LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

1520angelico20eucharist.jpg

Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

  motherofgod.jpg

new21.gif

SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

paolo1.jpg

J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

sanpaolo.jpg 

BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES

20 avril, 2018

http://preparonsdimanche.puiseralasource.org/?p=homelie&id=625

HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES dans HOMÉLIE SERMON ET..♥♥♥ 7270462de2336eaf6ed7f65146e8f5ec

HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES

« L’amour vrai ne se démontre pas. Il se montre ». C’est ce message que nous trouvons tout au long des lectures bibliques de ce dimanche. Nous avons tout d’abord le discours de Pierre. Nous nous rappelons qu’il a eu peur de la dénonciation d’une servante qui l’avait reconnu comme disciple de Jésus au moment de sa Passion. Face au danger qui pesait sur lui, il l’a renié trois fois. Aujourd’hui, il affronte avec audace les terribles autorités de Jérusalem, celles-là même qui ont crucifié Jésus. Il répond que si le boiteux a été guéri c’est par le nom de Jésus.
C’est aussi important pour nous. Jésus est capable de rendre la santé physique. Mais la bonne nouvelle de ce jour, c’est qu’il assure le salut de tous les hommes. Il n’y a aucun autre salut ailleurs qu’en lui. Il nous faut redécouvrir toute la richesse de ce mot « Salut » : il s’agit de toute la richesse de vie et d’amour auxquels tout homme aspire. C’est le Christ ressuscité qui répond à cette attente. « Aucun autre nom n’est donné aux hommes qui puisse nous sauver ».
La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre que Dieu nous aime. C’est vrai que nous sommes devenus des enfants gâtés. Mais il nous faut imaginer le bouleversement de cette révélation d’amour a pu provoquer à l’époque. Elle s’adressait aux grandes cités de l’empire Romain, à des gens exploités et méprisés, à des mal-aimés de Corinthe et d’Éphèse. Pour eux c’était un véritable renversement. Le monde de l’amour n’avait rien à voir avec celui du pouvoir.
Ce qui est premier c’est cette révélation inimaginable d’un Dieu dont le nom est « Amour ». Nous y avons été plongés au jour de notre baptême. « Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons enfants de Dieu ». C’est une expérience vraiment extraordinaire. Il s’agit moins d’aimer que de se savoir aimés par lui. Pour nous, cela a commencé au jour de notre baptême et cela se développe tout au long de notre vie. Un jour viendra où nous atteindrons la parfaite ressemblance avec le Fils de Dieu. « Nous luis serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ». Il suffit de se laisser aimer.
L’Évangile nous présente Jésus comme le bon berger. La Bible utilise souvent cette image pour parler des responsables du peuple ou encore du Roi-Messie. C’est au moment du danger qu’on reconnaît le vrai berger. Quand ça devient vraiment dangereux, le mercenaire ne pense qu’à se mettre en sécurité. Pour lui, les brebis c’est secondaire. Avec Jésus c’est différent. Sa priorité c’est de sauver tous les hommes ; il est le « berger de toute humanité ». Il connait chacune de ses brebis. Il ne faut pas se tromper sur le sens du mot connaître. Ce n’est pas comme quand on dit : « Je connais tous mes dossiers ». La connaissance dont il est question est communication, échange, dialogue. C’est une communication de pensée et de cœur.
Oui, Jésus nous connaît tous au plus profond de nous-mêmes. Et quand il dit cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens. Il pense aussi à tous ceux qui ne le connaissent pas, ceux qui organisent leur vie en dehors de Dieu. D’une façon ou d’une autre, tous font partie de son bercail. Malheureusement, il se trouve des mauvais bergers qui font tout pour sortir Dieu de nos vies ; et comme la nature a horreur du vide, c’est la Loi du plus fort, du plus puissant, la Loi de l’argent qui a pris ses quartiers parmi nous. Mais Jésus ne cesse de vouloir « rassembler les enfants de Dieu qui sont dispersés ».
Le Seigneur compte sur nous pour participer à sa mission de bon berger. C’est pour répondre à cet appel que des chrétiens s’engagent comme catéchistes ou encore dans des aumôneries de collèges, d’hôpitaux et même dans les prisons. Avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée. Son amour est offert à tous les hommes. Il est capable de les sortir de la délinquance, de la drogue et de tout ce qui les détruit. Nous avons de nombreux témoignages de gens qui disent que leur rencontre avec lui a changé leur vie.
En ce jour, nous célébrons la 52ème journée mondiale des vocations. Le Seigneur continue d’appeler des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses et des laïcs pour participer à son œuvre de rassemblement. Le Cardinal Marty disait qu’il n’appelle pas « que les enfants sages ». Nous sommes tous engagés pour cette mission. Ne disons pas que nous sommes trop âgés, trop jeunes ou trop fatigués… l’appel du Seigneur est vraiment là. Et il nous redit : « Ne crains pas, je suis avec toi. »
Si nous allons communier au Corps et au sang du Christ c’est pour puiser à la source de cet amour qui est en Dieu, c’est pour entrer dans ce projet qui anime Jésus. Alors oui, nous te prions Seigneur : donne-nous force et courage pour rester fidèles à cette mission que tu nous confies.

Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, homélies pour l’année B (Amédée Brunot),

Jean Compazieu, prêtre de l’Aveyron

PAPE FRANÇOIS – I – CATÉCHÈSE SUR LE BAPTÊME

18 avril, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2018/documents/papa-francesco_20180411_udienza-generale.html

per pens e fr - Copia

Baptême de Jésus

PAPE FRANÇOIS – I CATÉCHÈSE SUR LE BAPTÊME

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 11 avril 2018

Chers frères et sœurs, bonjour!

Les cinquante jours du temps liturgique pascal sont propices pour réfléchir sur la vie chrétienne qui, de par sa nature, est la vie qui provient du Christ même. Nous sommes, en effet, chrétiens dans la mesure où nous laissons vivre Jésus en nous. D’où partir alors pour raviver cette conscience, sinon du début, du Sacrement qui a allumé en nous la vie chrétienne? C’est le baptême. La Pâque du Christ, avec sa charge de nouveauté, nous touche à travers le baptême pour nous transformer à son image: les baptisés sont de Jésus Christ, c’est Lui le Seigneur de leur existence. Le baptême est le «fondement de toute la vie chrétienne» (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 1213). C’est le premier des sacrements, dans la mesure où il est la porte qui permet au Christ Seigneur de demeurer dans notre personne et à nous de nous plonger dans son Mystère.
Le verbe grec «baptiser» signifie «plonger» (cf. CEC, n. 1214). Le bain avec l’eau est un rite commun à diverses croyances pour exprimer le passage d’une condition à une autre, signe de purification pour un nouveau début. Mais pour nous, chrétiens, il ne doit pas nous échapper que si c’est le corps qui est plongé dans l’eau, c’est l’âme qui est plongée dans le Christ pour recevoir le pardon du péché et resplendir de lumière divine (cfr. Tertullien, La résurrection des morts, VIII, 3: CCL 2, 931; PL 2, 806). En vertu de l’Esprit Saint, le baptême nous plonge dans la mort et la résurrection du Seigneur, en noyant dans la source baptismale l’homme ancien, dominé par le péché qui sépare de Dieu, et en faisant naître l’homme nouveau, recréé en Jésus. En Lui, tous les fils d’Adam sont appelés à une vie nouvelle. Cela signifie que le baptême est une renaissance. Je suis sûr, tout à fait sûr, que nous nous souvenons tous de notre date de naissance: sûr. Mais je me demande, j’ai quelques doutes, et je vous demande à vous: est-ce que chacun de vous se rappelle quelle était la date de son baptême? Certains disent oui — c’est bien. Mais c’est un oui un peu faible, parce que peut-être beaucoup ne s’en rappellent-ils pas. Mais si nous fêtons le jour de la naissance, comment ne pas fêter — au moins se rappeler — le jour de la renaissance? Je vous donnerai un devoir à la maison, un devoir à faire aujourd’hui à la maison. Que ceux de vous qui ne se rappellent pas la date de leur baptême la demandent à leur mère, leur oncle et tante, à leurs petits-enfants: «Connais-tu la date de ton baptême?», et ne jamais l’oublier. Et ce jour-là, rendre grâce au Seigneur, parce que c’est précisément le jour où Jésus est entré en moi, l’Esprit Saint est entré en moi. Avez-vous bien compris le devoir à faire à la maison? Nous devons tous connaître la date de notre baptême. C’est un autre anniversaire: l’anniversaire de la renaissance. N’oubliez pas de faire cela, s’il vous plaît.
Rappelons les dernières paroles du Ressuscité aux apôtres; elles représentent un mandat précis: «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19). A travers le bain baptismal, celui qui croit dans le Christ est plongé dans la vie même de la Trinité.
En effet, l’eau du baptême n’est pas une eau quelconque, mais l’eau sur laquelle est invoqué l’Esprit qui «donne la vie» (Credo). Pensons à ce que Jésus dit à Nicodème pour lui expliquer la naissance à la vie divine: «A moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jn 3, 5-6). C’est pourquoi le baptême est appelé également «régénération»: nous croyons que Dieu, «par sa seule miséricorde… nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint» (Tt 3, 5).
Le baptême est donc un signe concret de renaissance, pour marcher dans une nouveauté de vie. C’est ce que rappelle saint Paul aux chrétiens de Rome: «Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle» (Rm 6, 3-4).
En nous plongeant dans le Christ, le baptême fait également de nous des membres de son Corps, qui est l’Eglise, et nous fait participer à sa mission dans le monde (cf. CEC, n. 1213). Nous baptisés ne sommes pas isolés: nous sommes membres du Corps du Christ. La vitalité qui jaillit de la source baptismale est illustrée par ces paroles de Jésus: «Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit» (cf. Jn 15, 5). Une même vie, celle de l’Esprit Saint, coule du Christ aux baptisés, en les unissant en un seul Corps (cf. 1 Co 12, 13), chrismé par la sainte onction et nourri à la table eucharistique.
Le baptême permet au Christ de vivre en nous et à nous de vivre unis à Lui, pour collaborer dans l’Eglise, chacun selon sa condition, à la transformation du monde. Reçu une seule fois, le bain baptismal illumine toute notre vie, en guidant nos pas vers la Jérusalem du Ciel. Il y a un avant et un après le baptême. Le Sacrement suppose un chemin de foi, que nous appelons catéchuménat, évident lorsque c’est un adulte qui demande le baptême. Mais les enfants aussi, depuis l’antiquité, sont baptisés dans la foi de leurs parents (cf. Rite du baptême des enfants, introduction, n. 2). Et sur ce point, je voudrais vous dire quelque chose: certains pensent: mais pourquoi baptiser un enfant qui ne comprend pas? Attendons qu’il grandisse, qu’il comprenne et que ce soit lui-même qui demande le baptême. Mais cela signifie ne pas avoir confiance dans l’Esprit Saint, parce que quand nous baptisons un enfant, l’Esprit Saint entre dans cet enfant, et l’Esprit Saint fait croître chez cet enfant, depuis l’enfance, des vertus chrétiennes qui ensuite s’épanouiront. Il faut toujours donner cette opportunité à tous, à tous les enfants, d’avoir en eux l’Esprit Saint qui les guide pendant leur vie. N’oubliez pas de baptiser les enfants! Personne ne doit mériter le baptême, qui est toujours un don gratuit pour tous, adultes et nouveau-nés. Mais comme cela a lieu pour une semence pleine de vie, ce don s’enracine et porte du fruit dans un terrain alimenté par la foi. Les promesses baptismales que nous renouvelons chaque année lors de la Veillée pascale doivent être ravivées chaque jour afin que le baptême «christifie»: nous ne devons pas avoir peur de ce mot; le baptême nous «christifie», celui qui a reçu le baptême est «christifié», ressemble au Christ, se transforme dans le Christ et il en fait véritablement un autre Christ.

