LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

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Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

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SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

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J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

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BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

SAINTS PIERRE ET PAUL

28 juin, 2017

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Eglise de Saint-Pierre et Paul, Prague

SAINTS PIERRE ET PAUL

Saint Pierre et saint Paul sont fêtés ensemble le 29 juin parce qu’ils sont reconnus par la Tradition chrétienne comme les deux piliers de l’Église. L’Église romaine, c’est l’Église de Pierre et de Paul. Un article de Alain Marchadour, bibliste.

Fresque de Thomas von Villach (XVe siècle) dans l’église de l’Abbaye St-Paul, en Carinthie (Autriche). © D. R.
Pierre, l’homme aux clés et Paul, l’homme à l’épée, si souvent associés, aussi bien dans l’histoire de la mission que dans la liturgie, et dans les représentations artistiques. Pierre était galiléen, un pêcheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Paul était un juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure,pharisien et citoyen romain. Tous deux verront leur vie bouleversée par l’irruption d’un homme qui leur dit: « Suis-moi ». Pierre et Paul seront réunis dans leur confession de foi jusqu’au sang à Rome, puisqu’ils y ont été martyrisés pour leur foi en Jésus.
Trois ans après sa conversion (en 37), Paul a souhaité se rendre à Jérusalem pour voir Pierre (Galates 1,18-19). Ce sont deux géants de la foi qui se retrouvent. Pour Paul, soupçonné de faire bande à part, il est essentiel de faire comprendre aux Galates que, depuis le commencement, ce ne fut jamais le cas. C’est vrai qu’il a attendu trois ans, ce qui souligne sa liberté et sa vocation propre, née sur la route de Damas. Mais, pour contrer l’accusation d’être isolé et à part, il tient à faire savoir aux Galates qu’il a voulu rencontrer le chef de l’Église.

Le premier concile
La seconde rencontre entre Paul et Pierre se déroule beaucoup plus tard, après le second voyage de Paul, sans doute en 51. Paul a acquis de l’expérience, il a beaucoup reçu de la communauté d’Antioche où il a passé douze années. Il a appris à travailler avec Barnabé, puis seul, comme responsable d’Église, tout en étant secondé par des collaborateurs bien choisis.
Dans sa longue période missionnaire, des conflits ont surgi entre les divers courants, qui portaient surtout sur l’ouverture vers le monde païen : faut-il imposer aux païens les institutions et les rites juifs (circoncision, fêtes, sabbat, règles alimentaires), comme le pense Jacques, frère du Seigneur ? Ou faut-il, selon la pratique de Paul, se dégager de ces rites pour offrir le message de Jésus dans sa radicalité et sa pureté, aux nations païennes ? Le conflit est sérieux. C’est pour tenter de faire un bon discernement qu’une rencontre officielle entre les grandes figures de l’Église est alors organisée à Jérusalem.
Deux décisions sont prises
Nous en avons deux versions, une dans les Actes (Actes 15,1-29), l’autre dans la lettre aux Galates (Galates 2,1-10). Avec des nuances, elles se rejoignent pour l’essentiel. Deux décisions sont prises : d’abord les missions respectives de Pierre vers les Juifs et de Paul vers les païens sont reconnues l’une et l’autre comme légitimes : « Jacques, Cephas et Jean, considérés comme des colonnes de l’Église, nous donnèrent la main à moi et à Barnabé en signe de communion afin que nous allions, nous vers les païens, eux vers les circoncis ». (Galates 2,9). C’est un pas important, qui devrait faire taire les opposants judaïsants à Paul, et lui accorder une plus grande liberté d’esprit pour poursuivre le travail auprès des païens.
Ensuite une seconde décision, porte sur des rites alimentaires particuliers que les païens seraient invités à respecter (Actes 15,29). Mais il semble que Paul ne l’a jamais imposée à ses Églises.

La place de Jacques
On note que l’énumération des autorités par Paul suit un ordre particulier « Jacques, Céphas et Jean » (Galates 2,9). On peut en déduire que Jacques a pris la première place dans l’Église-mère de Jérusalem. Il est vraisemblable que la famille terrestre de Jésus, qui avait résisté à son enseignement de son vivant, a changé de comportement après la Résurrection. Elle a même revendiqué une place dominante dans l’Église-mère de Jérusalem après la Résurrection, se donnant comme mission de ne laisser personne gauchir le message originel de Jésus.

Père Alain Marchadour bibliste – Prions en Église ; décembre 2008

SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL – HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II (2001)

27 juin, 2017

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SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL – HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II (2001)

Vendredi 29 juin 2001

1. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Que de fois avons-nous répété cette profession de foi, prononcée un jour par Simon, fils de Jonas, aux alentours de Césarée de Philippe! Que de fois j’ai moi-même trouvé dans ces paroles un soutien intérieur pour poursuivre la mission que la Providence m’a confiée!
Tu es le Christ! Toute l’Année Sainte nous a conduits à fixer le regard sur « Jésus-Christ unique sauveur, hier, aujourd’hui et à jamais ». Chaque célébration jubilaire a été une incessante profession de foi dans le Christ, renouvelée ensemble deux mille ans après son Incarnation. A la question, toujours actuelle, de Jésus à ses disciples: « Mais pour vous, qui suis-je? » (Mt 16, 15), les chrétiens du troisième millénaire ont répondu une fois de plus en unissant leurs voix à celle de Pierre: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

2. « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17).
Après deux millénaires, le « roc » sur lequel est fondée l’Eglise reste toujours le même: c’est la foi de Pierre. « Sur cette pierre » (Mt 16, 18), le Christ a construit son Eglise, un édifice spirituel qui a résisté à l’usure des siècles. Assurément, elle n’aurait pas pu résister à l’assaut de tant d’ennemis sur des bases uniquement humaines et historiques!
Au cours des siècles, l’Esprit Saint a illuminé des hommes et des femmes de tout âge, vocation et condition sociale, pour en faire « des pierres vivantes » (1 P 2, 5) de cette construction. Ce sont les saints, que Dieu suscite avec une créativité inépuisable, et qui sont bien plus nombreux que ceux que l’Eglise indique solennellement en exemple à tous. Une seule foi; un seul « roc »; une seule pierre d’angle: le Christ, Rédempteur de l’homme.
« Tu es heureux, Simon Fils de Jonas »! La béatitude de Simon est la même que celle de la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle Elisabeth dit: « Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).
C’est la béatitude qui est également réservée à la communauté des croyants d’aujourd’hui, à laquelle Jésus répète: Bienheureuse es-tu, Eglise du troisième millénaire, qui conserves l’Evangile intact et qui continues à le proposer avec un enthousiasme renouvelé aux hommes du début d’un nouveau millénaire!
Dans la foi, fruit de la rencontre mystérieuse entre la grâce divine et l’humilité humaine qui se remet à celle-ci, se trouve le secret de la paix intérieure et de la joie du coeur qui anticipent d’une certaine manière la béatitude du Ciel.
3. « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2 Tm 4, 7).
La foi se « conserve » en la donnant (cf. Redemptoris missio, n. 2). Tel est l’enseignement de l’Apôtre Paul. C’est ce qui a eu lieu lorsque les disciples, le jour de la Pentecôte, sortis du Cénacle et soutenus par l’Esprit Saint, partirent dans toutes les directions. Cette mission évangélisatrice se poursuit dans le temps et c’est la manière normale avec laquelle l’Eglise administre le trésor de la foi. Nous devons tous participer activement à ce dynamisme.
C’est avec ces sentiments que je vous adresse mon plus cordial salut, chers et vénérés frères, qui m’entourez aujourd’hui. Je vous salue de manière particulière, chers Archevêques métropolitains, nommés au cours de la dernière année et venus à Rome pour le rite traditionnel de l’imposition du Pallium. Vous provenez de vingt-et-un pays des cinq continents. Sur vos visages, je contemple celui de vos communautés: une immense richesse de foi et d’histoire, qui se compose et s’harmonise comme une symphonie dans le Peuple de Dieu.
Je salue également les nouveaux évêques, ordonnés au cours de cette année. Vous provenez, vous aussi, de diverses parties du monde. Dans les différentes parties du corps ecclésial, que vous représentez ici, se trouvent des espérances et des joies, mais les blessures ne manquent certes pas. Je pense à la pauvreté, aux conflits, parfois même aux persécutions. Je pense à la tentation du sécularisme, de l’indifférence et du matérialisme pratique, qui mine la vigueur du témoignage évangélique. Tout cela ne doit pas affaiblir, mais intensifier en nous, chers frères dans l’épiscopat, le désir d’apporter la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu à chaque être humain.
Prions afin que la foi de Pierre et de Paul soutienne notre témoignage commun et nous rende prêts, si nécessaire, à aller jusqu’au martyre.
4. Ce fut précisément le martyre qui scella le témoignage rendu au Christ par les deux grands Apôtres que nous célébrons aujourd’hui. A une distance de quelques années l’un de l’autre, ils versèrent leur sang ici, à Rome, en consacrant cette ville une fois pour toutes au Christ. Le martyre de Pierre a marqué la vocation de Rome comme siège de ses successeurs dans cette primauté que le Christ lui confia au service de l’Eglise: service à la foi, service à l’unité, service à la mission (cf. Ut unum sint, n. 88).
Cette aspiration à la fidélité totale au Seigneur est urgente; le désir de la pleine unité de tous les croyants devient toujours plus intense. Je me rends compte que, « après des siècles d’âpres polémiques, les autres Eglises et Communautés ecclésiales examinent toujours plus et d’un regard nouveau ce ministère de l’unité » (Ibid., n. 89). Cela vaut de façon particulière pour les Eglises orthodoxes, comme j’ai pu le remarquer également au cours des derniers jours, lors de ma visite en Ukraine. Comme je voudrais que vienne le temps de la réconciliation et de la communion réciproque!
Dans cet esprit, je suis heureux d’adresser mon salut cordial à la Délégation du Patriarcat de Constantinople, guidée par Son Eminence Jérémie, Métropolite de France et Exarque d’Espagne, que le Patriarche oecuménique Bartholomaios I a envoyée pour la célébration des saints Pierre et Paul. Leur présence ajoute une note de joie particulière à notre fête. Que les saints Apôtres intercèdent pour nous, afin que notre engagement commun puisse solliciter et préparer la recomposition de cette unité, pleine et harmonieuse, qui devra caractériser la communauté chrétienne dans le monde. Lorsque cela aura lieu, il sera plus facile au monde de reconnaître le visage authentique du Christ.
5. « J’ai gardé la foi »! (2 Tm 4, 7). C’est ce qu’affirme l’Apôtre Paul en traçant le bilan de sa vie. Et nous savons de quelle façon il la conserva: en la donnant, en la défendant, en la faisant fructifier le plus possible. Jusqu’à la mort.
De la même façon, l’Eglise est appelée à conserver le « dépôt » de la foi, en le communiquant à tous les hommes et à tout l’homme. C’est pourquoi le Seigneur l’a envoyé dans le monde, en disant aux Apôtres: « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). Ce mandat missionnaire est plus que jamais valable à présent, au début du troisième millénaire. Face à l’ampleur du nouvel horizon, il doit même retrouver la fraîcheur des débuts (cf. Redemptoris missio, n. 1).
Si saint Paul vivait aujourd’hui, comment exprimerait-il l’aspiration missionnaire qui a distingué son action au service de l’Evangile? Et saint Pierre ne manquerait certes pas de l’encourager dans ce généreux élan apostolique, en lui donnant la main droite en signe de communion (cf. Ga 2, 9).
C’est pourquoi nous confions à l’intercession de ces deux saints Apôtres le chemin de l’Eglise au début du nouveau millénaire. Nous invoquons Marie, la Reine des Apôtres, afin que partout, le peuple chrétien croisse dans la communion fraternelle et dans l’élan missionnaire.
Que la communauté des croyants puisse le plus rapidement possible proclamer d’un seul coeur et d’une seule âme: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant! » Tu es notre Rédempteur, notre unique Rédempteur! Hier, aujourd’hui et à jamais. Amen.

