humanité auprès du Père véritable afin d’attirer par lui tous ceux de sa race.

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE DE PÂQUES, A

12 mai, 2017

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE DE PÂQUES, A

Ac 6, 1-7 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12

la mia fr - Copia

le visage du Christ

Si vous cherchez dans l’annuaire officiel des téléphones, celui des CCP ou des ASBL, un groupe dénommé « Les adeptes de la voie », vous ne le trouverez pas. Même sur Internet, je n’ai trouvé que l’Adepte de la Voie du Saphir et la Voie du Phénix… Il est vrai qu’il peut exister sous une autre étiquette. On peut d’ailleurs faire partie des adeptes de la Voie sans le savoir.
Après la mort de Jésus, ses nouveaux disciples se sont appelés précisément les adeptes de la Voie, tout simplement parce qu’il s’était présenté lui-même comme étant la Voie, le Chemin… Il n’est pas seulement un nouveau guide, ni même une nouvelle manière de marcher, mais la route elle-même. En somme, Jésus prend la place occupée dans la Bible par la Loi. Celle des Dix Paroles de vérité et de vie, taillées dans la pierre. Les dix commandements. Avec Jésus, cette Parole de Dieu devient quelqu’un, la Parole incarnée. Une parole qui ne change pas, qui doit être proclamée pour être traduite et pratiquée dans une vie quotidienne qui, elle, ne cesse d’évoluer et de changer.
La première lecture nous apprend ainsi que les apôtres sont bien au service de la Parole. Ils ne peuvent pas la délaisser. Cependant, ils cumulent toutes les responsabilités et tous les services de la communauté, y compris les activités sociales. Mais la communauté va grandir, la situation se complique et les problèmes se multiplient. Il faudra donc en même temps agir en conformité avec l’esprit de l’Evangile et s’adapter à une situation tout à fait nouvelle. Autrement dit, il faut régulièrement réformer et innover pour rester fidèle.
Ce qui compte, c’est l’objectif à atteindre, quitte à modifier les méthodes et les moyens en fonction des problèmes et des époques. C’est pourquoi, par exemple, le Concile a rappelé que « l’Esprit Saint pousse l’Eglise à se renouveler, à se rajeunir, à se mettre à jour. C’est lui qui inspire les innovations indispensables pour qu’elle assure fidèlement ses priorités et ses missions ».
La lettre de Pierre, elle aussi, a inspiré le Concile pour rendre à l’Eglise son véritable nom de « peuple de Dieu », et même « peuple de prêtres ». Quant aux baptisés, ils sont des « pierres spirituelles », parce que taillées, façonnées par la Parole du Seigneur. Jadis, le Temple, bâti avec des pierres, permettait aux croyants de se rassembler pour entrer en communion avec Dieu par le culte et l’offrande des sacrifices d’animaux ou de produits de la terre. Maintenant, c’est l’espace de l’humanité tout entier qui est le vrai Temple. La pierre de fondation, c’est le Christ, dira S. Matthieu. La pierre sur laquelle chacun doit bâtir sa vie par la foi. Voilà pourquoi les chrétiens sont des pierres vivantes, intégrées à la construction du temple spirituel qui est l’Eglise.
Désormais cependant, il ne suffit plus d’accomplir des rites extérieurs, d’offrir des sacrifices d’animaux. Les vrais sacrifices sont spirituels. Ils s’expriment en offrande d’amour, en service des frères et sœurs en humanité. « J’étais un étranger, et vous m’avez recueilli. Nu et vous m’avez vêtu. Affamé et vous m’avez nourri » (Mt 25, 35). Voilà le vrai culte en esprit et en vérité… Et Dieu sait si les nus et les affamés sont légion, sans être étrangers pour autant.
Ainsi, le Chemin n’est pas simplement une religion, une mise en forme de textes de lois et de règlements, puisque Jésus nous dit que la loi c’est lui. Nous ne pouvons pas non plus posséder la vérité tout entière. Elle n’a pas de propriétaire, puisque Jésus nous dit qu’il est lui-même la vérité. La vérité n’est donc pas un système abstrait, ni un objet de connaissance qu’il suffit d’étudier, de retenir et de conserver. Elle n’est pas un ensemble de vérités à croire, ni une panoplie de dogmes. C’est essentiellement quelqu’un, qui est toujours à chercher, à découvrir, à rencontrer, à mieux connaître, à faire connaître. Plus fort encore, connaître Jésus, c’est déjà connaître le Père. C’est même déjà le voir, car les œuvres de Jésus sont les siennes. Et nous pouvons le voir aussi et le reconnaître à l’œuvre dans tous ceux et celles qui luttent contre les forces de mort, de haine et d’injustice, dans tous ceux et celles qui se font fraternellement proches de tous les blessés et les abîmés de notre société. C’est dans ces œuvres là qu’il est toujours vivant et agissant, reconnaissable.
Il ne suffit donc pas de chanter « bonne nouvelle pour les pauvres », ni de rompre le pain eucharistique. C’est à nous tous et à chacun d’entre nous d’être concrètement une Bonne Nouvelle pour les pauvres et les opprimés, en partageant « notre pain » avec eux.
Pour vivre nous-mêmes la résurrection, la proclamer et en témoigner, il s’agit donc de « faire mourir en soi tout égoïsme, tout désir de possession, toute envie de domination, toute violence ». Et, dans le même mouvement « faire naître et vivre en soi le pardon, le partage, l’amour donné, l’espérance, la joie et la vie ». Voilà le portrait robot d’un être nouveau, c’est-à-dire d’un(e) ressuscité(e).