LA MUSIQUE DES PREMIERS CHRÉTIENS

17 avril, 2018

http://apemutam.free.fr/musichretiens.htm

fr  cantico del mar rosso (1)

La chanson de la mer Rouge

LA MUSIQUE DES PREMIERS CHRÉTIENS

L’église primitive
L’évolution historique de la musique chrétienne est indissociable de l’histoire des peuples et de la politique de l’Eglise. La notation musicale, telle que nous sommes capables de la décrypter aujourd’hui, remonte au VIIIe siècle et n’est exactement compréhensible qu’à partir du deuxième millénaire. Pourtant, nous connaissons les chants créés à partir du IVe siècle ; ce sont elles qui figurent sur les manuscrits médiévaux, d’abord transmises oralement, puis notées et inlassablement recopiées, parfaitement identiques. Partie intégrante de la liturgie, la musique sacrée devint immuable dès qu’elle fut fixée autoritairement.
À travers l’histoire des premiers Chrétiens, nous percevons, même si le domaine de l’hypothèse reste incontournable, la mutation du chant hébraïque en cantilènes chrétiennes, la succession chronologique des enrichissements d’origine hellénistique, païenne et hétérodoxe
Les Actes des Apôtres constituent la source principale concernant la vie de la première communauté chrétienne. Jour après jour, les Chrétiens de Jérusalem fréquentent assidûment le Temple (Actes II-46). Les apôtres, Pierre et Jean, y montent pour la prière de la 9e heure (Actes III, 1). Toutefois, ils forment un groupe particulier au sein d’Israël (V, 13) et se réunissent pour rompre le pain et prier dans leurs maisons (II, 46). La chambre haute, vaste et non réservée pour l’habitation, convenait bien pour les réunions nombreuses. De forme et de tradition hébraïque, les premiers chants adressés au Christ naquirent probablement ici. Néanmoins, ils ne constituent qu’une lointaine racine du « chant grégorien » dont la particularité est d’être adapté au latin.
Les païens convertis par Paul à Corinthe (Actes XVIII, 6), ville fortement latinisée, apportèrent inévitablement leurs traditions musicales aux « hymnes chantées à Dieu de tout cœur », recommandées par l’apôtre aux Colossiens (Col III, 16) et aux Ephésiens (Eph V, 19). Il avait fait de même avec Silas, lors de son emprisonnement à Philippes (Actes XVI, 25), colonie romaine essentiellement latine, à qui il adressa « le chant de l’église apostolique » (Ph II, 6 11). La majorité de sa correspondance (épîtres) partit d’Ephèse, promise à une forte influence sur la forme musicale ; les destinataires, Hellénistes, Hébreux parlant aussi l’araméen, Latins de Rome et de Grèce, constituèrent la genèse du chant romain.
En dépit de notation musicale, quelques textes permettent d’établir le contexte d’utilisation de la musique religieuse et la chronologie des influences. Très tôt, les écrits témoignent du chant alterné entre deux groupes ou entre l’officiant et les fidèles. Dans un rapport à Trajan (Epistola X, 97) sur les chrétiens de Bithynie (nord de la Turquie), dont il était gouverneur, Pline le Jeune (62-114) mentionne « des Chrétiens qui se réunissent à jour fixe, pour chanter, avant l’aube, des hymnes alternées au Christ, comme à Dieu. » Quant aux écrivains africains, ils se caractérisent par leur conservatisme ; l’introduction d’instruments pendant le culte des églises d’Orient est condamnée par Clément d’Alexandrie à la fin du IIe siècle (Paedagogia II, 4) : « Parce qu’ils peuvent être utilisés au délassement, après les repas par exemple, ils ne conviennent pas à l’église ».
Les inventions des hétérodoxes
Liés à aucun canon, progressistes par la pensée, libres dans leur expression artistique, les hétérodoxes (parfois déclarés hérétiques) initièrent des pratiques liturgiques originales ; les plus efficaces pour motiver les foules de croyants furent adoptées par les évêques des grandes églises.
La puissance de la pensée gnostique entraîna l’Eglise à se définir par rapport à elle. Sources indirectes, les condamnations des Pères de l’Eglise fournissent quelques indications sur leurs pratiques liturgiques. Critiquant Marcion, Hippolyte (début 3e) nous apprend que l’église de Sinope, dans le Pont (sud de la Mer Noire), effectuait la prière vers l’orient, chantait des psaumes, et des hymnes composées par les chrétiens. Tertullien dénonce « la démence avec laquelle ces textes sont rédigés » (Adversus Marcionem) et attaque violemment Valentin : « Laissons les psaumes de Valentin qu’il introduit avec une impudence sans égale, comme s’ils étaient l’œuvre d’un auteur méritant (De Carne Christi) ; « Nous désirons qu’on chante, non cette sorte de psaume des hérétiques, des apostats, de Valentin le Platonicien, mais ceux du prophète David qui sont très saints et complètement admis, classiques. » Selon Amédée Gastoué, les papyrus d’origine gnostique, conservés à Berlin et Paris, contiennent des hymnes dans lesquelles on reconnaît l’influence, et parfois le mélange d’éléments juifs, païens et chrétiens. L’un d’entre eux (IVe siècle) renferme des indications musicales : tremblement, silence, sifflement, son harmonieux, souffle vocal, son émis avec force, forte descente de la finale. On y remarque des influences apparentées à la fois au judaïsme, au christianisme et au paganisme.
À la fin du deuxième siècle, le principal foyer du christianisme araméen se situait en Osroène dont le roi, Agbar IX (179-214), se serait converti au christianisme. Élevé à sa cour, Bardesane composa un grand nombre de madrasé, sortes d’instructions lyriques avec refrain. En les faisant chanter par des chœurs, son fils Harmonius apparaît comme l’inventeur du chant responsorial. Adepte d’une cosmologie particulière, (Dieu aurait créé un monde mêlé de lumière et de ténèbres. Le corps appartient au second, soumis aux astres d’où viennent les maux physiques, il ne ressuscite pas), Bardesane suscitera à Edesse, au siècle suivant, la réprobation d’Ephrem qui, le considérant hérétique, remplacera ses hymnes par les siennes, mais conservera le chant responsorial apparemment entré dans les habitudes cultuelles.
En 260, Paul de Samosate fut nommé évêque d’Antioche. Typiquement oriental, il employait les usages de la Syrie de l’est, la psalmodie responsoriale, dans laquelle il introduisit l’alternance d’un chœur de vierges et d’un chœur d’hommes, première mention du chant antiphonique. Dans la musique grecque, Antiphonia désignait l’octave, c’est-à-dire deux notes qui semblent identiques.
Le IVe siècle fut dominé par les divisions sur le dogme trinitaire. Notre époque scientifique l’admet sans sourciller ; pour les théologiens de l’Antiquité tardive, sa définition n’allait pas de soi. Arius, prêtre de l’église d’Alexandrie connut une audience considérable en professant que « dans la Trinité, le fils n’était pas de même nature que le père ». Pour soutenir sa propagande doctrinale, il résuma sa théologie dans un cantique en vers populaires que chantaient matelots, meuniers et voyageurs.
En 386, l’impératrice-mère Justine, régente pour son fils Valentinien II, souhaita qu’une des 21 basiliques de Rome fût réservée au culte arien. En cela, elle fit preuve d’une tolérance qui manqua au chef de l’église milanaise, Ambroise, importante personnalité de l’aristocratie romaine, fils d’un préfet du prétoire, la plus haute charge civile de la hiérarchie impériale. Présent à la veille de sa conversion, saint Augustin relata cet événement capital pour l’histoire de la musique (Confessions IX, livre VII) : « Le peuple plein de zèle, résolut de mourir pour son évêque, passait les nuits entières à l’église. Pour empêcher que le peuple ne s’ennuyât d’un si long et pénible travail, on ordonna qu’on chanterait des psaumes et des hymnes selon l’usage de l’Eglise d’Orient ». Œuvres poétiques versifiées en langue vernaculaire, pourvues d’une mélodie syllabique (une note par syllabe) identique pour toutes les strophes, les hymnes étaient utilisées à Poitiers par Hilaire, depuis son retour d’exil oriental (vers 356), ce que méconnaît l’évêque d’Hippone. Le caractère populaire des cantilènes, sans doute, les fidèles préféraient-ils les airs proches de leur tradition aux inventions des spécialistes, et l’utilisation du latin (à Rome, le grec restera la langue du culte jusqu’en 382) connut un immense succès. Le texte n’était plus emprunté à la Bible, chaque créateur pouvait s’exprimer au gré de son inspiration, ou des nécessités du moment. Chant de propagande, facile à entonner et à mémoriser, les hymnes se termineront désormais par la doxologie des oraisons, prescrite par les canons d’Hippolyte dès 200 : « Gloria tibi patri, et filio, et spiritui sancto, in saecula saeculorum, amen », hommage à la Sainte Trinité, origine de « au nom du Père, du Fils et du saint Esprit ». Par les hymnes, la musique exprima sa capacité à véhiculer un message. Ce service rendu aux théologiens lui fut bien utile lorsque les ermites des déserts égyptiens jetèrent l’anathème sur l’art utilisé pour les jeux païens, indigne à la louange de Dieu. Mais sa capacité à souder une communauté et la réticence des hauts dirigeants de l’Eglise, (les hommes les plus cultivés de leur temps), à se séparer, se priver d’un art dont ils admiraient la beauté, lui permirent de rester indissociable de la louange divine. Saint Augustin (354-430) s’en confesse (X, 33) : « Le plaisir de l’oreille, qui ne devrait pas affaiblir la vigueur de notre esprit, me trompe souvent lorsque le sens de l’ouïe n’accompagne pas la raison ; ainsi, je pèche sans y penser. »
Malgré l’exemple d’Ambroise, l’église occidentale répugnera l’usage de la poésie liturgique, préférant les textes extraits de l’écriture sainte, modifiée pour obtenir quelque régularité dans sa forme.
L’introduction des hymnes alla de pair avec celle du chant en chœur des psaumes, selon deux dispositions : antiphona (chant antiphonique) s’appliqua aux versets repris à plein chœur lorsque les psaumes étaient chantés à chœurs alternés ; responsorum : (chant responsorial) lorsque le chœur répondait au chantre soliste. En Gaule, l’usage du chant antiphonique fut tardif : au Ve siècle à Arles, seulement au VIIe à Avignon.
Charlemagne invente « le chant grégorien »
