LECTURES POUR LA FOI ET LA MÉDITATION, HOMÉLIE À LA MESSE DU DIMANCHE ET COMMENTAIRE

22 juin, 2007

 

1520angelico20eucharist.jpg

Je mets le lien vers « EAQ », vous trouverez les lectures du jour, le commentaire à la lecture et, si vous le souhaitez, vous pouvez parcourir et lire la lecture des journaux précédant et suivant celle de la journée en cours, c’est le site «Evangile au Quotidien  » que vous connaissez déjà bien:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

  motherofgod.jpg

new21.gif

SUR  LES ANGES LIEN À UN BEAUX SITE:

SPIRITUALITE CHRETIENNE -ANGES GARDIEN

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/news-512.html

PENTECOTE 2009

LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS


Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13

30 mai, 2007

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Saint Paul, Première êpitre aux Corinthiens, 13,1-13 dans Pape Benoit

image du site:

http://santiebeati.it/index.html

paolo1.jpg

J’AI OUVERT EN ITALIEN UN BLOG SUR SAINT PAUL, EN FRANÇAIS NE SERAIS PAS CAPABLE DE LE FAIRE,  JE METS LA CATÉGORIE DE SAINT PAUL SUR CE BLOG ET TOUT CE QUE JE PEUX METTRE EN FRANÇAIS JE LE METS, NE PEUX PAS RÉCUPÉRER LES ÉCRITS SUR SAINT PAUL LORSQUE J’AI OUVERT CE BLOG, JE COMMENCE D’AUJOURD’HUI:

http://gabriellaroma.unblog.fr/tag/saint-paul/

sanpaolo.jpg 

BASILIQUE SAINT PAUL HORS LES MURS, À ROME

Année Paulinienne

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id=1&lang=fra

LA CONVERSION DE SAINT PAUL – HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI (2009)

23 janvier, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2009/documents/hf_ben-xvi_hom_20090125_week-prayer.html

per la mia - Copia

Sain Paul et Jesus

CÉLÉBRATION DES SECONDES VÊPRES DE LA SOLENNITÉ DE LA CONVERSION DE SAINT PAUL
POUR CONCLURE LA SEMAINE DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs

Dimanche 25 janvier 2009

Chers frères et sœurs,

C’est à chaque fois une grande joie de nous retrouver auprès du sépulcre de l’apôtre Paul, en la mémoire liturgique de sa Conversion, pour conclure la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Je vous salue tous avec affection. Je salue de manière particulière le cardinal Cordero Lanza di Montezemolo, l’abbé et la communauté des moines qui nous accueillent. Je salue également le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Avec lui, je salue les cardinaux présents, les évêques et les pasteurs des différentes Eglises et communautés ecclésiales, réunis ici ce soir. Une parole de reconnaissance spéciale va à ceux qui ont collaboré à la préparation des documents pour la prière, en vivant en première personne l’exercice de la réflexion et de la confrontation dans l’écoute les uns des autres et, tous ensemble, de la Parole de Dieu.
La conversion de saint Paul nous offre le modèle et nous indique la voie pour aller vers la pleine unité. L’unité demande en effet une conversion: de la division à la communion, de l’unité blessée à l’unité rétablie et pleine. Cette conversion est un don du Christ ressuscité, comme cela eut lieu pour saint Paul. Nous l’avons entendu dans les paroles mêmes de l’apôtre, dans la lecture qui vient d’être proclamée: « Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu » (1 Co 15, 10). Le Seigneur, le même qui appela Saul sur le chemin de Damas, s’adresse aux membres de son Eglise – qui est une et sainte – et, appelant chacun par son nom, il demande: pourquoi m’as-tu divisé? Pourquoi as-tu blessé l’unité de mon corps? La conversion implique deux dimensions. A la première étape, on identifie et on reconnaît les fautes à la lumière du Christ, et cette reconnaissance devient douleur et repentir, désir d’un nouveau début. A la deuxième étape, on reconnaît que ce nouveau chemin ne peut pas venir de nous-mêmes. Il consiste à se laisser saisir par le Christ. Comme le dit saint Paul: « …je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ » (Ph 3, 12). La conversion exige notre oui, notre « course »; ce n’est pas, en dernière analyse, une activité personnelle, mais un don, le fait de se laisser former par le Christ; elle est mort et résurrection. C’est pourquoi saint Paul ne dit pas: « Je me suis converti », mais il dit: « j’ai cessé de vivre » (Ga 2, 19), je suis une nouvelle créature. En réalité, la conversion de saint Paul ne fut pas un passage de l’immoralité à la moralité, d’une foi erronée à une foi correcte, mais elle fut le fait d’être conquis par l’amour du Christ: le renoncement à sa propre perfection, elle fut l’humilité de celui qui se met sans réserve au service du Christ pour ses frères. Et ce n’est que dans ce renoncement à nous-mêmes, dans cette conformité au Christ que nous sommes unis également entre nous, que nous devenons « un » dans le Christ. C’est la communion avec le Christ ressuscité qui nous donne l’unité.
Nous pouvons observer une analogie intéressante avec la dynamique de la conversion de saint Paul, également en méditant sur le texte biblique du prophète Ezéchiel (37, 15-28) choisi cette année comme base de notre prière. Dans celui-ci, en effet, est présenté le geste symbolique des deux morceaux de bois réunis en un seul dans la main du prophète, qui par ce geste représente l’action future de Dieu. C’est la deuxième partie du chapitre 37, qui dans la première partie contient la célèbre vision des os desséchés et de la résurrection d’Israël, effectuée par l’Esprit de Dieu. Comment ne pas remarquer que le signe prophétique de la réunification du peuple d’Israël est placé après le grand symbole des os desséchés vivifiés par l’Esprit? Il en découle un schéma théologique semblable à celui de la conversion de saint Paul: à la première place se trouve la puissance de Dieu qui, avec son Esprit, accomplit la résurrection comme une nouvelle création. Ce Dieu, qui est le Créateur et qui est en mesure de ressusciter les morts, est également capable de reconduire à l’unité le peuple divisé en deux. Paul – comme Ezéchiel et plus que lui – devient un instrument élu de la prédication de l’unité conquise par Jésus à travers la croix et la résurrection: l’unité entre les juifs et les païens, pour former un seul peuple nouveau. La résurrection du Christ étend le périmètre de l’unité: non seulement l’unité des tribus d’Israël, mais l’unité des juifs et des païens (cf. Ep 2; Jn 10, 16); l’unification de l’humanité dispersée par le péché et encore plus l’unité de tous les croyants dans le Christ.
Nous devons le choix de ce passage du prophète Ezéchiel à nos frères de Corée, qui se sont sentis profondément interpellés par cette page biblique, aussi bien en tant que Coréens, qu’en tant que chrétiens. Dans la division du peuple juif en deux royaumes, ils se sont reflétés comme des fils d’une unique terre, que les événements politiques ont séparés, une partie au nord et une partie au sud. Et leur expérience humaine les a aidés à mieux comprendre le drame de la division entre chrétiens. A présent, à la lumière de cette Parole de Dieu que nos frères coréens ont choisie et proposée à tous, apparaît une vérité pleine d’espérance: Dieu promet à son peuple une nouvelle unité, qui doit être signe et instrument de réconciliation et de paix, également au niveau historique, pour toutes les nations. L’unité que Dieu donne à son Eglise, et pour laquelle nous prions, est naturellement la communion au sens spirituel, dans la foi et dans la charité; mais nous savons que cette unité dans le Christ est un ferment de fraternité également sur le plan social, dans les relations entre les nations et pour toute la famille humaine. C’est le levain du Royaume de Dieu qui fait croître toute la pâte (cf. Mt 13, 33). Dans ce sens, la prière que nous élevons en ces jours, qui se réfère au prophète Ezéchiel, s’est également faite intercession pour les différentes situations de conflit qui à l’heure actuelle frappent l’humanité. Là où les paroles humaines deviennent impuissantes, car domine le fracas tragique de la violence et des armes, la force prophétique de la Parole de Dieu est présente et nous répète que la paix est possible, et que nous devons être des instruments de réconciliation et de paix. C’est pourquoi notre prière pour l’unité et pour la paix demande toujours d’être soutenue par des gestes courageux de réconciliation entre nous chrétiens. Je pense encore à la Terre Sainte: combien il est important que les fidèles qui vivent là, ainsi que les pèlerins qui s’y rendent, offrent à tous le témoignage que la diversité des rites et des traditions ne devrait pas constituer un obstacle au respect mutuel et à la charité fraternelle. Dans les diversités légitimes de positions, nous devons chercher l’unité dans la foi, dans notre « oui » fondamental au Christ et à son unique Eglise. Et ainsi, les différences ne seront plus un obstacle qui nous sépare, mais une richesse dans la multiplicité des expressions de la foi commune.
Je voudrais conclure ma réflexion en faisant référence à un événement que les plus âgés parmi nous n’ont certainement pas oublié. Le 25 janvier 1959, il y a exactement cinquante ans, le bienheureux Pape Jean xxiii manifesta pour la première fois en ce lieu sa volonté de convoquer « un concile œcuménique pour l’Eglise universelle » (AAS li [1959], p. 68). Il fit cette annonce aux Pères cardinaux, dans la Salle du chapitre du monastère de Saint-Paul, après avoir célébré la messe solennelle dans la basilique. De cette décision providentielle, suggérée à mon vénéré prédécesseur, selon sa ferme conviction, par l’Esprit Saint, a également dérivé une contribution fondamentale à l’œcuménisme, synthétisée dans le Décret Unitatis redintegratio. Dans celui-ci, entre autres, on lit: « Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure. En effet, c’est du renouveau de l’âme (cf. Ep 4, 23), du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l’unité » (n. 7). L’attitude de conversion intérieure dans le Christ, de renouveau spirituel, de charité accrue envers les autres chrétiens a donné lieu à une nouvelle situation dans les relations œcuméniques. Les fruits des dialogues théologiques, avec leurs convergences et avec l’identification plus précise des divergences qui demeurent encore, incitent à poursuivre courageusement dans deux directions: dans l’accueil de ce qui a été positivement atteint et dans un engagement renouvelé vers l’avenir. De façon opportune, le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, que je remercie pour le service qu’il rend à la cause de l’unité pour tous les disciples du Seigneur, a récemment réfléchi sur l’accueil et sur l’avenir du dialogue œcuménique. Cette réflexion, si elle souhaite d’une part valoriser à juste titre ce qui a été acquis, entend de l’autre trouver de nouvelles voies pour la poursuite des relations entre les Eglises et les communautés ecclésiales dans le contexte actuel. L’horizon de la pleine unité reste ouvert devant nous. Il s’agit d’une tâche ardue, mais enthousiasmante pour les chrétiens qui veulent vivre en harmonie avec la prière du Seigneur: « Que tous soient un, pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Le Concile nous a exposé que « ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Eglise du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines » (UR, n. 24). Confiants dans la prière du Seigneur Jésus Christ, et encouragés par les pas significatifs accomplis par le mouvement œcuménique, nous invoquons avec foi l’Esprit Saint, pour qu’il continue à illuminer et à guider notre chemin. Que, du ciel, l’apôtre Paul nous encourage et nous assiste, lui qui s’est tant dépensé et a tant souffert pour l’unité du corps mystique du Christ; que nous accompagne et nous soutienne la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’unité de l’Eglise.