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

LES DISCIPLES D’EMMAÜS – SAINT LUC 24, 13-35 – MÉDITATIONS

10 mai, 2017

https://viechretienne.catholique.org/meditation/10083-les-disciples-d-emmaus

LES DISCIPLES D’EMMAÜS – SAINT LUC 24, 13-35 – MÉDITATIONS

Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu’elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » A leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
Prière d’introduction Dieu éternel, je me mets en ta présence avec un esprit de foi, d’espérance et d’amour. Je désire ardemment sentir ta présence. Sois avec moi, et inspire ma prière.
Pétition Seigneur Jésus, marche à mes côtés. Que mon cœur brûle à la lecture de ta parole ! Ouvre mon esprit à la signification des Ecritures et aux événements de la vie.

Réflexion
1. Deux visages abattus. Ces deux disciples avaient été fortement secoués par les événements des derniers jours. Ils avaient quitté courageusement leur maison et leur famille pour suivre Jésus. Ils avaient écouté sa parole, ils ont été témoins de ses miracles, et ils sont même allés prêcher en son nom. Ils pensaient que Jésus serait accueilli avec enthousiasme comme le Messie longtemps attendu. Et précisément au moment désigné par Jésus comme « son heure », le moment où il accomplissait sa plus grande oeuvre, ces disciples l’ont quitté. Que s’est-il passé ? Dieu a choisi un chemin que ses disciples n’avaient pas prévu, et qu’ils n’ont pas accepté. La croix et la souffrance ne faisaient pas partie de leurs projets. Ils auraient accepté de suivre Jésus sur le chemin du triomphe, mais pas sur le chemin de la croix. Aussi longtemps qu’il y avait des miracles, des foules qui l’acclamaient et de l’émotion, ils étaient tout disposés à suivre Jésus. Mais quand l’ombre de la croix s’est montré, ils ont jeté l’éponge. C’est pourquoi, ils retournent chez eux, à leur ancien style de vie, l’espoir brisé et le cœur accablé. Noyés dans leur douleur , ils échangeaient des paroles sans foi, sans le sens de Dieu.
2. Des questions inattendues d’un invité inattendu. Les deux disciples sont tellement préoccupés par leurs soucis et leurs blessures qu’ils ne reconnaissent pas celui qui marche à côté d’eux. S’apitoyer sur nous-mêmes ne nous aide pas à voir Dieu, mais ne fait que nous immerger davantage dans notre propre impuissance. Une question inattendue vient transformer cette situation déplorable. Elle démolit les conclusions erronées des deux voyageurs et les invite à regarder plus loin. Le fait de réfléchir sur des données objectives, sur les vrais événements de notre vie (et non pas sur nos propres projets et nos espoirs limités) ouvre la porte à l’espérance.3. Le partage du pain. Jésus-Christ est le berger qui cherche ces deux brebis égarées. Comme toujours, il éclaire doucement leur conscience et les conduit habilement à la vérité. Écouter Jésus prépare ses deux disciples à le reconnaître quand il prend le pain, le rompt, le bénit et le leur donne : les mêmes gestes qu’à la dernière Cène. Après avoir reconnu le Seigneur dans la « fraction du pain », toutes leurs dispositions changent, même leur manière d’évaluer les événements et les changements de situation. Ils s’étaient arrêtés pour la nuit, mais après avoir rencontré le Seigneur, ils se lancent au milieu de la nuit retrouver les autres pour partager leur expérience avec eux.
Dialogue avec le Christ Seigneur Jésus, enseigne-moi à me détacher de moi-même et à accepter ton plan glorieux. Marche toujours à mon côté, et aide-moi à réaliser qu’aussi longtemps que je compte sur toi, il y aura toujours de l’espoir et la possibilité de salut.
Résolution Je laisserai Dieu intervenir pour changer mes projets et mes aspirations limitées. Je parlerai avec Jésus, dans un dialogue intime et cordial, des objectifs qu’il veut que je fixe pour ma vie, même s’ils me semblent irréalisables.

Le tombeau vide

8 mai, 2017

le tombeau vide

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