À partir du quatrième siècle, la musique sacrée occidentale se constitua dans des centres importants qui attacheront leur nom aux répertoires : Ambrosien (saint Ambroise) à Milan, Bénéventin dans la région de Naples, Wisigothique en Espagne, Gallican en Gaule, auxquels il faut ajouter les différentes pratiques romaines, pontificale, presbytérale, monacales. Échanges, emprunts, adoptions de textes et de pratiques entre les diverses traditions enrichirent les répertoires.
Dès 370, le pape Damase éprouva le besoin d’organiser le chant liturgique. Il ne s’agissait pas encore de noter les mélodies, mais d’établir celles, de tradition orale, qui accompagneraient les diverses parties du culte romain. Dans ses parties essentielles, il fixa le canon de la messe tel que nous le connaissions avant Vatican II. Deux groupes de chants étaient employés : ceux de « l’Ordinaire » ou « Commun », immuables tout au long de l’année et ceux du « Propre du temps et des saints » ou « Temporal » qui variaient suivant le calendrier de l’année liturgique et des fêtes. L’apport constant de nouveaux saints entraîna tout au long des siècles la composition de pièces spécifiques.
Avec la règle bénédictine (vers 540), la journée monastique fut rythmée par des offices placés à heures régulières, dans lesquels le chant revêtit une importance considérable. Un répertoire particulier, consigné dans les antiphonaires monastiques, se développa par rapport à la liturgie romaine. Pour la première fois, les hymnes apparurent dans le cadre liturgique.
La Réforme Carolingienne
Des liens très étroits tissés entre Dagobert Ier (623-639) et les églises épiscopales et monastiques furent un puissant agent de stabilité politique. Le roi mérovingien consentit au Clergé des donations considérables. Ses successeurs connurent une grave crise financière qui leur ôta tout moyen de gouverner efficacement. Maire du palais d’Austrasie, Charles Martel rétablit les guerres annuelles et offrit à ses soldats les hautes charges civiles et religieuses. À sa mort, en 741, les troubles qui ébranlèrent le royaume sonnèrent l’alarme pour son fils, Pépin le Bref. Habilement, il entreprit de se réconcilier avec la seule force sans laquelle rien n’était possible : l’Eglise. L’évêque saint Boniface lui exposa sa situation « plus de Synode depuis un siècle, un grand nombre d’évêchés aux mains des laïques, des liturgies diverses. » Corrigeant les excès de son père, il lança un vaste programme de réformes ecclésiastiques et se posa en protecteur du pape contre les Lombards.
Le 6 janvier 754, Chrodegang, évêque de Metz, mit en sécurité le pape en France. Les spécialistes du chant romain l’influencèrent considérablement. Dans sa cathédrale, il instaura le chant à la romaine et introduisit une schola cantorum, communauté de moines instituée pour chanter à la perfection, comme dans les basiliques de Rome. Des écoles de chantres, véritables réseaux de formation, s’attachèrent à ces ensembles.
Persuadé du rôle majeur de la religion chrétienne pour l’acquisition d’une stabilité politique à l’intérieur du royaume, Pépin décida d’unifier la liturgie selon le modèle romain. Roi des Francs, souverain germanique, il visait principalement l’ère géographique du chant gallican. Sous le gouvernement des maires du palais, l’absence d’organisation de la vie ecclésiastique avait favorisé les diversités créatrices, à tel point que cette époque est qualifiée d’âge d’or du chant grégorien. Les liturgistes de la Gaule multipliaient les encensements, lisaient solennellement les Evangiles, ajoutaient des prières pour exprimer des intentions absentes du Canon romain. Sans archétype comparable au chant romain, caractérisé par des textes plus longs, le chant gallican s’était développé singulièrement. Seuls quelques éléments intégrés dans la liturgie romano-franque nous sont connus, difficiles à déterminer, même si Walafrid Strabon, épistolier du monastère de Reichenau, affirmait en 841 « que les éléments maintenus en usage pouvaient être identifiés par l’oreille à certaines tournures de la mélodie et du texte ».
En 760, Pépin demanda au pape Paul Ier, des livres liturgiques destinés à l’unification du rite. En les complétant par des mélodies autochtones, particulièrement la riche hymnodie et les fêtes gallicanes, les liturgistes francs confectionnèrent le sacramentaire gélasien-franc. Très complet, parfaitement adapté aux exigences des paroisses du royaume, il connut une diffusion limitée, Pépin n’ayant pas trouvé le moyen de l’imposer largement.
Au lieu de se servir de la compilation de son père, Charlemagne demanda à Adrien 1er, le sacramentaire grégorien, dans le but de donner encore plus de légitimité au livre. Le pape fut très embarrassé par la demande, car aucun ouvrage ne faisait autorité à Rome. La messe, en face de l’assemblée qui prenait part à l’Offertoire et aux processions, était dite selon des formules de prières et de préfaces très particulières. Elles comprenaient un choix de versets des psaumes et des passages de l’écriture en rapport avec la fête du jour et s’étaient enrichies d’adjonctions orientales sous le pape grec Sergius 1er (687-701), dont l’Agnus Dei. En outre, il fallait distinguer : la liturgie papale qui utilisait le sacramentaire grégorien et le rite presbytéral qui se référait au gélasien (Gélase 492-496). Adrien voulut tout de même satisfaire l’Empereur et adressa un sacramentaire réservé à la liturgie stationnale papale, celle où les fidèles étaient invités à se rassembler dans une église différente, d’un dimanche à l’autre.
Charlemagne s’était entouré d’un groupe d’érudits chargés de le conseiller sur les problèmes théologiques : Paul Diacre (†799), auteur de l’hymne « ut queant laxis » en l’honneur de saint Jean Baptiste, dont les premières syllabes serviront à nommer les notes de la gamme, Théodulf d’Orléans compositeur de l’hymne « gloria laus et honor » incorporé, jusqu’en 1964, à la liturgie du dimanche des rameaux, Benoît d’Aniane, réformateur de la Règle bénédictine. Ils comprirent rapidement que le sacramentaire d’Adrien ne contenait que les grandes fêtes célébrées par le pape en personne dans les églises de Rome, le complétèrent par le gélasien-franc dont l’usage s’était perpétué, et fixèrent le rite carolingien.
Jusqu’à la fin du XIe siècle, les textes nécessaires à la célébration de la messe se partagèrent en trois livres : le sacramentaire qui contenait le Canon (ensemble des prières et cérémonies de la messe, depuis la Préface jusqu’au Notre Père) et une partie de l’ordinaire ; le lectionnaire, qui comportait les leçons, les Epîtres et les Evangiles ; l’antiphonaire, qui comportait les paroles de l’Introït et les autres parties chantées de la cérémonie. Peu à peu, ces trois livres fusionnèrent, le missel les combina tous les trois. Le Ve et le VIe siècle fut une époque de compilation de sacramentaires et de lectionnaires romains. Les antiennes et les répons du temporal datent du VIIe. Vers 600, les seules fêtes spéciales étaient Noël, l’Epiphanie, Pâques et Pentecôte. Sous le pape grec Serge Ier (687-701) plusieurs fêtes byzantines de la Sainte vierge furent adoptées : la Nativité (8 septembre), 1er janvier (ex fête de Marie), la purification (2 février), l’Annonciation (25 mars) l’Assomption (15 août). Au VIIIe siècle, le calendrier romain se développa considérablement. Les corps des martyres, célébrés dans les églises de cimetières où étaient déposées les reliques, furent transférés dans la cité.
L’invention de l’écriture musicale
Afin de permettre aux cadres de l’Eglise de suivre ses « ordines » : il « inventa l’école ». La responsabilité d’organiser un enseignement pour les clercs, sur lesquels devait reposer l’administration de l’empire, échut à Alcuin. Les capitulaires établirent un système d’instruction au niveau de la paroisse, du monastère et de la cathédrale ; l’organisation de scriptoria dans tous les monastères de l’empire multiplia les copies d’auteurs classiques et patristiques. Pour l’antiphonaire, il fallut inventer la notation musicale. Depuis toujours, ignorant la notation usée des Grecs, la cantilène chrétienne se transmettait oralement. Dans les monastères, les enfants apprenaient par cœur, pendant plusieurs années, l’ensemble des chants. Le premier système de notation consista en un procédé mnémotechnique placé sur les paroles : le neume. Leur forme correspondait à la chironomie employée par le chef de chœur et variait sensiblement selon les écoles d’écriture. Ce qui nous paraît aujourd’hui primordial, la mélodie, les notes et les intervalles restaient indéterminables ; les signes étaient placés « in campo aperto » (à champ ouvert) c’est-à-dire sans ligne de portée. Les notateurs, sans doute les premiers chantres, se souciaient plutôt de l’interprétation, du discours verbo-mélodique et de l’accentuation.
L’adoption en bloc, sur décision autoritaire, d’un répertoire de chant particulièrement étendu ne se réalisa pas sans difficulté. Il fallut, pour réussir sa diffusion, l’attribuer à une figure emblématique. Les Carolingiens choisirent le Pape Grégoire le Grand, placé par eux-mêmes vers 800, parmi les quatre grands Docteurs de l’Eglise latine, à l’égal des saints : Ambroise, Jérôme et Augustin.
Dogmatique, juridictionnel et disciplinaire, il avait conduit la chrétienté avec l’esprit autoritaire d’un magistrat romain. Mais sa correspondance (850 lettres conservées) ne contient aucune trace de musique. La vie de saint Grégoire, relatée par Jean Diacre vers 873, le fit centonisateur (celui qui réunit des fragments épars pour en faire des pièces définitives), créateur de la schola cantorum dont la réputation pour la centonisation était grande, et sans doute la seule à pouvoir l’effectuer. Tout au long du récit, la tâche de justification reste présente, Charlemagne y tient d’ailleurs une place prépondérante : « Quel est celui, interrogea-t-il, qui a l’eau la plus claire, le ruisseau ou la source ? » « La source » répondit-on. « Eh bien nous aussi qui jusqu’à présent nous sommes abreuvés au ruisseau devons remonter à la source éternelle » Ce qui signifiait : adopter la liturgie carolingienne présentée comme romaine, œuvre de saint Grégoire le Grand. La supercherie fonctionna parfaitement, aujourd’hui encore, la dénomination « chant grégorien » reste inévitable, en dehors des réunions de spécialistes.