BENOÎT XVI – « JE CROIS EN DIEU » (Abraham – le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux)

26 juin, 2017

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BENOÎT XVI – « JE CROIS EN DIEU » (Abraham – le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 23 janvier 2013

Chers frères et sœurs,

En cette Année de la foi, je voudrais aujourd’hui commencer à réfléchir avec vous sur le Credo, c’est-à-dire sur la profession de foi solennelle qui accompagne notre vie de croyants. Le Credo commence ainsi : « Je crois en Dieu ». C’est une affirmation fondamentale, apparemment simple dans son caractère essentiel, mais qui ouvre au monde infini de la relation avec le Seigneur et avec son mystère. Croire en Dieu implique l’adhésion à Lui, l’accueil de sa Parole et l’obéissance joyeuse à sa révélation. Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, « la foi est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu qui se révèle » (n. 166). Pouvoir dire que l’on croit en Dieu est donc à la fois un don — Dieu se révèle, va à notre rencontre — et un engagement, c’est une grâce divine et une responsabilité humaine, dans une expérience de dialogue avec Dieu qui, par amour, « parle aux hommes comme à des amis » (Dei verbum, n. 2), nous parle afin que, dans la foi et avec la foi, nous puissions entrer en communion avec Lui.
Où pouvons-nous écouter Dieu et sa parole ? C’est fondamentalement dans l’Écriture Sainte, où la Parole de Dieu devient audible pour nous et alimente notre vie d’« amis » de Dieu. Toute la Bible raconte la révélation de Dieu à l’humanité ; toute la Bible parle de foi et nous enseigne la foi en racontant une histoire dans laquelle Dieu conduit son projet de rédemption et se fait proche de nous les hommes, à travers de nombreuses figures lumineuses de personnes qui croient en Lui et qui se confient à Lui, jusqu’à la plénitude de la révélation dans le Seigneur Jésus.
À cet égard, le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux, que nous venons d’écouter, est très beau. On y parle de la foi et les grandes figures bibliques qui l’ont vécue sont mises en lumière, devenant un modèle pour tous les croyants. Dans le premier verset, le texte dit : « La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (11, 1). Les yeux de la foi sont donc capables de voir l’invisible et le cœur du croyant peut espérer au-delà de toute espérance, précisément comme Abraham, dont Paul dit dans la Lettre aux Romains qu’« espérant contre toute espérance, il a cru » (4, 18).
Et c’est précisément sur Abraham que je voudrais m’arrêter et arrêter notre attention, car c’est lui qui est la première grande figure de référence pour parler de foi en Dieu : Abraham le grand patriarche, modèle exemplaire, père de tous les croyants (cf. Rm 4, 11-12). La Lettre aux Hébreux le présente ainsi : « Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu: il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c’est dans un campement qu’il vivait, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui, car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte » (11, 8-10).
L’auteur de la Lettre aux Hébreux fait ici référence à l’appel d’Abraham, raconté dans le Livre de la Genèse, le premier livre de la Bible. Que demande Dieu à ce patriarche ? Il lui demande de partir en abandonnant sa terre pour aller vers le pays qu’il lui indiquera. « Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai » (Gn 12, 1). Comment aurions-nous répondu, nous, à une semblable invitation ? Il s’agit en effet d’un départ à l’aveugle, sans savoir où Dieu le conduira ; c’est un chemin qui demande une obéissance et une confiance radicales, auxquelles seule la foi permet d’accéder. Mais l’obscurité de l’inconnu — où Abraham doit aller — est éclairé par la lumière d’une promesse ; Dieu ajoute à son ordre une parole rassurante qui ouvre devant Abraham un avenir de vie en plénitude : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom… En toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 2.3).
La bénédiction, dans la Sainte Écriture, est liée avant tout au don de la vie qui vient de Dieu et se manifeste tout d’abord dans la fécondité, dans une vie qui se multiplie, passant de génération en génération. Et à la bénédiction est liée aussi l’expérience de la possession d’une terre, d’un lieu stable où vivre et grandir en liberté et en sécurité, en craignant Dieu et en construisant une société d’hommes fidèles à l’Alliance, « un royaume de prêtres, une nation sainte » (cf. Ex 19, 6).
C’est pourquoi Abraham, dans le projet divin est destiné à devenir « le père d’un grand nombre de peuples » (Gn 17, 5 ; cf. Rm 4, 17-18) et à entrer dans une nouvelle terre où habiter. Pourtant Sara, sa femme, est stérile, elle ne peut avoir d’enfants ; et le pays vers lequel Dieu le conduit est loin de sa terre d’origine, il est déjà habité par d’autres populations, et il ne lui appartiendra jamais vraiment. Le narrateur biblique le souligne, bien qu’avec une grande discrétion : lorsque Abraham arrive sur le lieu de la promesse de Dieu : « Les Cananéens étaient alors dans le pays » (Gn 12, 6). La terre que Dieu donne à Abraham ne lui appartient pas, il est un étranger et il le restera toujours, avec tout ce que cela comporte : ne pas avoir de visées de possession, sentir toujours sa propre pauvreté, tout voir comme un don. Cela est aussi la condition spirituelle de qui accepte de suivre le Seigneur, de qui décide de partir en accueillant son appel, sous le signe de sa bénédiction invisible mais puissante. Et Abraham, « père des croyants », accepte cet appel, dans la foi. Saint Paul écrit dans la Lettre aux Romains : « Espérant contre toute espérance, il a cru, et ainsi il est devenu le père d’un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur: Vois quelle descendance tu auras ! Il n’a pas faibli dans la foi : cet homme presque centenaire savait bien que Sara et lui étaient trop vieux pour avoir des enfants ; mais, devant la promesse de Dieu, il ne tomba pas dans le doute et l’incrédulité : il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis » (Rm 4, 18-21).
La foi conduit Abraham à parcourir un chemin paradoxal. Il sera béni mais sans les signes visibles de la bénédiction : il reçoit la promesse de devenir un grand peuple, mais avec une vie marquée par la stérilité de sa femme Sara; il est conduit dans une nouvelle patrie mais il devra y vivre comme un étranger ; et l’unique possession de la terre qu’il lui sera consentie sera celle d’un lopin de terre pour y enterrer Sara (cf. Gn 23, 1-20). Abraham est béni parce que dans la foi, il sait discerner la bénédiction divine en allant au-delà des apparences, en ayant confiance dans la présence de Dieu même lorsque ses voies lui paraissent mystérieuses.
Que signifie cela pour nous ? Lorsque nous affirmons : « Je crois en Dieu », nous disons comme Abraham: « J’ai confiance en toi ; je m’abandonne à toi, Seigneur », mais pas comme à Quelqu’un à qui avoir recours uniquement dans les moments de difficulté ou à qui consacrer certains moments de la journée ou de la semaine. Dire « Je crois en Dieu » signifie fonder sur Lui ma vie, faire en sorte que sa Parole l’oriente chaque jour, dans les choix concrets, sans peur de perdre quelque chose de moi. Lorsque, dans le rite du baptême, on demande par trois fois : « Croyez-vous » en Dieu, en Jésus Christ, dans l’Esprit Saint, la Sainte Église catholique et les autres vérités de foi, la triple réponse est au singulier : « Je crois », parce que c’est mon existence personnelle qui doit être transformée avec le don de la foi, c’est mon existence qui doit changer, se convertir. Chaque fois que nous participons à un baptême, nous devrions nous demander comment nous vivons quotidiennement le grand don de la foi.
Abraham, le croyant, nous enseigne la foi ; et, en étranger sur terre, il nous indique la véritable patrie. La foi fait de nous des pèlerins sur terre, insérés dans le monde et dans l’histoire, mais en chemin vers la patrie céleste. Croire en Dieu nous rend donc porteurs de valeurs qui souvent, ne coïncident pas avec la mode et l’opinion du moment, cela exige de nous d’adopter des critères et d’assumer des comportements qui n’appartiennent pas au mode commun de penser. Le chrétien ne doit pas avoir peur d’aller à « contre-courant » pour vivre sa foi, en résistant à la tentation de s’« uniformiser ». Dans un grand nombre de nos sociétés, Dieu est devenu le « grand absent » et à sa place, il y a de nombreuses idoles, des idoles très diverses et surtout la possession et le « moi » autonome. Et les progrès importants et positifs de la science et de la technique également ont introduit chez l’homme une illusion de toute puissance et d’auto-suffisance, et un égocentrisme croissant a créé de nombreux déséquilibres au sein des rapports interpersonnels et des comportements sociaux.
Pourtant, la soif de Dieu (cf. Ps 63, 2) ne s’est pas éteinte et le message évangélique continue de retentir à travers les paroles et les œuvres de tant d’hommes et de femmes de foi. Abraham, le père des croyants, continue d’être le père de nombreux enfants qui acceptent de marcher sur ses traces et qui se mettent en chemin, en obéissance à la vocation divine, en ayant confiance dans la présence bienveillante du Seigneur et en accueillant sa bénédiction pour se faire bénédiction pour tous. C’est le monde béni de la foi auquel nous sommes tous appelés, pour marcher sans peur en suivant le Seigneur Jésus Christ. Et il s’agit d’un chemin parfois difficile, qui connaît également les épreuves et la mort, mais qui ouvre à la vie, dans une transformation radicale de la réalité que seuls les yeux de la foi sont en mesure de voir et d’apprécier pleinement.
Affirmer « Je crois en Dieu » nous pousse alors à partir, à sortir continuellement de nous-mêmes, précisément comme Abraham, pour apporter dans la réalité quotidienne dans laquelle nous vivons la certitude qui nous vient de la foi: c’est-à-dire la certitude de la présence de Dieu dans l’histoire, aujourd’hui aussi : une présence qui apporte vie et salut, et nous ouvre à un avenir avec Lui pour une plénitude de vie qui ne connaîtra jamais de fin.