 

PAPE FRANÇOIS – ISAÏE 40, 1-2.3-5

22 janvier, 2018

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2016/documents/papa-francesco_20161207_udienza-generale.html

Marc-Chagall-Tree-of-Jesse

Chagall l’Arbre de Jesse

PAPE FRANÇOIS – ISAÏE 40, 1-2.3-5

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi, 7 décembre 2016

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses sur le thème de l’espérance chrétienne. C’est très important, parce que l’espérance ne déçoit pas. L’optimisme déçoit, l’espérance non! Nous en avons tant besoin, en ces temps qui paraissent obscurs, dans lesquels nous sommes parfois égarés devant le mal et la violence qui nous entourent, devant la douleur de tant de nos frères. Il faut de l’espérance! Nous nous sentons égarés et même un peu découragés, parce que nous sommes impuissants et il nous semble que cette obscurité ne finira jamais.
Mais il ne faut pas laisser l’espérance nous abandonner, parce que Dieu, avec son amour, marche avec nous. « J’espère, parce que Dieu est à mes côtés » : cela, nous pouvons tous le dire. Chacun de nous peut dire : « J’espère, j’ai de l’espérance, parce que Dieu marche à mes côtés ». Il marche et me tient par la main. Dieu ne nous laisse pas seuls. Le Seigneur Jésus a vaincu le mal et nous a ouvert la voix de la vie.
C’est pourquoi, en particulier en ce temps de l’Avent, qui est le temps de l’attente, au cours duquel nous nous préparons à accueillir une fois de plus le mystère réconfortant de l’Incarnation et la lumière de Noël, il est important de réfléchir sur l’espérance. Laissons le Seigneur nous enseigner ce que signifie espérer. Ecoutons donc les paroles de l’Ecriture Sainte, en commençant par le prophète Isaïe, le grand prophète de l’Avent, le grand messager de l’espérance.
Dans la deuxième partie de son livre, Isaïe s’adresse au peuple avec une annonce de consolation :

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu,
Parlez au cœur de Jérusalem
et criez-lui que son service est accompli,
que sa faute est expiée [...] ».
Une voix crie :
« Dans le désert, frayez le chemin de Yahvé ;
dans la steppe, aplanissez une route pour notre Dieu.
Que toute vallée soit comblée,
toute montagne et toute colline abaissées,
que les lieux accidentés se changent en plaine
et les escarpements en large vallée ;
alors la gloire de Yahvé se révélera
et toute chair, d’un coup, la verra,
car la bouche de Yahvé a parlé » (40, 1-2.3-5).

Dieu le Père console en suscitant des consolateurs, auxquels il demande de réconforter le peuple, ses fils, en annonçant que leur épreuve est terminée, que leur douleur est finie et que leur péché a été pardonné. C’est cela qui guérit le cœur affligé et effrayé. C’est pourquoi le prophète demande de préparer la voie au Seigneur, en s’ouvrant à ses dons et à son salut.
La consolation, pour le peuple, commence avec la possibilité de marcher sur la voie de Dieu, une voie nouvelle, rendue droite et pouvant être parcourue, une voie à préparer dans le désert, afin de pouvoir le traverser et de revenir dans sa patrie. Parce que le peuple auquel le prophète s’adresse vivait la tragédie de l’exil à Babylone, et à présent, en revanche, il s’entend dire qu’il pourra retourner sur sa terre, à travers une route rendue commode et large, sans vallée ni montagne qui rendent le chemin fatigant, une route aplanie dans le désert. Préparer cette route veut donc dire préparer un chemin de salut et de libération de tout obstacle et empêchement.
L’exil avait été un moment dramatique dans l’histoire d’Israël, quand le peuple avait tout perdu. Le peuple avait perdu sa patrie, sa liberté, sa dignité, et aussi sa confiance en Dieu. Il se sentait abandonné et sans espérance. Au contraire, voici l’appel du prophète qui rouvre le cœur à la foi. Le désert est un lieu dans lequel il est difficile de vivre, mais c’est précisément là que l’on pourra à présent marcher pour retourner non seulement dans sa patrie, mais revenir à Dieu, et recommencer à espérer et à sourire. Quand nous sommes dans l’obscurité, dans les difficultés, nous n’avons pas envie de sourire, et c’est précisément l’espérance qui nous enseigne à sourire pour trouver cette route qui conduit à Dieu. L’une des premières choses qui arrivent aux personnes qui se détachent de Dieu est que ce sont des personnes sans sourire. Peut-être sont-elles capables d’éclats de rire, elles en font l’un après l’autre, une blague, un éclat de rire… Mais il manque le sourire! Seule l’espérance donne le sourire : c’est le sourire de l’espérance de trouver Dieu.
La vie est souvent un désert, il est difficile de marcher dans la vie, mais si nous nous confions à Dieu, elle peut devenir belle et large comme une autoroute. Il suffit de ne jamais perdre l’espérance, il suffit de continuer à croire, toujours, malgré tout. Quand nous trouvons devant un enfant, peut-être pouvons-nous avoir beaucoup de problèmes et de difficultés, mais nous avons en nous le sourire, parce que nous sommes face à l’espérance : un enfant est une espérance! Et ainsi, nous devons savoir voir dans la vie le chemin de l’espérance qui nous conduit à trouver Dieu, Dieu qui s’est fait Enfant pour nous. Et cela nous fera sourire, cela nous donnera tout!
Ces paroles d’Isaïe sont ensuite précisément utilisées par Jean-Baptiste dans sa prédication qui invitait à la conversion. Il disait : « Voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Mt 3, 3). C’est une voix qui crie là où il semble que personne ne puisse écouter — mais qui peut écouter dans le désert? —, qui crie dans l’égarement dû à la crise de la foi. Nous ne pouvons pas nier que le monde d’aujourd’hui vit une crise de la foi. On dit : « Je crois en Dieu, je suis chrétien » — « Je suis de cette religion… ». Mais ta vie est bien loin d’être chrétienne ; elle est bien loin de Dieu! La religion, la foi, est tombée dans une expression : « Est-ce que je crois? » — « Oui! ». Mais ici, il s’agit de revenir à Dieu, de convertir le cœur à Dieu et d’aller sur cette route pour le trouver. Il nous attend. Telle est la prédication de Jean-Baptiste : préparer. Préparer la rencontre avec cet Enfant qui nous redonnera le sourire. Quand Jean-Baptiste annonce la venue de Jésus, c’est comme si les Israélites étaient encore en exil, parce qu’ils sont sous la domination romaine, qui les rend étrangers dans leur propre patrie, gouvernés par des occupants puissants qui décident de leurs vies. Mais la véritable histoire n’est pas celle faite par les puissants, mais celle faite par Dieu avec ses petits. La véritable histoire — celle qui restera pour l’éternité — est celle qu’écrit Dieu avec ses petits : Dieu avec Marie, Dieu avec Jésus, Dieu avec Joseph, Dieu avec les petits. Ces petits et simples que nous trouvons autour de Jésus qui naît : Zacharie et Elisabeth, âgés et frappés par la stérilité, Marie, jeune fille vierge promise en mariage à Joseph, les pasteurs, qui étaient méprisés et qui ne comptaient pas. Ce sont les petits, rendus grands par leur foi, les petits qui savent continuer à espérer. Et l’espérance est la vertu des petits. Les grands, les satisfaits, ne connaissent pas l’espérance ; ils ne savent pas ce que c’est.
Ce sont eux, les petits avec Dieu, avec Jésus, qui transforment le désert de l’exil, de la solitude désespérée, de la souffrance, en une route aplanie sur laquelle marcher pour aller à la rencontre de la gloire du Seigneur. Et nous venons au fait : laissons-nous enseigner l’espérance. Attendons avec confiance la venue du Seigneur, et quel que soit le désert de nos vies — chacun sait dans quel désert il marche — il deviendra un jardin fleuri. L’espérance ne déçoit pas!
Frères et sœurs, nous commençons une nouvelle série de catéchèses sur le thème de l’espérance chrétienne. En ce temps de l’Avent, temps de l’attente, il est particulièrement important de réfléchir sur l’espérance. Dans son Livre, le prophète Isaïe adresse au peuple une annonce de consolation : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». Dieu le Père console en suscitant des consolateurs à qui il demande d’encourager le peuple. Pour cela le prophète invite à préparer le chemin du Seigneur, en s’ouvrant à ses dons de salut. La consolation commence par la possibilité de marcher sur le chemin de Dieu, un chemin à préparer dans le désert pour pouvoir retourner chez soi, un chemin de salut et de libération. Le désert est un lieu où il est difficile de vivre, mais on peut y marcher non seulement pour revenir chez soi, mais pour revenir à Dieu, espérer et sourire. La vie est souvent un désert, mais si nous nous confions à Dieu, elle peut devenir une autoroute belle et large. Il suffit de ne jamais perdre l’espérance, de continuer à croire, toujours, malgré tout. Et, comme nous le montrent ceux qui entourent Jésus à sa naissance, ce sont les petits, rendus grands par leur foi, qui savent continuer à espérer. Laissons-nous donc enseigner l’espérance, attendons avec confiance la venue du Seigneur et quel que soit le désert de nos vies, il deviendra un jardin florissant.
Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le collège Saint-Régis Saint-Michel, du Puy-en-Velay, et les membres du « service d’optimisation des homélies ». A la veille de la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, demandons-lui de nous aider à marcher dans l’espérance à la rencontre de son Fils et à accueillir avec joie sa venue. Que Dieu vous bénisse!