Lionel DIEU

AUJOURD’HUI EST L’ANNIVERSAIRE DU PAPE BENOIT – 91 ANS – UNE PENSÉE AFFECTUEUSE ET DÉFÉRENTE – BENOÎT XVI – Les cathédrales romanes et gothiques, l’arrière-plan théologique

16 avril, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20091118.html

AUJOURD'HUI EST L'ANNIVERSAIRE DU PAPE BENOIT - 91 ANS - UNE PENSÉE AFFECTUEUSE ET DÉFÉRENTE - BENOÎT XVI - Les cathédrales romanes et gothiques, l'arrière-plan théologique dans ANNIVERSAIRE DU PAPE BENOIT 121124_pope_praying_ap_605

AUJOURD’HUI EST L’ANNIVERSAIRE DU PAPE BENOIT – 91 ANS – UNE PENSÉE AFFECTUEUSE ET DÉFÉRENTE – BENOÎT XVI – Les cathédrales romanes et gothiques, l’arrière-plan théologique

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 18 novembre 2009

Les cathédrales romanes et gothiques, l’arrière-plan théologique

Chers frères et sœurs!

Dans les catéchèses des dernières semaines, j’ai présenté plusieurs aspects de la théologie médiévale. Mais la foi chrétienne, profondément enracinée chez les hommes et les femmes de ces siècles, ne donna pas seulement origine à des chefs-d’œuvre de littérature théologique de la pensée et de la foi. Celle-ci inspira également l’une des créations artistiques les plus élevées de la civilisation universelle: les cathédrales, véritable gloire du Moyen-âge chrétien. En effet, pendant environ trois siècles, à partir du début du XI siècle, on assista en Europe à une ferveur artistique extraordinaire. Un ancien chroniqueur décrit ainsi l’enthousiasme et le zèle de cette époque: « Il se produisit que, partout dans le monde, mais spécialement en Italie et dans les Gaules, on commença à reconstruire les églises, bien qu’un grand nombre, qui étaient encore en bonnes conditions, n’avaient pas besoin d’une telle restauration. C’était comme une compétition entre un peuple et l’autre; on aurait cru que le monde, se débarrassant des vieux haillons, voulait revêtir partout le vêtement blanc de nouvelles églises. En somme, presque toutes les églises cathédrales, un grand nombre d’églises monastiques, et même les oratoires de villages, furent alors restaurés par les fidèles » (Rodolphe le Glabre, Historiarum 3, 4).
Divers facteurs contribuèrent à cette renaissance de l’architecture religieuse. Tout d’abord, les conditions historiques plus favorables, telles qu’une plus grande sécurité politique, accompagnée par une croissance constante de la population et par le développement progressif des villes, des échanges et de la richesse. En outre, les architectes trouvaient des solutions techniques toujours plus élaborées pour augmenter les dimensions des édifices, en assurant dans le même temps leur solidité et un aspect majestueux. Ce fut cependant principalement grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme en pleine expansion que furent élevées des églises abbatiales, où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité, et où les fidèles pouvaient s’arrêter en prière, attirés par la vénération des reliques des saints, buts de pèlerinages incessants. C’est ainsi que naquirent les églises et les cathédrales romanes, caractérisées par le développement longitudinal, en longueur, des nefs pour accueillir de nombreux fidèles; des églises très solides, avec des murs épais, des voûtes en pierre et des lignes simples et essentielles. Une nouveauté est constituée par l’introduction des sculptures. Les églises romanes étant le lieu de la prière monastique et du culte des fidèles, les sculpteurs, plus que se préoccuper de la perfection technique, soignèrent en particulier la finalité éducative. Etant donné qu’il fallait susciter dans les âmes des impressions fortes, des sentiments qui puissent inciter à fuir le vice, le mal et à pratiquer la vertu, le bien, le thème récurrent était la représentation du Christ comme juge universel, entouré des personnages de l’Apocalypse. Ce sont en général les portails des églises romanes qui offrent cette représentation, pour souligner que le Christ est la Porte qui conduit au Ciel. Les fidèles, en franchissant le seuil de l’édifice sacré, entrent dans un temps et dans un espace différents de ceux de la vie ordinaire. Outre le portail de l’église, les croyants en Christ, souverain, juste et miséricordieux, pouvaient dans l’intention des artistes goûter une anticipation de la béatitude éternelle dans la célébration de la liturgie et dans les actes de piété effectués à l’intérieur de l’édifice sacré.
Au XII et au XIII siècle, à partir du nord de la France, se diffusa un autre type d’architecture dans la construction des édifices sacrés, l’architecture gothique, avec deux caractéristiques nouvelles par rapport au roman, c’est-à-dire l’élan vertical et la luminosité. Les cathédrales gothiques montraient une synthèse de foi et d’art harmonieusement exprimée à travers le langage universel et fascinant de la beauté, qui aujourd’hui encore suscite l’émerveillement. Grâce à l’introduction des voûtes sur croisée d’ogives, qui reposaient sur de robustes pilastres, il fut possible d’élever considérablement la hauteur. L’élan vers le haut voulait inciter à la prière et était dans le même temps une prière. La cathédrale gothique entendait traduire ainsi, dans ses lignes architecturales, l’aspiration des âmes vers Dieu. En outre, avec les nouvelles solutions techniques adoptées, les murs du périmètre pouvaient être percés et embellis par des vitraux polychromes. En d’autres termes, les fenêtres devenaient de grandes images lumineuses, parfaitement adaptées pour instruire le peuple dans la foi. Dans celles-ci – scène par scène – étaient racontés la vie d’un saint, une parabole, ou d’autres événements bibliques. Des vitraux peints, une cascade de lumière se déversait sur les fidèles pour leur raconter l’histoire du salut et les entraîner dans cette histoire.
Une autre caractéristique des cathédrales gothiques est constituée par le fait qu’à leur construction et à leur décoration, de manière différente mais en chœur, participait toute la communauté chrétienne et civile; les humbles et les puissants, les analphabètes et les savants participaient, car dans cette maison commune, tous les croyants étaient instruits dans la foi. La sculpture gothique a fait des cathédrales une « Bible de pierre », en représentant les épisodes de l’Evangile et en illustrant les contenus de l’année liturgique, de la Nativité à la Glorification du Seigneur. En outre, au cours de ces siècles se diffusait toujours davantage la perception de l’humanité du Seigneur, et les souffrances de sa Passion étaient représentées de manière réaliste: le Christ souffrant (Christus patiens) devint une image aimée de tous, et en mesure d’inspirer la piété et le repentir pour les péchés. Les personnages de l’Ancien Testament ne manquaient pas, dont l’histoire devint ainsi familière aux fidèles qui fréquentaient les cathédrales comme partie de l’unique et commune histoire du salut. Avec ses visages empreints de beauté, de douceur, d’intelligence, la sculpture gothique du xiii siècle révèle une piété heureuse et sereine, qui se plaît à diffuser une dévotion sincère et filiale envers la Mère de Dieu, parfois vue comme une jeune femme, souriante et maternelle, et principalement représentée comme la souveraine du ciel et de la terre, puissante et miséricordieuse. Les fidèles qui remplissaient les cathédrales gothiques aimaient y trouver également des expressions artistiques rappelant les saints, modèles de vie chrétienne et intercesseurs auprès de Dieu. Et les manifestations « laïques » de l’existence ne manquèrent pas; voilà alors apparaître, ici et là, des représentations des travaux des champs, des sciences et des arts. Tout était orienté et offert à Dieu dans le lieu où l’on célébrait la liturgie. Nous pouvons mieux comprendre le sens qui était attribué à une cathédrale gothique, en considérant le texte de l’inscription gravée sur le portail central de Saint-Denis, à Paris: « Passant, toi qui veux louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l’or, ni par la magnificence, mais plutôt par le dur labeur. Ici brille une œuvre célèbre, mais veuille le ciel que cette œuvre célèbre qui brille fasse resplendir les esprits, afin qu’avec les vérités lumineuses ils s’acheminent vers la véritable lumière, dont le Christ est la véritable porte ».
Chers frères et sœurs, j’ai plaisir à souligner à présent deux éléments de l’art roman et gothique également utiles pour nous. Le premier: on ne peut pas comprendre les chefs-d’œuvre artistiques nés en Europe dans les siècles passés si l’on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Un artiste, qui a toujours témoigné de la rencontre entre esthétique et foi, Marc Chagall, a écrit que « pendant des siècles les peintres ont trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré qu’était la Bible ». Quand la foi, de manière particulière célébrée dans la liturgie, rencontre l’art, il se crée une harmonie profonde, car tous les deux peuvent et veulent parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible. Je voudrais partager cela lors de la rencontre avec les artistes du 21 novembre, en leur renouvelant cette proposition d’amitié entre la spiritualité chrétienne et l’art, souhaitée par mes vénérés prédécesseurs, en particulier par les serviteurs de Dieu Paul vi et Jean-Paul ii. Le deuxième élément: la force du style roman et la splendeur des cathédrales gothiques nous rappellent que la via pulchritudinis, la voie de la beauté, est un parcours privilégié et fascinant pour s’approcher du Mystère de Dieu. Qu’est la beauté, que les écrivains, les poètes, les musiciens, les artistes contemplent et traduisent dans leur langage, sinon le reflet de la splendeur du Verbe éternel fait chair? Saint Augustin affirme: « Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air diffus et léger. Interroge la beauté du ciel, interroge l’ordre des étoiles, interroge le soleil, qui avec sa splendeur éclaire le jour; interroge la lune, qui avec sa clarté modère les ténèbres de la nuit. Interroge les bêtes sauvages qui nagent dans l’eau, qui marchent sur la terre, qui volent dans l’air: des âmes qui se cachent, des corps qui se montrent; visible celui qui se fait guider, invisible celui qui guide. Interroge-les! Tous répondront: Regarde-nous: nous sommes beaux! Leur beauté les fait connaître. Cette beauté changeante… qui l’a créée, sinon la Beauté immuable? » (Sermo ccxli, 2: PL 38, 1134).