HOMÉLIE DU 12E DIMANCHE ORDINAIRE A

23 juin, 2017

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

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(Thème des lectures)

HOMÉLIE DU 12E DIMANCHE ORDINAIRE A

Jr 20, 10-13 ; Rm 5, 12-15 ; Mt 10, 26-33

Faut-il avoir peur du contenu de nos assiettes et de l’air qu’on respire ? Peut-on manger du poulet « chloré » venu d’Amérique et des légumes transgéniques ? Nous avons certes bien des motifs de nous inquiéter. Mais tous n’ont pas la même gravité. De toute manière, il n’y a pas d’existence humaine sans peur ni angoisse.
La peur est d’ailleurs au menu du repas biblique de ce dimanche. Ainsi, le Père Jérémie vit dans la crainte. Pourquoi ? C’est un prédicateur bien connu, qui ne transige pas avec les exigences d’une foi incarnée. Observateur attentif de l’actualité quotidienne, il a mis en garde ses concitoyens, et en premier lieu les autorités civiles et religieuses, contre leur insouciance face à une situation sociale, politique et religieuse qui se dégrade. Il crie casse-cou à des gens devenus aveugles et insouciants, qui vont droit à la catastrophe. Réaction du public ? Jérémie est chahuté, traité de prophète de malheur, accablé de critiques et même de menaces. Il va se retrouver seul. Il risque la dépression. Il est tellement accablé et découragé qu’il va même déclarer son regret d’être né : « Maudit le jour où je fus enfanté ! ».
Les chrétiens de Syrie, très minoritaires, auxquels s’adresse Matthieu, connaissent eux aussi la peur. Exactement comme beaucoup d’autres, affrontés aux persécutions aujourd’hui. Songez aux chrétiens du Soudan, d’Irak, d’Indonésie, et d’Algérie… où des convertis au christianisme sont condamnés pour « pratique illégale d’un culte non-musulman » (1). A l’époque de Matthieu, les chrétiens de Syrie, qui vivaient au sein du judaïsme, se sentaient isolés, exclus de la société, et donc marginalisés.
Confrontés à ces tensions et à ces risques, certains ont laissé tomber les bras, peut-être même abandonné la foi. D’autres, catéchistes et prédicateurs, ont mis une sourdine aux exigences de l’Evangile pour éviter les défections et ne pas trop heurter les non chrétiens.
Il y a une autre raison qui a pu nourrir l’angoisse de ces premiers chrétiens. Ils sont, en effet, étonnés et déçus, comme nous pourrions encore l’être aujourd’hui, de constater que la mort et la résurrection de Jésus, la proclamation d’un évangile de justice et de paix, n’ont pas vraiment amené la paix ni suscité un monde heureux. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle ces chrétiens se sont mis à attendre avec impatience et beaucoup de naïveté une seconde et rapide venue du Christ. Dans l’immédiat. Or, la vérité c’est que le Christ demande à chacun de ses disciples d’utiliser sa tête et son cœur, ses mains et ses pieds, ses yeux et tout son être, pour annoncer et incarner l’Evangile dans l’ordinaire de la vie quotidienne. Le Royaume de Dieu commence bien ici-bas. Il grandit et se développe ici-bas. Mais c’est très modestement, par leur vie selon le Christ et conformément à l’Evangile, que les chrétiens hâtent la venue du règne de Dieu, « règne de justice, de vérité et de paix ». Un Royaume d’abord spirituel, intérieur, dont l’accomplissement totalement réalisé n’est pas pour ici-bas.
Il n’empêche que Garaudy, qui n’est pas un « Père » de l’Eglise, avait raison quand il affirmait : « Dieu ne parlera jamais si tu ne lui prêtes pas ta bouche. Dieu n’agira jamais si tu ne lui prêtes pas tes mains ». « Prêtez-moi votre langue, dit le Christ. Et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi.. », prêchait S. Jean Chrysostome dans son homélie sur la moisson abondante. Ce qui signifie que se déclarer en paroles et en actes pour le Christ devant les hommes, c’est évidemment se mouiller. Parfois aussi se compromettre, au risque de heurter de front les intérêts, l’égoïsme, les fausses certitudes des uns et les habitudes des autres, le pouvoir, les privilèges, l’aveuglement ou l’étroitesse d’esprit. Nous sommes très loin d’une religion confortable. Ce qui peut tout naturellement engendrer des inquiétudes, des peurs, et même des angoisses. Ne fût-ce que la peur engendrée par le respect humain, la peur de se compromettre, la peur de s’engager, de perdre de l’argent. Il y a aussi la peur du changement, de la nouveauté, la peur de déplaire. La question est de savoir si nous restons paralysés par nos peurs, ou bien si nous mettons notre confiance en Jésus Christ, vainqueur de toute peur. Même les grands peureux du vendredi saint, ces proches disciples de Jésus, inquiets, terrorisés, prêts à trahir, sont finalement devenus de véritables remueurs de foules, d’intrépides missionnaires, des géants de la foi.
Jésus invite ses disciples à ne pas craindre ceux qui tuent le corps mais ne peuvent pas tuer l’âme, tant il est vrai que nos cheveux sont tous comptés. Mais certains n’en ont plus beaucoup. Ce qui faisait dire avec humour à Michel Quoist en conclusion d’une prière : « C’est vrai, Seigneur, tu penses sans cesse à nous… Donne-moi la grâce de découvrir et de vivre ce que tu as rêvé pour moi… Fais que j’épouse un peu, dans mon attention aux autres, l’attention que tu as pour nous… Seigneur, toi qui fais des crânes chauves, tu fais surtout les vies belles ! ».

P. Fabien Deleclos, franciscain

(1) LLB 04.06.08.