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE ORDINAIRE B

19 janvier, 2018

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

pens e  fr Vocazione-apostoli-Pietro-e-Andrea- - Copia

Marc 1,14-20

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE ORDINAIRE B

Jon 3, 1-5, 10 ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

Savez-vous que l’Irak correspond grosso modo à la Mésopotamie des temps bibliques. Au nord, à une centaine de kilomètres de la frontière turque, la grande ville de Mossoul est bâtie sur la rive droite du Tigre. De l’autre côté du fleuve, se trouve la ville de Ninive, qui a gardé très longtemps le titre de capitale des païens, que lui avait donné le peuple d’Israël.
C’est d’elle dont parle le livre de Jonas, qui nous raconte, non pas un combat du genre « tempête du désert », mais un combat missionnaire et spirituel, dont l’enseignement est d’une étonnante actualité. Il peut illustrer non seulement l’évangile d’aujourd’hui, mais aussi s’inscrire dans le cadre de la Semaine de prière pour l’Unité, en y ajoutant le dialogue interreligieux.
Le message de la liturgie de ce jour peut se résumer dans les trois invitations de Jésus : Convertissez-vous… Croyez à la Bonne Nouvelle… Venez derrière moi. Autrement dit : La Parole de Dieu annonce, mobilise et envoie. Elle nous fait changer de conduite. Elle nous réoriente constamment vers les seuls biens véritables et essentiels. Elle guérit aussi, et même ressuscite.
Malheureusement, on considère encore très souvent que l’appel des premiers disciples ne concerne que l’appel à la vocation sacerdotale ou religieuse. Dès lors, on pousse un soupir de soulagement… Ce n’est pas à nous que ce discours s’adresse. Or, c’est oublier que nous avons tous et chacun à être et constamment à devenir vraiment des disciples, des apôtres. Tout chrétien est appelé, non pas à applaudir le Christ, mais à l’écouter, le suivre et l’imiter. Non pas seulement à proclamer ou chanter sa foi en lui, son credo, mais devenir comme lui annonceur et témoin de l’Evangile. La simple appartenance n’est donc qu’une fausse assurance. Une fausse sécurité. Une illusion.
La première lecture nous a précisément montré à la fois le danger pour les croyants de sombrer dans la torpeur et la sécurité des certitudes et de l’efficacité des rites. Et par le fait même, la nécessité de se laisser constamment réveiller par l’appel à la conversion. Non pas seulement la conversion des mœurs, mais la conversion des idées, des croyances, des jugements.
L’histoire de Jonas est comparable à une fable de La Fontaine ou à une parabole du Nouveau Testament. Il ne s’agit pas d’une histoire vraie, mais d’un récit didactique sous une forme humoristique. Ce qui permet d’offrir un enseignement très important sans heurter les auditeurs directement concernés.
Jonas représente le peuple des croyants. Mais des croyants qui se prennent un peu pour des enfants uniques. Leur Dieu est à eux seuls. Ils sont donc fiers de leur privilège, rassurés d’être du bon côté de la barrière. Intimement persuadés d’être possesseurs de la vérité tout entière sur Dieu et sur toute chose. Comme si Dieu était prisonnier des idées que l’on se fait de lui !
C’est donc un Dieu qui est bien de leur côté, sur lequel ils peuvent toujours compter. Un Dieu qui pardonne. Par contre, il punit sévèrement et impitoyablement les païens quand il s’agit de rendre justice au peuple des croyants.
… C’est ainsi que Jonas est envoyé à Ninive, capitale de l’empire assyrien, c’est-à-dire des païens. Sa mission ? Annoncer aux habitants la malédiction de Dieu et leur prochain châtiment. Jonas se sent donc investi d’une mission de jugement et de condamnation contre tous ceux et celles qui ne pensent pas comme lui. Il est parfaitement sûr de sa théologie.
Or, dit la parabole, tout se déroule à l’envers. Les Ninivites vont se convertir, proclamer leur foi en Dieu qui lui, au lieu d’anéantir les ennemis d’Israël, va leur pardonner. Ce qui n’était pas prévu. D’où le dépit de Jonas :  » Il fut très contrarié et se mit en colère « , jusqu’à vouloir souhaiter la mort.
Le Dieu auquel il avait cru jusqu’ici était nationaliste et revanchard. En fait, il l’avait définitivement enfermé dans une définition à la mesure étroite de sa petite intelligence. Or, voici que Dieu se présente à lui comme tout autre. Non pas comme protecteur et vengeur de son peuple, un peuple élu, mais bien comme un père appelant tous ses enfants à la conversion et au repentir. Il met son pardon à la disposition de tous, sans exception. C’est la fin des privilèges. Et voilà que ces païens maudits se convertissent au premier appel, puis donnés en exemple aux croyants qui, eux, sont prisonniers de leur bonne conscience et particulièrement lents à vouloir se convertir.
Je vous conseille vivement de lire cette histoire en entier. Il n’y a que deux ou trois pages. Vous y verrez que tous les mécréants sont sympathiques : les marins païens du naufrage, le roi et les habitants de Ninive, et même les animaux, du ver de terre à la baleine.
Par contre, le seul croyant qui est mis en scène, et qui, de surcroît, est un prophète, est accablé de reproches, mais non sans humour. Ainsi, Yahwé-Dieu va jouer quelques bons tours à ce prédicateur désobéissant et rebelle, pour lui faire adopter une théologie plus ouverte. Il faudra également qu’il cesse de croire que les meilleurs disciples du Seigneur sont nécessairement ceux qui pensent comme lui.
Mine de rien, cette fable constitue un sommet de l’enseignement biblique. Jusque-là, en effet, la communauté des croyants était tentée de s’enfermer sur elle-même. Ce tout petit livre l’invite, au contraire, à un « œcuménisme », ou plutôt à un universalisme extraordinairement ouvert. Et qui appelle à une rude conversion.
Que ceux et celles qui ont des oreilles pour entendre, entendent, ajouterait Jésus. Moralité : c’est magnifique de servir Dieu à condition de ne pas le réduire à l’idée que l’on se fait de lui.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

L’ADORATION (site Juif)

16 janvier, 2018

https://el-bethel.fr/etudes/ladoration/

Salterio-Diaz-Garlon-dettaglio-David - Copia

Salterio-Diaz-Garlon-dettaglio-David

L’ADORATION.

(site Juif)

Introduction.
Je souhaiterais parler de l’adoration et de la louange parce que, bien souvent en tempsMessianiques, nous pouvons passer à côté de quelque chose de glorieux, de beau. L’Eglise peut aussi passer à côté de quelque chose de glorieux en ne comprenant pas exactement ce que Dieu demande par rapport à la louange, par rapport à l’adoration. Effectivement, il y a une grande part de grâce et de bénédiction qui s’attache à la louange, à l’adoration. Par compte nous pouvons passer à côté parce que nous n’en avons pas compris vraiment la profondeur, le sens, l’utilité aux yeux de Dieu.
Adorer le Dieu de son cœur.
Quand Satan s’est approché de Yeshoua pour lui demander de l’adorer, de se prosterner devant lui, Yeshoua a répondu a Satan : « Va-t’en, Satan! Car l’Ecriture déclare: Adore le Seigneur ton D.ieu et ne rends de culte qu’à lui seul. » Sachez que c’est un commandement dans la Bible : « Tu adoreras le Seigneur ton D.ieu » est plus qu’une simple parole ; cela a été placé comme un commandement à l’intérieur de la parole de Dieu. Cela n’a pas été placé comme une possibilité de vie pour le Croyant, comme quelque chose que l’on peut faire ou que l’on peut ne pas faire.

La vie de prière.
Nous sommes tous conscients que nous avons besoin de prier. C’est vrai que c’est une chose importante, et tous les Croyants en sont conscients, que la victoire s’attache à la prière. Un Croyant qui n’a pas une vie de prière, qui n’est pas convaincu dans la prière, qui ne passe pas du temps au près de son D.ieu, aura quelque part quelque chose de bancale. A certains moments dans les épreuves, les difficultés, les soucis, ou face à la tentation, s’il n’a pas développé cette vie de prière, il aura du mal, il aura des difficultés. Et bien souvent s’il n’avance pas, c’est parce que il a stoppé sa vie de prière. De cela nous sommes tous conscients.