Chers frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à redécouvrir la voie de la beauté comme l’un des itinéraires, peut-être le plus attirant et fascinant, pour parvenir à rencontrer et à aimer Dieu.

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE DE PÂQUES, B

13 avril, 2018

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE DE PÂQUES, B dans HOMÉLIE SERMON ET..♥♥♥ on-the-road-to-emmaus

Emmaus

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE DE PÂQUES, B

Ac 3, 13-15, 17-19 ; 1 Jn 2, 1-5 ; Lc 24, 35-48

La culture biblique crie famine. C’est ce que révèle un sondage fait auprès de 1250 jeunes italiens de 13 à 19 ans. Quels sont les noms des quatre évangélistes ? 64 % de mauvaises réponses. Que signifie « évangile » ? 31 % des étudiants l’ignoraient. Tout comme 52 % ignoraient qui étaient Abraham et Noé. Vous avez sans doute entendu parler de la Genèse (« Genesi » en italien) ? Tous ont répondu « oui », mais pour 36 % il s’agissait du groupe rock anglais « Genesis ».
Pourquoi vous raconter ces petits faits ? Parce que deux mots m’ont particulièrement frappé dans la méditation des textes liturgiques de ce dimanche : « ignorance » et « connaissance ». Un véritable péché d’ignorance qui va jusqu’au crime (1e lecture) et une connaissance dans laquelle il n’y a pas une once de vérité (2e lecture).
D’où cette prière d’accueil à la proclamation de l’évangile : Seigneur Jésus, fais-nous comprendre les Ecritures ! Que notre cœur devienne brûlant tandis que tu nous parles. Et la réponse donnée par Jésus en saint Luc : « Alors, il ouvrit l’esprit de ses disciples à l’intelligence des Ecritures », eux qui, cependant, croyaient bien les connaître. Ce qui n’est pas notre cas puisque, en général, nous les connaissons peu et très mal.
Ce que Luc veut nous faire comprendre entre autres choses, c’est que les Ecritures (c’est-à-dire, à l’époque, l’Ancien Testament) ne peuvent bien se comprendre qu’à partir de la résurrection de Jésus. D’une certaine manière, la Bible se lit à l’envers, en commençant par la dernière partie, c’est-à-dire le Nouveau Testament. Pour nous, Jésus est l’interprète parfait de toutes les Ecritures, non seulement par son enseignement et ses commentaires, mais parce qu’il les a réalisées par sa vie, le don de sa vie et sa résurrection. En Jésus, la Loi, les Prophètes, les Psaumes, le vrai culte, ont été parfaitement accomplis.
Les apôtres savaient ce qui avait été écrit sur le Messie dans la Loi, les Prophètes et les Psaumes, mais ils n’avaient pas réussi à mettre un lien entre le Messie décrit et annoncé, et Jésus de Nazareth. Ils n’avaient pas compris. C’est lorsqu’ils auront fait l’expérience du Christ ressuscité que ces « lents à croire » vont non seulement comprendre et connaître, mais vivre autrement.
Ils ne se contenteront pas d’une connaissance de tête, d’intelligence et de mémoire, mais, par leur vie, ils deviendront des témoins du Messie mort et ressuscité.. D’où, l’importance de la lettre de Jean, qui nous explique que la vraie connaissance n’est pas d’ordre cérébral, elle est incarnation dans la vie quotidienne, une réalité visible, palpable.
Qui prétend connaître le Christ uniquement en brandissant un examen sans faute est un menteur. Seuls peuvent dire « Je le connais » ceux et celles qui gardent fidèlement sa Parole. Alors, ils rendent visible et rayonnante la vérité, c’est-à-dire l’amour de Dieu. La connaissance est expérience. Elle met en œuvre l’intelligence, le cœur, la volonté, et même le corps. Expérience de Dieu par la Parole écoutée et appliquée, les signes perçus dans le culte, dans les sacrements, dans le jardin de la nature, le témoignage et les événements, signes des temps.
Connaître quelqu’un, c’est créer des liens et des liens qui engagent. C’est s’aventurer sur le chemin de la communion, de l’harmonie des cœurs et des esprits, mais aussi de l’action commune.
Connaître le Seigneur, c’est l’aimer, reconnaître ses plans, ses projets, ses volontés, s’y soumettre et les vouloir. C’est se mettre en état permanent d’accueil et de conversion.
C’est pourquoi la Parole de Dieu ne doit pas seulement être écoutée, mais méditée et priée, pour qu’elle puisse être traduite en comportements de vie ou imitation du modèle. « En n’oubliant jamais, écrivait en substance un spirituel du Xe siècle, que le Christ, qui est la paix céleste, a été traité comme un révolté et un brigand. Il a exposé l’évangile, et on en a fait un blasphémateur de la Loi. Il a accompli les Prophètes et fut jugé comme un transgresseur des Ecritures ».
Vous avez écouté l’évangile. Cela se passait il y a plus de deux mille ans. Cela se passe aujourd’hui ici, chez nous. Le Christ est présent dans nos assemblées d’hommes et de femmes de peu de foi. C’est pour nos esprits lents à croire qu’il proclame d’abord la Parole et nous ouvre l’esprit à l’intelligence des Ecritures. C’est lui encore qui, tout à l’heure, nous dira ‘La Paix soit avec vous », avant de partager le Pain qui fait l’unité de son Corps-Eglise. Puis, il nous dispersera dans le monde en mission de service et de témoignage. Aujourd’hui encore, comme à Jérusalem à ses disciples, il nous dit : « C’est vous qui êtes mes témoins ».

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

LE CHRIST AUX MILLE VISAGES

11 avril, 2018

https://jesus.catholique.fr/questions/ou-est-jesus-aujourdhui/le-christ-aux-mille-visages/

per it Il Gesù di Antonello Da Messinal

Le visage du Christ, Antonello da Messina

LE CHRIST AUX MILLE VISAGES

Christ aux 1000 visage

Trouver une œuvre d’art ou une image illustrant cette question n’est pas forcément chose simple.
En effet, il s’agit de rendre visible une absence. Une absence sur laquelle est fondée la foi chrétienne ! Si les apôtres ont cru, plus particulièrement Pierre et Jean, c’est parce qu’au matin de Pâques, ils trouvent selon ce que leur avait annoncé Marie-Madeleine, le tombeau vide (Jean 20, 1-8).
Aujourd’hui, Jésus Christ se donne à reconnaître dans le Corps des Écritures, Lui qui est Parole de Dieu, dans son Corps sous la forme du pain consacré à la messe et dans son Corps qu’est l’Eglise dont Il est la tête (1Corinthiens, 12, 27).
Les plus anciens d’entre nous ont peut-être encore en mémoire le chant « Je cherche le visage du Seigneur » popularisé par John Littleton : Je cherche le visage, le visage du Seigneur, Je cherche son image tout au fond de vos cœurs.
Le visage est un élément essentiel du corps humain. Ce terme d’ailleurs ne s’applique qu’à l’homme Le visage est celui par lequel nous exprimons qui nous sommes et qui traduit nos sentiments. Dévisager quelqu’un peut conduire à ne pas le reconnaître, à ne pas lui reconnaître une égale dignité. Cracher au visage de quelqu’un, comme l’ont fait les soldats au visage du Christ, c’est nier son existence humaine.
Chacun des baptisés est appelé à être visage du Seigneur, à faire rayonner sur son propre visage, le visage de Dieu (Nombres 6, 25), afin que tous ceux qu’ils rencontrent découvrent qu’ils sont « envisagés » par le Seigneur.
N’est-ce pas ce que nous donne à voir ce « Christ aux mille visages » ?
Constitué de photos d’hommes, de femmes, d’enfants, de personnalités connues ou de simples anonymes, de toutes nationalités, ce visage du Christ nous redit à sa manière ce que saint Paul écrivait aux Galates : « il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ » (Galates 3, 28)
Oui c’est bien l’unité que les chrétiens ont à vivre -unité avec le Seigneur, unité entre eux et unité avec leurs frères en humanité – qui donne à reconnaître Jésus et à croire qu’Il est l’envoyé de son Père pour le Salut du monde. Cette unité que Lui-même vit avec son Père dans la puissance d’amour de l’Esprit (Jean 17, 21).

Bertane Poitou, déléguée diocésaine à la communication, diocèse de Saint-Claude

BENOÎT XVI – SAINT EPHREM LE SYRIEN (306-373) (Audience 2007)

9 avril, 2018

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071128.html

imm fr

SAINT EPHREM LE SYRIEN (306-373)

BENOÎT XVI – SAINT EPHREM LE SYRIEN (306-373) (Audience 2007)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 28 novembre 2007