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

20 juin, 2017

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image d’un Bréviaire

PAPE FRANÇOIS – UNE LUMIÈRE DOUCE, HUMBLE ET PLEINE D’AMOUR (2013)

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 3 septembre 2013

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 36 du 5 septembre 2013)

L’humilité, la douceur, l’amour, l’expérience de la croix sont les moyens à travers lesquels le Seigneur vainc le mal. Et la lumière que Jésus a apportée dans le monde vainc la cécité de l’homme, souvent aveuglé par la fausse lumière du monde, plus puissante mais trompeuse. C’est à nous de savoir discerner quelle lumière vient de Dieu. Tel est le sens de la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée mardi 3 septembre.
En commentant la première lecture, le Saint-Père s’est arrêté sur la « belle parole » que saint Paul adresse aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th 5, 1-6.9-11). Ce que veut dire l’apôtre, a expliqué le Pape, est clai: « L’identité chrétienne est une identité de lumière, et non pas de ténèbres ». Et Jésus a apporté cette lumière dans le monde. « Saint Jean — a précisé le Pape François — dans le premier chapitre de son Évangile nous dit “la lumière est descendue dans le monde”, lui, Jésus ». Une lumière que « le monde n’a pas appréciée », mais qui, toutefois, « nous sauve des ténèbres, des ténèbres du péché ». Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, on pense qu’il est possible d’obtenir cette lumière qui déchire les ténèbres à travers de nombreuses découvertes scientifiques et autres inventions de l’homme, grâce auxquelles « on peut tout connaître, on peut posséder une science sur tout ». Mais « la lumière de Jésus — a averti le Pape François — est une autre chose ».
Mais comment se présente la lumière que nous offre Jésus ? Nous pouvons la reconnaître — a expliqué le Saint-Père — parce que c’est une lumière humble. Ce n’est pas une lumière qui s’impose, elle est humble. C’est une lumière douce, qui a la force de la douceur ; c’est une lumière qui parle au cœur et c’est également une lumière qui offre la croix. Si nous, dans notre lumière intérieure, nous sommes des hommes doux, nous entendons la voix de Jésus dans le cœur et nous regardons sans peur la croix dans la lumière de Jésus ». Mais si, au contraire, nous nous laissons aveugler par une lumière qui nous rend sûrs de nous, orgueilleux, et nous conduit à regarder les autres de haut, à les mépriser avec arrogance, il est certain que nous ne nous trouvons pas en présence de la « lumière de Jésus ». C’est au contraire « la lumière du diable travesti en Jésus — a dit l’Évêque de Rome — en ange de lumière. Nous devons toujours faire la distinction ; là où se trouve Jésus se trouve toujours l’humilité, la douceur, l’amour et la croix. Il a parcouru le premier ce chemin de lumière. Nous devons aller derrière lui sans peur », parce que « Jésus a la force et l’autorité de nous donner cette lumière ». « Demandons au Seigneur — a exhorté le Pape François en concluant — de nous donner aujourd’hui la grâce de sa lumière et de nous enseigner à reconnaître lorsqu’une lumière est sa lumière et lorsqu’il s’agit d’une lumière artificielle utilisée par l’ennemi pour nous tromper ».

BENOÎT XVI – LECTURE: COL 1, 3.12.15.17-18

19 juin, 2017

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Saints Pierre et Paul

BENOÎT XVI – LECTURE: COL 1, 3.12.15.17-18

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 7 septembre 2005

Le Christ fut engendré avant toute créature,
premier-né de ceux qui ressuscitent d’entre les morts

1. Nous nous sommes déjà arrêtés précédemment sur la fresque grandiose du Christ, Seigneur de l’univers et de l’histoire, qui domine l’hymne placé au début de la Lettre de saint Paul aux Colossiens. En effet, ce cantique rythme chacune des quatre semaines autour desquelles s’articule la Liturgie des Vêpres.
Le coeur de l’hymne est constitué par les versets 15-20, dans lesquels le Christ entre en scène de manière directe et solennelle, défini comme « image » du « Dieu invisible » (v. 15). Le terme grec eikon, « icône », est cher à l’Apôtre: dans ses Lettres, il l’utilise neuf fois en l’appliquant aussi bien au Christ, icône parfaite de Dieu (cf. 2 Co 4, 4), qu’à l’homme, image et gloire de Dieu (cf. 1 Co 11, 7). Toutefois, avec le péché, celui-ci « a changé la gloire du Dieu incorruptible, contre une représentation, simple image d’hommes corruptibles » (Rm 1, 23), choisissant d’adorer les idoles et devenant semblable à elles.
Nous devons donc continuellement modeler notre être et notre vie sur l’image du Fils de Dieu (cf. 2 Co 3, 18), car nous avons été « arrachés à l’empire des ténèbres », « transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1, 13). Et cela est le premier impératif de cet hymne: modeler notre vie sur l’image du Fils de Dieu, pénétrant dans ses sentiments et dans sa volonté, dans sa pensée.
2. Ensuite, le Christ est proclamé « premier-né (engendré le premier) de toutes créatures » (v. 15). Le Christ précède toute la création (cf. v. 17), étant engendré de toute éternité: car « c’est en lui qu’ont été créées toutes choses [...] par lui et pour lui » (v. 16). Même dans l’antique tradition juive, l’on affirmait que « tout le monde a été créé en vue du Messie » (Sanhédrin 98b).
Pour l’Apôtre, le Christ est aussi bien le principe de cohésion (« tout subsiste en lui »), que le médiateur (« par lui »), et la destination finale vers laquelle converge toute la création. Il est l’ »aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29), c’est-à-dire qu’il est le Fils par excellence dans la grande famille des fils de Dieu, dans laquelle le Baptême nous insère.
3. A ce point, le regard passe du monde de la création à celui de l’histoire: le Christ est « la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Eglise » (Col 1, 18) et il l’est déjà à travers son Incarnation. En effet, Il est entré dans la communauté humaine, pour la diriger et la composer en un « corps »; c’est-à-dire en une unité harmonieuse et féconde. La consistance et la croissance de l’humanité possèdent dans le Christ la racine, l’axe vital, « le principe ».
C’est précisément avec ce primat que le Christ peut devenir le principe de la résurrection de tous, « le premier-né d’entre les morts », car « tous revivront dans le Christ… Comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ » (1 Co 15, 22-23).
4. L’hymne touche à sa conclusion en célébrant la « plénitude », en grec « pleroma », que le Christ possède en lui comme don d’amour du Père. C’est la plénitude de la divinité qui rayonne sur l’univers et sur l’humanité, devenant source de paix, d’unité, d’harmonie parfaite (Col 1, 19-20).
Cette « réconciliation » et « pacification » est effectuée à travers « le sang de la croix », par lequel nous sommes justifiés et sanctifiés. En versant son sang et en se donnant lui-même, le Christ a répandu la paix qui, dans le langage biblique, est le résumé des biens messianiques et de la plénitude salvifique étendue à toute la réalité créée.
L’hymne se termine donc sur un horizon lumineux de réconciliation, d’unité, d’harmonie et de paix, sur lequel se lève de manière solennelle la figure de celui qui en est l’auteur, le Christ, « Fils bien-aimé » du Père.
5. Les écrivains de l’antique tradition chrétienne ont réfléchi sur ce passage intense. Saint Cyrille de Jérusalem, dans un de ses dialogues, cite le cantique de la Lettre aux Colossiens pour répondre à un interlocuteur anonyme qui lui avait demandé: « Nous disons donc que le Verbe engendré par Dieu le Père a souffert pour nous dans sa chair? ». La réponse, dans le sillage du Cantique, est affirmative. En effet, affirme Cyrille, « l’image du Dieu invisible, le premier-né de toutes créatures, visible et invisible, pour qui et en qui tout existe, a été donné – dit Paul – pour chef à l’Eglise: il est, en outre, le premier-né d’entre les morts », c’est-à-dire le premier de la série des morts qui ressuscitent. Cyrille poursuit: « Il a fait sien tout ce qui est propre à la chair de l’homme » et « endura une croix, dont il méprisa l’infamie » (He 12, 2). Nous disons que ce n’est pas un simple homme, comblé d’honneurs, je ne sais comment, qui en raison de son lien avec lui a été sacrifié pour nous, mais que c’est le Seigneur de la gloire lui-même qui a été crucifié » (Perché Cristo è uno: Collection de Textes patristiques, XXXVII, Rome 1983, p. 101).
Devant ce Seigneur de la gloire, signe de l’amour suprême du Père, nous élevons nous aussi notre chant de louange et nous nous prosternons en adoration et en action de grâce.

MESSE EN LA SOLENNITÉ DU CORPUS DOMINI – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

16 juin, 2017

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110623_corpus-domini.html

fr

Tapis de fleurs pour la Fête-Dieu:

https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte-Dieu

excusez le retard, pour nous la fête est demain

MESSE EN LA SOLENNITÉ DU CORPUS DOMINI – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Saint-Jean-de-Latran

Jeudi 23 juin 2011

Chers frères et sœurs!