L’adorer pour ce qu’Il est.
Mais la louange donne beaucoup d’attention à une autre forme de prière qui est l’adoration que l’on passe au près de son D.ieu. Vous savez, lorsque nous nous présentons devant D.ieu, il est bien de le servir, de faire sa volonté, ce sont des choses importantes, mais il faut aussi l’adorer pour ce qu’Il est. Le nom de D.ieu a quelque chose de merveilleux, c’est qu’en fait le nom de D.ieu en Lui-même ne peut que nous pousser à l’adoration. Quand Moïse s’est retrouvé devant l’Eternel, et qu’il lui a demandé « Comment t’appelles-tu ? » D.ieu dans son nom même pousse à l’adorer. Il répond : « Je suis Celui qui suis« . Cela veut dire qu’Il a donné un nom que l’on ne peut pas définir, quelque chose qui dépasse l’intelligence humaine, que l’on ne peut pas mettre dans une boite. On peut toujours donner une définition à D.ieu, essayer de donner des termes qui correspondent à sa personnalité, à ses attributs, qui essaient de le décrire. Mais le nom de D.ieu Lui-même, le nom que D.ieu a révélé aux hommes est un nom qui dépassera toutes les définitions que l’on pourra donner, toutes les possibilités, les aspects de sa personnalité que l’on pourra donner. Je ne dis pas que ces définitions, ces aspects, ces attributs sont faux, mais D.ieu est toujours plus grand, toujours plus loin que ce que nous, en temps qu’hommes, pouvons tenter de définir. C’est pour cela que le nom qu’Il a donné Lui-même à Moïse, c’est un nom qui ne le définit pas à une capacité ou une dimension humaine, à un regard humain. Le nom même de D.ieu va plus loin que la dimension des hommes.

Nous abandonner à D.ieu.
Pour cette raison, nous comprenons qu’à certains moments, nous avons besoin de nous abandonner à D.ieu, nous abandonner complètement en la présence de D.ieu. En fait, l’adoration est un moment où nous nous abandonnons dans la présence de D.ieu, c’est un moment où j’allais dire, nous pouvons nous lâcher complètement dans la présence de D.ieu. Yeshoua pouvait dire dans Jean au chapitre 4 au verset 23 :
« Mais le moment vient, et il est même déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en étant guidés par son Esprit et selon sa vérité; car tels sont les adorateurs que veut le Père. »

Il y a dans les paroles même de Yeshoua une volonté d’adoration. Il dit que le Père demande des adorateurs. Bien sûr, pour cela nous avons besoin d’être sauvé: le Père demande des adorateurs. Je crois que nous avons besoin dans notre vie, notre marche, notre position chrétienne de saisir cela, de comprendre cela, de nous en accaparer.

Soyez saints comme je suis Saint.
D.ieu demande des adorateurs. C’est-à-dire qu’Il veut que nous soyons dans une vie de sainteté, de sanctification. Il a dit « Soyez saints comme Je suis saint« , tout en faisant des prières et en tout temps, c’est la volonté de D.ieu, mais il est aussi très clairement écrit qu’Il veut que les Croyants soient des adorateurs.

Chacun sa façon.
Alors, bien sûr ce qui compte n’est pas la forme que nous donnons à l’adoration. J’allais dire qu’il n’y a pas une technique. Suivant les gens, suivant les personnalités, ce que nous sommes, ce que nous aimons, et là je parle de choses purement humaines, nous avons tous des goûts différents, cela se retrouve dans l’adoration. C’est pour cela que nous ne pouvons pas donner une technique en disant que pour adorer il faut faire comme cela plutôt qu’autrement. On ne peut pas non plus placer une certaine méthode parce que en fonction des personnalités des gens cela ne s’appliquera pas forcément. Par contre, il y a quand même une réalité qui doit être la même pour tous : l’adoration est un moment où nous sommes dans la présence de D.ieu, où nous pouvons nous abandonner complètement dans cette présence. La seule réalité qui compte est d’être là avec son D.ieu, et de ne rien attendre de particulier. Il est vrai que lorsque nous prions, nous sommes là aussi avec D.ieu. Yeshoua dit, « enferme toi dans ta chambre, et ton Père qui voit dans le secret, qui est là dans le lieu secret« .., mais dans la relation de prière que nous avons avec D.ieu, c’est une relation où, quelque part, nous attendons quelque chose de D.ieu. C’est légitime, je ne suis pas en train de vous en faire grief, la Bible le dit, nous avons des tas de besoins dans nos vies, des tas de choses qui ont besoin d’être comblées, et il est légitime de nous retrouver dans la prière et de les demander à D.ieu. L’adoration ou la louange, c’est un moment où l’on ne demande pas, on ne cherche pas à recevoir quelque chose de particulier hormis la présence de D.ieu, hormis d’entrer dans l’intimité de l’Eternel, dans Sa présence. Et, en fait, ce que l’on désire dans ces moments-là, c’est, quelque part, se sentir rempli de Sa présence, de se sentir aimer de D.ieu. Ceci est une chose importante, à certains moments nous en avons besoin. La Bible dit que nous sommes devenus le Temple de l’Esprit.

Besoin de marcher dans la sainteté.
Il y a une réalité si nous voulons entrer dans la louange. Nous avons besoin d’être saints. Nous avons besoin de marcher dans la sainteté. Je crois qu’il est impossible d’entrer dans l’adoration et la louange si nous conservons dans nos vies volontairement des choses que D.ieu condamne. Le péché fait souffrir le cœur de Dieu.
Je ne dis absolument pas que nous pouvons perdre notre salut, mais je pense qu’il est bon de nous rappeler que nous pouvons briser quelque part cette relation que nous avons avec D.ieu, parce que le péché fait souffrir le cœur de Dieu.
Si Yeshoua dit qu’Il demande maintenant des adorateurs en esprit et en vérité, c’est que nous avons besoin d’avoir des cœurs remplis de ce que D.ieu veut faire de nous. La Bible nous parle des fruits de l’Esprit, de la bonté, de l’amour, la patience, la joie, ce sont ces choses-là doivent être dans l’adoration. lorsque nous marchons dans la volonté du Seigneur, nous avons cette joie dans nos cœurs. Et quand nous avons cette joie nous pouvons pénétrer dans la présence de l’Eternel. Et plus nous pénétrons dans la présence de l’Eternel, plus cette joie s’intensifie en nous. C’est une cause à effet réelle.

Nous n’adorons pas par incompréhension.
Cœurs transformés et discernement.
Alors, D.ieu cherche des adorateurs. Pourquoi ? Parce que lorsque nous adorons, c’est un moment où nous vivons D.ieu. Nous, nous ne demandons rien, mais c’est le moment où nous recevons le plus. Le Seigneur, ouvre la porte ». Il va commencer à transformer nos cœurs, à transformer nos vies.

Simplicité, détachement, et silence dans le cœur. S’oublier.
Il y a un verset dans les psaumes, le psaume 92 :
« 1 ¶. Chant pour le jour du sabbat. (92-2) Comme on fait bien de te louer, Seigneur, et de te célébrer en chantant, Dieu très-haut!
2 (92-3) d’annoncer dès le matin ta bonté, et pendant la nuit ta fidélité,
3 (92-4) au son du luth et de la harpe, aux accords de la lyre!
4 (92-5) Ce que tu as fait, Seigneur, m’a réjoui, je crie ma joie pour ce que tu as réalisé.
5 (92-6) Seigneur, que tes actions sont grandioses et tes pensées profondes!
6 (92-7) Le sot ne s’en rend pas compte, l’idiot n’y comprend rien. »

Il y a un moment où nous avons besoin de nous arrêter devant D.ieu, de se mettre à genou, de nous oublier nous-mêmes pour pouvoir porter les problèmes des autres. La Bible nous dit que quand David est en train de louer l’Eternel, ce qui l’intéresse est l’œuvre, la beauté, les grâces de l’Eternel. Il est bon de louer l’Eternel et de célébrer son nom. David, à certains moments, savait s’arrêter. Il savait mettre de côté son existence, son quotidien et s’arrêter dans la présence de D.ieu. Il y a un moment où l’on doit savoir s’arrêter, ne plus penser à soi, oublier nos propres soucis, nos fardeaux pour pouvoir uniquement penser à Dieu. contempler la beauté, la gloire de l’Eternel.

Nous pouvons lire dans Actes, au chapitre 2:
« 42 ¶ Tous s’appliquaient fidèlement à écouter l’enseignement que donnaient les apôtres, à vivre dans la communion fraternelle, à prendre part aux repas communs et à participer aux prières.
43 Chacun ressentait de la crainte, car D.ieu accomplissait beaucoup de prodiges et de miracles par l’intermédiaire des apôtres.
44 Tous les croyants étaient unis et partageaient entre eux tout ce qu’ils possédaient.
45 Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent ainsi obtenu entre tous, en tenant compte des besoins de chacun.
46 Chaque jour, régulièrement, ils se réunissaient dans le temple, ils prenaient leurs repas ensemble dans leurs maisons et mangeaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur.
47 Ils louaient D.ieu et ils étaient estimés par tout le monde. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à leur groupe ceux qu’il amenait au salut. »

Ils étaient dans la communion fraternelle, ils étaient assidus au temple, louant D.ieu, c’est précisé, qu’ils étaient fidèles dans les prières, ils étaient fidèles dans toutes ces choses. Colossiens chapitre 3 nous dit : » recherchons la sanctification »

Prenons plaisir dans les choses de l’Eternel.
Il nous est dit dans Colossiens au chapitre 3 verset 14
« Ainsi donc, comme des élus de Dieu saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, d’humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres. Si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection. Et que la paix de Christ à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps règne dans vos cœurs, et soyez reconnaissants. Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse. Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. Chantons à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce. Et quoi que vous fassiez en parole et en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant par Lui des actions de grâce à Dieu le Père. »
Ce passage nous parle de cette adoration, de cette louange, la manière dont Paul s’exprime. Si l’un a à se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. Paul nous demande de nous revêtir de sentiments d’amour, de pouvoir vivre dans la paix des uns des autres. de pouvoir nous renouveler.