Chers frères et sœurs,

Selon l’opinion commune d’aujourd’hui, le christianisme serait une religion européenne, qui aurait ensuite exporté la culture de ce continent dans d’autres pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion chrétienne se trouve dans l’ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le monde sémitique. Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de l’Ancien Testament. Son expansion au cours des premiers siècles a eu lieu aussi bien vers l’Occident – vers le monde gréco-latin, où il a ensuite inspiré la culture européenne – que vers l’Orient, jusqu’à la Perse, à l’Inde, contribuant ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une identité propre. Pour montrer cette multiplicité culturelle de l’unique foi chrétienne des débuts, j’ai parlé dans la catéchèse de mercredi dernier d’un représentant de cet autre christianisme, Aphraate le Sage persan, presque inconnu chez nous. Dans cette même optique, je voudrais aujourd’hui parler de saint Ephrem le Syrien, né à Nisibe vers 306 dans une famille chrétienne. Il fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et réussit à concilier d’une manière unique la vocation du théologien et celle du poète. Il se forma et grandit à côté de Jacques, Evêque de Nisibe (303-338), et il fonda avec lui l’école de théologie de sa ville. Ordonné diacre, il vécut intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu’en 363, année où la ville de Nisibe tomba entre les mains des Persans. Ephrem immigra alors à Edesse, où il poursuivit son activité de prédicateur. Il mourut dans cette ville en l’an 373, victime de la contagion de la peste qu’il avait contractée en soignant les malades. On ne sait pas avec certitude s’il était moine, mais il est cependant certain qu’il est resté diacre pendant toute sa vie et qu’il a embrassé l’état de virginité et de pauvreté. C’est ainsi qu’apparaît dans la spécificité de son expression culturelle, l’identité chrétienne commune et fondamentale: la foi, l’espérance – cette espérance qui permet de vivre pauvre et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur – et, enfin, la charité, jusqu’au don de soi-même dans le soin des malades de la peste.
Saint Ephrem nous a laissé un grand héritage théologique: sa production considérable peut se regrouper en quatre catégories: les œuvres écrites en prose ordinaire (ses œuvres polémiques, ou bien les commentaires bibliques); les œuvres en prose poétique; les homélies en vers; et enfin les hymnes, qui sont certainement l’œuvre la plus vaste d’Ephrem. Il s’agit d’un auteur riche et intéressant sous de nombreux aspects, mais en particulier sous le profil théologique. Si nous voulons aborder sa doctrine, nous devons insister dès le début sur ceci: le fait qu’il fait de la théologie sous une forme poétique. La poésie lui permet d’approfondir la réflexion théologique à travers des paradoxes et des images. Dans le même temps sa théologie devient liturgie, devient musique: en effet, c’était un grand compositeur, un musicien. Théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu vont de pair; et c’est précisément dans ce caractère liturgique qu’apparaît avec limpidité la théologie d’Ephrem, la vérité divine. Dans sa recherche de Dieu, dans sa façon de faire de la théologie, il suit le chemin du paradoxe et du symbole. Il privilégie largement les images contrastantes, car elles lui servent à souligner le mystère de Dieu.
Je ne peux pour le moment présenter que peu de chose de lui, également parce que la poésie est difficilement traduisible, mais pour donner au moins une idée de sa théologie poétique, je voudrais citer en partie deux hymnes. Tout d’abord, également en vue du prochain Avent, je vous propose plusieurs images splendides tirées des hymnes Sur la nativité du Christ. Devant la Vierge, Ephrem manifeste son émerveillement avec un ton inspiré:

« Le Seigneur vint en elle pour se faire serviteur.
Le Verbe vint en elle
pour se taire dans son sein.
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l’Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles:
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé il naquit d’elle,
lui qui revêt (de beauté) toutes choses »
(Hymne « De Nativitate » 11, 6-8)

Pour exprimer le mystère du Christ, Ephrem utilise une grande diversité de thèmes, d’expressions, d’images. Dans l’une de ses hymnes, il relie de manière efficace Adam (au paradis) au Christ (dans l’Eucharistie):

« Ce fut en fermant
avec l’épée du chérubin,
que fut fermé
le chemin de l’arbre de la vie.
Mais pour les peuples,
le Seigneur de cet arbre
s’est donné comme nourriture
lui-même dans l’oblation (eucharistique).
Les arbres de l’Eden
furent donnés comme nourriture
au premier Adam.
Pour nous, le jardinier
du Jardin en personne
s’est fait nourriture
pour nos âmes.
En effet, nous étions tous sortis
du Paradis avec Adam,
qui le laissa derrière lui.
A présent que l’épée a été ôtée
là-bas (sur la croix) par la lance
nous pouvons y retourner »
(Hymne 49, 9-11).

Pour parler de l’Eucharistie, Ephrem se sert de deux images: la braise ou le charbon ardent, et la perle. Le thème de la braise est tiré du prophète Isaïe (cf. 6, 6). C’est l’image du séraphin, qui prend la braise avec les pinces, et effleure simplement les lèvres du prophète pour les purifier; le chrétien, en revanche, touche et consume la Braise, qui est le Christ lui-même:

« Dans ton pain se cache l’Esprit
qui ne peut être consommé;
dans ton vin se trouve le feu
qui ne peut être bu.
L’Esprit dans ton pain, le feu dans ton vin:
voilà une merveille accueillie par nos lèvres.
Le séraphin ne pouvait pas approcher ses doigts de la braise,
qui ne fut approchée que de la bouche d’Isaïe;
les doigts ne l’ont pas prise, les lèvres ne l’ont pas avalée;
mais à nous, le Seigneur a permis de faire les deux choses.
Le feu descendit avec colère pour détruire les pécheurs,
mais le feu de la grâce descend sur le pain et y reste.
Au lieu du feu qui détruisit l’homme,
nous avons mangé le feu dans le pain
et nous avons été vivifiés »
(Hymne « De Fide » 10, 8-10).

Voilà encore un dernier exemple des hymnes de saint Ephrem, où il parle de la perle comme symbole de la richesse et de la beauté de la foi:
« Je posai (la perle), mes frères, sur la paume de ma main,
pour pouvoir l’examiner.
Je me mis à l’observer d’un côté puis de l’autre:
elle n’avait qu’un seul aspect de tous les côtés.
(Ainsi) est la recherche du Fils, impénétrable, car elle n’est que lumière.
Dans sa clarté, je vis la Limpidité,
qui ne devient pas opaque;
et dans sa pureté,
le grand symbole du corps de notre Seigneur,
qui est pur.
Dans son indivisibilité, je vis la vérité,
qui est indivisible »
(Hymne « Sur la Perle » 1, 2-3).

La figure d’Ephrem est encore pleinement actuelle pour la vie des différentes Eglises chrétiennes. Nous le découvrons tout d’abord comme théologien, qui, à partir de l’Ecriture Sainte, réfléchit poétiquement sur le mystère de la rédemption de l’homme opérée par le Christ, le Verbe de Dieu incarné. Sa réflexion est une réflexion théologique exprimée par des images et des symboles tirés de la nature, de la vie quotidienne et de la Bible. Ephrem confère un caractère didactique et catéchistique à la poésie et aux hymnes pour la liturgie; il s’agit d’hymnes théologiques et, dans le même temps, adaptées à la récitation ou au chant liturgique. Ephrem se sert de ces hymnes pour diffuser, à l’occasion des fêtes liturgiques, la doctrine de l’Eglise. Au fil du temps, elles se sont révélées un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour la communauté chrétienne.
La réflexion d’Ephrem sur le thème de Dieu créateur est importante: rien n’est isolé dans la création, et le monde est, à côté de l’Ecriture Sainte, une Bible de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l’homme renverse l’ordre de l’univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect: la demeure de Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour Ephrem, de même qu’il n’y a pas de Rédemption sans Jésus, il n’y a pas d’incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de notre rédemption se trouvent déjà dans les textes d’Ephrem; de manière poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe le cadre théologique et, d’une certaine manière, le langage même des grandes définitions christologiques des Conciles du V siècle.
Ephrem, honoré par la tradition chrétienne sous le titre de « lyre de l’Esprit Saint », resta diacre de son Eglise pendant toute sa vie. Ce fut un choix décisif et emblématique: il fut diacre, c’est-à-dire serviteur, que ce soit dans le ministère liturgique, ou, plus radicalement, dans l’amour pour le Christ, qu’il chanta de manière inégalable, ou encore, dans la charité envers ses frères, qu’il introduisit avec une rare habileté dans la connaissance de la Révélation divine.

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE DE PÂQUES B

6 avril, 2018

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

imm fr Rubens-incrédulité-saint-Thomas

Rubens, incredulité Saint Thomas

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE DE PÂQUES B

Ac 4, 32-35 ; 1 Jn 5, 1-6 ; Jn 20, 19-31a

(Prononcée en 1997 en la cathédrale des SS. Michel et Gudule (Bruxelles), les événements cités sont de cette époque)

Thème : La foi n’est pas une évidence. Elle se nourrit de l’écoute de la Parole et des « actions parlantes »