La fête du Corpus Domini est inséparable du Jeudi Saint, de la Messe in Cena Domini, au cours de laquelle on célèbre solennellement l’institution de l’Eucharistie. Alors que dans la soirée du Jeudi Saint on revit le mystère du Christ qui s’offre à nous dans le pain rompu et dans le vin versé, aujourd’hui, en la fête du Corpus Domini, ce même mystère est proposé à l’adoration et à la méditation du Peuple de Dieu, et le Très Saint Sacrement est porté en procession dans les rues des villes et des villages, pour montrer que le Christ ressuscité marche parmi nous et nous guide vers le Royaume des cieux. Ce que Jésus nous a donné dans l’intimité du Cénacle, nous le manifestons aujourd’hui ouvertement, car l’amour du Christ n’est pas réservé à certains, mais il est destiné à tous. Dans la Messe in Cena Domini du Jeudi Saint, j’ai souligné que dans l’Eucharistie a lieu la transformation des dons de cette terre — le pain et le vin — ayant pour but de transformer notre vie et d’inaugurer ainsi la transformation du monde. Ce soir, je voudrais reprendre cette perspective.
Tout part, pourrait-on dire, du cœur du Christ, qui lors de la Dernière Cène, à la veille de sa passion, a remercié et loué Dieu et, en agissant ainsi, avec la puissance de son amour, a transformé le sens de la mort vers laquelle il allait. Le fait que le Sacrement de l’autel ait assumé le nom d’«Eucharistie» — «action de grâce» — exprime précisément cela: que la transformation de la substance du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ est le fruit du don que le Christ a fait de lui-même, le don d’un Amour plus fort que la mort, un Amour divin qui l’a fait ressusciter d’entre les morts. Voilà pourquoi l’Eucharistie est nourriture de vie éternelle, Pain de la vie. Du cœur du Christ, de sa «prière eucharistique» à la veille de sa passion, naît ce dynamisme qui transforme la réalité dans ses dimensions cosmique, humaine et historique. Tout procède de Dieu, de la toute-puissance de son Amour Un et Trine, incarné en Jésus. Le cœur du Christ est plongé dans cet Amour; c’est pourquoi il sait rendre grâce et louer Dieu également face à la trahison et à la violence, et de cette manière il change les choses, les personnes et le monde.
Cette transformation est possible grâce à une communion plus forte que la division, la communion de Dieu lui-même. Le mot «communion», que nous utilisons également pour désigner l’Eucharistie, résume en lui la dimension verticale et la dimension horizontale du don du Christ. L’expression «prendre la communion», qui se réfère à l’acte de manger le Pain eucharistique, est belle et très éloquente. En effet, quand nous accomplissons cet acte, nous entrons en communion avec la vie même de Jésus, dans le dynamisme de cette vie qui se donne à nous et pour nous. De Dieu, à travers Jésus, jusqu’à nous: une unique communion se transmet dans la sainte Eucharistie. Nous l’avons entendu il y a peu, dans la deuxième lecture, dans les paroles de l’apôtre Paul adressées aux chrétiens de Corinthe: «La coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain» (1 Co 10, 16-17).
Saint Augustin nous aide à comprendre la dynamique de la communion eucharistique lorsqu’il fait référence à une sorte de vision qu’il eut, dans laquelle Jésus lui dit: «Je suis la nourriture des forts. Grandis et tu m’auras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture du corps, mais ce sera toi qui sera transformé en moi» (Conf. VII, 10, 18). Alors que la nourriture corporelle est donc assumée par notre organisme et contribue à son entretien, dans le cas de l’Eucharistie il s’agit d’un Pain différent: ce n’est pas nous qui l’assimilons, mais c’est lui qui nous assimile, de sorte que nous devenons conformes à Jésus Christ, membres de son corps, une seule chose avec Lui. Ce passage est décisif. En effet, c’est précisément parce que c’est le Christ qui, dans la communion eucharistique, nous transforme en Lui, que notre caractère individuel, dans cette rencontre, est ouvert, libéré de son égocentrisme et inséré dans la Personne de Jésus, qui à son tour est plongée dans la communion trinitaire. Ainsi l’Eucharistie, alors qu’elle nous unit au Christ, nous ouvre également aux autres, nous rend membres les uns des autres: nous ne sommes plus divisés, mais une seule chose en Lui. La communion eucharistique m’unit à la personne qui est à mes côtés, et avec laquelle je n’ai peut-être même pas un bon rapport, mais également aux frères éloignés, dans toutes les parties du monde. D’ici, de l’Eucharistie, dérive donc le sens profond de la présence sociale de l’Eglise, comme en témoignent les grands saints sociaux, qui ont toujours été de grandes âmes eucharistiques. Qui reconnaît Jésus dans la sainte Hostie, le reconnaît dans son frère qui souffre, qui a faim et soif, qui est étranger, nu, malade, emprisonné; et il est attentif à chaque personne, il s’engage, de manière concrète, pour tous ceux qui sont dans le besoin. Du don d’amour du Christ provient donc notre responsabilité particulière de chrétiens dans la construction d’une société solidaire, juste, fraternelle. A notre époque en particulier, où la mondialisation nous rend toujours plus dépendants les uns des autres, le christianisme peut et doit faire en sorte que cette unité ne se construise pas sans Dieu, c’est-à-dire sans le véritable Amour, ce qui laisserait place à la confusion, à l’individualisme, à la domination de tous contre tous. L’Evangile vise depuis toujours à l’unité de la famille humaine, une unité qui n’est pas imposée de l’extérieur, ni par des intérêts idéologiques ou économiques, mais bien à partir du sens de responsabilité des uns envers les autres, car nous nous reconnaissons membres d’un même corps, du corps du Christ, car nous avons appris et nous apprenons constamment du Sacrement de l’Autel que le partage, l’amour sont la voie de la véritable justice.
Revenons à présent à l’acte de Jésus lors de la Dernière Cène. Que s’est-il passé à ce moment? Lorsqu’Il dit: Ceci est mon corps qui est donné pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour une multitude, que se passe-t-il? Dans ce geste, Jésus anticipe l’événement du Calvaire. Il accepte par amour toute la passion, avec son tourment et sa violence, jusqu’à la mort en croix; en l’acceptant de cette manière, il la transforme en un acte de donation. Telle est la transformation dont le monde a le plus besoin, car elle le rachète de l’intérieur, elle l’ouvre aux dimensions du Royaume des cieux. Mais ce renouvellement du monde, Dieu veut toujours le réaliser à travers la même voie suivie par le Christ, cette voie qui, d’ailleurs, est Lui-même. Il n’y a rien de magique dans le christianisme. Il n’y a pas de raccourcis, mais tout passe à travers la logique humble et patiente du grain de blé qui meurt pour donner la vie, la logique de la foi qui déplace les montagnes avec la force douce de Dieu. C’est pourquoi Dieu veut continuer à renouveler l’humanité, l’histoire et l’univers à travers cette chaîne de transformations dont l’Eucharistie est le sacrement. A travers le pain et le vin consacrés, dans lesquels sont réellement présents son Corps et son Sang, le Christ nous transforme, en nous assimilant à Lui: il nous fait participer à son opération de rédemption, en nous rendant capables, par la grâce de l’Esprit Saint, de vivre selon sa logique même de donation, comme des grains de blés unis à Lui et en Lui. C’est ainsi qu’on les sème et que mûrissent dans les sillons de l’histoire l’unité et la paix, qui sont l’objectif auquel nous tendons, selon le dessein de Dieu.
Sans illusions, sans utopies idéologiques, nous marchons sur les routes du monde, en portant en nous le Corps du Seigneur, comme la Vierge Marie dans le mystère de la Visitation. Avec l’humilité de savoir que nous sommes de simples grains de blé, nous conservons la ferme certitude que l’amour de Dieu, incarné dans le Christ, est plus fort que le mal, que la violence et que la mort. Nous savons que Dieu prépare pour tous les hommes des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où règnent la paix et la justice — et dans la foi nous entrevoyons le monde nouveau, qui est notre véritable patrie. Ce soir aussi, alors que le soleil se couche sur notre bien-aimée ville de Rome, nous nous mettons en marche: avec nous il y a Jésus Eucharistie, le Ressuscité, qui a dit: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (Mt 28, 20). Merci, Seigneur Jésus! Merci de ta fidélité, qui soutient notre espérance. Reste avec nous, car le soir vient. «Bon Pasteur, Pain véritable, ô Jésus, aies pitié de nous, défends-nous, conduis-nous vers les biens éternels, dans la terre des vivants!» Amen.

PAPE FRANÇOIS – L’UNITÉ NE SE FAIT PAS AVEC DE LA COLLE

15 juin, 2017

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/cotidie/2015/documents/papa-francesco-cotidie_20150521_l-unite-ne-se-fait-pas-avec-de-la-colle.html

fr salmi

L’Église sur le Getsemani

PAPE FRANÇOIS – L’UNITÉ NE SE FAIT PAS AVEC DE LA COLLE

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 21 mai 2015

(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 23 du 4 juin 2015)

L’unité de l’Église a été au centre de la réflexion du Pape François. En relisant l’extrait de l’Évangile de Jean (17, 20-26) proposé par la liturgie du jour, le Souverain Pontife a tout d’abord souligné combien « cela console tout le monde d’entendre cette parole : “Père, je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi” ». C’est ce qu’a dit Jésus en prenant congé des apôtres. A ce moment là, Jésus prie son Père pour les disciples et « prie aussi pour nous ». François a fait remarquer que « Jésus a prié pour nous, à ce moment là, et continue à le faire ». On lit en effet dans l’Évangile : « Père, je prie pour eux mais pour tant d’autres qui viendront ». Un détail non secondaire auquel, sans doute, nous ne sommes pas suffisamment attentifs. Pourtant, « Jésus a prié pour moi » et cela « est réellement source de confiance ». Nous pourrions imaginer « Jésus face au Père, au ciel », qui prie pour nous. Et « que voit le Père ? Les plaies », à savoir le prix que Jésus « a payé pour nous ». Avec cette image, le Pape est entré dans le cœur de sa réflexion. Jésus sait bien que « l’esprit du monde, qui est précisément l’esprit du père de la division, est un esprit de division, de guerre, de convoitises, de jalousies », et qu’il est présent « même dans les familles, même dans les familles religieuses, même dans les diocèses, et même dans l’Église entière : c’est la grande tentation ». C’est pour cette raison que « la grande prière de Jésus » est celle de « ressembler » au Père : en d’autres termes, « comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi », dans « l’unité qu’il a avec le Père ». Nous devons « toujours chercher l’unité ». Naturellement, chacun « est comme il est », mais doit essayer de vivre dans l’unité : « Jésus t’a-t-il pardonné ? Il pardonne à tout le monde ». Le Seigneur prie afin que nous réussissions en cela. « L’Église a grand besoin de cette prière d’unité, pas seulement celle de Jésus ; nous devons nous aussi nous unir à cette prière ». Du reste, depuis ses débuts, l’Église a exprimé cette nécessité : « Si nous commençons à lire le livre des Actes des apôtres depuis le début nous verrons que là commencent les querelles, et même les escroqueries. L’un veut escroquer l’autre, pensez à Ananias et Saphira… ». Il faut toutefois se rendre compte que « seuls, on ne peut » atteindre l’unité : celle-ci est en effet « une grâce ». Pour cela, « Jésus prie, a prié tout ce temps, prie pour l’Église, a prié pour moi, pour l’Église, afin que j’aille sur cette voie ». L’unité est si importante, que « dans l’extrait que nous avons lu », ce mot est répété « quatre fois en six versets ». Une unité qui « ne se fait pas avec de la colle ». En effet, « l’Église faite de colle » n’existe pas : l’Église est une par l’Esprit. Voici alors que nous « devons faire de la place à l’Esprit, afin qu’il nous transforme comme le Père est dans son Fils, en une seule chose ». Pour atteindre cet objectif, il existe un conseil donné par Jésus lui-même : « Demeurez en moi ». C’est aussi une grâce. Un conseil a dérivé de cette méditation : celui de relire les versets 20-26 du chapitre 17 de l’Évangile de Jean et penser « Jésus prie, il prie pour moi, il a prié et prie encore pour moi. Il prie avec ses plaies, devant le Père ». Et il le fait « afin que tous soient un, comme lui est avec le Père, pour l’unité ». Cela « doit nous pousser à ne pas émettre de jugements », à ne pas faire de « choses qui aillent contre l’unité », et à suivre le conseil de Jésus « de demeurer en lui dans cette vie afin que nous puissions demeurer avec lui pour l’éternité ».