Rendons grâce en toutes choses.
La Bible nous dit dans le psaume 100 verset 15 :
« Entrez dans ses portes avec des louanges, dans ses parvis avec des cantiques, célébrez, bénissez son nom ».
La Bible nous dit aussi « l’Eternel habite au milieu de la louange de son peuple » parce que c’est ce que D.ieu veut de son peuple, ces temps d’adoration, ces temps où nous pouvons nous oublier dans sa présence. La lettre aux Thessalonissiens nous demande de rendre grâce en toutes choses. C’est important de remercier le Seigneur, d’apprendre à être reconnaissants vis à vis de D.ieu. Romains 1 verset 18 :
« La colère de Dieu se révèle du Ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retienne injustement la vérité captive. Car ce que l’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient comme à l’œil nu depuis la création du Monde quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables. Car ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ils ne Lui ont point rendu grâce. »
Il dit : « ils ne lui ont point rendu grâce« . Si nous n’apprenons pas à adorer le Seigneur, si nous n’apprenons pas à Lui rendre grâce, à le louer et à le remercier de ce qu’Il a fait pour nous nous passons à côté de cette dimension de l’adoration et de la louange. Je crois que chacun d’entre nous, nous avons à apprendre cela, à prendre ce moment de recueillement : « Seigneur, je ne vis plus pour moi, dans ces temps, je m’abandonne à toi »

LE SYMBOLE BIBLIQUE DE L’EAU

15 janvier, 2018

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2010/sym_100423.html

fr -Michelangelo,_Separation_of_the_Earth_from_the_Waters_02

Michelangelo, séparation de la terre de l’eau (détail)

LE SYMBOLE BIBLIQUE DE L’EAU

L’eau est, dans la Bible comme dans la vie, un trésor dont on néglige peut-être l’importance. Le père Manns nous rappelle les cinq axes principaux sur lesquels s’articulent le thème de l’eau nous incitant à ne pas perdre une goutte de notre lecture des textes.

Le symbole biblique de l’eau associé à l’Esprit est l’objet d’une grande inclusion dans l’histoire biblique : il revient en Genèse 1,2 et en Apocalypse 22,17. L’eau est source de vie et fait revivre l’esprit.
Les valences de l’eau sont diversifiées dans la Bible : l’eau purifie et féconde, elle étanche la soif et elle guérit. Zacharie 13 avait annoncé qu’une source devait jaillir de Jérusalem pour la purification des habitants. Dans le premier Testament l’eau symbolisait soit la Loi soit l’Esprit [1].
Cinq symbolismes majeurs
Cinq directions essentielles du symbolisme de l’eau sont connues : celle de l’eau germinale et fécondante, celle de l’eau médicinale, source miraculeuse ou boisson d’éternité, celle de l’eau lustrale, celle enfin de l’eau diluviale permettant la purification et la régénération du genre humain.
L’eau germinale et fécondante s’explique par le fait qu’une des premières expériences de l’humanité est d’établir le lien entre la pluie et la croissance de la végétation. L’eau tombe du ciel, féconde la terre après l’avoir purifiée. Il en est de même de la Parole de Dieu qui vient du ciel, purifie et féconde, affirme le midrash Cantiques Rabbah. Ce commentaire juif rappelle que l’eau est conservée dans des jarres de terre et non pas dans des vases en or ou en argent, ce qui signifie que la Parole de Dieu demeure chez celui qui est humble, qui sait qu’il est fait de terre et qu’il retournera à la terre.
L’eau est médicinale puisqu’elle est l’inductrice de toute fécondité. Elle peut également redonner, prolonger et sauver la vie puisqu’elle en est la donatrice première.

L’eau est purifiante comme le prouve l’expérience courante de l’eau utilisée pour laver et pour faire disparaître les impuretés. Par l’immersion du bain rituel ou du baptême le symbolisme de l’eau fécondante, régénératrice, médicinale et purificatrice se concentrent dans un même rite.
L’eau est diluviale comme les mythes diluviaux universels l’attestent. Le déluge rejoint le mythe de l’éternel retour aux origines. La notion cyclique du temps exprime cette réalité. Il s’agit de rejoindre l’idéal de l’origine car celui-ci n’a pas été encore corrompu par l’histoire. Le déluge est l’événement purificateur qui permet la fin d’une humanité et le début d’une humanité nouvelle.
Moïse exprime la même réalité que Noé. Il est « tiré et sauvé des eaux » pour donner naissance à un peuple libre. En passant la mer Rouge, le peuple est libéré, il est immergé dans l’eau, il renaît, tout en étant préservé du passage par la mort, contrairement aux Égyptiens et à tous ceux qui ont été engloutis par le déluge mais sont finalement sauvés comme Noé. Noé et Moïse enfant flottent sur les eaux du déluge, alors que le peuple passe à pied sec dans les eaux de la mer (Ex 14,21).
Le salut que Dieu apporte à son peuple est symbolisé par l’eau : le Seigneur fait couler de l’eau, ou jaillir des sources dans le désert. Le Seigneur va désaltérer les assoiffés : la soif représente l’exil, l’oppression, et l’eau la libération, le bonheur. En Isaïe 44,3-5, le salut va plus loin que la simple libération, l’eau devient symbole de l’Esprit qui inspire à Israël une nouvelle fidélité au Seigneur. De la même façon, Dieu change les steppes arides en pays verdoyants, symbole de renouveau et de vivification (Isaïe 41,19; 45,18) où le salut et la justice ruissellent comme la rosée et germent comme les plantes (ls 49,9; 55,13). Inversement, Dieu peut assécher les rivières, dévaster la nature, en signe de sa puissance que rien n’arrête, de sa victoire sur ses ennemis, ou de la manifestation de sa colère contre l’impiété.
La fête des Tentes avait mis au centre de la liturgie la procession à la piscine de Siloé en passant par la porte des eaux. C’est de là que devait jaillir la source annoncée par le prophète Ézéchiel, source qui allait se jeter dans la mer Morte.
Au chapitre 21 de l’Évangile selon saint Jean la pêche miraculeuse au bord du lac de Galilée exploite le symbolisme des 153 gros poissons qui peut renvoyer à la gematrie (valeur numérique des lettres) de Eglaim de Ézéchiel 47,10, endroit où les pêcheurs jetteront leurs filets.
La prophétie d’Ézéchiel 47 est fondamentale dans la tradition juive. Dans la version de la Tosephta Succot 3,3 et du Midrash Pirqe de Rabbi Eliézer 51 l’eau qui sort du Temple se divise en trois, une partie va vers la grande mer, une partie vers la mer Morte et une partie vers la mer de Tibériade. D’après la version du Targum Ez 47,8 les eaux de la mer Morte sont purifiées au contact avec l’eau qui sort du Temple.
L’eau, capable de jouer le rôle d’un miroir, a comme caractéristique d’échapper. Elle échappe parce qu’elle n’a pas de forme tout en étant capable d’épouser toutes les formes possibles et imaginables. Elle va épouser la forme d’un vase et dès qu’elle est versée dans un verre, elle en épouse la forme. Elle échappe parce qu’elle a une très grande capacité de division. Elle s’évapore et, si on l’enferme, elle profite de la moindre faille. La maîtrise de l’eau a mis beaucoup de temps dans l’histoire.
Les eaux symbolisent la totalité des virtualités, la matrice de toutes les possibilités d’existence. Elles précèdent toute forme et l’immersion en elles, symbolise la régression dans le préformel, la régénération totale, une nouvelle naissance, car elles contiennent les germes de vie nouvelle, elles guérissent et, dans les rites funéraires, elles symbolisent la vie éternelle. Elles sont ainsi élevées au rang de symbole de vie. C’est pourquoi l’eau deviendra symbole de la Parole de Dieu et de l’Esprit de Dieu.

[1] F. Manns, Le symbole eau-esprit dans le judaïsme ancien, Jérusalem, Franciscan Printing Press, 1983.
Source : La Terre Sainte 603 (septembre-octobre 2009).