Il était une fois, au seuil du 21e siècle, quelques dizaines de jeunes gens et jeunes filles qui voulaient bâtir leur existence sur le roc des Ecritures. Leur communauté fut baptisée « Source Supérieure ». Vivant comme des moines et des moniales, ils s’appelaient entre eux frères et sœurs et mettaient tout en commun. Ils s’étaient exilés du monde du péché, pour aspirer davantage à une autre vie, purifiée, joyeuse et définitive. A l’abri d’un refuge discret mais luxueux, ils vivaient dans l’impatience du grand jour. Celui du retour à la Source. Le grand passage, la pâque ultime. C’est au cours de leur « semaine sainte » 1997 qu’ils ont choisi de se débarrasser joyeusement et ensemble de leur enveloppe terrestre. Un suicide collectif pour rejoindre le paradis de leurs fantasmes.
C’est sur fond de cette actualité d’une liturgie morbide, née d’une dérive « religieuse » que nous avons vécu en Eglise le Saint jour de Pâques. La fête des fêtes. La fête de la foi. Dans l’allégresse, les prières et les chants, nous avons proclamé d’un même cœur et d’une seule voix : Je crois en Jésus le Christ, ressuscité des morts. Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Avant cela, le Verbe, qui est l’ »exégète de Dieu », avait ouvert nos esprits à l’intelligence des Ecritures, depuis la Genèse jusqu’au sépulcre vide, en passant par les prophètes et les psaumes, qui parlent du Christ en clair obscur.
Foi reçue. Foi proclamée. Foi célébrée. Mais l’adhésion au Christ ne peut se contenter des expressions doctrinales, liturgiques et rituelles. Il lui reste encore à descendre au plus profond de notre conscience et à se concrétiser dans le pas à pas quotidien pour y devenir foi vécue. C’est-à-dire rayonner en amour sans frontière, en impérieuse réconciliation et en victoire de la paix. Croire et aimer, c’est tout un. Même si nous sommes des témoins fragiles, souvent hésitants ou peureux, troublés et fragilisés par le doute. C’était il y a huit jours.
Aujourd’hui, comme tous les premiers jours de la semaine, nous faisons corps dans la foi. Nous faisons Eglise. Lourds de nos inquiétudes, de nos faiblesses, du poids de nos souffrances, peut-être aussi de nos angoisses. Comme Thomas et ses compagnons, un certain premier jour de la semaine.
Ce matin, les portes de la cathédrale ne sont pas fermées, mais celles de nos cœurs sont peut-être encore verrouillées. Il n’empêche ! Jésus est là au milieu de nous puisque nous sommes rassemblés en son nom. Il est là aussi « présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures » (Constitution sur la liturgie, 7a).
Encore faut-il y croire. Et y croire vraiment. Mais croire n’est pas facile. Pour personne. Voyez les réactions de Thomas, lui qui était placé aux premières loges. Lisez le récit de Luc, là, ce sont tous les disciples sans exception qui sont « frappés de stupeur et de crainte ». Et lorsqu’ils auront pris conscience de l’authenticité de leur expérience spirituelle, et malgré leur joie, « ils n’osaient pas encore y croire et restaient saisis d’étonnement ».
Même après la résurrection, la foi des apôtres est restée difficile et elle était tout autre chose qu’une assurance donnée par une vision sensible de Jésus ressuscité. Or, nous sommes appelés à croire sans preuves. Si ce n’est la preuve des témoignages et des signes.
La foi chrétienne n’est pas une évidence. Elle est affaire d’amour, et donc de confiance et de liberté. Elle n’est pas non plus soumission aveugle à des formules pétrifiées dans la lettre des dogmes. Pas plus qu’elle ne se prouve par tous les faits, évoqués par les Evangiles. Comme s’ils étaient le résultat d’une enquête historique et scientifique ou le résumé d’évènements scrupuleusement filmés par des professionnels de la pellicule et du reportage. Les évangiles sont le témoignage d’une communauté chrétienne qui vit, dans la foi, l’expérience du Christ ressuscité.
Bien des croyants qui ont suivi les cinq émissions « Corpus Christi » programmées sur ARTE durant la Semaine Sainte, auront peut-être vécu « un douloureux décapage de leur foi ». C’est une purification bénéfique. Car la foi est toujours une libre décision prise par quelqu’un qui a été séduit par la personne de Jésus, sa Parole, son message et sa vie. La foi est un attachement vivant au Christ, dont la Parole est nourriture. Elle suppose un contact intime, admiratif et radicalement confiant avec Jésus, le Christ, le Vivant. Et vivant, parce que ressuscité, c’est-à-dire qu’il a « accès à la vie définitive ». « En Dieu, il continue d’exister » (1).
Pour les apôtres d’hier, Pierre en tête, comme pour ceux d’aujourd’hui, toute vie chrétienne est « faite de foi et d’incertitudes, de chutes et de re-départs ». Nous avons tous des étapes de questions et de doutes, voire même d’anxiété, confesse le cardinal Martini. Il n’y a qu’une solution, ajoute-t-il, tant pour les savants que pour les simples : donner foi aux paroles du Christ, comme paroles provenant de Dieu.
Pour devenir croyants et nourrir notre foi, nous avons davantage besoin des oreilles pour écouter que des yeux pour voir. Et cependant, la Parole n’est rien tant qu’elle n’est pas traduite en capacité d’aimer, tant qu’elle n’a pas pris corps. Et elle prend corps dans des comportements et des actions qui deviennent autant de signes de la résurrection. Des « actions parlantes ». On en découvre des traces chaque fois que des hommes et des femmes, à la suite du Christ, deviennent à leur tour des « créatures nouvelles » qui osent s’engager à « renouveler la face de la terre » ou du moins la petite parcelle de leur territoire. Nous sommes conviés, écrivait récemment l’évêque de Tournai, « à découvrir et à ouvrir des chemins de résurrection, à repérer (aussi) les premiers signes de la victoire pascale, comme le don de soi et l’amour désintéressé, le pardon des offenses, la volonté de réconciliation ».
C’est d’ailleurs ainsi que « les apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus », nous disent les Actes. Partage de la Parole et du Pain eucharistique. Partage des services et partage des biens, « pour que personne ne soit dans la misère ». C’est alors que les yeux s’ouvrent et que, sans voir Jésus, on reconnaît qu’il est vivant. Ce n’est pas pour rien que la liturgie fait précéder aujourd’hui l’Evangile d’un flash sur la vie des premières communautés chrétiennes. Un récit certes idéalisé, mais qui indique le chemin à poursuivre et le signe à donner.
« La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi, avaient un seul cœur et une seule âme ». Autrement dit, des hommes et des femmes ordinaires, « quelle que soit leur origine ethnique, religieuse ou sociale, leur culture ou leur fortune », se comportaient en frères et sœurs pour le meilleur et pour le pire. Ils vivaient « en ressuscités ». Avec évidemment des conséquences directes sur la façon de comprendre et d’exercer l’autorité et le pouvoir, par exemple. Une véritable conversion également dans tout ce qui touche à l’usage des biens matériels, à la possession gourmande, à l’idolâtrie de la propriété et des droits acquis.
Il en va de même aujourd’hui. Le Christ ressuscité et sa Bonne Nouvelle seront reconnus à des signes qui ne trompent pas : ceux de chrétiens et de communautés chrétiennes qui « vivent en ressuscités », ici, aujourd’hui, d’une manière crédible et convaincante, par une solidarité effective, une manière de partager et de mettre en commun adaptée aux situations, aux problèmes et aux aspirations d’aujourd’hui. C’est ainsi que la foi se nourrit et se prouve par l’écoute de la Parole et le témoignage des actions « parlantes » de l’agir quotidien.
« Donne-nous envie de croire ! » Tel est le cri qui résume les 1.200 lettres adressées aux évêques de France par des jeunes de 15 à 30 ans. Ils nous disent que, pour eux, la foi est « avant tout une expérience authentique qui ouvre des horizons insoupçonnés. Elle conduit à une transformation intérieure qui change le regard sur les autres, sur le monde… C’est le bonheur à portée de main, dans la trame des relations quotidiennes ».
N’est-ce pas le signe et l’espérance de la naissance d’une société et d’un monde nouveaux ?

« Seigneur, donne-nous envie de croire ! ».

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 – 2008

(1) Xavier Léon-Dufour, p 68 « La Vie », 27.03.1997, n. 2691.

BENOÎT XVI – LES FEMMES AU SERVICE DE L’EVANGILE (2007)

5 avril, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070214.html

imm fdr noli me tangere

Noli me tangere!

NolBENOÎT XVI – LES FEMMES AU SERVICE DE L’EVANGILE (2007)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 14 février 2007

Chers frères et sœurs,

Nous sommes parvenus aujourd’hui au terme de notre parcours parmi les témoins des débuts du christianisme que mentionnent les écrits néo-testamentaires. Et au cours de la dernière étape de ce premier parcours, nous consacrerons notre attention aux nombreuses figures de femmes qui ont accompli un rôle efficace et précieux dans la diffusion de l’Evangile. Leur témoignage ne peut être oublié, conformément à ce que Jésus lui-même dit de la femme qui lui versa de huile sur la tête, peu avant la Passion: « En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé cet Evangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire » (Mt 26, 13; Mc 14, 9). Le Seigneur veut que ces témoins de l’Evangile, ces figures qui ont apporté une contribution afin de faire croître la foi en Lui, soient connues et que leur mémoire soit vivante dans l’Eglise. Sur le plan historique, nous pouvons distinguer le rôle des femmes dans le christianisme des origines, au cours de la vie terrestre de Jésus et au cours des événements de la première génération chrétienne.
Bien sûr, comme nous le savons, Jésus choisit parmi ses disciples douze hommes comme Pères de la nouvelle Israël; il les choisit pour « être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 14-15). Ce fait est évident mais, outre les Douze, piliers de l’Eglise, pères du nouveau Peuple de Dieu, de nombreuses femmes sont également choisies au nombre des disciples. Je n’évoquerai que très brièvement celles qui se trouvent sur le chemin de Jésus lui-même, en commençant par la prophétesse Anne (cf. Lc 2, 36-38) jusqu’à la Samaritaine (cf. Jn 4, 1-39), à la femme syrophénicienne (cf. Mc 7, 24-30), à l’hémorroïsse (cf. Mt 9, 20-22) et à la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Je ne me réfère pas non plus aux protagonistes de certaines paraboles efficaces, par exemple la femme qui fait le pain (Mt 13, 33), la femme qui perd une drachme (Lc 15, 8-10), la veuve qui importune le juge (Lc 18, 1-8). Les femmes qui ont joué un rôle actif dans le cadre de la mission de Jésus sont plus importantes pour notre réflexion. En premier lieu, ma pensée se tourne naturellement vers la Vierge Marie, qui à travers sa foi et son oeuvre maternelle, collabora de façon unique à notre Rédemption, au point qu’Elisabeth put la proclamer « bénie entre les femmes » (Lc 1, 42), en ajoutant « bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). Devenue disciple du Fils, Marie manifesta à Cana une entière confiance en Lui (cf. Jn 2, 5) et le suivit jusque sous la Croix, où elle reçut de Lui une mission maternelle pour tous ses disciples de tout temps, représentés par Jean (cf. Jn 19, 25-27).
Viennent ensuite différentes femmes qui, à titre divers, gravitent autour de la figure de Jésus en ayant des fonctions de responsabilité. Un exemple éloquent est représenté par les femmes qui suivaient Jésus pour l’assister de leurs biens, et dont Luc nous transmet certains noms: Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et « plusieurs autres » (cf. Lc 8, 2-3). Puis, les Evangiles nous informent que les femmes, à la différence des Douze, n’abandonnèrent pas Jésus à l’heure de la Passion (cf. Mt 27, 56.61; Mc 15, 40). Parmi elles ressort en particulier Marie-Madeleine, qui non seulement assista à la Passion, mais fut également la première à témoigner et à annoncer le Ressuscité (cf. 20, 1. 11-18). C’est précisément à Marie de Magdala que saint Thomas d’Aquin réserve le qualificatif particulier d’ »apôtre des apôtres » (apostolorum apostola), lui consacrant ce beau commentaire: « De même qu’une femme avait annoncé au premier homme des paroles de mort, ainsi, une femme annonça en premier aux apôtres des paroles de vie » (Super Ioannem, ed. Cai, 2519).
Dans le domaine de l’Eglise des débuts également, la présence des femmes n’est absolument pas secondaire. Nous n’insistons pas sur les quatre filles non nommées du « diacre » Philippe, résidant à Cesarée Marittime, et toutes dotées, comme nous le dit saint Luc, du « don de prophétie », c’est-à-dire de la faculté d’intervenir publiquement sous l’action de l’Esprit Saint (cf. Ac 21, 9). La brièveté de l’information ne nous permet pas de déductions plus précises. Nous devons plutôt à saint Paul une plus ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Il part du principe fondamental selon lequel pour les baptisés, non seulement « il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre », mais également « il n’y a ni homme ni femme ». La raison est que « tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), c’est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, bien que chacun soit doté de fonctions spécifiques (cf. 1 Co 12, 27-30). L’apôtre admet comme quelque chose de normal que dans la communauté chrétienne, la femme puisse « prophétiser » (1 Co 11, 5), c’est-à-dire se prononcer ouvertement sous l’influence de l’Esprit, du moment que cela soit pour l’édification de la communauté et fait avec dignité. C’est pourquoi la célèbre exhortation suivante, à ce que « les femmes gardent le silence dans les assemblées » (1 Co 14, 34) doit être plutôt relativisée. Nous laissons aux exégètes le problème, très débattu, qui en découle, de la relation apparemment contradictoire, entre la première affirmation – les femmes peuvent prophétiser dans l’assemblée – et la seconde – les femmes ne peuvent pas parler. Ce n’est pas ici qu’il doit être débattu. Mercredi dernier nous avons déjà rencontré la figure de Prisca ou Priscille, femme d’Aquilas, qui dans deux cas, de manière surprenante, est mentionnée avant son mari (cf. Ac 18, 18; Rm 16, 3): l’une et l’autre sont cependant explicitement qualifiés par Paul comme ses sun-ergoús « collaborateurs » (Rm 16, 3).
Certains autres faits ne peuvent pas être négligés. Il faut prendre acte, par exemple, que la brève Lettre à Philémon est en réalité également adressée par Paul à une femme appelée « Apphia » (cf. Ph 2). Des traductions latines et syriaques du texte grec ajoutent à ce nom « Apphia », l’appellation de « soror carissima » (ibid.), et l’on doit dire que dans la communauté de Colosse, celle-ci devait occuper une place importante; quoi qu’il en soit, c’est l’unique femme mentionnée par Paul parmi les destinataires d’une de ses lettres. Ailleurs, l’Apôtre mentionne une certaine « Phébée », qualifiée comme diákonos de l’Eglise de Cencrées, petite ville portuaire située à l’est de Corinthe (cf. Rm 16, 1-2). Bien que le titre, à cette époque, n’ait pas encore de valeur ministérielle spécifique de type hiérarchique, il exprime un véritable exercice de responsabilité de la part de cette femme en faveur de cette communauté chrétienne. Paul recommande de la recevoir cordialement et de l’assister « en toute affaire où elle ait besoin », puis il ajoute: « car elle a pris soin de beaucoup de gens, et de moi aussi ». Dans le même contexte épistolaire, l’Apôtre rappelle avec des accents délicats d’autres noms de femmes: une certaine Marie, puis Tryphène, Tryphose et la « très chère » Persis, en plus de Julie, dont il écrit ouvertement qu’elles se sont « donné beaucoup de peine dans le Seigneur » ou « qui se donnent de la peine dans le Seigneur » (Rm 16, 6.12a.12b.15), soulignant ainsi leur profond engagement ecclésial. Dans l’Eglise de Philippes se distinguèrent ensuite deux femmes appelées « Evodie et Syntykhé » (Ph 4, 2): le rappel que Paul fait de leur concorde réciproque laisse entendre que les deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté.
En somme, l’histoire du christianisme aurait eu un développement bien différent s’il n’y avait pas eu le généreux apport de nombreuses femmes. C’est pourquoi, comme l’écrivit mon cher prédécesseur Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, « L’Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d’elles… L’Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du « génie » féminin apparues au cours de l’histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l’Esprit Saint a doté les femmes dans l’histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine » (n. 31). Comme on le voit, l’éloge concerne les femmes au cours de l’histoire de l’Eglise et il est exprimé au nom de la communauté ecclésiale tout entière. Nous nous unissons nous aussi à cette appréciation en rendant grâce au Seigneur, car Il conduit son Eglise, génération après génération, en s’appuyant indistinctement sur des hommes et des femmes, qui savent faire fructifier leur foi et leur baptême pour le bien du Corps ecclésial tout entier, pour la plus grande gloire de Dieu.