PAUL ET BARNABAS

13 juin, 2017

http://www.bibliquest.net/Laugt/Laugt-nt05-Communion_ds_service-Barnabas.htm

PAUL ET BARNABAS

Philippe Laügt

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SAINT BARNABAS

Table des matières :

1 – Joseph surnommé Barnabas
2 – Appel de Saul
3 – Saul est amené aux apôtres
4 – L’Evangile atteint les nations
5 – Paul et Barnabas envoyés depuis Antioche
6 – Dissimulation de Pierre
7 – Paul et Barnabas se séparent
8 – La restauration de Marc

1 – Joseph surnommé Barnabas
Au début du livre des Actes, le Saint Esprit agissait sans entrave et produisait des fruits remarquables à la gloire de Dieu. Les disciples du Seigneur « persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Act. 2:42). « La multitude de ceux qui avaient cru était un coeur et une âme ;… toutes choses étaient communes entre eux » (Act. 4:32-34). Parmi eux, la Parole distingue Joseph qui, par les apôtres, fut surnommé Barnabas. C’était un lévite, d’origine cypriote. Comme il possédait une terre, il la vendit et en apporta la valeur aux apôtres (Act. 4:36-37). Il agissait ainsi dans la sincérité de son coeur, dans l’élan de son premier amour. Occupé de l’héritage céleste, il abandonne sans regret une possession terrestre. Plusieurs peut-être sont disposés à dire : Pourquoi adopter une attitude extrême, délaisser légèrement l’héritage de ses pères ? Barnabas n’aurait-il pas dû penser d’abord aux siens, à sa soeur et à son neveu ? En fait, si quelqu’un est « plein de l’Esprit saint et de foi » (Act. 11:24), il ne négligera pas ses responsabilités familiales, mais il cherchera premièrement les intérêts du Seigneur (Matth. 10:37).
Barnabas, comme Élisée autrefois, rompt délibérément avec ce qui aurait pu l’entraver, le distraire. Désormais il est libre pour servir le Seigneur et partager une heureuse communion avec les saints à Jérusalem. Son nom signifie « fils de consolation » et son don de prophète s’exerçait envers ceux qui étaient découragés (1 Thess. 5:14).

2 – Appel de Saul
Peu de temps après, Saul de Tarse, « respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur » (Act. 9:1), tombe subitement à terre sur le chemin de Damas. Une lumière plus éclatante que celle du soleil resplendit du ciel autour de lui, tandis qu’une voix se fait entendre pour lui seul : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? ». À sa question : « Qui es-tu, Seigneur ? » il reçoit aussitôt cette réponse : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9:4, 5). Dans la gloire, le Seigneur s’identifie à son Assemblée souffrante sur la terre.
Dieu opère en Saul une repentance complète, si surprenante qu’Ananias a grand besoin d’être rassuré avant d’aller le voir. Il ne savait que trop bien quelle fureur habitait Saul jusqu’alors (Act. 9:13, 14). Mais le Seigneur l’instruit patiemment de ses desseins. Ce blasphémateur, ce persécuteur, cet outrageux, est un vase d’élection (1 Tim. 1:13). Il sera un exemple remarquable de la miséricorde du Seigneur. Il portera son nom devant les nations (Act. 9:15, 16).
Ananias, obéissant à l’ordre divin, se rend auprès de Saul. Comme cela lui a été annoncé, il le trouve en prière. Oubliant le passé, il lui dit, avec beaucoup de grâce : « Saul, frère, le Seigneur, Jésus…, m’a envoyé » (Act. 9:17). Saul recouvre la vue, reçoit le Saint Esprit et le baptême. À Damas, aussitôt, il prêche Jésus comme le Fils de Dieu (Act. 9:20). Il passe ensuite trois ans environ en Arabie, pour des entretiens intimes avec son nouveau Maître.
Nous avons besoin d’un temps de formation approfondie, seuls avec le Seigneur (Osée 2:14). Instruit dans sa présence, Paul pourra dire plus tard : « J’ai reçu du Seigneur ce qu’aussi je vous ai enseigné » (1 Cor. 11:23). De retour à Damas, il doit bientôt s’en échapper, dévalé par les disciples dans une corbeille, le long de la muraille (2 Cor. 11:32, 33). Arrivé à Jérusalem, où il avait autrefois tellement persécuté l’Assemblée de Dieu (1 Cor. 15:9), il cherche à se joindre aux frères. Mais tous le craignent et ne croient pas qu’il soit devenu à son tour un disciple du Seigneur (Act. 9:26).

3 – Saul est amené aux apôtres
Barnabas reçoit le privilège d’amener Saul aux frères qui ont une responsabilité particulière au sein du troupeau. Il leur raconte comment, sur le chemin, Saul a vu et entendu le Seigneur, et comment il a ensuite parlé ouvertement à Damas au nom de Jésus (Act. 9:27). Leurs craintes sont dissipées, la communion s’établit, Saul est reçu. « Il était avec eux à Jérusalem, allant et venant, et parlant ouvertement au nom du Seigneur » (Act. 9:28).
Lorsque des nouveaux venus se présentent dans les assemblées, il importe qu’ils soient accueillis avec amour, sans préjugés. Soyons animés du même esprit que Barnabas pour entourer et aider les nouveaux convertis.

À cette occasion des liens plus étroits vont se nouer entre ces deux serviteurs, Barnabas et Saul. Étreint par l’amour de Christ, Saul a aussi abandonné les vanités de la terre (Phil. 3:4-7). Il peut comprendre Barnabas et partager sa consécration.
Mais Saul est rapidement menacé de mort par les Hellénistes. Les disciples, comme à Damas, prennent soin de lui. Ils le mènent à Césarée, d’où il est envoyé à Tarse, sa ville natale. Plusieurs années vont s’écouler sans qu’il revoie son frère Barnabas.

4 – L’Évangile atteint les nations
Des persécutions suivent la lapidation d’Étienne. Dieu s’en sert pour la propagation de l’Évangile et l’affermissement des assemblées. Dispersés, les disciples commencent par annoncer la Parole aux Juifs, selon la pensée du Seigneur (Act. 1:8). Puis il passent en Phénicie, et de là à Chypre et même à Antioche. La bonne nouvelle du salut par grâce est annoncée aux Grecs. Et la main du Seigneur est sur eux pour bénir ce travail (Act. 11:21). Un grand nombre, ayant cru, se tournent vers Dieu.
Nous hésitons parfois à reconnaître l’étendue de l’oeuvre accomplie par l’Esprit de Dieu. L’assemblée à Jérusalem entend parler, malgré la distance, de ce merveilleux travail. L’exposé de Pierre, guidé par le Seigneur, les avait déjà préparés à la formation d’une assemblée au milieu des nations (Act. 11:1-18). Ils décident sagement d’envoyer Barnabas, qui a leur confiance, pour s’informer sur place. Ce frère va établir un précieux lien d’amour entre ces deux assemblées. Arrivé à Antioche, voyant les effets de la grâce, il se réjouit (Act. 11:23). Et aussitôt il participe avec zèle à l’édification. Il les exhorte tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur coeur. Son ministère est béni, une grande foule est ajoutée au Seigneur. La Parole déclare de Barnabas qu’il était un homme de bien, plein de l’Esprit Saint et de foi (Act. 11:24). Bientôt il désire vivement que Saul vienne partager sa joie et soit à son tour une source de bénédiction pour cette assemblée. Il ne considère pas Antioche comme son domaine réservé. Il n’a rien d’un Diotrèphe, qui, pour rester le premier, refusait de recevoir des serviteurs comme l’apôtre Jean (3 Jean 9). Il sait qu’aucun ministère n’est complet (1 Cor. 12:14 ; 14:29). Il faut que les dons puissent s’exercer tour à tour, d’une manière harmonieuse, dans l’assemblée (Phil. 2:4). Sinon nous limitons plus ou moins l’action du Saint Esprit, au détriment de l’édification des saints (1 Thess. 5:19).
Barnabas se rend à Tarse et cherche soigneusement Saul. L’ayant trouvé, il le ramène à Antioche. Là, pendant une année entière, ils vont s’appliquer à l’édification de l’assemblée. C’est dans cette ville que les disciples, peut-être à cause de leur marche humble et conséquente, reçoivent le nom précieux mais sérieux de chrétiens (Act. 11:26 ; 26:28 ; 1 Pierre 4:16). Un nom qui efface toute distinction entre les Juifs et les Gentils qui sont amenés au Seigneur pour former l’Église (Éph. 2:11-18 ; 1 Cor. 10:32).
En ces jours-là des prophètes descendent de Jérusalem à Antioche. L’un d’entre eux, Agabus, annonce qu’une grande famine allait survenir sur la terre. Aussitôt les disciples à Antioche décident d’envoyer une aide à leurs frères de Jérusalem. Barnabas et Saul sont chargés de porter ce don. À leur retour ils amènent avec eux le neveu de Barnabas, Jean surnommé Marc. Élevé dans la maison de Marie, sa mère, lieu de rencontre habituel des disciples, peut-être avait-il entendu leurs instantes prières et vu l’extraordinaire réponse divine, la délivrance de l’apôtre Pierre. Marc semble prêt à s’engager dans le service.