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE ORDINAIRE B

12 janvier, 2018

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

Voici l'agneau de Dieu

Jean 1,36 -  Dierick Bouts – Ecce Agnus Dei

HOMÉLIE DU 2E DIMANCHE ORDINAIRE B

1 S 3, 3b-10.19 ; 1 Co 6, 13c-16a, 17-20 ; Jn 1, 35-42

Moi aussi, comme Samuel, j’entends régulièrement, des voix qui attirent mon attention, et m’invitent donc à réfléchir. Ces voix sont de deux sortes. Les unes sont intérieures, comme un souffle, un murmure, une inspiration. Les autres sont extérieures. Depuis une parole à peine audible, jusqu’aux bruits déchirants. Il ne s’agit pas pour autant de faits extraordinaires.
Il faut savoir que, dans les récits bibliques, ce que nous appelons la Parole de Dieu est en réalité une Parole sur Dieu. Une voix ou un événement. Aujourd’hui encore, la rencontre de quelqu’un, un témoignage, une lecture, une prédication, une épreuve, peuvent susciter une réflexion, une conversion, un engagement. C’est la réponse à un appel. Une vocation… Voyez, Samuel. La vieille tradition juive voulait maintenir et prouver qu’en Israël la royauté était sacrée. La meilleure preuve, c’est que Dieu l’a instaurée. D’où, l’histoire de ce petit garçon, consacré pour la vie à Yahwé et au Temple, à la suite d’un vœu de sa mère. Or, une nuit, Samuel a entendu une voix. Manifestement intérieure, spirituelle. L’enfant aura donc besoin du prêtre Eli pour l’interpréter. Mais le brave homme ne verra pas clair du premier coup. Ce n’est qu’à la troisième fois qu’il y percevra un appel du Seigneur.
Ces appels répétés, ces difficultés à comprendre et à répondre, signifient qu’il faut souvent du temps pour prendre conscience du sens et de l’authenticité d’un appel, et du temps pour prendre des décisions.
La suite montre bien le choix difficile que devra faire Samuel devenu homme. Soit, rester fidèle au vœu de sa mère qui rêvait, dirions-nous aujourd’hui, de le voir entrer au couvent. Soit, répondre à une vocation de type politique et révolutionnaire qui le séduisait. C’est la seconde qu’il choisira. Elle sera prophétique. Samuel deviendra l’instrument de l’instauration de la royauté en Israël. Il lui donnera son premier roi, Saül, et il sacrera plus tard, en cachette, le futur roi David, dont la lignée révélera Jésus le Messie.
Autre exemple : François d’Assise. Dans la chapelle de la Portioncule, explique l’un de ses biographes,  » Dieu lui a parlé à nouveau « . C’est-à-dire tout simplement par la voix du prêtre qui proclamait l’évangile du jour. (Comme moi, aujourd’hui). Le jeune homme, toujours en recherche, croit entendre pour la première fois :  » Allez et annoncez partout que le Royaume de Dieu est proche. Ce que vous avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement…  » (Mt 10)… Voilà ce que je veux, ce que je cherche, ce que je désire faire du fond du cœur, dira ce jeune bourgeois de 26 ans.
Il avait mis trois ans pour comprendre. Et déjà interprété plusieurs songes. Le premier l’avait confirmé dans une vocation de  » volontaire de guerre « . Un autre, qu’il valait mieux servir le Seigneur Dieu plutôt que le seigneur pape, chef des croisades. A la Portioncule, il répondait à un nouvel appel. Qui sera définitif, celui de missionnaire et de témoin de l’Evangile. Auparavant, il avait déjà été secoué par des interpellations : celles des événements, un an d’emprisonnement, la maladie, la rencontre d’un lépreux, les drames de la misère et d’autres choses encore.
Voyez maintenant dans l’évangile : Le déroulement très incarné de l’éclosion des premières vocations de disciples de Jésus…  » Vous cherchez quelque chose ? Passez chez moi, on pourra en parler – D’accord « . Et les deux jeunes gens sortiront de la rencontre enthousiasmés. Naturellement, l’un en parle à son frère qu’il va ensuite présenter à Jésus. Et cela continue.
Dans le cadre du mystère de l’incarnation, les appels de Dieu s’incarnent aussi dans l’ordinaire du quotidien. Tout parle de Dieu à qui veut bien regarder et tendre l’oreille. Je crois même que, sur tous les chemins du monde, même en allant chez le boucher, chez le coiffeur, ou en prenant le métro, on peut croiser Jésus qui va et qui vient, comme il allait et venait sur les bords du Jourdain.
On peut aussi passer près de lui sans le remarquer, sans l’entendre, sans l’écouter.  » Je l’ai déjà trouvé « , direz-vous. Certes ! Mais il peut encore appeler pour un service d’Eglise ou de la société. En lisant les journaux, en écoutant radio et télévision, il nous interpelle par les victimes d’un désastre, ou le dévouement de ceux et celles qui se portent au secours des victimes. Il y a les appels de la conscience, où l’on peut reconnaître des appels de Dieu. Il y a des vocations par appel direct, quand on est sollicité pour venir en aide à certaines détresses, pour assumer une responsabilité politique ou paroissiale, sociale ou religieuse, et même sacerdotale.
La vocation fondamentale est signifiée dans l’Eglise par le baptême. Les autres en découlent. Y compris les vocations sacerdotales ou religieuses. Oui, mais elles diminuent, direz-vous. Je ne crois pas pour autant que les appels du Christ soient moins nombreux ou moins convaincants. Par contre, nous oublions peut-être qu’il peut appeler autrement, et pour des problèmes nouveaux ou des méthodes qui ne sont pas traditionnelles. Peut-être manquons-nous de lucidité, d’audace et d’imagination. A trop regarder en arrière, on finit par être incapable de regarder en avant pour découvrir de nouveaux horizons. Comme l’a écrit un théologien : « Il nous faut savoir, tout simplement savoir, si nous voulons entendre Dieu, non pas là où nous avons envie de l’entendre, mais là où il parle vraiment « . (« Les traces de Dieu », Marcel Neusch, Cerf 2005).

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

BENOÎT XVI («Seigneur, enseigne-nous à prier» (Lc 11, 1).) (2011)

10 janvier, 2018

http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110504.html

fr

BENOÎT XVI («Seigneur, enseigne-nous à prier» (Lc 11, 1).) (2011)

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 4 mai 2011

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, je voudrais entamer une nouvelle série de catéchèses. Après les catéchèses sur les Pères de l’Eglise, sur les grands théologiens du Moyen-âge, sur les grandes figures de femmes, je voudrais à présent choisir un thème qui nous tient tous très à cœur: le thème de la prière, de manière spécifique la prière chrétienne, la prière que nous a enseignée Jésus et que continue à nous enseigner l’Eglise. C’est en Jésus en effet que l’homme devient capable de s’approcher de Dieu avec la profondeur et l’intimité du rapport de paternité et de filiation. Avec les premiers disciples, avec une humble confiance, nous nous adressons alors au Maître et nous Lui demandons: «Seigneur, enseigne-nous à prier» (Lc 11, 1).
Lors des prochaines catéchèses, en nous approchant de la Sainte Ecriture, de la grande tradition des Pères de l’Eglise, des Maîtres de spiritualité, de la Liturgie, nous voulons apprendre à vivre encore plus intensément notre relation avec le Seigneur, dans une sorte d’«école de prière». Nous savons bien, en effet, que la prière ne doit pas être considérée comme allant de soi: il faut apprendre à prier, comme en acquérant toujours à nouveau cet art; même ceux qui sont très avant dans la vie spirituelle sentent toujours le besoin de se mettre à l’école de Jésus pour apprendre à prier avec authenticité. Nous recevons la première leçon du Seigneur à travers Son exemple. Les Evangiles nous décrivent Jésus en dialogue intime et constant avec le Père: c’est une communion profonde de celui qui est venu dans le monde non pour faire sa volonté, mais celle du Père qui l’a envoyé pour le salut de l’homme.
Dans cette première catéchèse, comme introduction, je voudrais proposer quelques exemples de prière présents dans les cultures antiques, pour relever comment, pratiquement toujours et partout celles-ci se sont adressées à Dieu.
Je commence par l’ancienne Egypte, par exemple. Ici, un homme aveugle, demandant à la divinité de lui rendre la vue, atteste quelque chose d’universellement humain, qui est la pure et simple prière de requête de la part de qui se trouve dans la souffrance, cet homme prie: «Mon cœur désire te voir… Toi qui m’as fait voir les ténèbres, crée pour moi la lumière. Fais que je te voie! Penche sur moi ton visage aimé» (A. Barucq – F. Daumas, Hymnes et prières de l’Egypte ancienne, Paris 1980). Fais que je te voie; c’est là le cœur de la prière!
Dans les religions de la Mésopotamie dominait un sentiment de culpabilité mystérieux et paralysant, mais sans qu’il soit privé pour autant de l’espérance de rachat et de libération de la part de Dieu. Ainsi pouvons-nous apprécier cette supplication de la part d’un croyant de ces anciens cultes, qui résonne ainsi: «Ô Dieu qui es indulgent même pour la faute la plus grave, absous mon péché…. Regarde Seigneur, ton esclave épuisé, et souffle sur lui ta brise: sans attendre pardonne-lui. Allège ta sévère punition. Libéré de mes liens, fais que je recommence à respirer; brise mes chaînes, défaits mes liens» (M.-J. Seux, Hymnes et prières aux Dieux de Babylone et d’Assyrie, Paris 1976). Autant d’expressions qui démontrent comment l’homme, dans sa recherche de Dieu, a eu l’intuition, même confusément, d’un côté de sa faute, de l’autre de l’aspect de la miséricorde et de la bonté divine.
Au sein de la religion païenne, dans la Grèce antique, on assiste à une évolution très significative: les prières, tout en continuant d’invoquer l’aide divine pour obtenir la faveur céleste dans toutes les circonstances de la vie quotidienne et pour obtenir des bénéfices matériels, s’orientent progressivement vers les requêtes les plus désintéressées, qui permettent à l’homme croyant d’approfondir sa relation avec Dieu et de devenir meilleur. Par exemple, le grand philosophe Platon cite une prière de son maître, Socrate, considéré à juste titre comme l’un des fondateurs de la pensée occidentale. Socrate priait ainsi: «… donnez-moi la beauté intérieure de l’âme! Quant à l’extérieur, je me contente de celui que j’ai, pourvu qu’il ne soit pas en contradiction avec l’intérieur, que le sage me paraisse riche, et que j’aie seulement autant, d’or qu’un sage peut en supporter, et en employer» (Œuvres i. Phèdre 279c). Il voudrait avant tout avoir une beauté intérieure et être sage, et non pas riche d’argent.
Dans ces superbes chefs-d’œuvre de la littérature de tous les temps que sont les tragédies grecques, aujourd’hui encore, après vingt-cinq siècles, lues, méditées et représentées, sont contenues des prières qui expriment le désir de connaître Dieu et d’adorer sa majesté. L’une de celles-ci dit: «Ô toi qui donnes le mouvement à la terre, et qui en même temps résides en elle, qui que tu sois, Jupiter, impénétrable à la vue des mortels, nécessité de la nature, ou intelligence des hommes, je te rends hommage; car, par des voies secrètes, tu gouvernes toutes les choses humaines selon la justice» (Euripide, Les Troyennes, 884-886). Dieu demeure un peu vague et toutefois, l’homme connaît ce Dieu inconnu et prie celui qui guide les destinées de la terre.
Chez les Romains également, qui constituèrent ce grand Empire dans lequel naquit et se diffusa en grande partie le christianisme des origines, la prière, même si elle est associée à une conception utilitariste et fondamentalement liée à la demande de protection divine sur la vie de la communauté civile, s’ouvre parfois à des invocations admirables en raison de la ferveur de la piété personnelle, qui se transforme en louange et en action de grâces. En est témoin un auteur de l’Afrique romaine du iie siècle après Jésus Christ, Apulée. Dans ses écrits, il manifeste l’insatisfaction de ses contemporains à l’égard de la religion traditionnelle et le désir d’un rapport plus authentique avec Dieu. Dans son chef-d’œuvre intitulé Les métamorphoses, un croyant s’adresse à une divinité féminine à travers ces paroles: «Divinité sainte, source éternelle de salut, protectrice adorable des mortels, qui leur prodigues dans leurs maux l’affection d’une tendre mère; pas un jour, pas une nuit, pas un moment ne s’écoule qui ne soit marqué par un de tes bienfaits» (Apulée de Madaure, Métamorphoses, xi, 25).
Pendant la même période, l’empereur Marc-Aurèle — qui était un philosophe qui réfléchissait sur la condition humaine — affirme la nécessité de prier pour établir une coopération fructueuse entre action divine et action humaine. Il écrit dans ses Souvenirs/Pensées: «Qui te dit que les dieux ne nous aident pas également en ce qui dépend de nous? Commence donc à les prier et tu verras» (Dictionnaire de Spiritualité XII/2, col. 2213). Ce conseil de l’empereur philosophe a été effectivement mis en pratique par d’innombrables générations d’hommes avant le Christ, démontrant ainsi que la vie humaine sans la prière, qui ouvre notre existence au mystère de Dieu, devient privée de sens et de référence. En effet, dans chaque prière s’exprime toujours la vérité de la créature humaine, qui d’une part fait l’expérience de la faiblesse et de l’indigence, et demande donc de l’aide au Ciel, et de l’autre est dotée d’une dignité extraordinaire, car, en se préparant à accueillir la Révélation divine, elle se découvre capable d’entrer en communion avec Dieu.
Chers amis, dans ces exemples de prières des différentes époques et civilisations apparaît la conscience que l’être humain a de sa condition de créature et de sa dépendance d’un Autre qui lui est supérieur et source de tout bien. L’homme de tous les temps prie car il ne peut faire à moins de se demander quel est le sens de son existence, qui reste obscur et décourageant, s’il n’est pas mis en relation avec le mystère de Dieu et de son dessein sur le monde. La vie humaine est un mélange de bien et de mal, de souffrance imméritée et de joie et de beauté, qui nous pousse spontanément et irrésistiblement à demander à Dieu cette lumière et cette force qui puisse nous secourir sur la terre et ouvrir une espérance qui aille au-delà des frontières de la mort. Les religions païennes demeurent une invocation qui, de la terre, attend une parole du Ciel. L’un des derniers grands philosophes païens, qui vécut à une époque déjà pleinement chrétienne Proclus de Constantinople, donne voix à cette attente, en disant: «Inconnaissable, personne ne te contient. Tout ce que nous pensons t’appartient. Nos maux et nos biens sont en toi, chacune de nos aspirations dépend de toi, ô Ineffable, que nos âmes sentent présent, en t’élevant un hymne de silence» (Hymnes).
Dans les exemples de prière des différentes cultures, que nous avons pris en considération, nous pouvons voir un témoignage de la dimension religieuse et du désir de Dieu inscrit dans le cœur de chaque homme, qui trouvent leur accomplissement et leur pleine expression dans l’ancien et dans le Nouveau Testament. La Révélation, en effet, purifie et porte à sa plénitude l’aspiration originelle de l’homme à Dieu, en lui offrant, dans la prière, la possibilité d’une relation plus profonde avec le père céleste.
Au début de notre chemin dans l’«Ecole de la prière» nous voulons alors demander au Seigneur qu’il illumine notre esprit et notre cœur pour que la relation avec Lui dans la prière soit toujours plus intense, affectueuse et constante. Encore une fois, nous lui disons: «Seigneur, apprends-nous à prier» (Lc 11, 1).