BENOÎT XVI – OCTAVE DE PÂQUES – (2011)

4 avril, 2018

https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110427.html

per fr emmaus-

Emmaus

ùùBENOÎT XVI – OCTAVE DE PÂQUES – (2011)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 27 avril 2011

Chers frères et sœurs,

En ces premiers jours du Temps de Pâques, qui se prolonge jusqu’à la Pentecôte , nous sommes encore emplis de la fraîcheur et de la joie nouvelle que les célébrations liturgiques ont portées dans nos cœurs. Par conséquent, je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous brièvement sur la Pâque , cœur du mystère chrétien. Tout, en effet, part de là: le Christ ressuscité d’entre les morts est le fondement de notre foi. A partir de la Pâque rayonne, comme d’un centre lumineux, incandescent, toute la liturgie de l’Eglise, tirant d’elle son contenu et sa signification. La célébration liturgique de la mort et de la résurrection du Christ n’est pas une simple commémoration de cet événement, mais elle est son actualisation dans le mystère, pour la vie de chaque chrétien et de toute communauté ecclésiale, pour notre vie. En effet, la foi dans le Christ ressuscité transforme l’existence, en opérant en nous une résurrection continuelle, comme l’écrivait saint Paul aux premiers croyants: «Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité» (Ep 5, 8-9).

Comment pouvons-nous alors faire devenir «vie» la Pâque ? Comment toute notre existence intérieure et extérieure peut-elle assumer une «forme» pascale? Nous devons partir de la compréhension authentique de la résurrection de Jésus: un tel événement n’est pas un simple retour à la vie précédente, comme il le fut pour Lazare, pour la fille de Jaïre ou pour le jeune de Naïm, mais c’est quelque chose de complètement nouveau et différent. La résurrection du Christ est l’accès vers une vie non plus soumise à la caducité du temps, une vie plongée dans l’éternité de Dieu. Dans la résurrection de Jésus commence une nouvelle condition du fait d’être hommes, qui éclaire et transforme notre chemin de chaque jour et ouvre un avenir qualitativement différent et nouveau pour toute l’humanité. C’est pourquoi saint Paul non seulement relie de manière inséparable la résurrection des chrétiens à celle de Jésus (cf. 1 Co 15, 16.20), mais il indique également comment on doit vivre le mystère pascal dans le quotidien de notre vie.
Dans la Lettre aux Colossiens, il dit: «Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre» (3, 1-2). A première vue, en lisant ce texte, il pourrait sembler que l’Apôtre entend favoriser le mépris des réalités terrestres, en invitant alors à oublier ce monde de souffrances, d’injustices, de péchés, pour vivre à l’avance dans un paradis céleste. La pensée du «ciel» serait dans ce cas une sorte d’aliénation. Mais pour saisir le véritable sens de ces affirmations pauliniennes, il suffit de ne pas les séparer de leur contexte. L’Apôtre précise très bien ce qu’il entend par «les choses d’en haut», que le chrétien doit rechercher, et «les choses de la terre», dont il doit se garder. Voilà tout d’abord les «choses de la terre» qu’il faut éviter: «Mortifiez donc — écrit saint Paul — vos membres terrestres: fornication, impureté, passion coupable, mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie» (3,5-6). Mortifier en nous le désir insatiable de biens matériels, l’égoïsme, racine de tout péché. Donc, lorsque l’Apôtre invite les chrétiens à se détacher avec décision des «choses de la terre», il veut clairement faire comprendre ce qui appartient au «vieil homme» dont le chrétien doit se dépouiller, pour se revêtir du Christ.
De même qu’il a énoncé clairement les choses sur lesquelles il ne faut pas fixer son cœur, saint Paul nous indique tout aussi clairement quelles sont les «choses d’en haut» que le chrétien doit en revanche rechercher et goûter. Elles concernent ce qui appartient à l’«homme nouveau», qui s’est revêtu du Christ une fois pour toutes dans le baptême, mais qui a toujours besoin de se renouveler «à l’image de son Créateur» (Col 3, 10). Voilà comment l’Apôtre des Nations décrit ces «choses d’en haut»: «Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience; supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement [...] Et puis, par dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection» (Col 3, 12-14). Saint Paul est donc bien loin d’inviter les chrétiens, chacun de nous, à fuir le monde dans lequel Dieu nous a placés. Il est vrai que nous sommes citoyens d’une autre «cité» dans laquelle se trouve notre véritable patrie, mais nous devons parcourir chaque jour sur terre le chemin vers cet objectif. En participant dès à présent à la vie du Christ ressuscité, nous devons vivre en tant qu’hommes nouveaux dans ce monde, au cœur de la cité terrestre.
Et cela est le chemin non seulement pour nous transformer nous-mêmes, mais pour donner à la cité terrestre un visage nouveau qui favorise le développement de l’homme et de la société selon la logique de la solidarité, de la bonté, dans le respect profond de la dignité propre de chacun. L’Apôtre nous rappelle quelles sont les vertus qui doivent accompagner la vie chrétienne; au sommet, il y a la charité, à laquelle toutes les autres sont liées comme à la source et à la matrice. Elle résume et englobe «les choses du ciel»: la charité qui, avec la foi et l’espérance, représente la grande règle de vie du chrétien et en définit la nature profonde.
La Pâque apporte donc la nouveauté d’un passage profond et total d’une vie soumise à l’esclavage du péché à une vie de liberté, animée par l’amour, force qui abat toutes les barrières et construit une nouvelle harmonie dans son cœur et dans le rapport avec les autres et avec les choses. Chaque chrétien, de même que chaque communauté, s’il vit l’expérience de ce passage de résurrection, ne peut manquer d’être un ferment nouveau dans le monde, en se donnant sans réserve pour les causes les plus urgentes et les plus justes, comme le démontrent les témoignages des saints à toute époque et en tout lieu. Les attentes de notre temps sont nombreuses également: nous, chrétiens, en croyant fermement que la résurrection du Christ a renouvelé l’homme sans l’exclure du monde dans lequel il construit son histoire, nous devons être les témoins lumineux de cette vie nouvelle que la Pâque nous a apportée. La Pâque est donc un don à accueillir toujours plus profondément dans la foi, pour pouvoir œuvrer dans toutes les situations, avec la grâce du Christ, selon la logique de Dieu, la logique de l’amour. La lumière de la résurrection du Christ doit pénétrer dans notre monde, doit parvenir comme message de vérité et de vie à tous les hommes à travers notre témoignage quotidien.
Chers amis, Oui, le Christ est vraiment ressuscité! Nous ne pouvons pas garder uniquement pour nous la vie et la joie qu’Il nous a données dans sa Pâque, mais nous devons les donner à ceux que nous approchons. Tel est notre devoir et notre mission: faire renaître dans le cœur du prochain l’espérance là où il y a le désespoir, la joie là où il y a la tristesse, la vie là où il y a la mort. Témoigner chaque jour de la joie du Seigneur ressuscité signifie vivre toujours de «façon pascale» et faire retentir l’annonce joyeuse que le Christ n’est pas une idée ou un souvenir du passé, mais une Personne qui vit avec nous, pour nous et en nous, et avec Lui, pour Lui et en Lui, nous pouvons faire l’univers nouveau (cf. Ap 21, 5).

12345...1169