5 – Paul et Barnabas envoyés depuis Antioche
Or justement, la douce et étroite communion qui existait depuis longtemps entre Saul et Barnabas va être confirmée. « Comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit (par le moyen sans doute de l’un des prophètes présents) : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés ». Et aussitôt l’assemblée d’Antioche, qui était animée d’un véritable esprit missionnaire, — est-ce toujours notre cas ? — prie, jeûne et les laisse aller, eux qui sont « envoyés par l’Esprit Saint » (Act. 13:2-4). Marc les accompagne en qualité de serviteur. Il exerce une activité comparable à celle d’Élisée auprès d’Élie (1 Rois 19:21 ; 2 Rois 3:11). Quelle grâce de servir le Seigneur en compagnie d’hommes pieux et expérimentés, et d’être ainsi instruit ! Pourtant il va les abandonner rapidement et retourner à Jérusalem (Act. 13:13 ; Luc 9:62). Il avait eu un aperçu des souffrances liées à l’évangile (2 Tim. 1:8). Avait-il trouvé sa place trop modeste ? Avait-il désiré retrouver la maison familiale, son entourage, ses habitudes au milieu des disciples ? Plus tard, sa défaillance fera de lui un sujet de discorde entre Barnabas et Paul.
Nous n’avons pas l’intention de retracer, malgré tout son intérêt, le voyage de ces serviteurs. Paul, bien que son appel soit postérieur à celui de Barnabas, va prendre peu à peu une place prééminente. Il est évident que Dieu lui a confié un don spirituel plus grand. Mais Barnabas sait s’effacer, il a déjà montré qu’il était conscient de ses limites. Il sait se réjouir de ce que son frère ait une plus grande capacité. L’envie, qui peut être une cause de trouble dans les assemblées et une entrave à la croissance spirituelle, n’a pas de prise sur lui.
Dieu permet que nous soyons tous, tôt ou tard, mis à l’épreuve. Dans de tels moments nous pouvons manquer de fermeté et faiblir. Mais si nous retenons la leçon que Dieu veut nous apprendre, celle de notre complète incapacité, il en résultera malgré tout une bénédiction durable. Si au contraire il n’y a pas un réel jugement de nous-mêmes, nous sommes en grand danger de tomber plus bas quand une autre épreuve se présentera.
C’est Galates 2:13 qui montre les premiers signes de faiblesse chez Barnabas. Il avait été envoyé avec Paul et d’autres frères à Jérusalem, pour que soit examinée la question d’une éventuelle circoncision des croyants issus des nations.
Pendant ce séjour, un beau témoignage est encore rendu aux « bien-aimés Barnabas et Paul, hommes qui ont exposé leurs vies pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ » (Act. 15:25, 26). Ces deux frères reviennent à Antioche avec une réponse de paix. Les autres lisent la lettre de l’assemblée de Jérusalem et se réjouissent de la consolation qu’elle apporte (Act. 15:28-31). Mais à Jérusalem, la fausse doctrine n’a pas été vraiment condamnée. Or des erreurs ou des péchés tolérés s’étendent et causent des dégâts de plus en plus grands.

6 – Dissimulation de Pierre
Céphas se trouve alors à Antioche, et en accord avec la vérité qui lui avait été révélée (Act. 11:9, 17 ; 15:10), mange librement avec les chrétiens issus du paganisme. Mais « certains hommes » (Paul ne les appelle pas des « frères ») de la circoncision vont venir à Antioche. Pierre, si ferme jusqu’ici dans son enseignement et dans sa conduite, change alors d’attitude. Il s’abstient, par crainte de ces hommes, de partager désormais le repas des chrétiens sortis du milieu des nations ! Bientôt, sous son influence, les autres Juifs convertis agissent comme lui. Même Barnabas, qui s’était tenu fermement aux côtés de Paul (Act. 15:2, 12), est entraîné par leur dissimulation. Savoir comment et avec qui Pierre prenait ses repas peut paraître une question de peu d’importance. Mais derrière ce fait, c’était toute la question de la séparation entre le judaïsme et le christianisme qui était en jeu. En agissant ainsi, Pierre ne marche pas selon la vérité de l’Évangile et il entraîne un grand nombre de croyants à sa suite. Si un frère qui est considéré comme une colonne (Gal. 2:9) s’égare, beaucoup d’autres sont en danger de le suivre (Rom. 16:17, 18). Prenons garde ! Un éloignement de la vérité se présente souvent sous des dehors qui semblent innocents ou sans conséquences. Il est vrai que l’erreur est parfois difficile à discerner, mais elle n’en est que plus dangereuse. Paul n’agit pas secrètement, il ne colporte pas ces tristes faits de bouche à oreille, attitude très répandue, hélas, et qui ne peut manquer d’aggraver le trouble. Voyant que Pierre et ceux qui le suivaient ne marchaient pas droit, il leur résiste en face, devant tous. Son attitude franche portera du fruit. Plus tard, on lit avec reconnaissance comment Pierre parle du bien-aimé frère Paul et de sa sagesse (2 Pierre 3:15). Il montre qu’il a vraiment supporté la parole d’exhortation et ne nourrit pas de ressentiment vis-à-vis de son frère (Héb. 12:15).
Après cet épisode pénible, dont on peut craindre qu’il ait préparé la séparation qui va suivre, Paul et Barnabas sont encore mentionnés comme enseignant et annonçant à Antioche, avec plusieurs autres, la Parole du Seigneur (Act. 15:35). Ensemble, ils s’opposent au vent de doctrine étrangère que Satan avait fait souffler dans l’espoir de disperser le troupeau de Dieu. On est loin de penser que la précieuse communion qui existait entre ces deux serviteurs est sur le point de s’interrompre. Quel avertissement à ne pas se relâcher un seul instant dans la veille et dans la prière !

7 – Paul et Barnabas se séparent
Quelques jours après, Paul exprime à Barnabas son désir de retourner voir les frères, pour voir comment ils vont. Il est inquiet en particulier au sujet des assemblées en Galatie, inquiétude combien fondée ! (Gal. 2:4, 5). Il a à coeur l’édification et la prospérité des assemblées (2 Cor. 11:28). Mais avait-il eu un exercice de prière pour rechercher la direction du Seigneur ? Ce n’est pas mentionné, et Actes 16:6-10 montre bien que Dieu avait d’autres plans à l’égard de son serviteur.
Une différence d’appréciation spirituelle, suscitée par l’Ennemi, surgit entre ces deux frères. Barnabas a échappé au piège précédent, il insiste maintenant pour emmener son neveu Marc. Paul, au contraire, trouve bon de ne pas prendre avec eux un homme qui les a abandonnés dès la Pamphylie et n’est pas allé à l’oeuvre avec eux (Act. 15:38). Il se souvient sans doute des instructions de Moïse : « Quand vous vous approcherez pour le combat, le sacrificateur… parlera au peuple, et leur dira :… Qui est l’homme qui a peur et dont le coeur faiblit ? qu’il s’en aille et retourne en sa maison, de peur que le coeur de ses frères ne se fonde comme le sien » (Deut. 20:2, 8).
Barnabas aurait dû se souvenir que sa parenté avec Marc n’était pas un élément favorable pour avoir une appréciation objective dans cette affaire. Entre lui et Paul, la dispute s’envenime, et ils s’irritent. Ceux que Dieu avait choisis pour un travail en commun se séparent. Ni le souvenir des bénédictions, des épreuves et des périls partagés pendant tant d’années, ni même la perspective de choquer inévitablement l’assemblée et de donner au monde environnant une occasion de critiques, hélas justifiées, ne suffisent à les retenir. Une séparation entre des frères bien-aimés, pour un tel motif, pouvait-elle être dans la pensée de l’Esprit ? Paul choisit Silas pour nouveau compagnon de route. Celui-ci les avait déjà accompagnés de Jérusalem à Antioche et la Parole l’appelle un prophète (Act. 15:32). L’apôtre part, recommandé à la grâce de Dieu par les frères. Barnabas, lui, retourne à Chypre, son pays d’origine, avec son neveu. Était-ce le chemin du Seigneur ? Craignons d’abandonner un service reçu du Seigneur ou de quitter une assemblée, sans nous être assurés d’avoir son approbation. Dieu a placé les membres dans le corps « comme il l’a voulu » (l Cor. 12:18).
Ainsi une petite circonstance peut suffire parfois à mettre en évidence l’infirmité de la chair, même chez des serviteurs de Dieu hautement estimés. Dieu nous avertit et nous instruit par le récit de tels manquements. Pour être un instrument utile dans sa main, il faut mettre de côté tout motif personnel et chercher à faire sa seule volonté. Il y a des dangers d’ordre spirituel et nous avons besoin de serrer sa Parole dans nos coeurs pour les discerner et tenir ferme. Mais les affections naturelles, comme les influences familiales, peuvent avoir pour effet d’affaiblir notre discernement et d’infléchir dangereusement nos choix. Il faut faire ceux-ci avec soin, si nous désirons plaire à Celui qui nous a enrôlés pour la guerre (2 Tim. 2:4).