LES PROTESTANTS, LES ORTHODOXES ONT-ILS UN « TEMPS ORDINAIRE »?

9 janvier, 2018

https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Les-protestants-les-orthodoxes-ont-ils-un-temps-ordinaire_a4473.html

fr russian icons of christ emmanuel

Icône russe du Christ l’Emmanuel

LES PROTESTANTS, LES ORTHODOXES ONT-ILS UN « TEMPS ORDINAIRE »?

Le calendrier liturgique s’est élaboré progressivement au fil des siècles. Son dernier remaniement date de 1969, dans le prolongement de la réforme liturgique décidée au concile Vatican II.Publié le 29 septembre 2015. Pour les orthodoxes, « le temps de l’Église n’est jamais ordinaire » !
Béatrice Bazil- la Croix (supplément Religion et Spiritualité)

Dans ce calendrier, le temps dit ordinaire désigne les périodes autres que les deux temps forts célébrés par l’Église : d’une part, l’Avent et le temps de Noël ; d’autre part, le Carême, la fête de Pâques et le temps pascal jusqu’à la Pentecôte. Le « temps ordinaire » n’a d’ordinaire que le nom. En dehors de Noël et du temps pascal, c’est l’ensemble du temps liturgique qui permet aux fidèles de vivre sur une année complète tout le mystère du salut accompli par Jésus-Christ.
Les protestants, les orthodoxes ont-ils un « temps ordinaire »?
Le temps ordinaire (tempus per annum,en latin, ou le temps le long de l’année) comprend donc les 33 ou 34 semaines couvrant le reste de l’année :
La première période va du lundi suivant la fête du Baptême de Jésus (célébré le dimanche après l’Épiphanie) au mercredi des Cendres (non compris) ; la seconde période s’étend de la Pentecôte au premier dimanche de l’Avent (non compris), qui ouvre la nouvelle année liturgique. Ainsi, le 25 septembre 2011 est le 26e dimanche du temps ordinaire. Petite curiosité : les semaines du temps ordinaire sont toujours numérotées de 1 à 34, même si l’on ne compte que 33 semaines cette année-là ; on saute dans ce cas une unité entre les deux périodes.

À quoi sert ce temps?
Dès les origines, l’Église a voulu que les fidèles revivent sur une année entière les événements de l’histoire du salut accomplis par Jésus-Christ. Pendant le temps ordinaire, lorsqu’on ne commémore pas un fait précis de la vie du Christ, de la Vierge Marie ou d’un saint, c’est le dimanche lui-même, « Pâque hebdomadaire », qui est valorisé comme « jour de fête primordial qu’il faut proposer et inculquer à la piété des fidèles ».
Le temps ordinaire donne aussi aux fidèles l’occasion de progresser dans leur connaissance et leur compréhension des grands textes bibliques. Pendant les dimanches « ordinaires », en effet, à l’inverse des temps forts de l’année où les lectures sont choisies de façon thématique, on fait une lecture continue des textes (Épîtres et Évangile) de l’année en cours, selon un parcours conçu sur trois années A, B et C (on est actuellement dans l’année A, consacrée à l’Évangile de saint Matthieu). En semaine, on lit les quatre Évangiles en une année et des passages importants d’autres livres de la Bible en deux ans.
L’année liturgique comprend en fait deux cycles qui se superposent.
Le temps ordinaire s’insère dans le cycle liturgique de base, dit « temporal ». Axé sur les événements de la vie du Christ, ce cycle a prééminence sur le cycle « sanctoral », consacré aux fêtes des principaux saints. La mobilité de la fête de Pâques et du temps liturgique qui en dépend, le fait que d’autres fêtes à date fixe tombent parfois le dimanche ont conduit à fixer des règles précises qui permettent de combiner ces deux cycles. Au fil des siècles, on avait ajouté dans l’année de très nombreuses fêtes de saints qui finissaient par éclipser la célébration du mystère pascal lui-même. Pour éviter cette dérive, Vatican II a largement revalorisé la célébration du dimanche, et a par ailleurs réduit le nombre des saints devant être fêtés par l’Église universelle, en confiant à chaque Église locale, nation ou ordre religieux la liberté de fêter les autres.
Aujourd’hui, pendant le temps ordinaire, les dimanches sont toujours célébrés, sauf s’ils coïncident avec une grande fête dite « solennité » du Seigneur, de la Vierge ou des saints (leur nombre est limité à onze dans l’année). En semaine, on célèbre toujours les fêtes et les mémoires « obligatoires » des saints ; les autres jours de la semaine, on a le choix entre les messes du temps ordinaire, les mémoires « facultatives » et les messes consacrées à des dévotions diverses (dites « votives »).

Les protestants, les orthodoxes ont-ils un temps ordinaire?
Chez les protestants, l’année liturgique est rythmée d’une façon proche de celle des catholiques, hors les fêtes de la Vierge Marie et des saints. Comme les autres temps de l’année, le temps ordinaire a des « spontanés » spécifiques ; ce sont les courts chants ou « répons » que l’assemblée reprend avec l’orgue et qui ponctuent les différentes parties du culte. Les lectures bibliques des dimanches sont désormais communes aux protestants et aux catholiques, avec toutefois une certaine liberté laissée au pasteur protestant pour choisir les textes sur lesquels il fera sa prédication. Quant aux couleurs liturgiques, l’Église luthérienne et quelques Églises réformées utilisent les mêmes que les catholiques, en plaçant par exemple une bande de tissu de couleur sur la Bible ouverte. Mais cette pratique n’est pas majoritaire dans le monde réformé.
Pour les orthodoxes, « le temps de l’Église n’est jamais ordinaire ! » ,affirme avec conviction l’archiprêtre Serge Sollogoub. « On ne vit pas le temps d’une manière banale,confirme le théologien Michel Evdokimov, il y a toujours quelque chose à dire, on est toujours en chemin vers une fête du Christ, de la Vierge Marie, d’un saint… »
Le monde orthodoxe compte en effet de très nombreuses fêtes de saints, quatre temps de Carême : le Carême de Noël, le Grand Carême de Pâques, le Carême précédant la fête de saint Pierre et saint Paul et le Carême de la Dormition (Assomption). La notion de temps ordinaire est donc peu employée. Dans la liturgie orthodoxe, deux cycles se chevauchent : le premier, qui comprend notamment les fêtes fixes, s’ouvre le 1er septembre sur la fête de l’Indiction » ou Nouvel An ecclésiastique (le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople en a fait une fête de la protection de l’environnement). Le second cycle commence après le dimanche de Pentecôte, il ouvre le temps eschatologique, le temps du Royaume.
On compte les semaines à partir du dimanche de Pentecôte. Les couleurs des vêtements et ornements liturgiques sont plus variées que chez les catholiques. Leur emploi est relativement codifié dans les Églises dépendant du Patriarcat de Moscou. En revanche, dans le reste du monde orthodoxe, deux directives seulement prévalent : utiliser des couleurs sombres pendant le grand Carême pascal et des vêtements lumineux le jour de Pâques.
Lien La Croix

L’EXPÉRIENCE DE L’ÉTERNITÉ DANS LA PRIÈRE PERSONNELLE

8 janvier, 2018

http://religion-orthodoxe.eu/article-l-experience-de-l-eternite-dans-la-priere-personnelle-61431485.html

en e fr St. Sophia's Greek Orthodox Church in Syracuse, NY - Copia

St. Sophia’s Greek Orthodox Church in Syracuse, NY

L’EXPÉRIENCE DE L’ÉTERNITÉ DANS LA PRIÈRE PERSONNELLE

par Père Macaire de Simonos Petra

« Que ce soit dans notre vie liturgique, comme dans l’expérience mystique de la prière, nous sommes appelés à « passer» (au sens étymologique de Pâques) de la mort à la vie et de la terre au ciel (1), « encore et encore », chaque jour jusqu’à la fin du monde. Lorsque dans le silence de la nuit, le moine ou le fidèle se tient devant le Dieu invisible comme s’il était visible, les puissances de leur âme rassemblées dans le cœur et repoussant avec effort tous souvenirs ou distractions de ce monde, il leur est donné de vivre aussi de manière encore plus intense, cette transfiguration du temps. Que la prière suive le rythme alternant de la respiration ou qu’elle soit prononcée durant l’intervalle entre inspiration et expiration, qui est comme un arrêt du temps, le but de la méthode, ou plutôt des différentes méthodes hésychastes, reste le même. Il s’agit de concentrer toute notre attention sur « l’éternité arrêtée au cœur de l’instant» (2) L’invocation du Nom béni du Dieu-homme, répétée inlassablement jour après jour, réveille en nous une sensibilité spirituelle à sa présence et à son ineffable douceur. Dans ces moments privilégiés, dont il est impossible d’évaluer la durée, où la prière s’arrête pour devenir écoute du Verbe au dedans de nous, l’intellect, dépouillé de toute pensée et de toute représentation, se trouve transféré dans un mode d’existence nouveau. Saisissant par la foi que le Royaume de Dieu approche et qu’il est déjà inauguré au dedans de nous, par la prière intérieure nous nous portons en avant, dans un élan de réponse plein d’amour extatique.
Chaque invocation du Nom de Jésus répétée humblement même pendant les activités de la journée, constitue un pas de plus à la rencontre du Seigneur. La pratique quotidienne de la prière de Jésus, qui prend sa source dans la communion eucharistique et dépend étroitement de notre participation à la vie liturgique de l’Église, est donc expérience vécue de l’éternité au cœur du temps. Nous restons êtres de chair et de sang, prisonniers du temps et de ses contingences, faibles et impuissants à comprendre les mystères divins, et pourtant nous sommes à la fois hommes nouveaux, recréées à l’image du Second Adam, et par la grâce et la miséricorde du Seigneur, nous pouvons goûter à la vie éternelle cachée dans le Nom divin.
La temporalité qui était la marque de notre chute est devenue, en Jésus-Christ « une aile » qui nous porte vers les hauteurs, dans un élan sans fin vers l’éternité (3). »

Notes :
1- Canon de Pâques, Hirmos de la 1 ère ode.
2 – Acathiste du Buisson Ardent, ikos 2.
3 – St Grégoire de Nysse, Sur la Perfection 8,1
in »Entrée dans le troisième millénaire ou passage à l’éternité »
Lettre aux amis des monastères St Antoine Le Grand et Protection de la Mère de Dieu (1999)

HOMÉLIE FÊTE DU BAPTÊME DE JÉSUS

5 janvier, 2018

http://preparonsdimanche.puiseralasource.org/?p=homelie&id=610H

en e fr guido reni - Copia

(Guido Reni)

OMÉLIE FÊTE DU BAPTÊME DE JÉSUS

Dimanche dernier, nous fêtions l’Épiphanie du Seigneur. A travers les mages, le Christ était manifesté au monde païen. Aujourd’hui, à l’occasion de son baptême, il est manifesté à Jean Baptiste et à tous ceux qui sont avec lui. Cette fête d’aujourd’hui nous parle d’abord de l’Esprit Saint. La Bible nous apprend qu’il intervient dans tous les grands événements de l’histoire du Salut : « Dès qu’il fut baptisé, les cieux s’ouvrirent. Il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui »… « La voix du Père se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le. »
Les textes bibliques qui précèdent l’Évangile nous préparent à accueillir son message. Nous avons entendu le prophète Isaïe : son message a été écrit pour des exilés. Après quarante ans d’exil, certains n’étaient pas très décidés à rentrer en Palestine. Isaïe leur annonce que la Parole de Dieu est efficace. La terre promise comblera tous leurs besoins. L’alliance entre Dieu et son peuple continuera. Mais pour que cette alliance soir possible, il faut une réponse effective de le part des hommes : « Prêtez l’oreille, écoutez, cherchez, que le mécréant revienne vers le Seigneur, mes pensées ne sont pas vos pensées… » C’est ainsi que le prophète nous prépare à accueillir les fruits du baptême.
Dans la seconde lecture, saint Jean nous parle de l’Esprit Saint, de l’eau et du sang. L’Esprit de Pentecôte témoigne de la condition divine du Christ. Du baptême jusqu’à la croix, nous découvrons en lui le Fils de Dieu. Il nous rejoint dans notre humanité. Comme le disait le pape Jean-Paul II, il est celui qui a donné les hommes à Dieu et Dieu aux hommes. Et dans l’Évangile de saint Jean, nous lisons que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique.
L’Évangile de saint Marc nous rapporte l’événement du baptême de Jésus. Ce baptême donné par Jean Baptiste était un geste de pénitence. Ceux qui demandaient à le recevoir manifestaient qu’ils se reconnaissaient pécheurs. Ils étaient plongés dans les eux du Jourdain et en ressortaient purifiés. Cette démarche les engageait sur la route d’une véritable conversion. Or voilà que Jésus est là. Il se tient au milieu de tous ces gens qui demandent à Dieu de les apaiser. Bien sûr, lui, le Fils bien-aimé du Père n’avait pas de péché à se faire pardonner. Alors pourquoi demande-t-il à recevoir ce baptême de conversion ?
Certains répondent qu’il a voulu donner l’exemple. C’est sans doute bien, mais il nous faut aller plus loin. La démarche de Jésus a une signification unique. Il faut savoir que le mot « baptême » signifie « plonger ». Au jour de son baptême, Jésus, pur de tout péché, a été plongé dans l’eau du Jourdain. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Il l’a pris sur lui pour nous en libérer. Quant à nous, au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans l’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Ce jour-là, Jésus nous a dit : « Tu es mon enfant bien-aimé. »
Jésus n’avait pas besoin de ce baptême donné par Jean Baptiste. Il n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais il a tenu à rejoindre tous les hommes pécheurs. Il a pris sur lui tous leurs péchés et toutes leurs misères. Avec nous, il porte sa croix et nous la portons avec lui. Notre vie peut être marquée par bien des faiblesses, des histoires tourmentées ou malheureuses. Mais le Seigneur est là. Il nous rejoint. Avec lui, c’est l’espérance qui renaît. La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, les pécheurs sont pardonnés, les malades sont guéris et relevés. Quand Jésus est là, plus rien ne peut être comme avant.
En recevant ce baptême, le Christ a manifesté sa complète solidarité avec le Père et sa généreuse docilité envers les pécheurs. Il nous rappelle que l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont inséparables. On ne peut pas vivre en enfant de Dieu sans vivre ensemble comme des frères, solidaires les uns des autres. Le Christ nous donne le témoignage d’un amour passionné pour Dieu et pour l’humanité. Et c’est sur ce chemin qu’il veut nous conduire. Nous savons bien que ce n’est pas gagné. Dans notre vie, il peut y avoir des inclinations mauvaises qui nous éloignent de l’amour. Pensons à l’orgueil, l’égoïsme, la malhonnêteté. Mais le Seigneur est toujours là. Il ne se lasse jamais de nous offrir son pardon. Là où le péché a abondé, son amour a surabondé.
Depuis notre baptême, nous sommes habités par la présence du Christ en nous. Comme les apôtres, nous sommes invités à « rester avec lui » pour nous laisser enseigner. Cette rencontre avec lui ne peut que nous transformer. Comme les amis de Jésus, nous pourrons porter et diffuser la bonne nouvelle dans le monde d’aujourd’hui. C’est en vue de cette mission qui nous supplions le Seigneur : « Que ton Esprit repose sur nous comme il a reposé sur Jésus. Ainsi, en rencontrant nos frères et nos sœurs, nous apprendrons à te rencontrer toi-même. Amen

12345...1164