8 – La restauration de Marc
Sept ans plus tard, peut-être, nous trouvons une touchante allusion à Barnabas dans les écrits de Paul (1 Cor. 9:6). Marc retrouvera une réelle communion avec l’apôtre. Celui-ci le cite dans Philémon (v. 24) comme un compagnon d’oeuvre. Il écrit aux Colossiens : « s’il vient vers vous, recevez-le » (Col. 4:10). À Timothée, il recommande : « amène-le avec toi, car il m’est utile pour le service » (2 Tim. 4:11).
Quel fruit précieux de la grâce chez Paul ! Il se montre prêt à réviser le jugement qu’il avait formé sur la conduite de Marc, quand les progrès de ce serviteur, un moment inutile, sont devenus évidents. Celui qui avait abandonné la lutte est maintenant au fort du combat pour Christ. Sommes-nous toujours prêts à agir comme Paul ? À mettre avec joie en évidence le bien que Dieu produit à sa gloire dans notre frère ? Marc est si pleinement restauré que le Saint Esprit se servira de lui pour rédiger l’Évangile qui présente le Seigneur comme le Serviteur parfait (És. 42:1). Il attire notre attention sur Celui qui était toujours prêt à obéir aussitôt, dans une parfaite dépendance, et quoiqu’il puisse lui en coûter de souffrance et de haine. Malgré l’humiliation rencontrée à chaque pas, il n’y a eu aucune défaillance dans l’homme Christ Jésus ; tout brille à la gloire de Dieu (És. 50:5). Et c’est Marc qui est ainsi appelé à parler de Lui. Combien les pensées divines sont différentes des nôtres !

Aimons-nous d’un amour sincère ;
Autour du Chef ne soyons qu’un.
Le Saint-Esprit, le Fils, le Père,
À notre foi tout est commun.

HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA SAINTE TRINITÉ, A

9 juin, 2017

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/archive/2008/05/14/homelie-du-dimanche-de-la-sainte-trinite-a.html

fr BandieraRV

Raffaello , Étendard de la Très Sainte Trinité, (Wiki, histoire, intéressant à lire:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stendardo_della_Santissima_Trinit%C3%A0

HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA SAINTE TRINITÉ, A

Ex 34, 4b-6, 8-9 ; 2 Co 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18

Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, chaque fois que nous proclamons le credo, nous évoquons le Père, le Fils et l’Esprit. Une affirmation de foi et un signe typiquement et uniquement chrétiens. C’est ainsi que, dans toutes les communautés chrétiennes, anglicane, protestante, réformée, orthodoxe, catholique romaine…, le baptême est conféré au nom du Père, du Fils et de l’Esprit, fondement d’une unité déjà réalisée. Une unité de base.
Par ailleurs, on conçoit aisément qu’il ne peut y avoir qu’un seul Dieu, même si on peut aller à lui par des chemins différents. Mais il est vrai aussi que l’image, l’idée ou la conception que l’on peut se faire de lui n’est pas unique (1). Ainsi, on l’a fait marcher avec les armées hitlériennes : « Gott mit uns ». Kamikazes et tueurs de tous genres prétendent que c’est lui qui arme leur bras. Et c’est au nom du Dieu unique que des femmes sont mutilées, humiliées, lapidées… Des chrétiens aussi ont persécuté ou tué au nom du seul vrai Dieu. Nous sommes encore toujours tentés de donner à Dieu un visage en fonction de nos peurs, de nos besoins de sécurité ou de puissance, de nos rêves ou de nos ambitions. Des images de Dieu parfois désastreuses.
Or, nul n’a jamais vu Dieu, dit S. Jean, qui ajoute aussitôt que Jésus, lui, nous l’a fait connaître. C’est grâce à son témoignage que les Evangiles nous parlent du Père, du Fils et de l’Esprit. Et c’est à partir de là que des théologiens grecs, à la fin du IIe siècle, ont parlé de la Sainte Triade. Ce qu’il faudrait traduire, écrivait un théologien français, « Le saint Trio ». C’est également à la fin du IIe siècle, mais du côté latin, que Tertullien de Carthage parlera pour la première fois de « la Trinité d’une seule divinité, Père, Fils et Esprit Saint ». Trinitas étant un mot qui suggère à la fois le pluriel avec « tri » et l’unité, « unitas ».
Je ne vais pas vous entraîner dans une bataille de mots et de formules, ni dans une aventure millénaire de mathématique sacrée et de spéculation intellectuelle. Ce qui n’est pas sans importance, car la notion même de trinité pose problème, puisqu’il s’agit d’un scandale pour les Juifs et d’un blasphème pour les Musulmans. Nous ne devons pas pour autant être tous capables de jongler avec l’ »un » et le « trois », avec personne et nature, essence et substance, personne et hypostase, relation et « procession » (2). Il s’agit là de notions d’origine philosophique, utilisées pour tenter de dire quelque chose de l’intimité de l’être même de Dieu. Ce qui constitue le plus grand des mystères, inaccessible à la seule raison. Cependant, si l’on peut en parler, c’est grâce à la Parole et à l’expérience même de Jésus. Il nous a mis sur la piste. Il nous apporte la lumière d’une révélation. Il n’y a donc pas que l’approche dogmatique, intellectuelle et spéculative de ce mystère. Pour nous aussi, il peut y avoir une approche expérimentale, qui débouche sur une pratique, une manière de vivre au quotidien.
Si nous sommes créés comme à l’image et à la ressemblance de Dieu, le mystère de notre être et de notre vie, nos aspirations les plus profondes, nos besoins spirituels les plus intenses, doivent, en toute logique, être un peu les mêmes qu’en Dieu. Le mystère de la vie intime de Dieu doit correspondre à quelque chose qui est également essentiel et vital pour nous. Le moindre éclairage de ce mystère a donc une incidence sur notre vie quotidienne, aussi bien personnelle que communautaire ou sociale.
Si Dieu est amour, rien qu’amour, et donc l’amour absolu, il n’est pas éternelle solitude. Il est nécessairement échange permanent, dynamisme de communication permanente, relation réussie, communion parfaite, dialogue éternel, respect infini, don perpétuel, liberté suprême… Ce qui faisait dire et répéter au philosophe et scientifique Gaston Bachelard et, après lui, le prêtre mystique Maurice Zundel : « Au commencement est La Relation ». Ce qui veut dire que certaines expériences humaines très fortes et les plus fortes, dont celles de l’amour, de l’amitié, d’une fraternité idéale, peuvent nous faire entrevoir un petit quelque chose de la vie intime de Dieu. Et de l’autre côté, nous pouvons ainsi percevoir un modèle, un éclairage, une perfection, et donc aussi une exigence, pour les relations d’amour et de charité que nous essayons tant bien que mal de vivre, tant au niveau personnel que familial et social, à tous les niveaux. La Trinité pourrait donc se définir « un Art de vivre ».
Nous voici dans le concret quotidien et non plus dans l’abstrait. A l’image de Dieu, nous sommes par nature vie et don, relation et communication, partage et désir de communion. Et donc communion avec d’autres, et avec ce Tout-Autre et ce Tout-Semblable qui se veut si proche. Ce qui veut dire que toutes les relations familiales et conjugales, sociales et autres, qui existent entre les êtres humains, et donc aussi entre nous, traduisent finalement l’image et l’idée que nous nous faisons de Dieu. Ce qui entraîne un témoignage à rendre… Ainsi, celui d’Irina Sendler, cette héroïne polonaise. Elle a sauvé 2.500 enfants juifs du ghetto de Varsovie, car « éduquée dans l’idée qu’il faut sauver quelqu’un qui se noie, sans tenir compte de sa religion ou de sa nationalité… ».
D’où, cette interrogation : Comment les autres, qu’ils soient proches ou lointains, chrétiens, juifs ou musulmans, peuvent-ils entrevoir en nous observant, en nous voyant vivre, le Dieu d’amour et de paix, de pardon et de miséricorde dont parle S. Paul ?
C’est pourquoi, après le périple de l’année liturgique qui s’est clôturé par la Pentecôte, l’Eglise nous demande, en ce dimanche de la Trinité, si nous savons qui est Dieu. Et bien, ce n’est pas croire en quelque chose d’abstrait. C’est découvrir quelqu’un qui nous aime et qui attend que nous soyons des témoins de l’amour infini dont nous pouvons déjà faire l’expérience.
Mais tout peut se dire, en sept mots : « Si tu vois la charité, dit S. Augustin, tu vois la Trinité ».

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

Cf l’Exposition « Traces du sacré », le retour du divin, à Beaubourg, au centre Pompidou jusqu’au 11 août (LLB 08.05.08, p 20, et « La Vie », 30.04.08, p 20-24)
Le fait de procéder du Père et du Fils

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